FACE A L’INVASION DU FER IMPORTÉ, LES LAMINEURS MONTENT AU CRENEAU
Le fer à béton sénégalais coule sous l’effet de l’importation ! Tel pourrait résumer le message des lamineurs sénégalais lors de leur point de presse tenu samedi à Sébikhotane, pour exprimer la détresse du secteur

Le fer à béton sénégalais coule sous l’effet de l’importation ! Tel pourrait résumer le message des lamineurs sénégalais lors de leur point de presse tenu samedi à Sébikhotane, pour exprimer la détresse du secteur. Ils appellent les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger une industrie dont la production dépasse largement les besoins de la consommation locale.
Les lamineurs des trois entreprises de laminage du Sénégal (SOMETA, FABRIMETAL et METALSEN), regroupés au sein de l’Union des lamineurs du Sénégal ont dénoncé l’importation du fer à béton qu’ ils considèrent comme une menace directe pour la survie de leur outils de production. Ils estiment que leur secteur traverse une période sombre dont l’importation est la cause majeure, malgré le fait les produits issus de leurs entreprises ont été homologués et certifiés par le Laboratoire National de Référence Bâtiments et Travaux Publics (LNR-BTP) garantissant leur qualité et leur conformité. A cela, s’ajoute que leur capacité de production demeure largement supérieure à la demande intérieure. Une situation aggravée par le ralentissement généralisé du secteur des BTP et par le coût élevé de l’électricité.
Cette conjoncture se traduit par une accumulation excessive des stocks et une baisse significative des ventes du fait de la concurrence exercée par les importations. D’où le cri d’alerte de l’Union des lamineurs. « Nous, délégués des travailleurs des trois lamineurs nationaux certifiés et homologués par le LNRBTP, alertons les autorités et l'opinion publique sur la situation extrêmement préoccupante que traverse l'industrie du fer à béton au Sénégal. Nos entreprises connaissent une accumulation dangereuse de stocks du fait du ralentissement du secteur BTP, des importations massives qui inondent le marché, de la Concurrence déloyale et du coût élevé de la production notamment, la cherté de l'électricité » a souligné, le porte-parole de l’Union, Pierre Diouf.
Selon lui, cette situation fait peser de lourdes menaces sur l’ensemble de l’écosystème du secteur avec des risques élevés de pertes d’emplois sur toute la chaine de valeur. Le secteur compte aujourd’hui plus de 3000 emplois directs et indirects rappelle l’un des porte-parole, Pape Alioune Sarr. Ce dernier rappelle que derrière chaque employé c’est une famille qui dépend de cette activité, sans compter les autres corps de métiers, tels que la restauration ou le transport, qui gravitent autour de cette industrie. « Pourtant, les lamineurs sénégalais disposent d'une capacité de production qui dépasse largement la demande nationale. Le Sénégal est autosuffisant en fer à béton ! Si rien n'est fait, les conséquences seront dramatiques, des milliers d'emplois directs et indirects menacés, des risques de réduction d'activité, d'arrêt de production ou de faillite et la a disparition de centaines de petits commerces et prestataires dépendants de nos usines » a alerté Pape Alioune Sarr.
Pour toutes ces raisons les travailleurs de l’Union des lamineurs du Sénégal, interpellent les autorités et demandent la mise en œuvre de mesures urgentes afin de soutenir un secteur qui s’asphyxie sous la pression des importations Parmi leurs recommandations, ils demandent de limiter les importations de fer à béton, renforcer les contrôles du marché national et instaurer des taxes dissuasives sur les produits importés afin de protéger l'emploi local, la sécurité industrielle et l'équilibre du marché.













