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30 août 2025
FRANC CFA, UNE PATATE CHAUDE
L’argent, la liberté, une histoire du franc CFA de Katy Lena Ndiaye - Sept ans de labeur. Sept ans de recherche documentaire, d’iconographie, d’archives filmiques, de personnages-témoins et de financement.
Sept ans de labeur. Sept ans de recherche documentaire, d’iconographie, d’archives filmiques, de personnages-témoins et de financement. Sept ans à tirer les fils et à démêler l’écheveau du franc CFA. Si, cette monnaie commune n’est pas Tout, elle est dans Tout. La complexité du sujet l’exigeait pour qui avait à cœur de faire l’archéologie du CFA , une monnaie d’essence coloniale qui encastre l’économie des pays francophones. Une monnaie à parité fixe sous la double tutelle de la France et de l’Union Européenne parce qu’arrimée à l’euro. Le film documentaire : « L’argent, la liberté, Une histoire du franc CFA » de la réalisatrice Katy Léna Ndiaye est un enchevêtrement de trois histoires dont la première est personnalisée par l’emploi du je tout aussi inclusif. Cette petite histoire, c’est celle qui a trait à son royaume d’enfance à Saint Louis du Sénégal, ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF), ancienne capitale du Sénégal, ville fondée en 1659. La paume tendue d’une enfant de trois ou quatre et au creux de laquelle, sa grandmère dépose une pièce de franc, Cfa vaut bien la Madeleine de Proust. Ce geste anodin symbolise dans le film, la transmission, l’héritage. Il traduit la relation forte de cette monnaie avec les utilisateurs qui savent que c’est avec de l’argent que l’on gagne sa vie et qu’il est lié à l’économie.
La grande histoire retrace les mues du franc Cfa depuis sa création en 1939, officialisée en 1945 suite à la ratification par la France des accords de Bretton Woods. Le voyage du Cfa à travers les âges a l’air d’une fable : « Liboon, lepone, il était une fois. La métaphore du poème de Jean de la Fontaine : « Le laboureur et ses enfants » se glisse dans les arcanes de ce système monétaire si fortement lié à la colonisation jusqu’à nos jours. C’est dans les archives de l’Institut National de l’Audiovisuel (INA) que Katy Lena Ndiaye est tombée d’une manière fortuite sur l’image de jeunes africains récitant le poème de Jean de la Fontaine. Une image qui a fait tilte dans son cerveau jusqu’à la contraindre à recourir à la fable qui a le bonheur d’adoucir le langage des experts.
La troisième histoire, qui compose la bandelette que tisse la réalisatrice, est le cinéma qu’elle introduit dans le cinéma avec la mise en image du geste du clapman, le rembobinage des archives, le drap blanc installé sur un terrain vague. Ce qui devait être hors champ rentre dans le champ. L’histoire du tournage est par allusion contée. Une audace dans le dispositif de narration qui, loin de dérouter le spectateur, entre dans le film comme un phénomène de mouvement naturel.
Katy Lena Ndiaye est conteuse et cinéaste. Elle sait que toute bonne conteuse aménage dans son récit des temps de silence, des pirouettes, des retours en arrière pour faire languir le public. Le montage du film en prend de la graine, la lumière tantôt intense, tantôt discrète aussi. Pour une réalisatrice qui n’a pas une once d’économiste, le pari était plus que risqué d’emboucher le jargon des experts et spécialiste de la politique monétaire. Le débat sur le franc cfa étant hors de portée du grand public.
L’idée du film est partie d’une banale conversation au détours d’un entretien qu’elle a eu avec un économiste camerounais, ce dernier lâcha ces quelques mots : « Le franc cfa est une patate chaude qu’on se passe de génération à génération sans y regarder de près. » Une phrase qu’elle considérait énigmatique, car jusqu’à cette rencontre le franc Cfa était lié à ce paradis perdu de l’enfance. Dès lors, l’idée lui vint de creuser. Les couches successives lui révélèrent que cette petite pièce de monnaie, offerte par sa grand-mère, relevait de l’économie mais davantage de la philosophie, de l’héritage, de la politique ; qu’elle renfermait une valeur sociale, une trajectoire. La lecture de L’aventure ambigu de Cheikh Hamidou et celle de Crépuscule de l’indépendance de Arnaud Kalika l’ont mise sur le chemin d’une narration singulière.
Le film de Katy Lena Ndiaye n’est pas celle d’une historienne mais d’une archéologue. Archéologie d’une histoire personnelle, archéologie du franc cfa, archéologie de l’histoire coloniale, archéologie d’un film en tournage. Un travail d’archéologue qui part des années 70 pour remonter le temps jusqu’au 18ième siècle ensuite revenir à aujourd’hui et finalement se projeter vers le futur. Récit à rebonds, loin du didactisme, le film semble être fait pour « les nuls » en économie. Le propos est limpide et renseigne sur les tenants et aboutissants du franc Cfa. Il soulève l’épais voile qui en faisait sa dorure. Katy Lena Ndiaye fait chausser au spectateur de nouvelles lunettes pour visiter le Cfa dont la porte de sortie est : Souveraineté.
REGNE D’UNE CRUAUTE A CONTAGION OU ACTES RITUELS PREMEDITES ?
Depuis quelques années, le Sénégal fait face à une montée en flèche de la violence physique d’une extrême gravité.
Depuis quelques années, le Sénégal fait face à une montée en flèche de la violence physique d’une extrême gravité. Elle est le plus souvent exercée sur des citoyens sans défense. Le plus inquiétant est la forme de décapitation jusque sur des âmes innocentes encore sous le régime allaitant de leur maman. Si d’aucuns y voient une démence qui charrie cette ignominie débordante, d’autres soutiennent tout simplement l’existence d’un réseau de pratiques rituelles à l’orée d’une élection au Sénégal. L’ampleur est grande, le mal aussi. Il peut se convertir en vendetta, si la puissance publique ne trouve pas les moyens d’y mettre fin.
La semaine dernière a été ensanglantée par un double meurtre et de la manière la plus atroce. Un homme égorge son semblable et sans état d’âme à l’accomplissement de cet acte ignoble ; c’est le comble de la barbarie humaine. Lundi dernier 22 janvier et des suites d’une dispute avec son collègue, Abdou n’a trouvé mieux que de lui trancher la gorge au lieu même où l’on abat les animaux à la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (SOGAS). Quatre jours après, c’est un autre homme de 65 ans, gardien de marché, qui a subi le même sort à Thiès. Le fait n’est plus nouveau au Sénégal, avec une forte propension à la banalisation.
La banlieue dakaroise de Pikine en a connu plusieurs cas, avec notamment la dame Fatoumata Makhtar Ndiaye et une gérante de multi services en 2016 et 2022. La Casamance en a eu pour sa version, en janvier 2018, avec la décapitation de 13 jeunes coupeurs de bois dans les forêts de Boffa-Bayotte. La liste est loin d’être exhaustive ; mais l’on ne saurait occulter la boucherie sur les deux enfants de 7 ans froidement dépiécés à Mbao et à Touba. L’horreur de constater que des organes n’avaient pas été retrouvés sur leur dépouille avait insinué bien des pratiques rituelles sur des humains, avec à la clé des rapts d’enfants à l’époque. Loin de verser dans la naïveté de ce psychologue qui laisse croire que c’est l’expression d’une folie chez l’homme. Non !
Les actes posés qui accomplissent une décapitation sont généralement prémédités, pour vraiment faire mal. Les attribuer à une simple maladie de l’esprit serait imperceptible par la raison car combien de malades mentaux et violents en errance n’en font pas du tout ? Acte rituel avions-nous présumé, comme ce fut la version la plus répandue à l’approche des élections de 2019. S’agit-il d’un remake en perspective de la présidentielle de février 2024 ?
Serait-il le signe d’un retour au règne de «l’état de nature» selon la perspective de Thomas Hobbes, d’après qui «l’homme est un loup pour l’homme» ? Tant sa cruauté est sans appel. Plusieurs questions sans élucidation probable. De là à s’interroger sur l’impératif catégorique du «Léviathan» c’est-à-dire la mission régalienne de la puissance publique, pour proscrire de telles pratiques qui écornent l’image du pays de la «Teranga». Si certains pensent que la solution réside dans l’institutionnalisation de la peine capitale, nombreux sont aussi ceux qui prônent le retour en Dieu, par la foi et la loi et sans émoi, pour que demain, chacun ne se batte pas contre chacun.
LE CONSULAT DU SENEGAL APPELLE AU CALME ET A LA SERENITE
Le Consulat général du Sénégal en Côte d’Ivoire n’a pas été en reste à la sensibilisation des deux peuples durant presque tout le week-end.
Le Consulat général du Sénégal en Côte d’Ivoire n’a pas été en reste à la sensibilisation des deux peuples durant presque tout le week-end. «Dans la perspective du match comptant pour les 8e de finale de la Can-2023 prévu à Yamoussoukro le lundi 29 janvier 2024 à partir de 20h qui oppose les équipes du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, nous voulons inviter nos compatriotes au calme et à la sérénité », lit-on dans un communiqué rendu public le 26 janvier dernier.
La même source d’ajouter : «Nous les invitons à ne pas céder aux provocations et à continuer à rester mobiliser pour apporter tout le soutien nécessaire à nos joueurs dans un esprit de fair-play.» Le Consulat général du Sénégal en Côte d’Ivoire n’a pas manqué de «rappeler l’excellence des liens de fraternité et d’amitié qui existent depuis très longtemps entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire».
Toujours dans le cadre du match Sénégal-Côte d’Ivoire, la préfecture de la région de Yamoussoukro a organisé samedi 27 janvier, une marche de cohésion pour appeler les supporters sénégalais et ivoiriens à calmer le jeu. La marche qui a pris départ à l’esplanade de la Fondation Félix Houphouët Boigny a vu la présence de la communauté sénégalaise, du secrétaire général de la préfecture, Kouadio Arnaud, du commissaire divisionnaire Major Youssouf Binaté, de la députée de Yamoussoukro commune Massara Touré.
Dans son discours, la parlementaire a remercié la communauté sénégalaise pour sa participation à ce sport de cohésion avant de souhaiter un bon séjour à Yamoussoukro à la délégation sénégalaise. Après avoir marché quelques kilomètres à travers différentes artères de la ville, une séance de fitness a eu lieu sur l’esplanade de la Fondation Félix Houphouët Boigny
LE DEFI ÉLÉPHANTESQUE DES LIONS
Le Sénégal va croiser le fer avec la Côte d'Ivoire en 8e de finale ce lundi 29 janvier au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro. La mission des « Lions » s’annonce difficile face au pays hôte ressuscité
Le Sénégal va croiser le fer avec la Côte d'Ivoire en 8e de finale ce lundi 29 janvier au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro. La mission des « Lions » s’annonce difficile face au pays hôte ressuscité et plus que jamais revigoré après avoir frôlé l’élimination en phase de poule.
Les Lions endosseront le statut de favoris dans ce derby ouest africain. Auteur d’un parcours sans faute, le Sénégal a fini au terme de la phase de poule à faire forte impression à l’entame de cette 34e Coupe d'Afrique. Avec ce sans faute, l’équipe du Sénégal a également réussi à envoyer un message clair à tous ses concurrents en se présentant comme un candidat crédible à sa propre succession. C’est cependant une autre compétition qui commence pour les poulains de Cissé. La phase à élimination directe où tous les scénarios sont envisageables. Mais les hommes de Cissé doivent resserrer les rangs et se concentrer pour franchir ce cap. Surtout devant cet adversaire ivoirien qui ne réussit souvent pas les équipes sénégalaises. En plus d’avoir infligé au Sénégal sa première défaite lors du match de la troisième place à la Can 1965, les Eléphants avaient réussi à ruiner les espoirs de qualification en demi-finale de la Can 1986 en s’imposant en match de groupe (1-0).
Le contexte est aujourd’hui différent. Invaincus depuis sept matchs toutes compétitions confondues, les Lions surfent sur une bonne dynamique de victoire qui leur permet d’endosser le statut de favoris pour la réalisation du "back to back" et une seconde étoile sous le maillot. Quoiqu’il en soit la bataille de Yamoussoukro ne sera pas de tout repos pour les hommes de Cissé. Surtout face à une Côte d'Ivoire qui a connu un véritable miracle lors de la phase de poules. Pays hôte, la Côte d’Ivoire est revenue de loin et s'attendait sans doute à prendre la porte après cette gifle subie face à la Guinée Equatoriale lors de la troisième journée (4-0). Avec en prime une humiliante troisième place et une éléphantesque tourmente qui a finalement emporté le sélectionneur Jean-Louis Gasset.
Ressuscitée donc dans cette Can, la Côte d’Ivoire n'a plus rien à perdre et se présente comme bête blessée et traquée. Sous la houlette d’Emerse Fae, l’équipe ivoirienne espère sortir de cette tempête et avoir cet électrochoc qui lui permettra de s’offrir la peau du Sénégal. A défaut d’être envoyée à la maison.