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Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane

PARFUMS D’ENFANCE (NOUVELLES) DE MARIAMA NDOYE MBENGUE, UN STYLE LITTÉRAIRE DENSE À LA LANGUE MÉLODIEUSE ET PRÉCISE

EXCLUSIF SENEPLUS - Le genre de la nouvelle est ici maîtrisé par cette capacité à poser le pacte de la fiction, celui de l’identification de situations crédibles tout en s’autorisant des escapades dans le labyrinthe du langage

Amadou Elimane Kane  |   Publication 27/04/2025

Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.

Issue de la langue italienne, novella qui signifie nouveauté ou encore histoire captivante, la nouvelle est principalement, dans le domaine de la littérature, un texte bref. Elle se distingue du roman par sa forme libre et son unité dramatique où l’action est le point central, laissant peu de place à la psychologie des personnages. La densité du récit est resserrée pour former une intrigue qui se suffit à elle-même et pour explorer des faits humains de manière intense. Elle peut être réaliste, fantastique, sentimentale ou historique. On la compare souvent au conte mais elle se différencie par la précision de ses décors et par la caractérisation immédiate des personnages. De même, les procédés esthétiques sont ici fortement travaillés pour donner la sensation immédiate de s’immerger dans le récit, avec des descriptions précises et vives et des dialogues enlevés, alternant les situations pour marquer l’étonnement, la surprise et l’inattendu. C’est un genre qui peut mélanger les tonalités, comme une sorte de danse littéraire où se côtoient des effets stylistiques en toute liberté.

La plume de Mariama Ndoye Mbengue est à ce carrefour, une fiction prolixe pour un genre dont la variété de la langue et les effets narratifs jonglent avec les rebondissements, l’originalité et une précision remarquable. Les personnages y sont campés en quelques lignes ainsi que l’unité des lieux et du temps pour mieux s’accaparer de récits qui évoquent les faiblesses humaines avec force et humour.

Femme de lettres, Mariama Ndoye Mbengue possède l’art de la nouvelle dont elle explore les sources, les rebonds et les cavités à travers un imaginaire fécond qui, s’il renvoie à des paysages familiers, n’en demeure pas moins une parole émancipatrice et détonante. Le genre de la nouvelle est ici maîtrisé par cette capacité à poser le pacte de la fiction, celui de l’identification de situations crédibles tout en s’autorisant des escapades dans le labyrinthe du langage. La contrainte littéraire est ici déjouée par une langue fluide et précise et qui s’autorise à explorer des terres nouvelles entre réalisme et imaginaire.

Dans certaines dispositions narratives, le conte n’est jamais loin, mais il est aussi délesté de toute imagerie attendue pour former un tissu littéraire moderne qui ose longer le littoral des valeurs morales, tout en les capturant de manière poétique pour mieux les sublimer, comme dans le récit La saga des éléphants.

L’écrivaine investit sa langue très imagée dans tous les personnages qu’elle convoque, homme, femme, tout comme dans le sourire des enfants et dans le murmure des paroles sages des aînés. Par ses récits, une fois c’est la tendresse qui domine, comme dans la nouvelle Daw Fall Ndiaye ou encore l’humour qui pointe pour déjouer les péripéties de la loi comme dans Bolo. Mais l’auteure peut également tisser toutes les ficelles du drame comme dans la nouvelle De l’amitié, où sur un malentendu une jeune femme trouve la mort. L’obscurité et la barbarie s’invitent aussi, en particulier dans la nouvelle Sabbat nocturne où l’écriture semble impuissante face à la folie des hommes. De manière perspicace, l’auteure dénonce aussi les travers de la société sénégalaise, la corruption ou encore la rivalité sociale, de même que les croyances absurdes qui peuvent détruire les relations familiales comme dans la nouvelle Le pardon.

Au milieu du recueil, une histoire plus étirée, écrite à la première personne et au présent, s’installe pour partager l’expérience d’un pèlerinage à Jeddah où les tensions communautaires semblent vives au premier regard. Puis comme une lumière instantanée, l’union se forme à travers la foi de tous les regards culturels. Cela semble être une entrée plus profonde sur un mouvement sociétal qui demeure universel même si les lieux et les époques changent.

Puis la parole de Mariama Ndoye Mbengue ne se voile plus de la fiction avec le dernier texte du recueil intitulé Deux tours d’horloge, vraisemblablement plus intime et plus autobiographique, un interstice mémoriel où l’être à l’âge adulte retrace l’enfance, l’éducation reçue et tout ce que constitue la transmission, le savoir, les sentiments, ou encore la culture de l’ailleurs révélée par un père médecin qui parcourt le monde pour partager l’unité de la science et du progrès. 

À travers ces micro récits, l’expression langagière de Mariama Ndoye Mbengue se déploie avec des métaphores comme « en cette saison où les moustiques pullulaient et courtisaient le paludisme », ou plus loin, utilisant une forme poétique pour décrire le quotidien, « Le pagne d’un sommeil réparateur doucement l’enveloppa ». Ou encore des propositions à l’allure proverbiale comme « La vie n’est qu’un zéphyr sournois qui soulève la poussière de souvenirs épars ». Et dans les dialogues, la langue se métamorphose en images littérales « ne jette pas ma figure par terre (ne me fais pas honte) », « Mais Dieu t’a applaudie (t’a gâtée) », un lexique bondissant qui donne à chacun de ses textes un rythme unique.

Ainsi la prose de Mariama Ndoye Mbengue offre un regard moderne, à la fois inspirateur et libre, sur la société contemporaine, avec une loupe scrutatrice, de manière à la fois frontale, inventive et délicate, à l’aide d’une esthétique souple et travaillée et avec une langue qui lui est propre et qui efface les frontières culturelles tout en créant un univers littéraire signifiant. Assurément, Mariama Ndoye Mbengue incarne une voix littéraire qu’il convient de redécouvrir.

Amadou Elimane Kane est écrivain, poète.

Parfums d’enfance (nouvelles), Mariama Ndoye-Mbengue, Nouvelles Éditions Ivoiriennes, 1995

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