«LE SENEGAL VA DESORMAIS REORIENTER 10% DES INTRANTS AGRICOLES DANS LES ENGRAIS BIO-ORGANIQUES»
Amadou Woury Diallo, conseiller technique n°2 du ministre de l’agriculture et de l’équipement rural

L’agroécologie partie intégrante des politiques agricoles du Sénégal se matérialise par une allocation de 10% des intrants agricoles dans les engrais. C’est ce qu’a affirmé hier, mercredi 24 novembre, à Dakar le conseiller N°2 du ministre de l’Agriculture et de l’équipement rural (Maer), Amadou Woury Diallo qui présidait l’ouverture de la 3ème édition de la Conférence intensification durable.
Les autorités sénégalaises sont engagées à donner un nouvel élan à l’agroécologie en réorientant 10% des intrants agricoles dans les engrais bioorganiques, a dit hier mercredi, à Dakar, Amadou Woury Diallo, conseiller technique N°2 du ministre de l’agriculture et de l’équipement rural (Maer), dans son allocution d’ouverture de la 3ème édition de la Conférence d’intensification durable portant thème inclusif «Adaptation et résilience des agricultures en Afrique de l’Ouest : innovations agroécologiques et intégration des territoires».
Dans son discours, il a indiqué que le ministre de l’Agriculture et du l’équipement rural est profondément en phase avec la transition agroécologique en intensification. Le conseiller de mettre en exergue l’audience que le ministre Moussa Baldé a accordé à la délégation de la Dynamique pour une transition agroécologique au Sénégal (DyTaes) au cours de laquelle il annonçait que «10% des intrants agricoles vont être réorientés dans des engrais bio organiques». Mamadou Seck, directeur général de l’institut de technologie alimentaire (Ita) dans son mot dira : «L’agroécologie qui vise à revoir les sciences de l’agriculture par le prisme des sciences de l’écologie et de la nature est une approche qui s’appuie sur des connaissances avancées sur le fonctionnement des sols, des plantes, des micro-organismes associés aux plantes et des écosystèmes».
Dans la même dynamique, le représentant de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) de soutenir qu’«au-delà de cette perception écologique de l’agroécologie, les sciences humaines et sociales sont également mobilisées afin de comprendre les barrières à l’adoption de pratiques agroécologiques. En comprenant mieux la diversité des systèmes de production d’une part (système d’élevage, de culture, agroforesterie), et des stratégies des ménages agricoles d’autre part (intensification, extensification, diversification des revenus, etc.), il sera alors possible de dessiner les voies possibles d’une transition agroécologique en Afrique».
Thierno Cissé, représentant du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) du Sénégal, de rappeler pour mettre en exergue la prise de conscience des paysans depuis fort longtemps. Selon lui : «L’agroécologie a été le modèle des paysans, mais ce sont les politiques et les orientations durant les années 60 qui ont changé les orientations des producteurs ». Et dans ce débat agroécologie, poursuit-il ; « nous y rajoutons l’agroécologie paysanne ».
Pour lui : « Cette intensification inclusive et durable doit s’appuyer sur entre autres piliers essentiels : la préservation de la base productive des agriculteurs (terre, la semence, l’eau…), la valorisation et la sauvegarde de la biodiversité (les semences paysannes), encourager les pratiques en agroécologie paysanne qui permettent de garantir la diversité, la complémentarité et mais également l’adaptabilité par rapport au changement climatique, la promotion des systèmes alimentaires locaux diversifié, nutritionnels et thérapeutique, appuyer et valoriser la place des femmes et des jeunes, renforcer les synergies et les alliances (état, chercheurs, et autres les acteurs) et enfin assurer au niveau législatif et réglementaire aux fins d’avoir un écosystème favorable pour le développement de l’agroécologie paysanne», a-t-il énuméré.