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31 août 2025
Par B. Khalifa NDIAYE
PARFUM D’AFRIQUE
Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.
Il a plané comme un parfum d’Afrique au-dessus du stade Ngalandou Diouf de Rufisque, samedi lors de la rencontre Teungueth FC – Jaraaf, les deux derniers représentants du Sénégal en compétitions continentales des clubs.
Et à l‘arrivée, malgré les 5 buts inscrits, la victoire des visiteurs (3 – 2) et un spectacle parfois plaisant, on a compris en partie pourquoi nos « Africains » peinent à exister à l’international : nos équipes ont du mal à être constantes sur un match complet. Teungueth FC avait très tôt ouvert le score et tellement dominé la première période qu’on a un moment pensé que le Jaraaf était encore groggy et ne s’était pas totalement remis de son élimination en phase de poules de la Coupe de la CAF, une semaine plus tôt à Alger.
Et qu’à l’inverse, les Rufisquois, qui n’avaient pas pu passer le tour préliminaire de la Ligue des champions, avaient eu le temps de digérer leur désillusion d’août dernier face au Stade d’Abidjan. Même si par ailleurs ils sont carrément à la ramasse en championnat et éliminés de la Coupe du Sénégal. Battus dans le jeu et dans l’envie, les « Vert et blanc » semblaient avoir du mal à retrouver leurs esprits et à revenir aux joutes domestiques après avoir, eux, failli fréquenter les cimes continentales. Et puis changement de décor à la reprise.
Le Jaraaf transfiguré s’est enfin décidé à … commencer son match. Alors, les locaux de TFC perdent pied, le temps d’encaisser trois buts avant, eux aussi, de se rappeler qu’ils étaient champions du Sénégal en titre et qu’ils avaient un rang à défendre. Mais ils ne purent que réduire la marge dans le temps additionnel. Intermittents du jeu (et accessoirement du spectacle), Jaraaf et TFC ont aussi alternativement eu Eole pour autre adversaire. Ceci explique certainement cela. Car aucune des deux formations n’a réellement développé son jeu lorsqu’elle avait le vent de face. Or, pour exister, surtout en Afrique, il faut savoir s’accommoder à certains facteurs exogènes, tels que le vent, la canicule, la pluie, la fraicheur pour ne pas dire le froid.
Samedi, ce n’était pas l’Afrique même si deux ex « Africains » étaient de sortie en rattrapage de la 10e journée du championnat de L1. On ne s’est certes pas ennuyé, mais on était en droit d’attendre bien plus. Le retour sur le continent passe par des prestations bien plus convaincantes. Surtout que, même s’il s’est arrêté aux portes des quarts de finale de la Coupe de la CAF, le Jaraaf a donné des idées à certaines formations qui rêvent de réussir à faire au moins autant. L’US Gorée qui n’a plus humé l’enivrant parfum d’Afrique depuis bientôt 20 ans mène « la révolte » et même les promus Wally Daan et Oslo s’amusent à jouer les trouble-fête.
C’est vrai que, comme dans la pub d’une certaine boisson énergisante, « l’Afrique donne des ailes ». Mais, attention à ne pas se les brûler et gare à la gueule de bois des lendemains de terribles désillusions. PS : Pour rester en Afrique, ce soir, le Sénégal connaîtra ses premiers adversaires à la CAN de football « Maroc 2025 ». Les spécialistes de la météo sportive auront ainsi presque onze mois (et le début de la compétition le 21 décembre prochain) pour tirer des plans sur la comète.
Par Elhadji Ibrahima THIAM
L’ADMINISTRATION SENEGALAISE, CETTE DEDAIGNEUSE
«Nous avons une administration républicaine, mais souvent figée dans des schémas dépassés ». a déclaré le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de la Conférence des administrateurs et des managers publics (Camp) du 20 janvier dernier
«Nous avons une administration républicaine, mais souvent figée dans des schémas dépassés ». S’il y avait une seule phrase à retenir du speech du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors de la Conférence des administrateurs et des managers publics (Camp) du 20 janvier dernier, c’est bien celle-là.
On pourrait y ajouter, une administration hypertrophiée, banalisée, paralysée, démystifiée et désacralisée que cela ne choquerait pas le commun des Sénégalais qui, dans leur écrasante majorité, ont une très mauvaise perception de leur administration et des services qu’elle leur offre. Et c’est à raison. Quel Sénégalais n’a pas, une seule fois de sa vie, été victime de lenteurs administratives ? Combien de fois un usager, sur pieds dès les premières heures de l’aube, brave une longue distance, débarque dans un service pour un document administratif et constater l’absence du préposé à ce service ou bien se voir jeter à la figure que le document en question n’est pas encore disponible ?
Pièces d’état civil, carte d’identité nationale, casier judiciaire, passeport, permis de conduire ou simple légalisation de papiers, le Sénégalais lambda n’est pas toujours certain d’entrer en possession de son document dans des délais raisonnables à l’ère du numérique. À plusieurs niveaux, la qualité de service au sein de l’administration sénégalaise est défectueuse. Prenons l’exemple de l’accueil au sein des structures hospitalières publiques, il est tout sauf accueillant, réconfortant, rassurant, chaleureux.
À la place, malade et accompagnant récoltent dédain et discourtoisie d’un fonctionnaire au regard torve comme s’il avait devant lui un quémandeur plutôt qu’un ayant droit d’un service public précis. Si ailleurs le client est roi, dans nos services publics l’usager est un valet qui doit aussi faire face aux longues attentes d’un préposé au service pour qui le respect des horaires est le cadet de ses soucis. On le voit donc, le laïus du président de la République résume de manière éloquente le mal qui ronge l’administration sénégalaise, engluée dans une complexité et une lourdeur des procédures de services publics qui en déroute plus d’un usager.
Au-delà de la bonne gestion des deniers publics, ce qui est surtout attendu des managers et administrateurs publics, c’est d’impulser une véritable rupture dans le fonctionnement des services sous leur autorité. Le diagnostic est posé depuis toujours, mais le chantier demeure inachevé. Et justement, parlant de schéma, il nous revient la mise en place, en 2013, du Schéma directeur de modernisation de l’Action publique (Sdmap) dont le but était, à l’époque, de simplifier les procédures d’offres de services publics. Pour sa mise en œuvre, il fut même créé une Délégation générale à la réforme de l’État et à l’assistance technique (Dgreat). Il n’en fut rien. Plus récemment, des ministères, avec différentes appellations – Réforme du service public, Transformation du secteur public, Renouveau du service public – ont été érigés pour prendre la question à bras-le-corps.
Les mauvaises habitudes persistent. Chaque nouvelle dénomination ministérielle cachant une réalité profonde difficile à juguler. Il faut croire que lenteurs et lourdeurs semblent être consubstantielles à l’administration sénégalaise, au grand détriment des pauvres usagers réduits à pousser plaintes et complaintes sans lendemain. L’actuel ministre de Fonction publique et de la Transformation du Service public (tiens, tiens), dans la foulée du constat présidentiel, a lancé des concertations pour la réforme du service public qu’il qualifie « d’impératif moral ». On lui souhaite bonne chance, espérant qu’il ne sera pas démoralisé face à cette tâche herculéenne dont les morales de l’histoire sont jusqu’ici peu inspirantes.
LA VISION «SOUVERAINISTE» DU «PREMIER MAODO» REVISITEE
Lors de la conférence autour du thème : «Mamadou Dia, un engagement pour l’indépendance et le développement du Sénégal», les panélistes ont largement survolé le parcours politique et la vision économique du « Premier Maodo »
Lors de la conférence autour du thème : «Mamadou Dia, un engagement pour l’indépendance et le développement du Sénégal», tenue samedi dernier à Dakar, les panélistes ont largement survolé le parcours politique et la vision économique du « Premier Maodo ».
Cette rencontre qui marquait le 16e anniversaire de sa disparition (25 janvier 2009) a aussi permis de réaffirmer l’importance de l’héritage de l’ancien président du Conseil du gouvernement. Le lancement des « Grandes conférences de Douta Seck » a été l’occasion pour célébrer le 16e anniversaire de la disparition de l’ancien président du Conseil (1958-1962). Lors de cette rencontre, les différents panélistes sont largement revenus sur l’importance de préserver la mémoire de l’ancien de Mamadou Dia dont l’œuvre politique et la vision peuvent constituer une source d’inspiration pour la nouvelle génération. Ainsi ont-ils abordé son programme politique autour du socialisme autogestionnaire, ses projets de modernisation de l’économie sénégalaise et son legs politique.
Pour Adama Baytir Diop, enseignant-chercheur en Histoire à la retraite qui a retracé le parcours politique de Mamadou Dia, le « Premier Maodo » est l’archétype même de l’homme politique modèle dont le sens premier de son action était la promotion d’une démocratie participative au service de tous les citoyens. « Mamadou Dia est le chantre d’une probité morale sans faille. Il s’était fixé comme mission de lutter contre le népotisme, le clientélisme et la corruption, vestiges du système colonial oppressant pour les masses. Son engagement politique s’est articulé autour de deux éléments : le socialisme autogestionnaire afin de promouvoir la démocratie participative et libérer les paysans, longtemps victimes d’un système d’assujettissement, et la promotion des valeurs citoyennes pour combattre les réseaux d’intérêt personnel au détriment du peuple », a déclaré le panéliste.
D’après M. Diop, ce projet politique, basé sur le souverainisme et le nationalisme, sera fortement combattu par une coalition de forces conservatrices. « Les élites urbaines, les maisons de commerce et certains milieux maraboutiques vont s’appuyer sur des parlementaires pour le combattre et le renverser. Ainsi, après les évènements de décembre 1962, il sera condamné à de la prison à vie avant d’être gracié par le président Senghor. Après sa sortie de prison, en 1974, il crée le Mouvement démocratie politique (Mdp) qui, en 1981, deviendra le Mouvement pour le salut et l’unité (Msu) », a rappelé Adama Baytir Diop.
Les freins à l’action politique de Mamadou Dia Pour sa part, Dr Ibrahima Dème, inspecteur de la Coopération à la retraite, a indiqué, dans son exposé, que le legs économique de Mamadou Dia peut se mesurer à l’aune de son attachement au développement de coopératives agricoles. « Mamadou Dia, à travers les coopératives agricoles, voulait mettre en avant le caractère communautaire de l’économie africaine qui se distingue par un système d’entraide et de coordination des communautés villageoises.
Par ailleurs, Mamadou Dia, qui a adopté le décret nº 60-177 du 20 mai 1960 portant statut des coopératives agricoles, voulait mettre fin à la mainmise des maisons de commerce et des sociétés d’indigènes de prévoyance sur le monde agricole. La vision de Dia était la mise sur pied d’une organisation économique basée sur des coopératives agricoles autonomes capables de gérer tous les aspects liés à la production et qui vont jusqu’à la commercialisation de leurs produits. Pour cela, il va créer l’Office de commercialisation agricole et des structures bancaires dans le but faciliter l’accès aux crédits pour les paysans », a-t-il affirmé.
Pour le panéliste, cette politique de formation, d’encadrement et de financement sur le monde rural peut servir de modèle aux nouvelles autorités. Prenant la parole, Alla Kane, député à l’Assemblée nationale et ancien responsable du Parti africain de l’indépendance (Pai), est revenu sur les limites de l’action politique de Mamadou Dia qui, d’après lui, l’ont empêché de mettre en œuvre sa vision d’un Sénégal souverain et totalement indépendant. « Mamadou Dia était investi de la mission historique, politique de conduire et d’organiser la constitution d’un État démocratique.
Or, ni l’Ups ni le gouvernement néocolonial n’avaient comme objectif la réalisation de la révolution démocratique. Surtout que son engagement politique l’avait empêché de penser à la création d’un parti national fort, capable d’engager la lutte pour l’indépendance, dans l’intérêt de la bourgeoisie nationale », dit le parlementaire. Selon le doyen d’âge de 15e législature, cette absence d’un parti bien organisé, avec un programme clair, des dirigeants et des cadres déterminés, a été son talon d’Achille. « S’il avait laissé, après son arrestation, un parti fort, même dans la clandestinité, celui-ci aurait pu engager, en alliance avec d’autres forces politiques et démocratiques, la bataille de mobilisation des masses par de puissantes manifestations pour l’arracher des mains de ses geôliers », a-t-il conclu.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE LUNDI 27 JANVIER 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil,
«Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », déclare le Dr Éric Gbodossou.
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 27/01/2025
Fils adoptif de la communauté sérère et chef de la civilisation Tado, qui s’étend du Ghana au Nigeria en passant par le Togo et le Bénin, le Dr Éric Gbodossou milite pour que justice soit rendue aux cérémonies khoy pratiquées par les saltigués. « Je fais les khoy des saltigués. Ce que les saltigués prédisent, dans 70 % des cas, se réalise. C’est du concret. C’est une science réelle, peut-être basée sur une autre logique, une autre vérité, une autre rationalité, mais c’est bel et bien une science », soutient-il fermement.
Ces propos ont été tenus dans une interview qu’il nous a accordée en marge d’une conférence sur l’éveil spirituel, organisée à la Galerie nationale pour accompagner l’exposition de la jeune artiste Mariane Senghor, visible jusqu’au 7 février.
Le khoy est une cérémonie traditionnelle de consultation spirituelle et mystique propre à la communauté sérère du Sénégal, au cours de laquelle des prédictions sont faites par des saltigues, prêtres ou conseillers spirituels. À l’issue de ces cérémonies, les dignitaires de la communauté font des annonces sur l’avenir. Toutefois, ces prédictions ne sont souvent pas prises au sérieux, et les saltigués sont parfois moqués ou raillés gentiment par certains. Malgré cela, le Dr Gbodossou affirme que 70 % de ces prédictions se réalisent.
Au cours de sa conférence, ce médecin la fois moderne et traditionnel a cité plusieurs de prédictions marquantes : le conflit sénégalo-mauritanien, l’invasion des criquets pèlerins, la pandémie de Covid-19 et même le tragique naufrage du bateau Le Joola. À chaque prédiction sur l’avenir, les signes sont interprétés et des conseils offerts ou des solutions proposées face aux problèmes rencontrés par la communauté.
Mais, dans la plupart des cas, les autorités n’y prêtent pas attention. Depuis des années, l’indifférence des régimes successifs face à ces alertes est restée la même.
Cependant, une exception notable est à souligner : le président Abdou Diouf avait, à l’époque, eu l’obligeance au moins de demander à ses collaborateurs d’étudier sérieusement les propositions du Dr Gbodossou pour traiter certaines maladies. Malheureusement, ce geste n’a pas été suivi d’actions concrètes.
S’agissant du cas particulier et récent de la pandémie de Covid-19, le Dr Gbodossou rapporte que le ministre de la Santé et de l’Action sociale d’’alors , Abdoulaye Diouf Sarr, aurait déclaré aux guérisseurs traditionnels : « Surtout, ne me parlez pas de médecine traditionnelle. » La conséquence a vu comment le Sénégal avait été frappé comme d’autres nations.
Cela soulève une question essentielle : n’est-il pas temps d’essayer ces médecines traditionnelles et ces savoirs endogènes ? Qu’a-t-on à perdre à les expérimenter en Afrique ? Après tout, toutes les sciences modernes mises en avant sont elles aussi expérimentales. Pourquoi ne pas expérimenter la mère des sciences, puisque les savants grecs et autres se sont eux-mêmes nourris des connaissances issues de l’Égypte ancienne ?
La science occidentale a indéniablement amélioré les conditions de vie ces derniers siècles, notamment dans le domaine médical. Cependant, elle a aussi ses limites. Pour certaines d’entre elles, l’Afrique dispose de solutions, qui ne reposent certes pas sur le cartésianisme occidental. C’est, en tout cas, la thèse du Dr Gbodossou pour convaincre les Africains surtout les dirigeants de la valeurs de nos médecines et sciences ancestrales.
Si les savoirs endogènes issus des civilisations négro-africaines peuvent compléter la science moderne, cela ne peut qu’être bénéfique. Nous ne devrions jamais avoir de complexes à recourir à ces solutions africaines. Tel est le plaidoyer du Dr Éric Gbodossou.
Médecin formé à la médecine moderne et profondément enraciné dans les traditions africaines, son combat vise à restaurer la dignité de ces savoirs endogènes africains, trop souvent négligés, voire méprisés, au profit de tout ce qui vient d’ailleurs.
Le Dr Gbodossou refuse catégoriquement de vendre ces connaissances aux Occidentaux, malgré pour des milliards de dollars que lui font miroiter les Américains lui ont décernés des brevets pour ses découvertes, car il souhaite que l’Afrique garde le contrôle sur ses richesses et obtienne enfin le respect qu’elle mérite.
Larguée sur le plan de la géopolitique et de la géostratégie, distancée de loin dans les intelligences artificielles, l’Afrique a la possibilité de prendre le leadership dans le domaine de la santé. C’est le grand rêve de l’incompris Éric Gbodossou.
Malheureusement, le niveau d’aliénation engendré par des siècles de colonisation et d’esclavage fait que l’Africain a du mal à s’affranchir de ses chaînes, à prendre sa place dans le concert des nations et à reconquérir son brevet de respectabilité qu’il avait avant la rencontre avec l’Occident.
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L'AFRIQUE PEUT MARQUER LA DIPLOMATIE PAR SA GASTRONOMIE
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora…
La cuisine est l’un des éléments que l’Afrique peut apporter à la mondialisation en termes de soft power (influence) aux autres peuples. À Dakar, Table Pana organise depuis quelques années des rencontres avec des chefs africains de la diaspora pour leur permettre de partager leurs expériences et de créer des plats originaux, à l’image des artistes visuels ou autres, dans leur processus de création.
« L’idée, c’est de se positionner comme une galerie, un lieu d’expression pour les chefs de la diaspora africaine », explique la fondatrice, Nadia Copogo. Elle ajoute : « Mon travail consiste à identifier les chefs de la diaspora africaine, à les faire venir ici à Dakar et à leur donner carte blanche, avec un seul objectif : sublimer la production locale pour en proposer une interprétation plus créative, contemporaine, voire expérimentale de notre gastronomie africaine. »
Table Pana, c’est de la street food à la haute gastronomie, réalisée à partir de produits africains locaux. C’est un lieu de création et d’affirmation de la cuisine africaine.
« La nourriture est un outil très puissant, un outil de soft power si l’on parle de politique, un outil de diplomatie », affirme la fondatrice. Invitée à la 5e édition des symposiums de Condition Report organisés par la Raw Material Company et intitulés « Le sens du lieu : déplacement, replacement, non-placement », pour réfléchir sur les modalités d’habiter la ville, le monde, l’univers, le cosmos, sous la direction de l’universitaire Felwine Sarr, l’initiatrice du projet, Nadia Copogo, détaille dans cet entretien accordé à AfricaGlobe TV de quoi il s’agit.
Actuellement itinérante, Table Pana s’occupe de projets institutionnels, de dîners privés pour de grandes entreprises, mais ambitionne à terme de devenir le premier tiers-lieu de la gastronomie africaine. Ce lieu inclurait un restaurant, un think tank, un centre de formation et une épicerie fine.
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PILOHA, UN COCKTAIL CULTUREL RÉCONCILIATEUR
À travers leur projet artistique Piloha, Pascal Traoré et Raïssa Hachem ont réussi à rassembler plusieurs disciplines artistiques dans le cadre de la 15e Biennale de l’art africain contemporain. De la peinture à la photographie, en passant par la danse...
La 15e édition du Dak'Art a marqué les esprits, et certains projets artistiques restent mémorables, à l’image de Piloha, de Pascal Traoré et Raïssa Hachem, qui ont proposé un cocktail culturel réconciliant plusieurs formes d’expression. Une exposition composite, pour ne pas dire éclectique.
À travers leur projet artistique Piloha, Pascal Traoré et Raïssa Hachem ont réussi à rassembler plusieurs disciplines artistiques dans le cadre de la 15e Biennale de l’art africain contemporain. De la peinture à la photographie, en passant par la danse, le cinéma et même la cuisine, leur exposition a captivé l’attention du public.
Dans cette entrevue, les deux artistes – Raïssa Hachem, designer luminaire, et Pascal Traoré, artiste visuel – reviennent sur leur expérience avec le projet Peace, Love and Harmony (Piloha), présenté dans le cadre des OFF.
Si, d’un point de vue financier, l’objectif initial n’était pas de générer des bénéfices, ils ont néanmoins gagné en visibilité. Leur rencontre avec des galeristes, des collectionneurs et d’autres acteurs culturels a permis d’élargir leur réseau professionnel.
Cette exposition originale, riche en émotions, a marqué les visiteurs et reflète parfaitement la diversité et l’harmonie que les deux artistes souhaitaient transmettre.
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AU COMMENCEMENT ÉTAIT LE VODOU…
Spiritualité ancestrale et universelle, sans prophète et antérieure aux religions abrahamiques, la simple évocation du mot vodou peut susciter crainte et méfiance, certains le confondant avec de la sorcellerie. Une erreur, selon le Dr Éric Gbodossou
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 26/01/2025
Spiritualité ancestrale et universelle, sans prophète et antérieure aux religions abrahamiques, la simple évocation du mot vodou peut susciter crainte et méfiance, certains le confondant à tort avec de la sorcellerie. Une erreur, selon le Dr Éric Gbodossou.
Grand dignitaire du vodou et fin connaisseur de cette spiritualité, il soutient fermement que « le vodou, c’est la vie, la matrice de la vie, la spiritualité universelle » et qu’il « n’a rien de négatif ».
Au contraire, le vodou aurait beaucoup à offrir à la science moderne, qu’il considère comme limitée, notamment dans le domaine de la santé. Le Dr Éric Gbodossou a récemment été interviewé à la Galerie nationale, en marge d'une conférence sur l'éveil spirituel qu’il animait pour accompagner l’exposition de la jeune artiste visuelle Mariane Diakher Senghor qui expose jusqu’au 7 février autour de la même thématique.
Médecin depuis de nombreuses années, ayant notamment exercé à l’hôpital Fann, le Dr Gbodossou conjugue médecine moderne et médecine traditionnelle. Dans son centre à dans les annees 80 Malango, dédié à la pratique de la médecine traditionnelle, des patients dont ceux atteints de troubles mentaux arrivent parfois sur des brancards et se remettent apres traitement et depuis ces decennies, il affirme n’avoir enregistré aucun décès.
Roi de la civilisation Tado, qui s’étend du Ghana au Togo, en passant par le Bénin et le Nigeria, le Dr Gbodossou est un initié profondément imprégné de la spiritualité africaine, qu’il s’efforce de vulgariser. Fondateur de l’ONG Prometra (Promotion des médecines traditionnelles et des traditions ancestrales), il milite pour que la transmission de ces savoirs endogènes soit priorisée sur le continent africain, notamment au Sénégal, son pays d’adoption depuis plusieurs décennies.
Cependant, il constate avec regret que ces savoirs ne trouvent pas d’oreille attentive. Selon lui, un Sénégal trop « francisé » reste fermé aux médecines traditionnelles et aux savoirs endogènes en général. Cela, malgré des brevets déposés aux États-Unis, où ses traitements ont été expérimentés et certifiés. Certains de ces remèdes ne se contenteraient pas de traiter le sida : ils le guériraient.
D’ailleurs, les Américains tenteraient de convaincre le Dr Gbodossou de leur vendre ces savoirs à coups de milliards de dollars. Mais il résiste. Pour lui, il est essentiel que rien ne soit plus comme avant. Les connaissances négro-africaines doivent rester en Afrique. Les peuples africains doivent protéger cette civilisation, se repositionner et acquérir leur brevet de respectabilité aux yeux du monde, notamment vis-à-vis de l’Occident, qui a trop souvent spolié l’Afrique de ses richesses pour ensuite les lui revendre sous une autre forme.
Il déplore que cette aliénation ait poussé les Africains à se détourner de leurs propres valeurs et à mépriser leur civilisation négro-africaine.
Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
FATOU NDIAYE SOW, UNE POÉSIE POUR LA MÉMOIRE
EXCLUSIF SENEPLUS - Sa poésie minimaliste capture l'essence même de l'histoire africaine, des souffrances de l'esclavage à l'espoir de la renaissance. Dans "Gorée", chaque mot est pesé, chaque image est ciselée pour porter la mémoire d'un continent
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
Fatou Ndiaye Sow nous entraîne dans son univers poétique de simple manière. Les images sont épurées, touchant l’essence du verbe « dans les hauteurs célestes », aboutissant à la pureté de la parole.
Cette poésie minimaliste évoque la minutie du graveur de pierres, elle laisse des traces sur les rochers lisses par la « mer immense, mer sans limite ».
Le style est intensément poétique, retenu et déployant des figures scintillantes comme « les vagues nacrées ». Cette poésie, qui inspire la beauté de l’aube et l’infini de l’horizon, porte en elle une unité émotionnelle qui bâtit un ton personnel.
Puis l’imaginaire de la poétesse se métamorphose, le « je » devient un autre. On remonte le courant de l’histoire, « un soir sans lune », pour suivre le récit insoutenable de la déportation, de l’esclavage et de l’exploitation qui perdure.
Gorée, texte poétique à la beauté saisissante, est la somme de la douleur du génocide, du sang qui jonche la poussière « de routes inconnues », de l’espoir qui renaît à relever la tête, à dire la vérité, sa conviction, à ne pas laisser se briser les liens de l’histoire, à retrouver le corps meurtri de l’Afrique qui a laissé son souffle dans les Caraïbes et aux Etats-Unis d’Amérique.
La renaissance africaine est contenue dans cette élévation de la mémoire, dans les chants amers et féconds du monde noir qui résonnent sur toute la terre. L’âme africaine est dans toutes les musiques du monde, elle se livre pour répandre l’histoire des royaumes déchirés, la longue traversée mortelle, la fougue du désir retrouvé, la dignité à se connaître et la grandeur à renaître.
Née en 1937 à Tivaouane (Sénégal), Fatou Ndiaye Sow a été professeure à l’école primaire. Elle a publié de la littérature pour la jeunesse, « Takam-takam », éditions N.E.A., 1981 et a composé des nouvelles encore inédites. Elle est membre fondatrice du comité international des femmes écrivaines. Elle est décédée subitement le 23 octobre 2004, alors qu’elle participait à un congrès de femmes écrivaines africaines à New York.