Seneplus.com
  • La Une
  • Politique
  • Economie
  • International
  • Sports
  • People
  • Opinions
  • Societe
  • Annonces
  • Culture
  • Medias
  • Diaspora
  • Femmes
  • Développement
  • Santé
  • Éducation
  • SENEPLUS TV
  • Baromètres
  • #SilenceDuTemps
  • NELSON MANDELA
  • LEOPOLD SENGHOR
  • CHEIKH ANTA DIOP
 
31 août 2025
FacebookTwitterRSS
Seneplus.com
Opinions
  • La Une
  • Politique
  • Economie
  • International
  • Sports
  • People
  • Opinions
  • Societe
  • Annonces
  • Culture
  • Medias
  • Diaspora
  • Femmes
  • Développement
  • Santé
  • Éducation
  • SENEPLUS TV
  • Baromètres
  • #SilenceDuTemps
  • NELSON MANDELA
  • LEOPOLD SENGHOR
  • CHEIKH ANTA DIOP
par Seydou Ka

FAUT-IL BRÛLER LA BIBLIOTHÈQUE COLONIALE ?

Cette question, au cœur de l'œuvre de Valentin-Yves Mudimbe disparu le 22 avril, divise aujourd'hui les penseurs africains entre volonté de rupture radicale et approche critique constructive d'un héritage ambigu mais incontournable

Seydou Ka  |   Publication 28/04/2025

Les réactions sont à la hauteur de l’influence qu’il a eue sur la pensée africaine. On dit qu’en Afrique un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle. Avec le décès de Valentin-Yves Mudimbe, le 22 avril aux États, l’Afrique perd plus qu’une bibliothèque.

C’est un moment de bascule dans le champ des études africaines. Le philosophe, philologue et romancier congolais a eu une influence décisive sur les sciences sociales en Afrique. Pour de nombreux spécialistes, son ouvrage « L’invention de l’Afrique » (publié en 1988 traduit tardivement en français en 2020) est l’un des rares ouvrages à avoir refondé les bases de la critique postcoloniale après « Orientalisme » de l’américano-palestinien Edward Said. Dans cet ouvrage, rappelle Nadia Lamlili, doctorante chercheuse à l’université Paris-Sarclays, Mudimbe démonte un système épistémique : celui de la « librairie coloniale » – un ensemble de textes, de figures, de savoirs (anthropologiques, religieux, administratifs) qui ont produit une Afrique assignée à l’altérité, à l’archaïsme, au mutisme. Autrement dit, la constitution par le colonisateur, ou par des missionnaires, d’une connaissance des peuples colonisés.

« L’invention de l’Afrique » déconstruit ce regard de l’Occident sur l’Afrique. Il pose cette question cruciale : peut-on penser l’Afrique hors des cadres conceptuels, des images qui circulent dans cette bibliothèque coloniale ? En d’autres termes, peut-on produire un ordre du discours qui s’émancipe complètement de ces clichés qui ont contribué à fabriquer cette idée de l’Afrique ? « C’est un livre très important qui a vraiment marqué le champ à la fois des études africaines, mais aussi de la pensée critique contemporaine », analyse la philosophe Nadia Yala Kisukidi. La question qui se pose aujourd’hui, c’est que faire de cette bibliothèque coloniale ? Certains voudraient qu’on la brûle entièrement. Deux disciplines sont particulièrement ciblées : l’anthropologie et l’ethnologie. Celles-ci ont été le fer de lance du projet colonial. Il fallait connaître les dominés pour que la domination se poursuive, et pour parer à toute révolte, toute révolution.

Mais la bibliothèque coloniale ne se résume pas aux sciences sociales, aux humanités et à l’ethnologie plus particulièrement. Il y a aussi tout le savoir acquis par les missionnaires sur la flore, la faune, autant d’objets scientifiques qu’on ne remet pas véritablement en question. C’est pourquoi, d’autres penseurs africains, que l’on qualifie pourtant de postcoloniaux, prônent un rapport plus serein vis-à-vis de cette bibliothèque coloniale. Ils estiment que la jeter simplement au feu d’une fureur dé-coloniale au nom d’une épistémè radicalement autre serait une grossière erreur. « D’abord, brûler les bibliothèques, même symboliquement, ce n’est jamais très bien. D’autre part, ces bibliothèques coloniales contiennent du savoir, qu’il faut traduire, qu’il faut critiquer, sur lequel il faut construire », écrit Souleymane Bachir Diagne dans son ouvrage « Ubuntu » (Éditions Ehess, 2024, 128 p.). Ces disciplines, dit-il, ont quelque chose à nous apprendre, et nous obligent à construire un rapport critique avec cette littérature.

Il convient donc de regarder cet héritage colonial (cette bibliothèque), avec la distance historique et critique afin d’en tirer des pistes de lecture pour l’avenir. Le même débat se pose avec les langues européennes. Alors que certains estiment qu’il faut s’en débarrasser au profit exclusivement des langues africaines, d’autres les considèrent comme « un butin de guerre » (Césaire), insistant sur le fait que ces langues coloniales (le français, l’anglais, le portugais…) sont devenues… des langues africaines. Là aussi, la raison voudrait qu’on construise une continuité entre langues européennes et africaines dans une politique du plurilinguisme au lieu de remplacer le monolinguisme colonial par un monolinguisme postcolonial. Mudimbe a posé les jalons d’une constitution d’une véritable bibliothèque africaine, un savoir africain sur l’Afrique. À ses successeurs de poursuivre dans cette voie avec toute la nuance et la distance critique nécessaires.

Articles les plus lus

capture_decran_2024-07-18_a_23.21.06_0.png
AMADOU DIAW FAIT DE LA PHOTOGRAPHIE LE CŒUR BATTANT DE SAINT-LOUIS
(SenePlus) - Dans un entretien accordé à DakArtNews le 22 août 2025, Amadou Diaw, fondateur du ...

capture_decran_2025-08-27_a_01.08.32.png
ABASS FALL, POLITIQUE PAR ACCIDENT
De la prison du Cap Manuel à l’hôtel de ville de Dakar, Abass Fall, 58 ans, a traversé les épreuves ...

yande_diop.jpg
DANS LA LUMIERE ET L’OMBRE D’ALIOUNE DIOP
Dans le 5ᵉ arrondissement de Paris, au cœur de la rue des Écoles, une vitrine se distingue depuis ...

capture_decran_2025-08-26_a_14.31.09.png
ABASS FALL, DEUX ANS POUR CONVAINCRE
C’est l’objectif d’une vie qui vient de se réaliser pour le ministre du Travail. Il va inscrire ...

projet_avenir.jpg
LE PROJET AVENIR REDONNE ESPOIR AUX FEMMES ET AUX JEUNES
Dans une dynamique d’appui au développement local durable, le projet Adaptation et Valorisation Entrepreneuriale ...

Vos articles préférés de la semaine

c25d38f5-e2e1-4503-aad4-87cc038d7420.jpeg
QUAND LA MONNAIE DEVIENT UNE AFFAIRE DE LIBERTÉ
Pourquoi continue-t-on à penser que la monnaie n'est qu'une affaire de comptables, d'économistes et ...

img_2412.jpg
LE PACTE POUR LA TRANSFORMATION PROMISE
Cent-une voix, cent-une signatures, cent-une consciences alertées, réunies dans un "Appel des 101" ...

capture-decran-2025-08-15-a-17.21.57-800x445.png
LE DERNIER SOUFFLE D’UN MAÎTRE, LA PREMIÈRE LUEUR D’UN CHEMIN
Il y a des rencontres qui, par leur intensité et leur profondeur, changent à jamais le cours de ton ...

capture_decran_2025-08-18_a_23.57.59.png
LA MAGISTRATURE NE DOIT PAS PÉRIR
La plus grande crainte des adeptes de l'État de droit depuis l'accession du Pastef au pouvoir est l'effondrement ...

saima_sayed.jpg
LE PAKISTAN RICE ROAD SHOW ATTENDU A DAKAR LES 1ER ET 2 SEPTEMBRE
L'Ambassade du Pakistan à Dakar a annoncé que le «Pakistan Rice Road Show» s’arrêtera à Dakar, ...


La Une

Politique

Economie

International

Sports

Football

Media

People

Opinions

Societe

Annonces

Diaspora

Femmes

Développement

Santé

Éducation

PARTENAIRES DE SENEPLUS

APS
Grand-Place
L'As
L'Enquete
L'Observateur
La Gazette
Le Populaire
Le Quotidien
Le Soleil
Le Témoin
Libération
Nouvel Horizon
Réussir
RFM
RTS
Stades
Sud FM
Sud Quotidien
Sunu Lamb
TFM
Waa Sports

À propos de SenePlus

SenePlus.com est un portail d'informations sur le Sénégal. Nous vous fournissons des articles détaillés, critiques, pertinents sur l'actualité au Sénégal.

Coordonnées

Publicité:
pub@seneplus.com
Informations:
info@seneplus.com
Problèmes techniques:
tech@seneplus.com
Copyright © 2025 SenePlus  |  Publicité  |  Soumettre un Article  |  Nous Contacter  |  Mentions légales  |  Conditions d'utilisation  |  Á propos de nous