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PAR AHMADOU ALY MBAYE

LES TENSIONS GÉOPOLITIQUES EN COURS ET LEURS IMPLICATIONS SUR LA CRISE DE LA DETTE AFRICAINE

Alors que le monde est actuellement secoué par une crise commerciale, provoquée par les droits de douane de la nouvelle administration américaine, les implications sur l’endettement des pays en développement semblent moins retenir l’attention.

Ahmadou Aly Mbaye  |   Publication 22/04/2025

Alors que le monde est actuellement secoué par une crise commerciale, provoquée par les droits de douane de la nouvelle administration américaine, les implications sur l’endettement des pays en développement semblent moins retenir l’attention. Pourtant, au-delà des conséquences de la crise sur le commerce international, celles sur la dette africaine risquent d’être plus dévastatrices.

La plupart des pays africains sont confrontés à des perspectives particulièrement sombres concernant la situation de leurs dettes souveraines. Une situation quelque peu similaire avait prévalu à la fin des années 90, mais avait pu trouver une solution durable, à travers l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE). Cette initiative a permis, au moment où beaucoup de pays en développement étaient proches d’un défaut de paiement, d’effacer une bonne partie du stock accumulé de leurs dettes publiques. En contrepartie, ces États s’étaient engagés à davantage soutenir les secteurs sociaux, comme l’éducation et la santé, sur les ressources ainsi économisées, au titre du remboursement de la dette. Sur les 39 pays bénéficiaires de l’initiative PPTE, les 36 (dont 30 pays africains), ont obtenu un allègement intégral de leur dette vis-à-vis du FMI et d’autres créanciers. Ce qui fait qu’entre 2001 et 2014, les réductions qui s’en sont suivies, en termes de service de la dette, sont estimées à 1,8% du PIB de ces pays (FMI 2016).

Cette bouffée d’oxygène ne durera cependant pas très longtemps ; le stock de la dette s’étant rapidement reconstitué pour mettre la plupart des pays africains dans une situation aussi délicate, sinon plus, vis-à-vis de leurs créanciers internationaux, actuellement que dans les années 2000. La Zambie s’est déclarée en défaut de paiement en 2020, avec une dette qui a atteint 129% de son PIB, tandis que d’autres pays – comme le Ghana, le Tchad, l’Éthiopie, le Malawi, le Kenya, l’Angola, et le Mozambique – négocient des programmes d’austérité avec leurs créanciers pour obtenir un rééchelonnement de leurs dettes.

La comparaison entre la configuration actuelle de la dette africaine et celle prévalant au début des années 2020 ne se limite pas à sa seule soutenabilité. Entre 2000 et 2020, la géopolitique mondiale s’est également considérablement modifiée, contribuant ainsi à rendre plus incertaines les perspectives de résolution durable de la crise de l’endettement.

Géopolitique et crise financière internationale

Certains récents développements politiques internationaux ont contribué à considérablement changer l’architecture financière internationale, sur les vingt dernières années. En 2000, très peu de gens pouvaient anticiper que la Chine deviendrait la deuxième puissance mondiale, dans un horizon assez court. Certes, les réformes entreprises par l’équipe de Deng Xiao Ping, depuis le début des années 80, ont marqué une rupture spectaculaire, tant en termes de stratégies de développement jusque-là mises en œuvre dans ce pays, qu’en termes de résultats. Entre 1979 et 1989, la Chine a ainsi pu doubler son niveau de PIB par tête en moins de 10 ans, là où il a fallu parfois cent ans aux pays de l’Europe occidentale pour le faire, après la révolution industrielle. Malgré tout, le géant asiatique, qui n’a adhéré à l’OMC qu’en 2001, était encore loin de devenir l’épicentre de l’activité manufacturière mondiale qu’elle est devenue seulement quelques années après. L’appétit venant en mangeant, la Chine ne fait plus aucun mystère de sa volonté de renforcer sa position économique, politique et militaire sur l’échiquier international.

Pour les pays africains, la Chine est devenue un des bailleurs les plus importants, sinon le plus important, même si les statistiques concernant ses engagements financiers internationaux sont plus qu’incomplètes. Selon une étude de Kiel Institute for the World Economy, l’aide publique de la Chine dépasse largement en volume celles des bailleurs bilatéraux occidentaux. D’autres pays se sont également manifestés comme des acteurs économiques et politiques de premier plan. C’est en particulier le cas de la Turquie, mais également des dragons asiatiques comme la Malaisie, l’Indonésie, le Vietnam, la Thaïlande, l’Inde, la Corée, etc. Ces pays sont en même temps devenus des bailleurs émergents, qui sont venus davantage complexifier l’architecture financière internationale, la métamorphosant significativement en moins de 20 ans.

Sur un autre plan, les capitaux privés ont considérablement investi les marchés financiers africains, y changeant complètement la configuration de la dette souveraine. Les créanciers privés représentent 44% de la dette totale africaine, générant des intérêts supérieurs à 10% des recettes budgétaires totales, dans au moins 20 pays africains (UN Global Crisis Response Group). En effet, les prêts publics concessionnels, réputés plus doux (longue durée de paiement, faibles taux d’intérêt, importants différés de paiement, etc.), ont progressivement cédé le pas aux créances privées correspondant à des maturités plus courtes et à des taux d’intérêt plus élevés. De plus, les États débiteurs ont beaucoup moins de marges de manœuvre pour discuter de réaménagement, encore moins d’effacement de la dette, avec les créanciers privés.

Cette diversification de l’écosystème financier international a rendu les négociations multilatérales pour trouver des solutions à la crise de l’endettement, plus difficiles. L’initiative PPTE a été facilitée par le fait que la majeure partie de la dette des pays africains était due à des créanciers publics, presque tous membres du Club de Paris. Avec la nouvelle configuration du marché de la dette, le jeu des acteurs est devenu plus complexe. Par exemple, la Chine considère la gestion de sa dette comme relevant de sa souveraineté nationale et exclut, par conséquent, toute concertation multilatérale la concernant. D’un autre côté, les bailleurs occidentaux considèrent que négocier de la dette des pays en développement sans la Chine, qui est devenue un créancier majeur, conduirait à une situation où les pays débiteurs pourraient utiliser les économies réalisées, avec les éventuelles réductions de dette, pour augmenter leurs engagements vis-à-vis de Pékin. Ce, d’autant plus que les dettes contractées vis-à-vis de ce pays, sont suspectées par les occidentaux d’être « très peu transparentes ».

Une autre complication découle du fait que, dans les années récentes, beaucoup de pays en développement en sont arrivés à s’endetter à des taux d’intérêt plus faibles, pour rembourser les prêts à taux d’intérêt plus élevés. Ce qui constitue une menace sur les prêts concessionnels, de plus en plus, vus comme des subventions octroyées aux créanciers privés pratiquant des conditions de prêts plus onéreuses.

Enfin, le privé lui-même, constatant que les nouveaux prêts contractés par les pays en développement, servent non pas à financer l’investissement, mais à rembourser des prêts antérieurs ou à faire face aux charges courantes, tend à diminuer ses engagements vers ces pays. Ils y anticipent, en effet, un ralentissement de la croissance, qui à son tour, réduirait la capacité des pays en développement à honorer leurs engagements financiers.

Avec les récentes tensions diplomatiques découlant des droits de douane de la nouvelle administration américaine, la méfiance entre les principaux acteurs de l’architecture financière internationale ne fera que se renforcer. Étant donné que ces mêmes droits de douane font voler en éclat le bloc occidental, jusque-là assez soudé, l’imbroglio de l’écosystème financier international risque de se transformer en une situation carrément chaotique.

Le cas du Sénégal

Depuis la survenue de la dernière alternance politique, le Sénégal a opté pour un profil de la dette qui évolue davantage vers les prêts d’origine nationale et communautaire. La récente levée de ressources financières provenant du marché régional est une bonne illustration de cette démarche. Cette option politique permet une meilleure couverture contre le risque de change, avec la mobilisation de flux financiers libellés en monnaie locale. Un autre avantage, plus fondamental, à mon avis, est la mobilisation de l’épargne locale jusqu’ici très faible, et qui a été le moteur du financement de l’investissement dans les processus d’émergence observés partout ailleurs dans le monde, depuis la révolution industrielle.

Quelques points d’attention devraient, cependant, être observés. D’une part, il faut s’assurer que la mobilisation de l’épargne pour financer les investissements publics ne se fasse pas au détriment de l’investissement privé. Dans ce cas, en effet, on aurait qu’une substitution entre les deux formes d’investissements (effet d’éviction), sans grand impact sur le processus de développement. D’autre part, il faut s’assurer que l’épargne ainsi mobilisée serve prioritairement à financer les investissements, et non les charges courantes. En effet, si on s’endettait juste pour payer des salaires et couvrir les autres dépenses courantes, cela saperait les capacités de remboursement de la dette, même contractée en monnaie locale, et menacerait le système financier national.

Enfin, étant donné les besoins d’investissement (estimés à 402 milliards USD par la BAD pour le continent africain) auxquels le pays doit faire face, le recours aux prêts concessionnels sera incontournable, pour financer le développement du pays. Une stratégie agressive d’accroissement de l’accès à ce type de fonds doit également être considérée.

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