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CE SONKO QUI A TROUBLÉ LA PRÉSIDENTIELLE

Nul autre part mieux qu'à Ziguinchor, le candidat du Pastef, Ousmane Sonko, n'a illustré combien il a fortement secoué la campagne électorale

Le Point Afrique  |   Adrien Absolu  |   Publication 22/02/2019

Une agitation particulière parcourt Ziguinchor à quelques dizaines d'heures du premier tour de l'élection présidentielle. D'habitude plongée dans une certaine torpeur, alanguie au creux d'un bras du fleuve Casamance, la ville semble porter par son rêve d'amener à la tête du Sénégal un « enfant du pays ». Une jolie revanche sur l'histoire de cette région jusque-là isolée du reste du pays par la Gambie, cette enclave anglophone qui coupe, en partie, le Sénégal en deux, et qui s'est souvent sentie mal-aimée parce que trop loin de la capitale, Dakar : « loin des yeux, loin du cœur » en quelque sorte.

Une bonne cote

Ce mercredi après-midi, quand on pose la question de leur vote dimanche prochain aux chauffeurs de Jakarta, ces petites motos chinoises qui sillonnent sans relâche les artères du centre-ville, aux tenanciers des commerces de quincaillerie, ou aux femmes qui servent le café Touba sur le bord des trottoirs, la même réponse revient invariablement (disons neuf fois sur dix) : Ousmane Sonko ! Le natif de Thiès, mais qui a grandi à Ziguinchor, a déboulé comme un chien fou dans le jeu de quilles de la politique sénégalaise il y a trois ans à peine, et sa destinée jusqu'à présent n'est pas sans évoquer certaines similitudes avec celle d'Emmanuel Macron en 2017 (même s'il a choisi un slogan de campagne rappelant davantage celui de François Hollande : « L'avenir, c'est maintenant ! »). Inspecteur des finances, 44 ans, ayant tracé sa route loin des partis politiques traditionnels, Ousmane Sonko compte comme le président français sur l'activisme de ses partisans pour remporter l'élection « à la hussarde » en faisant du porte-à-porte et se servant du participatif pour financer sa campagne.

Une forte image de probité

Le brillant quadragénaire s'est fait connaître du grand public en 2016, dénonçant depuis sa position d'auditeur interne au ministère des Finances des affaires de fraude fiscale dans lesquelles auraient trempé quelques huiles du pouvoir, ce qui lui a valu de perdre son emploi, d'être radié de la fonction publique pour manquement à son devoir de réserve, mais surtout de gagner une réputation d'incorruptible. Depuis, sa notoriété n'a cessé de croître. lu député en 2017, il fait aujourd'hui figure de principal opposant au président sortant, Macky Sall. « Il n'a aucune casserole », avance Malick Mané, chauffeur de taxi à l'arrêt, assis à siroter tranquillement son thé à la menthe, l'ataya sénégalais, dans la chaleur de l'après-midi. Sous-entendu : s'il en avait (des casseroles), « le système les aurait déjà sorties ».

Candidat antisystème au parler cash

Le système  ? « Celui qui tient le pays depuis l'indépendance », complète son voisin. « Celui des hommes politiques, des chefs d'entreprise, des journalistes, des griots. » Il faut dire que les deux autres favoris à l'élection, Macky Sall et Idrissa « Idy » Seck, siégeaient il y a presque vingt ans déjà dans le même gouvernement, sous la mandature de l'ex-président Abdoulaye Wade...

Dans cette campagne, Ousmane Sonko est sans doute celui qui a le moins à perdre. Risque-tout, il a adopté un ton cash, un franc-parler qui tranche avec le langage plus policé de ses adversaires, n'hésitant pas même à entonner des refrains aux accents patriotiques, voire protectionnistes, à l'image de ses punchlines les plus célèbres, remettant en cause le franc CFA ou menaçant de renégocier les contrats pétroliers conclus par ses prédécesseurs. Ces prises de position radicales lui ont peut-être valu de perdre quelques soutiens parmi les plus modérés (ou ceux qui craignent que le pays ne plonge dans les troubles, s'il venait à accéder au pouvoir), mais aussi de cimenter autour de lui le clan de ses fidèles, en particulier d'une large part de la jeunesse.

Valse de supporteurs

À la terrasse de l'hôtel Perroquet, complet comme presque tous les hôtels de la ville (chaque candidat a envoyé de Dakar de nombreux émissaires), un homme élégant, costume cintré et boutons de manchette, regarde sur son smartphone la vidéo du meeting donné la veille par Ousmane Sonko devant les étudiants de l'université Gaston-Berger de Saint-Louis. Sur le petit écran, Sonko, vêtu d'une chemise blanche traditionnelle scintillante et d'un chapeau-feutre, perché sur une estrade au milieu de ses fans, apparaît comme une sorte de rock star, sous le crépitement des flashs des téléphones devant une foule prête à s'embraser.

« Bien sûr que je voterai Sonko », dit l'homme, Boubacar Badji, agent immobilier de 44 ans. « C'est lui qui porte le seul message de renouveau pour le pays. Il a bâti sa campagne autour de quelques promesses simples : l'emploi des jeunes, l'éducation, la soif d'entreprendre. Il a l'air sincère, et surtout habité d'une force que ses concurrents ont perdue depuis longtemps », poursuit-il.

Plus loin dans les faubourgs, Djiby Ndiaye est en train de finir de raboter une planche de bois rouge, dans la menuiserie familiale. « On ne trouve plus de bois de teck depuis un an que les autorités forestières ont bloqué les acheminements, à cause du trafic illégal de certaines essences », soupire-t-il. Avant d'ajouter : « Mon candidat ? Ousmane Sonko. Il est de ma génération. »

Dénonciation de la transhumance

Le fait que le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, ait décidé à la surprise générale de rejoindre la coalition Benno Bokk Yakaar de Macky Sall ? « La preuve que le système essaie de s'auto-entretenir. » Beaucoup reprochent aussi au président sortant d'avoir concentré les investissements au cours de son premier mandat sur la capitale : autoroute urbaine, nouvel aéroport, TER, zone industrielle de Diamniadio. Macky Sall a bien inauguré en janvier, en compagnie de son homologue gambien, le pont tant attendu au-dessus du fleuve Gambie qui va fluidifier considérablement les échanges entre la Casamance et le reste du pays, mais c'est une réalisation qui peut difficilement être mise à son crédit : la responsabilité des travaux était confiée à la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest). Cela dit, chacun a ses bonnes raisons de voter pour le candidat du Pastef, Ousmane Sonko. « Liberté, éthique, transparence, fraternité », dit le message bombé sur les murs de sa permanence - à bonne distance d'une estafette de la police.

Y a-t-il dans cette ville quelqu'un qui ne soutient pas Sonko ? Peut-être sur le pont Émile Badiane qui marque l'entrée de la ville. C'est un camelot qui vend des sous-vêtements. Il arbore une casquette du parti présidentiel. Votera-t-il pour Macky Sall ? « Ah non, c'est juste pour me protéger du soleil. » Et il sort de la poche poitrine de sa chemise un petit bulletin qu'il déplie, et qu'il glissera dans l'urne : le portrait d'Ousmane Sonko, costume de cadre, fines lunettes, y apparaît au-dessus de la mention, « Expert fiscal », comme un gage de respectabilité, pour mettre en sourdine les critiques sur son inexpérience.

Macky quand même…

Le soir venu, en face de l'hôpital Silence de Ziguinchor (il aurait été surnommé ainsi parce qu'un panneau annonçait juste après son inauguration : « Hôpital : veuillez garder le silence ! »), se tient un meeting des soutiens du président sortant Macky Sall. Les rangs sont loin d'être touffus clairsemés, quelques pas de danse, quelques klaxons de vuvuzelas. J'interroge une bana bana, ces femmes faisant traditionnellement le commerce de produits de la mer entre Ziguinchor et Dakar : « Moi, je voterai pour Macky, parce qu'il a ramené la paix en Casamance. » Et ces mots de sagesse du directeur local de l'urbanisme, le lendemain matin : « Cette élection fait beaucoup de bruit. Mais à la fin, c'est un Sénégalais qui va gagner... » Sage réflexion au moment où le camp de Macky sale espère le un coup K.-O. et où ses adversaires, Sonko en premier, espère l'amener au second tour.

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