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"LES PROBLÈMES DE L'AFRIQUE SONT POLITIQUES ET LES SOLUTIONS LE SONT TOUT AUTANT"

A Quelques jours de la présidentielle, Hamidou Anne reste convaincu de l’impossibilité des candidats à incarner un leadership de transformation radicale de la société, par la sacralisation de l’égalité républicaine - ENTRETIEN

Droitlibre.tv  |   Ismaël Compaoré  |   Publication 22/02/2019

Hamidou Anne est un essayiste sénégalais. Il est l’auteur de « Panser l’Afrique qui vient », paru en janvier 2019 chez Présence Africaine. Ancien diplomate et ancien conseiller du ministre des Affaires étrangères et de celui de la Culture au Sénégal, il s’intéresse aux enjeux internationaux, aux questions politiques, culturelles, etc. A Quelques jours de l’élection présidentielle au Sénégal, prévue pour ce 24 février, il reste convaincu de l’impossibilité des candidats à incarner un leadership de transformation radicale de la société, par la sacralisation de l’égalité républicaine, le réarmement de la puissance publique et l’arrimage de l’exigence de progressisme à la gouvernance. Il revient, également, sur son livre « Panser l’Afrique qui vient » qu’il espère, contribuera au travail de réflexion que d’autres mènent partout sur le continent et au sein de la diaspora dans l’objectif de penser l’Afrique qui vient. Interview.

Droit Libre TV : Nous sommes en pleine campagne électorale au Sénégal. Quel est l’ambiance dans le pays ?

Hamidou Anne : Nous sommes dans une ambiance de campagne avec tous ses relents liés à la ferveur populaire, aux échanges vifs entre candidats et à une compétition animée. Les Sénégalais se passionnent pour ces joutes entre un président sortant qui cherche un second et dernier mandat et une opposition composée de quatre candidats. Cette année, nous avons une offre de 5 candidats, ce qui est exceptionnel pour un pays qui a connu 14 candidats en 2012.

Que pensez-vous de l’attitude de l’ancien président Abdoulaye Wade qui appelle au boycott des élections tout en incitant ses partisans à user de la violence ?

C’est une attitude irresponsable qui n’honore pas la figure d’ancien président de la République qu’incarne Me Wade. Abdoulaye Wade a une fixation, c’est son fils Karim Wade dont la candidature a été rejetée par le conseil constitutionnel. Ce dernier est l’alpha et l’oméga de l’action publique de son père, qui déjà avait cherché à l’imposer comme successeur en vain.

Malgré l’accueil populaire dont il a bénéficié à son retour de Paris, Me Wade n’a pu convaincre manifestement ses soutiens d’user de la violence. Car les Sénégalais ont déjà obtenu en 60 ans deux alternances démocratiques. Ils connaissent donc la valeur de la carte d’électeur et la nature démocratique de notre pays. Donc ses appels n’auront aucune incidence sur la poursuite du processus électoral.

Vous avez été souvent très critique du président Macky Sall et de certains membres de son équipe. Il est aujourd’hui candidat à sa propre succession. Pensez-vous qu’il est l’homme de la situation en comparaison avec ses 4 adversaires ? 

Macky Sall a un bilan économique satisfaisant, il faut le reconnaître. Il y a aussi certains excès de la gouvernance d’Abdoulaye Wade avec lesquels il a su rompre. Mais je lui reproche principalement l’instrumentalisation de la justice à des fins politiciennes avec les cas Khalifa Sall et Karim Wade. Aussi, Macky Sall est un président né après les indépendances qui n’a su gouverner avec une nouvelle génération de cadres sénégalais compétents et vertueux. Il fait aujourd’hui de la politique avec les leviers de l’ancien monde. La preuve, l’essentiel des vaincus de 2012 sont aujourd’hui ses alliés à travers ce phénomène appelé chez nous transhumance politique.

En suivant les débats de cette campagne, je suis davantage convaincu de l’impossibilité des candidats à incarner un leadership de transformation radicale de la société, par la sacralisation de l’égalité républicaine, le réarmement de la puissance publique et l’arrimage de l’exigence de progressisme à la gouvernance. Cette élection est cruciale car elle clôt un cycle politique entamé il y a deux décennies, mais fondamentalement elle ne changera rien car aucun des candidats n’est à la hauteur de la place que devrait incarner notre pays en Afrique.

La campagne électorale se déroule dans un climat très tendu et on enregistre déjà des morts. Que pensez-vous de cette violence électorale qui n’est pas très courant au Sénégal et quelles peuvent bien en être les raisons ? 

La violence est consubstantielle à l’histoire politique de notre pays. Nous avons vécu un climat d’insurrection en 1988. Le Sénégal a enregistré une dizaine de morts avec l’entêtement de Wade à briguer un troisième mandat en 2012. Cette violence survenue à Tamba, dans l’Est du pays, fait suite à la présence de milices privées aux cotés des candidats, surtout chez ceux qui détiennent les moyens de l’État. L’APR qui a une milice appelée les "Marrons du feu" qui usent de violence vis-à-vis des populations. Il faut saluer la décision tardive, mais salutaire de l’État, de mettre à la disposition de chaque candidat la police et la gendarmerie pour garantir leur sécurité.

Toute mort en situation électorale, où la force des arguments doit prévaloir, est une mort de trop. Mais hélas, je ne suis pas surpris eu égard à la présence d’hommes armés parmi une foule excitée par l’enjeu électoral.

Le 24 février, le Sénégal aura un président démocratiquement élu. Quelles sont vos attentes vis-à-vis de lui ? 

J’attends du président élu la prise en compte des aspirations de la jeunesse et des couches les plus vulnérables. Les politiques menées depuis 1960 ont creusé les inégalités sociales, spatiales et aussi celles liées au genre.

Il faut que le président pour les cinq prochaines années incarne enfin la stature d’homme d’État, de leader qui assoit des ruptures radicales, érige la transparence comme mode de gestion et éloigne sa famille de l’exercice du pouvoir.

J’attends enfin une prise en compte de la place du Sénégal dans le monde. Nous sommes un grand pays qui fait face, eu égard à un leadership médiocre, à une stagnation diplomatique malgré un potentiel inestimable dans les relations internationales.

Vous venez de sortir un livre titré « Panser l’Afrique qui vient » ? D’où vous est venue l’idée de ce livre ? pourquoi un tel titre ?

Ce livre est né d’un voyage que j’effectuais en bus il y a quelques années pour Bamako dans des conditions rudes. Et j’ai croisé des jeunes qui partaient pour l’aventure vers la Libye avec comme seul bagage des bidons d’eau et un espoir d’une vie meilleure ailleurs. Cette image qui contredisait tout le discours afroptimiste béat m’a poussé à écrire ce petit essai qui ne se veut ni optimiste, ni pessimiste, mais plutôt réaliste dans l’identification des forces et des faiblesses du continent et des enjeux de son salut. Ce continent dont une partie de la jeunesse, en proie au doute et au désespoir, va vers une mort certaine dans l’Atlantique ou la Méditerranée si elle ne s’engage dans des entreprises guerrières comme moteur de survie. Face à ces constats, mon ambition est de contribuer à la naissance d’un pacte d’humanité entre l’Afrique et sa jeunesse.

Le titre fait référence à la connexion qui existe, selon moi, entre panser l’Afrique, réparer ses blessures du passé (esclavage, colonisation, dictatures, guerres, etc.) et penser comme élément structurant d’une réflexion en vue d’identification de nouveaux chemins d’espoir.

Quelles pathologies particulières de l’Afrique vous pointez ? Et quels peuvent bien être les remèdes ?

Le continent fait face à plusieurs maux que sont, sans être exhaustif, le terrorisme, la corruption, l’évasion fiscale, le déficit démocratique, la faiblesse de la puissance publique, l’accès à l’éducation, à l’eau. La situation de l’Afrique est évidemment moins pire qu’il y a cinquante ans, il serait nihiliste de ne pas vouloir le reconnaître. Mais je trouve que nous exagérons souvent les succès et les potentiels qui sont de petits lampions dans un océan sombre, qui appelle un véritable usage du politique comme arme de construction du devenir sur le continent.

Les problèmes de l’Afrique sont politiques, et donc les solutions le sont tout autant. Il faut réformer la gouvernance en Afrique, rendre nos États puissants et capables de résister aux influences des lobbies (endogènes et exogènes). Construire des États forts et stratèges permettra par exemple de mettre l’accent sur l’école comme instance suprême de construction de la citoyenneté, mais aussi de fabrication de l’égalité et d’imprégnation de la culture qui libère, enrichit et sauve. En ayant des citoyens formés et vertueux, nous aurons posé un pas important pour un futur désirable.

Après votre livre collectif a succès « Politisez-vous », ou vous vous adressez particulièrement à la jeunesse africaine, vous revenez avec ce livre « Panser l’Afrique qui vient ». Est-ce une suite logique ? 

Oui, il s’agit d’une suite logique, car on retrouve les mêmes thématiques sur l’échec des élites politiques post indépendance, le délitement de la société, la mal gouvernance, et l’importance du politique comme station par essence de transformation sociale. Mais je dois préciser que j’ai fini le manuscrit de « Panser l’Afrique qui vient »avant d’avoir eu l’idée de l’ouvrage collectif « Politisez-vous » dont j’ai eu le bonheur d’assurer la coordination éditoriale.

Comment se le procurer et que voulez-vous que votre lectorat retienne de ce livre ? 

Il est disponible chez Présence Africaine (à Paris) et sur Amazon. Bientôt il le sera dans les librairies. En tant que militant progressiste, j’ai apporté une proposition discursive à un débat relevant de l’avenir du continent. J’espère que mon livre va contribuer au travail de réflexion que d’autres mènent partout sur le continent et au sein de la diaspora dans l’objectif de penser l’Afrique qui vient.

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