UNE PRÉSIDENTIELLE SANS LE PDS ET LE PS
Le scrutin de la présidentielle de ce dimanche 24 février 2019 est le premier auquel ne participent pas le Parti socialiste (PS) et le Parti démocratique sénégalais (PDS), les deux formations qui ont dominé la vie politique durant ces dernières decennies

Dakar, 24 fév (APS) - Le scrutin de la présidentielle de ce dimanche 24 février 2019 est le premier auquel ne participent pas le Parti socialiste (PS) et le Parti démocratique sénégalais (PDS), les deux formations qui ont dominé la vie politique sénégalaise durant ces dernières décennies.
Alors que leurs différents duels n’avaient cessé de rythmer la scène politique sénégalaise depuis 1978, le PS qui a régné sur le Sénégal pendant 40 ans et son éternel rival, le Parti démocratique sénégalais (PDS), sont absents cette année de la course à la présidentielle.
Un fait inédit depuis 1978, année où le tombeur d’Abdou Diouf, Abdoulaye Wade se présentait pour la première fois à une élection présidentielle contre Léopold Sédar Senghor, le père fondateur de la nation sénégalaise.
Entre cette date et la première alternance politique de l’histoire du Sénégal, survenue en 2000, les deux formations politiques n’avaient cessé de se livrer une lutte sans merci aux différentes élections.
Même si cette bataille d’hégémonie avait perdu de son âpreté après l’arrivée d’Abdoulaye Wade au pouvoir, le PS a toujours participé sous sa propre bannière aux différentes présidentielles.
Sauf que pour la présidentielle de dimanche, il sera le grand absent, à l’image de son éternel rival, le PDS.
Une frange du parti fondé par Léopold Sédar Senghor, premier président de la République du Sénégal, voulait miser sur l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall.
Mais ce dernier, condamné à cinq ans de prison pour "escroquerie portant sur les deniers publics" et en détention depuis deux ans, a vu le Conseil constitutionnel rejeter sa candidature au motif qu’il "ne peut plus se prévaloir de sa qualité d’électeur".
De guerre lasse, il a décidé de soutenir le candidat de la coalition "Idy 2019", prenant le contre-pied du secrétaire général du PS, Ousmane Tanor, pleinement engagé au sein de "Benno Bokk Yaakaar" (BBY, mouvance présidentielle) pour la réélection du président sortant Macky Sall.
C’est le même sort qui a également frappé le PDS dont le dossier de candidature a également été invalidé par le Conseil constitutionnel.
Dans ce cas également, la juridiction spécialisée a invoqué la condamnation en 2015 de son candidat Karim Wade à six années de prison pour "enrichissement illicite" et la mention "personne non inscrite sur le fichier électoral" sur la carte d’identité figurant dans son dossier.
Le candidat Madické Niang, issu des rangs du PDS, n’a pas bénéficié du soutien de son leader Abdoulaye Wade, pas plus que ce dernier ne l’a fait pour le candidat de BBY et celui de "Idy2019", tous deux considérés comme ses fils spirituels.
Les militants du PDS sont partagés entre la consigne de boycott lancé par leur leader et le soutien à Idrissa Seck ou Macky Sall. Quelle sera l’influence de cette donne dans l’issue du scrutin de dimanche, seules les urnes pourront y apporter une réponse.