«UNE INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE LOCALE VOIRE REGIONALE EST UNE PRIORITE»
Sur sa page Facebook, la directrice générale de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA), Annette Seck Ndiaye, a soutenu que la pénurie de médicaments va au-delà des frontières sénégalaises

Ce n’est pas au Sénégal uniquement que la pénurie de médicaments se fait ressentir. Selon la Directrice générale de la Pharmacie nationale d’Approvisionnement (PNA), Annette Seck ndiaye, le phénomène touche tous les pays du monde, en particulier les Etats africains qui en sont les plus gros importateurs. En guise de solution, elle propose l’implantation d’une industrie pharmaceutique locale voire régionale. A cet effet, elle appelle les opérateurs économiques à se tourner vers le secteur de l’industrie pharmaceutique.
Sur sa page Facebook, la directrice générale de la Pharmacie Nationale d’Approvisionnement (PNA), Annette Seck Ndiaye, a soutenu que la pénurie de médicaments va au-delà des frontières sénégalaises. «Les pénuries de médicaments sont devenues depuis quelques années un phénomène mondial.
En effet, il suffit de s’y intéresser de plus près pour comprendre que la problématique de la pénurie des médicaments est une préoccupation majeure des acteurs de la santé du monde entier», dit-elle avant d’expliquer cette situation qui remonte à 2017 lors de la 70ème Assemblée générale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). «Entre les problèmes de capacité de production, de qualité et de fabrication du produit fini, les pénuries s’installent et les pays les plus gros importateurs dont ceux du continent africain payent le plus lourd tribut face à l’instabilité et aux caprices du marché pharmaceutique mondial», dit elle. Mais face à ce phénomène, elle rappelle aux autorités que l’heure n’est pas aux lamentations mais à l’action. «Les besoins sont trop importants pour que nous continuions à subir le diktat des firmes pharmaceutiques qui font leur «beurre» sur le marché africain de plus en plus florissant. La promotion de l’industrie pharmaceutique locale voire régionale est une priorité à laquelle tout le monde doit s’atteler», affirme la pharmacienne qui invite ainsi «les opérateurs économiques, modèles de parfaite réussite et qui font la fierté du Sénégal, à se tourner vers le secteur de l’industrie pharmaceutique et à impulser son dynamisme».
VULNERABILITE AU RISQUE DE PENURIE
D’après le constat fait par les entreprises du médicament, les anti-infectieux comme les vaccins, les médicaments du système nerveux dont les anti-épileptiques ou antiparkinsoniens et les anticancéreux sont les plus touchées par la pénurie. «Elles constituaient en 2018 plus de la moitié des pénuries. En raison de la complexité de leur processus de fabrication, les spécialités injectables seraient les plus vulnérables au risque de pénurie», explique la patronne de la PNA.
S’appuyant sur une étude récente publiée par la Newsletter de l’Anesthésia Patient Safety Foundation (APSF), Dr Annette Seck Ndiaye soutient que la majorité des pénuries concerne les médicaments génériques injectables utilisés dans les hôpitaux, en particulier dans les blocs opératoires, notamment pour les soins d’urgence et en anesthésie. Cela est dû au fait que le nombre de fabricants pharmaceutiques impliqués dans la plupart des productions de médicaments injectables est limité. «Seulement un à deux fabricants produisent la grande majorité des médicaments injectables. Au cours des six dernières années, des problèmes de qualité survenant dans le processus de fabrication ont été responsables de la plupart des pénuries», renseigne patronne de la PNA.