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ON A DAVANTAGE BESOIN D’ORIENTATIONS CLAIRES ET DURABLES QUE DE SIMPLES MESURES EPHEMERES

Professeur Aly Tandian, enseignant-chercheur au Département de Sociologie de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, fait une analyse de la migration circulaire et partage sa réflexion

Yves TENDENG  |   Publication 31/01/2025

Professeur Aly Tandian est enseignant-chercheur au Département de Sociologie de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Il est le Directeur du laboratoire d’études et de recherches sur les migrations et président de l’Observatoire Sénégalais des Migrations. Dans cet entretien, le sociologue fait une analyse de la migration circulaire et partage sa réflexion.

Au Sénégal, depuis quelques jours, nous avons constaté une forte mobilisation de jeunes pour se faire inscrire aux BAOS (Bureau d’Accueil, d’Orientation et de Suivi) dans l’espoir de faire partie des personnes à sélectionner dans le cadre de la migration circulaire. Quelle est votre réaction à ce sujet?

La migration circulaire peut inciter au départ des candidats auparavant non prédestinés à la migration, mais qui saisissent cette opportunité de partir surtout de manière tout à fait régulière et légale. Donc, la migration circulaire élargit la base de recrutement des candidats au départ et peut constituer sous ce rapport, une incitation au départ. En plus, elle individualise les départs et affaiblit les réseaux de départ qui souvent, étaient le fondement des réseaux d’insertion et de réinvestissement dans les pays d’origine, quelle que soit leur obédience villageoise, ethnique ou confrérique.

On semble dire que c’est un exploit de trouver du travail aux jeunes ?

A présent, le constat est qu’il y a beaucoup de bruits sur l’envoi des jeunes en Espagne. Pour certains, c’est l’inquiétude. Pour d’autres c’est un exploit politique, une ingéniosité d’un quelconque projet. Non, je pense qu’au-delà de la passion politique, il faut rappeler que l’État du Sénégal a envoyé des travailleurs en Arabie Saoudite. Ces travailleurs étaient en majorité spécialisés en maçonnerie, en électricité et autres secteurs du BTP. Cette même situation s’est présentée en 1992, mais cette fois-là pour la reconstruction du Koweït après les attaques irakiennes. Ainsi, plusieurs contingents de travailleurs sénégalais constitués de maçons, d’électriciens, etc., ont été sélectionnés et envoyés au Koweït. Ces envois ont permis à l’État du Sénégal, lessivé par les politiques d’ajustement structurel, d’offrir du travail à ses populations qui ne cessaient d’en exiger, tout en manifestant leur détermination à s’exiler pour trouver du travail. Vingt ans plus tard, le président sénégalais Abdoulaye Wade, a signé un accord avec l’Espagne. A l’époque, José Luis Zapatero, Premier ministre espagnol avait déclaré que « les accords signés avec le Sénégal permettaient à l’immigration de se faire dans un cadre légal sous la conduite du ministère espagnol du Travail et selon l’état du marché du travail en Espagne. L’Espagne tiendrait sa promesse de donner 13 milliards de FCFA (20 millions d’euros) au Sénégal pour financer la formation et l’emploi et créer des opportunités économiques pourles jeunes ». Je pense qu’on oublie parfois que ce pays a une histoire en matière de migration circulaire. On a plus besoin d’orientation claire et objective, en termes d’offre d’emploi, que de simples politiques spontanées.

Quelle analyse faites-vous de la migration circulaire et surtout de cette voie choisie par le Sénégal d’envoyer des personnes en Espagne et au Qatar ?

L’élaboration d’une politique de migration circulaire nécessite une approche stratégique et inclusive pour répondre aux besoins des pays d’origine et de destination, mais également aux besoins des migrants eux-mêmes. Je pense qu’il faut aider nos politiques à comprendre que la migration circulaire a des exigences à suivre pour son succès. Il y a des étapes fondamentales qui semblent être des impératifs : une évaluation des besoins, un engagement des parties prenantes, une conception de cadres juridiques et institutionnels, une identification des compétences, un souci d’intégration socio-économique des migrants, bref un suivi, une évaluation et un ajustement permanent et surtout une communication et une sensibilisation. Je pense que certains de ces points ne sont pas pris en compte pour des raisons peut-être de précipitation, d’ignorance ou de recherche d’exploit.

En plus du Royaume d’Espagne, l’État du Sénégal a prévu toujours dans le cadre de la politique de migration circulaire d’envoyer des personnes au Qatar. Que pensez vous de cette option ?

Je pense que l’État du Sénégal doit davantage se mobiliser pour informer les candidats à la migration circulaire. Le Sénégal doit d’une part, diffuser des informations claires sur les opportunités et les obligations liées à la migration circulaire et d’autre part il doit lutter contre la désinformation en contrant les pratiques frauduleuses et les réseaux illégaux grâce à des campagnes de sensibilisation.

Pour le Qatar, l’établissement de la migration circulaire est beaucoup plus complexe. Le Sénégal doit veiller aux restrictions et aux obstacles qui limitent la liberté de mouvement des travailleurs migrants qui les empêchent de mettre fin à leur relation de travail en cas d’abus. Cela me semble important tout comme la possibilité d’autoriser les travailleurs migrants à quitter leur emploi à certains intervalles ou moyennant un préavis raisonnable. Dans les pays du Golfe, les travailleurs étrangers sont le plus souvent confrontés à la confiscation de leurs passeports.

J’ignore le niveau d’engagement du Sénégal dans le projet d’envoyer des travailleurs au Qatar mais il me semble fondamental de prendre les mesures nécessaires en droit et en pratique pour s’assurer que les Sénégalais soient pleinement protégés contre des pratiques et des conditions abusives qui pourraient relever du travail forcé.

C’est le lieu de rappeler que le Sénégal est dans l’impératif de mettre en place une politique migratoire. car en En matière de migration circulaire, le Sénégal est à encourager fermement à prendre des mesures afin de permettre à ses populations de pouvoir accéder aux mécanismes de protection et de pouvoir, dans la pratique, s’adresser aux autorités compétentes et demander réparation en cas de violation de leurs droits ou d’abus, sans crainte de représailles. Pour réussir cela, il y a une réelle urgence de repenser des représentations diplomatiques.

Pensez-vous que cette option d’envoyer des Sénégalais est la meilleure en termes de politique migratoire ?

Je me limite à ma posture de chercheur en rappelant modestement qu’en termes de politique de migration circulaire, les difficultés administratives et juridiques ne manquent pas. Nos recherches précédentes en Espagne et spécifiquement à Huelva et à Alméria, nous apprennent que les procédures peuvent quelques fois être complexes avec de longs délais pour obtenir ou renouveler un permis de travail et de séjour. A côté, il y a les barrières à la reconnaissance des diplômes, les conditions de travail précaires, etc.

Assez souvent, des personnes mobilisées pour la migration circulaire sont contraintes de travailler avec des salaires bas et sans protection sociale. Elles peuvent également tomber dans des situations d’abus et d’exploitation dans certains secteurs comme l’agriculture, les services à domicile et la restauration.

A ce jour, au Sénégal, on a plus besoin d’orientations claires et durables en matière de gouvernance des migrations et de politiques d’emploi que de simples mesures éphémères.

Nous avons des Sénégalais qui ne veulent plus continuer à être de simples victimes de la mondialisation ; ils veulent être des acteurs de la mondialisation

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