LE PAPE EST MORT, VIVE LE PAPE !
Tel il a trouvé le monde des hommes, tel il y a vécu en dénonçant ses travers, tel il l’a laisse, injuste et hypocrite…imparfait. Va, va en paix, et repose-toi pour l’éternité, François des pauvres, François des opprimés, François de Palestine et du monde

Pape des opprimes, pape des pauvres, pape de Palestine.
« En entrant dans l’espace aérien chinois, je présente mes meilleurs vœux à votre excellence et à vos concitoyens. J’appelle les bénédictions divines de la paix et du bien-être sur le pays. »
C’est avec ces mots que l’avion papal fendit les nuages, à 890km/h et à 35000 pieds, au-dessus de la grande muraille de chine. Il était alors à destination de la Corée du Sud, pour repandre la parole du Dieu unique. Il venait ainsi d’envoyer une bénédiction aérienne à ses 12 millions de fidèles chrétiens chinois, « otages » d’une diplomatie chinoise rigoureuse, orgueilleuse et susceptible, et au président Xi Jinping, arrivé au pouvoir quelques heures seulement apres le fameux «habemus papam*», ou l’annonce de l’élection de Jorge Mario Bergoglio à la papauté.
Il sillonnera ainsi, toute sa vie durant, le monde des hommes, dispensant ses messages de paix et de justice. Avec courage et sérénité, mais sans faiblesse, aucune.
Répandant la foi chrétienne et renforçant le rayonnement et la souveraineté universelle de la papauté et de l’État du vatican.
Constant dans le soutien au peuple opprimé de Palestine, le pape couchera sur son dernier testament sonore son amour et son empathie pour ce peuple qui marche encore aujourd’hui sur son chemin de croix.
Courageux et droit dans sa soutane, le pape a denoncé jusqu’à ses dernières heures les injustices les plus marquantes de notre époque .
Sur la place Saint Pierre, le jour de Pâques, alors qu’il était déjà sur la toute prochaine liste d’Azrael, l’ange sans état d’ame de la mort, il a dénoncé, une dernière fois et demandé la fin immediate du massacre du peuple de Palestine. Mais pour rester juste et équidistant, il demandera aussi la libération des otages innocents du Hamas, coupable tout simplement d’être Juifs. Quel homme !!
Jusqu’à ses funerailles, il sera le chantre de la paix, car il a réussi samedi 26 avril 2025, l’improbable exploit de reunir des amis, des partenaires et des ennemis jurés, du tres antipathique Donald trump au souriant mais non moins important acteur de la scène internationale, le français Emanuel Macron. En passant par des têtes couronnées et des dignitaires, des badauds, des pogroms et des roturiers des temps modernes.
Dès l’annonce de sa mort, les plus beaux temoignages et hommages lui ont été rendus par ces grandes puissances, autrices ou complices des drames qui, a longueur d’année se nouent aux quatre coins de la planète et qui ont royalement ignoré ses appels à la paix et à la justice. D’éminents ennemis de la paix et de la justice viendront s’incliner et souiller sa dépouille. D’ailleurs ils ont hate. Certains ont même tweete « …nous avons hâte d’y être ». Des hommes qui ne garderont rien de ses messages, qu’ils ont « hâte » d’enterrer avec lui. Mais le pape François savait qu’il ne faut jamais abandonner, ni renoncer à ramener les brebis égarées dans le troupeau de Dieu. Car c’est là, dans cet esprit de Sisyphe que réside la grandeur de son sacerdoce.
Tel il a trouvé le monde des hommes, tel il y a vécu en dénonçant ses travers, tel il l’a laisse, injuste et hypocrite…imparfait!
Mais il ne s’est jamais fait d’illusion quant à la nature humaine. Il savait, lui, saint homme, que c’est pour convertir et sauver les âmes en perdition que les prophètes de Dieu ont été missionnés ici-bas. La perfection n’est pas de ce monde.
Samedi, Gaza, la Cisjordanie, Rafah et tous les territoires palestiniens occupés, ont retenu leurs souffles, au moment où l’a accueilli, pour l’éternité, son caveau de la basilique Sainte-Marie-Majeure.
Le peuple de Palestine pleure et pleurera chaque jour, comme il pleure ses dizaines de milliers de femmes et enfants. Le peuple de Palestine a promis de prier pour lui et de porter son deuil ad vita æternam**.
Place Saint Pierre, dimanche de Pâques, plus de 2000 année après la naissance du Christ, nos frères chrétiens célébrent sa resurrection dans la ferveur et le recueillement. Il est midi passé de quelques minutes. Un fauteuil roulant s’avance doucement vers le balcon central, poussé par l’infirmier personnel du pape. Dans ce fauteuil, le pape affaiblit, assis mais debout, admirablement debout comme au premier jour de son pontificat, avec ces premières phrases : « frères et sœurs bonsoir, vous savez que le devoir du conclave est de donner un cardinal à Rome. Il semble que mes frères cardinaux sont allés le chercher à l’autre bout du monde. Mais nous sommes la… ». Mais ce jour de Pâques est particulièrement important pour pape François. Pour la dèrniere fois, il a puisé dans sa dernière énergie pour venir souhaiter urbi et orbi, « bon dimanche des rameaux, bonne semaine de Pâques ». Il n’a pas voulu rater ce dernier rendez-vous avec les fidèles chrétiens, c’est la raison pour laquelle, comme la dernière volonte d’un condamné, il a demandé à son médecin de lui inoculer la force, avec l’aide du seigneur, de retourner sur la place Saint-Pierre une dernière fois, pour dire « au revoir » et communier avec le monde des vivants. Ces êtres tellement têtus, tellement imparfaits, mais si attachants. « que la lumière de la Pâques nous pousse à abattre les barrières qui créent des divisions et qui sont lourdes de conséquences politiques et économiques. »
Le pape François, dans sa dernière homélie pascale dispensera un message de paix aux accents d’un testament hautement politique. Il exhortera ceux qui font et défont la géopolitique à œuvrer pour la paix et le silence des armes, de l’Ukraine au Soudan, en passant par le Yemen, l’Azerbaijan et toute la Caucase du sud jusqu’à la Corne de l’Afrique et la région des grands Lacs…
Il n’oubliera aucun recoin de cette terre où vit ou survit un chrétien ou simplement un être humain. Et pour ceux qui n’ont pas entendu ou lu le nom de la Chine, c’est parce qu’ils n’ont pas su lire entre les lignes…
C’est le lundi 21 avril, lendemain de Pâques, vers 5h30 que les premiers signes de malaises apparurent. Le pape entouré de ses assistants médicaux les remercia et particulièrement son fidèle médecin personnel, Massimiliano Strappetti, en ces mots « merci de m’avoir ramené sur la place ». Quelques instants plus tard, il sombra paisiblement dans son dernier sommeil.. C’est au petit matin, un peu après 7h, que ce grand monsieur, Jorge Mario Bergoglio, mourut pape de de tous les chrétiens du monde, loin de son Argentine natale, où il n’est jamais retourné et qu’il ne retrouvera plus jamais.
Va, va en paix, et repose-toi pour l’éternité, François des pauvres, François des opprimés, François de Palestine et du monde entier. Veille sur ce peuple opprimé depuis le ciel.
*nous avons un pape.
** pour toujours
À l’amour et au respect que nous portons à nos freres chrétiens.
Nous compatissons.