Les analystes politiques René Lake et Ibrahima Kane décryptent la décision du président de ne pas un briguer un nouveau mandat ainsi que ses implications dans un Sénégal en proie à une de ses plus grandes crises
L'émission Washington Forum sur VOA avec Abdourahmane Dia à propos de la décision du président sénégalais Macky Sall de ne pas briguer un troisième mandat.
Cette décision permettra-t-elle d’aller vers des élections crédibles et apaisées ? Qui sera le candidat de la majorité ? Quel sort pour l’opposant Ousmane Sonko ?
Élements de réponses avec les invités René Lake et Ibrahima Kane.
MO IBRAHIM SALUE L'INTÉGRITÉ ET LA STATURE D'HOMME D'ÉTAT DE MACKY SALL
Le milliardaire et philanthrope anglo-soudanais dit espérer que l’Afrique et le monde ‘’pourront désormais bénéficier […] de la sagesse du président sénégalais’’ d’avoir refusé de se maintenir longtemps au pouvoir
Le milliardaire et philanthrope anglo-soudanais Mo Ibrahim salue ‘’l’intégrité et la stature d’homme d’Etat’’ de Macky Sall et dit espérer que l’Afrique et le monde ‘’pourront désormais bénéficier […] de sa sagesse’’ d’avoir refusé de se maintenir longtemps au pouvoir.
‘’Je souhaite saluer l’intégrité et la stature d’homme d’Etat du président Macky Sall. J’espère maintenant que notre continent et notre monde globalisé pourront désormais bénéficier […] de sa sagesse, de son expérience et de sa forte voix’’, écrit M. Ibrahim dans une déclaration parvenue à l’APS.
Il réagit ainsi à la décision prise par Macky Sall de ne pas être candidat à l’élection présidentielle de 2024.
‘’Le président Macky Sall a bien servi son pays depuis plus de dix ans, comme son continent, lors de son mandat comme président de l’Union africaine’’, a ajouté Mo Ibrahim.
‘’L’une de ses premières décisions lorsqu’il prit les rênes de son pays fut de réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans. Nombreuses ont été les spéculations sur [sa] potentielle candidature à un troisième mandat. Il est resté fidèle à sa parole’’, a déclaré le philanthrope.
Il estime que le dirigeant sénégalais ‘’a délivré un discours sans ambages en mettant fin à toutes ces spéculations et, espérons-le, à toutes les confrontations inutiles’’.
‘’Il a déclaré que son pays dépassait sa seule personne et disposait d’une pléthore de femmes et d’hommes capables de le diriger’’, a ajouté M. Ibrahim.
Macky Sall, élu en 2012 et réélu en 2019, a annoncé lundi qu’il ne présenterait pas sa candidature au scrutin présidentiel de 2024.
L’annonce de cette décision survient dans un contexte de vives tensions préélectorales accentuées par la volonté qui lui était prêtée de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat en cours.
Mo Ibrahim est le fondateur et président de la fondation portant son nom, laquelle, basée à Londres, décerne aussi le prix Mo Ibrahim pour la gouvernance en Afrique.
Cette distinction récompense un chef d’Etat africain ayant amélioré les conditions de vie de ses compatriotes et aidé à renforcer la démocratie dans son pays.
‘’Face aux problèmes politiques et économiques les plus graves, notamment un extrémisme violent et une désertification croissante, le président Mahamadou Issoufou a su conduire ses concitoyens sur la voie du progrès. Aujourd’hui, le nombre de Nigériens vivant sous le seuil de pauvreté est tombé à 40 %, contre 48 % il y a dix ans. Bien évidemment les défis demeurent conséquents, mais le président Issoufou a tenu ses engagements auprès du peuple nigérien et leur a ouvert la voie d’un avenir meilleur’’, a argué la fondation Mo Ibrahim en 2021 pour décerner son prix à cet ex-président nigérien.
M. Issoufou, élu en 2011 et réélu en 2016 pour un second mandat, a quitté ses fonctions à l’échéance prévue, dans le respect de la Constitution de son pays.
Une récompense d’une valeur de 5 millions de dollars US (un peu plus de 3 milliards de francs CFA, selon le cours actuel du dollar) doit lui être versée sur dix ans par la fondation Mo Ibrahim.
Ellen Johnson Sirleaf (Liberia, 2017), Hifikepunye Pohamba (Namibie, 2014), Pedro Pires (Cap-Vert, 2011), Festus Mogae (Botswana, 2008) et Joaquim Chissano (Mozambique, 2007) ont remporté le prix Mo Ibrahim pour la gouvernance en Afrique.
META LANCE THREADS
Meta a lancé ce mercredi Threads, un nouveau réseau social de « microblogging » comparable à Twitter dont la survie est en question.
Meta a lancé ce mercredi Threads, un nouveau réseau social de « microblogging » comparable à Twitter dont la survie est en question.
Depuis son lancement, 10 millions d’utilisateurs se sont inscrits, renseigne le groupe Meta. « Dix millions de personnes se sont enregistrées en sept heures », a posté M. Zuckerberg sur son compte Threads officiel.
La mise en ligne de Threads intervient quatre mois seulement après que les premiers échos du projet ont filtré.
LE PROFESSEUR DAOUDA NDIAYE CANDIDAT À LA PRÉSIDENTIELLE
Le président du mouvement Actions, par ailleurs chef du service de parasitologie de l’université Cheikh Anta Diop, a annoncé sa candidature lors d’une conférence de presse ce jeudi
Le professeur Daouda Ndiaye, chef du département de parasitologie de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar et fondateur du mouvement social ‘’Actions, Seen Tawfeex Sunu Yitte’’, a annoncé, jeudi, à Dakar, avoir décidé de présenter sa candidature à l’élection présidentielle du 25 février 2024.
‘’Beaucoup de défis nous attendent, des défis que nous devons relever ensemble. C’est pourquoi je voudrais déclarer ma candidature à l’élection présidentielle de 2024’’, a lancé M. Ndiaye lors d’un point de presse.
Le spécialiste du paludisme de renommée internationale se satisfait du bilan de chacun des quatre chefs d’Etat du Sénégal depuis l’indépendance du pays et affirme vouloir s’appuyer sur leur legs pour ‘’asseoir un programme de développement durable’’.
‘’Nous comptons consolider les acquis démocratiques qui font du Sénégal une référence dans le monde’’, a promis Daouda Ndiaye.
‘’En toute humilité, nous savons que notre parcours, notre expertise et nos relations aux niveaux national et international constituent un atout pour mener notre très cher Sénégal vers le développement’’, a-t-il ajouté.
Le professeur Daouda Ndiaye dit avoir consacré plusieurs mois de travail au programme qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu président de la République. ‘’Nous allons le partager prochainement’’, a-t-il promis.
M. Ndiaye, également chef du service de parasitologie de l’hôpital Aristide-Le-Dantec de Dakar, a reçu d’importantes distinctions pour ses travaux sur la parasitologie et la mycologie.
Il déclare avoir organisé en juin dernier le premier cours international sur l’éradication du paludisme en Afrique.
Le candidat à l’élection présidentielle dit par ailleurs saluer la décision prise par Macky Sall de ne pas être candidat en 2024.
‘’Nous exprimons notre compassion envers tous les Sénégalais, à la suite des événements qui se sont déroulés dans notre pays, qui est un havre de paix que nous devons tous préserver’’, a-t-il affirmé en parlant des violences à l’origine de la mort de 16 à 30 personnes, selon diverses sources, entre le 1er et le 3 juin.
D’autres personnalités, dont l’ancien Premier ministre Abdoul Mbaye, les anciens ministres Mary Teuw Niane et Alioune Sarr, ont fait une déclaration de candidature à l’élection présidentielle prévue dans sept mois et demi.
SONKO PROMET LE CHAOS SI SA CANDIDATURE EST EMPÊCHÉE
"Il n'y aura pas d'élection dans ce pays, ou alors ce sera dans un chaos indescriptible si par des combines judiciaires le président Macky Sall voulait empêcher ma candidature", prévient le leader de Pastef, condamné et donc actuellement inéligible
L'opposant Ousmane Sonko a promis jeudi des élections au Sénégal dans un "chaos indescriptible" si sa candidature à la présidentielle de 2024 est empêchée, lors de sa première prise de parole depuis que le président Macky Sall a annoncé lundi ne pas briguer un troisième mandat.
"Il n'y aura pas d'élection dans ce pays, ou alors ce sera dans un chaos indescriptible si par des combines judiciaires le président Macky Sall voulait empêcher ma candidature", prévient-il dans un entretien sur la chaîne France 24.
M. Sonko, plus farouche opposant du président Sall, a été condamné il y a un mois à deux ans de prison ferme dans une affaire de moeurs. Cette condamnation le rend en l'état actuel inéligible. Elle a engendré début juin les troubles les plus graves depuis des années au Sénégal, faisant 16 morts selon les autorités et une trentaine selon l'opposition.
M. Sonko a estimé que M. Sall a renoncé à une troisième candidature, "non pas parce qu'il est un démocrate", mais à cause de la "pression populaire et internationale". Selon lui, il n'y a pas de raison de le "féliciter" pour cela. Malgré "l'acharnement" du pouvoir pour l'éliminer de la course à la présidentielle selon lui, le leader du Pastef s'est dit "prêt à pardonner", et même à "oublier" s'il peut participer à l'élection. "Nous lui (Macky Sall) souhaitons de terminer ce mandat en beauté et de pouvoir partir dans la sérénité, lui et sa famille", a-t-il ajouté, réclamant des élections "libres", "transparentes" et "inclusives".
Il a affirmé qu'il n'y a aucun contact "officiel" ou "officieux" entre lui et le président. Il s'est dit prêt "à faire des sacrifices" pour "apaiser" le pays, mais a rappelé qu'il ne discuterait pas "le couteau à la gorge". M. Sonko est bloqué par les forces de sécurité chez lui à Dakar, "séquestré" selon lui, depuis le 28 mai.
par Makhtar Diouf
QUAND MACKY APRÈS 1+1 = 1, REVIENT À 1+1 = 2
EXCLUSIF SENEPLUS - Ce que Macky peut faire de mieux après sa déclaration de non-candidature, c’est : déplorer tous ces morts et blessés, mener enfin des enquêtes sur les tirs à balles réelles, libérer ces manifestants qui n’ont fait qu’exprimer un droit
« Sur la base des résultats que nous avons compilés, il faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection avec un minimum de 57 pour cent des voix ».
En langue française, ‘’réélection’’ a un seul sens : élu pour la seconde fois.
Et de 2
Arithmétique à l’APR. Logique et absurde
Par la suite à l’APR, sentant la fin prochaine, on soutient mordicus que le premier mandat et le deuxième mandat ne font que 1. Ce qui dans leur drôle d’arithmétique donne : 1 + 1 = 1.
L’arithmétique est une branche de la mathématique correspondant à la science des nombres. Elle découle de la logique qui enseigne de ne pas tenir des propos insensés. Le contraire de la logique est l’absurde. Par bonheur, l’absurde ne tue pas. Sinon ce serait l’hécatombe dans les rangs de l’APR.
Il est vrai qu’en politique, il est toujours pénible de quitter les délices du pouvoir. Ce qui a prévalu à l’APR, c’est le syndrome « peur du changement » si Macky Sall quitte le pouvoir. Alors, adieu logements confortables de fonction, voitures de luxe, carburant gratuit, passeports diplomatiques …etc. Bonjour logements banals, voitures ne démarrant qu’à la poussée, carburant cher, cars rapides et autobus, visas Schengen… Surtout pour les mains propres exempts de détournement.
Choses constitutionnelles
La Constitution du Sénégal de 2001 (toujours en vigueur) en son article 27 dit :
La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Le mandat est renouvelable une seule fois.
Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire ou constitutionnelle.
(2)En France, le 23 juillet 2008, le gouvernement publie la loi constitutionnelle faisant toilettage de la Constitution gaulliste de 1958. En son article 6 elle dit :
« Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ».
Au Sénégal, la Commission nationale de réforme des institutions (décembre 2013) dit :
« Le président de la République est élu au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours, pour un mandat de cinq ans. Il ne peut être réélu qu’une seule fois.
Toujours au Sénégal, une Loi constitutionnelle du 5 avril 2016 portant révision de la Constitution de 2001, en son article 27 déclare :
« La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs »
Dans chacune de ces quatre dispositions, le contenu est le même, mais la formulation diffère. C’est dans le texte français de révision constitutionnelle de 2008 qu’on trouve l’expression « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » qui se retrouve dans la Loi constitutionnelle sénégalaise de 2016.
Une question s’impose à l’auteur de la Loi constitutionnelle du Sénégal 2016 : C’est quoi le « copier – coller » ?
Bref. C’est le même dispositif constitutionnel qui régit la France et le Sénégal. En France aucun apprenti sorcier ‘’expert constitutionnaliste’’ n’ose se livrer à des contorsions abracadabresques pour en inférer que l’actuel président Macron a droit à une troisième candidature.
Certains ici ont dit qu’il faut attendre l’avis du Conseil constitutionnel, comme si c’était une référence absolument infaillible et crédible. Les membres du Conseil constitutionnel ne sont pas les meilleurs juristes du pays. Ils ne sont imbus d’aucune science infuse. Leur autorité ne découle que d’une nomination par l’exécutif. Depuis Abdou à ce jour, a-t-on vu un Conseil constitutionnel prendre une décision non conforme à la volonté d’un président de la République ? Il en est de même pour certains membres du judiciaire.
Les juristes de ce pays devraient avoir du respect pour l’emblème posé devant cette université (Ucad) où la plupart d’entre eux ont reçu leur formation : « Lux Mea Lex » (La lumière est ma loi). Cette lumière n’est rien d’autre que la raison, la vérité et la justice. Certains de ceux qui ont été formés dans ce Droit pur, une fois hors du campus universitaire l’ont perverti dans le champ politique à des fins de promotion et d’enrichissement rapide.
C’est aussi de la logique que découle le Droit. Si la loi transgresse la logique et le Droit, elle devient source de problèmes. Comme le Sénégal en fait la tragique expérience depuis 2021.
Charles Aznavour de retour : Il faut savoir…
Cela dit, devant tout ce tohubohu relatif à l’élection présidentielle 2024, ceux de ma génération d’étudiants du début des années 60 n’ont pas pu s’empêcher de penser à cette chanson du Français d’origine arménienne Charles Aznavour qu’ils aimaient fredonner en pensant à Senghor :
« Il faut savoir quitter la table quand l’amour est desservi, sans s’accrocher l’air pitoyable, et partir sans faire de bruit. Il faut savoir cacher sa peine sous le masque de tous les jours et retenir les cris de haine qui sont les derniers mots d’amour. Il faut savoir rester de glace et taire un cœur qui meurt déjà. Il faut savoir garder la face ».
Chanson d’amour, mais aussi chanson à forts relents politiques. Ironie de l’histoire. Aznavour a entonné cette chanson pour la première fois en 1961. C’est la même année que Macky Sall est venu au monde dans ce beau Sénégal. Il s’est peut-être inconsciemment inspiré des paroles sages de cette chanson en renonçant à se présenter une troisième fois. Se faisant, il s’est conformé en technicien qu’il est, à la logique 1 + 1 = 2, conforme à la Constitution. Quitter la table, et sans bruits ! Ce qui reste à ceux qui persistent dans le 1 + 1 = 1 est de faire appel de cette décision de leur chef. Mais auprès de quelle instance ?
Macky Sall un champion de la démocratie en Afrique ?
Dès le lendemain de la décision de Macky Sall, qu’est-ce qu’on n’a pas lu dans la presse bien-pensante en dithyrambes : « Macky au panthéon des grands du monde », « Macky la mention très honorable », « Macky, quelle grandeur ! », « Macky par la grande porte » … Les mêmes auraient applaudi s’il avait décidé de se représenter.
Macky aurait même donné une leçon à toute l’Afrique. Voyons alors ce qui se passe, rien que dans notre sous-région d’Afrique de l’Ouest. Le mandat présidentiel y est fixé pour une durée de quatre, cinq ou six ans selon les pays, renouvelable une seule fois. La disposition constitutionnelle est rigoureusement respectée, sans tergiversations.
Bénin : Mathieu Kérékou, Yayi Boni, Patrice Talon, actuel président
Ghana : Jerry Rawlings, John Atta-Mills (décédé en présidence), John Kufuor, Nana Akufo-Addo, actuel président.
Libéria : Ellen Johnson Sirleaf, George Weah, actuel président.
Niger : Mahamadou Issoufou, Mohamed Bazoum, actuel président
Nigeria : Olusegun Obasanjo, Goodluck Jonathan, Muhammadu Buhari, Bola Tinubu, élu en mai 2023.
Sierra Leone : Ahmad Tejan Kabbah, Ernest Bal Koroma, Julius Maada Bio, actuel président.
Dans chacun de ces pays le président ayant bouclé ses deux mandats a, sans se présenter, organisé l’élection présidentielle de façon transparente. Son successeur actuellement en exercice fera de même car la démocratie y est solidement ancrée maintenant.
Ici même au Sénégal, Senghor a quitté volontairement le pouvoir alors qu’aucun texte ne l’y contraignait. Dans tous ces pays d’Afrique de l’Ouest, tous les premiers présidents ont exercé le pouvoir sur une durée de 10 à 20 ans. On a tendance à ne retenir que cela, en plus des coups d’Etat dont le Burkina Faso détient le record. Et on oublie que depuis les années 1980 et 1990 la démocratie a commencé à s’installer solidement.
Ce n’est qu’après des tergiversations sur une durée de plus de deux ans que Macky a jeté l’éponge. La réputation de démocratie exemplaire du Sénégal lui provient surtout de sa situation exceptionnelle d’absence de coup d’Etat et non de son fonctionnement politique interne. Actuellement le Sénégal est loin d’être le modèle de démocratie sur le continent, à moins de prendre en comparaison le Cameroun de Paul Biya, le Congo de Sassou Nguesso, la Guinée Equatoriale de Teodoro Nguema…
Conseil à Macky
Ce que Macky peut faire de mieux au Sénégal après sa déclaration de non-candidature, c’est : déplorer tous ces morts et blessés, mener enfin des enquêtes sur les tirs à balles réelles, libérer ces jeunes militants manifestants qui n’ont fait qu’exprimer un droit constitutionnel, en les triant des voyous pillards. C’est le président en exercice qui à chaque jour de l’an sort de prison des dizaines de délinquants qui vont reprendre du service. Ceux qui n’ont rien pillé ne peuvent être que des prisonniers politiques. Les pillards qui existent dans tous les pays sont des professionnels des émeutes, qui n’attendent que des manifestations pour une raison ou une autre pour entrer en action. On en a vu récemment en France lorsqu’un jeune a été tué par un policier. On en a vu aux Etats-Unis lors de l’assassinat de l’Afro-américain George Floyd par un policier. Les chaînes de télévision CNN, BBC ont montré des Américains blancs, latinos, noirs, piller de grands magasins pour remplir leurs voitures d’appareils électroménagers, téléviseurs, magnétoscopes, ordinateurs … etc.
La seule manière de les juguler est d’éviter l’élément déclencheur qui provient toujours d’un ministère de l’Intérieur et qui leur permet d’entrer en action. Dans ces deux cas de France et des Etats-Unis, le procureur est intervenu pour dire que rien ne justifiait l’usage d’arme à feu et le policier coupable a été écroué. Mais au Sénégal le procureur reste muet dans les mêmes circonstances.
Le sang a assez coulé dans le pays du fait d’événements politiques depuis trois ans. Une dernière grande mesure salutaire qui permettra à Macky Sall de vraiment sortir par la grande porte, d’entrer dans l’histoire, est de permettre à tous ceux qui veulent être candidats à la présidentielle de 2024 de le faire, et d’organiser à la régulière les élections. Ce qui sera une première dans l’histoire politique du Sénégal. Un président qui, sans se présenter, organise à la loyale une élection présidentielle. Ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a fait.
Ne pas le faire, c’est faire renaître les violences avec leurs conséquences imprévisibles, ternir son blason après tous les compliments qui lui ont été adressés de l’extérieur. Ce serait comme ce joueur de rugby qui après avoir réussi un essai magnifique rate la transformation du tir entre les poteaux.