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29 août 2025
par Nioxor Tine
SORTIE PRÉCIPITÉE PAR LA PORTE DÉROBÉE DE L’HISTOIRE
Les éloges flatteurs des courtisans de Macky ne pourront jamais occulter le fait, qu’il n’a fait qu’éteindre, avec beaucoup de retard, la mèche du tonneau de dynamite, qu’il avait lui-même allumée, le 31 décembre 2019
Il peut paraitre incongru, voire ridicule, de célébrer le respect, par le président sortant, de la limitation constitutionnelle des mandats, d’autant qu’il était plutôt attendu du président Macky Sall, soutenu au deuxième tour de la présidentielle de 2012, par les acteurs des Assises nationales, une refondation institutionnelle de plus grande ampleur.
Son beau discours du lundi 3 juillet, ainsi que les nombreuses félicitations complaisantes reçues à cette occasion signent paradoxalement l’échec partiel du projet autocratique, que lui et son clan familial ont concocté et qui vise à soumettre le peuple sénégalais aux forces de l’étranger.
Le peuple sénégalais soulagé s’est majoritairement félicité de la sage et salutaire décision de ne pas postuler pour un troisième mandat, permettant au président Macky Sall, de poser un jalon important, pour tenter de se racheter et de sortir par la porte dérobée de l’Histoire ! Mais il n’y avait vraiment pas de quoi pavoiser et les éloges flatteurs de ses courtisans ne pourront jamais occulter le fait, qu’il n’a fait qu’éteindre, avec beaucoup de retard, occasionnant plusieurs dégâts humains et matériels, la mèche du tonneau de dynamite, qu’il avait lui-même allumée, le 31 décembre 2019.
Ce jour-là, interrogé en direct sur la télévision nationale, par un journaliste intrépide, sur son intention supposée de briguer un troisième mandat, il avait eu cette réponse malencontreuse, équivoque et ambiguë, le "ni oui ni non", qui a ouvert une boite de Pandore, qui nous aura valu tant de désagréments et de drames.
En effet, en réfutant des dispositions constitutionnelles incontestables, refusant de prendre de la hauteur et d’adopter un rôle d’arbitre du jeu politique – à cause du cumul des postes de président de la République et de président de la Coalition Benno Bokk Yakaar – le premier magistrat de la Nation s’est lancé dans une entreprise insensée de faire tourner la roue de l’histoire démocratique de notre Nation à l’envers. Il s’en est suivi une oppression pesante exercée sur la vie publique, sous le paravent d’une propagande de type totalitaire, rappelant l’époque de la glaciation senghorienne de triste mémoire.
Le régime de Benno Bokk Yakaar a donc fini par faire l’objet d’un rejet populaire massif, accentué par la crise de la Covid-19 et qui se matérialisera par un déclin électoral qui atteindra le seuil critique de perte de majorité, lors des législatives du 31 juillet 2022.
Le principal bénéficiaire en sera le leader du Pastef, entretemps promu au rang très flatteur de chef de l’opposition, du fait de la défection de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck mais aussi de ses succès électoraux tangibles, malgré ou peut-être à cause de la diabolisation dont il faisait l’objet.
A cause de son rôle de porte-drapeau inflexible et inamovible du mouvement de résistance constitutionnelle à la dictature rampante de l’A.P.R. et de ses affidés, il a gagné ses galons d’ennemi public numéro 1 de la clique des valets locaux de l’impérialisme. Sous son impulsion, des forces connues et reconnues (loin d’être occultes) se sont vaillamment opposées à la gouvernance gabegique et surtout à la persécution judiciaire, avec des points culminants en mars 2021 et en juin 2023.
La tension permanente et les affrontements itératifs entre "apatrides" et patriotes ont fini de semer la panique au sein d’un establishment plus soucieux de son image à l’international et de l’attractivité de notre pays pour les investisseurs capitalistes que de la vie des jeunes sénégalais.
Dans ces conditions, il devenait nécessaire de changer de stratégie, pour se réconcilier avec les autres forces acquises à la perpétuation du système de prédation néocolonial, en vue d’isoler les secteurs panafricanistes et progressistes gravitant autour du Pastef.
Un énième dialogue national fut convoqué suite à plusieurs rencontres informelles, dont la plupart nocturnes, pour ficeler des deals mutuellement avantageux, sur le dos du peuple. Pour garantir la survie d’un système politique en déliquescence, il a également fallu faire le deuil de cette troisième candidature trop impopulaire et qui constituait une pomme de discorde au sein même de sainte alliance néocoloniale.
Ces soudaines retrouvailles entre acteurs politiques ayant la particularité d’avoir, tous, été aux affaires, depuis notre fausse indépendance de 1960 ne peuvent surprendre que ceux, qui entretiennent des illusions sur notre modèle démocratique. Ce dernier, malgré des acquis significatifs, ayant permis deux alternances au sommet de l’État, connait des régressions graves dues, justement, au refus persistant d’opérer les ruptures nécessaires, aussi bien par rapport aux enjeux démocratiques qu’à ceux liés à notre pleine souveraineté nationale.
C’est dire, qu’au-delà de cette question importante de limitation des mandats, le président Macky Sall doit mettre fin à sa fâcheuse propension à traiter de problématiques purement politiques sous l’angle de l’instrumentalisation de la Justice et s’atteler à faire libérer aussi bien le leader du Pastef que les centaines de jeunes militants arbitrairement emprisonnés.
Il faut également organiser des élections transparentes, régulières et inclusives en y associant M. Ousmane Sonko, dont la candidature est une demande sociale pour des centaines de milliers voire des millions de citoyens et une exigence nationale.
Il importe que tous les acteurs politiques de l’opposition comprennent que la tare de l’hypertrophie présidentialiste déteint sur leur approche des questions électorales, comme le montre cette multiplicité inexplicable de candidatures. Cela nous a valu, dans un passé récent, l’élection surprise du président de l’APR en 2012, au moment où le PS et l’AFP se disputaient le leadership de Benno Siggil Senegaal et n’ont pu s’entendre sur une candidature unique, ce qui a compromis la mise en œuvre des conclusions des Assises nationales.
Tant que la classe politique privilégiera la mise en avant d’individualités fortes sur les ententes programmatiques, le système hyper-présidentialiste tant décrié aura de beaux jours devant lui.
LES DESSOUS DU DÉPART DE MACKY SALL ET SES POTENTIELS SUCCESSEURS
Le président élu en 2012 puis réélu en 2019, a surpris lundi soir en annonçant sa décision de ne pas se représenter à l'élection présidentielle de 2024. Quels en sont les ressorts et quelles perspectives ouvre-t-elle pour sa succession ?
Malgré sa promesse en 2019 qu'il effectuait son deuxième et dernier mandat, le président Sall entretenait le mutisme sur sa candidature depuis des mois, sur fond d'appels pressants de ses partisans à se présenter.
Des actes qu'il posait - en sanctionnant notamment des responsables de son parti contestant son éventuelle candidature - ont été lus comme des signes d'une volonté de rester au pouvoir.
En outre, même si la Constitution impose au président de ne pas faire plus de deux mandats consécutifs, il avait affirmé qu'il avait juridiquement la possibilité de se représenter, une révision de la loi fondamentale ayant remis, selon lui, le compteur à zéro à partir de 2019.
Malgré un climat politique très tendu et les troubles les plus graves de ces dernières années au Sénégal, liés à la condamnation d'un de ses principaux opposants, M. Sall a donc attendu lundi soir pour exposer ses intentions. "Je n’ai jamais voulu être l’otage de cette injonction permanente à parler avant l’heure", a-t-il dit dans son adresse à la nation.
Il avait reçu samedi - sans livrer son secret - des élus locaux qui lui ont instamment demandé de se présenter. Sa décision de ne pas se présenter, il l'a cachée jusqu'au dernier moment, y compris à certains proches collaborateurs.
"J'ai un code d'honneur et un sens de la responsabilité historique qui me commandent de préserver ma dignité et ma parole", a-t-il expliqué pour justifier son choix.
M. Sall a vu sa base électorale s'éroder après les législatives de juillet 2022, marquées pour la première fois par la perte au Parlement de la majorité absolue par le camp présidentiel.
Des observateurs et des opposants estiment que la pression de la rue a pesé dans sa décision, ainsi que la défaite électorale en 2012 de l'ex-président Abdoulaye Wade, qui avait forcé pour un troisième mandat.
Qui pourrait être le prochain président ?
La non-candidature de Macky Sall ouvre comme jamais le jeu politique. Nul dans son parti n'a dévoilé ses ambitions et il n'a adoubé aucun dauphin.
La coalition présidentielle, unie derrière lui, doit se réunir prochainement pour choisir un candidat qui aura le soutien de Macky Sall. Des divisions sont possibles et pourraient l'affaiblir, selon un membre de la majorité.
Dans ce camp, un trio se dégage, formé de l'actuel Premier ministre Amadou Bâ, du président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) Abdoulaye Daouda Diallo, et du ministre de l'Agriculture Aly Ngouille Ndiaye.
Les deux premiers étaient inspecteurs des impôts avant leur carrière politique, le troisième est diplômé en génie civil et en finance. Ils sont réputés disposer d'un large réseau de partisans et d'influents chefs religieux musulmans.
Un autre inspecteur des impôts est dans la galaxie des potentiels successeurs: le plus farouche opposant de Macky Sall, Ousmane Sonko, très populaire auprès des jeunes mais dont la candidature est en suspens, en raison d'une condamnation à deux ans de prison dans une affaire de moeurs et d'une autre pour diffamation d'un ministre.
Trois autres candidats sont en vue pour l'élection, l'ancien Premier ministre Idrissa Seck, deuxième de la présidentielle de 2019, ainsi que l'ancien ministre Karim Wade et l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall, issus de l'opposition.
Quelles sont les prochaines étapes avant la présidentielle ?
Le président Sall a annoncé lundi la saisie cette semaine de l'Assemblée nationale pour des réformes électorales devant permettre à Karim Wade et Khalifa Sall, empêchés de se présenter en 2019 par des condamnations judiciaires antérieures, d'être candidats en 2024.
Ces réformes sont issues d'une récente concertation nationale, à laquelle M. Sonko n'a pas participé et qui n'a pas abordé son cas.
Ousmane Sonko est en l'état inéligible. Il a appelé ses partisans à la mobilisation pour "un combat définitif", mais il est bloqué par les forces de sécurité chez lui à Dakar - "séquestré" selon lui - depuis le 28 mai. Une vingtaine de candidats se sont déclarés pour la présidentielle du 25 février 2024.
La collecte des parrainages est ouverte à partir d'août, ce qui devrait pousser les candidats à se dévoiler dans les deux mois. Le dépôt des candidatures est prévu du 11 au 26 décembre.
RENÉ LAKE RÉAGIT À LA NON-CANDIDATURE DE MACKY SUR LA VOIX DE L'AMÉRIQUE TV
POINT DE MIRE SENEPLUS - Les trois principales raisons qui ont justifié la décision du président Sall - L'élimination de Sonko - Les chances de l'opposition et celles de Benno
Qu'est-ce qui a bien pu motiver cette décision de Macky Sall ? Quid de l'alliance présidentielle Benno ? L'opposition peut-elle féderer au-delà d'Ousmane Sonko ? L'analyste politique basé à Washington, René Lake, décrypte la situation au micro de VOA dans le journal l'Amérique et vous.
Dans une entrevue hier, 4 juillet 2023, avec la Voix de l'Amérique TV, l'analyste politique René Lake a réagi à la décision du président sénégalais Macky Sall de ne pas briguer un troisième mandat à l'élection présidentielle de février 2024.
Macky Sall n’avait pas le choix
"Macky Sall n’avait pas vraiment le choix," a commenté Lake, qui a affirmé avoir prédit ce scénario depuis des mois. Il a énuméré trois raisons principales pour ce choix : le risque politique élevé d'une défaite électorale, le dilemme de se présenter et dans le même temps empêcher son principal rival Ousmane Sonko d’être dans la course, et le souci d'éviter l'instabilité nationale qui pourrait mener à toutes les aventures.
Possible implosion de BBY
En ce qui concerne l'alliance Benno Bokk Yakaar (BBY), qui a soutenu le président et son parti, l’Alliance Pour la République (APR), Lake prédit une implosion possible. Il a mentionné trois figures importantes de l’APR, dont le Premier ministre Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre de l'Intérieur, et Douada Diallo, confidant proche du président. Cependant, Lake estime qu'Amadou Ba pourrait être le "dauphin naturel" en raison du peu de temps disponible pour préparer une autre figure.
Le sort d’Oumsane Sonko
Sur la question de l'opposant politique Ousmane Sonko, Lake a suggéré que les ennuis judiciaires de Sonko pourraient le mettre hors course, ouvrant la voie à d'autres opposants tels que Khalifa Sall, Mimi Touré et Idrissa Seck. "La bataille électorale est ouverte", a déclaré Lake, soulignant que la décision tardive du président Sall n'est pas à l'avantage de son camp et du coup, l'opposition est en bonne position pour capitaliser sur la situation.
Lake a conclu en soulignant que malgré la satisfaction générale face à la décision de Sall, sa popularité politique reste très basse, ce qui offre un avantage certain à l'opposition dans la course vers les élections de février 2024. Le départ de Sall de la scène politique sénégalaise marquera certainement une période d'intense compétition politique et de potentielles surprises.
MACKY ETALE SUR UN DIVAN
Des experts en communication (Ibrahima Bakhoum, Bakary Dominguo Mané), un sociologue Abdoulaye Cissé et un politologue Mamadou Sy Albert mettent Macky Sall sur le divan pour tenter de comprendre les dessous de la motivation du chef de l’Etat de renoncer
Le Président de la République, Macky Sall, a pris une décision historique en décidant de ne pas briguer un 3e mandat présidentiel à la prochaine élection de 2024. Cette décision, qui serait mûrement réfléchie, a été imputée à un certain niveau par une forte pression d’une opposition radicale, aux morts enregistrés lors des manifestations et une intense politique de diabolisation engagée dans plusieurs pays d’Afrique et ailleurs. Son retrait serait même susceptible d’entraîner une scission de sa coalition Benno Bokk Yaakaar. Des experts en communication (Ibrahima Bakhoum, Bakary Dominguo Mané), un sociologue Abdoulaye Cissé et un politologue Mamadou Sy Albert mettent Macky Sall sur le divan pour tenter de comprendre les dessous de la motivation du chef de l’Etat de renoncer à un 3ème mandat.
Le Sénégal est un pays à la politique souvent tumultueuse. Différentes péripéties dramatiques ont créé une peur bleue avec de réelles menaces sur la stabilité du pays. Lors des manifestations, des scènes de violence, des saccages, des pillages de biens publics et privés ont occasionné desréactions et des indignations. Interpellés par nos soins, des analystes ont évoqué que des forces qui sont dans la radicalité dans l’opposition et le pouvoir ont fini par installer une bipolarisation, plaçant à leur sein deux personnalités politiques : Ousmane Sonko et Macky Sall.
A force de s’affronter d’une manière ou d’une autre, toute la population vit la peur de voir cette dualité mener directement vers une zone de turbulence ou de nouvelles morts pourraient être enregistrées.
Le Président Macky Sall, accablé, a essayé d’anticiper sur les perspectives dramatiques. Prenant sa décision, il a été relevé que le Président Sall a aussitôt gagné en notoriété et en honorabilité. Cette décision prise le repositionne dans l’opinion des Sénégalais et dans l’opinion internationale. D’après nos interlocuteurs, Macky Sall a montré que la décision qu’il allait prendre n’est issue, ni d’une pression ni de quoi que ce soit. Mais c’est plutôt sa propre décision. Seulement, ces analystes indiquent que si l’effet du décret n’est plus là, alors l’avenir devient incertain pour Benno Bokk Yaakaar et à l’Apr qui, jusqu’à présent, n’a jamais gagné avec sa bannière. D’autres pensent que malgré la pression de l'opposition et d'une partie de l'opinion, le Président Macky Sall a su garder le suspense jusqu'au moment où il a jugé opportun de se prononcer sur sa candidature. Ils estiment que c’est une façon pour lui de faire savoir à l'opposition qu'elle n'est pas maîtresse de son agenda politique. Et c'est lui qui contrôle tout…
Sous ce registre, le Président Macky Sall, précise-t-on, a respecté sa "promesse républicaine" c’est-à-dire ne pas faire moins que Wade et Diouf. En même temps, il est resté fidèle à l'esprit de la loi constitutionnelle qu'il a , lui-même, fait voter tout en pensant à sa carrière internationale après la présidence du Sénégal. Cependant, sa coalition, Benno Book Yakaar, est dans une incertitude totale. Son implosion n'est plus qu'une question de mois voire de jours. Les discours avant-gardistes le confirment. Jusqu'à présent, le Président n'a pas encore désigné son "candidat", la coalition non plus. Si elle a su résister à l'usure du temps pendant 11 ans, c'est parce qu'il y avait un commandant en chef qui cristallisait toutes les attentions et déclinait la conduite à tenir. Malgré tout, des craintes sont visibles. En effet, les grands partis comme le PS, l'AFP, le PIT entre autres pourront connaître sans aucun doute des dissidences.
Ces différents experts accrochés sont d’avis que le retrait du Président Macky Sall aura forcément une incidence sur son parti, sa coalition et même sur l’opposition. Une reconfiguration politique sera connue au niveau national et international. L’éventualité d’une violence réclamant la non –candidature de Macky Sall n’a plus sa raison d’être. Donc, la puissance de feu des forces de l’opposition, précisément, de la plate-forme F24 serait réduite voire affaiblie, faute de minutions. A défaut d’une paix intégrale, le Sénégal pourra connaître un apaisement.
Ibrahima Bakhoum, analyste politique : « Le Président Macky Sall a depuis Paris préparé ses troupes à sa non candidature »
Le journaliste – formateur, Ibrahima Bakhoum, estime que Macky Sall a été l’exemple le plus achevé en création d’un parti à travers l’administration. Ce système de nommer un ministre ou Dg pour qu’il alimente des militants à des fins politiques a fait que l’Apr n’a pas eu de militants de formation. Mais des militants alimentaires. « Macky ne pouvait pas prendre le risque de candidater avec le contexte extrêmement difficile et la tension qui a déjà créé des victimes. Les forces qui sont dans la radicalité dans l’opposition et le pouvoir ont fini par une bipolarisation où on ne voyait que deux personnes, Ousmane Sonko et Macky Sall. Cette dualité pouvait mener vers une zone de turbulence où on ne pouvait pas encore exclure de nouvelles morts », a décrypté le journaliste-analyste politique, Ibrahima Bakhoum. Ainsi, il a évoqué le cas de Hussein Habré ou le fait qu’on parlait de la CPI, même s’il (Ndlr : Macky) n’y croit pas. Macky Sall, déduit-il, a essayé d’anticiper. Et il a gagné en notoriété et en honorabilité. Cette décision le repositionne dans l’opinion des Sénégalais et dans l’opinion internationale. « Macky au sortir de Paris avait déjà tout prévu de son discours à Paris et Dakar. Il a montré aux gens que la décision qu’il allait prendre n’est issue ni d’une pression ni de quoi que ce soit. Mais, c’est sa propre décision », dit-il.
Ibrahima Bakhoum n’a pas manqué de donner une idée sur l’avenir de Benno Bokk Yaakaar. Il estime qu’elle aura beau à faire de la communication. Mais il faut reconnaître qu’il n’y a plus de parti à part des individus qui ont obtenu des postes. « Si l’effet du décret n’est plus là, alors l’avenir devient incertain pour Benno Bokk Yaakaar. Le président a tout fait pour que l’Apr existe. Mais, jusqu’à présent, l’Apr n’a jamais gagné avec sa bannière », retient-il.
Abdoulaye Cissè, sociologue: « Macky Sall a su orienter et dicter à ses adversaires sa ligne de conduite durant tout son règne »
Le sociologue Abdoulaye Cissé considère que malgré la pression de l'opposition et d'une partie de l'opinion, le Président Macky Sall a su garder le suspense jusqu'au moment qu'il a jugé opportun pour se prononcer sur sa candidature. Il estime que c’est une façon pour lui de faire savoir à l'opposition qu'elle n'est pas la girouette de son agenda. Et que c'est lui qui contrôle tout. « Si, nous faisons une analyse de contenu de ses différentes sorties sur la question, il se n’avère qu’absolument rien ne présageait qu'il allait se représenter pour une troisième candidature. Il a toujours dit qu'il ne ferait pas moins que Diouf et Wade. Macky a toujours réaffirmé son désir de consacrer définitivement la limitation des mandats à deux au Sénégal. C'est lui qui a fait voter le référendum de 2016. L'esprit était justement d'acter définitivement la limitation des mandats à deux », rappelle le sociologue.
L’expert a évoqué le droit qui dit souvent que lorsque la lettre est floue ou prête à confusion, il faut convoquer l'esprit de la loi. En ce qui concernait la probabilité d'une troisième candidature du Président Macky Sall, les juristes étaient partagés sur le sujet. Et les deux thèses étaient défendables avec de solides arguments juridiques. Pour sortir de ce "juridisme", il fallait alors convoquer l'esprit de la loi qui était la limitation des mandats à deux. En tant qu'instigateur de cette réforme, le Président s'est conformé à l'esprit de la loi.
Président Macky Sall et la jurisprudence de 2012
L'autre élément d'analyse est qu'il faudrait également reconnaitre à Macky Sall « son intelligence politique », insiste-t-il. D’après le sociologue, 2012 a servi de jurisprudence au Président Macky Sall qui sait qu'il n'aurait aucune chance de remporter l'élection présidentielle en 2024. Parce que le peuple sénégalais n'allait jamais le plébisciter une troisième fois. Macky Sall, regrette-t-il, a su apprendre des erreurs de Abdoulaye Wade pour éviter de tomber dans les mêmes travers. « En faisant le pour et le contre, il a su opérer pour un choix d'avenir qui lui ouvrirait de belles perspectives au plan international. Pour dire in fine que durant tout son règne, Macky Sall a su orienter et dicter à ses adversaires sa ligne de conduite », reconnaît-il. Le sociologue serait tenté de dire qu'il y a les deux à la fois. Le Président Macky Sall a respecté sa "promesse républicaine" de ne pas faire moins que Wade et Diouf. Mais il est resté fidèle à l'esprit de la loi constitutionnelle qu'il a lui-même fait voter, tout en pensant à sa carrière internationale après la présidence du Sénégal entre autres paramètres. Partant de tous ces éléments, il est possible de dire, comme il a été indiqué dans son discours du 03 juillet 2023, que c'est une décision longuement et mûrement réfléchie. M. Abdoulaye Cissé précise que tous les faits évoqués dans la précédente question, constituent des éléments d'appréciation pour comprendre qu'il était dans toutes les dispositions de ne passe représenter pour une troisième candidature en 2024. « Il aurait fait une analyse de la situation géopolitique nationale et internationale avant d'opérer son choix. Le Président Sall a fait le choix de la raison et non d'opportunisme ! Toutes les conditions étaient réunies pour qu'il "force" une troisième candidature qui allait passer comme lettre à la poste au niveau du Conseil constitutionnel. Mais le peuple souverain l'attendait à l'instar de 2012 avec Wade, au tournant de l'élection pour le désavouer. Et il allait tout perdre. Aussi bien au niveau national qu'international », prévient Abdoulaye Cissé. Il est d’avis que Macky Sall a su lutter contre différentes forces centrifuges, notamment au sein de sa coalition pour renoncer à cette troisième candidature.
Le sociologue trouve que des pressions de tout bord ont aussi existé. Elles ont sans doute contribué au choix final du Président Sall. « Je reste convaincu que les derniers évènements du mois de juin dernier ont pesé également sur la balance et le voyage nocturne à Touba pour rencontrer le Khalife général des mourides. C’était pour lui dire qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de 2024. Une façon pour lui de se dédouaner et d'imputer la responsabilité de toutes les violences à l'opposition qui mène un combat perdu d'avance. Toutefois, la hantise de 2012 et le combat véhément qu'il a lui-même mené au cours de cette période sont les principaux éléments justificatifs de ce choix entre autres », insiste Abdoulaye Cissé.
M. Abdoulaye Cissé indique que Benno Book Yakaar est dans une incertitude totale et son implosion n'est plus qu'une question de mois voire de jours. Les discours va-t-en-guerre le confirment. Sans oublier le fait que le Président Macky Sall n'a pas encore désigné son "candidat", la coalition non plus. Si la coalition Bby a su résister à l'usure du temps pendant 11 ans, c'est parce qu'il y avait un commandant en chef qui domestiquait la troupe.
Incertitude totale de Benno Book Yakaar
Aujourd'hui qu'il a prisl'option régalienne de quitter le navire dans un avenir proche, alors les ambitions vont de plus en plus se manifester de part et d'autre. Quel que soit le candidat que le Président ou la coalition proposera, il y aura forcément des rejets et c'est justement ce qui va causer l'implosion de la coalition Bby qui n'était pas suffisamment bien préparée à l'option de son Président de ne pas se présenter pour une troisième candidature. « Bby est un conglomérat de partis politiques avec des aspirations et ambitions différentes dont ils ont toujoursfait fi au profit. En vérité, c’est l’APR et son Président qui distribuaient les rôles et partageaient le "gâteau". Aujourd'hui qu'une nouvelle donne se présente, une redistribution des cartes s'impose et chaque formation politique doit lutter pour sa "survie". Le sociologue craint ainsi que les grands partis comme le PS, l'AFP, le PIT entre autres, connaissentsans aucun doute des dissidents qui vont considérer qu'ils étaient liés à la coalition par le choix de Macky Sall comme candidat à l'élection présidentielle. « Si les têtes de pont jouent le jeu de la majorité. Il y avait déjà une rébellion dormante au sein de certaines de ces formations politiques et tout choix de candidat qui ne sortirait pas de leur rang pourrait être interprété comme un manque de respect à leur endroit et aboutirait par conséquent à leur sortie de la coalition. Il faut s'attendre à une pluralité de candidatures au sein de cette coalition. Chose qui va la fragiliser et finir par causer sa perte », prévient Abdoulaye Cissé.
Bakary Domingo Mané, politologue: « La pression a obligé Macky Sall de se retirer »
Le politologue Bakary Domingo Mané a constaté que Macky Sall était obligé de se retirer. Mais les actes qu’il a posé depuis 2019, jusqu’à la veille avec son discours, auraient montré qu’il voulait candidater. Mais cette pression de la jeunesse, des morts et la pression internationale des partenaires, et la diaspora qui le suivait partout pour lui dire qu’il n’avait pas le droit de se présenter ni d’éliminer des candidats, ont pesé. D’après Domingo Mané, cette pression l’a fait reculer. Puisqu’il a dû mesurer les risques en se disant que s’il se lance, il va faire une campagne chaotique. Le politologue révèle que le choix ne se fera pas à l’unanimité dans Benno Bokk Yaakaar. Il prévient qu’il faut s’attendre à une désobéissance. Certains, dit-il, vont se dire qu’il n’y a plus d’enjeux. Donc la famille va se fissurer. Le Président Sall est dans une posture de faiblesse et la maison de Benno risque d’imploser.
Mamadou Sy Albert, politologue: « Une 3e candidature serait la candidature de trop...»
Le politologue Mamadou Sy Albert a signalé que la pression à l’étranger à travers de nombreux pays africains, des institutions internationales avec beaucoup de morts et des raisons personnelles à ne pas renoncer à son code d’honneur font que le Président Macky Sall n’a pas voulu aller à l’aventure. Mamadou Sy Albert pense que le Président Sall a été sûrement prévenu. Mais en plus, la pression montait. Alors, ces scénarii l'ont poussé à renoncer. Et son retrait aura forcément des conséquences sur son parti et sur Benno. S’il n’y a pas de consensus sur un seul candidat, il y aura des remous dans l’Apr et Benno. Et peut-être plusieurs candidats seront présentés. Une fois, au second tour, le mieux placé serait soutenu. Ce scénario est très possible.
Par Abdou Karim DIARRA
MACKY SALL POURRA JONGLER A PEULGHA
Heureusement que ce lundi 03 juillet, Macky Sall me permet de croire qu’il va pouvoir jongler un ballon dans son quartier de Peulgha en toute tranquillité.
Les images sont restées gravées dans ma tête. L’ancien président de la 1ère puissance africaine, le Nigéria, Muhammadu Buhari qui quelques jours après avoir remis le pouvoir démocratiquement à son successeur Tinubu le 29 mai 202, s’est retiré dans son village natal de Daura dans les confins Nord dans l’Etat de Katsina, jonglant un ballon de foot lors d’un événement sportif de sa contrée. Redevenant simple citoyen nigérian après avoir épuisé son deuxième mandat, soit huit ans au pouvoir, Muhammadu Buhari a démontré qu’il est possible d’avoir une nouvelle belle vie après le pouvoir. Mais ce qui nous semble intéressant, c’est de voir ce grand pays sorti de la longue traversée des coups d’Etat militaire s’offrir une telle perspective démocratique sans aucune effusion de sang, d’empoignades, de jérémiades transformatrices d’un pays en deux parties, d’un même peuple qui se voue aux gémonies. On ne pense pas que le Nigéria puisse être une locomotive de leçon démocratique pour le Sénégal. Cependant, il m’est arrivé dans mon for intérieur d’envier un Nigéria de Buhari jonglant tranquillement un ballon de foot en se demandant est-ce qu’il était possible de rêver voire de contempler un Macky Sall quittant librement et démocratiquement le pouvoir en train de jongler un ballon sur un terrain de son célèbre quartier de Fatick, Peulgha. Assurément sur ce registre, le Sénégal a depuis longtemps écrit ses lettres de noblesse saluées à travers le monde comme une vitrine rare d’une démocratie qui était une denrée rare en Afrique.
Mais il semble que depuis quelques temps, la trajectoire démocratique de notre pays a connu un affaissement dans son processus de modernisation. La faute à une classe politique dans sa globalité qui s’est orientée vers une surenchère électorale ne permettant pas à pouvoir mettre en branle, ce qui est essentiel pour la respiration démocratique, un dialogue national inclusif. Le pire a été vécu récemment lorsqu’au moment où Maky Sall lançait son dialogue, le F24 qui regroupait d’autres forces de l’opposition, dont le principal opposant Ousmane Sonko si l’on fait référence à son score de 2019 environ 15% dialoguait ailleurs. La classe politique atomise ainsi le peuple pour discuter des préoccupations politiques qui devraient pourtant être validées par le peuple. Seulement il faut avouer dans l’affaissement de notre démocratie, autant l’opposition a une grande part de responsabilité, mais le principal fautif de cet affaissement reste le président Macky Sall qui n’a pas su négocier avec tact toute la provocation reçue de l’opposition radicale. A sa décharge, il faut le reconnaitre que celle-ci n’a pas été souvent dans une approche réfléchie de gains politiques à prendre sur l’autre camp. Le peuple paiera un lourd préjudice mortel à cette surenchère politique. Mais c’est surtout le fait que le pays s’est finalement basculé dans une sorte de terreur permanente. Pour un rien, le pays explose dans une violence inouïe qui avait fini de banaliser la mort. Le Sénégal s’installait ainsi petit à petit sur les travers désastreux connus par des pays africains qui n’ont jamais réussi à s’extirper d’un chaos généralisé. Le seul exemple rwandais n’est pas l’arbre qui cache la forêt. La plupart des pays africains qui ont sombré dans le chaos n’en sont jamais sortis puisque les accords de paix mis en place ne durent que le temps d’une rose.
On s’arcboutait sur une once d’espoirs d’une sortie de crise cristallisée uniquement par la présidentielle de 2024. Surtout sur le fait que le président sortant devait y prendre part ou pas. De même que sur la question de l’avenir politique du leader de l’opposition Ousmane Sonko qui n’est pas encore sorti de ses démêlées juridiques. Donc vous conviendriez avec moi que le président Macky Sall demeurait la seule personne qui détient la clé de la sortie de crise et surtout la restauration de la paix dans notre pays.
Un 03 juillet historique !
Heureusement que ce lundi 03 juillet, Macky Sall me permet de croire qu’il va pouvoir jongler un ballon dans son quartier de Peulgha en toute tranquillité. Ce, après avoir géré ce pays pendant 12 ans. Macky Sall ne pouvait pas faire moins que ses prédécesseurs, Senghor, Diouf, et Wade. Mais il est en passe de faire plus qu’eux parce qu’autant pour Senghor, Diouf, et Wade, chacun a quitté le pouvoir d’une manière qui n’est pas celle de Macky Sall. C’est la première fois dans notre histoire politique qu’un chef d’Etat en exercice ne va pas se représenter et surtout va organiser l’élection de son prédécesseur. Cet historique lundi 03, Macky Sall a eu la hauteur et la grandeur de s’éloigner des faucons de son camp qui n’ont cessé de le bousculer pour franchir le rubicond et se représenter pour un second quinquennat. Macky Sall a refusé de commettre un acte suicidaire. Il le doit non pas à la pression de l’opposition et de la rue, ni des partenaires internationaux, mais surtout à son propre sens de l’honneur, de la dignité et du respect de la parole donnée. Macky Sall pourrait au soir du 02 avril 2024 prendre le chemin de Mermoz, mais aussi du Sine à travers son Peulgha pour aller jongler ou se promener tranquillement dans la verdure de son royaume d’enfance. Cependant, il lui reste son dernier geste, celui de pouvoir organiser des élections fiables, transparentes et surtout inclusives. Un autre test grandeur nature. En attendant, il ne faut pas faire la fine bouche. Le brouhaha et les applaudissements qui ont accompagné la déclaration du président renvoient à la jouissance populaire des moments de victoire de nos équipes nationales de football. Cette jouissance populaire va au-delà de l’acte posé par Macky Sall. C’est celle d’un peuple qui ne voulait plus revivre les souvenirs des violentes manifestions de juin 2023. C’est en cela qu’il faut se féliciter de l’acte réfléchi du chef de l’Etat. Macky Sall est rentré dans l’histoire du pays en mars 2012.
Cependant, le chemin est encore long pour que le Sénégal se hisse au niveau des démocraties majeures. Le point d’acquis reste que la décision de Macky Sall de respecter la Constitution que nul ne peut pas faire deux mandats successifs est désormais une jurisprudence doctrinale qui va s’imposer à tous les autres chefs d’Etat à venir. Mais il faut que nos hommes politiques et nos intellectuels qui ont laissé le champ politique sous la seule responsabilité des hommes politiques puissent comprendre que la trajectoire d’un Etat est trop sérieuse pour être laissée aux seuls politiques. Dans les démocraties majeures, la dévolution du pouvoir est stricte et bien calée dans l’agenda politique. Aux Etats-Unis, en France, nos pays de référence, les mandats sont stricts et bien réglés par leur constitution respective. Ils ne font jamais l’objet d’une volonté de tripatouillage comme cela existe en Afrique permettant à des chefs d’Etat de se donner le droit à un troisième mandat. La modernité de notre système politique ne saurait se régler seulement par le dialogue politique. Elle doit être prise en charge par la société sénégalaise dans sa globalité. Un vaste chantier qui va commencer par la capacité du président Macky Sall à assurer à notre pays une présidentielle inclusive, transparente et démocratique.
En attendant. Nous ne boudons pas notre plaisir de savourer pleinement l’acte du 03 juillet qui redonne des espoirs de croire à notre génie politique. Macky Sall est désormais dans la légende vivante de notre histoire politique depuis ce lundi 03 juillet. Merci à vous, Monsieur le Président !
FINALE CAN U23, L’EGYPTE AFFRONTERA LE MAROC SAMEDI
Les équipes de football des moins de 23 ans (U23) de l’Egypte et du Maroc joueront la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de la catégorie, samedi prochain, après le succès des Egyptiens par 4 tirs au but à 3 aux dépens du Mali, ce mardi.
Dakar, 5 juil (APS) – Les équipes de football des moins de 23 ans (U23) de l’Egypte et du Maroc joueront la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de la catégorie, samedi prochain, après le succès des Egyptiens par 4 tirs au but à 3 aux dépens du Mali, ce mardi.
La rencontre entre Egyptiens et Maliens s’est soldée par un match nul, 1-1, au bout du temps règlementaire.
Le Maroc et l’Egypte, les finalistes de la CAN U23 de football, se qualifient d’office aux Jeux olympiques de 2024 prévus à Paris.
Les Marocains ont ouvert le score à la 14e mn, grâce à Zakaria El Ouahdi.
Mamady Diambou a egalisé à la 66e mn pour les Maliens.
Dans les prolongations, Amani El Ouazzani a inscrit le deuxième but du Maroc à la 108e mn. Huit minutes plus tard, Issoufi Maïga égalise pour le Mali.
Il fallait ensuite recourir aux tirs au but pour départager les deux équipes. A cet exercice, les Marocains se sont montrés plus adroits que leurs adversaires en les dominant par 4 buts à 3.
Les Lions de l’Atlas affronteront en finale les Pharaons d’Egypte, les champions en titre, qui ont dominé la Guinée, 1-0, lors des précédents matchs.
La CAN U23 est une compétition de la Confédération africaine de football, qui se tient une fois tous les quatre ans. Les trois premières équipes se qualifient d’office aux Jeux olympiques.
Le Mali jouera contre la Guinée, vendredi prochain, pour tenter de décrocher la troisième place, la seule restant à prendre pour les Jeux olympiques de 2024.
La première édition de la CAN U23, organisée en 2011 au Maroc, a été remportée par le Gabon.
Le Sénégal a accueilli l’édition 2015, qui a été remportée par le Nigeria.
Le Maroc accueille pour la deuxième fois cette compétition à laquelle participent huit équipes.
LA FSBB DEVOILE CE MERCREDI SES GROUPES DE PERFORMANCE
Après l’annulation du tournoi de Kansas City préparatoire de l’Afrobasket 2023, l’équipe nationale féminine va se redéployer avec la mise en place d’une deuxième présélection.
Après l’annulation du tournoi de Kansas City préparatoire de l’Afrobasket 2023, l’équipe nationale féminine va se redéployer avec la mise en place d’une deuxième présélection. De 19 au début de la préparation, le groupe passera à 14 joueuses ce mercredi. La publication sera effectuée au cours d’un point de presse que la Fédération sénégalaise de basketball. Ce sera l’occasion de dévoiler la liste des équipes nationales qui représenteront le Sénégal au prochain tournoi féminin des Jeux de la Francophonie à Kinshasa et pour la préparation du pré-tournoi de qualification olympique prévu à Lagos.
Contrainte d’abandonner le tournoi international de basketball à Kansas City auquel elle a été conviée aux États-Unis, du 15 au 23 juillet 2023, l’équipe nationale du Sénégal va finalement poursuivre à domicile la préparation de l’Afrobasket qui se jouera du 28 juillet au 6 août à Kigali (Rwanda). Ce sera avec un groupe qui prendra forme ce mercredi 7 juin à l’issue de la conférence de presse de la Fédération sénégalaise de basketball. Selon le communiqué de l’instance fédérale, un nouveau groupe sera mis en place. La pré-sélection qui a été arrêtée à 19, sera finalement réduite à 14 joueuses. Dans la liste élargie publiée à l’entame du stage, le sélectionneur Moustapha Gaye avait ratissé large en faisant un mélange entre nouvelles générations et d’anciennes.
Parmi les anciennes, on avait noté le retour à la surprise générale, en sélection d’Aya Traoré. Absente de la sélection depuis l'édition de l’Afrobasket disputée à Dakar Arena en 2019 et remporté par le Nigeria, l’ancienne capitaine des «Lionnes» qui évolue actuellement au Azulmarino (Espagne), est partie pour être un des éléments clés du groupe. Son expérience semble être encore précieuse pour conduire les troupes au trophée.
A ses côtés, on note également d’autres joueuses non moins expérimentée comme Oumou Kalsoum Touré ou encore la meneuse Fatou Dieng, un des artisans des dernières victoires aux championnats d’Afrique en 2009 et 2015. Le groupe est complété par une cuvée de novices dont l’Américaine Cierra Janay Dillard, Aicha Ndour ou encore Arame Niang. Dans cette ultime phase de son stage, la FSBB a déjà calé deux matchs amicaux à Kigali Arena. Les Lionnes, affronteront d’abord l’équipe du Rwanda le 23 juillet avant de croiser l’Égypte le 25 juillet.
L’instance dirigeante du basketball profitera de son face à face avec la presse pour rendre public la liste de l’équipe nationale féminine U-25 qui va défendre les couleurs du Sénégal lors des prochains Jeux de la Francophonie 2023, prévus du 28 juillet au 6 août à Kinshasa (RDC). La sélection masculine senior ne sera pas en reste la FSBB rendra public une liste élargie des «Lions» qui disputera le tournoi pré-tournoi de qualification olympique prévue à Lagos.
LE MINISTRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR SALUE LE BON DEMARRAGE DES EPREUVES
Après une année d’attente, de préparation et d’appréhension, le jour J est enfin arrivé pour les quelques 150.000 candidats aux épreuves du baccalauréat général.
Le baccalauréat général dans sa session normale a démarré hier, mardi 04 juillet 2023 sur l’étendue du territoire national. Ils sont plus de 150.000 candidats à devoir passer les épreuves. En visite à deux centres d’examens de Dakar, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Moussa Baldé s’est réjoui de constater un bon déroulement des épreuves.
Après une année d’attente, de préparation et d’appréhension, le jour J est enfin arrivé pour les quelques 150.000 candidats aux épreuves du baccalauréat général. Hier, mardi 4 juillet 2023, les candidats ont fait face à leurs copies pour les épreuves du 1er groupe. C’est par l’épreuve de philosophie dans la matinée que les élèves des séries L ont respectivement commencé l’examen. A Dakar, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Pr Moussa Baldé, en compagnie du directeur de l’Office du bac, de l’Inspecteur d’académie de Dakar, des membres de l’association des parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation, a visité deux centres d’examen pour constater le démarrage de l’examen. Il s’agit de l’université Amadou Hampâté Ba et du lycée Blaise Diagne. En somme, la première journée de composition a été calme et aucun incident n’est noté.
Le démarrage s’est bien passé dans l’ensemble. «Les centres que nous avons visités, le personnel, à savoir, les surveillants, les présidents de jury, tout le monde est en place. Les épreuves ont débuté à l’heure et correctement. Nous espérons que c’est le cas sur l’étendue du territoire national», a déclaré Pr Moussa Baldé.
Poursuivant son propos, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ajoute : «l’année scolaire s’est déroulée correctement. Les examens ont démarré correctement et se déroulent à date. Nous espérons que ça se passera très bien et qu’il y aura aucun changement par rapport aux années précédentes». Cette année, le nombre de candidats inscrits au Baccalauréat 2023 est de 155.109, soit une augmentation de 4184 candidats par rapport à 2022.
Selon l’Office du baccalauréat, le pourcentage de candidats issus du public est de 52,89% et celui des candidats individuels est à 16,49%. «Pour le bac général qui a démarré aujourd’hui, c’est un peu de 151000 candidats. Donc, c’est une progression d’à peu près 4mille candidats par rapport à l’année dernière. Donc, évidemment, on pourrait s’attendre à peu près au même nombre de bacheliers que l’année précédente ou éventuellement mieux», a fait savoir Pr Moussa Baldé. En plus du volet organisationnel, la sécurisation de l’examen a également nécessité une mobilisation générale des forces de l’ordre.
ZIGUINCHOR, UN EXAMEN DU BAC SOUS HAUTE SURVEILLANCE POLICIERE
S’il y a un volet sur lequel les autorités ont bien soulevé le curseur, c’est la sécurité. Elle est au maximum dans tous les centres d’examen à Ziguinchor.
S’il y a un volet sur lequel les autorités ont bien soulevé le curseur, c’est la sécurité. Elle est au maximum dans tous les centres d’examen à Ziguinchor. Constat fait hier, mardi 4 juillet 2023, lors du démarrage des épreuves du Baccalauréat général dans les centres d’examens où les autorités ont pu s’enquérir du bon déroulement de l’examen, lors de la traditionnelle visite.
«Nous avons constaté sur le terrain un bon démarrage des épreuves. La présence du personnel de surveillance, des correcteurs est patente. Nous avons pu prendre les dispositions pour délocaliser certains centres impactés par les récents évènements survenus à Ziguinchor. On a pu également constater la présence des Forces de sécurité dans les centres…», constate le chef de l’exécutif régional, le gouverneur Guedji Diouf, accompagné des autorités académiques, des responsables de syndicats, du président de l’Association des parents d’élèves, du représentant du maire de Ziguinchor.
«Pas de problème particulier sur place», martèle l’inspecteur d’académie de Ziguinchor, Cheikh Faye, qui estime que la sécurisation des épreuves et des centres est réalisée grâce à l’implication des autorités administratives de Ziguinchor. «La sécurité est bien assurée dans les centres d’examen. Et cela résulte de la mise en place d’un dispositif exceptionnel de préparation des examens, compte tenu de la situation marquée par le saccage d’un certain nombre de centres. On a pris les dispositions nécessaires et aujourd’hui nous avons constaté l’effectivité du démarrage des épreuves», a laissé entendre le patron de l’école à Ziguinchor. Ce sont 10.315 candidats qui vont, cette année, à l’assaut du Baccalauréat dans la région qui comptabilise 32 centres dont un centre secondaire. Le nombre de jury est de36. Les filles représentent 54% des effectifs cette année. Si les séries littéraires représentent 90% des candidats, les séries S et T dégagent seulement 9% des effectifs globaux. Sur les 10.315 candidats, les candidats individuels représentent 18,32% contre 53,69% de candidats issus du public et 27,99% venant des écoles privées
Un examen du Baccalauréat qui se déroule dans un contexte particulier d’un système scolaire fortement éprouvé par les violentes manifestations survenues, il y a quelques semaines, à Ziguinchor. Conséquence de cette situation, des centres comme le lycée Peryssac, le Cem Boucotte-Sud, très impactés par les saccages, ont été délocalisés dans d’autres établissements scolaires.
LA SURVIE DE BBY EN DEBAT APRES LE RETRAIT DE MACKY SALL AU MENU DE LA REVUE DE PRESSE DE L'APS CE MERCREDI
Les parutions de ce mercredi 5 juillet s'interrogent sur la survie de la coalition Benno Bokk Yaakaar et la question de la désignation de son candidat après le retrait de Macky Sall de la course à la présidentielle de 2024.
Dakar, 5 juil (APS) – Les quotidiens s’interrogent sur la survie de la coalition Benno Bokk Yaakaar et la question de la désignation de son candidat après le retrait de Macky Sall de la course à la présidentielle de 2024.
‘’Ces défis qui attendent BBY’’, affiche à sa Une Le Soleil qui estime que ‘’la décision du Président Macky Sall de ne pas aller à une troisième candidature à l’élection présidentielle aura plusieurs implications sur la scène politique sénégalaise’’.
‘’Du côté de la majorité, la coalition Benno bokk yaakaar, en place depuis 2012, il faudra poser le débat des perspectives à sept mois de la Présidentielle du 25 février 2024’’, ajoute le journal.
L’As évoque des ‘’frictions en vue’’ et ‘’le choc des ambitions en perspective’’. ‘’Avec onze ans d’existence, Benno Bokk Yaakaar (BBY) a réussi le pari de la longévité. Macky Sall a su gérer d’une main de maître cette coalition qui regroupe des partis et entités venus d’horizons divers avec des idéologies différentes. Aujourd’hui qu’il ne se présente plus à la Présidentielle de 2024, on se demande si les jours de cette coalition ne sont pas comptés’’, note la publication.
‘’Exit Macky. Place à qui ?’’, s’interroge le quotidien Bës BI.
‘’Le Président Sall a donc la délicate tâche de désigner son dauphin. Peut-être l’a-t-il déjà choisi. Mais dans cet océan d’incertitudes et d’ambitions au sein de son parti, son candidat aura du mal à se déployer. 3 noms circulent parce que ce sont les plus en vue. Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye et Abdoulaye Daouda Diallo. Ces 3 +A+ veulent être les premières lettres de la liste du Président. Il y a aussi, semble-t-il, Antoine Diome. Mais que valent-ils ? Le chef de Benno bokk yaakaar doit d’abord faire face au reflux de sa décision de ne pas se présenter en 2024. Car ses alliés, qui comptaient bien l’accompagner s’il y allait, peuvent bien revoir leur copie. Pas forcément avoir un candidat. Mais surtout soutenir d’autres qui ne soient pas le choix du Président. Macky Sall va devoir faire avec des dos… fins. Faute de compter sur d’autres avec plus d’épaisseur politique’’, lit-on dans le journal.
Selon WalfQuotidien, le retrait de Macky Sall de la course à la présidentielle du 25 février 2024 à moins de sept mois du scrutin ‘’impose au chef de l’Etat et ses collaborateurs un bon casting pour assurer la continuité’’. ‘’Un choix difficile, selon des observateurs, au regard des rivalités intenses entre des responsables comme le Premier ministre, Amadou Bâ, le président du Cese Abdoulaye Daouda Diallo, le ministre de l’Agriculture Aly Ngouille Ndiaye…’’.
‘’L’Unité de BBY, Une épreuve de feu !’’, s’exclame EnQuête. ‘’Avec plus de 470 maires, 37 présidents de conseil départemental, 82 députés, près de 50 % de l’électorat aux dernières élections législatives, Benno Bokk Yaakaar demeure une force politique indéniable, dont le contrôle est devenu l’enjeu majeur en direction de la prochaine Présidentielle, surtout après le renoncement de son porte-étendard à une troisième candidature’’, estime le journal.
‘’BBY cherche candidat : s’unir ou périr’’, selon Kritik qui écrit : ‘’Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Si la déception est la chose la plus partagée dans le camp du pouvoir, la crainte d’un avenir incertain, la peur d’un retour de bâton même la probabilité d’une chasse aux sorcières hantent les dignitaires du régime sortant qui sont désormais obligés de s’unir ou de périr ensemble’’.
L’Observateur signale qu’après ‘’avoir caché son jeu à ses frères de parti’’, le Président de l’Alliance pour la République (APR) ‘’va échanger avec les responsables de son parti’’. ‘’Macky Sall a convoqué le Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Apr ce soir. Une rencontre qui sera une occasion pour le président d’aborder la question de sa succession en interne. Il est aussi attendu à cette réunion que le sujet sur la candidature de Benno bokk yaakaar (Bby) à la Présidentielle du 25 février 2024 soit débattu, après que Macky Sall a renoncé’’, explique le journal.
Source A parle d’une ‘’réunion cruciale’’.
‘’Macky Sall ne sera pas candidat à sa propre succession. Il en a décidé ainsi le 03 juillet dernier. Mais la question de son dauphin est sur toutes les lèvres. Plusieurs profils sont avancés en même temps mais les contraintes de temps s’imposent pour jouer sur la bonne préparation du successeur de Macky Sall. Les Partis politiques alliés de Benno n’ont que 8 mois pour désigner un candidat s’ils décidaient de quitter la grande Coalition de la majorité. Mais, pour enjamber le temps, Macky Sall a convoqué, pour ce mercredi, une réunion du Secrétariat exécutif national de l’APR. Pour non seulement expliquer davantage à ses camarades de Parti le bien- fondé de sa renonciation à sa candidature. Mais aussi, pour poser les jalons d’une unité des coeurs au sein de sa famille politique. Avant d’arriver prochainement au choix du dauphin’’, explique le journal.
Le Quotidien souligne que ‘’le Président Macky Sall est appelé à se pencher sur ses derniers dossiers, à 9 mois de la fin de son mandat. Ceux-ci ont pour noms : la gestion judiciaire des évènements du mois de juin, le choix d’un candidat pour la majorité pour la Présidentielle de 2024, l’avenir de Benno bokk yaakaar (Bby), le dossier des 1000 milliards du Force Covid-19 et l’achèvement des projets et programmes qu’il a mis en place’’.