Les Etats-Unis ont "salué" mardi l'annonce du président sénégalais Macky Sall de ne pas se représenter pour un troisième mandat en février 2024, une décision qui montre selon eux "l'exemple pour la région".
"L'annonce claire du président Sall donne l'exemple pour la région, à l'inverse de ceux qui cherchent à éroder le respect des principes démocratiques, dont les limites des mandats", a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.
"Nous pensons que des élections libres et justes ainsi que des transitions de pouvoir permettent d'établir des institutions plus fortes et des pays plus stables et prospères", a-t-il ajouté.
Il a dit que les Etats-Unis sont "fiers d'apporter leur soutien aux institutions électorales du Sénégal", et promis de "continuer à collaborer avec le Sénégal pour soutenir l'engagement tenace du peuple sénégalais pour la démocratie".
Les opposants de Macky Sall lui prêtaient depuis des mois le dessein de se présenter à un troisième mandat, illégal à leurs yeux.
Le flou entretenu par le président Sall sur ses intentions et la condamnation à deux ans de prison de l'un de ses principaux opposants, Ousmane Sonko, avaient contribué à rendre la situation explosive dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, une région marquée par les coups d'Etat à répétition.
Le Sénégal est considéré comme un partenaire clé des Etats-Unis, ces derniers ayant récemment montré leur volonté de renforcer leurs liens avec les pays d'Afrique.
Joe Biden avait organisé en décembre 2022 un sommet réunissant à Washington une cinquantaine de dirigeants du continent, dont le président Macky Sall.
MACKY SALL CHAMBOULE LES PROJETS DE L'OPPOSITION
«Macky Sall ne doit pas se présenter en 2024.» Le disque ne semble plus d’actualité. Tous ceux qui ont misé sur cette chansonnette pour se positionner politiquement vont devoir revoir leur copie
«Macky Sall ne doit pas se présenter en 2024.» Le disque ne semble plus d’actualité. Tous ceux qui ont misé sur cette chansonnette pour se positionner politiquement vont devoir revoir leur copie. En plus, le président sortant a promis «la fermeté» dans la gestion des affaires courantes pour les 8 mois qui lui restent. Une promesse, qui ne va pas plaire au «Patriote» en chef qui a appelé à un «soulèvement», au cas où il serait arrêté.
Macky Sall a choisi sa place dans l’histoire. Comme promis en 2016 lors du référendum devant réduire le mandat de 7 à 5 ans, il ne va pas rempiler en 2024. Il a décidé de sortir par la grande porte. Une décision qui en a surpris plus d’un. En effet, la non-participation de Macky Sall à l’élection présidentielle de 2024 était à la limite un sujet de campagne pour l’opposition. Qui devra, à moins de 8 mois de la Présidentielle, trouver les mots pour convaincre.
Pour autant, même si Macky Sall ne compte pas être dans la grille de départ de 2024, il va continuer à remplir fidèlement sa mission jusqu’au 2 avril prochain, date à laquelle il va passer le témoin. Cette «fermeté» promise dans la gestion des affaires courantes aura sans nul doute une définition particulière chez son opposant le plus radical. En effet, en maille à partir avec la Justice, Ousmane Sonko, qui a appelé récemment à un soulèvement contre l’autorité de l’Etat, devra répondre de ses actes, si l’on se fie à la déclaration de Macky Sall. «Les auteurs, complices et commanditaires des actes, qui ont conduit à la mort» de Sénégalais «vont répondre de leurs actes», a promis le chef de l’Etat. Qui, par la même occasion, a réaffirmé son ouverture au dialogue.
Maintenant qu’il est clair que Macky Sall ne sera pas candidat à sa succession, il n’aura plus le poids d’une image à sauvegarder pour, éventuellement, séduire un électorat. Et cela ne va pas forcément faire l’affaire du «Patriote» en chef. En effet, avec le flou qu’il a entretenu, Macky Sall avait laissé le terreau fertile à l’opposition, qui a obtenu une place plus importante en se basant sur la contestation du 3ème mandat. Avec le F24, l’opposition radicale avait une plateforme pour dérouler son plan. Et par la même occasion, Ousmane Sonko pouvait compter sur cette frange de la classe politique. Devant le fait accompli, le F24 va difficilement trouver une raison de «bloquer le pays» en organisant des manifestations intempestives tout en sachant que les mouvements de la Société membres devront prendre leurs distances avec les partis politiques car leur revendication a été satisfaite. Quel sera l’alibi que l’opposition radicale va avancer pour soutenir Ousmane Sonko dans son appel à la manifestation ? Il fallait forcer Macky Sall à respecter son engagement. C’est désormais chose faite !
Si le F24 n’a visiblement plus de raison d’exister, Mimi Touré qui avait fait de ce sujet son thème de prédilection, elle aussi, devra se trouver une nouvelle raison de tirer sur le Macky.
En prenant la décision de ne point se présenter, le leader de Benno bokk yaakaar réussit à ôter un os précieux à l’opposition et par la même occasion, à fissurer la dynamique unitaire du F24. Que vont faire Aïda Mbodj, Déthié Fall, Cheikh Tidiane Dièye, Bougane Guèye Dany, Abdourahmane Diouf ? Avec la modification prochaine du parrainage, il ne sera pas surprenant de les voir changer de fusil d’épaule.
ON NE SAURAIT SOUTENIR UN ACQUITTEMENT DE VIOL
Ousmane Sonko ne bénéficie pas d’un acquittement comme il le fait croire à l’opinion. C’est du moins l’avis du ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall
Ousmane Sonko ne bénéficie pas d’un acquittement comme il le fait croire à l’opinion. C’est du moins l’avis d'Ismaïla Madior Fall. Le ministre de la Justice, arguments juridiques à l’appui, bat en brèche les déclarations du «Patriote» en chef.
Lors de son adresse du dimanche aux Sénégalais, le maire de Ziguinchor a indiqué qu’il ne pourrait être mis en prison pour ce délit en vertu des dispositions de l’article 341 du Code de procédure pénale. Une sortie qui n’a pas laissé de marbre le ministre de la Justice, Pr Ismaïla Madior Fall.
Dans un communiqué rendu public, le Garde des sceaux a commenté la décision de Justice, qui a condamné Ousmane Sonko, pour dire qu’il ne saurait bénéficier d’un acquittement comme il le prétend.
D’après le Garde des sceaux, il revient au juge d’apprécier les éléments qui lui permettent d’asseoir la culpabilité de l’accusé. «La recherche d’éléments pour asseoir l’existence d’une infraction est un procédé accepté en droit pénal, qui admet la liberté de la preuve. Il appartient juste au Tribunal d’en apprécier la pertinence et la validité. Les raisons de la disqualification du viol en corruption de la jeunesse», a indiqué le Pr Ismaïla Madior Fall dans le document.
Pour le ministre de la Justice, «la disqualification est une technique juridique et procédurale, qui consiste pour une juridiction pénale, voyant que des faits sur lesquels elle est appelée à statuer, revêtent une qualification autre que celle initialement retenue, et d’une moindre sanction, de leur donner cette juste qualification. On trouve d’ailleurs le terme à l’article 295 du Code de procédure pénale».
Pour préciser sa pensée, le Garde des sceaux déclare : «La disqualification ou requalification d’une infraction, quelle qu’en soit la nature, ne signifie pas relaxe ou acquittement de la personne poursuivie, mais plutôt que la violation de la loi pénale demeure sous une qualification différente de celle pour laquelle la juridiction pénale a été saisie».
A l’en croire, «en pareil cas, l’auteur ne doit en aucune façon échapper à la rigueur de la sanction pénale». Ainsi, «dans l’affaire Adji Raby Sarr contre Ousmane Sonko, la Chambre criminelle retient l’existence de rapports sexuels entre les deux, mais estime qu’il n’y avait ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise ; ce qui écarte le viol. Toutefois, prenant en compte la répétition de ces rapports sexuels, avec une fille âgée de moins de 21 ans à l’époque des faits, dans un lieu où celle-ci était exposée quotidiennement à des activités contraires aux bonnes mœurs», explique-t-il.
Aux yeux du constitutionnaliste, c’est ce qui a amené «la Chambre criminelle à considérer que l’attitude de Ousmane Sonko, consistant à fréquenter habituellement ce lieu et à bénéficier des services érotiques de la victime, se caractérisait en corruption de la jeunesse, prévue et punie par l’article 324 du Code pénal».
Et selon le ministre de la Justice, «l’infraction à caractère sexuel reprochée à Ousmane Sonko demeure intacte sous une autre qualification, et l’on ne saurait soutenir un quelconque acquittement du chef de viol, en sa faveur».
Pour rappel, le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, continue à clamer son innocence dans l’affaire l’opposant à la dame Adji Sarr, malgré sa condamnation à 2 ans ferme pour corruption de la jeunesse.
MACKY SALL N'AVAIT PAS D'AUTRE ISSUE QUE DE RESPECTER LA CONSTITUTION
Aminata Touré a réagi la déclaration de non candidature de Macky Sall à l’élection du 25 février 2024
Aminata Touré a réagi la déclaration de non candidature de Macky Sall à l’élection du 25 février 2024. « Mieux vaut tard que jamais. Finalement, le président Macky Sall a fini par accepter que la Constitution ne l’autorisait pas à se présenter une troisième fois, ceci par l’extraordinaire mobilisation des démocrates sénégalais, de la jeunesse notamment mais également de la Diaspora » a dit l’ancienne présidente du Conseil économique social et environnemental.
Aminata Touré conteste, tout de même, la conviction de Macky Sall qui a dit lors de son discours d’hier que la Constitution du Sénégal l’autorise à se présenter une troisième fois à l’élection présidentielle.
Selon la politique, la loi ne lui permet pas de faire un troisième mandat. Elle est certaine que la mobilisation des sénégalais contre cette candidature a été dissuasive. « Il n’avait pas d’autre issue que de respecter la Constitution » a affirmé l’ancien Premier ministre.
Au-delà de ces constats, Aminata Touré a lancé une alerte. Elle demande aux Sénégalais de rester mobiliser pour une élection présidentielle, libre, inclusive et transparente.
« C’est une première victoire mais nous n’avons pas remporter la guerre (…) puisque ça ne sera pas au président Macky Sall de sélectionner qui doit participer ou pas à l’élection présidentielle » a-t-elle déclaré.
UN PRÉCÉDENT HEUREUX
La grosse annonce du chef de l’Etat hier met au cœur du fonctionnement du système démocratique national l’intangibilité du nombre de mandats. Cela entraîne de fait une limite objective que ne devrait remettre en cause son successeur
La grosse annonce du chef de l’Etat hier met au cœur du fonctionnement du système démocratique national l’intangibilité du nombre de mandats. Cela entraîne de fait une limite objective que ne devrait remettre en cause son successeur à la tête de l’Etat ainsi que ceux qui seront plus tard appelés à diriger le pays. Ainsi, la clause d’éternité concernant le nombre de mandats présidentiels prend forme.
Grosse surprise ! Hauteur. Sens de l’Etat. Sauvegarde du commun vouloir de vie commune… Les superlatifs n’ont pas manqué hier. Tout cela pour qualifier à juste titre le choix du président Macky Sall.
La décision du chef de l’Etat restera gravée comme du marbre dans le grand livre d’histoire du pays. Elle ouvre la voie à l’avènement effectif de la clause d’éternité. Les dispositions constitutionnelles relatives au nombre de mandats ne peuvent plus être remises en cause. Ce qui maintient le pays dans son rang et statut de grande démocratie.
L’acte d’hier ouvre aussi un nouveau cycle pour la fonction présidentielle. Aucune démarche de moins ne sera attendue de son successeur et de ceux qui pourraient être amenés, plus tard, à présider aux destinées du pays. Le Peuple sera davantage exigeant sur cette question. La décision, déclinée hier, montre à quel point le Sénégal émerveille et continue d’émerveiller le monde. Après les deux alternances en 2000 et en 2012, voici la Sall décision de Macky, qui renforce l’image et le crédit du pays.
La grande et surprenante annonce du président de la République a la particularité de soulager les âmes et les consciences. Après la série de violences qui ont émaillé, ces derniers temps, la marche du pays. Après les déchirures, les divisions, les effets de manche et les luttes sans merci qui ont rythmé notre quotidien depuis que la polémique sur le 3ème mandat a pris forme. Elle dissipe la hantise de la peur et fait gagner aux adeptes de la paix leur pari. Mais aussi contribue, pour une large part, à installer la coexistence pacifique entre nos concitoyens.
Cet état d’esprit dans lequel le pays est plongé, depuis hier, transparaît même dans le bain de foule que le chef de l’Etat s’est offert quand il est allé, après son annonce, rencontré la foule, qui a pris d’assaut les grilles du palais de la République en scandant : «Macky jerejeff.»
AMADOU BA ÉTAIT DANS LA CONFIDENCE
Le chef du gouvernement, ainsi qu’un tout petit cercle de fidèles, a été informé le jeudi 15 juin dernier que Macky Sall ne se présenterait pas
Les Pythies, sœurs et semblables de nos Selbé Ndom, ne l’ont pas vu venir. La bombe leur est tombée dessus aux environs de 20h 25, prenant tout le monde par surprise. Macky Sall venait de couper l’élan de nombreux savants politiques. Tous ceux qui l’annonçaient «à coup sûr partant pour un 3ème mandat», ont été déboussolés par l’annonce du chef de l’Etat sortant de ne pas se représenter pour un second quinquennat.
Très peu dans son entourage, étaient au courant. Parmi les heureux élus, il y avait son Premier ministre, Amadou Ba. Le chef du gouvernement, ainsi qu’un tout petit cercle de fidèles, a été informé le jeudi 15 juin dernier que Macky Sall ne se présenterait pas. Juste avant qu’il ne prenne l’avion pour un périple qui devait le conduire pour une mission de bons offices en Ukraine et en Russie, avant une visite officielle au Portugal.
On ne peut dire qu’au cours de ces échanges, des candidatures alternatives aient été avancées. Mais on sait qu’à un moment donné, la candidature de Amadou Ba pour conduire la bannière de la majorité avait été esquissée. Les jours qui viennent nous éclairerons sur sa viabilité.
Il est néanmoins évident que, même sur le départ, Macky Sall reste la figure tutélaire pour tenir sa coalition. Sans sa poigne de fer, il n’est pas certain que l’on n’assiste pas très rapidement à une floraison de candidatures au sein de la Coalition Bby. Déjà, au sein des partis alliés, comme l’Afp et le Ps, des voix dissidentes n’ont pas attendu pour exprimer leur volonté de s’affranchir. S’il veut que son héritage lui survive, Macky Sall devra imposer d’autorité un candidat unique à sa coalition.
Ces partisans seraient de toute façon malavisés de vouloir se passer de lui. Contrairement à un François Hollande à la fin de son mandat, ou à un dirigeant américain ayant accompli ses deux mandats, Macky Sall n’est pas «un canard boiteux». Tout au contraire, sa sortie par la grande porte lui donne une nouvelle stature encore plus imposante, aussi bien auprès de ses alliés que sur le plan national. Tout le monde est conscient aujourd’hui que chaque avis qu’il formulera aura le poids de sa légitimité redorée.
Car en plus, le Président Sall vient de tuer dans l’œuf certaines carrières d’opposants. Ceux qui n’avaient pour slogan de campagne que le respect de la Constitution et de la parole donnée, ceux qui s’étaient coalisés juste pour l’empêcher de déclarer une candidature que lui n’avait jamais exprimée qu’il l’envisageait, toutes ces gens ont dû avoir un sommeil difficile hier. Ils doivent très rapidement se chercher un nouvel os à ronger, s’ils veulent avoir une place dans l’arène politique…
BAMBA LO, ENTREPRENEUR SENEGALAIS, UN PAPS DE LA LOGISTIQUE
La réussite peut naître d’un échec. Après une expérience pas assez concluante dans l’entreprenariat en France, Bamba Lô a pris son envol avec son entreprise Paps. Une boîte de transport et logistique qui s'est fait un nom dans le temps et dans l'espace.
La réussite peut naître d’un échec. Après une expérience pas assez concluante dans l’entreprenariat en France, Bamba Lô a pris son envol avec son entreprise Paps. Pour cette entreprise de transport et de logistique axée sur la technologie, qui va du stockage à la livraison en passant par le fret et les opérations douanières, l’aventure a démarré il y a six ans avec une Page Facebook et deux motos. Aujourd’hui, elle pèse près de 5 millions de livraison en 2022 et est présente au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Bénin, en Guinée et en France.
L’Africa Ceo Forum est l’occasion rêvée pour les entrepreneurs de nouer des partenariats et relations d’affaires. L’enceinte de l’hôtel Ivoire qui trône au cœur d’Abidjan est bruyante, l’événement est de dimension mondiale. Au bar aménagé pour le Networking, d’interminables échanges, mêlés aux rires installent une ambiance détendue. Les cartes de visite passent de main en main pour consolider les prises de contact et mener sans doute à des partenaires gagnant-gagnants. En costume noir, la boule à zéro, le Sénégalais Bamba Lô sort de la mêlée. Sourire permanent, il distribue des gestes de sympathie. Avenant, des secondes ont suffi pour le convaincre de livrer son parcours d’entrepreneur. Sa réussite est née d’une expérience pas du tout fructueuse qui n’a duré que trois ans. Après des études en Commerce en France, Bamba Lô décide de se lancer dans l’entrepreneuriat. Il a créé dès lors une entreprise. « Ma première société a été créée en France en 2012 et avec beaucoup d’erreurs, le service a arrêté en 2015. Et c’est cette mauvaise expérience qui a favorisé la réussite. Ce sont les échecs qui nous mènent au succès », dit-il serein, assis au stand de l’Apix entouré de représentantions d’infrastructures telles que le Train express régional. Après cette expérience, il se lance au pays en mettant en place un centre d’appel et vend ainsi des abonnements sur proposition d’un opérateur. La contrainte dans cette activité était que les clients devaient se déplacer en agence avant 16h30. Ce qui lui rappelle la nécessité d’un bon système logistique dans le business. C’est à partir de ce moment que l’idée d’explorer le marché de la livraison lui est venue.
D’une page Facebook à des millions de livraison
Après l’échec en France, Bamba Lô, jeune Sénégalais qui a fait son cycle primaire et secondaire entre Maristes et Dakar a décidé, il y a six ans de mettre en place, son entreprise spécialisée dans la logistique et la livraison, Paps. Le métier de Paps est de créer une infrastructure logistique des frontières vers les villages les plus éloignés. « On a constaté qu’il y avait un manque sur le marché. La logistique était dominée par les sociétés internationales et elle s’arrêtait au niveau du port ou à l’aéroport. On a ainsi créé une technologie qui permet à des clients de suivre à temps réel tout ce qui se passe et qui permet aux acteurs du secteur de l’informel de pouvoir avoir plus de business en étant plus organisé », explique Bamba Lô. Dans un marché pas assez développé à l’époque, les débuts furent difficiles. Pour débuter, il ne disposait que d’une page Facebook et de deux scooters. L’expérience étant bonne, il se retrouve assez sollicité au bout de quelques mois d’activité. « On a démarré avec l’ambition de combler un manque sur le marché. Tout est parti d’un constat et d’une expérience professionnelle. Je me suis dit, dès lors, qu’il y a quelque chose à faire dans ce secteur. J’ai créé une page Facebook. J’ai démarré avec une page Facebook et deux scooters point final. Au bout de quelques mois, la demande à travers la page Facebook était importante en 2016 », se rappelle-t-il, d’une voix qui exprime une grande fierté. Aujourd’hui, « Paps » a grandi et a dépassé les frontières puisqu’étant présente en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin et en France. Pour ce qui est du chiffre d’affaires, il est conscient que l’argent ne veut pas de bruit. « Je le dirai la prochaine fois, certains vont penser que chiffres d’affaires égalent… », rigole-t-il. En 2022, « Paps » a réalisé selon lui, 4 680 000 livraisons. « Paps » bénéficie également de la confiance des investisseurs. En janvier 2022, elle a réussi à mobiliser 4,5 millions de dollars, soit 2,6 milliards de Fcfa auprès de grands groupes d’investisseurs tels que Saviu Ventures et Uma Ventures, Yamaha Motor Co., Ltd, Lofty Capital, Proparco, Google black founder fund, To.org, Kepple Ventures et Enza Capital. « Je suis fier du travail abattu par l’ensemble des équipes qui nous a permis de concrétiser cette levée de fonds aujourd’hui. Notre ambition est claire : devenir la première structure panafricaine de logistique aux standards internationaux. Nous nous sommes donnés pour mission d’aider nos clients à être plus productifs et performants. Je me réjouis également de la confiance des investisseurs de renoms qui nous rejoignent pour construire la logistique de demain », avait apprécié Bamba Lô.
Faire rayonner le Sénégal
Même si « Paps » est actuellement présente dans 5 pays, Bamba Lô veut poursuivre son ambition de faire rayonner le Sénégal, en étant un champion dans son secteur. « On est devenu un facilitateur de business pour les clients, une société positionnée pour permettre aux entreprises de ne jamais être en rupture de stock, de permettre aux sociétés de toucher tous les clients à Tambacounda, à Dakar etc. Le client qui est à Tambacounda ne doit pas être discriminé. Il doit avoir son bien quand il l’achète. Ainsi nous voulons faire rayonner le Sénégal », affirme Bamba Lô. Son défi est également la création d’emplois. Rien qu’au Sénégal, le nombre d’emplois est estimé à 128. « Au delà de la création d’emplois, nous autonomisons les gens car nous travaillons avec les entrepreneurs », estime Bamba Lô. Sa fibre d’entrepreneur, il la tient de son idole, feu Ameth Amar, fondateur de Nma Sanders. Et il se dit plus que jamais déterminé à perpétuer son œuvre en se disant toujours que rien ne sera facile pour un entrepreneur. Nous voulons consolider l’Afrique francophone, nous ouvrir à d’autres pays pour que le Sénégal rayonne », ajoute Bamba Lô. Âgé de 37 ans, il est déterminé à poursuivre son bonhomme de chemin, s’appuyant sur sa devise de toujours, « à la fin tout ira bien ».
MACKY OUT POUR 2024, QUI POUR PORTER L’ÉTENDARD BENNO ?
La non-candidature de Macky Sall pour un troisième mandat relance le débat autour de sa succession au sein de la mouvance présidentielle. Le défi pour le chef de l'État sortant est de travailler à la survie de sa coalition
La non-candidature de Macky Sall pour un troisième mandat relance le débat autour de sa succession au sein de la mouvance présidentielle. Les différentes écuries à l’alliance pour la République et au sein de benno bokk yaakaar (bby) vont commencer à s’activer pour partir à l’assaut de la magistrature suprême. on se demande tout simplement qui, entre les apéristes et alliés, a l’étoffe pour défendre le bilan de Macky Sall ?
En renonçant à une troisième candidature pour la présidentielle de 2024, Macky Sall évite au Sénégal la tragédie des mandats de trop. En plus d’entrer dans l’histoire, c’est une grande contribution à la consolidation de la démocratie sénégalaise. Malgré toutes les agitations et pressions exercées sur lui, il est allé jusqu’au bout de sa logique en refusant de se prononcer sur sa candidature jusqu’à sept mois de la présidentielle. Macky Sall a préféré maintenir le flou autour de la question en ayant comme principal argumentaire ceci : «On m’a donné un mandat et je suis en train de l’exécuter. Si je dis que je ne suis pas candidat, personne ne se mettra au travail dans le gouvernement. Qu’on le dise ou pas, chacun va essayer de se positionner. Etles gens ne travailleront pas durantles cinq ans. Je ne vois pas d’intérêt à en parler. Si je dis que je suis candidat, il y aura des marches tous les jours. Et pour le moment, je préfère ne pas en parler car cette question n'est pas à l'ordre du jour. Au moment opportun, je vais me prononcer. »
Aujourd’hui qu’il s’est prononcé, on se demande qui sera son potentiel successeur au sein de la mouvance présidentielle. Le Président Sall a toujours refusé de préparer un dauphin. A tort ou à raison ? Force est de constater qu’il y a un grand chantier qui attend la mouvance présidentielle consistant à choisir le meilleur profil pour défendre le bilan du régime sortant. Mais ce sera un exercice assez périlleux avec des risques de faire imploser la coalition BBY. Déjà, au sein de l’Alliance pour la République (APR), il y a des profils qui sortent du lot à l’image de l’actuel Premier ministre Amadou Ba, du président du Conseil économique social et environnemental (Cese) Abdoulaye Daouda Diallo, du ministre de l’Agriculture Aly Ngouille Ndiaye, ou encore Moustapha Bâ. Les apéristes devront s’accorder sur le bon profil, celui qui a plus de chance de rivaliser avec les ténors de l’opposition. Cette même personne devra bénéficier d’une légitimité populaire et être accepté par les alliés. Seul hic, certaines entités de BBY pourraient à leur tour présenter des profils qui seront des candidats à la candidature pour la présidentielle de 2024. A bon droit ! Puisqu’ils ont, durant tout le magistère de Macky Sall, tu leurs ambitions pour le fauteuil présidentiel. Mais quel que soit alpha, il sera très difficile de trouver une personnalité forte et consensuelle à l’instar de Macky Sall pour fédérer toutes les forces composantes de la coalition présidentielle.
RISQUES D’IMPLOSION DE BBY
A défaut de s’accorder sur le profil pour succéder à Macky Sall, la coalition BBY, vieille de onze ans, risque d’éclater. Le cas échéant, il y a de fortes probabilités d’assister, d’une part, à des retrouvailles de la famille socialiste sous la direction de Khalifa Sall qui va redevenir éligible ; et d’autre part, à un regroupement des libéraux autour de Karim Wade qui, à coup sûr, sera réinjecté dans le jeu politique suite au dialogue politique. Tout ceci laisse entrevoir que Macky Sall a un autre défi devant lui. Celui de travailler pour la survie de BBY et au choix d’une forte personnalité capable de prendre la relève. Ce choix béni du chef de l’Etat, s’il est suivi par la majorité de la coalition, sera déterminant pour l’avenir de la coalition et les résultats à l’issue du scrutin de 2024.
En tout cas, Macky Sall a déjà affirmé son engagement pour contribuer à une victoire de Benno Bokk Yaakaar lors de ce scrutin. « Mon combat et ma plus grande fierté, c’est vraiment de vous conduire vers la victoire et de poursuivre notre politique économique au bénéfice de nos populations. L’enjeu du moment est d’abord d’être uni. Unis, il n’y a aucune force politique qui peut faire face à BBY », disait-il lors de l’audience qu’il a accordée samedi dernier aux maires et présidents de conseil départemental. Juste s’interroger sur la recette miracle qu’il va constituer pour stopper la dégringolade électorale de BBY notée lors des dernières élections locales et législatives.
BON DEMARRAGE DES EPREUVES DU BACCALAUREAT
Les épreuves du baccalauréat général qui ont débuté ce mardi se déroulent normalement sur toute l’étendue du pays, s’est réjoui le ministre de de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Moussa Baldé.
Dakar, 4 juil (APS) – Les épreuves du baccalauréat général qui ont débuté ce mardi se déroulent normalement sur toute l’étendue du pays, s’est réjoui le ministre de de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Moussa Baldé.
Le ministre a visité les centres d’examen de l’Université Amadou Hampâté Bâ et du Lycée de Blaise Diagne en compagnie du directeur de l’Office du bac, de l’Inspecteur d’académie de Dakar, des membres de l’association des parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation.
»Pour le moment tout se passe très bien. Dans les centres que nous avons visité les personnels à savoir les surveillants les présidents de jury tout le monde est sur place. Les épreuves ont débuté à l’heure et correctement nous espérons que c’est le cas sur l’étendue du territoire national’’, a-t-il dit.
»L’année scolaire s’est déroulée correctement et les examens ont démarré correctement et nous espérons que ça se passera très bien (…) », a ajouté Moussa Baldé.
Quelque cent cinquante-cinq mille cent neuf (155109) candidats, soit une hausse de 4184 candidats par rapport à 2022, ont entamé ce mardi les épreuves du Baccalauréat général.
MOSCOU S'OUVRE AUX MEDIAS AFRICAINS
Un atelier de partage d’expérience sur l’avenir de la pratique journalistique a démarré, lundi, à Moscou, à l’intention d’une vingtaine de journalistes africains, sous l’égide de la rédaction centrale et de la radio internationale Sputnik, a constaté l’AP
Moscou, 3 juil (APS) — Un atelier de partage d’expérience sur l’avenir de la pratique journalistique a démarré, lundi, à Moscou, à l’intention d’une vingtaine de journalistes africains, sous l’égide de la rédaction centrale et de la radio internationale Sputnik, a constaté l’APS.
L’atelier fait partie d’un programme dénommé ‘’New Generation’’ (nouvelle génération), qui va se dérouler du 2 au 30 juillet.
Ce programme réunit des participants venus d’Afrique du Sud, du Botswana, d’Ethiopie, de la République démocratique du Congo, de la République du Congo, de la Gambie, du Kenya, du Sénégal et du Zimbabwe.
Outre la participation à des conférences de rédaction de l’agence Sputnik, les participants vont être conviés à des forums sur la pratique du journalisme à l’ère des fake news et des nouvelles technologies modernes de communication, a dit à l’APS la directrice adjointe de l’information de l’agence Sputnik, Viktoria Polikarpova.
Cette dernière, également cheffe du desk international de ces médias présentés comme proches du Kremlin, a aussi évoqué la coopération entre les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et l’Afrique, ‘’dans un contexte de transformation mondiale’’.