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30 août 2025
UNE JUGE ARRÊTÉE PAR LE FBI
Hannah Dugan est accusée d'avoir délibérément protégé un immigré sans papiers des agents fédéraux. Cette interpellation sans précédent marque une escalade majeure dans la politique migratoire de l'administration Trump
(SenePlus) - Une juge du comté de Milwaukee a été arrêtée vendredi par le FBI, accusée d'avoir fait obstruction aux services d'immigration américains, dans ce qui apparaît comme une escalade majeure dans la bataille que mène l'administration Trump contre les autorités locales au sujet des expulsions d'immigrés.
Selon les informations rapportées par le New York Times, la juge Hannah Dugan a été interpellée pour avoir "intentionnellement détourné des agents fédéraux" d'un immigré recherché par les autorités, comme l'a déclaré le directeur du FBI, Kash Patel, dans un message sur les réseaux sociaux qu'il a par la suite supprimé.
"Le bureau a arrêté la juge Hannah Dugan, soupçonnée d'avoir intentionnellement détourné des agents fédéraux d'un immigré poursuivi par les autorités fédérales", avait écrit M. Patel avant de retirer sa publication pour des raisons qui n'ont pas été immédiatement clarifiées, précise le quotidien new-yorkais.
Brady McCarron, porte-parole des U.S. Marshals, a confirmé au NYT que la magistrate avait bien été arrêtée par des agents du FBI vendredi matin. Selon la même source, le document d'inculpation contre la juge n'était pas immédiatement disponible dans les archives judiciaires fédérales.
Cette arrestation s'inscrit dans la politique plus large de l'administration Trump, qui a promis d'enquêter et de poursuivre les responsables locaux qui ne coopèrent pas avec les efforts fédéraux en matière d'immigration, dénonçant ce qu'ils appellent les "villes sanctuaires" qui n'en font pas assez pour aider aux arrestations et aux expulsions de millions d'immigrés sans papiers.
Comme le souligne le New York Times, l'affaire de Milwaukee met en lumière un point de friction récurrent dans ce débat : le moment où les agents d'immigration tentent d'arrêter des immigrés sans papiers qui comparaissent devant un tribunal d'État. "Les autorités locales s'opposent souvent à de tels efforts, faisant valoir qu'ils mettent en danger la sécurité publique si les personnes traitant des problèmes juridiques relativement mineurs estiment qu'il est dangereux d'entrer dans les palais de justice", rapporte le journal.
Cette affaire n'est pas sans rappeler un précédent survenu lors du premier mandat de Donald Trump. Selon le New York Times, une juge locale du Massachusetts avait été inculpée par le ministère de la Justice pour avoir fait obstruction aux autorités d'immigration. Les charges avaient été abandonnées après que la juge eut accepté de se soumettre à une potentielle procédure disciplinaire.
L'arrestation de la juge Dugan marque une nouvelle étape dans l'application stricte des politiques migratoires par l'administration Trump, dont la promesse de déporter des millions d'immigrés sans papiers constituait l'un des piliers de sa campagne électorale.
Les représentants du FBI n'ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires, selon le New York Times, laissant planer le doute sur les circonstances exactes de cette intervention rare contre un membre du pouvoir judiciaire.
EXTRADITION DE DORO GAYE, LA JUSTICE FRANÇAISE TRANCHERA LE 9 JUILLET
Sous contrôle judiciaire, l’homme d’affaires conteste vigoureusement les accusations d’extorsion de fonds au Sénégal et s’oppose à toute levée de sa liberté conditionnelle.
L’affaire Doro Gaye rebondit sur le sol français. Mis en cause dans une affaire d’extorsion de fonds au Sénégal, l’homme d’affaires, actuellement sous contrôle judiciaire en France, devra patienter jusqu’au 9 juillet pour connaître l’issue de la demande d’extradition déposée par la justice sénégalaise.
Selon Les Échos, la Cour d’appel de Paris a décidé de reporter l’examen de cette requête afin de permettre au Parquet général de répondre aux arguments soulevés par la défense. Celle-ci conteste vigoureusement la levée du contrôle judiciaire, qu’elle juge injustifiée et fondée sur une interprétation erronée des engagements pris par son client.
Pour rappel, Doro Gaye est accusé par Zakiroulah Sow de lui avoir extorqué 1,2 milliard de francs CFA dans une transaction foncière litigieuse. Un protocole d’accord avait été signé, mais la partie civile affirme que l’homme d’affaires n’a pas respecté les termes de cet engagement.
Pendant que la justice française prend le temps d’examiner les arguments des deux camps, le magistrat sénégalais chargé de l’enquête a officiellement formulé une demande d’extradition, selon Les Echos.
Un nouveau chapitre judiciaire s’ouvrira donc en juillet, avec un enjeu de taille : savoir si la France acceptera de livrer Doro Gaye aux autorités sénégalaises pour qu’il réponde de ces accusations devant un juge.
PAR IBRAHIMA KHALILOULLAH NDIAYE
L’AFRIQUE À L’ÉPREUVE DE LA FERMETURE DU MONDE
Elle n’était donc pas vraie l’info virale attribuant à la première femme présidente de la Namibie un ordre d’expulsion de 500 Américains en réponse aux opérations d’expulsion de Trump, ciblant des Africains...
Elle n’était donc pas vraie l’info virale attribuant à la première femme présidente de la Namibie un ordre d’expulsion de 500 Américains en réponse aux opérations d’expulsion de Trump, ciblant des Africains. « Si on ne peut entrer aux États-Unis sans visa, il en va de même pour la Namibie ».
Une citation attibuée à Mme Netumbo Nandi-Ndaitwah qui aurait également soutenu qu’aucun Américain ne devrait entrer en Namibie sans visa. Sans être exhaustives, ces déclarations de la dame de 72 ans, première femme présidente de son pays et au caractère trempé, ont le mérite de nous montrer les méfaits des fake news. Fabriquées à dessein, ces fausses informations ont contraint la présidence namibienne à essayer de rectifier le tir même s’il faut reconnaître que le mal est déjà fait. Cette actualité sur la révocation de visa est néanmoins réelle et vérifiée sur un autre registre. Les ressortissants du Soudan du Sud en font les frais avec la révocation de tous les visas qui leur avaient été accordés alors qu’ils bénéficiaient, jusqu’à présent, d’un statut protégé octroyé à titre temporaire sur le sol américain. L’argument avancé par le secrétaire d’État Marco Rubio est que ce pays refuse de reprendre ses citoyens expulsés.
Des milliers d’étudiants africains et originaires d’autres pays inscrits dans les universités américaines sont également dans la tourmente avec la révocation des visas. À cela s’ajoute la décision du président américain, Donald Trump, le lundi 14 avril, de geler 2,2 milliards de dollars de subventions à l’université de Harvard. Plus insolite est la déclaration du président colombien Gustavo Petro selon laquelle les États-Unis pourraient avoir révoqué son visa, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. « Je ne peux plus y aller parce qu’ils m’ont retiré mon visa », a déclaré Petro lors d’une réunion de son cabinet à la Casa de Narino, le palais présidentiel à Bogota, selon une dépêche de l’agence de presse Efe, publiée lundi. « Je n’avais pas besoin de visa, mais tant pis. J’ai vu Donald Duck plusieurs fois, alors je vais voir d’autres choses », a-t-il ajouté. Le président américain a le mérite de matérialiser ses engagements électoraux. Quitte à faire des vagues. Il va même souvent au-delà. Plaçant toujours les intérêts américains au centre de ses motivations. Les gens s’interrogent sur l’opportunité et la pertinence de telles mesures, mais lui dit peser le pour et le contre.
Une telle mesure de révocation ou de restriction de visa, même limité à certains États africains, a de quoi remettre sur la table la question des visas pour les ressortissants du Sud. Surtout s’ils veulent aller dans les pays du Nord ou de l’Occident. La difficulté est de trouver, pour la plupart des Africains, le précieux sésame pour voyager. L’une des plus grandes injustices faites à l’Africain est de ne point pouvoir voyager, parcourir la terre, s’enrichir de cultures, de civilisations différentes. À l’heure du village planétaire théorisé par le Canadien Marshall Mc-Luhan, il est injuste de ne pas donner la possibilité aux Africains de parcourir le monde. Souvent sous un fallacieux prétexte qu’ils ne vont pas rentrer eu égard aux niveaux de développement qui séparent le continent et ces pays vus comme un « eldorado ». Une perception qui doit amener les Africains à travailler davantage pour hisser leurs pays à un niveau de développement acceptable pour qu’ils n’aient plus besoin d’aller chercher à gagner un illusoire eldorado. Il ne s’agit pas d’interdire aux Africains de voyager, mais de savoir qu’il est possible de faire de chez eux un « paradis terrestre ».
Et ainsi en finir avec ces images de queues de désespérés qui cherchent à déposer pour obtenir un visa dans de nombreux services agréés de pays occidentaux dans les capitales africaines. L’autre contradiction que doivent régler les Africains est la liberté de circuler dans leur continent. Dans les zones d’intégration régionales, la liberté de circulation des personnes et biens est certes consacrée, mais il est souvent très difficile de pouvoir voyager, pour la plupart des Africains, d’une zone géographique à une autre. La bienvenue est souhaitée à tout Africain qui se rend au Rwanda. Il paiera le visa une fois à l’aéroport sans aucune autre formalité. Le Kenya semble aussi être dans la même trajectoire alors qu’il était très difficile, pour un Sénégalais par exemple, de se rendre dans ce pays il y a encore peu. Tous les pays africains devraient s’ouvrir à tous les ressortissants africains. Ce visa de circuler sera réellement le visa pour le développement du continent.
Encore qu’il faut construire des autoroutes partout pour que les Africains puissent rallier les différentes capitales, développer les échanges et le commerce intra-africain. Une mésaventure sur les visas : Nous devant nous rendre dans la ville libyenne de Benghazi il y a moins de deux semaines, nous nous sommes vu refuser l’embarquement à l’enregistrement à Tunis. Prétexte, le visa en notre possession devait opérer à partir du Caire. Une erreur de nos correspondants libyens. Ces derniers ont su corriger l’impair et nous confectionner de nouveaux visas à quelques minutes de la fermeture du comptoir d’enregistrement. Une chance pas donnée à tout le monde.
PAR GUY MARIUS SAGNA
MONSIEUR LE MINISTRE, VOUS RECONNAISSEZ LES DÉPENSES ÉVOQUÉES DANS MA QUESTION ÉCRITE
Vous justifiez ces achats sous le prétexte qu’il s’agit de dépenses de fonctionnement que vous trouvez normales et régulières. Ces dépenses étaient elles nécessaires ? Du matériel de petit déjeuner à 650 000 F CFA, est ce une gestion utile de chaque franc
Monsieur le ministre de l'Education nationale, dans votre réponse vous dites une chose et son contraire. Vous affirmez que j’ai été induit en erreur et pourtant vous avouez l’existence de ces achats effectués par vos services.
Vous justifiez ces achats sous le prétexte qu’il s’agit de dépenses de fonctionnement que vous trouvez normales et régulières. Monsieur le ministre, au nom de « la gestion rigoureuse et utile de chaque franc CFA » que vous revendiquez, aviez vous besoin de changer du neuf par du neuf ? Ces dépenses étaient elles nécessaires ? Du matériel de petit déjeuner à 650 000 F CFA, est ce une gestion utile de chaque franc ?
Monsieur le ministre, le Sénégal, un des 30 pays les plus appauvris de la planète, n'est ni l'Europe ni l'Amérique pour que vous compariez vos pratiques dans le département de l'éducation à celles de leurs pays.
Vous reconnaîssez les dépenses évoquées dans ma question écrite alors qu'il faut rationaliser parce que, notamment, l'Etat APR/BBY a plongé les finances publiques dans le gouffre. Le Jub, Jubal, Jubbanti, monsieur le ministre, c'est aussi prendre en compte et prioriser à partir de la rationalisation lancée par le PM et le PR.
Vous parlez de "montant dérisoire" et de "détails". Les sénégalais qui m'ont élu et élu le Président de la République qui vous a nommé sauront apprécier.
Monsieur le ministre pensez-vous que les populations concernées par les 29 questions écrites ci-dessous que je vous ai adressées à leur demande entre le 02 décembre 2024 et le 22 avril 2025 vont trouver "dérisoires" les montants que j'ai évoqués :
1- lycée de Ndiodior
2- fermeture du lycée de Foundiougne
3- indemnités de direction pour les directeurs des cases des tout petits
4- CEM de Médinatoul
5- lycée de Peyrissac (Ziguinchor)
6- ouverture du lycée technique de Ndouloumadji
7- CEM de Dinguiraye
8- actes d'intégration des enseignants
9- réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor)
10- À quand le démarrage de l'enseignement des langues nationales à l'élémentaire
11- situation des 68 enseignants communautaires de l'IEF de Pété
12- affaissement d'une dalle au lycée de Bambilor
13- Situation du lycée de Malika plage
14- commercialisation des dossiers d'intégration des enseignants à la fonction publique
15- besoins des écoles de Kafountine (Bignona)
16- recrutement de 2000 enseignants
17- écoles élémentaires financièrement exsangues
18- Introduction ou renforcement de la pensée de Cheikh Anta Diop dans les programmes d'enseignement au Sénégal
19- insécurité au lycée scientifique d'excellence de Diourbel
20- le ministère de l'Education nationale a-t-il des archives ?
21- construction du lycée Cheikh Mouhamadou Moustapha Mbacké
22- urgence de la réfection du lycée de Sébikotane
23- équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor)
24- Situation du lycée franco arabe de Ziguinchor
25- CEM de Lougré Thiolly
26- Bourse des élèves maîtres
27- Situation du lycée de Niague
28- situation du CEM de Mbagam (Dagana)
29- Absence de manuels en CE1 et CE2 depuis 10 ans
Monsieur le ministre, vous avez oublié ou éludé ou mal compris ma question relative au phénomène des « régularisations », pratiques qui peuvent entraîner des glissements dangereux vers la prévarication, dans l’octroi d’avantages indus. Votre ministère continue-t-il à pratiquer - je ne fais pas allusion ici aux mobiliers de votre bureau - ces « régularisations » ? Sont elles toujours justifiées ? Quand le montant d’un marché atteint un certain seuil, ces pratiques de « régularisation » peuvent-t-elles être compatibles à une concurrence réelle ?
Monsieur le ministre, vous me demandez de "recentrer [mes] interventions sur les véritables enjeux du secteur de l'éducation" et vous ajouter que "la République a besoin de débats sérieux, rigoureux et documentés". Monsieur le ministre, si mes 29 questions écrites ci-dessus rappellées ne vous semble ni sérieuses ni rigoureuses ni au coeur des enjeux du secteur de l'éducation, les 11 questions écrites suivantes que je vous ai envoyées entre le 18 avril 2024 et la dissolution de la 14e législature le sont-elles suffisamment pour vous:
1- blocage inexpliqué depuis juillet 2023 de la formation des 800 animateurs polyvalents des cases des tout- petits
2- réintégration des 690 élèves-maîtres
3- Pour des travailleurs sociaux en milieu scolaire
4- formation de huit (08) professeurs d'économie générale à l'ENSETP
5- 25.000 FCFA de bourse pour les élèves maîtres des CRFPE
6- Quand le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Secondaire (CAES) sera-t-il organisé ?
7- L’exploitation par l'État du Sénégal des enseignants dits "décisionnaires"
8- Recrutement par l'État d'enseignants admis et admissibles à des diplômes professionnels de l'éducation
9- situation des personnels des écoles sénégalaises de Gambie
10- La situation des professeurs contractuels ou l'histoire d'une injustice d'État
11- Mise en danger de la vie d'autrui au lycée El Hadji Mamadou Diouf de Foundiougne qui menace de s'effondrer
Monsieur le ministre de l'éducation nationale, quand je vous ai adressé des questions écrites à propos du lycée de Peyrissac (Ziguinchor) (01), de la réhabilitation du lycée El Hadji Oumar Lamine Badji (Ziguinchor) (02), des besoins des écoles de Kafountine (Bignona) (03), de l'équipement du CEM de Diagnon (Ziguinchor) (04), de la situation du lycée franco arabe de Ziguinchor (05)... je vous parlais déjà en réalité du plan Diomaye pour la Casamance axé sur l'éducation. Quand j'interpelle vos collègues du gouvernement sur la situation à l'hôpital régional de Ziguinchor, sur l'électrification des villages de la Casamance, sur la gestion de la chambre de commerce de Ziguinchor, sur la gestion du port de Ziguinchor, sur la gestion foncière dans la commune de Médina Wandifa...je partage avec eux la contribution des populations au Plan Diomaye pour la Casamance et leurs attentes. Et j'en fais - avec les populations - un suivi de la transmission à la réalisation.
Pour le type de députés dont la république a besoin monsieur le ministre, le peuple sénégalais souverain que je sers en vous faisant parvenir ses préoccupations à travers mes questions écrites que vous recevez me suffit comme boussole.
Monsieur le ministre, chaque fois que les citoyens voudront savoir commment vous gérez les crédit que j'ai votés en leur nom à l'Assemblée nationale pour votre département, vous recevrez une question écrite pour que vous leur rendiez compte. Monsieur le ministre, je ne vais pas attendre l'IGE ou la Cour des comptes. L'Assemblée nationale est la première IGE, la première Cour des comptes. Si l'Assemblée nationale assume bien son rôle, l'IGE et la Cour des comptes risquent d'aller au chômage ou voir leur travail fondre comme beurre au soleil car elle aura eu une posture qui privilégie la prévention et la dissuasion à la guérison.
Monsieur le ministre, les défis auxquels nous faisons face actuellement ne sont rien comparés à ceux qui arrivent car les forces exloiteuses internes et externes ne vont pas nous laisser faire tranquillement notre projet pour un Sénégal souverain, juste et prospère. Face à cette alliance des oppresseurs nous avons besoin de la mobilisation du peuple sénégalais. Celle-ci ne sera possible que si le peuple est satisfait de notre gestion de ce que vous appelez des montants "dérisoires" et des "détails".
PAR MAMA TOURÉ
L’AFRIQUE ET LE CYNISME DE LA DOUBLE NATIONALITÉ
Si Tidiane Thiam est écarté de la course électorale pour cause de double nationalité, alors on entre de plein pied dans le théâtre bien rôdé du pouvoir africain, où la loi n’est jamais un bouclier, mais une épée utilisée selon les intérêts du moment.
Il est des moments où l’Histoire retient son souffle, où chaque mot écrit résonne avec force dans la conscience collective d’un peuple, d’un continent, d’une humanité entière. À l’aube de l'élection présidentielle en Côte d’ivoire, une problématique complexe et souvent controversée refait surface : la double nationalité de certains candidats!
Après avoir conquis la scène internationale : McKinsey, Prudential, Crédit Suisse, voilà que Tidjane Thiam, l’enfant prodige de Côte d’Ivoire, technocrate devenu figure politique, semble signer un retour aussi symbolique que stratégique.
Le premier chapitre de Thiam en politique ivoirienne remonte aux années 90, sous Henri Konan Bédié. Un ministre jeune, brillant, mais éjecté au gré des tempêtes du pouvoir. Puis l’exil, le prestige international, les conseils au sommet de Davos. Et aujourd’hui, son retour marque une sorte de revanche élégante. Il n’a pas crié, il n’a pas combattu à l’ancienne. Il a attendu son moment.
Mais ce « come-back » soulève aussi des questions. Car Thiam ne revient pas seul, il revient avec une image, une aura. Il incarne cette élite africaine mondialisée, formée à l’Occident, mais qui revient souvent trop propre pour affronter la poussière politique locale.
Si Tidjane Thiam est écarté de la course électorale pour cause de double nationalité, alors on entre de plein pied dans le théâtre bien rôdé du pouvoir africain, où la loi n’est jamais un bouclier, mais une épée utilisée selon les intérêts du moment.
Il devait incarner une alternative. Un nom qui rassure les chancelleries, qui séduit une partie de la jeunesse, et qui fait trembler l’establishment ivoirien. Mais la course de Tidiane Thiam semble s’arrêter là, non pas sur un échec politique, mais sur un prétexte juridique : sa double nationalité.
En apparence, l’argument est simple : la Constitution interdit les candidatures à ceux qui possèdent une autre nationalité. Dans les faits, il s’agit d’un écran de fumée. Car dans le jeu politique africain, les textes ne sont appliqués que lorsqu’ils servent à écarter un adversaire trop sérieux. Cynisme pur. Justice sélective.
Ce n’est pas la première fois que la double nationalité devient une arme en Afrique.
L’opposant Karim Wade et fils de l’ancien président de la république Sénégalaise Abdoulaye Wade s’est vu écarté de la course à la magistrature suprême lors des dernières des élections présidentielles au Sénégal à cause de sa double nationalité française.
Et c’est là que le système révèle sa vraie nature : il préfère neutraliser que débattre, exclure que convaincre. Derrière la façade d’un État de droit, les vieilles recettes persistent : instrumentaliser la loi pour se débarrasser de ceux qu’on ne peut pas battre dans les urnes.
Pourtant, de nombreux dirigeants, élites économiques et intellectuelles en bénéficient eux-mêmes. Ce paradoxe alimente une certaine forme de cynisme politique : on l’interdit à certains citoyens mais on l’utilise à des fins personnelles quand on est au sommet.
Si certains États africains craignent que la double nationalité dilue le sentiment d’appartenance nationale, voire menace la souveraineté, d’autres y voient au contraire une ouverture bénéfique pour les diasporas, les investissements et les transferts de compétences. Mais souvent, les lois restent floues ou arbitrairement appliquées.
Il faut rappeler qu’au Tchad, au Cameroun ou encore en République démocratique du Congo, pour pouvoir être candidat à l’élection présidentielle, le candidat ne doit pas détenir une autre nationalité que celle de son pays d’origine. Ceci s’explique par le comportement de personnalités politiques africaines qui ont profité de leur double nationalité pour sécuriser des avoirs ou trouver refuge en cas de troubles.
Si dans le passé des candidats détenteurs de la double nationalité ont rencontré les mêmes difficultés, cette fois, c’est toute une génération qui regarde. Et qui comprend que le combat n’est pas seulement électoral, il est structurel !
PAR CHRISTINE FAGES
NOUS SOMMES L’OCÉAN
Du 9 au 13 juin 2025, la France accueillera la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3). À cette occasion, la France portera un objectif clair : protéger l’Océan par des actions concrètes.
Du 9 au 13 juin 2025, la France accueillera la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC3). Ce rendez-vous sera un moment décisif : il réunira, à Nice, une centaine de chefs d’État et de gouvernement, et plusieurs dizaines de milliers de participants, chercheurs, scientifiques, acteurs économiques, militants associatifs et citoyens du monde entier. À cette occasion, la France portera un objectif clair : protéger l’Océan par des actions concrètes.
L’Océan est notre bien commun. Il nourrit les peuples et les protège. Il nous fait rêver et voyager. Il nous offre de l’énergie durable, des moyens de commercer, des ressources et des connaissances scientifiques infinies.
Un être humain sur trois dépend de l’Océan pour vivre, et pourtant, ce dernier est en danger. C’est un espace encore largement méconnu, qui ne dispose ni d’une gouvernance globale, ni des financements nécessaires à sa préservation. Les chiffres sont inquiétants : plus de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées dans l’Océan chaque année, selon une étude de la revue Science. À cela s’ajoute la surexploitation, qui touche plus d’un tiers des stocks de poissons, mais aussi l’acidification des eaux, la montée du niveau de la mer et la destruction des écosystèmes marins. Et ces phénomènes s’accélèrent, conséquences directes du dérèglement climatique.
Il est temps d’agir. Plus que jamais, nous devons faire en sorte que l’action multilatérale soit à la hauteur des enjeux liés à la protection de l’Océan.
Dix ans après la COP21 et l’Accord de Paris, qui a permis d’établir un cadre mondial contraignant pour limiter le réchauffement climatique, l’UNOC3 représente une opportunité historique. Les « Accords de Nice » constitueraient un véritable pacte international pour la conservation et l’utilisation durable de l’Océan. Ce pacte serait ainsi directement en ligne avec les objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’ONU, en 2015.
Pour y parvenir, les discussions à Nice devront être concrètes et tournées vers l’action. Il s’agira d’œuvrer pour une meilleure gouvernance, davantage de financements et une plus fine connaissance de la mer.
En matière de gouvernance, le traité sur la protection de la biodiversité en haute mer (BBNJ) est un levier essentiel. La haute mer – plus de 60 % des Océans – est aujourd’hui le seul espace qui n’est pas régi par le droit international. L’absence de surveillance et de règles communes entraîne un véritable désastre socio-environnemental : pollutions massives d’hydrocarbures et de plastiques, méthodes de pêche illégales et non régulées, captures de mammifères protégés. Pour mettre un terme à ce vide juridique, nous devons obtenir la ratification de 60 pays et ainsi permettre au traité BBNJ d’entrer en vigueur.
La ratification de ce traité par le Sénégal avant le 9 juin prochain serait une excellente nouvelle dans la perspective du prochain Congrès international sur les aires marines protégées (IMPAC6) en 2027. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser collectivement et faire de l’UNOC3 un tournant. L’engagement du Sénégal est décisif pour la gestion durable de la haute mer. La France serait heureuse d’accueillir Son Excellence le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye à Nice, pour la célébration de l’entrée en vigueur du traité BBNJ. L’Océan a besoin d’un haut niveau d’engagement du Sénégal.
La protection de l’Océan passe également par la mobilisation des financements publics et privés et, le soutien à une économie bleue durable. Pour continuer à bénéficier des formidables opportunités économiques de l’Océan, nous devons faire en sorte que les ressources marines puissent se régénérer. À Nice, plusieurs engagements seront annoncés en matière de commerce international, de transport maritime, de tourisme et d’investissement.
Par ailleurs, l’UNOC-3 sera l’une des pierres fondatrices de la prochaine Conférence des Nations Unies sur l’eau, que le Sénégal organise en 2026, en partenariat avec les Émirats arabes unis. Un événement dédié de haut niveau mettra ainsi en avant les liens intrinsèques entre eau douce et salée et d’engager le combat pour l’eau, de la source à la mer.
Enfin, comment protéger ce que l’on ne connaît pas – ou pas assez ? Nous devons accroître notre connaissance de l’Océan et mieux la diffuser. Aujourd’hui, nous sommes capables de cartographier la surface de la Lune ou celle de Mars, mais le fond des Océans nous demeure inconnu. Ils recouvrent pourtant 70 % de la Terre ! Ensemble, mobilisons la science, l’innovation et l’éducation pour mieux comprendre l’Océan et sensibiliser davantage le grand public.
Face au changement climatique qui s’accélère et à la surexploitation des ressources marines, l’Océan n’est pas un enjeu parmi d’autres. C’est l’affaire de tous. La remise en question du multilatéralisme ne doit pas nous faire oublier notre responsabilité commune. L’Océan est un lien universel, il est au cœur de notre avenir. Ensemble, nous pouvons faire de l’UNOC3 un tournant majeur pour nos peuples, pour les générations futures et pour notre planète.
LE SÉNÉGAL RENFORCE SA COOPÉRATION AVEC L’IFC
En marge des Réunions de Printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ministre sénégalais des Finances a rencontré le directeur général de l’IFC. Objectif : améliorer l’exécution des projets prioritaires et consolider les partenariats.
À l’occasion des Réunions de Printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ministre sénégalais des Finances et du Budget, M. Cheikh Diba, s’est entretenu avec M. Makhtar Diop, Directeur général de l’International Finance Corporation (IFC), la branche du Groupe Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé.
Accompagné d’une délégation gouvernementale incluant des représentants du Secrétariat général du Gouvernement, du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi que du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le ministre a saisi cette opportunité pour échanger sur des enjeux majeurs pour l’avenir économique du Sénégal.
Au cœur des discussions : la nécessité de financer et d’exécuter plus efficacement les projets structurants, et de renforcer la coopération dans le domaine de la production d’électricité. Les deux parties ont souligné l’importance de simplifier la conception des projets pour garantir une meilleure exécution sur le terrain, condition essentielle à un impact réel et durable sur le développement.
Le gouvernement sénégalais a profité de cette tribune pour présenter à l’IFC son nouveau dispositif de gestion des projets, fondé sur trois piliers essentiels : cohérence, transparence et performance. Cette approche vise à assurer une synergie optimale entre les ambitions nationales du Sénégal et les attentes des partenaires techniques et financiers, tout en améliorant le rendement des investissements publics et privés.
Cet échange stratégique s’inscrit dans la dynamique de transformation portée par la vision « Sénégal 2050 », qui ambitionne de bâtir une économie plus inclusive, compétitive et résiliente. Saluant cette démarche proactive, Makhtar Diop a réaffirmé l’engagement de l’IFC à accompagner le Sénégal dans la mise en œuvre de ses réformes et le déploiement de projets à fort impact socio-économique.
PAR Moustapha Guirassy
UNE CLARIFICATION UTILE À GUY MARIUS SAGNA
Honorable, puisque vous vous percevez comme le plus loyal, le plus courageux ou le plus véridique des Sénégalais, aviez-vous vraiment besoin de présenter aux Sénégalais ce désolant spectacle qui s’écarte des vrais enjeux du jub jubbal jubbanti ?
Dans une récente question écrite adressée au ministre de l’Éducation nationale, M. Guy Marius Sagna, député du peuple, a interpellé M. Guirassy sur des dépenses relatives à l’aménagement d’un salon de bureau, à l’acquisition d’un tapis et de matériel de petit déjeuner.
Si l’exercice du contrôle parlementaire est un pilier de notre démocratie, il ne saurait toutefois se faire ni dans l’approximation, ni dans une volonté d’instrumentalisation politique. Car, sauf ignorance ou posture délibérée, tout parlementaire rompu aux réalités de l’administration sait pertinemment que ces dépenses relèvent du fonctionnement normal d’un cabinet ministériel.
Ces acquisitions sont d’abord inscrites dans le budget de fonctionnement, lequel est adopté en toute transparence par l’Assemblée nationale dont l’honorable Guy est membre. Ces crédits servent à assurer le cadre de travail nécessaire au bon exercice des responsabilités ministérielles. Rassurez-vous honorable, le marché d’équipement du bureau du MEN, est bel et bien passé par appel à concurrence. Il a mis en compétition des soumissionnaires, a suivi et respecté toutes les étapes de la procédure de passation. On vous a induit en erreur cependant. Je n’ai jamais changé de salon Honorable Guy.
Vous parlez sûrement des équipements mobiliers dans les salles d’attente. Les salons au niveau de la sphère ministérielle sont presque tous identiques dans les bureaux des ministres. Le mien a au moins 3 ans. Je vous informe cependant avoir acheté de jolis pots de fleurs et de beaux tableaux d’art pour rendre mon bureau plus accueillant et plus confortable.
Il est commun honorable Guy, dans tous les ministères du monde qu’ils soient africains, européens ou américains d’avoir un salon de réception pour accueillir des délégations, des diplomates ou des partenaires techniques. Il ne s’agit pas de luxe, mais de protocole. Le tapis et les équipements de base comme une cafetière, une bouilloire ou quelques plateaux relèvent d’un minimum de confort logistique, pour soutenir les longues réunions et sessions de travail.
Faut-il rappeler que ces outils sont destinés à l’équipe entière du cabinet, et non au seul ministre ? Le plus surprenant dans cette interpellation, c’est le montant dérisoire concerné, qui contraste fortement avec l’indignation affichée.
En réalité, nous sommes loin des grandes lignes de crédits ou de marchés publics qui pourraient nourrir un réel débat. En tout état de cause, honorable Guy, vous gagneriez à recentrer vos interventions sur les véritables enjeux du secteur de l’éducation : la qualité de l’enseignement, l’infrastructure scolaire, l’adéquation formation-emploi, ou encore le dialogue social avec les syndicats. La République a besoin de débats sérieux, rigoureux et documentés. Elle a besoin de députés qui exercent leur mandat dans la loyauté institutionnelle, au service de la transparence mais aussi de l’efficience.
À ce titre, les dépenses de fonctionnement d’un ministère, si elles sont raisonnables, justifiées et bien exécutées, doivent être vues comme des outils au service de la performance de l’action publique, non comme des instruments de polémique politicienne..
Enfin honorable puisque vous vous percevez comme le plus loyal, le plus courageux ou le plus véridique des sénégalais, aviez vous vraiment besoin de présenter aux sénégalais ce ce désolant spectacle qui s’écarte de très loin des vrais enjeux du jub jubbal jubbanti. Pour finir, sur la rationalisation des dépenses, je comprends pleinement les préoccupations des Sénégalais face à la situation économique actuelle.
C’est pourquoi, depuis ma prise de fonction, j’ai engagé une revue de toutes les dépenses du ministère pour garantir une gestion rigoureuse et utile de chaque franc CFA. L’éducation de nos enfants reste notre priorité absolue. Là chose est sérieuse. Je vous invite à des discussions plus approfondies sur le plan Diomaye de la Casamance par exemple. Les populations comptent beaucoup sur vos idées, vos propositions, votre accompagnement.
Honorable Guy, il revient à chaque acteur public, député, ministre ou fonctionnaire, de cultiver un esprit de responsabilité et de mesure, car l’opinion publique mérite mieux que des details. Je vous souhaite un excellent séjour en Inde et vous encourage dans votre mission de contrôle de l’activité gouvernementale.
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QUAND LE PRÉTOIRE L'EMPORTE SUR LE PERCHOIR
"Politiquement raison, juridiquement tort" : c'est ainsi que Mounirou Sy résume la décision du Conseil constitutionnel sur la loi interprétative d'amnistie. La majorité parlementaire ne permet pas de s'affranchir des principes constitutionnels
Dans une décision rendue le 23 avril 2025, le Conseil constitutionnel a annulé l'article premier de la loi interprétative relative à l'amnistie votée en 2024, vidant ainsi cette loi controversée de sa substance. Cette décision, qui fait couler beaucoup d'encre dans le pays, marque un tournant significatif dans les relations entre le pouvoir politique et l'autorité judiciaire.
Selon le professeur Minirou Sy, maître de conférences à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, interrogé sur la chaîne TFM, cette décision est "une source de satisfaction" après des années où "on était habitué à une incompétence saisonnière du Conseil constitutionnel sur des questions qui touchaient le cœur de la vie politique".
Le Conseil constitutionnel a requalifié la loi dite "interprétative" en loi "modificatrice", estimant qu'elle innovait en tentant de rétrécir le champ d'application de la loi d'amnistie initiale. "Le juge constitutionnel ne se limite plus à l'idée de trancher mais fait office de pédagogie", analyse le professeur Sy, qui souligne un "revirement" par rapport à la décision initiale sur la loi d'amnistie.
En effet, alors qu'il avait précédemment reconnu au législateur "la plénitude de ses pouvoirs" concernant l'amnistie, le Conseil constitutionnel "a circonscrit le périmètre d'action du législateur" en lui rappelant qu'il ne peut pas aller au-delà des textes de droit international, notamment concernant la torture, les actes inhumains et dégradants.
Pour les victimes des événements politiques couverts par la loi d'amnistie, cette décision ouvre la voie à des recours civils. "Les décisions du Conseil constitutionnel s'imposent aux autorités administratives et juridictionnelles", rappelle l'universitaire. Si l'amnistie éteint l'action publique, elle ne remet pas en cause le droit à réparation des victimes. Une personne dont le commerce aurait été vandalisé pourra ainsi demander réparation devant un juge civil.
Le professeur Sy écarte toute possibilité d'annuler complètement la loi d'amnistie de 2024, celle-ci étant déjà promulguée. Une abrogation n'aurait d'effet que pour l'avenir et ne résoudrait pas les problèmes actuels.
Cette décision constitue, selon l'expert, un signal fort envoyé par le Conseil constitutionnel au monde politique : "Vous avez politiquement raison parce que vous détenez la majorité à l'hémicycle, mais juridiquement tort parce que vous avez violé la Constitution." Le professeur estime que "le peuple a maintenant quelqu'un qui veille pour ses droits, à savoir le juge constitutionnel", évoquant la notion de "démocratie continue" où "lorsque le peuple perd la démocratie à l'Assemblée nationale, il peut l'atteindre devant le Conseil constitutionnel".
Quant au débat sur la transformation du Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle, le spécialiste le considère comme purement "terminologique", l'essentiel étant de "renforcer les prérogatives de la juridiction constitutionnelle", quelle que soit son appellation.
LE DIALOGUE EN PÉRIL
Les concertations pourraient se dérouler avec une participation réduite de l'opposition. Le Front pour la défense de la démocratie et de la République reste divisé sur la question, alors que ses alliés de l'APR dénoncent un "acharnement judiciaire"
Le dialogue politique risque de se faire sans une bonne partie de l'opposition. Déjà, au sein du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr), plusieurs partis membres voient d'un mauvais œil toute participation à ces réflexions pendant que leurs alliés de l'Alliance pour la République (Apr) connaissent une traversée du désert avec des emprisonnements et des convocations devant la Justice qu'ils qualifient d'acharnement.
Le vent du boycott souffle sur le dialogue politique. Alors que le chef de l'Etat vient de désigner Cheikh Guèye comme facilitateur général des concertations politiques qui s'ouvrent ce 28 mai, l'opposition reste encore silencieuse. Au sein du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) où on réclamait des gages de sincérité du Président Diomaye Faye, la participation au dialogue n'est pas encore arrêtée.
En effet, L'As a appris que la question a été débattue lors de la réunion du Fdr tenue mercredi dernier, au siège du parti socialiste. Mais des membres du front se sont farouchement opposés à toute participation au dialogue politique. Il n'est pas question pour eux d'aller s'asseoir à la table du pouvoir en place pendant que leurs alliés de l'Alliance pour la République font face à «une persécution» de la part du régime en place, nous souffle une source qui est au fait.
N'ayant pas pu délibérer faute de position consensuelle, le Fdr est donc toujours sans décision. Ainsi, le front va se réunir lundi ou plus tard avant mercredi prochain pour prendre une résolution sur sa position sur l'invitation au dialogue qui devra porter sur le système politique au Sénégal.
En tout état de cause, il faut rappeler que lors de sa dernière sortie, le Fdr avait posé des conditions de sa participation même s'il avait dit être favorable au dialogue. Il avait, à cet effet, demandé au Président Diomaye des gages de sincérité avant toute participation au dialogue politique qui s'étend du 28 mai au 4 juin. L'organisation politique n'avait pas manqué de dénoncer des «coups de force» de la part du régime en place, notamment une conduite unilatérale du processus électoral des législatives du 17 novembre 2024.