SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
30 août 2025
LA CREATIVITE ARTISTIQUE FEMININE
Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a accueilli hier un panel riche en échanges autour du thème "Entre l'écrit et le visuel, la touche féminine du dialogue créatif".
Le Musée des Civilisations Noires (MCN) a accueilli hier un panel riche en échanges autour du thème "Entre l'écrit et le visuel, la touche féminine du dialogue créatif". Cet événement, organisé dans le cadre de l'exposition Soobu et des ateliers de l'artiste comédienne Awa Sène Sarr, a réuni des figures de la création artistique sénégalaise. Animé par le Professeur Ibrahima Wane, président du Conseil d'Administration du MCN, les débats des panélistes ont mis en lumière les interactions entre les différentes formes d'art et la place centrale des femmes dans ce dialogue. En réalité tous les arts convergent. Selon, L'écrivaine Ken Bugul : "Toutes les formes d'expression artistique se rejoignent. Un film part souvent d'un texte, un livre évoque des images, des sons, des couleurs, et la peinture capture des récits entiers dans une seule toile". Elle a illustré son propos en citant l'exemple de la rue Félix Faure, décrite dans un livre avec ses lumières, ses sons et son ambiance, montrant ainsi comment l'écrit et le visuel s'entremêlent.
Le cinéaste Moussa Sène Absa a abondé dans ce sens, partageant son expérience de création : "Je pars toujours de textes pour mes films. L'écriture est une pulsion, une grâce qui nous traverse, qu'elle s'exprime par le cinéma, la peinture ou la danse." Il a évoqué l'importance de la discipline et de la curiosité pour nourrir cette créativité, rappelant que l'art est avant tout une nécessité intérieure.
LA PEINTURE SOUS VERRE, UNE MÉMOIRE COLLECTIVE
S’agissant, la peinture sous verre. L'artiste peintre Anta Germaine Gaye a captivé l'audience en retraçant son parcours avec la peinture sous verre, une technique traditionnelle sénégalaise. "Ces peintures racontent notre histoire, nos modes de vie, nos légendes. Elles sont une mémoire visuelle de notre société." Elle a expliqué comment cette pratique, née de l'adaptation des chromolithographies religieuses, a évolué pour inclure des thèmes profanes et satiriques, reflétant ainsi les transformations sociales
Ken Bugul a salué cette démarche, soulignant comment Awa Sène Sarr a transposé ses romans, comme Le Baobab Fou, en tableaux : "Un livre de 200 pages peut tenir dans une toile. C'est la magie de l'art : condenser l'essence d'une œuvre en un seul regard."
LA PLACE DES FEMMES ET DES JEUNES ARTISTES
Les intervenantes ont mis l’accent sur le rôle des femmes dans la création artistique. Ken Bugul a rappelé que "le vrai pouvoir des femmes réside dans leur capacité à éduquer, à rassembler et à négocier la paix." Elle a également partagé des anecdotes personnelles, montrant comment les femmes de son entourage ont inspiré ses récits
Une question du public a mis en lumière les défis des jeunes artistes, notamment une lycéenne dont la famille s'oppose à sa vocation artistique. Les panelistes ont unanimement conseillé la patience et l'acquisition de connaissances. "Votre talent ne disparaîtra pas. Étudiez d'abord, nourrissez votre curiosité, et le moment venu, votre art trouvera sa place", a conseillé Anta Germaine Gaye. La soirée s'est achevée par des performances artistiques, dont un poème de Marouba Fall et une chorale dirigée par Badara Seck, rappelant que l'art sous toutes ses formes est un langage universel.
En marge du panel, l'exposition Première Ligne, visible jusqu'au 27 avril au MCN, propose une réflexion sur les événements politiques de mars 2024, à travers des photographies des manifestations et des installations symboliques comme les boucliers de Ziguinchor. Ce panel a confirmé que l'art, qu'il soit écrit, visuel ou sonore, reste un vecteur essentiel de dialogue et de mémoire, porté par des voix féminines plus inspirantes que jamais. Entrée gratuite pour le panel : Exposition Première Ligne accessible avec un billet d'entrée.
LE PONT DU BALANTACOUNDA ET LA BOUCLE DU BOUDIE ARDEMMENT ATTENDUS
Ce qui a longtemps été considéré comme une priorité absolue pour le développement durable de la région de Sédhiou le demeure hélas toujours. Il s’agit en effet du désenclavement de cette partie de la moyenne Casamance.
Ce qui a longtemps été considéré comme une priorité absolue pour le développement durable de la région de Sédhiou le demeure hélas toujours. Il s’agit en effet du désenclavement de cette partie de la moyenne Casamance. Elle est traversée par plusieurs cours d’eau navigable en toutes saisons. Etant une barrière naturelle, ces voies d’eau limitent fortement la mobilité des personnes et des biens. Des ouvrages de franchissement comme le pont sur Témento sont annoncés, mais sans jamais d’indice sur le terrain. Pendant ce temps, l’arrêt des travaux de construction de la boucle du Boudié intriguent les habitants de la zone. Le Plan Diomaye pour la Casamance est attendu sur l’ensemble de ces défis.
La région de Sédhiou est réputée pour son enclavement, avec des facteurs naturels aggravants comme les cours d’eau qui rendent difficile la mobilité des personnes et des biens. Le fleuve Casamance, qui sépare le Pakao du Balantacounda et du Brassou, a fini d’isoler la partie sud de la région, notamment tout le département de Goudomp, dont les populations sont astreintes de se rendre fréquemment à Kolda ou à Ziguinchor pour leurs approvisionnements. Et quand arrive un besoin de disposer d’un acte administratif, l’impératif s’impose de faire le déplacement sur Sédhiou, la capitale régionale.
Un pont a été annoncé, avec tambours et trompettes, sur l’axe Sédhiou/Sandiniéry, suivi d’une étude de faisabilité. Le chantier est abandonné au profit de Témento, en raison, dit-on, de l’étroitesse du fleuve à ce niveau et dont le nom a été donné au professeur Balla Moussa Daffé, par l’ancien président de la République Macky Sall, lors de la réunion du Conseil des ministres décentralisé à Sédhiou. Jusque-là, aucun indice de démarrage du chantier. Et pendant ce temps, les populations de Bambaly et de Diattacounda haussent le ton pour que l’ouvrage soit érigé entre leurs deux localités, au motif que c’est l’axe le plus fréquenté. Sur la terre ferme, le chantier de la boucle du Boudié est aussi à l’arrêt, au motif que les études d’impact environnemental n’avaient pas été faites. Certes, des pistes de production sont en cours de construction dans certaines zones ; mais les ouvrages ci-haut cités forment une épine dorsale dans la promotion du développement local durable de la région de Sédhiou.
Et les regards sont à nouveau tournés vers le Plan Diomaye pour la Casamance afin d’abréger le calvaire que vivent au quotidien les populations de la région de Sédhiou, assorti d’un manque à gagner énorme sur le potentiel local sous exploité, du fait de son enclavement devenu socialement inacceptable et économiquement préjudiciable.
WALYDAAN FREINE LE JARAAF ET RELANCE LA COURSE
Le duel au sommet entre Walydaan de Thies et le leader, Jaraaf de Dakar, comptant pour la 21eme journée de Ligue 1, a tourné hier, dimanche 27 avril en faveur des promus. Les Thiéssois se sont imposé à domicile sur la marque de 1 à 0.
Le duel au sommet entre Walydaan de Thies et le leader, Jaraaf de Dakar, comptant pour la 21eme journée de Ligue 1, a tourné hier, dimanche 27 avril en faveur des promus. Les Thiéssois se sont imposé à domicile sur la marque de 1 à 0. Malgré cette défaite les « Vert et Blanc » gardent encore les commandes (1er 39 points). Les promus Thiés en ont profiter pour talonner le leader à deux points (37 points) et surtout relancer de plus belle le suspense dans la course vers le titre.
Waalydan de Thiés a relancé la course au titre après sa victoire devant le Jaraaf hier, dimanche 27 avril pour le compte de la 21e journée de Ligue 1. Les Thiéssois se sont imposé au stade Lat Dior de Thiés sur la marqué de 1 à 0. Mohamed Diop a offert aux promus les trois précieux points de la victoire.. Avec ce succés, les Thiessois maintiennent leur bonne dynamique. Ils conservent la troisiéme place (37 points) à égalité de points avec l’Us Gorée (37 points) et reviennent ainsi à deux points du leader.
Au ralenti, le club insulaire a pu se maintenir à la deuxième place en s’imposant ce samedi face aux HLM de Dakar(15e ; 19 points). Derrière le trio de tête, l’Us Ouakam ne bouge pas et garde la 4e place (32 points). Même si, ils ont lâché des points après cette défaite subie (0-1) lors de la réception ce samedi de Dakar Sacré cœur (8e : 27 points). De son côté, la Linguère de Saint-Louis (7e ; 29 points) a confirmé sa bonne forme affichée depuis deux journées en enchainant par une importante victoire (1-2) ce samedi à Amadou Barry face à Guédiawaye FC (9e ; 26 points). Premier non relégable, Oslo FA (14e, 20 points) a concédé le match nul (0-0) contre Teungeuth FC (11e ; 24 points).
De son côté, Génération Foot (5e 32 points) a réussi au même moment un bon coup, ce samedi 26 avril 2025, en allant battre à Ely Manel Fall, la Sonacos de Diourbel (12e ; 23 points). La 21e journée de la Ligue 1 sera clôturée ce lundi 28 avril avec la rencontre entre AJEL de Rufisque (6e ; 32 points) au Casa Sports et celle qui mettra aux prises au stade Massnèn Séne le Jamono de Fatick, lanternerouge(16e;19points))àl’AsPikine (10e : 25 points).
ISO SARR OFFRE UNE FINALE A CRYSTAL PALACE, NICO JACKSON RELANCE CHELSEA
La ligne d’attaque des Lions a brillé ce week-end avec les bonnes prestations en Premier league de Nicolas Jacskon et Ismaila Sarr.
La ligne d’attaque des Lions a brillé ce week-end avec les bonnes prestations en Premier league de Nicolas Jacskon et Ismaila Sarr. Grâce à un doublé réussi devant Aston Villa (3-0), Ismaïla Sarr a hissé Crystal Palace à une troisième finale de FA Cup de l'histoire du club londonien. Aphone depuis quelques journée, Nicolas Jackson a retrouvé le chemin des filets avec un précieux but contre Everton (0-1). Une réalisation qui relance Chelsea dans la course vers une place en Ligue des champions.
L’attaque des Lions est en feux en cette fin de saison en Premier League anglaise. Ismaïla Sarr en a fait la démonstration ce samedi en portant Crystal Palace vers un précieux succés contre Aston Villa. Passeur décisif sur le premier but, Ismaïla Sarr s'est ensuite mué en buteur avec un tir limpide du pied droit et qui se loge dans le petit filet de la cage (58e). L’ailier des Lions s'est ensuite offert un doublé à l'issue d'une accélération fulgurante au coeur de la défense des visiteurs pour ensuite assommer les Villans dans les arrêts de jeu (90e + 4). Au bout, Izo Sarr hisse Crystal Palace à une troisième finale FA Cup. Nicolas Jacskon, son partenaire en sélection a également brillé en club. Aphone depuis 13 matchs, l’attaquant des Lions a porté Chelsea en lui permettant de décrocher ce samedi un précieux succès (1-0) face à Everton de ses compatriotes Idrissa Gana Guèye et Ilimane Ndiaye. L’ancien joueur du Casa Sports a rugi à la 27e minute pour délivrer les Blues suite à une frappe en pivot. Il portait ainsi son compteur à 10 buts. Il permettait en même temps à son équipe de relancer la course vers une place à la prochaine Ligue des champions. Sans être décisive, El Hadji Malick Diouf a partagé ce samedi sa joie avec ses coéquipiers de Prague. La défenseur latéral des Lions a assisté sur le banc, à la large victoire de son club face au Sigma Olomouc (0-5). Ce succès a permis à la Slavia Prague de s’emparer de son 8e titre de champion de Tchéquie
Un titre auquel, l’international sénégalais a amplement contribué avec ses 7 buts et ses 3 passes décisives en 24 matchs de Championnat.
Ses autres compatriotes évoluant en Ligue 2 n’ont pas été en reste. Soumano Sambou en particulier qui a été ce weekend l’un des grands artisans du retour de Lorient en Ligue 1. L’attaquant s’est offert le doublé ce samedi, lors de la victoire contre Caen (4-0). Une victoire qui permet aux Lorientais de s’assurer la première place à deux journées de la fin. C’est tout à l’opposée de Pape Amadou Diallo du FC Metz, buteur malheureux lors de la défaite concédée face à Pau (2-1). Un revers qui complique un peu plus la montée directe en Ligue 1 à deux journées de l’épilogue.
KRIOL STAR COIFFE L’AS VILLE DE DAKAR ET RELANCE LES DEBATS
Souveraine sur le parquet et victorieuse la veille de son premier duel face l’Us Monastir(70-67), l’As Ville de Dakar a subi hier, dimanche 27 avril à Dakar Arena sa première défaite dans la Conférence Sahara de la Basketball Africa League (BAL 2025).
Souveraine sur le parquet et victorieuse la veille de son premier duel face l’Us Monastir(70-67), l’As Ville de Dakar a subi hier, dimanche 27 avril à Dakar Arena sa première défaite dans la Conférence Sahara de la Basketball Africa League (BAL 2025). Les champions du Sénégal se sont inclinés sur le fil face aux Kriol stars de Cap Vert (65-66). Ils effectueront mardi prochain leur dernière sortie dans cette première phase aller. Ce sera dans le choc qui l’opposera aux tenants angolais du Pétro Luanda surpris un peu plutôt dans la journée par les Tunisiens de l’Us Monastir.
L ’ASC Ville de Dakar n’enchaîne pas. Après sa nette victoire obtenue samedi face à Monastir (70-67), les champions du Sénégal ont perdu hier, dimanche avril à Dakar Arena leur deuxième sortie face aux Kriol Star du Cap Vert (66 à 63) pour le compte de la 2e journée de la Conférence Sahara du Basketball Africa League (BAL) qui se joue au Dakar Arena de Diamniadio.
Un score qui refléte une partie très disputée. Surclassés la veille par le champion en titre de Pétro Luanda (103 à 74), les équipiers de Joel d’Almeida ont resserré le boulons pour étouffer d’entrée l’adversaire dakarois et en prenant très vite la direction des opérations (11-10). Avec une succession de paniers et un dernier tir primé, le meneur Will Perry indique la voie à l’As Ville et lui permet de prendre l’avantage (13- 18. 5e) et de s’emparer du premier quart temps (15- 20). Moins tranchants sous la raquette, les partenaires de Bara Ndiaye (5 points) marquent le pas. Les Cap-Verdiens recollent (24-24). Ils parviennent à reléguer les Dakarois à 5 points (32-30) avant de remporter le deuxième acte avec une petite marge (33- 32).
Au retour des vestiaires, la rencontre s’équilibre. Les joueurs de Kriol Star se feront fort de stabiliser l’écart à trois points (41-39. 5e) et à quatre points à la fin du troisième quart-temps (53-46).
Courant derrière un handicap de 6 à 7 points, l’As Ville de Dakar va se rebiffer. Assez transparent, Bara Ndiaye un de ses top scoreurs, ramène son équipe à un point (58-57). Aboulaye Harouna retrouvera également l’efficacité et permet à son équipe de recoller au score (59-59 ; 5e) et ( 61-61, 9e). Le suspens reste entier. Mais les partenaires de l’excellent Richard Pack (18 points) vont finalement avoirle dernier mot et à s’imposer surle fil (65- 63). Dans l’autre rencontre de la 2e journée, l’Union sportive Monastiérienne du Sénégalais Babacar Sané (25 points), qui a perdu samedi contre l’ASCVD est venue à bout du Petro de Luanda, tenant du titre (87-73).
Avec une victoire et une défaite enregistrées par chacune des quatre équipes, le tournoi est relancé de plus belle. Avant d’attaquerla phase retour du tournoi, l’As Ville joue son dernier match mardi prochain contre les Angolais de Petro Luanda. Alors que l’US Monastir croisera le Kriol Star du Cap Vert.
VIDEO
DIOMAYE PRÉSIDENT MONTE AU CRÉNEAU
Selon la coalition présidentielle, la reddition des comptes conduira de nombreux opposants à "fuir le pays", révélant ainsi l'ampleur présumée de l'enrichissement illicite sous le régime précédent
La décision du Conseil Constitutionnel déclarant non conforme à la Constitution, la loi interprétative de l’amnistie est d’avoir livré son dernier mot. Au contraire, pourrait perturber la journée du dialogue national convoqué par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, pour le 18 mai prochain. En conférence de presse hier, dimanche, les membres de la « Coalition Diomaye President » sont montés au créneau pour fustiger une opposition déjà qualifiée de « résidus » par le Premier ministre, Ousmane Sonko. Incarnant l’aile dur du Pastef, Waly Diouf Bodian a une nouvelle fois demandé la dissolution de l’Ofnac, qu’il accuse d’être, est devenu « le siège de l’enrichissement illicite ».
La confrontation entre pouvoir et opposition a définitivement viré à l’attaque frontale. Fini le duel à fleurets mouchetés : place au « gatsa gatsa », pour reprendre l’expression d’Ousmane Sonko quand il était opposant . Depuis la décision du Conseil constitutionnel invalidant la loi interprétative de l’amnistie portée par Amadou Ba, député de Pastef, la tension est montée d’un cran. L’opposition, jubilante, parle de camouflet pour le pouvoir. Celui-ci, en revanche, y voit une opportunité pour engager la traque des responsables présumés des violences entre mars 2021 et juin 2023.
Hier, dimanche, Aïda Mbodji a ouvert les hostilités. Aux côtés de Me Abdoulaye Tine, du ministre Moustapha Guirassy et de Mame Diarra Fam, elle a brandi le considérant 31 de la décision du Conseil pour saluer une victoire de la coalition « Diomaye Président ». Elle a lancé : « Parlons de cette opposition. Que reste-t-il de cette opposition, désarticulée en quête de survie, sinon la médisance, la calomnie, la désinformation et la manipulation, la mauvaise foi » ? » Avant d’ajouter : « Nous opposons la vérité aux manœuvres, le projet aux bavardages. Pendant que certains parlent, le Sénégal agit. Nous avons choisi la justice contre l’impunité, la vérité contre la rumeur » a soutenu la directrice de la DER/FJ (Déléguée générale à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes).
Pour sa part, Me Abdoulaye Tine a salué une « démarche victorieuse » visant à « éclairer la lanterne des Sénégalais » sur les victimes des évènements passés. L’avocat a averti : « En cas de poursuites pour meurtres ou traitements inhumains, personne ne devra crier à la politique. »
« L’Ofnac est le siège de l’enregistrement illicite »
Très offensif, Waly Diouf Bodian, Directeur général du Port autonome de Dakar, s’est attaqué à l’OFNAC, dont il réclame la dissolution pure et simple. Selon lui, l’organe est devenu « le siège de l’enrichissement illicite ».
Puis, il a proposé deux alternatives : soit retirer à l’OFNAC la compétence en matière d’enrichissement illicite pour la confier au Parquet financier, soit dissoudre purement et simplement l’organe. « Si la compétence est transférée et les poursuites lancées, le paysage politique du Sénégal changera radicalement. Beaucoup fuiront, car ils se sont enrichis illicitement », a-t-il insisté.
« On ne développe pas un pays sans justice », a-t-il conclu. Pour le DG du port de Dakar, l’opposition actuelle est peuplée de personnes ayant commis des crimes graves. « Un pays ne peut pas fonctionner avec autant de criminels en liberté. La reddition des comptes est inévitable », a-t-il averti.
Par Henriette Niang KANDE
UN PAYS DE DÉBATS, PAS DE SILENCE
Depuis un an, des actes qui pourraient sembler être de simples mesures administratives dessinent, pris ensemble, une stratégie visant à marginaliser et affaiblir une presse libre, pilier essentiel de la démocratie sénégalaise
Le 22 avril 2025, un arrêté ministériel a ordonné la cessation immédiate des activités de diffusion, de publication et de partage de contenus par les médias jugés non conformes au Code de la presse. Cette mesure concerne aussi bien les médias en ligne, écrits qu’audiovisuels, et prévoit des sanctions sévères pour les contrevenants.
Depuis à peu près un an, des actes ont été posés, qui, pris isolément, pourraient passer pour des mesures administratives classiques. Pris ensemble, ils dessinent une stratégie de marginalisation et d’affaiblissement d’une presse libre, pilier pourtant essentiel de la démocratie sénégalaise. Dans ce contexte, la vigilance s’impose plus que jamais pour empêcher que ne s’installe, insidieusement, une ère de musellement progressif sous couvert de normalisation.
Cette dernière décision du ministre de la Communication Alioune Sall ravive les inquiétudes quant à l’avenir du paysage médiatique sénégalais. Avant elle, les diffuseurs et éditeurs professionnels de la presse classique et en ligne, ont dénoncé ces mesures, les qualifiant de dérives et de tentatives de « criminalisation de l’activité de presse ».
« Le Sénégal n’a jamais été un pays de silence. Il ne le sera jamais. » Derrière cette affirmation, se dessine toute l’histoire d’une nation profondément attachée à la parole libre, à l’expression plurielle, et à la confrontation démocratique des idées. Car oui, dans cette contrée fière et frondeuse, le silence est une denrée plus rare que la pluie en saison sèche. La liberté d’expression n’est pas un luxe : c’est un sport national, parfois pratiqué sans échauffement. Terre de débats publics effervescents, le Sénégal a bâti sa réputation de bastion de la liberté de presse en Afrique au prix de luttes longues, souvent âpres, mais décisives. Conquérir l’indépendance éditoriale n’était pas un privilège octroyé : c’était une lutte de chaque instant. Arrestations, censures, intimidations n’étaient pas rares. Pourtant, les journalistes sénégalais ont persévéré, creusant, dénonçant, informant, même lorsque l’étau se resserrait.
Depuis l’indépendance, le Sénégal a bâti son image de bastion de la libre parole à la sueur de débats houleux, de tribunes effervescentes, et accessoirement, de quelques séjours imprévus en prison pour journalistes un peu trop inspirés. Dès les années 1960, sous Léopold Sédar Senghor – poète certes, mais pas franchement anarchiste –, la création du quotidien gouvernemental sonnait comme un clin d’œil ironique : un journal d’État, certes, mais où il pouvait arriver que la lumière des débats filtre quand même à travers les rideaux épais du pouvoir. La surveillance, omniprésente mais d’une discrétion de chat botté, visait surtout à serrer sans étrangler. Les services de renseignement, aussi subtils qu’un éléphant en ballerines, guettaient d’un œil suspicieux les plumes trop joueuses. De temps en temps, une mesure drastique prise pour refroidir les ardeurs. Pourtant, divine ironie, c’est sous cette chape de plomb ajourée qu’a poussé un drôle de jardin de journalistes : des as du sous-entendu, des champions de la métaphore contournée, capables de faire passer l’essentiel en glissant entre les mailles du filet. Braver l’interdit de face ? Très peu pour eux. Mieux valait danser autour.
Ce savant numéro d’équilibriste, entre autorisation murmurée et interdiction à peine chuchotée, a taillé sur mesure la future presse sénégalaise pour les grandes batailles d’indépendance éditoriale. À force de parler sous haute surveillance — un œil sur la copie, l’autre sur la sortie de secours — les journalistes ont affûté leur art de la résistance : d’abord en douce, à petits pas de fourmi, puis en tapant du pied, à mesure que le vent de la démocratie se transformait en tempête décoiffante.
Puis, vint la grande époque du « ça passe ou ça casse ». Les années 1980, sous Abdou Diouf, ont vu éclore radios privées, journaux irrévérencieux et magazines d’investigation qui grattaient là où ça démangeait. Résultat ? Arrestations en série, convocations matinales à la police, menaces à peine voilées… Mais les journalistes sénégalais, eux, avaient la peau dure et le stylo acerbe. Mieux encore : chaque tentative de muselière produisait l’effet inverse, un effet Streisand, version sénégalaise. L’effet Streisand étant le phénomène où le fait de vouloir cacher, supprimer ou censurer une information provoque exactement l’effet inverse. Cela attire encore plus d’attention sur cette information.
Avec Abdoulaye Wade au pouvoir dès 2000, puis Macky Sall en 2012, on croyait à l’avènement d’une ère de velours. Oh que non ! Si quelques avancées notables virent le jour – un Code de la presse, des lois sur l’accès à l’information –, le tango entre pouvoir et médias est resté endiablé : un pas en avant, deux croche-pattes, et de grands cris d’indignation en prime time.
La loi 2017-27, portant Code de la presse, laborieusement adoptée après d’interminables palabres où syndicats de journalistes, autorités publiques et organisations de droits humains se regardaient en chiens de faïence, illustre à merveille cette dynamique : tout se discute, tout se négocie, parfois même à coups de communiqués rageurs, de grèves symboliques, et de menaces à peine polies sur les plateaux télé.
Mais soyons justes. Si la presse sénégalaise tient encore debout aujourd’hui, ce n’est pas grâce à la mansuétude des gouvernants successifs – souvent tentés d’éteindre le feu avec de l’essence –, mais bien grâce à l’indomptable énergie d’une armée de journalistes, chroniqueurs, caricaturistes et activistes de l’ombre qui ont fait de l’audace une vertu cardinale.
Parmi les figures de proue, difficile de ne pas saluer avec un sourire complice les contributions de Babacar Touré, un des pionniers des médias privés, Sidy Lamine Niasse, grand provocateur devant l’Éternel, et Abdou Latif Coulibaly, fouilleur de dessous de tapis officiels. Et combien d’anonymes, plume en main, dictaphone usé, ont bravé menaces et pauvreté éditoriale pour que, quoi qu’il arrive, « ça se sache » !
L’histoire n’est pas terminée. Car de nouvelles bêtes noires rôdent dans les couloirs de la liberté de presse et la liberté de la presse. La scène médiatique ressemble à une immense kermesse où se mêlent vieux briscards, jeunes loups... et une foule de francs-tireurs pour qui le mot “déontologie” évoque vaguement un médicament contre la toux. Le journalisme, celui noble et rigoureux, a vu débarquer une armée de scribouillards, autoproclamés “voix du peuple”, “éveilleurs de conscience” ou, plus sobrement, “experts en tout et en rien”.
Dans ce bazar, certains croient dur comme fer que la liberté de la presse équivaut à une licence officielle pour insulter son prochain entre deux fautes d’orthographe. On publie sans vérifier, on balance sans nuance, on commente sans savoir. La déontologie, jadis fièrement brandie comme une bannière, est soigneusement roulée en boule et jetée dans un coin sombre, entre l’objectivité perdue et l’esprit critique disparu. Désormais, il suffit d’avoir un compte Facebook ou sur un autre réseau social, une opinion tranchée et un clavier en état de marche pour se proclamer “journaliste d’investigation”. Résultat : des articles qui tiennent plus du billet d’humeur que de l’enquête sérieuse, et des reportages où le “on-dit” sert de preuve irréfutable. La règle du jeu est simple : plus c’est gros, plus ça passe.
Dans ce chaos informationnel, la liberté de la presse est menacée autant par les censeurs que par ceux qui, sous couvert d’opinion libre, insultent, diffament et désinforment. Le temps est venu d’instaurer des mesures claires et fermes pour encadrer ce “nouveau type de journaliste” qui confond clavier et kalachnikov verbale. Sans bâillonner la presse authentique, il s’agit d’assainir le paysage, de restaurer la déontologie et de rappeler que la liberté n’est pas l’anarchie. Cela aussi relève de la responsabilité des professionnels eux-mêmes.
Mais, ne nous y trompons pas. Avec l’arrivée du nouveau pouvoir en 2024, on scrute avec la vigilance d’un chat en embuscade, les tentations de censure soft sous couvert de régulation, des pressions économiques sur des rédactions exsangues, mais toujours professionnelles. Car si la profession est aujourd’hui bousculée, éclaboussée parfois par les dérives des “journalistes d’occasion”, elle n’en reste pas moins peuplée de femmes et d’hommes qui n’ont pas oublié ce que coûte la liberté. Ce sont eux, héritiers d’une tradition de combats opiniâtres pour le droit d’informer, qui se dresseront avec la ténacité d’un roc contre toute velléité de musellement.
Face aux nouveaux périls, ces journalistes chevronnés ne se feront pas d’illusions. Ils ont appris que les censures modernes se dissimulent derrière de nobles prétextes : la lutte contre les “fake news”, la nécessaire “moralisation” de l’espace public, la défense de “l’intérêt général”. Mais derrière les mots lisses, ils savent lire les intentions rugueuses. Et, forts de leur histoire, ils opposeront à ces habillages de la censure, une résistance ferme, argumentée, fondée sur le droit, la légitimité et la force de l’expérience. Il s’agit de préserver un droit fondamental du peuple sénégalais : celui d’être informé librement, honnêtement, sans filtres ni chaînes invisibles. Les professionnels de la presse savent que leur combat dépasse leur sort personnel. Il engage l’avenir même de la démocratie sénégalaise. Une démocratie sans presse libre n’est qu’un simulacre, une vitrine vide destinée à tromper les naïfs.
Chaque tentative d’étouffement, chaque manœuvre sournoise, chaque pression déguisée sera observée, dénoncée et combattue. Avec calme, avec rigueur, avec obstination, mais haut et fort, par une profession aguerrie, qui connaît la valeur de ses conquêtes et refuse d’en être dépossédée
Car l’expérience enseigne que si au Sénégal on parle fort, il faut aussi savoir hurler pour défendre les acquis : le droit de dire, de contredire, de caricaturer, les puissants du jour.
Préserver cet héritage, c’est accepter les clashs télévisés, les éditos qui font bondir au Palais, les caricatures, et les scoops qui dérangent les siestes ministérielles. C’est le prix d’une démocratie qui respire – bruyamment certes –, mais qui respire encore.
C’est cette dynamique, patiemment construite au fil des décennies, qui explique pourquoi aujourd’hui encore, malgré les crises politiques, les changements de régime ou les tentations autoritaires, la presse sénégalaise demeure une force impossible à bâillonner. La parole n’est pas seulement libre. Elle est aussi tonitruante, espièglement audacieuse Et c’est justement pour cela que, malgré tout, le silence n’y fera jamais loi. Parce que c’est dans le bruit des batailles démocratiques et le fracas de débats que la presse libre et professionnelle a été forgée.
Par Vieux SAVANE
LA REDDITION DES COMPTES, UNE EXIGENCE DE TRANSPARENCE ET DE RESPONSABILITÉ
La reddition des comptes n’est pas la revanche des uns sur les autres. La justice ne doit être ni spectacle, ni instrument politique. Elle doit demeurer ce qu’elle est fondamentalement : l’expression sereine du droit
Ce qu’il y a de rassurant avec la reddition des comptes, lorsqu’elle a lieu dans le cadre d’un Etat de droit, c’est d’emblée de faire comprendre qu’elle repose sur une exigence cardinale. A savoir que toute accusation doit être soutenue par des preuves irréfutables, tout comme l’innocence bénéficie d’une présomption intangible.
Ce rappel élémentaire semble pourtant mis à mal par l’agitation médiatique et politique qui entoure les auditions ouvertes après la publication du rapport de la Cour des Comptes. Dans une démocratie respectueuse de ses principes, faut-il le rappeler, être convoqué à la Dic, être placé sous mandat de dépôt ne saurait, en soi, être assimilé à une déclaration de culpabilité puisqu’il s’agit d’une procédure, non d’une condamnation.
Pourtant, de toutes parts, s’élèvent des accusations de « justice des vainqueurs », ou de « règlement de comptes politique ». Cette précipitation à juger, ce réflexe de suspicion systématique fragilisent non seulement les institutions, mais entament la confiance collective dans le processus judiciaire.
Invité par Baye Oumar Guèye, Directeur général de Sud Fm, dans le cadre de l’émission dominicale « Objection », Jean-Louis Corréa, Professeur agrégé de Droit et Vice-recteur de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane, rapporteur du Comité scientifique des Assises nationales de la Justice, a ainsi rappelé avec beaucoup de pédagogie, qu’il n’y avait pas lieu de s’émouvoir outre mesure du défilé des sommes astronomiques servies pour cautionnement.
La raison en est que cela ne préjuge en rien d’une quelconque culpabilité. La caution fait-il savoir, est un outil juridique visant à garantir la disponibilité du mis en cause. Elle n’est ni une sanction, ni un aveu. Et de préciser que si les milliards consignés devaient interroger, il reviendrait alors tout simplement à l’Ofnac, en cas de doute, d’enquêter conformément aux procédures en cours, pour établir la licéité ou non d’une telle accumulation de capital parla personne concernée. En d’autres termes, au lieu de s’emmêler les pinceaux dans un ballet fait-diversier qui donne le tournis, la raison voudrait plus que jamais, que l’accent soit mis sur la consolidation des institutions. Et plus exactement sur la mise en place d’une justice arcboutée sur les principes de droit, d’équité, ne penchant ni d’un côté ni de l’autre, conformément à la balance qui la symbolise.
C’est dire que les magistrats portent ici une responsabilité immense. Leur probité, leur indépendance sont déterminantes pour faire advenir un Etat de droit digne de ce nom. On peut ainsi relever que la récente décision du Conseil constitutionnel sur la loi interprétative relative à l’amnistie rendue le 23 avril 2025, a montré que des choix juridiques clairs peuvent contribuer à restaurer la confiance dans les institutions. La reddition des comptes n’est donc pas la revanche des uns sur les autres ; elle est la manifestation d’une exigence collective de transparence et de responsabilité. Il ne saurait alors être interdit de s’enrichir, dès lors que cela procède d’un travail licite et respectueux des règles. C’est ainsi, et seulement ainsi que la société sénégalaise pourra se réconcilier avec une éthique du mérite et de l’effort. La justice ne doit être ni spectacle, ni instrument politique. Elle doit demeurer ce qu’elle est fondamentalement : l’expression sereine du droit.
MULTIPLE PHOTOS
REVUE DE PRESSE NATIONALE – LUNDI 28 AVRIL 2025
La presse sénégalaise du jour reflète un climat tendu sur les plans politique et judiciaire, tandis que sur le front sportif, des victoires redonnent le sourire aux Sénégalais. Entre attentes de reddition des comptes, révélations sulfureuses et exploits
(SenePlus) La presse sénégalaise de ce lundi est marquée par une actualité dense, dominée par des tensions politiques, des affaires judiciaires explosives et des succès sportifs éclatants. Passage en revue des principaux titres du jour.
OPPOSITION SOUS PRESSION ET BATAILLE AUTOUR DE LA REDDITION DES COMPTES
Sud Quotidien ouvre la journée sur une note politique lourde, titrant : « Opposition, OFNAC, reddition des comptes en ligne de mire ». Le journal rapporte que l'Office National de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) intensifie ses investigations, mettant les leaders de l’opposition sous pression pour justifier leur gestion des ressources publiques.
Dans le même sillage, Le Témoin Quotidien met en lumière une nouvelle sortie remarquée de Waly Diouf Bodiang, sous le titre : « Waly Diouf Bodiang crache encore du feu ». L'activiste, connu pour ses prises de parole incisives, dénonce ce qu'il considère comme une instrumentalisation des institutions pour museler les voix discordantes.
WalfQuotidien, quant à lui, s'intéresse au nouveau patron de la LAPF (L'Agence de la Presse Financière), titrant : « Mbaye Dione cogne d'entrée ». Le journal souligne que dès sa prise de fonction, Mbaye Dione a donné le ton d’une gouvernance plus rigoureuse. En parallèle, Walf titre également sur la réaction présidentielle : « Diomaye-Président savonne l'opposition », évoquant un discours offensif du chef de l'État contre ses adversaires politiques.
Populaire (Pop) revient sur un autre front : celui des tensions religieuses et politiques. Sous le titre « Réplique du Serigne Mountakha : que mijote Serigne Mbaké Ndiaye ? », le journal explore les dessous d’un différend religieux qui pourrait avoir des implications politiques.
AFFAIRES JUDICIAIRES : REVELATIONS ET ATTENTES
Le volet judiciaire n’est pas en reste. Libération publie une enquête exclusive sur une vaste affaire criminelle, sous le titre choc : « Dans le secret des affaires noires du "White Dream" ». Cette sombre affaire, impliquant blanchiment et trafic, secoue plusieurs sphères influentes de Dakar.
De son côté, L’Observateur (L’Obs) rapporte des développements dans un autre dossier brûlant : « La saisie explosive du procureur financier à la DIC ». Le journal informe que Amadou Sall est attendu devant le parquet financier pour répondre à des accusations de malversations importantes. L'Obs détaille aussi l'enquête de la Brigade des affaires criminelles sur des faits impliquant Ismaïla Madior Fall.
Yoor-Yoor adopte un ton encore plus accusateur. Sous le titre : « Waly Diouf Bodiang intraitable : "On ne nous parle pas de reddition des criminels en liberté" », le quotidien donne la parole à l’activiste qui pointe du doigt l’impunité dont jouiraient certains hauts responsables.
ÉVOLUTION DU PAYSAGE PARTISAN : CRISE AU SEIN DE PASTEF
Sur le plan partisan, Enquête attire l’attention sur les secousses internes du parti Pastef avec : « Le grand bluff de Pastef ». Le journal analyse une stratégie politique qui semble avoir atteint ses limites, à l'heure où les querelles internes minent la cohésion du mouvement.
ÉCLAIRCIES DANS LE SPORT : TRIOMPHES AU FOOTBALL ET AU BASKET
Du côté sportif, la presse célèbre des performances inspirantes :
Record se réjouit de la performance des Lions de la Teranga dans son titre : « L'attaque de la Tanière frappe fort ». Les attaquants sénégalais ont brillé, marquant plusieurs buts lors de leur dernière rencontre internationale.
En basketball, Le Soleil Sports titre : « L’ASCVD à deux paniers de la gloire », soulignant que le club sénégalais est à deux doigts de décrocher un titre majeur sur la scène africaine.
De son côté, Rewmi Sports+ souligne l’excellent départ de l’AS Douanes à la Basketball Africa League 2025 avec : « Entrée réussie pour l’AS Douanes ». Un début de tournoi prometteur pour le représentant sénégalais.
SOCIETE : L'ARTISANAT AU CŒUR DES POLITIQUES PUBLIQUES
Enfin, sur le plan économique et sociétal, Le Soleil s'intéresse à une initiative gouvernementale en faveur des artisans : « L’or artisanal bientôt à portée des artisans ». L'État annonce des mesures pour faciliter l'accès à l'or, un geste qui pourrait réolutionner le secteur de l'artisanat et booster l'économie locale.
OPTIMOVE, LA TROUVAILLE D’UN BINOME D’ELEVES INGENIEURS DE L’UGB
El Hadj Abdou Boye et Amadou Sow, respectivement élève ingénieur en informatique et élève ingénieur en électromécanique, ont uni leurs compétences pour concevoir un fauteuil roulant intelligent et connecté.
Dans les ateliers de l’Institut polytechnique de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Ugb), deux esprits visionnaires travaillent d’arrache-pied pour révolutionner la mobilité des personnes vivant avec handicap. El Hadj Abdou Boye et Amadou Sow, respectivement élève ingénieur en informatique et élève ingénieur en électromécanique, ont uni leurs compétences pour concevoir un fauteuil roulant intelligent et connecté.
Leur invention a remporté le prix du recteur de l’Université Gaston Berger lors de la semaine de l’innovation et de l’entrepreneuriat de l’Ucad. Loin d’être un simple projet académique, celle-ci baptisée Optimove est le fruit d’une ambition plus grande : bâtir un avenir où la technologie brise les barrières du handicap et permet une inclusion totale. Plus qu’une avancée technologique, Optimove est une révolution sociale portée par deux jeunes ingénieurs animés par une conviction profonde : rendre l’autonomie aux personnes vivant avec un handicap. Il s’agit d’El Hadj Abdou Boye et Amadou Sow, respectivement élève ingénieur en informatique et élève ingénieur en électromécanique.
Les grandes inventions naissent souvent d’une histoire personnelle, dit-on. Et Optimove n’échappe pas à la règle. Amadou Sow raconte avec émotion l’expérience qui a tout déclenché. « Optimove est né d’une expérience personnelle marquante », confie-t-il. Il se souvient de son camarade El Hadj Abdou Boye qui vivait avec son oncle gravement malade.
Celui-ci, totalement dépendant, ne pouvait rien faire par lui-même. « Cette dépendance le frustrait profondément, même lorsqu’il recevait de l’aide », poursuit-il. Pendant des mois, son camarade l’a assisté, l’aidant dans ses gestes les plus quotidiens, jusqu’à ce que la maladie l’emporte. Ce décès a été un déclic. L’idée de créer une solution qui redonne de l’autonomie aux personnes en situation de handicap s’est imposée comme une évidence. Amadou et El Hadj ont alors engagé une réflexion de fond : comment concevoir un fauteuil roulant capable de répondre aux défis du handicap dans un pays où les équipements ne sont pas toujours adaptés ?
De cette question, naîtra un projet concrétisé aujourd’hui.
Un fauteuil pas comme les autres
Contrairement aux fauteuils roulants classiques, Optimove repousse les limites de la mobilité assistée en intégrant des technologies de pointe adaptées aux besoins spécifiques de chaque utilisateur. L’un des aspects les plus révolutionnaires du fauteuil est sa capacité à être contrôlé à distance via un smartphone. Grâce à une application mobile intuitive, l’utilisateur peut appeler son fauteuil, qui se déplace automatiquement vers lui. Cette fonctionnalité est particulièrement utile pour les personnes dont la mobilité est fortement réduite et qui ne peuvent pas atteindre leur fauteuil quand celui-ci est hors de portée. Une fois installé dans son fauteuil, l’utilisateur dispose de plusieurs options de pilotage. Pour ceux qui conservent une certaine motricité des mains, un joystick est disponible, offrant une prise en main intuitive et fluide. Ce mode de contrôle leur permet de se déplacer facilement et en toute autonomie, sans dépendre donc d’une tierce personne, fait savoir M. Sow.
Le défi du premier prototype
Mais la véritable prouesse technologique d’Optimove réside dans son système de contrôle par la pensée. Destiné aux personnes atteintes d’un handicap moteur sévère, ce dispositif repose sur des capteurs cérébraux qui traduisent les signaux neuronaux en commandes pour le fauteuil.
Ainsi, un simple effort mental permet à l’utilisateur d’indiquer au fauteuil la direction souhaitée. « Ce concept, qui semblait autrefois relever de la science-fiction, devient une réalité grâce aux avancées dans les domaines de la neurotechnologie et de l’intelligence artificielle. Avec Optimove, toute personne vivant avec un handicap, quelle que soit la nature, peut se déplacer en toute autonomie », affirme Amadou Sow. Passer de l’idée au prototype n’a pas été une mince affaire. « Notre premier défi était de transformer notre idée en une solution concrète », explique Amadou. Pendant des mois, les deux ingénieurs ont consacré des nuits et des weekends à la recherche, à la conception et aux tests.
Le prototype, aujourd’hui fonctionnel, intègre déjà le contrôle via smartphone et joystick. La prochaine version, en cours de développement, inclura le contrôle par la pensée, une avancée majeure qui nécessite l’intervention de spécialistes en neurosciences et en intelligence artificielle.
« Nous travaillons sur un prototype avancé, intégrant tous les éléments nécessaires à garantir une autonomie optimale, un confort maximal et une sécurité renforcée pour l’utilisateur », ajoute Amadou. Loin d’être un simple gadget, Optimove est conçu pour répondre aux défis énergétiques et ergonomiques, renseignent ses inventeurs.
« Nous souhaitons garantir une alimentation continue. C’est pourquoi nous avons intégré un panneau solaire placé à l’arrière du fauteuil », explique Amadou Sow.
Cette innovation, dit-il, permet d’assurer une autonomie prolongée, essentielle dans un contexte où l’accès à l’électricité peut être limité.
Un impact social et économique majeur
L’intelligence artificielle embarquée joue également un rôle clé. Elle permet non seulement de contrôler la navigation et d’adapter la conduite aux besoins de l’utilisateur, mais aussi d’assurer un suivi médical en temps réel. « L’IA optimise le contrôle, la navigation et l’adaptation du fauteuil aux besoins de l’utilisateur. Elle assure un suivi médical en temps réel, détecte les anomalies et facilite la rééducation grâce à l’analyse des mouvements », explique Amadou. Optimove ne se contente pas d’apporter seulement une solution technique. Il s’inscrit dans une démarche sociale et inclusive
. « Nous avons choisi de travailler sur la mobilité des personnes en situation de handicap afin de favoriser leur inclusion sociale », souligne Amadou. Dans un pays où les infrastructures restent inadaptées aux personnes à mobilité réduite, a-t-il soutenu, la possibilité de se déplacer librement change radicalement le quotidien.
« Ce fauteuil intelligent permet à nos cibles non seulement d’être plus indépendants, mais aussi d’accéder plus facilement aux opportunités professionnelles et éducatives », fait savoir l’élève ingénieur. En plus, Optimove pourrait avoir un impact significatif sur l’économie locale. « Notre projet peut générer de nombreux emplois, notamment dans la fabrication et l’assemblage des fauteuils avec un modèle personnalisé ainsi que dans les domaines de l’informatique et de l’énergie », explique Amadou.
L’objectif des deux ingénieurs est clair : assurer, d’ici à cinq ans, une inclusion totale des personnes en situation de handicap au Sénégal, en leur facilitant l’accès à l’éducation, à l’emploi et à toutes les activités du quotidien. « Nous envisageons, ensuite, d’étendre notre projet à toute l’Afrique », conclut Amadou Sow.
L’ambition de ces deux jeunes ne s’arrête pas là. Ils imaginent déjà une amélioration de leur trouvaille pour plus d’autonomie et de sécurité ainsi que la création d’un réseau de maintenance local pour assurer sa durabilité.