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30 août 2025
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LE BOUCLIER PARLEMENTAIRE DE MOUSTAPHA DIOP VACILLE
Une commission ad hoc de 11 députés, dont 9 issus du groupe Pastef, un du groupe Takku Wallu et un non-inscrit, a été installée pour examiner la demande de levée d'immunité du député, formulé par les autorités judiciaires
L'Assemblée nationale vient d'installer une commission ad hoc chargée d'examiner la demande de levée d'immunité parlementaire concernant le député Moustapha Diop. Cette initiative fait suite à une requête officielle du garde des Sceaux, ministre de la Justice, qui a transmis au président de l'Assemblée un courrier émanant du procureur général près la cour d'appel de Dakar.
La commission, composée de 11 membres dont 9 issus du groupe Pastef, un du groupe Takku Wallu et un non-inscrit, aura pour mission de statuer sur cette demande conformément au règlement intérieur de l'institution.
Après examen du dossier, la commission des lois de la décentralisation, du travail et des droits humains a adopté par consensus le projet de résolution instituant cette commission spéciale. Ce projet a ensuite été validé à la majorité des députés présents lors de la session ordinaire unique 2024-2025, qui s'est tenue au musée des civilisations noires.
La procédure suit ainsi son cours légal, marquant une étape importante dans ce dossier qui pourrait avoir des implications significatives pour le député concerné.
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LA PRESSE SÉNÉGALAISE EN LUTTE
Face à la suspension de près de 400 médias, le CDEPS annonce un recours contre l'arrêté ministériel, qualifié d'"illégal et arbitraire". Un nouvel épisode dans la longue crise qui affecte la presse nationale depuis l'avènement du régime de Diomaye Faye
Le patron du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (CDEPS), Mamadou Ibra Kane, monte au créneau contre la récente décision gouvernementale visant à suspendre près de 400 médias. Dans une interview accordée à la télévision Future Média lundi 28 avril, il annonce un recours imminent contre l'arrêté ministériel du 22 avril qui impose "l'arrêt immédiat de la diffusion et du partage de contenu non conforme aux règles établies par le code de la presse".
"C'est un acte illégal et arbitraire," affirme M. Ibra Kane, rappelant que "la création d'un média n'est pas assujettie à une autorisation administrative" selon la législation sénégalaise. Il précise que "seule une décision de justice peut ordonner la cessation de parution d'un média, non le ministre de la communication".
Cette nouvelle tension intervient dans un contexte de crise profonde du secteur médiatique sénégalais. Le patron du CDEPS souligne que les difficultés ont commencé dès 2015 avec la hausse des prix du papier, avant d'être exacerbées par la pandémie de Covid-19. "Les entreprises de presse n'ont pas bénéficié des fonds d'aide de 1000 milliards destinés aux entreprises en difficulté," déplore-t-il.
La situation s'est encore détériorée avec l'arrivée du nouveau régime qui a refusé l'effacement fiscal accordé par le gouvernement précédent. "Non seulement on nous a asphyxié au niveau fiscal, mais également au niveau économique", explique-t-il, pointant également le gel des subventions à la presse votées dans le budget 2024 et la demande de "résiliation unilatérale des contrats publicitaires" avec les entreprises de presse.
Au-delà de ces tensions avec les autorités, Mamadou Ibra Kane reconnaît une part de responsabilité du secteur dans sa propre crise. "Nos médias sénégalais sont au 20e siècle alors que le monde est au 21e siècle", admet-il concernant l'échec de la mutation technologique. Il plaide néanmoins pour une vision plus stratégique de l'État envers un secteur qu'il considère "névralgique" pour la démocratie et le rayonnement international du Sénégal.
"Dans le monde du 21e siècle, c'est l'information qui est l'arme principale de domination et de concurrence entre les États", conclut-il, appelant les autorités à "ne pas considérer telle télévision, telle radio ou tel journal comme un opposant politique".
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EN AFRIQUE, LE DRAGON CHINOIS DÉVORE LE COQ FRANÇAIS
Méga-contrats chinois contre retrait des banques françaises : l'histoire récente des relations franco-africaines et sino-africaines illustre un transfert de puissance spectaculaire, reléguant l'ancienne puissance coloniale loin derrière l'empire du Milieu
En quelques décennies seulement, la Chine a réussi à supplanter la France comme partenaire privilégié du continent africain. Ce renversement spectaculaire illustre un changement profond dans l'équilibre des forces mondiales.
Les chiffres sont éloquents : alors qu'en 2001, les anciennes colonies françaises comme la Côte d'Ivoire échangeaient 19 fois plus avec Paris qu'avec Pékin, le rapport de force s'est complètement inversé aujourd'hui. En 20 ans, la Chine a multiplié par 20 son volume d'échanges avec l'Afrique, atteignant 300 milliards de dollars, tandis que la France stagne à environ 30 milliards.
Cette ascension chinoise n'est pas le fruit du hasard. Entamée sous Mao dans les années 1960 avec des objectifs diplomatiques (reconnaissance au détriment de Taïwan) et idéologiques, la stratégie chinoise s'est accélérée dans les années 1990, propulsée par les besoins énergétiques croissants de Pékin.
Le "business model" chinois, alliant compétitivité des prix, financements avantageux et méga-projets d'infrastructures, s'est avéré irrésistible pour de nombreux pays africains. Cette approche globale s'accompagne d'une diplomatie habile qui joue sur une rhétorique anti-coloniale et un déploiement médiatique stratégique.
Parallèlement, la France a progressivement délaissé son "pré carré" africain. Dès les années 1990, Paris a réorienté ses priorités vers l'Europe de l'Est et l'Atlantique, un désengagement symbolisé par le retrait récent de grandes institutions financières françaises comme la Société Générale de nombreux pays africains.
Dans ce nouveau contexte géopolitique, la France semble aujourd'hui reléguée au second plan sur un continent qu'elle dominait jadis, tandis que la Chine s'impose comme la nouvelle puissance hégémonique en Afrique.
par Mamadou Abdoulaye Sow
RENFORCER LE CONTRÔLE DES FINANCES PUBLIQUES
EXCLUSIF SENEPLUS - La rédaction actuelle du point 1.7 du Code de transparence favorise les interprétations divergentes, permettant au gouvernement précédent de questionner la méthode et l'indépendance de la Cour des comptes
Rapport d’audit de la situation globale des finances publiques après chaque nouveau mandat présidentiel : pour une nouvelle rédaction claire et précise du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence dans la gestion des finances publiques.
« C’est … un devoir moral et politique, pour les autorités qui ont été aux affaires sur une période relativement longue, de rapporter aux citoyens, en toute bonne foi, l’état dans lequel elles laissent le pays » - Mamadou Lamine Loum, « Le Sénégal au 1er avril 2001 ».
Le point 1.7 de l’Annexe de la loi n° 2012-22 du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques dispose : « Dans les trois mois suivant chaque nouveau mandat présidentiel, la situation globale des finances publiques et en particulier la situation du budget de l’Etat et de son endettement, fait l’objet d’un rapport préparé par le gouvernement.
Ce rapport, audité par la Cour des comptes, est publié dans les trois mois suivants ».
Sur le fondement de cette disposition, le ministre chargé des Finances a transmis le 18 septembre 2024 à la Cour des comptes, pour audit, un rapport sur la situation des finances publiques couvrant la période de la gestion 2019 au 31 mars 2024.
Après avoir audité le rapport du gouvernement, la Cour des comptes a produit un rapport définitif intitulé « Audit du rapport sur la situation des finances publiques gestions de 2019 au 31 mars 2024 » ; rapport qui a suscité notre intérêt et qui a inspiré la présente réflexion.
Notre analyse, qui est la deuxième d’une série de publications sur le rapport de la Cour, est limitée pour l’instant aux conditions d’application du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence dont la rédaction est équivoque par défaut de clarté et manque de précision. En effet, nous estimons que les députés qui ont voté la loi du 27 décembre 2012 précitée semblent s’être mépris sur le sens du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence. Ce qui explique en partie la suspicion du gouvernement précédent sur les conditions de préparation du rapport d’audit par la Chambre des Affaires budgétaires et financières de la Cour.
Tout d’abord, il faut saluer l’alternance politique intervenue en 2024 qui a permis aux Sénégalais de découvrir les ruses financières du gouvernement précédent pour contourner depuis plusieurs années le droit commun de la comptabilité publique. Nous tenons ensuite à féliciter la Cour des comptes pour ce travail important dont l’analyse reste cependant à parfaire avec des rapports particuliers (de la Cour ou d’une commission d’enquête parlementaire) en vue, d’une part, de mettre en exergue très clairement les responsabilités des uns et des autres dans l’emploi des deniers publics et, d’autre part, de proposer des mesures correctives pour que pareille situation ne se reproduise plus.
La rédaction équivoque du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence
La principale objection que l’on peut opposer à la formulation du point 1.7 est relative à la question suivante : Qu’entend-on par « rapport audité par la Cour des comptes » ?
La lettre du point 1.7 laisse penser qu’il est demandé à la Cour de contre expertiser le rapport gouvernemental. La Cour des comptes semble en avoir la même compréhension lorsqu’elle souligne dans son rapport définitif d’audit (page 8) que « la responsabilité de la Cour est de réaliser l’audit du rapport sur la situation des finances publiques produit par le Gouvernement … » et que « l’objectif général de l’audit est de s’assurer que le rapport produit par le Gouvernement rend compte fidèlement de la situation budgétaire et financière de l’Etat de 2019 au 31 mars 2024 ». Plus spécifiquement, selon le rapport (page 8), « il s’agit de : - vérifier que les données et informations budgétaires et financières du rapport (du gouvernement) sont exactes et exhaustives ; - s’assurer que les données et informations budgétaires et financières du rapport sont adéquatement retracées en comptabilité ».
Or à l’analyse, il ne nous semble pas que l’intention véritable des rédacteurs du Code de transparence était de faire contre-expertiser par la Cour le rapport établi par le gouvernement. En effet, de notre point de vue, le point 1.7 confie à la Cour des comptes, après chaque nouveau mandat présidentiel, la mission d’auditer la situation globale des finances publiques sur demande formulée par le gouvernement et matérialisée par un rapport valant en quelque sorte lettre de mission. A notre sens, l’article 68 de la Constitution qui confère à la Cour des comptes sa mission d’assistance aux pouvoirs publics et l’article 71 de la loi organique de 2020 relative aux lois de finances suffisent pour fonder la compétence de la Cour de procéder elle-même à l’audit de la situation des finances publiques.
Pour une nouvelle rédaction du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence ne prêtant point à l’équivoque
Pour plus de clarté et de précision, il est suggéré de réécrire le point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence. À ce titre, on peut s’inspirer de la formule de rédaction employée par le législateur organique ivoirien : « Dans les trois mois suivant chaque mandat, la Cour des comptes, sur la base d’un rapport préparé par le gouvernement, procède à un audit de la situation globale des finances publiques et en particulier la situation du budget de l'Etat et de son endettement » (article 68 de la loi organique n° 2014-337 du 05 juin 2014 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques).
Avec cette formulation, la Cour ne serait plus liée par le format du rapport du gouvernement et aurait l’initiative mais aussi la liberté d’auditer la situation globale des finances publiques et en particulier la situation du budget de l’Etat et de son endettement suivant les normes et standards qui lui sont propres.
Outre cette nouvelle rédaction du point 1.7 de l’Annexe du Code de transparence, nous proposons au gouvernement de compléter l’article 19 de la loi organique sur la Cour des comptes en ajoutant le rapport sur l’audit global des finances publiques après chaque mandat présidentiel parmi les rapports de la Cour à adopter en chambres réunies.
La réforme proposée pourrait également prévoir l’adoption d’un décret fixant les modalités d’application du Code de transparence des finances publiques, notamment en ce qui concerne l’accès aux informations et documents relatifs à la gestion des finances publiques.
Mamadou Abdoulaye Sow est Inspecteur principal du Trésor à la retraite.
PAR Mouhamadou Moustapha Dieye
LES CONSIDÉRANTS EN PLUS MARRANT
EXCLUSIF SENEPLUS - Il serait dramatique de ne pas tirer parti de la lumière du Conseil constitutionnel pour parler de certains tabous que les politiciens entretiennent gracieusement et diplomatiquement
Si un brouillard amnistiant a eu l'outrecuidance de bloquer la visibilité à Ndoumbélane avec des politiciens qui ont pris l'habitude de légiférer selon leurs intérêts, c'est que le Conseil constitutionnel n’est pas souvent entré en jeu pour secouer la ruche. Il se dit que sa majesté n’intervient qu’en cas d’extrême urgence et quand, excusez du peu, il est sollicité. Depuis qu'il a remis les politiciens législateurs à leurs places, chaque camp, devant l'opinion, tire la couverture de son côté tout en attribuant une défaite à l'autre. C'est toujours plus pratique. Mais est-ce que cela permet à l'opinion de se situer objectivement au regard de la dernière décision des Sages de la République ? La négative est évidente. Les politiques n’informent pas, ils communiquent pour obtenir ou garder le pouvoir. C’est la raison pour laquelle il serait dramatique de ne pas tirer parti de la lumière du Conseil constitutionnel pour parler de certains tabous que les politiciens entretiennent gracieusement et diplomatiquement. Ne vous inquiétez pas, il est de bon aloi de penser à Madior, le tailleur de haute couture quand vous entendez ces termes.
Le revers est multiple, Koromak !
À la publication de la décision du Conseil constitutionnel, Koromak et Pastef se sont empressés de dire qu'ils ont gagné, mais la réalité non politicienne des choses est plus surprenante compte tenu des revers qu’ils ont enregistrés dans ladite décision.
Un revers sur la compétence du Conseil : D'abord, El Malick du perchoir et l'Agent judiciaire de l'État de Ndoumbélane, dans leurs mémoires en réponse du 11 avril, ont tenté de remettre en question la compétence du Conseil constitutionnel pour connaître de la requête de l'opposition au motif que son pouvoir de contrôle ne "s'étend pas aux lois interprétatives". Un argument balayé par le conseil (considérant 6).
Un revers sur la recevabilité de la requête de l’opposition : L'Agent judiciaire de l'État (encore lui) a conclu à l'irrecevabilité de la requête de l'opposition en raison de l'absence des signatures de certains députés. Autre argument rejeté par le Conseil qui admet la recevabilité de la requête, malgré tout.
Un revers sur l'intelligibilité de la loi Amadou Ba : "le législateur (auteur de la loi interprétative) a rendu la loi interprétative extrêmement confuse dans sa mise en œuvre future en raison du caractère vague et imprécis de l'expression" ce qui est constitutif d'un non-respect par ladite loi des "principes à valeur constitutionnelle d'intelligibilité" (Considérant 11) En gros, le Conseil reproche à la législature Pastef d’avoir créé de l’ombre au motif qu’elle voulait davantage de lumière.
Un revers sur la violation du principe de la non rétroactivité de la loi pénale : Le Conseil a estimé dans son considérant 25 que l'alinéa premier de la loi dite Amadou Ba est plus sévère que la loi qu'elle dit interpréter et qu'en ce sens elle viole le principe de la non rétroactivité des lois pénales plus sévères prévu par l'article 9 de la Constitution.
Un revers d'inconstitutionnalité : À l'article premier de sa décision, le Conseil Constitutionnel a amputé la loi Amadou Ba en déclarant contraire à la Constitution son premier article.
Étant entendu que Koromak et Pastef crient victoire alors que l’on n’a même pas retracé toutes les remontrances dont ils ont fait l’objet de la part du Conseil constitutionnel, il y a de quoi s’inquiéter pour santé des oreilles de l’opinion publique.
Si victoire il devait y avoir…
C’est l’opposition qui voulait ‘‘une justice pour tous’’ qui a attaqué la loi Amadou Ba pour la faire ‘‘déclarer contraire à la Constitution’’, le Conseil constitutionnel a décidé que l’article premier de ladite loi est ‘‘contraire à la Constitution’’. Ça, c’est la vérité de la décision des Sages. Et elle conforte bien l’initiative de l’opposition même si, à la place d’une loi contraire à la Constitution, elle a obtenu une loi dont une partie est déclarée contraire à la Constitution. Ce n’est pas que ce que les Sages ont fait, sinon ils ne seraient pas à la hauteur de leur sagesse. Ils ont rappelé le principe de la non rétroactivité de la loi pénale plus sévère et ont surtout considéré, comme pour orienter, que les engagements internationaux du Sénégal avaient une valeur constitutionnelle et que, au sens du droit international, certains faits tenus pour criminels sont imprescriptibles et donc, impossibles à couvrir par une amnisitie. Et justement, au sens de ce même droit international, parmi les crimes connus, il y a, entre autres, le génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Puisque les archives consultées n’ont pas retracé de crimes de guerre ou un génocide à Ndoumbélane entre 2021 et 2024, et que le droit est une discipline très hypothétique, comme aimait à le rappeler le défunt Professeur Mody Gadiaga, intéressons-nous aux crimes contre l’humanité. Le Statut de Rome qui a créé la CPI, la juridiction préférée de Juan Blanc and Co, en son article 7, définit les crimes contre l’humanité comme des actes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique (retenez bien ces qualificatifs) lancée contre toute population civile et en connaissance de cette attaque. Généreux qu’il est, l’article a même bien voulu citer les infractions concernées. On y retrouve entre autres, la torture, le viol, la persécution, les disparitions forcées de personnes et les autres actes inhumains. Les ‘‘crimes de sang’’ que la législature Pastef veut faire punir apparaissent bien en filigrane, n’est-ce pas ? mais sont-ils alignés pour autant sur le caractère systématique ou généralisé du crime contre l’humanité ? En tout cas, si les sages qui ne disent jamais rien pour rien ont eu besoin de préciser que ce type de crime ne peut être couvert par une amnistie, il y a de quoi envisager leur existence.
La non rétroactivité de la loi plus sévère également, n’est pas là pour le décorum. Sa présence, combinée au fait que les crimes au sens du droit international sont exclus de l’amnistie, signifie-t-il que toute autre infraction couverte par l’amnistie ne peut plus être jugée, même si elle est de ‘‘sang’’’ ? Nous vous laissons à vos hypothèses. C’est aussi cela la beauté du droit, trouver des réponses pour se retrouver avec davantage de questions sans user gracieusement de la radicalité du profane tout en maintenant les volets de l’interprétation diplomatiquement ouverts. Si vous retrouvez (encore) du Madior Fall dans la formule, ne criez pas au scandale. Les termes gracieusement et diplomatiquement n’existent pas que dans son dictionnaire.
Ave Ndoumbélane !
LA SOSEPIT ALERTE SUR LES INFECTIONS LIÉES AUX SOINS HOSPITALIERS
Selon le Pr Louise Fortes, 15 % des infections surviennent dans les hôpitaux sénégalais, un taux deux fois plus élevé que celui observé dans les pays développés. Elle a insisté sur l’importance de la prévention, notamment par l’hygiène des mains.
Ce lundi 28 avril, la Société sénégalaise de pathologie infectieuse tropicale (Sosepit) organisait un précongrès sur le thème de la prévention des infections associées aux soins. À cette occasion, l’organisation a décidé de tirer la sonnette d’alarme concernant les infections en milieu hospitalier. Selon le Professeur Louise Fortes, 15% d’entre elles se passent en milieu hospitalier.
« Les infections associées aux soins, selon les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé, sont à l’origine de 139 millions de décès. Et quand on compare globalement les pays à ressources limitées par rapport aux pays développés, nous nous sommes à 15% de personnes qui contractent ces infections, alors qu’en Europe, dans les pays développés, on est à 7%. Donc chez nous, c’est le double », confie l’infectiologue spécialiste de la prévention des soins associées aux infections.
« Ces infections associées aux soins sont responsables d’une mortalité élevée », souligne-t-elle ensuite, avant d’ajouter que « globalement, on dit qu’un patient sur dix meurt de ces infections qui sont associées aux soins. Et pourtant, on peut les prévenir ».
Le Professeur Fortes va par la suite axer son discours sur la prévention. « Et quand on parle d’hygiène des mains en milieu hospitalier et même en dehors, cela peut se faire par deux méthodes. D’une part, nous avons les flacons, la friction hydroalcoolique des mains. Et d’autre part, nous avons également le lavage des mains au savon. Il faudrait que le personnel soignant soit formé sur les mesures pour prévenir ces infections associées aux soins. En plus de la formation, il faudrait ensuite qu’on fasse un véritable plaidoyer parce que la prévention de ces infections associées aux soins demande des moyens ». Sur ce volet, elle fait appel au secteur privé pour qu’il vienne en aide aux hôpitaux.
LONDRES 2025, UN NOUVEL ÉLAN POUR UNE SÉCURITÉ ÉNERGÉTIQUE UNIVERSELLE
Le sommet a souligné l’urgence d’une transition énergétique mondiale vers les énergies renouvelables locales. Avec une forte opposition aux combustibles fossiles, les dirigeants ont appelé à une coopération internationale renforcée.
Le sommet mondial sur l’avenir de la sécurité énergétique, organisé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le gouvernement britannique, a réuni des dirigeants mondiaux, des chefs d’entreprise, ainsi que des acteurs de la société civile pour discuter des enjeux cruciaux concernant la sécurité énergétique à l’échelle globale. Après deux jours de débats intenses, un consensus émergent a clairement montré que l’avenir de la sécurité énergétique repose sur l'intégration des énergies renouvelables locales, le rejet des combustibles fossiles comme solution à la pauvreté énergétique, et un engagement plus ferme envers la transition vers des systèmes énergétiques durables.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a placé le concept de "net zero" au cœur des priorités de son gouvernement, rappelant que la réduction des émissions et la transition énergétique sont désormais une question de sécurité nationale. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a quant à elle souligné les leçons tirées de la guerre en Ukraine, mettant en avant que la diminution de la dépendance aux combustibles fossiles est essentielle pour garantir une plus grande sécurité énergétique à long terme.
Le sommet a également été marqué par des confrontations idéologiques, notamment avec les représentants des États-Unis. Tommy Joyce, du ministère américain de l’Énergie, a été l'un des seuls à défendre le pétrole et le gaz comme piliers de la sécurité énergétique. Cependant, sa position a été largement isolée par le reste des participants, qui ont mis l’accent sur l’importance d’un passage rapide aux énergies renouvelables.
Un rejet des fossiles au profit des renouvelables
L’un des messages les plus forts du sommet a été le rejet de l’utilisation des combustibles fossiles comme solution à la pauvreté énergétique. Les discussions ont révélé un clivage majeur, avec certains pays, comme les États-Unis, cherchant à maintenir le rôle du pétrole et du gaz, tandis que d’autres ont souligné que seule l’électrification via des énergies renouvelables locales pouvait répondre aux défis énergétiques mondiaux. L’accent a été mis sur la nécessité de développer des infrastructures de production et de distribution d’énergie renouvelable à l'échelle locale, pour garantir l'accès universel à une énergie propre, abordable et durable.
L’agenda britannique et européen : un tournant décisif
Le gouvernement britannique, représenté par Ed Miliband, secrétaire d'État britannique chargé de la sécurité énergétique et de Net Zero, a pris un ton résolument ferme en faveur de la transition énergétique. Lors de la conférence de clôture, Miliband a exhorté à "engager le combat" contre ceux qui s’opposent à la norme "zéro énergie", marquant ainsi une rupture avec les pratiques énergétiques plus anciennes. Il a affirmé que l’avenir de la sécurité énergétique ne pouvait plus reposer sur les anciennes solutions basées sur les combustibles fossiles, soulignant qu'une "sécurité énergétique nationale" moderne doit reposer sur des énergies renouvelables et une intégration accrue des réseaux.
Un tournant stratégique
Bien que le sommet de l’AIE n’ait pas produit de résultats concrets immédiats, plusieurs leaders ont appelé à la tenue d’un autre événement dans un an pour approfondir les discussions et renforcer la coopération internationale sur ces enjeux cruciaux. L’initiative de l'AIE a été saluée pour sa capacité à mobiliser les acteurs internationaux et à ouvrir la voie à une nouvelle ère de collaboration mondiale dans le domaine de l’énergie. Toutefois, les participants ont également reconnu la nécessité de passer de la parole à l’action pour transformer ces discussions en politiques énergétiques tangibles et opérationnelles.
En conclusion, le sommet mondial sur la sécurité énergétique à Londres a posé les bases d’une transformation radicale de la manière dont le monde abordera la question de l’énergie dans les années à venir. Tandis que certains continuent de défendre les solutions fossiles, un consensus mondial semble se dessiner autour de la nécessité d’adopter une approche plus durable et équitable, en mettant l’accent sur les énergies renouvelables et la réduction des dépendances aux combustibles fossiles.
L'ÉTAT FIXE LE CALENDRIER DES NAVÉTANES
Le ministre en charge des Sports a rappelé, dans une lettre circulaire adressée aux gouverneurs de région, que les activités devront désormais se tenir exclusivement entre le 15 juillet et le 15 octobre de chaque année.
Dans une lettre circulaire adressée aux gouverneurs de région, le ministre en charge des sports a rappelé les nouvelles directives encadrant le calendrier du mouvement sportif « Navétanes ».
Cette initiative fait suite aux concertations nationales sur la réforme du mouvement, tenues les 20 février et 4 mars 2025, à la demande du président de la République, lors du Conseil des ministres du 29 janvier dernier.
Désormais, les activités sportives organisées dans le cadre des « Navétanes » devront strictement se dérouler entre le 15 juillet et le 15 octobre de chaque année. Le ministre invite ainsi les autorités administratives régionales à prendre toutes les dispositions nécessaires, en lien avec les services compétents, pour veiller au respect rigoureux de ces dates.
L’objectif est de mieux structurer le mouvement, souvent confronté à des chevauchements de calendrier et à des problèmes d’organisation.
Cette décision marque une volonté claire de l’État d’encadrer davantage les compétitions locales et de renforcer leur impact au niveau communautaire.
LE SÉNÉGAL ENGAGE LA RESTRUCTURATION DU MCC POWER COMPACT
Après la décision des États-Unis de mettre un terme à leur financement, près de 57,4 milliards de francs CFA devront être mobilisés pour achever les travaux, a annoncé, lundi à Dakar, le directeur général du MCA Sénégal, Oumar Diop.
Le Sénégal va procéder à une restructuration du MCC Power Compact, un vaste programme d’électrification destiné surtout à ses zones rurales et financé avec près de 290 milliards de francs CFA du gouvernement américain, Washington ayant décidé de ne plus contribuer à son financement, a annoncé, lundi, à Dakar, le directeur général du Millenium Challenge Account (MCA) Sénégal, Oumar Diop.
‘’Avec les autorités sénégalaises, nous allons procéder à une restructuration du Power Compact’’, a-t-il assuré dans une interview donnée à l’APS et à la RTS.
Il s’agit, pour le Sénégal, de ‘’prendre en charge [sa] souveraineté énergétique’’, a dit M. Diop.
Les États-Unis d’Amérique vont boucler définitivement, dans trois mois, leur participation au MCC Power Compact et laisser le gouvernement sénégalais poursuivre avec ses propres moyens ce programme, a-t-il déclaré.
‘’Le gouvernement américain a fait savoir par lettre, à notre pays, qu’il mettra fin, dans trois mois, au financement des projets du MCC Power Compact’’, a poursuivi le directeur général du MCA Sénégal.
‘’Les États-Unis ont fait savoir qu’ils mettent fin à tout financement concernant le MCC Power Compact, après les trois prochains mois’’, a-t-il insisté, précisant que ‘’les autorités sénégalaises ont décidé […] de poursuive ce programme avec leurs propres fonds, jusqu’à son achèvement’’.
Le directeur général du Millenium Challenge Account Sénégal, Oumar Diop
Les ministères de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, de l’Économie, du Plan et de la Coopération, l’Agence sénégalaise d’électrification rurale et la Société nationale d’électricité du Sénégal vont contribuer à la réalisation de ce vaste programme de construction d’infrastructures électriques, aux côtés du MCA Sénégal, selon Oumar Diop.
‘’Nous mettrons l’accent sur le projet de modernisation du réseau électrique de haute tension’’, a-t-il assuré en parlant là de l’un des volets du programme.
Le MCC Power Compact inclut un volet de construction de réseaux de câbles 225 kilovolts en mer, dans la baie de Gorée, de câbles souterrains 225 kilovolts, à partir de Kounoune, et d’autres infrastructures électriques à Bel Air, Hann, à la Patte d’oie, à Touba, Diass, Tobène et au cap des Biches.
Environ 57,4 milliards de francs CFA sont nécessaires pour boucler la réalisation du programme
Le Sénégal va, en poursuivant la réalisation du programme, s’appesantir sur la construction des réseaux en question, les câbles souterrains et les câbles sous-marins, selon le directeur général du MCA Sénégal.
‘’Ces travaux sont en cours. Les câbles sont en train d’être enterrés’’, a ajouté Oumar Diop, estimant que 50 % des travaux relatifs aux câbles sous-marins ont déjà été effectués.
‘’Au plus tard en juin de l’année 2026, nous pourrons terminer ces travaux’’, espère-t-il.
Le directeur général du MCA Sénégal rappelle que le MCC Power Compact comprend aussi un volet ‘’extrêmement important’’, qui est consacré à l’électrification rurale, et un volet de ‘’modernisation’’ du réseau électrique des 14 régions du Sénégal.
Le programme avait une durée d’exécution de six ans, dont il ne restait qu’un an et demi lorsque le gouvernement américain a annoncé la suspension de sa participation à son financement en février dernier. Son budget est de 550 millions de dollars américains, environ 316 milliards de francs CFA.
Les 500 millions (environ 287 milliards de francs CFA) sont fournis par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, dans le cadre de sa politique d’aide publique au développement, le restant (environ 28,7 milliards de francs CFA) étant à la charge de l’État du Sénégal.
Le MCC Power Compact génère environ 1 500 emplois indirects et une centaine d’emplois directs
Le MCC Power Compact est mis en œuvre par le MCA Sénégal, une autonomie administrative créée en 2020 et placée sous la tutelle technique du secrétariat général de la présidence sénégalaise. Le ministère des Finances et du Budget en assure la tutelle financière.
‘’Avec la restructuration, on considère […] qu’environ 100 millions de dollars américains (environ 57,4 milliards de francs CFA, selon le cours actuel du dollar) devraient être suffisants’’ pour réaliser le restant du programme, estime Oumar Diop.
Le MCC Power Compact génère environ 1 500 emplois indirects et une centaine d’emplois directs, selon M. Diop.
‘’Notre ambition, aujourd’hui, c’est de ne pas supprimer des emplois, parce que nous sommes dans [la] continuité du Compact’’, a-t-il assuré.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana bathily
MACKY SALL À LA MANŒUVRE AU CRANS MONTANA FORUM
EXCLUSIF SENEPLUS - L'ex-président défend la stratégie maritime marocaine, menaçant possiblement le port de Dakar. Diomaye mesure-t-il toute la portée des manœuvres de son prédécesseur ?
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 28/04/2025
Les médias sénégalais se sont largement fait l’écho de la participation de l’ancien président Macky Sall au Crans Montana Forum qui s’est tenu à Casablanca les 25 et 26 avril 2025. Mais ils nous disent seulement que son intervention a porté sur le thème de la sécurité et de la sûreté maritimes. Ils ne nous disent rien, ni du Forum de Crans Montana ni du contexte de la rencontre de Casablanca, éléments essentiels pour comprendre l’événement et la participation de l’ex-président.
Il faut savoir que le Crans Montana Forum appelé aussi Forum de Crans Montana, créé en 1986, se veut un lieu de rencontre entre « représentants officiels de gouvernement et du "business" pour booster la coopération internationale et construire un monde plus humain ».
C’est en réalité un cercle d’influence de personnalités politiques et des milieux d’affaires internationaux visant à modeler le monde selon les intérêts stratégiques des grandes entreprises et des pays capitalistes. À l’image par exemple du Forum de Davos ou du Groupe Bilderberg ou encore de la Conférence Bilderberg des Pays-Bas.
Le forum se tient dans le contexte de l’ambitieuse politique du royaume du Maroc de finaliser l’annexion du Sahara Occidental et de l’utiliser pour capter le commerce maritime de États enclavés de la Confédération des Etats du Sahel, via Dakhla et le port de Tanger Med.
C’est pourquoi la Confédération des États du Sahel était représentée par une délégation ministérielle du Mali, du Burrkina Faso et du Niger conduite par le ministère des Affaires Etrangères du Mali, M. Abdoulaye Diop qui, tout en saluant « l’initiative royale » de donner une ouverture sur l’Atlantique à l’AES, s’est adressé directement au Directeur du Port Autonome de Dakar (PAD) présent dans la salle, pour indiquer que ceci ne remet pas en cause les relations de Bamako avec le PAD.
C’est le président Macky Sall qui s’est fait le propagandiste de la stratégie maritime du Maroc, invoquant tour à tour « la Charte africaine sur la sécurité maritime et la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer portant les droits des pays sans littoral » et vantant le port de Tanger Med « hub logistique de première classe, symbole et vitrine d’une Afrique ambitieuse et déterminée à prendre sa place sur les grandes routes maritimes mondiales ».
Il y a trois choses à retenir de la participation de l’ancien président sénégalais à ce forum de Crans Montana de Casablanca. D’abord, sa participation semble confirmer le soutien du Sénégal à l’annexion du Sahara Occidental que l’Etat avait exprimé quand il était à sa tête. Les nouvelles autorités qui ne se sont pas prononcé encore sur le sujet, sont donc interpellées.
Ensuite, la stratégie maritime du Maroc en direction de la confédération de l’AES est une menace directe à la viabilité du port de Dakar et surtout de celui de Ndayane en voie d’achèvement, conçu précisément pour servir de plaque tournante du commerce régional.
Enfin, il n’aura échappé à personne que le Crans Montana Forum apparait comme la dernière maille de la toile, au plutôt de la cuirasse que l’ancien président Macky Sall met en place au plan international, après celle de la Fondation Mo Ibrahim et celle de l’Atlantic Council.