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31 août 2025
CE QUE MIA GUISSE A DIT AUX ENQUÊTEURS DE LA CYBERSÉCURITÉ
Selon nos sources, c’est une Mia Guissé plutôt sereine qui s’est présentée devant les enquêteurs, répondant à toutes leurs questions relatives à la chanson « Na Dougue ».
Suite à une plainte de l’ONG Jamra concernant les propos de sa chanson « Na Dougue », la chanteuse Mia Guissé a été auditionnée ce mardi par les agents de la cybersécurité.
Son interrogation a duré plus de six heures. Débutée à 15 heures, l’audition s’est terminée presque à 22 heures. Selon nos sources, c’est une Mia Guissé plutôt sereine qui s’est présentée devant les enquêteurs, répondant à toutes leurs questions relatives à la chanson « Na Dougue ».
Elle a expliqué le sens de la phrase incriminée en soutenant avoir utilisé une métaphore footballistique. Elle a également précisé que la chanson date de six mois et qu’elle a été réalisée en duo avec le chanteur Basse Thioung. Par ailleurs, elle a ajouté qu’un autre artiste, Axel Merry, a également interprété cette chanson.
Dans ses réponses, Mia Guissé a affirmé n’avoir jamais eu d’intentions perverses en chantant cette chanson, insistant sur le fait qu’elle n’a aucune volonté de nuire, d’autant plus qu’elle est consciente que son public est très jeune.
Joint au téléphone, son avocate, Me Rama Ba, a indiqué que l’audition s’est bien déroulée malgré qu’elle ait été longue à cause des pauses observées. « Mia a été sereine et a répondu à toutes les questions. Elle est un peu fatiguée mais elle est rentrée chez elle », a-t-elle précisé. Elle a également souligné que les agents de la brigade de la cybersécurité ont conclu que Mia Guissé est « respectueuse des lois et très correcte ».
La robe noire a regretté que certaines personnes, dans un but de nuire, envoie à Mame Matar Gueye juste la phrase « Na dougue ».
TRAFIC DE DROGUE AU « WHITE DREAM » , LE PROPRIETAIRE ET DEUX COMPLICES ECROUES
L’ambiance feutrée et festive du « White Dream », célèbre restaurant-bar niché sur la Corniche des Almadies, a laissé place au silence et à l’indignation.
L’ambiance feutrée et festive du « White Dream », célèbre restaurant-bar niché sur la Corniche des Almadies, a laissé place au silence et à l’indignation. Le propriétaire des lieux, Ousmane Diatta, plus connu sous le surnom de « Soundiata », a été arrêté pour son implication présumée dans un vaste réseau de trafic de drogue.
Selon des informations de Seneweb, l’enquête menée par l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS) a révélé une organisation bien structurée, au sein même de l’établissement. Deux autres personnes ont également été mises en cause : Mouhamadou Sanoussi Barry, le comptable de l’établissement, et Magatte Pathé Guèye Thiandoum, livreur de profession.
Les trois hommes ont été présentés ce lundi devant le parquet financier. À la suite de leur audition, le dossier a été confié au juge d’instruction du 4e cabinet, chargé d’ouvrir une information judiciaire. Ousmane Diatta et ses présumés complices ont été inculpés et placé sous mandat de dépôt pour association de malfaiteurs, trafic international de drogue et blanchiment de capitaux.
PARQUET FINANCIER, CES NOUVELLES CHARGES RETENUES CONTRE FARBA NGOM
Les chosent se corsent pour le député-maire de Agnam. Ce mardi 29 avril 2025, le Doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a ajouté de nouvelles accusations contre Mouhamadou Ngom dit Farba.
Les chosent se corsent pour le député-maire de Agnam. Ce mardi 29 avril 2025, le Doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier a ajouté de nouvelles accusations contre Mouhamadou Ngom dit Farba.
Selon nos sources, celui-ci a été inculpé pour « avoir en connaissance de cause, converti, transféré, dissimulé, acquis, détenu ou utilisé des biens provenant d’un délit avec cette circonstance que ces faits ont commis en bande criminelle organisée ».
Des faits survenus courant 2020-2024 et que Farba Ngom, rapportent nos sources, « a catégoriquement rejetés ». La même source confie que le responsable « apériste » parle de « cabale » contre sa personne.
En prison depuis le 27 février 2025 pour association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics d’un montant de 31 milliards de francs CFA, Farba Ngom a été extrait ce mardi 29 avril pour être inculpé à nouveau. Les poursuites dont il fait l’objet, résultent d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), qui a mis en évidence des transactions suspectes estimées à 125 milliards de francs CFA.
Tahirou Sarr inculpé pour le même rapport risque également de subir le même sort puisque lui aussi devra être extrait ce mercredi et présenté au Pjf.
MULTIPLE PHOTOS
REVUE DE PRESSE DU MERCREDI 30 AVRIL 2025
La presse sénégalaise semble entrer dans une phase de confrontation ouverte avec les autorités. Plusieurs titres mettent en exergue la montée au créneau de la Coordination des Associations de Presse (CAP).
(SenePlus) L’actualité nationale, telle qu’elle ressort des différentes unes de la presse sénégalaise ce matin, est dominée par une montée de la tension entre les professionnels de l’information et les autorités, les alertes d’Amnesty sur la situation des droits humains, des remous judiciaires, ainsi qu’un coup d’éclat sportif signé par le Paris Saint-Germain sur la scène européenne.
PRESSE ET LIBERTES : LA CAP SONNE L’ALARME
La presse sénégalaise semble entrer dans une phase de confrontation ouverte avec les autorités. Plusieurs titres mettent en exergue la montée au créneau de la Coordination des Associations de Presse (CAP).
L’Info barre sa une avec : « La CAP sonne la résistance », traduisant une posture déterminée face à ce que les professionnels considèrent comme des atteintes répétées à la liberté de la presse. POP enchaîne avec un avertissement clair : « Si on ne veut pas tomber dans les mêmes dérives que sous Macky, il faut relâcher les prisonniers », citant les propos du coordonnateur de la CAP qui appelle à des actes concrets.
Dans Tribune, le ton est tout aussi combatif : « La CAP lance la riposte contre le ministère », en référence à une conférence de presse organisée pour dénoncer des dysfonctionnements institutionnels.
De son côté, Le Quotidien évoque un démarrage difficile du nouveau régime vis-à-vis de la presse avec son titre : « 1er mets amer », illustrant l’amertume des professionnels face à des signaux jugés peu rassurants. L’AS s’inscrit dans cette dynamique avec : « La CAP mobilise, Amnesty met en garde le régime », introduisant une autre voix dissonante dans le paysage institutionnel.
AMNESTY ET LES DROITS HUMAINS : DES SIGNAUX ROUGES
Rewmi Quotidien fait écho au dernier rapport d’Amnesty International avec un titre sans appel : « Un rapport accablant ! » dénonçant les abus, les arrestations arbitraires et les intimidations subies par les activistes et journalistes.
WalfQuotidien, en citant Jean Michel Sené, directeur général de la LASER, affirme : « Nous sommes dans l’action et non dans le bavardage », une tentative de rassurer face aux critiques grandissantes.
JUSTICE ET DERIVES : FARBA NGOM ET L’AFFAIRE MOUSSA DELI
Sur le front judiciaire, Les Échos rapporte une information de taille : « Farba Ngom inculpé à nouveau hier avec une lourde infraction », sans en dévoiler tous les détails, mais suggérant un rebondissement notable dans cette affaire suivie de près.
Yoor-Yoor, pour sa part, remet sur la table l’affaire du juge Moussa Deli et s’interroge : « Le juge Moussa Deli, victime de ladite affaire, ne doit-il pas être réhabilité ? », plaidant pour une réparation morale dans un contexte où la justice cherche à redorer son image.
INSTITUTIONS ET GOUVERNANCE : LA COUR DES COMPTES SOUS TENSION
Point Actu attire l’attention sur une institution clé avec sa une : « La Cour des Comptes au cœur d’une nouvelle tempête ? », suggérant des tensions internes ou des pressions externes. EnQuête va plus loin et évoque une situation où certaines vérités deviennent dangereuses : « Libération au prix fort », illustrée par une image d’une cellule de détention.
ÉDUCATION ET MEDIAS : UN CRI DE DETRESSE COLLECTIF
Sud Quotidien regroupe les revendications croissantes dans les secteurs de l’éducation et des médias sous un même titre : « École et médias, ces fortes doléances ». Le Soleil, dans une tonalité plus institutionnelle, appelle au professionnalisme dans le monde économique : « Les entreprises appelées au respect des normes ».
ÉCONOMIE : UNE DESTINATION QUI VEUT SEDUIRE
Dans un registre plus optimiste, Le Marché met en lumière le potentiel du Sénégal en matière d’attractivité économique avec : « Le Sénégal, une destination attractive », à l’occasion d’un forum sur les investissements. Un message porté pour rassurer les partenaires internationaux dans un contexte national agité.
SPORTS : LE PSG BRILLE A LONDRES, LES LIONS EN ROUTE
Sur la scène sportive, la presse célèbre un véritable exploit français. Rewmi Sports titre en grand : « Exploit du PSG à Arsenal ! », soulignant la performance du club parisien en Ligue des champions. Point Actu Sport renchérit avec : « Le PSG réalise un gros coup sur la pelouse d’Arsenal », pendant que Record donne une coloration plus épique à l’événement : « Contre un Barça en feu, hier, duel majuscule ! ».
Côté local, Stades célèbre aussi la victoire du Jaraaf face au Petro de Luanda (2-1) en Ligue des Champions africaine : « Le Jaraaf de Dakar s’offre Petro de Luanda ».
CRIMINALITE : LA DIC FRAPPE FORT
Enfin, dans le domaine de la sécurité, Libération révèle une nouvelle opération policière : « La DIC frappe encore au cœur de la mafia », évoquant une action ciblée contre le crime organisé qui serait en lien avec des réseaux nationaux et transnationaux.
VIDEO
LE SÉNÉGAL ÉPINGLÉ PAR AMNESTY INTERNATIONAL
Le rapport 2024 de l'ONG souligne que malgré quelques progrès, des citoyens continuent d'être arrêtés pour avoir simplement exercé leur liberté d'expression, révélant les limites d'une démocratie sous surveillance
Le rapport annuel d'Amnesty International dresse un bilan préoccupant de la situation des droits humains au Sénégal en 2024. L'ONG pointe particulièrement du doigt les violences survenues lors des manifestations de février contre le report de l'élection présidentielle.
L'organisation dénonce vivement la loi d'amnistie adoptée par le gouvernement de l'ancien président Macky Sall, qui accorde une "impunité totale" pour les violations des droits humains commises entre mars 2021 et mars 2024. Durant cette période, Amnesty a documenté la mort de 65 personnes, majoritairement aux mains des forces de défense et de sécurité.
Si certaines pratiques répressives ont diminué concernant la liberté d'expression, des arrestations continuent d'être effectuées pour des motifs contestables. Le rapport critique également le code de la famille sénégalais qui maintient l'autorité paternelle et conjugale exclusivement aux hommes, privant ainsi les femmes de droits sur leur foyer et leurs enfants.
Amnesty alerte par ailleurs sur le drame de la migration irrégulière, avec plus de 900 personnes parties des côtes sénégalaises ayant péri en mer en 2024. L'ONG salue toutefois les efforts du nouveau gouvernement pour préserver les droits des communautés dans les zones d'exploitation minière.
Des documents exclusifs évoqués par Jeune Afrique, révèlent que le célèbre rapport sur les finances publiques, qui met en cause l'ancien régime, a fait l'objet de vives critiques au sein même de l'institution avant sa publication
(SenePlus) - Selon des documents confidentiels consultés par Jeune Afrique, le rapport sur la situation des finances publiques du pays, qui a fait grand bruit lors de sa publication le 12 février dernier, a provoqué de sérieuses divisions parmi les plus hauts responsables de l'institution.
Dans un document daté du 23 décembre 2024, Mamadou Thiao, président de la Chambre des affaires administratives de la Cour des comptes, a exprimé ses inquiétudes concernant « l'exhaustivité, l'exactitude et la pertinence des informations » présentées dans le rapport. Le haut magistrat a même estimé que ces éléments pourraient être « remis en cause » en raison de la méthodologie adoptée par les auditeurs.
Cette révélation de Jeune Afrique jette un nouvel éclairage sur un dossier qui secoue déjà profondément secoué la vie politique nationale. Pour rappel, le 26 septembre 2024, le Premier ministre Ousmane Sonko et son ministre de l'Économie Abdourahmane Sarr avaient organisé une conférence de presse retentissante pour présenter les résultats de l'audit des finances publiques lancé six mois plus tôt, après l'investiture du président Bassirou Diomaye Faye.
Lors de cette conférence, le gouvernement avait accusé l'ancien président Macky Sall d'avoir manipulé les chiffres des finances publiques et dénoncé une « corruption généralisée » sous son administration, accusations que l'ex-chef d'État conteste fermement aujourd'hui.
Dans la foulée, le gouvernement avait demandé à la Cour des comptes d'examiner cet audit, conformément à la loi du 27 décembre 2012 sur le Code de transparence des finances publiques. L'objectif semblait clair : faire valider les accusations portées contre l'administration précédente par une institution réputée indépendante.
C'est la Chambre des affaires budgétaires et financières (CABF) qui s'était vue confier cette mission délicate. Mais après analyse du projet de rapport fin décembre, Mamadou Faye, premier président de l'institution, avait lui aussi exprimé de sérieuses réserves dans un document que JA a pu consulter.
« Il a été demandé à la Chambre de commencer ses travaux par la vérification de la fiabilité des données contenues dans le rapport d'audit produit par le gouvernement. Cela n'a pas été fait. Ou bien, si cela a été fait, ce projet de rapport ne le reflète pas », aurait-il écrit, selon le magazine. Avant d'ajouter : « Ce qui peut être retenu de tout cela est que les auditeurs ne sont pas en mesure de se déterminer sur l'existence ou non d'un surplus de financement, aussi bien en 2022, qu'en 2023 ».
Ces observations font singulièrement écho à un contre-rapport produit mi-avril par l'Alliance pour la République (APR), le parti de Macky Sall. Intitulé « Clarifications et mise au point », ce document de 24 pages dénonce notamment le non-respect du principe du contradictoire et une « volonté manifeste de gonflement de l'encours total » de la dette.
Plus troublant encore, le rapport de l'APR affirme que « deux versions du rapport circulent dans le pays depuis plusieurs semaines », une information confirmée à Jeune Afrique par un financier qui a souhaité conserver l'anonymat.
Dès lors, plusieurs interrogations demeurent sans réponse : le rapport final de la Cour des comptes publié le 12 février a-t-il intégré les remarques critiques formulées par le premier président et le président de la Chambre des affaires administratives ? Pourquoi la CABF a-t-elle apparemment dépassé son mandat en réalisant un audit des finances publiques au lieu de se limiter au contrôle de la qualité de l'audit gouvernemental, comme l'exige la loi ?
Et surtout, pourquoi le rapport final n'a-t-il pas été signé par le premier président de la Cour des comptes ? Sollicité par Jeune Afrique pour répondre à ces questions, Aliou Niane, président de la chambre de discipline financière de la Cour des comptes, n'avait pas donné suite à la date de publication de l'article ce mardi 29 avril 2025.
par Souleymane Gueye
LE PILLAGE INVISIBLE
Dans un Sénégal marqué par les scandales du Covid-19 et les révélations sur la gestion des deniers publics, l'impact de la mauvaise gouvernance économique s'accentue par la facilité à contourner les structures réglementaires
La délinquance économique et financière : défis pour le développement du Sénégal
Les récents scandales financiers et les révélations de la Cour des comptes (1) mettent en lumière la mauvaise gouvernance économique au Sénégal, illustrant les obstacles majeurs au développement économique du pays. Cette gestion défaillante fragilise les institutions, aggrave les faillites d’entreprises, accroît le chômage et détériore les conditions de vie. Parallèlement, le détournement des ressources publiques et la corruption généralisée facilitent l’enrichissement illicite de certains acteurs politiques et économiques, compromettant la transparence dans des secteurs stratégiques comme les mines, le pétrole et le gaz.
Quels sont les mécanismes et processus qui alimentent cette délinquance ? Quelle est l’ampleur de cette criminalité ? Quelles sont les conséquences économiques de cette délinquance sur la stabilité macroéconomique, la réduction des inégalités, l’emploi et l’équité territoriale ? Quelles solutions pourraient être envisagées par le régime actuel pour lutter contre la délinquance financière ?
Gouvernance économique, corruption
Dans des pays comme le Sénégal, l’impact à long terme de la mauvaise gouvernance économique sur la croissance économique, la réduction de la pauvreté, et le développement endogène durable est plus accentué par la facilité à contourner les structures règlementaires (scandales du Covid 19, rapport de la cour des Comptes sur la gestion du régime précèdent, et plusieurs scandales financiers à la direction du Trésor et des Impôts et Domaines, ), des capacités relativement limitées du gouvernement (2) et l’absence d’une volonté politique affirmée de combattre ce fléau.
Cette délinquance économique et financière sape la confiance des citoyens et des investisseurs et crée un climat de corruption endémique. Cette corruption n’est pas seulement toxique pour la croissance économique au Sénégal, mais elle détruit également l’incitation à jouer franc jeu, conduisant finalement à une rupture de la foi et de la confiance que les citoyens ont envers les institutions et les autorités.
L’impact de toute activité productive est amoindri dans l’environnement corrompu du Sénégal, dans lequel les gens qui trichent, se livrent à la fraude, et détournent parviennent à réussir. Cette corruption et cette indemnisation des fraudes sont dangereuses pour la société et l’économie sénégalaises. C’est pour cela que les nouvelles autorités ont proposé des ruptures (3) dont la rupture avec la corruption si elle est matérialisée constituera un succès indéniable pour ce gouvernement et jettera les bases d’une croissance économique inclusive et, par conséquent, d’un avenir radieux pour le Sénégal.
Pour atteindre cet objectif une lutte acharnée doit être entreprise pour prévenir et combattre la délinquance économique et financière afin d’atténuer leurs effets néfastes - sur un endettement excessif (de 65.5% du PIB en 2019 à 99.6% du PIB en 2023), une augmentation du déficit budgétaire (de 9,85% en 2019 à 12.5% en 2023), une accumulation irrationnelle de richesse de la part de certaines personnalités politiques, du secteur privé, et de hauts fonctionnaires.
Dans l’ensemble, le développement durable du pays peut être compromis si les impacts négatifs résultant de la mauvaise gouvernance économique et institutionnelle des finances publiques ne sont pas jugulés par de fortes mesures pour prévenir et combattre la délinquance économique et le blanchiment de capitaux.
Ampleur de la criminalité économique
D’après le Fond Monétaire International (FMI), « la criminalité économique et financière est toute activité criminelle non violente qui a pour conséquence une perte financière ». Cette criminalité couvre une large gamme d’activités illégales, y compris la fraude économique, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent (4).
Au Sénégal, le processus le plus utilisé par les autorités politiques et les hommes d’affaires s’apparente au « schtroumpfage » (5), qui consiste à déposer des sommes d’argent en liquide provenant des deniers publics (abus du marché et de la règlementation, abus de pouvoir, fraude /évasion fiscale) auprès des établissements bancaires dans plusieurs comptes bancaires de particuliers qui les reversent ensuite aux membres du réseau après encaissement.
Ces fonds sont investis dans l’économie réelle par la création de sociétés écrans ou le placement des revenus dans des paradis fiscaux (7.5% des crédits octroyés par la Banque mondiale sont détournés vers des paradis fiscaux selon un récent audit des finances publiques) à travers une ingénierie très complexe. Une partie de ces fonds sont investis dans des secteurs d’activités tels que l’immobilier, la construction, la restauration, l’achat de biens de luxe, la vente de véhicules d’occasion, et la distribution au détail. A cette délinquance économique, s’ajoutent d’autre risques de blanchiment de l’argent générée par le trafic illicite de drogues et le commerce illicite de stupéfiants et des substances psychotropes qui peuvent exacerber les effets néfastes sur l’économie (perte de productivité, dépenses en santé, criminalité économique organisée).
Ces blanchiments de capitaux au Sénégal sont largement favorisés par l’utilisation généralisée d’argent liquide, l’importance du secteur informel, les incitations fiscales, et un système judiciaire qui ne permet pas à la police d’obtenir des informations fiables sur les acteurs clés du blanchiment d’argent.
Effets Économiques de la Délinquance Économique
Les effets néfastes des flux financiers illicites sur l’économie sénégalaise peuvent être analysés sous l’angle des difficultés à prendre des décisions rationnelles concernant les politiques économiques. Ce défaut de lisibilité de la situation économique, le manque de confiance des agents économiques et des bailleurs de fonds, et l’instabilité associée à ces flux illicites affectent la trajectoire de la croissance économique du pays. En effet, au-delà du problème de gouvernance économique/institutionnelle que reflètent l’importance des flux financiers illicites au Sénégal, les conséquences sur le développement économique du pays sont graves.
L’effet multiplicateur est très important pour une économie, mais dans un contexte où les flux financiers illicites sont prévalents, ces effets multiplicateurs d’investissement et de consommation sur l’économie ne se feront pas sentir du fait du transfert illégal de ces fonds. L’impact sur la croissance économique et la création d’emplois sera moindre. Les réinvestissements et l’expansion des entreprises seront contraries car les profits sont transférés illégalement vers les pays occidentaux. Il est estimé que le stock de capital augmenterait de 55% et le revenu réel par habitant de 15%, si les fonds illicites sont recyclés dans l’activité économique sénégalaise (flux financiers illicites rapport du FMI 2020).
Cela entraîne une hausse rapide du déficit budgétaire, une détérioration du compte courant et une spirale d’endettement susceptible de conduire à une récession économique. L’insoutenabilité de la dette pourrait inciter les investisseurs à se départir des obligations sénégalaises, provoquant une fuite massive de capitaux et déstabilisant l’économie. Heureusement que ce risque est amoindri pour le Sénégal du fait de la politique de transparence affichée par les nouvelles autorités. Face à cette instabilité macroéconomique, le gouvernement pourrait être contraint de recourir à une augmentation de la pression fiscale, ce qui risquerait d’aggraver davantage la crise économique.
Au-delà de ces impacts négatifs, la baisse des recettes fiscales résultant de ce phénomène limite la capacité de l’État à assurer des services publics essentiels tels que la santé, l’assainissement, la protection sociale, l’accès à l’eau potable, l’éducation, l’électricité et la sécurité. Cette situation compromet inévitablement l’indice de développement humain (0,517 avec une position de 169 sur 193) du pays ainsi que le développement de son capital humain qui reste très faible.
Du fait de la dépendance de l’économie aux industries extractives, les flux financiers illicites qui résultent de la source des contrats secrets et inégaux signés par les anciennes autorités impactent la création de valeur ajoutée et conséquemment la transformation structurelle de l’économie sénégalaise et le développement économique.
Solutions pour lutter contre la Délinquance Économique et Financière
Des solutions efficaces sont nécessaires pour freiner l’ampleur croissante de ces flux, en s’articulant autour des axes suivants :
Renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux, la corruption et l’abus de pouvoir, en poursuivant les responsables : Le Sénégal dispose de la CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières) chargée de détecter les activités suspectes liées au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme. Toutefois, il pourrait renforcer les ressources et capacités de ses institutions, améliorer l’efficacité des enquêtes, et mettre en place des programmes de formation continue pour les agents chargés de la répression afin qu’ils soient à jour sur les pratiques financières frauduleuses très sophistiquées et complexes.
Accélérer le recouvrement et le rapatriement des avoirs volés pour restaurer la confiance et renforcer les finances publiques : Le Sénégal participe à des initiatives internationales de coopération pour le recouvrement des avoirs, mais des résultats concrets restent limités. Le pays pourrait accélérer ce processus en établissant des accords bilatéraux ciblés avec les pays où les flux sont principalement destinés et en créant une unité spécialisée dédiée à la traque et au rapatriement des avoirs illicites.
Encadrer les incitations fiscales en réalisant des analyses coûts-avantages avant toute décision, afin de limiter les abus et maximiser les bénéfices économiques : Bien que le Sénégal applique des incitations fiscales pour attirer les investissements, le processus d’évaluation systématique des avantages économiques reste peu transparent. Une meilleure institutionnalisation des analyses coûts-avantages et la publication des résultats aideraient à garantir une meilleure gestion des politiques fiscales.
Examiner de manière approfondie le régime commercial lié aux flux financiers illicites, en identifiant les failles réglementaires : Le Sénégal pourrait approfondir l’évaluation des failles réglementaires spécifiques. Des audits réguliers et une collaboration renforcée avec des experts pourrait aider à identifier les vulnérabilités et à les corriger.
Renforcer la transparence dans le secteur extractif en exigeant la divulgation des bénéficiaires effectifs des contrats miniers, pétroliers et gaziers : Le Sénégal est membre de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et a instauré un système de déclaration des bénéficiaires effectifs. Toutefois, ces exigences pourraient être élargies à d’autres secteurs et les informations rendues plus accessibles au public pour renforcer la transparence.
Instaurer des mécanismes de transparence et de traçabilité des paiements dans les industries extractives, y compris la publication des contrats et des revenus générés : Le Sénégal publie des rapports ITIE détaillés sur les revenus extractifs, mais la mise en place d’une plateforme centralisée pour la publication en temps réel des contrats et paiements renforcerait la transparence. Une implication plus active de la société civile dans le suivi de ces données pourrait également être bénéfique.
Renforcer les contrôles douaniers et les capacités des institutions de surveillance financière pour détecter et prévenir les flux financiers illicites : Des mesures de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sont en place, mais des défis persistent, notamment concernant le trafic illicite. Le renforcement des ressources douanières, l’acquisition de technologies de détection avancées, et l’amélioration de la coordination interinstitutionnelle permettraient de mieux contrôler les flux financiers.
Promouvoir la coopération internationale pour le partage d’informations fiscales et financières et la lutte conjointe contre l’évasion fiscale et les transferts illicites : Le Sénégal est membre du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et participe à des forums régionaux. Pour aller plus loin, le pays pourrait signer davantage d’accords d’échange automatique d’informations fiscales pour renforcer la coopération transfrontalière.
Mettre en place des sanctions dissuasives contre les institutions financières et les entreprises impliquées dans des pratiques illicites : Le cadre légal sénégalais prévoit des sanctions, mais leur application demeure inégale et très timide. Une meilleure application des lois, accompagnée d’une publication régulière des sanctions imposées, renforcerait l’effet dissuasif et encouragerait la conformité des institutions financières.
Sensibiliser les acteurs économiques et les citoyens aux enjeux des flux financiers illicites et à l’importance de la transparence économique : Des campagnes de sensibilisation sont menées par des institutions telles que l’OFNAC, mais leur portée reste limitée. Une approche plus structurée, impliquant les médias, la société civile et les institutions éducatives, permettrait d’élargir la sensibilisation et de renforcer l’engagement citoyen contre les pratiques illicites.
Renforcer le cadre légal et institutionnel pour garantir l’application stricte des lois contre la corruption et l’évasion fiscale : Le Sénégal dispose d’un cadre juridique de base, mais l’efficacité institutionnelle pourrait être renforcée. Des réformes visant à accroître l’indépendance des institutions de contrôle et à renforcer leur capacité opérationnelle contribueraient à une meilleure application des lois et à la réduction des flux illicites.
En conclusion, les flux financiers illicites et les défis économiques qui en découlent, tels que la fuite des capitaux, le rapatriement des profits, le manque de transparence, le secret bancaire, l’opacité autour des bénéficiaires effectifs et des paiements dans les secteurs minier et gazier, doivent constituer une priorité pour les nouvelles autorités. Pour freiner l’ampleur croissante des flux financiers illicites, le Sénégal doit renforcer ses efforts existants en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le recouvrement des avoirs volés, l’encadrement des incitations fiscales, la transparence dans le secteur extractif, les contrôles douaniers, la coopération internationale, la mise en place de sanctions dissuasives, la sensibilisation des citoyens et le renforcement du cadre légal et institutionnel, tout en comblant les lacunes identifiées afin d’assurer une gouvernance économique plus transparente et durable.
Bibliographie
CENTIF (Cellule nationale de traitement des informations financières) et Le parquet financier
“L’investigation, déclenchée, selon le parquet, à la suite d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des information financières, chargée de surveiller les mouvements financier suspects, porte sur des faits présumés de blanchiment de capitaux, d’escroquerie sur les deniers publics, de corruption, de trafic d’influence et d’abus de biens sociaux ».
Rapport de la Cour Des Comptes de 2019- 2023
Récente création et l’installation du Parquet financier
Dans sa déclaration de politique générale l’actuel premier du Sénégal Ousmane Sonko a énuméré un certain nombre de ruptures allant de la rupture avec la souveraineté, la corruption, le chômage, l’injustice, l’insécurité alimentaire, l’inégalité des chances et l’exclusion sociale.
En outre le concept de blanchiment des capitaux n’est rien d’autre que le « processus par lequel la source illicite d’actifs obtenus ou produits par une activité délictuelle est dissimulée pour masquer le lien entre les fonds obtenus et le délit initial » est généralement acceptée par la communauté internationale
Voir Amadou Tidiane Cissé » Afrique de l’Ouest, Nouvel Eldorado du crime organise immersion au cœur du business juteux des hors la loi »
FRAPP DÉNONCE UNE MANIPULATION MÉDIATIQUE SUR LA MENACE TERRORISTE AU SÉNÉGAL
Dans un communiqué, Le mouvement panafricaniste alerte sur une tentative de légitimer une présence militaire étrangère, notamment française, sous couvert de lutte contre le terrorisme.
Le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP) monte au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de tentative de manipulation politique et médiatique autour de la menace terroriste au Sénégal. Dans un communiqué rendu public ce mardi 29 avril 2025, le mouvement panafricaniste pointe du doigt une stratégie délibérée visant à légitimer une présence militaire étrangère, notamment française, sous couvert de lutte contre le terrorisme.
Le FRAPP s’alarme de la coïncidence entre l’annonce du retrait progressif des troupes françaises en Afrique et les récentes publications de Jeune Afrique et de RFI, qui évoquent la possibilité d’une attaque du groupe terroriste JNIM sur le sol sénégalais. Pour le mouvement, ces publications ne relèvent pas du hasard, mais d’une manœuvre orchestrée pour justifier une nouvelle forme d’ingérence.
Dans sa déclaration, le FRAPP condamne fermement ce qu’il appelle le « chantage au terrorisme », utilisé selon lui comme prétexte par les puissances occidentales pour maintenir leur influence en Afrique. Il dénonce également la « complicité » de certains médias internationaux, accusés de relayer une propagande néocoloniale au détriment de la souveraineté des peuples africains.
« Le peuple sénégalais n’a pas besoin de troupes étrangères pour assurer sa sécurité. Ce dont il a besoin, c’est de souveraineté, de dignité et de justice sociale », affirme le communiqué, appelant à une mobilisation populaire contre toute tentative d’ingérence.
Le FRAPP invite les États de la sous-région à privilégier une coopération panafricaine, indépendante des agendas extérieurs, pour faire face aux défis sécuritaires. Il plaide pour une approche collective, enracinée dans la volonté des peuples africains, afin de restaurer durablement la paix et la stabilité sur le continent.
« Le Sénégal n’est pas une colonie. C’est un pays souverain, déterminé à se gouverner librement et à protéger son avenir sans tutelle étrangère », conclut le communiqué, signé par le Secrétariat Exécutif National du FRAPP.
BAL 2025, L’ASCVD FAIT TOMBER LE CHAMPION EN TITRE PETRO LUANDA
Portée par son public, le club dakarois a arraché une précieuse victoire. Un succès à l’arraché qui relance les champions du Sénégal dans la course aux “Finals 8”.
L’Association sportive de la ville de Dakar (ASCVD) a battu, mardi, (65-64), le tenant du titre Petro Luanda, enregistrant ainsi deuxième victoire lors de la troisième journée de la Conférence Sahara de la Basketball african League(BAL) au Dakar Arena de Diamniadio.
Après un début en fanfare, infligeant, 7-0 à Petro de Luanda, l’ASCVD est tombée dans ses travers comme lors de sa défaite de dimanche. Fébrile en défense et accumulant des déchets techniques, le champion du Sénégal a permis aux champions d’Angola de revenir dans le jeu.
A la fin du premier quart temps, le score est de 18-16 en faveur des locaux.
Au début du deuxième quart temps, les champions en titre de la BAL retrouvent leur dynamisme et dominent sur le parquet. Ils terminent le second quart temps, avec un écart de quatre points, 37-34.
Poussés par le public, les Dakarois reviennent des vestiaires plus engagés avec Thierno Ibrahima Niang, Harouna Amadou Abdoulaye, Matar Guèye et Ater James Majaok.
L’ASCVD reprend la domination en terminant ce quart temps, avec un avantage de deux points, 52-50.
Le dernier quart temps est âprement disputé par les deux formations, aucune des deux équipes ne voulant perdre ce match crucial pour la suite du tournoi.
Elles se tiennent au score jusqu’au bout. Très solides, les locaux infligent au tenant du titre son deuxième revers.
Jeudi, ils vont rencontrer pour la phase retour Kriol Star. Les Cap Verdiens avaient dominé les Sénégalais, dimanche, lors de la deuxième journée.
En début de soirée, l’Union sportive mostarienne (Tunisie) s’est imposée (88-72) devant Kriol Star du Cap Vert, signant sa deuxième victoire d’affilée.
L’US Monastir va affronter Petro Luanda en difficulté.
La Conférence Sahara de la BAL se dérouler au Dakar Arena jusqu’au 4 mai. Les deux premières équipes se qualifient directement pour les ”Finals 8”, prévues du 6 au 14 juin, à Pretoria (Afrique du Sud).