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30 août 2025
LA CHUTE DES BARONS DU RIZ
Le dossier du Fonds de riposte contre les effets de la Covid 19 n’a pas fini de parler de lui. De gros calibres du milieu des affaires sénégalaises sont sur la corde raide. Les enquêteurs de la Dic ont été chargés de les arrêter
Le dossier du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid 19 (Force Covid) n’a pas fini de parler de lui. De gros calibres du milieu des affaires sénégalaises sont sur la corde raide. Les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (Dic) ont été chargés de les arrêter.
Certains noms sont méconnus des Sénégalais.
Les nommés Moustapha Ndiaye, Hachem Rayam, Mouhamed Dieng, Mariata Basse, Ibrahima Macodou Fall, Mouhamed Ady San et Abdoulaye Diallo sont passés, hier mercredi 23 avril 2025, dans les locaux de la Division des investigations criminelles (Dic) pour y être interrogés avant d’être déférés. Et s’ils ne mettent pas de caution de garantie sur la table, nul doute que les portes de la prison risquent de leur être grandement ouvertes.
Les poursuites engagées contre ces personnes sont la conséquence du rapport d’audit de la Cour des comptes, intitulé ‘’Contrôle de la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19 (Force Covid) – Gestion 2020-2021. Initié sous l’ancien régime, le rapport définitif n’a été rendu public que le 19 août 2022, sans connaître de suites judiciaires. Dépoussiéré par le nouveau pouvoir, il a déjà permis l’arrestation de plusieurs dizaines de personnes, dont des agents de l’État.
Au cœur de la mafia du riz
Nos sources renseignent que l’œil du cyclone dans cette affaire, à cette étape de la procédure, est le dossier du riz et des gels hydroalcooliques qui aurait fait l’objet de grosses surfacturations. Le rapport définitif de la Cour des comptes indiquait bien que ‘’le montant du surplus facturé par les fournisseurs qui s’établit à 2 749 927 498 F CFA’’. Et comment ? ‘’Les prix facturés pour l’acquisition des gels hydroalcooliques et des denrées doivent être conformes à ceux prévus par les arrêtés susvisés portant homologation des prix. La cour constate que les prix d’acquisition sont supérieurs à ceux fixés par les arrêtés précités’’ et décortique plus clairement les termes de la présumée surfacturation en ces termes : ‘’Concernant les acquisitions de riz, l’arrêté n°007111 précité fixe le prix de la tonne chez le grossiste à 245 000 F CFA la tonne ; les frais de manutention sont fixés à 5 001 F CFA la tonne par le ministère du Commerce, soit un prix global de 250 001 F CFA. Or, il a été fixé par le MDCEST à 275 000 F CFA la tonne, soit un manque à gagner de 24 999 F CFA par tonne’’.
C’est sur ce dossier précis que Hachem Rayam, en sa qualité de directeur général de la société Avanti et Afri&Co, Moustapha Ndiaye de CCMN et Mouhamed Dieng de Bambouck ont été entendus. Les enquêteurs, nous indique-t-on, ont interrogé ces derniers sur le surplus facturé pour les achats de riz, en insistant sur le pourquoi du différentiel. Sur les 2,7 milliards indexés, Avanti, spécialisée dans la distribution du riz, même si elle ratisse dans d’autres domaines, se taille la part du lion avec 1,1 milliard, suivi par Afri&Co 749,989 millions, CCMN 749,970 millions F CFA.
La société Avanti, qui a son siège à l’avenue Lamine Guèye, était restée discrète dans cette affaire depuis que le dossier a été agité, malgré les charges lourdes retenues contre elle. Et si Rayan Hachem, dont le nom est associé à la boîte Planet Kebab, est bien connu à Dakar, celui qui se cache derrière lui, qui est le vrai patron d’Avanti, est quant à lui d’une extrême discrétion. Il s’agit de Ramez Samir Bourgi. Les investigations entamées remonteront-elles jusqu’au cerveau ? Mystère et boule de gomme !
Ce qui est clair, c’est qu’il y a des anguilles sous beaucoup de dossiers et qu’à force de creuser, les enquêteurs pourraient tomber sur d’autres affaires plus sulfureuses.
Moustapha Ndiaye et Rayam Hachem ne sont pas les seules personnes entendues sur le riz. Selon nos sources, Mouhamed Dieng de la société Bambouck est aussi sous la menace de la prison. Il est politique et membre de l’Alliance pour la République (APR) dans le département de Koungheul. Il fut membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
À noter qu’avant ces gros calibres de l’agrobusiness sénégalais, l’ex-directeur de l’Administration générale et de l’équipement du ministère du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Aziz Sow avait été arrêté pour surfacturation sur le riz. Aux dernières nouvelles, certains ont bel et bien accepté le principe de cautionner à coups de montants faramineux.
Nous y reviendrons dans notre prochaine édition.
TEMPÊTE SUR L'ITA
Des cadres de l'Institut de technologie alimentaire (ITA) tirent la sonnette d'alarme face à ce qu'ils qualifient de "gouvernance scandaleuse" du nouveau DG. Ils dénoncent un climat délétère qui risque de mener la structure droit dans le mur
Mécontents de la gestion “cavalière” de leur outil de travail, des cadres de l'Institut de technologie alimentaire (ITA) ont contacté ‘’EnQuête’’ pour fustiger ce qu'ils considèrent comme une gouvernance scandaleuse qui mène la structure droit vers le mur.
Rien ne va plus à l'Institut de technologie alimentaire (ITA). Depuis quelques jours, voire des semaines, la direction et les personnels se regardent en chiens de faïence. Les travailleurs, n'en pouvant plus d'évoluer dans ce climat délétère, ont décidé de sortir de leur mutisme et prennent à témoin l'opinion sur des dysfonctionnements graves qui risquent d'impacter négativement la structure. Des dysfonctionnements qu'ils imputent au nouveau directeur général. “Sa gouvernance est pire que ce que nous avons connu avec l'ancien directeur et que le personnel dénonçait”, accuse d'emblée un des représentants du personnel qui s'est confié à "EnQuête".
Notre interlocuteur rappelle d'ailleurs que la semaine dernière, les travailleurs avaient alerté avec le port de brassards rouges, mais le directeur n'a rien voulu entendre ; ce qui les pousse à vouloir passer à la vitesse supérieure. “Une réunion d'évaluation est d'ailleurs prévue aujourd'hui', rapporte la source.
Mais quels sont donc les griefs contre la nouvelle administration ? Ils sont de plusieurs ordres. Depuis quelque temps, les activités de recherche sont au ralenti au niveau de certains services. Le directeur, selon les représentants des travailleurs, fait tout pour empêcher certains chefs de service de faire leur job.
“Comme il ne peut pas grand-chose contre certains chefs de service qui sont statutairement protégés, il fait tout pour les bloquer dans leur fonctionnement. Par exemple, avant, il y avait des réunions auxquelles participaient tous les chefs de service ; il ne les tient plus. Il se réunit juste avec son staff et après nous transmet ses décisions. Il n'y a presque plus de véritables activités de recherche”, dénonce notre interlocuteur.
Copinage dans la gestion des personnels
Les impacts sont déjà palpables au niveau de la plupart des services de l'ITA. C'est le cas, par exemple, avec le projet agropole. Lequel aurait été enlevé au cadre qui jusque-là s'en occupait et qui y a fait d'excellents résultats. “On l'a enlevé juste parce qu'il était nommé à ce poste par son prédécesseur. Aujourd'hui, le projet marche au ralenti, parce qu'au niveau supérieur on connait l'ancien responsable”, renseigne notre source.
La direction a également pris des mesures qui risquent d'entraver le projet de l'institut relativement au développement des pôles territoires. “Comme vous le savez, l'État veut mettre en place des pôles territoriaux, avec une volonté de développer des filières dans chaque pôle. L'ITA doit jouer un rôle important dans cette perspective, avec notamment la mise en place d’antennes. Pour empêcher certains d'avoir des responsabilités, le directeur a supprimé une zone, dans le seul but de combattre un des responsables”, regrette notre source.
Faible plateau technique, absence de motivation
Pour lutter contre ces dérives et sortir l'ITA de l'impasse dans laquelle il se trouve depuis des semaines, les travailleurs ont engagé le bras de fer et somment la direction de revenir à l'orthodoxie et au respect des partenaires sociaux. Dans un document reçu à ‘’EnQuête’’, ils reviennent sur leurs différentes revendications.
En ce qui concerne les recrutements et la gestion de la carrière des agents, ils exigent une plus grande implication des partenaires sociaux ; plus de justice et de transparence dans la gestion de la carrière. Les travailleurs demandent aussi la finalisation de certains textes réglementaires et de tous les points d'accord du protocole conclu avec l'ancienne administration.
En sus de ces revendications, les agents réclament également de meilleures conditions de travail et plus de motivation. Dans le même sillage, ils demandent des mesures pour renforcer le plateau technique, indispensable pour permettre aux chercheurs de faire leur travail. La plateforme parle également de l'amélioration de l’environnement de travail “pour la sécurité du personnel, conformément à la réglementation en vigueur”.
Les travailleurs exigent, en outre, “la réparation des toilettes défectueuses, l'aménagement d’un système de drainage de l’eau de pluie, etc.”. Pour eux, il est indispensable que la direction traite les agents et les services avec la même dignité, le même respect. “Aujourd'hui, tous les projets sont orientés vers son domaine : phyto, lutte contre les nuisibles au détriment de l'agroalimentaire. Aussi, il y a trop de copinage dans la gouvernance”, dénoncent les délégués des travailleurs.
Après plusieurs tentatives restées infructueuses, ‘’EnQuête’’ a réussi à entrer en contact, hier, avec le directeur, M. Guèye, vers les coups de 18 h. Ce dernier a, dans un premier temps, sollicité de notre part de rappeler vers 20 h, puisqu'il était en route. Comme convenu, nous avons essayé à plusieurs reprises de le rappeler, en vain. Tantôt les appels tombaient dans la boite vocale, tantôt ça sonnait dans le vide. Nous lui avons alors laissé un message auquel il a réagi vers les coups de 21 h 30. C'était pour voir si l’on peut sursoir à la publication, parce qu'il était toujours en route pour Saint-Louis, a-t-il précisé.
Nos colonnes lui sont ouvertes pour donner sa version des faits quand il le souhaitera.
ISMAILA MADIOR FALL, LA SURPRISE DU PROCUREUR
Contrairement à ses anciens collègues du gouvernement poursuivis pour la gestion des fonds Covid, l'ancien ministre de la Justice fait face à des accusations d'une tout autre nature : des faits présumés de corruption qui surprennent les observateurs
Alors que la plupart de ses anciens collègues sont poursuivis pour des faits relatifs à la gestion des fonds Covid, l'ancien ministre Ismaila Madior Fall est poursuivi pour des faits de corruption.
On en parlait depuis quelques jours, depuis la sortie des procureurs sur la reddition des comptes. Sans donner de noms, le procureur général, Mbacké Fall, révélait qu'une procédure de mise en accusation par l'Assemblée nationale a été déclenchée. “Le moment venu, vous serez informés sur l'identité de ces cinq ministres, parce que les résolutions de mise en accusation seront débutées à l'Assemblée”, soulignait le chef du parquet du ressort de la Cour d'appel de Dakar, tout en précisant que la liste n'est pas exhaustive.
Depuis, la chronique a beaucoup épilogué sur les noms des ministres concernés. Pour certains, il n'y avait pas de suspense. C'est le cas en particulier des ministres Mansour Faye et Moustapha Diop dont les noms reviennent très souvent dans le dossier Covid-19. Hier, la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale s'est réunie à l'effet d'examiner la lettre du ministre de la Justice portant demande de levée de l'immunité parlementaire des députés Salimata Diop et Moustapha Diop, préalablement à leur mise en accusation.
Le compte rendu de la réunion a levé le voile qui couvrait jusque-là le reste des ministres concernés. Outre la confirmation des ministres Mansour Faye et Moustapha Diop, la Conférence des présidents cite également Aissatou Sophie Gladima et Salimata Diop. Mais la grande surprise, c'est l'ancien ministre de la Justice, ancien ministre des Affaires étrangères Ismaila Madior Fall. Que fait-il donc dans cette liste, vu que son nom ne semble pas ressortir dans le dossier Covid ?
Selon nos informations, l'ancien ministre est effectivement poursuivi pour une affaire de corruption le concernant. Nos sources n'ont pas voulu donner plus de détails sur la question.
Le calendrier de l'Assemblée dévoilée au public
Les prochains jours seront donc très mouvementés à l'hémicycle. D'abord, en ce qui concerne la levée de l'immunité parlementaire de Salimata Diop et Moustapha Diop, le calendrier se décline comme suit : mise en place de la commission ad hoc le vendredi 25 avril 2025 à 10 h ; plénière de ratification le lundi 28 à 10 h et enfin la plénière de levée le vendredi 2 mai à 10 h.
Relativement à la résolution de mise en accusation, la Conférence des présidents a fixé la réunion de la Commission des lois le vendredi 2 mai à 15 h. La plénière est prévue le jeudi 8 à 10 h, selon les services de communication de l'institution parlementaire.
L'acte de mise en accusation devant l'Assemblée nationale est donc la première étape d'une longue procédure. Elle sera suivie de la phase cruciale de l'instruction qui, elle, est mise en œuvre par une commission exclusivement composée de magistrats. La loi relative à la Haute cour de justice précise : “Il est créé auprès de la Haute cour une commission d'instruction présidée par le premier président de la Cour d'appel de Dakar suppléé, en cas d'empêchement, par le président de la Chambre d'accusation de la même cour et comprenant quatre membres titulaires et quatre suppléants.” Ces derniers, prévoit la loi, sont désignés au début de chaque année judiciaire parmi les magistrats du siège de la Cour d'appel de Dakar par l'assemblée générale de la cour, hors la présence des magistrats du parquet.
“Le ministère public est, quant à lui, assuré par le procureur général près la Cour suprême. Et le service du greffe par le greffier en chef près la Cour suprême. Dans les 24 heures qui vont suivre la transmission de la résolution, le procureur général notifie la mise en accusation au président de la cour et au président de la commission d'instruction”, rappelait-on dans nos précédentes éditions.
Par ailleurs, il convient de noter que les arrêts de la cour ne sont susceptibles “ni d'appel ni de pourvoi”. Il en est de même des actes de la commission d'instruction qui “ne sont susceptibles d'aucun recours”, aux termes de l'article 21 al 2 de la loi sur cette haute juridiction. C'est d'ailleurs une des principales critiques, au-delà de sa composition essentiellement politique. Contrairement à une idée répandue qui estime que les politiques ne participent pas à la délibération, il faut noter que devant cette juridiction, les décisions sont prises de manière collégiale comme dans n'importe quelle juridiction. L'article 33 de la loi 2002-10 du 22 février 2022 est formel à ce propos. Il dispose : “La Haute cour, après clôture des débats, statue sur la culpabilité des accusés. Il est voté séparément pour chaque accusé sur chef d'accusation et sur la question de savoir s'il y a des circonstances atténuantes. Le vote a lieu par bulletin secret à la majorité absolue.”
VERS DE NOUVEAUX CODES DU TRAVAIL ET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
À l’ouverture de la quatrième Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité, le président Faye a annoncé l’élaboration de ces nouveaux codes. Ces réformes visent à étendre la protection sociale aux acteurs de l’économie informelle.
Le gouvernement est train d’élaborer de nouveaux Code du travail et de la sécurité sociale afin d’y intégrer des réformes nécessaires qui garantissent une meilleure protection des travailleurs et une prise en compte du secteur dit informel.
‘’Les réformes [sont] en cours pour disposer de nouveaux codes du travail et de la sécurité sociale, afin d’assurer une meilleure protection sociale qui sera étendue aux acteurs de l’économie informelle’’, a dit le président Bassirou Diomaye Faye, lors de la cérémonie d’ouverture de la quatrième Conférence sociale sur l’emploi et l’employabilité.
Cet évènement de deux jours, qui se tient au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, situé à trente kilomètres de Dakar, porte sur le thème : ‘’Emploi et Employabilité : Défis et perspectives pour un Sénégal souverain, juste et prospère’’.
Plusieurs autorités gouvernementales, dont le ministre du Travail, de l’Emploi et des relations avec les institutions, Abass Fall, des travailleurs, des organisations syndicales et patronales, des partenaires techniques et financiers prennent part.
Dans son discours, le chef de l’État a également listé les nombreuses initiatives étatiques en matière d’emploi et d’employabilité, dans le domaine de la formation professionnelle et technique, par exemple.
Il s’agit, entre autres, du programme de l’apprentissage de masse, du projet de formation pour l’autonomisation des femmes, du projet de formation des talibés dénommé ‘’Daara Atelier’’ visant à former 15 000 pensionnaires d’écoles coraniques dans divers métiers à l’horizon 2029.
Le président Faye a également fait état de la généralisation de l’internalisation des modules sur l’entrepreneuriat dans les filières de formation, l’insertion des centres d’incubation dans les établissements de formation professionnelle et technique, le renforcement du dispositif innovant d’insertion des jeunes à travers les masterclass et les caravanes de l’insertion, et la mise en place d’une plateforme nationale d’insertion professionnelle.
‘’Tout cela [est] moulé dans la grande offensive pour la formation professionnelle, a-t-il fait savoir, soulignant que toutes ces initiatives aussi ‘’méritoires’’ qu’elles soient ne peuvent prospérer sans ‘’un climat social apaisé’’.
‘’C’est pourquoi il est important d’instaurer un dialogue responsable entre le gouvernement, les organisations d’employeurs et les organisations syndicales des travailleurs ainsi que la société civile. C’est cela le garant d’un cadre d’épanouissement aux entreprises et la sauvegarde des intérêts des travailleurs’’, a indiqué le chef de l’Etat.
LE MAGISTRAT MOUHAMADOU BACHIR SÈYE ENTRE AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Sa nomination marque non seulement la reconnaissance d’une carrière exemplaire, mais survient également dans un climat de deuil et de transition, après la disparition du président de l’institution, Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025.
La nomination de l’honorable magistrat à la retraite Mouhamadou Bachir Sèye au Conseil constitutionnel du Sénégal intervient à un moment particulier pour la plus haute juridiction du pays.
Elle marque non seulement la reconnaissance d’une carrière exemplaire, mais survient également dans un climat de deuil et de transition, après la disparition du président de l’institution, Mamadou Badio Camara, décédé le 10 avril 2025.
Mouhamadou Bachir Sèye succède à Mouhamadou Diawara, dont le mandat est arrivé à terme en décembre 2024. Il intègre ainsi le collège des sept sages pour un mandat de six ans. Cette arrivée au sein du Conseil constitutionnel, endeuillé, prend une dimension encore plus solennelle.
À 65 ans, Bachir Sèye est perçu comme un magistrat d’une grande rigueur, dont la carrière est un modèle de professionnalisme et de fidélité aux valeurs républicaines. Sa nomination comme membre de l’institution est à la fois un hommage à son engagement et une réponse à l’exigence de stabilité et de confiance dans une période marquée par la perte de Mamadou Badio Camara, une figure emblématique de la justice constitutionnelle sénégalaise.
L’installation de Mouhamadou Bachir Sèye aura lieu le lundi 28 avril 2025 à 11 heures, dans la Salle d’audience de la Cour suprême.
Désormais membre d’un organe appelé à jouer un rôle majeur dans le fonctionnement démocratique du pays, il aura la mission de veiller à la conformité des lois et décisions avec la Constitution — un rôle qu’il est prêt à assumer avec la hauteur et l’expérience qui ont toujours caractérisé son parcours.
IBRAHIMA HAMIDOU DÈME DÉNONCE UNE FAILLITE LÉGISLATIVE ET MORALE
L’ancien magistrat et président du parti Etic salue la décision du Conseil constitutionnel comme une réaffirmation de l’autorité de la Constitution. Il accuse Pastefde vouloir semer la confusion autour d’un verdict qu’il juge pourtant limpide
Dans une publication sur sa page Facebook, Ibrahima Hamidou Dème, ancien magistrat et président du parti ETIC, est revenu sur la décision du Conseil constitutionnel relative à la loi dite « interprétative ». Il salue la « réaffirmation du rôle du Conseil en tant que garant de la suprématie de la Constitution », tout en critiquant l’attitude du parti Pastef.
Selon lui, cette décision vient confirmer, après celle sur le report de l’élection présidentielle, que le Conseil constitutionnel demeure un « gardien vigilant » de la Charte fondamentale. Il accuse le parti au pouvoir de vouloir semer la confusion autour d’une décision qu’il juge pourtant claire. « Le parti Pastef et son leader, pensant que la communication peut faire admettre tout et son contraire, tentent en vain de réinterpréter une décision pourtant limpide », a-t-il écrit.
Pour le membre de l’opposition, la censure de l’article 1er, cœur de la loi interprétative, ne fait aucun doute : « Même l’esprit le moins averti comprend que cette décision a censuré l’article 1er, essence de cette loi scélérate dite ‘interprétative », ajoute M. Dème. Celui-ci voit de la décision du Conseil constitutionnel une leçon non seulement juridique, mais aussi politique.
Il conclut en appelant au respect des principes démocratiques : « Il ne reste plus qu’à respecter les règles du jeu démocratique et à tirer toutes les leçons de cette faillite législative et morale ».
Par Ibou FALL
AMADOU BA DEVRA COPIER CENT FOIS «ANTICONSTITUTIONNELLEMENT»
Une p’tite ombre au tableau : Amadou Bâ, le député de Pastef, qui ramasse un râteau du Conseil constitutionnel. Non, aucun courrier de Macky Sall concernant une possibilité de troisième mandat ne figure aux archives. Ça aurait corsé l’accusation ?
C’est une bien triste semaine pour tous les catholiques dont le chef de l’Eglise, le Pape François, «qui venait de l’autre bout du monde», s’est éteint lundi passé, le lendemain de Pâques. Paix à son âme. A son dernier souffle, il est à la tête de l’Etat sans doute le plus puissant de la planète, avec un milliard quatre cents millions d’âmes à sa dévotion.
Au Sénégal, on doit au Clergé une école de qualité, qui tient debout quand tout autour ça s’effondre dans l’éducation et l’instruction. Et aussi des serviteurs de l’Etat remarquables, de l’envergure du regretté Bruno Diatta, mais surtout notre premier président de la République, qui nous fera honneur partout dans le monde. Léopold Sédar Senghor, homme du monde pétri de culture et de savoir-vivre, au sens élevé de la République, qui s’évertuera à bâtir une Nation, c’est-à-dire un peuple sans couture, avant de rendre les clés du palais de la République avec cette classe qui le caractérisera sa vie durant.
Vos «Sénégalaiseries» sont également en berne cette semaine : elles viennent de perdre un de leurs lecteurs les plus assidus, Alioune Badara Ndiaye, que nous appelions affectueusement «Pa Ndiaye». Un patriarche comme beaucoup aimeraient en descendre. A chacune des publications d’un de mes recueils, il en achetait beaucoup et les offrait à ses amis. Il m’aimait bien et je le lui rendais autant. Ses conversations passionnantes, son humour et son rire contagieux nous manqueront. Que son âme repose en paix. Après ces minutes de silence, revenons à nos pittoresques sénégalaiseries.
Finalement, dans l’affaire des fonds Covid, après les seconds couteaux de l’Administration et les Vip bon chic, bon genre du régime précédent, ce seront cinq ministres qui vont devoir rendre des comptes. L’Assemblée nationale ne fera pas beaucoup de chichis pour leur mise en accusation, à mon sens. Y’en a déjà à qui on interdit de sortir du territoire, juste sur sa bonne bouille…
Un ministre, ça passe ; mais cinq, ça casse ?
Ce n’est plus une affaire de p’tit malfrat, mais de mode de gouvernance. La prochaine étape, à n’en pas douter, visera plus haut : le chef de gouvernement… Sauf erreur indépendante de ma volonté, à cette époque, c’est Macky Sall qui s’y colle. Juste après la Présidentielle de 2019, sans crier gare, il décide de passer en mode «fast track». On ne sait pas trop ce que ça veut dire, mais ça applaudit à tout rompre dans les rangs de l’Apr.
Il aurait des projets plein la tête, mais avec un Premier ministre godillot et un gouvernement de bras cassés, ça ne le fait pas… Ça le croirait presque en campagne électorale pour un troisième mandat. Signe des temps, toute cette période, tout ce qui évoque l’impossibilité d’un troisième mandat est viré sans ménagement.
Quand arrive le Covid, alors que la dette intérieure s’évalue à mille milliards de francs Cfa, que les comptables des entreprises tirent des tronches d’enterrement, le chef de l’Etat et ses ministres décident d’autorité, à l’unanimité des Vip de la scène publique, de consacrer le même montant aux chômeurs, aux traîne-savates, aux branleurs, aux mauvais coucheurs et aux frustrés de l’huile de coude. Ça distribue de tout et n’importe quoi : de l’eau bricolée, des masques, du riz, et même des pyjamas…
Côté intrigues, ça s’en donne à cœur joie dans les couloirs des distributeurs d’aides, au point que des chanteurs sans succès en deviennent des patrons de presse reconnus. Comme dirait Dieudonné Mbala Mbala, «dormez, braves gens, je m’occupe de votre argent».
Maintenant, le temps des comptes à rendre arrive avec ses grands sabots… Après les ministres dont l’imminente mise en accusation ne fait pas l’ombre d’un doute, la Haute cour de justice pourra enfin s’attaquer au gros morceau : après le meurtre de quatre-vingts dignes fils du pays et la falsification de la comptabilité publique, il ne manquera certainement pas un ministre qui pourrait vendre la peau de l’ancien Président pour sauver ses fesses. C’est la loi du genre…
Une p’tite ombre au tableau : Amadou Bâ, le député de Pastef, qui ramasse un râteau du Conseil constitutionnel. Non, aucun courrier de Macky Sall concernant une possibilité de troisième mandat ne figure aux archives. Ça aurait corsé l’accusation ? Cerise sur le gâteau, le même regroupement de «Sages» vient d’invalider sa loi interprétative.
Ah, le bonheur d’utiliser l’ancien mot le plus long de la langue française : anticonstitutionnellement…
Une fois n’est pas coutume : cette semaine, c’est Thierno Alassane Sall, TAS pour les paresseux, qui tient le haut du pavé… Jusque-là, à Pastef, ça le regarde de haut. Certes, ce n’est pas un habitué des «Unes» fracassantes qui battent les records de vente en fin de journée. Sur les réseaux sociaux, il n’est pas celui dont les vidéos et les photos passent pour des reliques et des icônes chez kids et les midinettes.
Son plus haut fait d’armes est son bras de fer avec le président de la République à propos de la compagnie française Total, alors qu’il est ministre en charge du Pétrole. Bien entendu, ça se termine par un limogeage brutal. Démissionner du gouvernement quand on ne s’entend plus avec le patron ne serait-il pas plus simple ?
A-t-on idée…
Ça n’en fait pas pour autant un héros du peuple des frustrés, qui veulent que la France dégage, avec son franc Cfa, ses bidasses cantonnés en bordure de mer et son charabia, notre langue officielle, qui semble du chinois pour nos actuels gouvernans. Il se voit débordé sur la gauche par une drôle de petite Frapp, et sur la droite, par une bande de fiscalistes exaltés. Ces gens font du bruit, commettent des dégâts, se donnent en spectacle régulièrement, et ça plaît souverainement à la plèbe. TAS a beau arborer sur le front la preuve qu’il pose son front par terre assidument et poser comme un patriote aux yeux desquels la République a des valeurs inestimables, dans l’ordinaire canaille populaire, ça a du mal à y croire : pensez donc, un ancien rouage du système dézingué contre sa volonté.
Et puis, quelle est cette idée folle de croire qu’on peut vendre à grande échelle l’image d’un honnête homme à une populace d’électeurs pour qui frauder, mentir, voler, trahir, forniquer sont un art de vivre ?
Ça ne fait pas les faits divers et ça veut plaire à la racaille…
AU SÉNÉGAL, L’ÉCRITURE AFFAME SON HOMME
Samba Oumar Fall livre un témoignage sur la réalité des écrivains au Sénégal. Journaliste, romancier prolifique, il incarne ce contraste frappant : un pays à la vie littéraire "intense" et "foisonnante", mais où les auteurs "flirtent avec la précarité"
La journée mondiale du Livre et du droit d’auteur a été célébrée partout à travers la planète. Cette occasion a été saisie par Samba Oumar Fall pour revenir largement sur la mission ainsi que le rôle de l’écrivain. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le journaliste du quotidien national «Le Soleil», qui a titillé l’écriture dès sa tendre enfance à SaintLouis, a lancé un appel vibrant à ceux qui veulent s’adonner à l’écriture avant d’inviter l’état à mobiliser des moyens substantiels pour accompagner ces «génies» de l’art afin de leur permettre d’éclore. Cependant, il a laissé entendre que des efforts doivent être consentis pour permettre à l’écrivain de se «nourrir de son art».
Comment vous est venue cette passion pour l’écriture ?
Entre l’écriture et moi, je crois que c’est une longue histoire qui a démarré depuis ma tendre enfance. Je lisais beaucoup quand j'étais jeune. Cet amour pour la lecture a démarré à Saint-Louis, à l’Institut français, et m'a toujours collé à la peau. Et je me suis dit que plus tard, je ferai comme tous ces auteurs en racontant des histoires. C'est ainsi que je me suis employé à écrire et cette passion pour l'écriture ne m’a jamais quitté. Ma conviction est que l’écriture ne s’improvise pas et ne s’apprend pas. C’est un don de Dieu et quand on a ce don, on écrit avec une facilité déconcertante. Et aujourd’hui, je crois que l’écriture est la chose que je fais le mieux. J'écris comme je bois de l'eau et je le fais à un rythme qui m'impressionne même parfois. Il m'arrive même de commencer plusieurs œuvres à la fois, parce que souvent, pour ne pas dire toujours, l'inspiration coule à flot, m’accule même. Actuellement, j’ai tellement de manuscrits que je me demande si je pourrai les terminer un jour, sans compter toutes ces idées qui foisonnent dans ma tête. En 1994 déjà, il écrit son premier roman, «La misère des temps», mais il n’a été publié qu'une décennie plus tard, en 2013 (édition Salamata), en même temps que «Un amour au fond de l'océan» (Harmattan) d’ailleurs. Plusieurs autres ouvrages suivront ensuite. Et aujourd’hui, j’ai neuf romans à mon actif.
Comment se porte le livre au Sénégal ?
Si on se base sur la production littéraire, on peut dire, sans risque de se tromper, que le livre se porte bien au Sénégal. La vie littéraire est intense et l’activité autour du livre, de la lecture et de l’écriture est particulièrement foisonnante. Ce foisonnement a eu comme résultat un renouveau littéraire extraordinaire. Nous avons de belles plumes qui jouent leur partition comme leurs illustres devanciers qui ont marqué l’histoire de la littérature du pays et ont permis l’éclosion et l’épanouissement de plusieurs genres littéraires.
Est-ce que le livre nourrit bien son homme au Sénégal ?
Peut-être qu’ailleurs, l’écriture nourrit son homme. Mais ici, au Sénégal, c’est loin d’être le cas. Durant toute ma carrière de journaliste, j’ai eu à rencontrer, à côtoyer une pléiade d’auteurs qui ont passé toute leur existence à écrire, mais qui n’ont malheureusement pas eu la chance de s’en sortir. Malgré le talent, la qualité de l’écriture, le thème qu’ils ont développé dans leurs écrits, beaucoup d’entre eux flirtent avec la précarité. Car, au Sénégal, il n’est pas facile de faire publier son livre et d’en vivre. Bien sûr, il existe quelques rares exceptions, des auteurs qui parviennent à bien négocier leurs prestations. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut que l’écrivain puisse vivre de sa plume, bénéficier d’une reconnaissance. Sous d’autres cieux, certains auteurs sont hébergés dans des résidences pour écrire en toute quiétude. Des fois, ils sont pris en charge, reçoivent un soutien logistique et même une allocation mensuelle. C’est vrai que la Direction du Livre et de la Lecture fait des efforts en soutenant chaque année des auteurs pour leur permettre d’éditer leurs livres, mais c’est infime si l’on considère le nombre impressionnant d’écrivains dont regorge notre pays. Bref, je crois que l’État doit davantage aider les écrivains, subventionner les projets d’écriture, répartis par genres (poésie, roman, bande dessinée, scénario, etc.). Si toutes ces doléances sont prises en compte, la littérature ne se portera que mieux et les auteurs vivraient enfin de leurs plumes.
Quelles sont les difficultés auxquelles font face les auteurs ?
Comme je l’ai dit plus haut, les écrivains vivent dans une précarité chronique parce que les retombées escomptées ne suivent pas souvent. Passer l’écueil de l’édition ne signifie pas voir le bout du tunnel. Il y a ensuite la promotion et la vente qui ne sont pas souvent assurées par les maisons d’édition. L’auteur est souvent obligé de mouiller le maillot pour espérer écouler ses ouvrages. Et le hic au Sénégal est que nos compatriotes n’ont pas cette culture d’achat de livres pour soutenir l’effort des écrivains. Vous pouvez sortir dix livres d’un seul coup, les gens s’empressent de vous féliciter, mais rares sont ceux qui vous achèteront un ouvrage. C’est parce qu’ils n’ont pas cette culture-là. Et cela n’est guère encourageant. Être écrivain au Sénégal est très difficile. Si vous comptez sur vos œuvres pour vivre, vous risquez de mourir de faim.
Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent s’adonner à l’écriture ?
Si l’écriture pouvait nourrir son homme, je crois que je serai l’un des plus riches de ce pays. C’est dire que c’est difficile d’être un écrivain chez nous. Et je n’ai qu’un conseil à donner à ceux qui veulent s’adonner à l’écriture. S’ils espèrent écrire pour la gloire ou pour pouvoir vivre de leur plume, ils feraient mieux de trouver autre chose à faire, car au Sénégal, l’écriture affame son homme.
AÏSSATA TALL SALL ÉTRILLE LES DOCTEURS DIAFOIRUS DU DROIT
En réaction à la décision du Conseil constitutionnel sur la Loi d’amnistie, l’ex-ministre de la Justice et présidente du groupe Takku Wallu dénonce des interprétations juridiques qu’elle juge fantaisistes.
Réagissant à la décision du Conseil constitutionnel sur la Loi d’amnistie, Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu et ancienne ministre de la Justice, n’a pas mâché ses mots.
Dans une déclaration au ton tranchant, elle fustige ceux qu’elle appelle les « docteurs Diafoirus du droit » — en référence aux juristes et commentateurs qui ont tenté d’imposer une lecture personnelle de la loi.
Pour Aïssata Tall Sall, le droit est une science rigoureuse, et non un champ de manœuvres arbitraires. « La justice n’est pas un jeu de Lambi Golo ! » lance-t-elle, dénonçant les interprétations hasardeuses de la Loi d’amnistie récemment retoquées.
Saluant la décision du Conseil constitutionnel, qu’elle qualifie d’« historique », elle estime que celle-ci remet les pendules à l’heure et renvoie certains juristes à leurs fondamentaux.
« Au lieu de reconnaître leurs erreurs, ils s’obstinent à vouloir tordre encore le droit. Errare humanum est, perseverare diabolicum », conclut-elle, citant le célèbre adage latin.
GUY MARIUS SAGNA DEMANDE DES COMPTES AU MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION
Dans une question écrite adressée au gouvernement, le député dénonce des dépenses jugées excessives : mobilier remplacé malgré son bon état, tapis iranien à un million de FCFA, petit-déjeuner onéreux, marchés publics sans appel d’offres
Dans une question écrite adressée au gouvernement, le député Guy Marius Sagna soulève des interrogations quant à la gestion des deniers publics au sein du ministère de l’Éducation nationale. L’élu de la XVe législature demande des éclaircissements sur plusieurs dépenses jugées excessives, voire injustifiées, qui auraient été effectuées sous l’actuelle administration.
Parmi les points soulevés, l’état du mobilier trouvé à l’arrivée du ministre fait l’objet d’un premier questionnement : ce mobilier, décrit comme étant en excellent état, aurait pourtant été remplacé. Le député demande si, malgré cette situation, un nouveau salon de bureau a été acquis pour la somme de deux millions de FCFA. Il exige également que soit précisée la justification d’un tel achat.
Autre dépense épinglée : l’acquisition d’un tapis iranien pour un montant d’un million de FCFA. Guy Marius Sagna souhaite savoir si cet achat a bien été effectué avec les fonds du ministère et, le cas échéant, pour quelles raisons une telle dépense aurait été considérée comme nécessaire.
Le député attire également l’attention sur l’achat de matériel destiné au petit-déjeuner pour un montant de 650 000 FCFA. Là encore, il questionne la pertinence et la normalité d’une telle dépense, à un coût qu’il juge exorbitant.
Enfin, la pratique dite de « régularisation » est également pointée du doigt. Il s’agirait, selon Guy, d’un procédé consistant à évoquer une urgence pour attribuer un marché public sans appel à concurrence, puis à « régulariser » a posteriori avec de fausses justifications de mise en concurrence.
Par cette interpellation, Guy Marius Sagna met en lumière des pratiques qu’il qualifie de douteuses et appelle le ministre à apporter des réponses claires et documentées.