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30 août 2025
PAR Madiambal Diagne
MON GRAND BONHEUR À LA TÊTE DE L'UPF
Gratitude, satisfaction, espoir et confiance sont les sentiments qui m’animent en quittant la présidence internationale de l’UPF. Je quitte une belle expérience professionnelle et humaine dont je chérirai les leçons plus d’une vie
L’Union internationale de la presse francophone (Upf) vient d’élire Mme Anne Cécile Robert (France), au poste de présidente internationale. Elle me remplace ainsi à cette fonction que j’occupais depuis 2014. Anne Cécile Robert est une brillante journaliste, talentueuse et admirée à travers le monde. Elle occupe les fonctions de Directrice des rédactions du magazine français Le Monde Diplomatique. Anne Cécile est aussi une universitaire bien réputée pour ses travaux. Je ne peux qu’être heureux d’une telle succession, surtout que Anne Cécile Robert m’avait fait la délicatesse de ne présenter sa candidature que si elle obtenait ma bénédiction.
Le leadership féminin consacré à l’Upf
Notre organisation était restée pendant trop longtemps misogyne. Ce n’était sans doute pas une politique délibérée mais la place faite aux femmes au sein des instances dirigeantes de l’Upf était assez faible. En effet, au sortir de nos Assises de 2014, une seule femme, Mme Khadija Ridouane (Maroc), était cooptée comme membre du Bureau international au poste de Secrétaire générale adjointe. Notre amie, Mme Margareta Stroot (Moldavie), m’interpella à la fin de nos travaux, pour dire au nouveau président international, que je venais de devenir, que la seule demande qu’elle lui faisait était de renforcer la présence des femmes au Bureau international et au Comité international. Je promis à Mme Stroot que je travaillerai pour faire instaurer la parité homme/femme au sein du Bureau international, dès le renouvellement suivant de l’instance. Je peux vous dire qu’elle ne croyait pas trop à la promesse !
En 2015, prenant prétexte du thème de nos Assises à Lomé (Togo) portant sur «le rôle et la place des femmes dans les médias», j’annonçais le projet d’instaurer la parité. Le Comité international souscrivit à cette décision et la rendit effective au renouvellement du Bureau international en 2016 à Antsirabe (Madagascar).
Aussi, encouragions-nous les différentes sections nationales à faire leur ce principe. Pour sa part, le Bureau international a systématiquement respecté le principe de la parité à ses différents renouvellements, et de nombreuses consœurs ont pu prendre, avec bonheur, les rênes de sections nationales de l’Upf. Plus de la moitié des sections nationales de l’Upf sont dirigées par des femmes. Les différentes femmes qui ont intégré ces instances ont fait montre de compétence, de sérieux, d’abnégation et ont participé efficacement à la réalisation des objectifs que notre organisation s’est assignés, toutes ces dernières années. Si, au moment de passer le flambeau, j’avais une leçon à transmettre, ce serait que «plus les femmes prendront des responsabilités à l’Upf, plus notre organisation s’en portera mieux !».
C’est donc comme un signe du destin que nos Assises-2022 s’ouvrent ce matin, au Maroc, sur le thème du «leadership des femmes» et un autre signe du destin est donc que l’Upf se voit dirigée par une femme !
Un bilan dont on peut être satisfait
Gratitude, satisfaction, espoir et confiance sont les sentiments qui m’animent en quittant la présidence internationale de l’Upf. Gratitude à l’égard de tous les membres de cette association pour son dynamisme, son caractère inclusif et sa démarche de promouvoir l’essor d’un journalisme libre et responsable, partout dans le monde et en particulier dans les espaces francophones. Vous m’avez investi de votre confiance depuis 2014, régulièrement renouvelée pendant huit bonnes années, pour diriger notre belle et grande organisation qui vient de célébrer ses 72 ans.
Satisfaction de missions accomplies, avec différentes équipes motivées et engagées tant au niveau du Bureau international qu’au niveau du Comité international. Des avancées majeures dans la vie et le fonctionnement de notre organisation et surtout quant à son rayonnement, peuvent être mesurées. L’élan du renouveau a pu être impulsé avec succès. L’Upf s’est ainsi révélée une bonne école de vie, de management et de convivialité. Nous avons appris tous, les uns des autres !
J’ai espoir que l’Upf est une organisation qui compte et qui aidera à accompagner les changements dynamiques que connaîtra le journalisme, afin de consolider du mieux les démocraties. Dans un monde en proie à diverses crises, l’Upf, en synergie avec les autres organisations faîtières des médias, sait se montrer résiliente et capable de défendre les droits et libertés des journalistes. Notre rôle est plus qu’essentiel dans toute démocratie, aujourd’hui plus que jamais. Notre sacerdoce est de continuer à œuvrer pour la promotion de la paix et l’engagement pour les valeurs de démocratie, de liberté de presse et d’opinion. Notre organisation grandit, jour après jour. Ce n’est pas en si bon chemin que nous nous arrêterons.
Je quitte une belle expérience professionnelle et humaine dont je chérirai les leçons plus d’une vie. Si j’ai réussi ma mission à la tête de l’Upf, je dois dire que je le dois beaucoup aux conseils d’un regretté aîné, Jacques Diouf, ancien Directeur général de la Fao. Jacques, qui avait dirigé avec efficacité la plus grande organisation du système des Nations unies, m’avait en estime et en amitié et avait tenu à me prodiguer ses conseils pour me fixer des bornes. Je m’étais évertué à m’y tenir !
J’ai foi que l’organisation ne cessera de toiser les sommets. C’est aussi ce sentiment de confiance qui me remplit d’aise. Nous comptons en notre sein des compétences avérées et des talents de femmes et d’hommes qui sauront faire franchir à l’Upf de nouveaux caps ; des défis qui n’ont pas eu raison de notre volonté et de nos capacités, mais aussi des défis nouveaux dans un monde en mutation. La nouvelle équipe qui est mise en place, à l’issue de notre Assemblée générale du 24 juillet 2022 au Maroc, saura compter sur tout mon soutien.
Notre groupe s’est encore élargi cette année. Nous accueillons de nouveaux membres représentant l’Italie, la Macédoine du Nord et la Géorgie. Depuis 2014 à Dakar, notre organisation a fait de la transparence son credo. Transparence dans la gestion, dans l’organisation et dans la communication. Les dirigeants au Bureau international de l’Upf, travaillent sans répit au rétablissement de la confiance auprès de nos partenaires. Leurs efforts avaient été rendus difficiles sinon vains par l’image souvent négative que certains de ces partenaires avaient pu se faire de notre organisation. Or, rétablir la confiance des partenaires demandait de rompre avec certaines habitudes et d’exiger le même niveau de rigueur de toutes nos sections nationales.
L’heure est à la rationalisation de notre gestion
Notre association n’a pas d’activités génératrices de revenus. Elle vit avant tout des subventions de partenaires qui se montrent exigeants quant à l’attribution de ressources financières. Seule une organisation forte de son action, du nombre et de la qualité de ses membres est attractive à leurs yeux. Notre responsabilité est de travailler à hisser l’Upf à un niveau d’exigence et de qualité qui la rende crédible et fréquentable. L’objectif est que tous se mettent au diapason et produisent des idées et de l’action. L’avenir exige de nous plus de compétitivité si nous voulons continuer d’exister.
L’Upf internationale a connu des périodes de faste et des périodes de vaches maigres. Lorsque nous avons été élus en 2014, l’Upf était au plus mal. Notre équipe a travaillé à lui insuffler une nouvelle dynamique et nous avons inscrit les exigences de rigueur, de transparence et de démocratie dans son Adn. Dans son fonctionnement, l’Upf a instauré le vote au bulletin secret pour le choix de ses dirigeants. Nous avons pu, grâce à un travail collectif et volontaire, l’installer sur une voie dont elle ne devrait plus dérailler. Il faut dire les choses, en arrivant à la tête de l’Upf, nous avions trouvé une organisation exsangue qui accumulait les dettes et des arriérés de salaires de son personnel. Grâce à un travail collectif et des initiatives heureuses, la confiance restaurée a permis d’engranger des ressources pour éponger toutes nos ardoises et même constituer un matelas financier, jusqu’à procéder à des placements financiers. Cette embellie nous a permis de traverser la période de pandémie mondiale du Covid-19. Je pars en laissant l’Upf avec des ressources lui permettant de vivre sur fonds propres pendant au moins un exercice.
Les deux années de pandémie que nous venons de vivre, ont freiné l’élan qui avait été donné. Un travail fructueux a abouti à l’installation d’une collaboration soutenue avec l’Unesco. Après la production d’un guide sur la couverture médiatique des sujets de migration, l’Unesco a financé des formations sur le même thème au profit des membres de quatre de nos sections nationales (Maroc, Tunisie, Niger et Liban). Il est important de souligner que ces formations se sont déroulées en pleine période de pandémie et que les équipes des 4 sections ont été totalement impliquées dans la conduite des projets.
D’autres projets sont dans les tuyaux et la collaboration avec l’Unesco, nous l’espérons bien, est ainsi inscrite dans la durée. Un travail de plaidoyer et de négociation suivie a également été entretenu avec le ministère français de l’Europe et des affaires étrangères, qui a fini par donner ses fruits puisque la France compte parmi les sponsors de la présente édition de nos Assises. Pour rappel, le ministère français des Affaires étrangères fait partie des partenaires historiques de l’Upf, mais ce partenariat avait été suspendu depuis plusieurs années. Le même travail de négociation patiente et persuasive est entrepris avec l’Organisation internationale de la Francophonie qui vient d’accréditer officiellement l’Upf parmi ses associations partenaires.
Depuis novembre 2019, date de nos dernières Assises, trois années se sont écoulées, durant lesquelles l’Upf a relevé le défi de se régénérer dans l’adversité. De nouveaux membres nous ont rejoints et des sections nouvelles ont été créées avec entrain. La nouvelle section en Italie, travaillera en étroite collaboration avec la section valdôtaine, son aînée de plusieurs années, à organiser un symposium dans la ville de Bari. Avec le soutien du Secrétariat général de l’Upf, qui travaille comme facilitateur, des partenariats sont conclus pour réussir ce rendez-vous au mois d’octobre prochain.
Feuille de route
L’Upf internationale a réussi, malgré la situation difficile en 2020 et 2021, et grâce à la ténacité de ses équipes, à obtenir l’organisation de ses 49es Assises au Maroc. C’est également au Maroc, en 2010, sous la conduite de notre ami Abdelmouneim Dilami, que l’Upf a pu amorcer un travail de refondation qui a ouvert la voie au renouveau signé à Dakar en 2014. Est-ce un autre signe du destin ?
La voie est ainsi tracée. L’Upf internationale n’a d’autre choix que de se rénover pour repartir d’un nouvel élan. Si notre organisation a entrepris un travail de restructuration et d’assainissement dans sa propre gestion, ce travail doit s’élargir à toutes ses sections nationales. C’est par ailleurs une Upf inventive qui pourrait réussir à se développer dans un contexte où les subventions institutionnelles se raréfient. L’Upf doit délimiter avec précision son champ d’action pour se démarquer. Je laisse le soin à la nouvelle équipe de choisir sa propre feuille de route.
LES TRAVAILLEURS DE SEN'EAU RÉCLAMENT UNE AUGMENTATION DE 40% DE SALAIRE
Les agents ont décrété un mot d’ordre de 48 heures à partir de ce lundi 25 juillet. La fourniture en eau pourrait connaître des perturbations les heures à venir
Les travailleurs de la Sen’eau sont en grève. Ils ont décrété un mot d’ordre de 48 heures à partir de ce lundi 25 juillet. La fourniture en eau pourrait connaître des perturbations les heures à venir.
En sus du manque, l’intersyndicale prédit, au micro de la Rfm, une absence du personnel ou même la fermeture dans les agences de la société. Cette grève a débuté après une période de préavis. Les syndicales réclament une augmentation à 40% de leur salaire. Ils demandent aussi une amélioration des conditions de travail qui ne cesse de se dégrader.
Pour conforter leur position et prévenir toute scission de leur mouvement, l’intersyndicale a fait aussi quelques précisions dans un communiqué.
« Au lieu d’apporter des solutions concrètes à cette crise, la Direction Générale de la Sen’eau a trouvé le moyen d’instrumentaliser des syndicats faiblement représentatifs au sein de l’entreprise pour répandre de fausses informations dans la presse », a regretté l’intersyndicale
L’Intersyndicale des travailleurs de la Sen’eau revendique une majorité au sein de l’entreprise. Il rappelle de même « son engagement à mener son plan d’actions de lutte jusqu’à la satisfaction de sa plateforme revendicative pour l’intérêt des travailleurs ».
Ousmane Sonko fait de la «manipulation et du mensonge des armes politiciennes», selon les membres de la Coalition Aar Sénégal. Ils répondent au leader de Pastef qui a récemment déclaré que toutes les listes de l’opposition, à l’exception de Yewwi et Wallu, sont à la solde de Macky Sall.
Les propos de Ousmane Sonko selon lesquels toutes les listes de l’opposition, à l’exception de Yewwi askan wi et Wallu Senegaal, sont à la solde de Macky Sall, sont «irrévérencieux et mensongers». Une déclaration faite hier par la Coalition Aar Sénégal dans un communiqué. «Cette déclaration inique révèle le caractère tortueux d’un homme qui fait de la manipulation et du mensonge des armes politiciennes ; un homme qui positionne les acteurs politiques selon les intérêts de l’heure sans aucune conviction», crache Thierno Bocoum, porte-parole de la coalition. A travers cette sortie, selon lui, Ousmane Sonko montre ainsi qu’il était l’instigateur du «mensonge largement relayé voulant faire croire que leur coalition était une opposition dans l’opposition».
Pour sans doute prouver les contradictions du leader de Pastef qui est aujourd’hui allié au Parti démocratique sénégalais (Pds), parti aux Législatives sous la barrière de Wallu Senegaal, Aar Sénégal a recouru à la Var. «Ousmane Sonko, qui déclarait que les forfaitures du régime de Abdoulaye Wade étaient à l’origine de son engagement politique et que celui-ci méritait d’être fusillé au même titre que ses prédécesseurs, doit nous dire qu’est-ce qui a vraiment changé pour qu’il ravale ses vomissures ?», rappellent Thierno Bocoum et ses camarades. Ils poursuivent : «N’avait-il pas déclaré que si «on devait retomber dans les mêmes travers que nous dénonçons, si on devait revenir nous allier avec ceux qui sont même à la base de notre engagement politique, mais finalement ça sera du temps perdu et peut-être même on aura été pire que ces gens-là» ?»
Les membres d’Aar Sénégal assurent que jamais Ousmane Sonko ne pourra fournir le moindre début d’indice pour soutenir ses propos «ignominieux». Mais, disent-ils, «là n’est pas son objectif. En digne émule de Gobbels, il ment avec l’espoir qu’il puisse insiper le doute chez certains». D’après toujours Aar Sénégal, Ousmane Sonko sait pertinemment qu’aucune personnalité dans ce monde ne peut mettre à sa solde les leaders qui composent la Coalition Aar Sénégal. Des leaders qui ont démontré, ajoutent-ils, par leurs parcours et par leurs comportements, qu’ils pouvaient se sacrifier pour l’intérêt national et qu’ils n’étaient nullement obnubilés par l’argent. Comme pour minimiser cette déclaration, la Coalition Aar Sénégal se dit prête à engager tout débat public sur les questions brûlantes de l’heure. Avant d’inviter les Sénégalais à identifier les «vrais» candidats et à s’intéresser à leurs offres programmatiques pour que leur vote puisse servir à apporter les «vraies ruptures» au sein de l’Assemblée nationale.
Il faut rappeler qu’en meeting à Touba, Ousmane Sonko avait incité les électeurs à voter l’inter-coalition Yewwi askan wi-Wallu Senegaal en leur assurant qu’elle est, selon lui, «la seule opposition». Parce que dit-il, «les autres listes sont créées par Macky Sall. Plusieurs candidats se réclament de l’opposition. Mais ils ne sont pas des opposants. Macky Sall a créé des listes parallèles à qui il a donné des parrains et de l’argent pour affaiblir l’opposition».
Cette déclaration a soulevé un véritable tollé dans la classe politique. Aux côtés d’Aar Sénégal, le Mpd/Ligeey, dirigé par Dr Aliou Sow et membre de la Coalition Bok gis gis ligeey, a fustigé ce qu’il a appelé des «accusations fallacieuses qui relèvent d’une stratégie de manipulation honteuse et de généralisation caricaturale». L’enseignant de l’Ucad a ajouté par ailleurs : «Nous n’avons jamais reçu un seul centime de Macky Sall, ni directement, ni indirectement, encore moins de parrainages.»
Autre préalable pour la tenue de ce face-à-face, Aminata Touré exhorte Ousmane Sonko à se laver de toutes les accusations «graves» dans l’affaire du supposé viol contre Adji Sarr.
Toute une série de conditions dont on peut être sûr que le leader de Pastef ne voudra pas satisfaire et qui, par là même occasion, enterrent toute idée de débat entre les deux leaders rivaux.
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IL S'AGIT DE LUTTER CONTRE LES VOYOUS FRANÇAIS EN AFRIQUE
Le sociologue Mahamadou Lamine Sagna, ancien enseignant à Princeton aux États-Unis, parle de l'actualité socoipolitique nationale et internationale
Le sociologue Mahamadou Lamine Sagna, ancien enseignant à Princeton aux États-Unis, parle de l'actualité socoipolitique nationale et internationale dans l'émission Questions directes sur itv.
par l'éditorialiste de seneplus, jean-claude djéréké
CAMEROUN : MACRON PARLERA-T-IL DES MASSACRES DE SON PAYS ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Les Camerounais et les Africains en général doivent exiger des excuses et des réparations pour les nombreux crimes de la France sur le continent
Jean-Claude Djéréké de SenePlus |
Publication 25/07/2022
Du 25 au 27 juillet 2022, Emmanuel Macron visitera le Cameroun, le pays de Ruben Um Nyobè, Félix-Roland Moumié, Ernest Ouandié, Osendé Afana, tous assassinés par la France pour avoir voulu un Cameroun libre et souverain.
Les historiens les plus sérieux soutiennent que la répression des nationalistes camerounais par l'armée française fit, entre 1955 et 1964, des dizaines de milliers de morts, membres de l’Union des populations du Cameroun (UPC) et civils confondus (cf. Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, ‘La Guerre du Cameroun. L’invention de la Françafrique’, Paris, La Découverte, 2016).
Et pourtant, Ruben Um Nyobè était contre la violence et la lutte armée. C’était un combattant modéré et non extrémiste mais “il ne reste souvent à l’opprimé d’autre recours que d’utiliser les méthodes qui reflètent celles de l’oppresseur”. Et Nelson Mandela d’ajouter : “Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime defense.” (cf. ‘Un long chemin vers la liberté’, Paris, Fayard, 1995)
En mai 2009, en visite officielle à Yaoundé, François Fillon, Premier ministre du voyou et inculte Sarkozy, se permit d’affirmer ceci : “Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun. Tout cela, c’est de la pure invention !” C’est ce qu’on appelle ajouter l’arrogance et le mépris à la barbarie. Achille Mbembe, qui a contribué à faire connaître le juste combat de Ruben Um Nyobè, a souhaité au sommet Afrique-France de Montpellier (8 octobre 2021) que les Africains soient moins hargneux et plus indulgents vis-à-vis de la France parce que les lignes, d’après lui, bougeraient positivement dans la relation entre Paris et ses ex-colonies. Feu Marcel Amondji pensait, quant à lui, que la colonisation française ne sait pas s’arrêter. Est donc fausse l’idée selon laquelle la France a abandonné les coups tordus, l’immixtion dans nos affaires internes, le pillage de nos matières premières, le bashing et l’assassinat des Africains qui lui tiennent tête. Il faut être naïf ou de mauvaise foi pour croire que cette France s’est convertie au droit, à la justice, à la vérité et à l’humilité. Voilà pourquoi il serait imprudent de se fier aux paroles mielleuses que prononcera le jeune Macron au Cameroun. Les Camerounais et les Africains en général doivent exiger des excuses et des réparations pour les nombreux crimes de la France sur le continent.
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DIANO BI AVEC ABDOURAHMANE NDIAYE
La figure du Parti Rassemblement pour le Peuple (RP) est l'invité de Maodo Faye dans l'émission dominicale d'actualité en wolof
L'enseignant-chercheur en droit public parle de l'actualité socoipolitique dans l'émission dominicale de Sud FM.
PAR Farid Bathily
LE POIDS ÉCRASANT DE LA DETTE PRIVÉE OCCIDENTALE SUR L'AFRIQUE
Une nouvelle étude révèle qu’une partie significative des remboursements des États africains est versée à des entités privées européennes et américaines
La Chine est un grand prêteur pour le continent africain, mais l’Occident n’en est pas moins important. C’est en effet ce que met en exergue un document publié lundi 11 juillet 2022 par Debt Justice, une ONG militant pour la fin de la dette, jugée préjudiciable à l’épanouissement des pays pauvres.
À en croire l’organisation caritative basée au Royaume-Uni, le montant de la dette publique due par les nations d’Afrique à des structures privées européennes et américaines, notamment les banques, les gestionnaires d’actifs et les négociants de ressources primaires entre autres, représente 35% de la dette extérieure du continent estimée à 696 milliards de dollars selon la Banque mondiale.
C’est presque trois fois supérieur aux créances de la Chine à l’égard des pays africains qui représente 12% seulement de la dette extérieure de l’Afrique. L’Empire du Milieu, incontestablement le plus grand créancier du monde, est pourtant souvent pointé du doigt pour son supposé rôle dans le surendettement du continent. Surtout dans ce contexte de crise économique planétaire due successivement au Covid et à la guerre russo-ukrainienne.
Fort taux d’intérêt
Selon Tim Jones, responsable des politiques de Debt Justice, le poids de créances du privé des pays européens et des Etats-Unis sur l’Afrique et les nations en développement en général, est particulièrement pénalisant pour les finances publiques. Les taux d’intérêt exigés par ces prêteurs occidentaux privés sont de 5% contre 2,7% en ce concerne la Chine.
Debt Justice estime par ailleurs à 35% la part du service de la dette africaine à verser aux acteurs privés européens et américains à l’horizon 2028, contre 19% pour la Chine. Avec en prime, une participation très faible aux initiatives d’allègement de la dette vivement souhaitée par les pays africains, le FMI et la Banque mondiale.
L’ONG en veut pour preuve la dernière initiative décidée en avril 2020 au temps fort de la pandémie de Covid et prorogée à juin 2021 par le G20. Les prêteurs privés basés en Europe et aux États-Unis n’avaient alors suspendu que 0,2% de leurs créances à l’égard des pays africains. La raison de si peu d’engagement ? L’absence d’un mécanisme contraignant les créanciers privés en Occident à prendre en charge une part significative des mesures d’allègement du fardeau de la dette hors de leurs frontières.
"Il ne saurait y avoir de solution à la crise de la dette sans une implication des créanciers privés", insiste Tim Jones, appelant le G20 à inclure le secteur privé occidental dans le cadre commun de restructuration de la dette des pays pauvres.
par Thierno M. Sow
SÉNÉGAL, UNE CONSTITUTION CLAIREMENT OBSCURE
Il n’existe au Senegal qu’un système de rotation qui repose essentiellement sur le caractère consécutif et non une limitation du mandat présidentiel. Le pays gagnerait à inventer son propre système politique plus cohérent et plus solide
Tout dans la trajectoire du Sénégal depuis 1960 à nos jours avec la découverte dugazet du pétrole et la question de la limitation du mandat présidentiel prouve le génieque fut Ousmane Sembène. En effet, dans son film Le Mandat (1968 - Prix de lacritique internationale à la Mostra de Venise), l’inimitable Makhouredia Gueye yinterprète le rôle de Ibrahima Dieng à qui son neveu, qui trime pour joindre les deuxbouts en France, a envoyé un mandat. Tout le film est rythmé par cette voix suave et hypnotique qui chante : “sunu mandabi yaye, bou nieuwé nekh…” (ce mandat n’est-il pas la promesse de lendemains meilleurs). Comme dans toutes les grandes histoires, rien ne se passe comme prévu. Ainsi, le parallélisme nous semble-t-il pertinent. Eneffet, quand d’aucuns nous promettent monts et merveilles avec une croissance àdeux chiffres dès 2023, alors que les recettes (ou roussites en wollof) escomptées du “mandat” du pétrole ne peuvent même pas atteindre mille milliards de FCFA (1,5 milliard d’euro) par an, d’autres font une fixation morbide sur le énième “mandat” et les échéances électorales de 2024. Tout ceci ne serait donc finalement que la promessed’un mandat providentiel qui changerait le cours de l’histoire. Voilà, la raisonpour laquelle nous allons emprunter au cinema d’Alfred Hitchcock la technique du Dolly Zoom ou Travelling compensé, pour mieux faire ressortir l’environnement immédiat de notre sujet, sans en altérer les traits caractéristiques. Dans tous les cas, OusmaneSembène nous aurait prévenus.
La question de la limitation des mandats occupe une place incongrue dans le débat politique au Sénégal, après plus de soixante-deux (+62) années d’indépendance, aupoint de servir de Cheval de Troie à des intérêts étrangers pour y exporter leur obsession monomaniaque d’une guerre civile (RAHOWA = Racial Holly War). Pendant +17 ans, même si nous n’étions pas venus en Afrique durant toute cettepériode, nous avions privilégié des échanges discrets avec les plus hautes autorités et nous avions décliné, avec beaucoup de courtoisie, toutes les demandes d’interview. Néanmoins, nous avions toujours partagé nos analyses (OFF) avec les journalistes dumonde entier qui en faisaient la demande, gracieusement et sans contrepartie. Or, le 5 juillet dernier, un journaliste du New York Times m’a transmis la requête d’uncertain Nick Roll. Par courtoisie, j’ai accepté de lui accorder trente (30) minutes d’entretien téléphonique. A la suite de quoi, je lui ai notifié de m’envoyer d’abordledraft de son papier, comme condition nécessaire à mon final cut. Il publia malgrétout son papier le 16 juillet sur Al Jazeera et j’y découvre la distorsion entre sa requêteoriginelle et sa démarche cauteleuse. Ainsi, avec l’arrogance caractéristique de cegenre d’individus, pour qui le journalisme n’est qu’une couverture, il a abusé d’undélit bien connu des juristes, la citation par omission, pour me faire dire l’exact contraire de ma thèse. Nous sommes manifestement, dans le cas d’espèce, face à unabus de confiance caractérisé. Pour un tel acte, selon l’expression consacrée au moyenâge “nous l’aurions éclairé de plus près” (le bûcher). Je remercie tous les vrais journalistes du monde entier qui m’ont envoyé des messages d’amitié pour condamner ces méthodes de barbouze. In fine, c’est l’obligation de rétablir la véritéqui est la seule justification de cette tribune, que nous voulons courte, claire et précise. Si elle contribue à élever avec humilité le débat politique au Sénégal, nous enserons heureux, ultra petita.
De la Constitution et de la limitation des mandats
La première Constitution reconnue comme telle en Afrique est celle de la Charte duMandén proclamée entre 1222 et 1236 à Kouroukan Fouga par le Roi Soundiata Keïta(1190-1255). Du point de vue du Droit, le caractère oral de la Charte n’altére enrienson authenticité et sa légalité. En effet, la codification du droit ne peut être assujettieau seul critère de l’écriture, l’Angleterre en est au demeurant une belle illustration. Ceci, pour dire que les africains n’ont pas besoin d’aller chercher des modèles ailleurs qui ne sont, comme le disait l’immense Cheikh Anta Diop, “que les images brouillées et renversées des civilisations africaines”. En Europe, c’est Marinus, un modestetailleur de pierres, qui comprit l’importance du rôle de la Constitution dans le respect des droits et des libertés individuels, en dotant la Sérénissime République de Saint- Marin du premier texte reconnu comme tel, entre l’an 301 et 366. Atravers ses derniers mots: “Relinquo vos liberos ab utroque homine.” (Je vous fais libres parmi les hommes), il apparaît clairement pour Marinus que la quintessence d’uneConstitution est de libérer un peuple.
Auparavant, concernant la limitation des mandats et l’alternance qui en découle, l'historien Garrett Fagan nous renseigne (L'histoire de la Rome antique - DVD) que, pour lutter contre la corruption et pour favoriser le mérite au sein de l’élite, le dictateur romain Lucius Cornelius Sulla avait opéré des réformes constitutionnelles (entre 82 et 80 avant JC) en instituant un cursus honorum qui interdisait à tout haut fonctionnaire d’exercer un mandat plus d’un an. Aussi, fallait-il attendre dix (10) ans pour être reconduit dans les mêmes fonctions.
Si nous devons le principe de la séparation des pouvoirs, dans son acceptationactuelle, à John Locke qui l’a théorisée dans son second Traité du gouvernement civil (1690) en revanche, l’innovation majeure viendra des USA lors de la conventiondePhiladelphie de 1787. En effet, les Founding Fathers (les délégués des 13 anciennes colonies anglaises) ont codifié lors de cette convention la Constitution américainedans une clarté presque messianique qui en fait encore de nos jours l’une des Constitutions les plus rigides au monde. En effet, approuvée le 17 septembre 1787et entrée en vigueur le 4 mars 1789, elle n’a été modifiée que par vingt-sept (27) amendements, en deux cent trente-trois (+233) ans. D’ailleurs, c’est le XXIIeamendement de la Constitution des États-Unis qui fixe à deux la limite du nombre demandats que peut exercer le président des États-Unis, qu'ils soient consécutifs ounon. Introduit par Earl Cory Michener, l'amendement est adopté par le Congrès le 21 mars 1947 et entre en vigueur le 27 février 1951. Ce qu’il faut donc retenir, c’est quel’innovation de la convention de Philadelphie ne réside pas tant dans la Constitutiones qualité de “loi suprême” mais dans la création inédite du poste de président.
Nous remarquons de suite que de 1789 qui marque l’entrée en vigueur de laConstitution américaine à 1951 celle du vingt-deuxième amendement, soit 162 ans, il y a eu pas moins de 31 présidents qui se sont succédés à la Maison Blanche, sans aucune disposition constitutionnelle limitant le renouvellement de leur mandat. Eneffet, c’est le premier président des États-Unis George Washington qui, en déclinant vigoureusement un troisième mandat, établit de fait une jurisprudence non écrite. Lecas du troisième mandat de Franklin D. Roosevelt n’a aucune portée du point de vuede la doctrine, pour la simple raison qu’il a été institué durant la seconde guerremondiale et que Roosevelt est décédé avant son terme. Voilà comment le systèmepolitique aux États-Unis de “Check and Balance”, entre le président, d’une part, et leCongrès (Chambre des représentants plus le Sénat), d’autre part, participe en parfaiteintelligence de la bonne rotation de la vie démocratique américaine, sans que l’unpuisse dominer ou dissoudre l’autre. A l’exception de la procédure d’Impeachment et du Veto présidentiel, il n’existe aucune réciprocité d’action entre ces deux pouvoirs sans l’intervention expresse du pouvoir judiciaire.
De la limitation des mandats au Sénégal
Depuis son “indépendance” en 1960, le Sénégal a connu quatre (04) Constitutions (c- 1959, c-1960, c-1963, c-2001), dont trois (03) en quatre (04) ans seulement. C’est larévision constitutionnelle du 20 mars 2016 instituant le quinquennat qui nous intéresse dans le cadre de cet article. Or, ce débat ne devrait pas être une prioritépolitique notamment au vu de l’actualité et à moins de deux ans des prochaines élections présidentielles. C’est à croire que la volonté du législateur sénégalais, passémaître dans l’art du Chiaroscuro, n’était pas de trancher, à la finesse du rasoir d’Ockham, cette question de manière définitive. Au demeurant, l’article 27 de laConstitution du Sénégal dispose que “la durée du mandat du président de laRépublique est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.” cedernier alinéa est en réalité un ersatz, ou pour le dire de manière triviale, une pâlecopie de la révision constitutionnelle adoptée en 2008 en France qui elle même stipule textuellement que ”nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs”.
Notre thèse est que la constitution du Sénégal ne dispose d’aucune limitationdemandat mais plutôt d’un simple dispositif de rotation. C’est ce que nous allons démontrer, au-delà du principe élémentaire de la non rétroactivité de la loi.
Démonstration
“les français préfèrent un mensonge bien dit à une vérité mal formulée.” - Cioran
Dès la Section-1, le vingt-deuxième amendement de la Constitution des USAclôt ledébat. En effet, le texte énumère les trois conditions rédhibitoires et perpétuelles qui encadrent la durée d’un mandat (iii), le nombre de mandats (ii) ainsi que sapériodicité (i). En Finance, on parlerait de Cross-collatéralisation. En effet, que les mandats soient consécutifs ou non: c’est la périodicité. Ensuite, tout américain éligible n’a droit qu’à deux mandats présidentiels dans sa vie: c’est le nombre. Enfin, on en arrive à la disposition la plus subtile et la plus importante, celle de la durée, qui dispose qu’un mandat ne peut excéder quatre (04) ans mais surtout, qu’il est décompté dès que son titulaire a bouclé deux (02) ans à la Maison Blanche. C’est précisément l’absence de cette disposition de covalence dans la révisionconstitutionnelle du Sénégal de 2016 qui est la preuve absolue qu’il n’existe pas delimitation de mandat.
En effet :
1 -:- si le président démissionne avant la fin de son quinquennat ou qu’il y a unevacance temporaire du pouvoir de +24 heures, ce mandat ne peut lui être retiré deson décompte. Ainsi, pourra-t-il indéfiniment rejouer à ce jeu cauteleux, tant qu’unedisposition de covalence ne vienne y mettre un terme. Même le commun des mortels sait que l’abandon de poste avant l’échéance ne donne pas droit à une mensualité complète.
2 -:- en cas de vacance du pouvoir ou si le président en exercice démissionne, tout ancien président peut candidater pour deux nouveaux mandats consécutifs ou autant de fois qu’il voudra de manière non consécutive. C’est ce que les “Say-Say” appellent en Wolof le “Bara Yeggo”, qui consiste à roquer avec le dauphin de son choix, commece fut le cas entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev.
3 -:- Enfin, sur la non rétroactivité de la loi, il y a la jurisprudence Truman. En effet, la ratification du vingt-deuxième amendement a eu lieu durant la présidence de HarryS. Truman et tous les juristes étaient d’accord sur le fait qu’elle ne s’appliquait pas à lui. Or, le président Truman a eu l’élégance de ne pas briguer un troisième mandat.
Donc, il n’existe au Senegal qu’un système de rotation qui repose essentiellement sur le caractère consécutif et non une limitation du mandat présidentiel.
Fin de la démonstration
Pour qu’il existe une limitation des mandats dans une Constitution, il faut lacovalence d’un bloc de trois critères concentriques: la durée (i); la périodicité nonconsécutive (ii) et le glissement non rétractable, qui précise au bout de combien de temps un mandat est consommé de manière irréversible (iii); en aucun cas ce délai nepeut excéder la moitié d’un mandat.
Pour que nul n’en ignore, nous faisons partie des premiers à avoir informé qui dedroit, qu’en 2012 le président élu sera dans l’impossibilité de ramener son premier septennat à cinq (05) ans, à moins d’organiser des élections anticipées, malgré lapromesse électoraliste faite à l’époque. Notre argumentation a été confirmée par leConseil Constitutionnel. Ensuite, nous avons publié un article, (Harvard, janvier 2019), pour démontrer en quoi la loi sur le parrainage constituait une violationdusecret du vote. Deux ans plus tard, la Haute Cour de justice de la CEDEAOnous anon seulement donné raison, mais elle a repris textuellement notre argumentation. Pour ce qui est de notre choix de la discrétion, nous méditons sur les paroles del’Archevêque de Genève: “le bien ne fait pas de bruit et le bruit ne fait pas du bien”.
Conclusion
Les débats contradictoires entre juristes sont la preuve de la vitalité de cette noblediscipline. Il en est de même partout où la manifestation de la vérité contribue aurayonnement de la science. En effet, tous les jours un haut magistrat cassel’ordonnance d’un juge du fond comme, par ailleurs, il arrive qu’un médecindémontre l’efficience et l’innocuité d’un traitement, là où d’autres spécialistes plaidaient pour une amputation. Ces deux disciplines n’ont pas le monopole del’erreur, d’ailleurs pour Confucius: “gouverner, c’est rectifier”. En revanche, le Sénégal gagnerait à inventer son propre système politique plus cohérent et plus solide pour les siècles à venir. Ces réformes nécessitent des discussions avec toutes les parties prenantes. Tous les spécialistes vous diront que le syncrétisme du système politiquesénégalais est un ovni inclassable avec une Constitution, aussi poreuse qu’un gruyère, qui tantôt relève d’un régime présidentiel, tantôt d’un régime semi-parlementaire, mais où le seul dénominateur commun est que tous les pouvoirs sont réunis entre les mains d’un seul homme. Si vous rajoutez à cette peste, le choléra des pseudo-experts et toutologues qui commentent les matchs de la veille avec des lapalissades pour alimenter le bruit et la fureur médiatique, il est à craindre que tous ces docteurs imaginaires ne fassent de la peine à ce pauvre Molière et son “malade imaginaire”. Nous nous acheminons dans moins de deux semaines vers les élections législatives or, l’assemblée nationale du Sénégal a perdu son lustre du temps de notre ami le brillant Abdourahim Agne. Elle nous rappelle cette épisode en Grande Bretagne duParlement croupion - Rump Parliament- (1648-1653) que Cromwell a fini par dissoudre. Un anglais très inspiré grava au frontispice: “Chambre à louer, nonmeublée”.
Enfin, dans notre entretien téléphonique avec ce Nick Roll (un anagramme del’agence KROLL, qui sait?), nous lui avons clairement démontré que le Sénégal nesombrera pas dans le chaos en 2024 et que toutes les élections intermédiaires sedérouleront dans le calme. En revanche, les images de la tentative de coup d’État du06 janvier 2021, orchestrée semble-t-il par Donald T-Rump et ses amis de l’extrême droite, resteront à jamais gravées dans les mémoires. Même un Sénégalais de 10ans peut vous expliquer qui est le candidat du Qatar et d’Al Jazeera aux prochaines élections présidentielles. Nous restons convaincus, qu’il est venu le temps irréversiblede l’indépendance et, comme le disait Bob Dylan “The Times They Are A-Changin”.
-:- Références -:- [1] -:- Constitution du Sénégal. Lien Internet [2] -:- Sow Thierno M., Sénégal, vers une élection présidentielle à deux second-tours. The Africa Policy Journal (APJ) at the John F. Kennedy School of Government at Harvard University. APJ 2018-2019 Edition (Volume XIV). Forthcoming 2019. Lien Internet
[3] -:- Sow Thierno M., Les sources d’instabilité au 21èm siècle. Sciences Po Paris / Commissariat à l’Énergie Atomique. Paris 2006-2007. Lien Internet
[4] Thierno M. Sow. Riemann Shatters The Gordian Knot. Paris-Geneva 2018. Lien Internet
[5] -:- Thierno M. Sow. The Soft Power. Sciences Po Paris 2008. Archives UNESCO.
[6] -:- Johnny H. Killian et George A. Costello (Congressional Research Service), The Constitution of the United States of America : Analysis and Interpretation, SenateDocument no 103-6, Washington, D.C., 1996.
[7] -:- John Locke :Traité du gouvernement civil, édition française, C. Vollandéd., Paris, 1802.
[8] -:- Abbott, Frank Frost (1901). A History and Description of Roman Political Institutions. Ginn and Company. p. 105.