SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
31 août 2025
Par Abdou Aziz DIOP
L’EXERCICE RATÉ DE POLITIQUE COMPARÉE DU PROFESSEUR MAKHTAR DIOUF
Parce que le commentaire est libre, il est fort possible que dix personnes commentent différemment un fait de politique intérieure ou internationale. Makhtar Diouf n’échappe pas à l’entorse de la vérité scientifique à force de commenter.
Dans une longue tribune d’analyse de la démocratie sénégalaise, ponctuée de commentaires libres sur lesquels nous reviendrons plus loin, le professeur d’économie Makhtar Diouf insiste opportunément dans sa conclusion sur un fait bien avéré le concernant personnellement en ces termes : « L’auteur de ces lignes, écrit-il, n’a jamais été d’aucun parti politique. » Il y a mieux encore puisqu’en mai 2018, alors que nous préparions avec les membres d’un comité restreint le lancement du premier tome d’une série de quatre tomes axés sur les discours institutionnel, économique, social et écologique du président Macky Sall, le professeur Diouf accusa réception par mail de l’exemplaire du tome 1 qui lui a été envoyé et refusa courtoisement et sans équivoque d’assister à la présentation du livre d’un peu moins de 300 pages pour, expliquait-il, « rester fidèle à sa décision de se tenir loin des partis politiques au pouvoir ou dans l’opposition ».
Très peu surpris, nous interprétions le contenu du courriel de notre très respectable correspondant par le primat, dans l’esprit du Professeur, de la vérité scientifique sur ce qui apparaissait peut-être à ses yeux comme une invitation de trop. Un peu plus de 4 ans après, l’article de politique comparée, publié dans les colonnes de Sud Quotidien, daté du vendredi 15 juillet 2022, nous donne enfin l’occasion inattendue de nous adresser au grand auteur et aux lecteurs qu’il instruit à travers sa très sévère critique de la démocratie sénégalaise.
De la source principale de l’auteur et de sa méthode
Le Professeur Makhtar Diouf n’a pas fait qu’analyser la démocratie sénégalaise ; il l’a surtout comparée à celle de pays d’Afrique de l’Ouest (Nigéria, Ghana, Cap Vert et Bénin) pour l’essentiel. Sa tribune est donc un texte de politique comparée - mise en relation de pratiques politiques permettant d’établir des ressemblances et des différences entre pays - dont aucun universitaire sérieux ne peut se satisfaire des commentaires libres dérogatoires de la rigueur dans l’exploitation des sources et dans la méthode.
Préférant citer directement The Economist Intelligence Unit (EIU) - on comprendra plus loin l’importance du détail qui n’en est pas un - le professeur d’économie passe sous silence sa source véritable qui est le site du Cercle franco-ivoirien de coopération économique (Cfice) qui ne se contenta, comme M. Diouf du reste, que d’un jugement global, escamotant du coup les nuances qui font le charme de la politique comparée.
Globalement, selon le « Rapport 2021 de ‘’Economist Intelligence Unit’’ (…) sur la Démocratie dans le monde, écrit Makhtar Diouf, le Sénégal fait partie du groupe Démocratie hybride - traces de démocratie et de dictature -, au 12ème rang en Afrique sur 50 pays, et au 88ème rang mondial sur 164 pays. » Faute de mieux pour nuancer son propos, l’auteur de l’article, passé ici au peigne fin, se contente du ticket d’entrée du CFICE pour commenter l’actualité politique au Sénégal comme n’importe lequel des commentateurs à la petite semaine sur les plateaux de télévision. Pourtant, le professeur Diouf a bien vu que « l’Indice de la démocratie de l’EIU (…) est fondé sur 60 critères regroupés en cinq catégories : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, et la culture politique. » Dans l’esprit de l’inquisiteur Diouf, 60 critères, ça fait beaucoup. Mais 12 fois moins de catégories réduit d’autant l’effort d’investigation du célèbre professeur d’économie trop pressé pour bien faire dans une matière qui pose un très sérieux problème de méthode en science politique.
Analyser, ce n’est pas commenter
Parce que le commentaire est libre, il est fort possible que dix personnes commentent différemment un fait de politique intérieure ou internationale. Makhtar Diouf n’échappe pas à l’entorse à la vérité scientifique à force de commenter. Quid de l’analyse ? Les spécialistes sont formels : « l’analyse a le même statut que les faits ». Aussi use-t-elle d’outils d’examen des faits là où le commentaire donne libre cours au bavardage qui encanaille les jeunes générations. Quels outils d’analyse l’EIU met à la disposition de M. Diouf ? Cinq au moins renvoyant aux catégories précisées par le CFICE. Il s’agit tour à tour du « processus électoral », des « libertés civiles », de l’« efficacité et la responsabilité gouvernementale », de la « participation politique » et de la « culture démocratique ».
Pour un article de la taille de celui publié par le professeur Makhtar Diouf, nous nous contentons ici, pour une catégorie donnée, de comparer le Sénégal avec le pays apparaissant dans l’ordre choisi par l’auteur dans son texte (Nigéria, Ghana, Cap-Vert, et Bénin). Cela fait un total de quatre pays africains pour cinq indicateurs. S’agissant du cinquième des indicateurs - la culture démocratique - le Sénégal est comparé à la France (voir Figure 1 avec ses cinq graphiques). J Figure 1 : Niveaux de respect d’indicateurs pertinents dans 5 pays De haut en bas, les graphiques de la figure 1 rendent compte respectivement des niveaux de respect des règles démocratiques (équité, sécurité des électeurs, pluralité, etc.), des libertés civiles (libertés d’association, d’expression et de presse), d’efficacité et de responsabilité gouvernementale, correspondant à la mise en place effective des programmes gouvernementaux, de participation politique (participation aux élections, société civile, partis politiques, syndicats, etc.) et de respect de la pluralité dans un contexte favorable au débat politique. Le classement est de 1 à 10, 10 étant le plus haut niveau. Inutile de préciser que le Sénégal n’est pas le mauvais élève que le Professeur Diouf veut punir dans des commentaires tendancieux. Il suffit pour en avoir le cœur net de comparer les niveaux d’efficacité et de responsabilité gouvernementale des gouvernements du Sénégal et du Nigeria porté en triomphe par M. Diouf dans son commentaire long et imprécis de deux pages de journal (voir Figure 2). Figure 2 : Efficacité et responsabilité au Sénégal et au Nigéria Inutile également de dire que c’est dans la capacité d’un gouvernement de mettre en œuvre ses programmes qu’il faut situer les « réalisations » sur lesquelles l’économiste se refuse à se prononcer sérieusement. Mais elles sont bien là comme jamais auparavant ! Nous pouvons continuer ainsi pour montrer qu’il y a au Sénégal des voix autorisées comme celle de Makhtar Diouf qui instruisent toujours à charge les dossiers de leur propre pays sans se donner la peine de mieux le connaître. Ces voix-là sont dangereuses pour le pays dont ils disent défendre les intérêts.
Penser plus pour gloser moins
Plutôt que de gloser sur les manifestations interdites ou pas, le Professeur Diouf ne ferait-il pas mieux de concocter un projet économique susceptible d’occuper les jeunes bien formés, les dissuadant ainsi de garnir les cohortes de manifestants violents ? Les manifestations prendraient alors une forme plus amène et plus efficace pour les laissés-pour-compte qui existent toujours et en grand nombre. Au lieu de cela, Makhtar Diouf s’en prend violemment et sans discernement aux magistrats de son pays. C’est que le commentateur fâché cette fois avec la concision oublie que la justice comprend les branches civile (règlement des conflits entre citoyens), pénale (traitement des infractions à la loi pénale) et administrative (prise en charge, entre autres, des conflits entre les citoyens et les administrations).
Pendant que le Professeur Diouf voue aux gémonies les juridictions supérieures (Cour Suprême, Haute Cour de Justice, Conseil Constitutionnel et Cour des Comptes), les tribunaux d’instance et les tribunaux de grande instance, les cours d’appel et les juridictions spécialisées contribuent, par leurs délibérations impartiales sur toute l’étendue du pays, à pacifier le Sénégal, permettant ainsi à l’Etat de droit de promouvoir, singulièrement au cours des dix dernières années, le développement économique dans la solidarité, perceptible, elle, à travers les quatre volets de la protection sociale universelle (Couverture maladie universelle, Bourse de sécurité familiale, Carte d’égalité des chances et Bonification retraite). Depuis peu, le cash transfert permet opportunément de soulager les détresses d’hommes et de femmes éligibles au Registre national unique (RNU) des ayants droit. Mais rien de tout cela n’est bon à dire puisque le « mandat présidentiel » est encore problématique au pays de la Téranga. En 2011, le Mouvementé du 23 juin (M23) s’appuya sur un collectif restreint de grands professionnels du droit public (Professeurs Babacar Guèye, Abdoulaye Dièye, Mounirou Sy, Ameth Ndiaye, Demba Sy, El Hadji Mbodj et Ababacar Guèye et Maître Doudou Ndoye) pour s’opposer pacifiquement à la candidature de l’ancien président Abdoulaye Wade pour un troisième mandat. La suite se passe aujourd’hui de commentaire.
Alerte prémonitoire
Plutôt que de montrer aux jeunes qui le lisent comment faire un raisonnement scientifique, le professeur Diouf demande aux mêmes de choisir une personne plutôt qu’une autre quand arrive le moment. Une invite bien connue à faire de la politique pour des personnes et non pour des idées comme le recommandait le professeur Cheikh Anta Diop. Il y a 32 ans déjà, quand le géochimiste sénégalais, actif au laboratoire Carbone 14 de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), disait - « Alerte sous les Tropique », Présence Africaine, 1990 - vouloir « “provoquer la prise de conscience de tous les Africains d’Afrique noire” par le “travail d’avantgarde” qui amènera chaque Africain, depuis le Sahara jusqu’au Cap, (…) à réaliser qu’on doit lutter pour des idées et non pour des personnes, que le sort du peuple est avant tout dans ses propres mains, qu’il ne dépend pas essentiellement de l’éloquence revendicative d’un quelconque député (…), que le moyen naturel pour transformer la société et la Nature est la lutte collective organisée et adaptée aux circonstances de la vie, que dans cette lutte concrète le peuple (…) doit contrôler [l’]avant-garde d’une façon dépouillée de toute sentimentalité, que ce contrôle (…) est la meilleure garantie de l’efficacité de la lutte, (… ) [et] qu’ il (…) est nécessaire de dépasser le snobisme, la mode et les manies ».
UNE DERNIÈRE EXPERTISE MÉDICO-LÉGALE ANNONCÉE DANS L'AFFAIRE IDRISSA GOUDIABY
Une "nouvelle et dernière" expertise médico-légale sera effectuée en guise "d’arbitrage" après les contradictions soulevées par les résultats de l’expertise initiale et de la contre-expertise, selon le procureur de Ziguinchor
Une "nouvelle et dernière" expertise médico-légale sera effectuée en guise "d’arbitrage" après les contradictions soulevées par les résultats de l’expertise initiale et de la contre-expertise, en vue de déterminer les véritables causes du décès d’Idrissa Goudiaby, du nom de ce jeune homme mort le 17 juin dernier, a déclaré vendredi Papa Ismaela Diallo, procureur de la République, près le Tribunal de grande instance de Ziguinchor (sud).
"Une nouvelle et dernière expertise s’impose au regard des contradictions entre experts, notamment sur l’orifice d’entrée et la nature de l’arme. Un arbitrage doit nécessairement être fait afin que tout le monde soit définitivement édifié", a annoncé M. Diallo.
Idrissa Goudiaby (Ziguinchor) et Alexis Diatta (Bignona) ont trouvé la mort lors des manifestations interdites du 17 juin dernier.
Les deux jeunes hommes seraient morts par arme à feu, selon les premières informations qui ont circulé après leur décès.
Mais le rapport d’expertise médico-légal concernant Idrissa Goudiaby avait évoqué "une mort violente par choc hémorragique suite à une plaie pénétrante du cou causée par une arme blanche contondante et tranchante comme une hache ou un sabre".
La famille du défunt avait saisi le parquet de Ziguinchor pour une contre-expertise.
"La contre-expertise a conclu que les lésions présentées par Idrissa Goudiaby sont compatibles avec une mort violente par arme à feu avec orifice d’entrée (…) responsable du choc hémorragique et du décès. Une plaie causée par une arme à feu de gros calibre utilisée à distance, c’est dire ni à bout portant ni à bout touchant", a expliqué le procureur de la République.
"Tout ce que la loi permet de poser en termes d’investigation pour que jaillisse la vérité, sera fait", avant la saisine éventuelle d’un juge d’instruction, a poursuivi le procureur.
Les deux jeunes ont trouvé la mort à la suite d’une manifestation de la coalition de l’opposition Yewi Askan wi, qui protestait contre l’invalidation de sa liste nationale pour les législatives 31 juillet par le Conseil constitutionnel.
"Nous tenons à rassurer l’opinion que dans l’affaire Idrissa Goudiaby, l’ouverture d’une information judiciaire avec la saisine d’un juge d’instruction est sérieusement envisagée, parce qu’aucun moyen légal ne sera négligé pour mettre la lumière sur cette affaire", a-t-il dit.
AMINATA TOURÉ TABLE SUR UN SCORE DE 90% À KAFFRINE
La tête de liste nationale de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY, mouvance présidentielle) a exhorté vendredi les militants de la majorité dans le département de Kaffrine à l’unité,
La tête de liste nationale de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY, mouvance présidentielle), Aminata Touré, a exhorté vendredi les militants de la majorité dans le département de Kaffrine à l’unité, en vue d’atteindre un score de "90 pour cent" au soir des élections législatives du 31 juillet prochain.
"J’en appelle à l’unité de tous les électeurs pour avoir un score sans précédent de 90% dans le département", a-t-elle dit, jeudi, lors d’un meeting de BBY à la gare routière de Kaffrine.
L’ancienne Première ministre et ancienne présidente du conseil économique social et environnementale (CESE) a été accueillie sur place par une forte mobilisation des militants de la mouvance présidentielle.
Elle s’est adressée à eux en présence d’Abdoulaye Wilane (président du conseil départemental) et d’Abdoulaye Saydou Sow (maire de Kaffrine), tous les deux candidats de la coalition sur la liste départementale de Kaffrine.
Aminata Touré a d’abord listé toutes les réalisations du président Macky Sall dans la région de Kaffrine dans les domaines de la santé et des routes, ainsi que les financements octroyés aux jeunes et aux femmes.
"Le président a prévu 1.269 nouveaux emplois à Kaffrine et pour cela, il faut que les budgets soient votés à l’Assemblée nationale’’, a-t-elle expliqué. Elle a invité les électeurs à se préparer massivement pour "une victoire éclatante" de BBY, à l’issue du scrutin des législatives.
LES SYNDICALISTES DISENT NIET
Le collectif des syndicats de santé de l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar a tenu une Assemblée générale, ce jeudi, 21 juillet, dans l’enceinte de l’hôpital pour décider du sort du centre hospitalier.
Le collectif des syndicats de santé de l’hôpital Aristide Le Dantec de Dakar a tenu une Assemblée générale, ce jeudi, 21 juillet, dans l’enceinte de l’hôpital. Selon Abdoulaye Dione, le coordinateur pour la défense et la sauvegarde de l’établissement hospitalier, le rassemblement a pour objectif de réunir toutes les composantes du collectif « pour prouver que l’hôpital reste un patrimoine national », « de dire non à la vente partielle du site » et « d’informer la population sénégalaise sur cette vente illégale qui est une violation flagrante de la loi 64-46 du 17 juin 1964 ».
« Nous avons un problème relatif au foncier, c’est à dire le président Macky Sall prétend vendre les trois hectares de la surface foncière de l’hôpital pour assurer le financement de la reconstruction du site et tous les personnels, presque dans sa totalité, s’y opposent », ont-ils défendu, indiquant qu’ils « ne l’accepteront pas, du fait que d’abord il y avait un plan, un projet d’établissement depuis 2012, réalisé par un architecte sénégalais, reconnu mondialement et maintenant l’État prétend confier le marché aux espagnols, l’expertise nationale est donc mise en cause. »
« Sur cette base, ont-ils enchaîné, si on devait reconstruire l’hôpital, ce plan de 2012, il faudrait occuper plus de trois hectares mais le plan que l’État nous a présenté n’est pas conformes, nous sommes allés en séminaire de 48 heures et sommes rendus compte que les trois hectares ne suffissent pas pour la construction de l’ensemble des services de l’hôpital ».
Poursuivant, ils ont ajouté qu’ « il y’a déjà un promoteur sénégalais, qui avait fait des études, en collaboration avec l’ex directeur de l’hôpital en 2020 et que ce projet est encore valable, le financement est déjà disponible et les fonds sont déjà mobilisés. On peut reconstruire sans que l’État ne débourse aucun sous. »
Dione et Cie ont demandé à « être édifiés sur le sort du personnel de l’hôpital », soulignant « qu’il va falloir que l’État nous dise ce qu’il en sera car rien n’a été dit à ce sujet pour le moment. »
Les syndicalistes, qui promettent de poursuivre le combat, prévoient des sit-in et l’organisation d’une « grande marche nationale » au mois d’août prochain.
SENEGAL AU TRÔNE
Le ministre des Sports, Matar Bâ, s’est réjoui du sacre du Sénégal à la 29e édition des CAF Awards, jeudi, à Rabat (Maroc), estimant que l’année en cours a définitivement prouvé le leadership du pays dans le football africain.
Kaffrine, 22 juil (APS) - Le ministre des Sports, Matar Bâ, s’est réjoui du sacre du Sénégal à la 29e édition des CAF Awards, jeudi, à Rabat (Maroc), estimant que l’année en cours a définitivement prouvé le leadership du pays dans le football africain.
"2022 a fini de montrer à l’ensemble de l’Afrique et du monde que le Sénégal a définitivement pris sa place de leader pour le football africain", a-t-il dit, vendredi, lors du lancement des travaux de construction du stade régional de Kaffrine.
Le Sénégal a remporté, jeudi, lors de la cérémonie des CAF Awards, à Rabat, cinq des treize distinctions en jeu, dont celle de meilleur footballeur de l’année, revenue à son attaquant-vedette, Sadio Mané, et celle de meilleur entraineur, décernée à son sélectionneur, Aliou Cissé.
Le ministre des Sport a réitéré ses félicitations à l’endroit des récipiendaires sur son compte twitter.
Les travaux du stades régional de Kaffrine vont coûter 7,5 milliards de francs CFA et durer 24 mois.
"Aujourd’hui, nous lançons un nouveau type de stade, car les stades régionaux qu’on a déjà eu à construire sont différents dans la conception du stade régional de Kaffrine", a expliqué Matar Bâ, en présence des autorités locales et du vice président de la Fédération sénégalaise de football et maire de Kaffrine, Abdoulaye Saydou Sow, à qui il a aussi adressé ses féliciations.
Selon Matar Bâ, "ce stade de Kaffrine, qui portera le nom de feu Momar Talla Cissé (ancien ministre), disposera de toutes les commodités nécessaires pour accompagner le développement du football, de l’athlétisme et des autres disciplines".
Il a en outre répondu favorablement aux maires de Kahi (Aliou Diané) et de Kaffrine (Abdoulaye Saydou Sow), pour que le stade de la commune de Kahi dispose d’une grille de protection et que celui de Diamagadio puisse être doté de tribunes.
PAR MAHMOUDOU IBRA KANE
SAISON DES LISTES ROUGES
Listes rouges. Le tube de l’été. Un nouvel opus comme le Sénégal sait en composer ou se faire imposer à chaque hivernage.
Listes rouges. Le tube de l’été. Un nouvel opus comme le Sénégal sait en composer ou se faire imposer à chaque hivernage.
Liste rouge des inondations. Du moins de la première pluie et les premiers dégâts recensés. L’Etat semble surpris alors qu’il a été prévenu. Alerté qu’il est, par son système d’assainissement défaillant. Alerté par des infrastructures routières et autoroutières certes nécessaires, mais souvent sans mesures d’accompagnement. Alerté par la construction sauvage de cités entières dans des zones non aedificandi ou d’immeubles dans des quartiers dits résidentiels en violation des normes d’urbanisme édictées. Un Etat alerté surtout par ses propres services. Heureusement d’ailleurs qu’il en dispose de très qualifiés dans l’anticipation, l’alerte et les correctifs. Seule manque une réactivité face aux intempéries qui figent la puissance publique dans un consternant immobilisme. La cohérence opérationnelle n’est pas que dans le déploiement des plans Orsec.
Il y a trois mois, l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim) avait averti. Dans ses prévisions, l’Anacim annonçait en rouge « un risque élevé d’éléments pluviométriques intenses voire même extrêmes ». Certes les conséquences d’une telle situation n’avaient pas été précisées. Mais un gouvernement averti n’en vaut-il pas deux ?! Le sujet des inondations, un tabou pour la majorité à la recherche… d’une nouvelle majorité en cette période de campagne électorale pour les Législatives du 31 juillet prochain. Du pain bénit pour l’opposition qui vise une cohabitation en contrôlant l’Assemblée nationale. La surenchère politique n’est pas loin sur une question sérieuse qui relève de la vision que nous devons avoir de l’aménagement de notre cadre de vie.
Phénomène naturel qui n’épargne a priori aucun pays, phénomène plus citadin que rural, les inondations -appellation parfois abusive- ne doivent cependant occulter la dimension bénéfique de la pluie. Dans un pays agricole et pastoral, il y a une campagne tout aussi importante, sinon plus importante qu’une campagne électorale. Il s’agit de la campagne qui concerne des secteurs vitaux tels que l’agriculture et l’élevage. On y ajouterait volontiers la pêche. De quoi préoccuper dans un contexte où partout dans le monde le sujet de la souveraineté et de la sécuritaire alimentaires domine les débats.
Liste rouge, disions-nous. En campagne électorale pour le scrutin législatif du 31 juillet, l’opposant Ousmane Sonko promet la publication de ce qu’il appelle « la liste rouge des médias corrompus ». L’annonce ne devrait pas tarder à être suivie d’effet, si on se fie au tempérament qu’affiche le leader de Pastef. L’Ofnac n’aura plus alors qu’à s’autosaisir de la déclaration de l’ancien Inspecteur des impôts entré en politique comme on entre en religion. Et d’ailleurs, pourquoi pas toutes les « listes rouges » ? L’opinion jugera et le pays ne s’en portera que mieux.
Ousmane Sonko s’est-il engagé dans un autre combat à mort : celui contre la presse ? L’hypothèse est sérieuse et la menace précise.
En attendant d’être édifié, le Sénégal est déjà rouge du sang versé par les dizaines de victimes du « Mortal Kombat » déclenché depuis mars 2021. Qui aura le courage d’arrêter le massacre ? Par les temps qui courent où la résignation semble être la chose la mieux partagée, la réponse à cette grave question n’est même plus évidente.
PAR Cheikh Faye
QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION POUR LA RÉFORME DU CODE DU TRAVAIL
EXCLUSIF SENEPLUS - Il paraît important de faire l’inventaire de tous les types d’emplois qui pourraient résulter de la sous-traitance pétrolière afin de concevoir des compétences nécessaires pour la transition vers une économie pétrolière
Les Inspecteurs du travail ont ouvert le débat, lors de la tenue de l’édition 2022 des « Journées du monde du travail », sur l’opportunité ou non de réformer le Code du travail actuel, lequel date de décembre 1997, soit de 25 ans. Ils sont favorables à une réforme de celui-ci eu égard des nombreuses mutations sociales et économiques enregistrées depuis. De plus, la récente crise pandémique de la Covid-19, avec son cortège d’aménagements apportés dans l’application de certaines dispositions légales notamment celles relatives à la gestion des conditions et des milieux de travail, semble rendre évidente une telle éventualité.
Dans la presse du jour, un acteur important du monde du travail, monsieur Cheikh Diop, Secrétaire Général de la CNTS/FC, verse une importante contribution au débat sans oublier de mettre sur la table des propositions concrètes, advenant la décision de réformer le Code du Travail. Il se montre ouvert à une réforme du Code du Travail, mais à condition que les travailleurs n’en soient pas les agneaux du sacrifice au nom de la flexibilité. Il s’est montré clair en fixant les limites à ne pas dépasser lorsqu’il écrit : « (…) la remise en cause du code du travail actuel pour sa flexibilité ne peut être décrétée et conçue en dehors des paradigmes du travail décent, le cas échéant, elle se heurterait à l’action syndicale. »
Tout semble indiquer que nombreux sont celles et ceux qui croient qu’une réforme du Code du travail s’avère nécessaire, voire incontournable. Cela ne constitue pas une surprise, car le diagnostic de la situation est quasi-unanime : l’évolution technologique, la mondialisation de l’économie, les progrès sociaux, la crise de la Covid-19 et bien d’autres facteurs ont entrainé des transformations, profondes et durables, dans les modes d’organisation des entreprises et ont fini d’installer de nouvelles formes de travail.
Sans être exhaustive, cette présente réflexion vise, advenant la décision de réformer le Code du travail, à alimenter la discussion sur les choix de certains aspects liés à la démarche méthodologique à adopter et au contenu des réformes à apporter.
Nécessité d’une réforme inclusive
Les réformes antérieures du Code du travail ont toujours été une affaire de spécialistes du droit du travail et des partenaires sociaux. À cet égard, il semble utile de rappeler que la réforme du Code du travail d’un pays ne se limite pas seulement à toiletter, à réactualiser, voire à adapter certaines dispositions de cette loi. Elle va au-delà en intégrant des considérations et des préoccupations liées aux impacts que pourraient avoir les changements envisagés ou apportés. En effet, ces changements (voulus et/ou non voulus) pourraient avoir des conséquences (positives ou négatives), par exemple, sur le niveau d’emploi dans le pays, sur la prise en compte des aspirations sociétales (équité salariale hommes – femmes, conciliation travail – famille, etc.) et sur le fonctionnement des entreprises (productivité, compétitivité, etc.).
Selon les chiffres de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’âge moyen de la population sénégalaise est de 19 ans et plus de 54% des sénégalais ont un âge compris entre 15 et 64 ans. Ce qui met en exergue la jeunesse et la vitalité de notre population ainsi que l’importance de celle considérée comme étant active. Dans ces conditions, toute réforme du Code du travail devrait trouver les combinaisons les plus efficaces et les moins coûteuses (socialement) pour favoriser le maintien à l’emploi des travailleurs. Ce qui requiert, certes, une certaine flexibilité pour les entreprises, mais une flexibilité limitée et balisée. Ainsi, par exemple, les employeurs pourraient disposer plus de facilités pour effectuer une réorganisation intérieure et/ou pour recourir à des contrats à durée déterminée ou à temps partiel afin de s’adapter à leur environnement concurrentiel. Toutefois, ces possibilités devront être encadrées de manière à mettre les travailleurs à l’abri d’éventuels abus susceptibles de les envoyer au chômage ou d’occasionner la perte de certains de leurs acquis. Ces compromis à trouver s’insèrent dans un concept plus global appelé « flexicurité ».
Au sens de l’Organisation internationale du travail (OIT), la notion de flexicurité renvoie, dans le cadre de son Agenda du travail décent, à une combinaison de flexibilité et de protection sociale. Cette dernière ne devrait pas se limiter uniquement à la sécurité de l’emploi et à celle du revenu, mais s’étend aussi à la stabilité de l’emploi, laquelle permet de se protéger contre les congédiements abusifs. Quelle sera le niveau de flexicurité optimal à prendre en compte dans la rédaction d’un nouveau Code du travail ? Seules des études préalables (quantitatives et qualitatives), décrivant la situation actuelle du monde du travail et cernant les aspirations de ses principaux acteurs ainsi qu’une évaluation objective de l’application des dispositions de flexibilité introduites dans le Code du travail de 1997, pourraient permettre aux autorités politiques compétentes de procéder aux arbitrages nécessaires pour fixer ce niveau.
Un second exemple, qui plaide pour une démarche large et inclusive qui va aller au-delà des spécialistes du droit du travail et des partenaires sociaux, pourrait être celui de l’intégration et du renforcement de mesures relatives à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Aujourd’hui, rien ne justifie l’existence, à compétences égales, les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes au sein des entreprises ou l’absence des femmes, en nombre suffisant, à la tête des entreprises ou leur présence dans les organes de gouvernance de celles-ci. La répression et la prévention des actes de harcèlements (psychologiques, physiques et sexuels) à l’encontre des femmes au travail devraient être, également, au menu de toute éventuelle réforme du Code du travail. Autant de choses qui militeraient pour l’implication des mouvements de défense des intérêts de la femme et ceux de la société civile dans toute démarche de réforme du Code du travail.
Tenir compte des nouveaux enjeux
Légiférer, c’est régler des problèmes actuels et anticiper sur ceux qui pourraient se poser dans l’avenir. Sous cette perspective, il n’est ni souhaitable ni possible de réformer le Code du travail sans tenir compte des enjeux sociétaux actuels et futurs. Au nombre de ces enjeux, figure celui du passage prochain de notre pays au statut de producteur d’hydrocarbures.
La crise pandémique de la Covid-19 a mis à nu la fragilité de plusieurs segments de l’économie nationale. Certains ont perdu de nombreux emplois et tout semble indiquer que la totalité de ces emplois perdus ne sera pas régénérée. De même, plusieurs nouveaux emplois, inconnus ou peu pourvus par le passé, apparaissent et semblent prendre de l’essor. C’est le cas des emplois qui se dessinent dans la perspective du démarrage de la production de nos hydrocarbures. D’une manière générale, la réforme du Code du travail devrait aider à faciliter la transition des travailleurs des secteurs d’activités identifiés comme étant les moins attractifs, les moins productifs, voire les moins profitables (en termes de niveau de revenus et de garanties) vers celui de l’exploitation, du stockage et de la commercialisation des hydrocarbures.
L’ère d’exploitation de nos ressources d’hydrocarbures sera source de nombreuses mutations notamment aux plans de l’économie et du marché du travail : des emplois vont disparaître et d’autres, plus qualifiés, vont apparaître. S’il est vrai que les compagnies pétrolières créent peu d’emplois directs compte tenu de l’importance des moyens techniques et technologiques qu’elles mobilisent ainsi que le niveau élevé de la qualification de leurs travailleurs, en revanche, elles favorisent énormément la création d’emplois indirects. En effet, pour fonctionner de manière optimale, les compagnies pétrolières ont besoin d’une pléiade de sous-traitants (industriels, services, logistiques, etc.). Il paraît donc important et utile de faire l’inventaire exhaustif de tous les types d’emplois qui pourraient résulter de la sous-traitance pétrolière afin de concevoir et de mettre en place des programmes de développement des compétences adaptés et efficaces pour assurer cette transition vers une économie pétrolière. Cette situation offre l’opportunité de réformer et d’adapter, par exemple, certaines dispositions du Code du travail relatives notamment aux Titres IV (apprentissage et formation professionnelle) et V (Tâcheronnat) en relation avec les autres Départements ministériels qui ont en charge l’emploi, le développement des compétences, le marché du travail, etc.
Il sera aussi impératif de faire de la négociation collective au sein des entreprises la pierre angulaire de la régulation des relations professionnelles et, subséquemment, une source de production du droit social. Ce qui reviendrait à remettre en cause, de façon profonde, le modèle de négociation collective en vigueur au Sénégal, lequel est marqué par une trop grande centralisation des négociations (parfois loin des entreprises et de leurs réalités) avec une implication trop importante des centrales syndicales et des autorités en charge du Travail. En effet, favoriser la négociation collective au sein des entreprises reviendrait notamment à permettre aux principaux acteurs concernés d’initier des démarches de proximité, de se sentir responsables de leur propre sort et de favoriser l’émergence de compromis qui tiennent compte des réalités internes et du contexte concurrentiel dans lesquels ils vivent. Les entreprises et leurs travailleurs savent mieux que quiconque ce qu’ils veulent et ce qui est plus adapté à leurs réalités, lesquelles diffèrent d’une entreprise à une autre. Il suffirait de développer et/ou renforcer leurs capacités et de leur offrir un encadrement minimal pour que la négociation collective au sein des entreprises soit une réalité.
En conclusion, le Sénégal ne pourrait pas se permettre de faire l’économie d’une réforme de son Code du travail. Advenant cette décision, la démarche à adopter et le choix des thèmes sur lesquels portera la réforme mériteraient beaucoup d’attention, une méthodologie rigoureuse et une implication de tous les acteurs concernés ou susceptibles d’être concernés. Ce sera le prix à payer pour éviter une énième réforme de plus.
Cheikh Faye, Ph.D est Professeur agrégé
UQAC – Canada.
par Lamine Niang
BACCALAURÉAT ET INÉGALITÉS
EXCLUSIF SENEPLUS - Le taux de réussite globalement décevant devrait pousser la réflexion sur la pertinence du maintien du baccalauréat tel qu’il s’organise depuis que nous l’avons hérité du système scolaire colonial français
Chaque année, à l’heure de la publication des résultats du baccalauréat, les projecteurs sont principalement braqués sur les élèves de terminale qui réussissent l’épreuve au premier ou au deuxième tour ; ceux qui obtiennent le fameux sésame avec une mention attirent davantage l’attention. À juste titre, ils sont félicités et auréolés d’éloges. L’instantanéité des médias en ligne et l’amplificateur des réseaux sociaux aidant dans la diffusion de ces belles réussites académiques.
Ces élèves méritent effectivement toute la reconnaissance et les vives félicitations qu’on leur adresse. Comme dans tous les autres domaines de la vie, les meilleurs doivent être sans aucun doute promus et érigés en modèles, c’est ainsi que se crée une société performante et méritocratique. De plus, ces élèves devraient pouvoir poursuivre leurs études supérieures dans les meilleures conditions socio-économiques possibles afin de préparer adéquatement la relève dans un monde de plus en plus savant et en perpétuelle compétition dans la recherche et l’innovation. C’est en effet par un niveau élevé d’éducation et de formation des populations actives que les États assoient leur développement social et économique.
Cependant, ces nouveaux diplômés du baccalauréat qui barrent la une des journaux et font la satisfaction des parents, amies et connaissances ne constituent que l’arbre de la réussite qui cache mal la forêt des milliers d’échecs qui se retrouvent sur la touche. À défaut de reprendre une année scolaire complète, beaucoup de ces doubleurs, dont certains sont à leur deuxième ou troisième tentative pour obtenir l’attestation tant convoitée, finissent par décrocher et quitter l’école. On ne s’y attarde pas suffisamment, hélas.
Et pourtant, ce sont ceux-là qui devraient susciter une attention toute particulière des gouvernants et administrateurs scolaires. En effet, l’éducation mobilise des investissements étatiques colossaux (humains, infrastructurels et financiers) et ceux-ci devraient concourir à un seul et même objectif : la réussite éducative des élèves. Par conséquent, lorsqu’un très grand nombre de ces élèves ne passent pas en classe supérieure ou échouent aux épreuves annuelles comme le BFEM ou le Bac, cela devrait alerter le ministère de l’Éducation nationale sur l’efficacité du système scolaire dans sa mission première de faire réussir les apprenants, quel que soient leurs besoins particuliers et leurs caractéristiques singulières. Dans un tel système qui tire les élèves vers le haut, l’échec scolaire devient une exception et mobilise l’énergie et les efforts des gouvernants scolaires pour le réduire le plus possible, à défaut de l’enrayer complètement.
Le taux de réussite globale à l’épreuve du bac constitue ainsi un indicateur suffisamment révélateur de l’échec de notre système scolaire et devrait d’ailleurs pousser la réflexion sur la pertinence du maintien du baccalauréat tel qu’il s’organise depuis que nous l’avons hérité du système scolaire colonial français. Selon les statistiques officielles fournies par la direction de Office du Baccalauréat, en 2021, sur les 147,957 candidats qui ont composé, seuls 66 063 sont déclarés admis, soit un taux de réussite de 44,65%. En 2020, le taux de réussite se situait à 48,4%, le plus élevé dans les deux dernières décennies. Comment se satisfaire de tels résultats si on sait que plus de 52% des élèves connaissent l’échec après une année d’études, d’angoisse et de stress ? En comparaison, en 2021, des pays voisins enregistraient des performances largement supérieures (64,42 au Bénin, 69,59% au Togo, 81,83 au Maroc et 94% en France). Le taux de réussite global de l'année 2022 risque fort probablement de ne point dépasser la barre des 50%.
En plus des nombreuses difficultés (retard dans le début des cours, grèves cycliques, conditions d’études précaires, etc.) dont les élèves demeurent les principales victimes, évaluer les apprentissages d’une année scolaire en quelques jours pour en recaler le plus grand nombre d’élèves n’est pas un gage d’une saine compétition. Au moment où des élèves issus des grandes écoles privées et des lycées d’excellence décrochent sans grande peine leur ticket pour l’université parce qu’étant bien préparés, d’autres provenant de milieux défavorisés ne peuvent souvent compter que sur un coup du destin ou sur leurs prédispositions cognitives supérieures. Une évaluation n’est pertinente que lorsqu’elle permet de porter concrètement un jugement sur des apprentissages réalisés en classe en vue de décisions pédagogiques et administratives. Elle doit nécessairement se fonder sur des valeurs telles que la justice, l’égalité et l’équité. Autrement, elle participe à creuser un fossé entre les élèves et à produire l’inverse de l’une des missions que l’école est censée remplir : lutter contre les inégalités.