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31 août 2025
LE TAUX DE PALUDISME EN CHUTE LIBRE A KAFFRINE
L’incidence du paludisme (nombre de cas pour 1000 habitants exposés au risque de paludisme) a connu une ‘’nette baisse’’ dans la région de Kaffrine grâce aux efforts du district de Koungheul, a appris l’APS de la région médicale.
Kaffrine, 24 mai (APS) - L’incidence du paludisme (nombre de cas pour 1000 habitants exposés au risque de paludisme) a connu une ‘’nette baisse’’ dans la région de Kaffrine grâce aux efforts du district de Koungheul, a appris l’APS de la région médicale.
‘’Nous avons noté de gros efforts entre 2020 et 2021. Nous sommes passés de 7,69 ‰ en terme d’incidence à 5,35‰ en 2021 donc c’est une nette baisse de l’incidence du paludisme au niveau de la région’’, a soutenu mardi, à Kaffrine, Ousseynou Fall.
Le superviseur des soins de santé primaire au niveau de la région médicale s’exprimait en marge d’une rencontre d’information et de partage sur la campagne de distribution de masse de moustiquaire imprégnée à longue durée d’action (MILDA).
M. Fall explique en partie ces résultats de la région par les performances du district de Koungheul.
‘’C’est le district de Koungheul, au rouge depuis plusieurs années, qui tirait toute la région vers le rouge et là, il est passé au jaune c’est-à-dire une incidence inférieure à 15 ‰’’, a-t-il indiqué.
Selon lui, le district de Koungheul a connu la baisse la plus importante de toute la région de Kaffrine en passant de 17,3 à presque 9,72‰, une baisse représentant presque la moitié de l’incidence du paludisme.
Pour expliquer ‘’cette nette baisse durant ces deux ans’’, il a magnifié la participation de tous les acteurs de la santé au niveau de la région et surtout au niveau national, mais également grâce à la campagne d’aspersion intra-domiciliaire (AID) d’insecticide qui est en train d’être menée dans le district.
Abordant la question de la distribution des MILDA, Ousseynou Fall, par ailleurs point focal de cette campagne, a assuré que les districts sont en train de former les acteurs communautaires dans le cadre des recensements.
‘’Nous avons commencé depuis hier, ensuite la seconde étape sera la distribution des MILDA aux populations de Kaffrine. Et cette année, nous allons faire fi de la disponibilité des MILDA au niveau des ménages en recommençant à zéro ‘’, a-t-il dit, précisant que cette campagne de distribution sera effective avant la fin du mois de juin.
MULTIPLE PHOTOS
ENTRE ETUDIANTS ET FORCES DE L'ORDRE, LA TENSION MONTE À L'UNIVERSITÉ IBA DER THIAM
Des entreprises en charge des travaux de finition étaient venues dans le temple du savoir pour procéder à la réception provisoire des travaux qui ont trop duré mais des professeurs et étudiants s’y ont opposés
Il y avait de l’électricité dans l’air ce mercredi matin à l’Université Iba Der Thiam de Thiès. Personnel technique et étudiants ont fait face aux forces de l’ordre. Des entreprises en charge des travaux de finition étaient venues dans le temple du savoir pour procéder à la réception provisoire des travaux qui ont trop duré mais des professeurs et étudiants s’y ont opposés. Selon eux, ces travaux sont loin d’être finis. Ils ont ainsi fait face aux forces de l’ordre.
"Les réunions hebdomadaires de chantiers entre ces trois structures ont pourtant montré que les travaux sont encore inachevés. Pourquoi alors précipiter cette réception ? Peut-être pour permettre à l’entreprise de récupérer le montant de la garantie de bonne exécution d’un montant de plus de 350 millions, qui, conformément au contrat et à l’article 119 du décret 2014-1212 du 22 septembre 2014, est libérée dès la réception provisoire des travaux. Le cas échéant, l’entreprise y trouverait son compte, mais quid alors de l’intérêt de l’ACBEP et des autorités de l’UIDT, qui, bien que sachant que les travaux sont inachevés, accompagnent, dans un mutisme total, cette réception délictuelle", s’interroge le président de l’Amicale des professeurs de l’Uit, Mamadou Tandian Diaw.
Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, ces professeurs de l’UIT expliquent que "le moment est également venu de se demander pourquoi cette entreprise (ESCI) bénéficie d’autant de sollicitude de la part de l’ACBEP et des autorités de l’Université. Elle utilise gracieusement l’eau et l’électricité de l’UIDT depuis 2015, ce qui lui a permis de construire et de livrer les bâtiments de l’ISEP de Thiès et l’immeuble abritant les services des impôts et domaines de la région de Thiès" note le communiqué.
Dans le même document, il est mentionné que : "La communauté universitaire à travers la coordination des syndicats PER PATS et étudiants exige avant toute réception que les travaux soient achevés conformément à la réglementation en vigueur au Sénégal. Elle alerte les autorités compétentes et dénonce "cette forfaiture que prépare l’entreprise ESCI en complicité avec l’ACBEP et les autorités de l’Université de Thiès par la réception programmée de travaux inachevés". Selon toujours le document, "cette entreprise ESCI, qui avait signé un contrat pour un délai d’exécution de 18 mois conformément à l’appel d’offre N° AON/06/IDA/ACBEP/2014, qui en est aujourd’hui à 81 mois d’exécution sans avoir jamais subi aucune pénalité de retard malgré les clauses de son contrat et des articles 134 et 135 du décret 2014-1212 du 22 septembre 2014 portant codes des marchés". " Cette entreprise veut se libérer avec la complicité de l’ACBEP et des autorités de l’Université de Thiès qui ne peuvent ignorer que les travaux sont loin d’être achevés.
L’IRAN VEUT LE SÉNÉGAL, EN MATCH AMICAL
L’Iran veut affronter le Sénégal, en amical, pour la préparation de la Coupe du monde Qatar 2022. Les discussions sont en cours, a confié l’Ambassadeur de la République islamique d’Iran au Sénégal, Mohammad Reza Dehshiri.
L’Iran veut affronter le Sénégal, en amical, pour la préparation de la Coupe du monde Qatar 2022. Les discussions sont en cours, a confié l’Ambassadeur de la République islamique d’Iran au Sénégal, Mohammad Reza Dehshiri.
Il explique : « Nous sommes en pourparlers avec le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Me Augustin Senghor, sur un match amical entre le Sénégal et l’Iran. Nous sommes convenus de deux dates, l’une en juin et l’autre au mois de septembre. Nous espérons qu’on pourra accueillir l’équipe du Sénégal, en Iran. »
En marge des Assises de l’économie organisées par l’Union nationale des commerçants, opérateurs et investisseurs du Sénégal (Unacois Yeessal), il a annoncé également l’octroi du visa gratuit pour les supporters sénégalais lors des prochaines joutes mondiales prévues cet hiver.
« Ceux qui veulent aller, via l’Iran, à Qatar, on peut les loger et leur donner le visa gratuitement. On a même réfléchi sur le moyen de transport. Il y a deux îles iraniennes qui s’appellent Kish et Qeshm, ils peuvent s’y installer », a-t-il suggéré au micro de Radio Sénégal.
Dans un récent communiqué de presse, la FSF a fait part de sa décision de surseoir à l’organisation d’un match amical international durant la fenêtre FIFA du 30 mai – 14 juin 2022, avec la tenue des deux premières journées des 04 et 07 juin 2022 du Groupe L des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Côte d’Ivoire 2023.
En effet, le coach sénégalais, Aliou Cissé, fera face à la presse vendredi pour livrer la liste des joueurs retenus pour ces deux premières sorties des Lions du Sénégal, d’abord, face au Bénin, le 4 juin, puis face au Rwanda, trois jours après, le 7 à Kigali. Le Sénégal remet son titre en jeu.
JOJ 2026, MAMADOU DIAGNA NDIAYE POSE LES PREMIERS JALONS
Le président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) par ailleurs membre du CIO, Mamadou Diagna Ndiaye, a eu une séance de travail ce mercredi 25 mai, à Zurich, avec la FIFA.
En droite ligne avec l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) que Dakar, la capitale sénégalaise, va abriter, en 2026, le président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) par ailleurs membre du CIO, Mamadou Diagna Ndiaye, a eu une séance de travail ce mercredi 25 mai, à Zurich, avec la FIFA. Le président de Dakar 2026 et les membres de l’instance suprême du football mondial se sont entretenus sur une « bonne coopération entre le COJOJ Dakar 2026 et la FIFA » pour mieux accompagner la jeunesse sénégalaise.
Par ailleurs, la FIFA a félicité Mamadou Diagna Ndiaye du rôle qu’il a eu à jouer en tant que président du comité de normalisation (CNF) pour remettre le football sur les rails.
Une première en Afrique, la capitale sénégalaise va accueillir les JOJ après Singapour, Nanjing et Buenos Aires.
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TROPHY TOUR, EXTASE A DENTIADI
Au bout de cinq jours de périple au cours desquels, la délégation a sillonné quatre grandes régions du pays, la caravane boucle, en ce mercredi, la première phase de cette aventure avant de reprendre dans six jours.
Au bout de cinq jours de périple au cours desquels, la délégation a sillonné quatre grandes régions du pays, la caravane boucle, en ce mercredi, la première phase de cette aventure avant de reprendre dans six jours. Après l’étape de Matam et Ourossogui de ce matin, la caravane a fait halte à Dentiadi, un hameau à la sortie de la ville, sur la RN3. Surpris par cette visite inopinée exceptionnelle, les habitants du village se sont sentis subjugués par dame coupe. Ils n’en reviennent tout simplement pas. À l’image de cette dame, cuisinant en plein air. La coupe l’a trouvée jusque dans cocon. On vous laisse admirer ces jolis clichés. La magie de l’image !
LE SÉNÉGAL EST TRÈS VULNÉRABLE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
En raison de la baisse des précipitations et de la hausse des températures, les risques de sécheresse pourraient augmenter de 20 à 40 % à long terme, selon la BAD
Le Sénégal est 70e au classement mondial effectué par la Banque africaine de développement (BAD) en matière d’aléas climatiques, un rang selon lequel il est ‘’très vulnérable’’ au changement climatique, appris l’APS, mercredi, à Accra.
Le classement figure dans les ‘’Perspectives économiques de l’Afrique’’, une publication annuelle de la BAD, qui tient ses assemblées annuelles depuis mardi dans la capitale du Ghana.
L’agriculture, la pêche et le tourisme sont les secteurs d’activité les plus touchés par le changement climatique au Sénégal, indique le document.
En raison de la baisse des précipitations et de la hausse des températures, les risques de sécheresse pourraient augmenter de 20 à 40 % à long terme, au Sénégal, ajoute la publication.
L’édition 2021 du rapport a été lancée mercredi au centre international de conférences d’Accra, qui accueille les 57èmes assemblées annuelles de la BAD.
A cause de l’exploitation des hydrocarbures, à laquelle se prépare le Sénégal, les émissions de gaz à effet de serre risquent d’augmenter fortement, selon le dernier numéro des ‘’Perspectives économiques de l’Afrique’’.
Le document signale que le Plan Sénégal émergent, le programme de développement économique, culturel et social mis en œuvre par l’Etat depuis 2014, a identifié des ‘’priorités pour promouvoir la croissante verte’’.
Le Fonds vert pour le climat, un mécanisme financier des Nations unies, a mobilisé en 2020, pour le Sénégal, 153,4 millions de dollars US pour la prévention des inondations, la promotion des énergies renouvelables, la gestion durable des terres et la résilience des écosystèmes, selon la même source.
Les perspectives concernant la réalisation de l’objectif de développement durable numéro 13, relatif à l’action climatique, restent ‘’moroses’’, malgré les efforts du gouvernement sénégalais, car le taux de mise en œuvre, au titre du plan de relance économique, devrait rester faible. Il tourne autour de 13,6 % pour l’année 2023.
Outre le changement climatique et les options de politiques publiques du Sénégal, le rapport a analysé les développements macro-économiques récents et les perspectives et risques économiques.
LA GAMBIE PRÊTE À FAIRE JUGER JAMMEH
Le gouvernement du président Adama Barrow a apporté un début de satisfaction aux attentes des victimes de la dictature ou de leurs proches, dont un certain nombre craignait que la justice ne soit sacrifiée à des commodités politiques
Le gouvernement gambien s'est dit prêt mercredi à faire juger, en Gambie même, l'ancien dictateur Yahya Jammeh et des dizaines de personnes accusées d'une multitude de crimes pendant ses plus de vingt ans à la tête de ce petit pays d'Afrique de l'Ouest.
Le gouvernement du président Adama Barrow a apporté un début de satisfaction aux attentes des victimes de la dictature ou de leurs proches, dont un certain nombre craignait que la justice ne soit sacrifiée à des commodités politiques.
Mais la comparution de M. Jammeh semble une perspective encore lointaine. L'ancien autocrate, dont c'était le 57ème anniversaire mercredi, vit en exil en Guinée Equatoriale et il n'y a aucun accord d'extradition entre les deux capitales. Entre la mise en place d'une cour spécialisée et la réforme des textes en vigueur, par exemple sur la torture, le gouvernement de ce pays pauvre et enclavé, aux ressources limitées, a préparé les esprits à un fastidieux parcours.
Le gouvernement a dit mercredi accepter de poursuivre les 70 personnes citées dans un rapport produit en novembre par une commission chargée de faire la lumière sur les méfaits perpétrés à l'époque. Cela concerne "notamment (...) l'ancien président Yahya Jammeh pour une myriade de crimes commis entre 1994 et 2017", a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué faisant référence à la période pendant laquelle M. Jammeh, lieutenant arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat militaire, a dirigé la Gambie d'une main de fer.
"La tâche la plus importante maintenant, c'est de veiller à ce que les recommandations soient respectées, appliquées, et non pas mises de côté comme ailleurs", a dit à l'AFP Fatoumatta Sandeng, porte-parole d'une coalition d'associations de victimes dont le père, un opposant, est mort en 2016 après avoir été arrêté et torturé.
"Nous ne sommes pas disposés à laisser l'impunité encourager les auteurs de crimes", a assuré le ministre de la Justice Dawda Jallow lors d'une cérémonie devant des organisations de victimes, la société civile, le monde politique et des diplomates. Les autorités ont répondu aux préconisations de la commission sous la forme d'un "Livre blanc" distribué aux participants à la cérémonie.
Pendant 22 ans, "les exécutions extrajudiciaires, le viol, la torture, les disparitions forcées et de nombreuses violations graves des droits de l'Homme ont été la marque de (la) junte militaire" de M. Jammeh; "avec ses complices, y compris les broussards et l'Agence nationale du renseignement, Yahya Jammeh s'est servi de ces instruments pour s'accrocher au pouvoir en semant la peur dans le coeur des Gambiens ordinaires", dit le Livre blanc.
Question de volonté
La commission a dénombré entre 240 et 250 personnes mortes entre les mains de l'Etat et de ses agents. Parmi elles figure le correspondant de l'AFP et grande figure de la presse nationale Deyda Hydara, assassiné le 16 décembre 2004 par les "broussards", hommes de main du régime.
La commission passait en revue les crimes commis, qu'il s'agisse de l'assassinat d'opposants, de répression des libertés de la presse ou de religion, d'anonymes tués par l'incurie du convoi présidentiel, jusqu'à l'administration contrainte d'un traitement bidon contre le sida. Le gouvernement a répondu point par point dans le Livre blanc, endossant des poursuites contre M. Jammeh pour une litanie de fait, mais aussi des propositions de réformes du système gambien.
M. Jammeh doit être poursuivi pour le meurtre du journaliste Hydara, abonde le gouvernement. Un parquet et un tribunal spéciaux seront créés, a annoncé le ministre. "Cette cour sera établie en Gambie", a-t-il dit. Parmi différentes options, la commission accordait sa préférence à une cour internationale basée hors de la Gambie dans un pays voisin.
Personne n'a encore été jugé en Gambie pour les crimes attribués au régime Jammeh. La présidence jugée ubuesque de M. Jammeh a pris fin avec sa défaite surprise à la présidentielle de décembre 2016 et son exil forcé en janvier 2017 sous la pression d'une intervention militaire ouest-africaine.
Son départ a ouvert la voie à une transition démocratique fragile dans ce pays anglophone de plus de deux millions d'habitants. M. Jammeh continue d'influer sur la vie politique. M. Barrow a été réélu en 2021 après un accord entre son parti et celui de M. Jammeh.
Reed Brody, avocat spécialiste de ces causes engagé au côté des victimes de l'ère Jammeh, a vu dans l'annonce gouvernementale "une avancée importante". "Les preuves sont là" et l'attente est forte en Gambie et à l'étranger, a-t-il déclaré. "C'est maintenant au gouvernement de faire la preuve par des actes concrets qu'il est déterminé à faire rendre des comptes aux coupables".
PAR Korassi Téwéché
LE POST-COLONIALISME EXPLIQUÉ À MA FILLE
EXCLUSIF SENEPLUS - « C’est triste, me dit-ma fille, le regard comme meurtri de compassion pour cette humanité endormie. Crois-tu qu’un jour, grâce au postcolonialisme, l’humanité brillera comme le soleil ? », ajouta-t-elle
Hier, ma fille m’a posé une question curieuse : « Papa, qu’est-ce que le postcolonialisme ? » Ma fille a douze ans. À cet âge on ne s’intéresse normalement pas à ce genre de sujets. Et pourtant, elle s’y intéresse. « Où as-tu trouvé ce mot, lui demandais-je ». « Sur Internet, me répondit-elle ». J’étais sidéré. C’est fou comme on peut aujourd’hui avoir accès à tout, pensaisje. Mais là n’était pas la question. Il fallait que je dise quelque chose à ma fille ; que je lui explique ce qu’est le postcolonialisme. De deux choses l’une : ou je lui disais que ce sujet n’est pas important pour elle, ou alors je lui avouais toute la vérité. Je me sentais comme devant la barre ; sans avocat, tétanisé. Elle était la juge. Moi, j’étais l’accusé appelé à comparaître. Je gardais mon calme, respirais profondément et lui dit : « Vois-tu ce soleil brille qui brille au-dessus de nos têtes ? Il ne fait de différence entre qui que ce soit. Il brille sur toi, sur ta maman, sur ta tante Lisa, sur moi… Il brille partout. Ainsi en était-il des humains. Au commencement, nous étions comme le soleil. Nous aimions tout le monde. Nous partagions notre amour, notre confiance, notre amitié. Bref, nous ne faisions de distinction entre personne. Jadis, il n’y avait pas de guerre. Il n’y avait ni blanc, ni jaune, ni rouge, ni noir ; ni bons ni mauvais. La terre était une et belle. On pouvait aller d’un pays à un autre, traverser les frontières, sans craindre d’être arrêté comme un bandit, ou mis en prison. C’était la paix parmi les vivants.
Puis un jour tout changea. Je ne sais pas pourquoi, mais tout devint différent. À ton avis, que se passe-t-il quand le soleil cesse de briller, demandais-je à ma fille ? » « C’est la nuit, me dit-elle ; on ne peut plus voir ». « Ainsi en est-il de l’humanité, continuais-je. Comme le soleil, nous cessâmes de briller. La nuit s’abattit sur nous. Nous ne pouvions plus voir ; nous tutubions tels des aveugles. Depuis le jour où notre lumière s’est éteinte, l’orgueil est entré dans nos cœurs. Nous commençâmes à distinguer nos amis de nos ennemis. Nous choisissions ceux qui nous ressemblaient, et jetions les ‘autres’ en prison. Nous leur faisions la guerre, arrachions leurs biens, brulions leurs maisons… Bref, depuis ce jour où notre soleil s’est éteint, nous avons cessé d’être des humains ». Puis, j’expliquais à ma fille comment la terre subit fatalement les effets de cette ‘éclipse de l’humain’. Je poursuivais : « Certes, l’histoire de la guerre est très ancienne ; mais depuis environ cinq siècles, celle-ci a connu une escalade ahurissante. À sa sortie du Moyen-âge, convaincue d’être l’incarnation de la ‘Raison Universelle’, l’Europe décréta qu’elle était la figure de l’humanité accomplie et la mesure de toute chose : du bien et du mal, du vrai et du faux, du juste et de l’injuste… Pétrie de cette foi aveugle, elle s’octroya un droit absolu de propriété sur la terre et le vivant. Elle lança l’assaut contre les autres nations du monde et fit la guerre aux peuples d’Amérique, d’Afrique, d’Asie, et d’Orient… Possédée par sa folie meurtrière, elle détruisit toutes les civilisations qu’elle croisa sur son chemin certes, il y a eu des résistances à cette barbarie européenne. Les peuples luttèrent pour défendre leurs terres et leur dignité. Beaucoup moururent au combat. Mais depuis ce jour, le rapport entre l’Europe et les autres peuples n’est plus le même. C’est cette relation que veut réparer le postcolonialisme. Au-delà de ses spécificités, il défend l’idée qu’il n’existe qu’une seule ‘race humaine’, et que tous les humains sont égaux en droits et en dignité. Aucun peuple, aucune nation n’a le monopole de la vérité et ne peut donc, sous ce prétexte, asservir un autre. Cette idée n’est pas un mythe, elle n’est pas un article de foi, mais une évidence de la conscience. Certes, la multiplicité des cultures peut donner l’impression qu’il existe des différences entre les sociétés. Elle peut laisser croire que certaines histoires valent mieux que d’autres. Mais ceci n’est qu’une illusion. Au fond, en rentrant en soi-même, par-delà la ruse de la culture et des histoires particulières, chaque être humain peut comprendre ce lien intrinsèque qui l’unit au reste du monde, et à l’univers tout entier. Ce lien a trait à la vie et à la mort, qui sont l’horizon de notre séjour terrestre. C’est dire que le postcolonialisme veut non seulement résister contre l’impérialisme européen ; il veut ouvrir la voie à une pensée débarrassée du fardeau de l’ethnicité et de la ‘race’. Il veut faire émerger un savoir qui transcende les provincialismes chauvinistes et les historicismes des communautés humaines.
Cependant, au creux du ventre gourmand européen, subsiste toujours cette singulière nostalgie d’être la fille aînée de l’humanité. Au-delà de l’Europe, on peut aussi voir des gens ou des peuples qui croient, secrètement ou à haute voix, qu’ils sont le centre éternel du monde. Tous oublient hélas que les choses ont changé. « C’est triste, me dit-ma fille, le regard comme meurtri de compassion pour cette humanité endormie. Crois-tu qu’un jour, grâce au postcolonialisme, l’humanité brillera comme le soleil ? » ajouta-t-elle. « Le postcolonialisme a fait son chemin, lui répondis-je. Une nouvelle ère s’ouvre à nos yeux. Qu’il existe, durant ce siècle, des individus ou des nations qui persévèrent dans leur aveuglement est un scandale. Il revient néanmoins à chacun de poursuivre l’aventure humaine terrestre dans la lucidité. Non plus nécessairement en s’opposant à l’Europe, mais en luttant contre. Tout ce qui aliène l’humain et tue la lucidité. Ou nous nous réveillons chaque matin, et éclairons l’univers tel le soleil ; ou nous laissons l’obscurité régner sur le monde. Tout dépendra de nous ! » Soudain, je vis comme une lumière sur le visage de ma fille. « Moi, je brillerai comme le soleil dans l’univers, me dit-elle en souriant ! »
par l'éditorialiste de seneplus, serigne saliou guèye
LA PARITÉ, POISON DE LA DÉMOCRATIE
EXCLUSIF SENEPLUS - Cette loi telle qu’instituée ne découle pas d’un souci de promouvoir l’égalité homme-femme, mais d’un populisme destiné à manipuler les masses féministes à des fins électoralistes
Serigne Saliou Guèye de SenePlus |
Publication 25/05/2022
À quelques encablures des élections législatives, l’incertitude a plané sur la tenue de ces échéances électorales. En cause, les listes de Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) et de Yewwi Askan Wi entachées d’irrégularités dirimantes afférentes au parrainage et à la parité. La parité, telle qu’instituée au Sénégal, ne découle pas d’un souci de vouloir promouvoir l’égalité homme-femme dans beaucoup de secteurs, mais d’un populisme nauséabond pour enivrer les masses féministes et les manipuler à des fins électoralistes. Il appert que les prodromes de la lutte pour l’égalité homme-femme remontent aux premières années des indépendances et même avant, mais la lutte intensive a pris une tournure décisive sous le magistère de Wade qui, sous la coupe des organisations et lobbies féministes, a fait voter la loi le 14 mai 2010 par l’Assemblée nationale, adoptée par le Sénat le 19 du même mois. Populiste et démagogue, Abdoulaye Wade aura satisfait les desiderata des lobbies féministes mus pour la plupart par des intérêts cryptopersonnels et dont les méthodes populistes ne manquent pas d’ingéniosité pour propager leurs revendications dans le gratin intellectuel féminin.
Et le 28 mai 2010, la loi sur la parité est promulguée par le président Wade qui pense gagner la sympathie des femmes à l’élection de 2012 avec cette trouvaille que l’on considère comme une révolution. Depuis cette date historique, dans les instances électives, la parité est de mise. Pourtant celui qui a fait voter cette loi ne l’a jamais mise en application dans les instances de son parti. En sus, en 12 ans, il n’a jamais nommé dans ses huit gouvernements successifs, comptant au minimum 30 ministres, plus de 9 femmes. La seule fois où il y a eu le nombre record de 8 femmes sur 31 ministres, c’était le 4 novembre 2002 sous la primature d’Idrissa Seck. Le successeur de Wade à la tête de l’État, Macky Sall, aurait pu instaurer la règle paritaire dans la formation de ses différents gouvernements même si la loi n’est pas coercitive là-dessus. Aujourd’hui les instances politiques provisoires de l’APR ne comptent pas de femmes responsables sauf dans la structure des femmes. Cela est à l’image de l’ensemble des autres formations politiques où la parité est encore loin d’être une réalité.
De 22% (soit 33 députés) pour la législature 2007-2012, l’effectif des femmes députées est passé à 43,3% (soit 64 députés sur 150) pour la législature 2012-2017. Mais ce taux élevé de femmes députées n’est pas synonyme de qualité. La plus-value féminine ne s’est pas fait sentir dans l’effervescence et le bouillonnement des débats à l’Assemblée nationale. Les souvenirs vivaces que certaines de ces députées nous ont laissés, ce sont des insultes, des crêpages de chignons, des querelles de bornes-fontaines et des applaudissements délirants. Qui ne se souvient pas des insanités que la députée de Benno Bokk Yaakaar, Aïssatou Diouf, a déversées sur son collègue Me El Hadji Diouf lors de l’examen du projet de loi sur la réforme des universités le 18 décembre 2015 ?
La présence quasi-paritaire des femmes lors de la 12e législature n’a pas embelli l’image de notre parlement godillot. La 13e n’a pas fait mieux. La parité qu’on a voulu appliquer dans notre démocratie qui souffre de la plaie de l’inégalité, selon les promotrices de la parité, n’est que cautère sur jambe de bois. Pire, cette parité était sur le point d’exclure du champ politique partiellement ou totalement les deux coalitions qui, à elles seules, polarisent les ¾ de l’électorat sénégalais.
Au lieu d’en faire un instrument de promotion de l’égalité homme-femme, la parité est utilisée par nos autorités actuelles et nos pseudo-féministes comme une guillotine pour empêcher des formations ou coalitions politiques de concourir à l’expression des suffrages. Commettre une erreur d’alternance paritaire sur une liste surtout sur des personnes qui n’ont aucune chance d’être élues vaut-il l’élimination d’une liste où seraient promues une dizaine de députées ? Finalement c’est l’effet boomerang. Et c’est là où nous flétrissons l’intervention du Cosef qui suggérait, en filigrane dans les médias, l’élimination des listes de Yaw et de BBY pour non-respect de la parité. In fine, la parité devient dans notre République un expédient pour exclure de la députation ces femmes qu’elle est censée promouvoir.
N’eût été la sagesse proverbiale, pour une rarissime fois, les listes de Yewwi à Dakar et de Bennoo au niveau national n’allaient pas être au rendez-vous électoral du 31 juillet 2022. Ce qui serait une aberration démocratique. Il est vrai que dura lex sed lex mais une loi, on l’applique avec un esprit et avec une certaine intelligence. Quelle légitimité aurait un scrutin qui exclurait à cause d’un défaut de parité plus de 80 % des électeurs ?
À Touba, à juste raison, la parité, après plus d’une décennie d’application, n’est même pas encore dans une phase embryonnaire et pourtant personne n’ose remettre en cause ce choix califal. L’aversion de la parité dans la ville sainte est adossée à des considérations religieuses. Dans la capitale du mouridisme, les lois ne modifient pas les normes cultuelles et culturelles. Et c’est là où pèche cette parité qui est loin d’être effective dans les pays pionniers qui font de l’égalité homme-femme un principe de bonne gouvernance. Ce qui est déplorable, c’est d’importer des modèles et des stéréotypes politiques qui détonnent ou s’adaptent difficilement avec nos réalités cultuelles, culturelles.
Certes un aggiornamento en matière de politique féminine est sans doute nécessaire, mais il ne faut pas que le désir de parité sacrifie la liberté démocratique de choix sur l’autel d’un code électoral démocraticide. Au lendemain de ces législatives qui poignent à l’horizon, il urge de réformer le code électoral liberticide dont plusieurs dispositions relatives à la parité et au parrainage (sur lequel nous nous prononcerons bientôt) ne favorisent pas la participation libre et démocratique des citoyens aux différentes échéances électorales. La démocratie va de pair avec la liberté de choisir et non avec la contrainte d’élire.
Quelques centaines de militants de la gauche radicale sud-africaine ont manifesté mercredi à Pretoria pour exiger que la France, taxée d'impérialisme post-colonial, quitte le continent africain
Aux couleurs du parti mené par Julius Malema, les Combattants pour la liberté économique (EFF), T-shirts et casquettes rouges avec un logo en forme d'Afrique, ont brandi des pancartes "La France dehors", "Richesse de la France sur le dos des Africains" ou encore "Réparations pour les crimes coloniaux". Ils avaient débarqué dans la matinée dans des bus affrétés par le parti et s'étaient rassemblés à quelques rues de l'ambassade de France, a constaté une équipe de l'AFP.
"Va te faire foutre la France, va te faire foutre", a scandé un militant sur une scène aménagée sur un camion ouvert, la petite foule reprenant les slogans en chœur avant de se rapprocher des grilles de l'ambassade, protégées par un cordon de policiers armés.
Exigeant de rencontrer un représentant français sous peine de bloquer les accès, Julius Malema a lancé au micro: "Vous avez tué beaucoup de gens en Afrique, pourquoi avez-vous si peur aujourd'hui?", affirmant s'adresser aux tenants de la "suprématie blanche française".
"Nous sommes les amis des nations africaines"
Lors d'une brève apparition, l'ambassadeur de France, Aurélien Lechevallier, s'est adressé aux manifestants, assurant: "Nous sommes les amis des nations africaines".
"La France a ses sales petits doigts encore profondément enfoncés dans ses anciennes colonies françaises. Les pays africains ne peuvent pas respirer", a affirmé à l'AFP Leigh-Ann Mathys, une porte-parole de l'EFF. "La relation France-Afrique doit changer, les pays africains doivent être considérés comme des partenaires et pas seulement comme des fournisseurs de matières premières", a renchéri un autre porte-parole, Sinawo Thambo.
Dans un communiqué, l'ambassade a "rappelé que la France est un partenaire solide de l'Afrique du Sud" et qu'elle "respecte pleinement l'intégrité, la souveraineté et l'indépendance de toutes les nations africaines".
Julius Malema, qui attire dans ses rangs des millions de jeunes noirs pauvres et chômeurs, est connu pour ses sorties outrancières. Se déclarant dans la mouvance anti-impérialiste opposée à l'Europe et aux Etats-Unis, il a récemment apporté un soutien appuyé à la Russie après l'invasion en Ukraine.