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31 août 2025
IL Y A UN BOUILLONNEMENT DE LA PENSÉE DEPUIS CES DIX DERNIÈRES ANNÉES
Depuis la disparition des grandes figures de la négritude comme Léopold Sedar Senghor, Aimé Césaire, Léon G. Damas, entre autres, la pensée semble tourner à vide en Afrique, estime l'universitaire Felwine Sarr
Depuis la disparition des grandes figures de la négritude comme Léopold Sedar Senghor, Aimé Césaire, Léon G. Damas, entre autres, la pensée semble tourner à vide en Afrique. Mais l’écrivain Felwine Sarr, par ailleurs professeur de philosophie africaine et contemporaine et diasporique à Duke University, aux Etats-Unis, n’est pas d’avis.
Selon lui, il y a un renouveau de la pensée depuis les années 90, 2000, et les artistes, les écrivains ont produit énormément de textes théoriques. «Les artistes produisent beaucoup d’œuvres. Il y a énormément d’écrivains du continent qui publient parce que la pensée, elle est aussi dans la littérature et elle n’est pas que dans les textes théoriques», a soutenu Felwine Sarr. Il s’exprimait hier lors du Colloque scientifique de la 14ème édition de l’art africain contemporain qui se déroule à Dakar du 19 mai au 21 juin.
Depuis 2016, le Pr Sarr organise à Dakar les Ateliers de la Pensée pour questionner les modèles politiques et économiques existants et réfléchir aux transformations du monde contemporain depuis l’Afrique. «Il y a des Ateliers de la Pensée qu’on organise depuis 2016. Donc je trouve qu’il y a un bouillonnement et que peut-être l’un de nos défis, ce n’est pas justement de rester sous l’ombre tutélaire des grandes figures de la négritude et de ne pas voir ce qui existe depuis. Bien qu’on les revendique toujours comme des ancêtres mais quand bien même, il y a un bouillonnement depuis ces dix dernières années», répond M. Sarr en marge de la cérémonie de lancement du Colloque du Dak’art 2022.
Par Yoro DIA
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL DÉSARME LES GLADIATEURS
La démocratie avance mais nos hommes politiques reculent en voulant toujours nous ramener à l’ère des furies. Le Conseil constitutionnel à travers ces dernières décisions, a fait tomber un alibi électoral mais à coup sûr, ils en trouveront d’autres
L’idée d’Etat de Droit repose sur la suprématie de la Constitution. Elle fut instaurée aux Etats-Unis par le Juge Marshall dans l’arrêt Marbury contre Madison en 1803, qui a ainsi imposé le contrôle de constitutionnalité. En France, il a fallu attendre la Vème République, en 1958, pour imposer ce contrôle de constitutionnalité et mettre fin à ce que le Doyen Vedel appelait «l’insoutenable autonomie du politique». Le contrôle de constitutionnalité imposé par le Chief justice John Marshall n’est pas passé comme lettre à la poste parce que les Présidents des Etats-Unis, Thomas Jefferson et James Madison, considéré comme le père de la Constitution, contestèrent vigoureusement la décision du juge. «Au nom de la démocratie et de l’équilibre des pouvoirs, Jefferson et Madison refusaient en définitive de voir en la Cour suprême, organe non responsable politiquement, le gardien unique de la Charte fondamentale, ouvrant un débat sur la légitimité et le rôle du juge constitutionnel, qui se poursuit encore de nos jours…», comme le rapporte Louis Favreau dans son livre Droit constitutionnel. Le débat est d’une actualité brûlante chez nous.
Une constitution a aussi pour mission de mettre l’ordre dans la vie politique, avec la juridicisation de la politique, c’est-à-dire que les contentieux politiques ne sont plus réglés par des furies ou des émeutes comme en 1988, suivies de la proclamation de l’Etat d’urgence, ou dans les années 90 avec l’assassinat du juge Sèye et la mort des policiers, mais par le Droit. Cette juridicisation de la vie politique qui est devenue une lame de fond depuis l’alternance de 2000, et renforcée par celle de 2012, parce que dans notre système politique dont l’alternance est devenue la respiration naturelle et où l’opposition gagne souvent de grandes villes comme Dakar, il est difficile de faire croire aux citoyens qu’on peut truquer des élections. Cette croyance est confirmée par le fait que depuis 2012, Macky Sall n’a jamais pu gagner à Touba et a perdu Ziguinchor à la Présidentielle de 2019 et aux Locales de 2022, malgré des milliards d’investissement.
Les dernières décisions du Conseil constitutionnel, qui désarment les gladiateurs de la majorité et de l’opposition en leur rappelant que notre démocratie doit préférer la civilité, l’urbanité du marbre du Sénat plutôt que la poussière du Colisée, montrent que la démocratie avance mais nos hommes politiques reculent ou stagnent, parce que de façon anachronique, en voulant toujours nous ramener à l’ère des furies (de 1983 à la première alternance de 2000). Depuis 2000, nous sommes dans une autre ère car élection après élection, alternance après alternance, les faits prouvent qu’on peut faire confiance à notre système électoral.
Les politiciens qui avaient jeté l’opprobre sur le Conseil constitutionnel, décrédibilisant ainsi par anticipation sa décision, doivent être dans leurs petits souliers. Cette décision du Conseil est révolutionnaire, comme celle qui avait rappelé au président de la République qui voulait réduire son mandat de 7 à 5 ans, que le Conseil constitutionnel ne saurait être le maître d’ouvrage de promesses électorales. Cette décision pour les Législatives est encore plus révolutionnaire parce qu’elle enlève à notre classe politique l’alibi électoral derrière lequel on s’abrite toujours pour ne pas aborder les vraies questions comme celles de la sécurité, du terrorisme, de l’emploi.
Le Conseil constitutionnel a fait tomber un alibi électoral mais à coup sûr, ils vont en trouver d’autres. Notre démocratie avance, nos hommes politiques font des bonds en arrière. Notre démocratie avance parce que le système est devenu plus fort que les acteurs. Les hommes politiques nous font reculer en transformant souvent notre capitale en état de siège, prenant souvent tout un pays en otage. Le Conseil constitutionnel a encore du pain sur la planche car par le Droit, il devra hisser nos hommes politiques à la hauteur de notre grande démocratie.
Apres l’ère de la régulation par les furies, qui va de 1983 quand on votait sans identification et isoloir facultatif, à l’alternance de 2000, notre démocratie doit entrer définitivement dans l’ère de la régulation par le Droit, c’est-à-dire remplacer les gladiateurs par des hommes d’idées. On a besoin d’une confrontation d’idées, pas celle de gladiateurs.
FUSILLADE MORTELLE DANS UNE ÉCOLE PRIMAIRE AU TEXAS
Le suspect, un jeune homme âgé de 18 ans, a tué 14 enfants et un enseignant "d'une façon atroce et insensée" dans la ville d'Uvalde, a déclaré le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott lors d'une conférence de presse
Quinze personnes, dont 14 enfants, ont été tuées mardi quand un adolescent de 18 ans a ouvert le feu dans une école primaire au Texas, un drame qui a replongé l'Amérique dans le cauchemar récurrent des fusillades en milieu scolaire.
Le suspect, un jeune homme âgé de 18 ans, a tué 14 enfants et un enseignant "d'une façon atroce et insensée" dans la ville d'Uvalde, a déclaré le gouverneur républicain du Texas Greg Abbott lors d'une conférence de presse.
Le tireur présumé est lui aussi décédé dans cette tragédie qui a touché la commune située à environ 130 kilomètres à l'ouest de San Antonio, a-t-il ajouté.
Les mobiles de cette attaque, l'une des pires dans une école depuis des années, étaient pour l'instant inconnus.
Plus tôt, l'Uvalde Memorial Hospital avait déclaré sur Facebook avoir pris en charge "13 enfants", précisant que deux personnes "étaient décédées" lorsqu'elles sont arrivées, sans préciser leur âge.
Femme grièvement blessée
Une femme de 66 ans se trouve aussi dans un "état critique", a annoncé un autre hôpital, University Health, situé à San Antonio, qui dit avoir reçu "deux patients", un adulte et un enfant.
La fusillade s'est produite à l'école primaire Robb, ville située entre San Antonio et la frontière mexicaine. Plus de 500 enfants étudiaient dans l'établissement pendant l'année scolaire 2020-2021, selon des données de l'Etat.
Ted Cruz, sénateur républicain du Texas, a remercié sur Twitter les "forces de l'ordre héroïques" et les secours pour leur intervention lors de cette "horrible fusillade".
Cette attaque a replongé le pays dans les affres des fusillades en milieu scolaire, qui se répètent fréquemment avec des images choquantes d'élèves traumatisés, obligés de se confiner dans leur classe avant d'être évacués par les forces de l'ordre et de parents paniqués cherchant désespérément à avoir des nouvelles de leurs enfants.
L'Amérique avait été particulièrement marquée par le drame dans un lycée de Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts, dont une majorité d'adolescents, en 2018.
Les fusillades dans les lieux publics sont quasiment quotidiennes aux Etats-Unis et la criminalité par armes à feu est en augmentation dans les grandes villes comme New York, Chicago, Miami ou San Francisco, notamment depuis la pandémie de 2020.
Mi-mai, l'Amérique a été endeuillée par une fusillade raciste qui a causé la mort de 10 Afro-Américains dans un supermarché de Buffalo, dans l'Etat de New York.
YAW dépose sa nouvelle liste pour Dakar
Le mandataire national de Yewwi Askan Wi (Yaw) n'a pas perdu de temps, après la décision du Conseil constitutionnel hier, pour se rendre à la Direction générale des élections (Dge) afin de procéder aux retraits et remplacements des candidatures de Joseph Sarr et Palla Samb. Ainsi, Déthié Fall a remis la nouvelle liste de Yaw dans le département de Dakar aux autorités compétentes. Les deux personnes qui figurent sur la nouvelle liste sont Ndèye Yacine Ngouda Diène et Serigne Abo Mbacké Thiam. Malgré cette victoire obtenue, suite à la décision des sept sages, Déthié Fall invite les membres de Yewwi Askan Wi à rester tous debout et mobilisés pour les prochaines étapes.
Dr Babacar Diop fait sa déclaration de patrimoine
Le maire de la ville de Thiès, Dr Babacar Diop, a affirmé avoir fait sa déclaration de patrimoine auprès de l’Office National de Lutte contre la Fraude etla Corruption (Ofnac) hier. Il estime que l’essentiel de son patrimoine tourne autour de livres collectionnés depuis ses années d’étudiant. Il a précisé que sa bibliothèque est son plus grand et son plus beau patrimoine. Ce qui n’est pas étonnant, vu son profil. Dr Babacar Diop est un enseignant-chercheur en philosophie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).
Menaces de mort contre des journalistes de la RTS
Le secrétaire général du Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal (Synpics) condamne les tentatives d’intimidation et les menaces de mort à l’endroit de nos confrères de la «Rts», en l’occurrence Abibou Mbaye, Abasse Sow, Issa Thioro Guèye. Ces derniers qui sont respectivement chargé des revendications de la section Synpics de la «Rts», secrétaire général adjoint de ladite section, et journaliste, ont reçu des appels téléphoniques d'une personne non encore identifiée avec un numéro privé, entre 22 h 44 et 22h48. Bamba Kassé soupçonne que l’auteur des coups de fil travaille pour des personnes tapies dans l'ombre. Mais Abibou Mbaye a eu le réflexe d’enregistrer la communication. Après un bref échange avec le chargé des revendications de la section Synpics de la «Rts», l’auteur de l’appel qui manque de courage a clairement dit en wolof : «Vous n'avez pas affaire à la «Rts», vous ne combattez pas la «Rts», mais plutôt l'Etat» avant de proférer des insultes et des menaces de mort. Le Bureau Exécutif National du Synpics qui apporte son soutien aux agents de la «Rts» pense que les services de l'Etat, en particulier la police, ne laisseront pas passer de tels actes destinés à intimider les syndicalistes. Une plainte contre X a été déposée par Abibou Mbaye
Décès de l'humoriste Ndiaye
Le Groupe Futurs Médias (Gfm) et les humoristes du Sénégal sont en deuil. Le comédien Abdoulaye Ndiaye est décédé des suites d'une longue maladie. La nouvelle de son décès a été annoncée hier. Révélé par l’émission «Kouthia Show», il était parvenu à s’imposer à la «Tfm» où il participait à des émissions. Imitant avec brio les voix de grands noms de la culture sénégalaise comme américaine, Ndiaye, comme il était affectueusement appelé, regorgeait de beaucoup de talent. «L'As» présente ses condoléances au groupe GFM.
Macky Sall en Angola et Guinée Équatoriale
Le Président Macky Sall a quitté Dakar hier pour une visite officielle de deux jours à Luanda, en Angola. D’après un communiqué de la Présidence, Macky Sall se rendra ensuite à Malabo en Guinée Equatoriale pour deux Sommets Extraordinaires de l’Union Africaine les 27 et 28 mai 2022. Pour ces deux dernières rencontres, le président en exercice de l’UA abordera avec les participants les questions humanitaires et la lutte contre le terrorisme et les changements anticonstitutionnels de gouvernement. D’après les services du Palais, le retour du président de la République à Dakar est prévu le samedi 28 mai 2022.
47 personnes interpellées à Kaolack
Les forces de l’ordre à Kaolack n’ont visiblement pas attendu les ordres du ministre de l’Intérieur Antoine Félix Diome pour se mettre au travail. Lors d’une vaste opération de sécurisation menée dans les nuits du 20, 21 et 22 mai 2022, le commissariat central et celui d’arrondissement de Ndorong ont interpellé 47 personnes, dont 03 pour jeux de hasard, 37 pour vérification d’identité, 01 pour conduite sans permis de conduire, 01 pour vol en réunion commis la nuit avec violence, 01 pour vol, 02 pour conduite sans permis de conduire et 01 pour délit de fuite. En outre, 246 pièces ont été saisies et une quinzaine de véhicules mis en fourrière pour diverses infractions. Pour la réussite de l’opération, 50 éléments et 04 véhicules ont été mobilisés.
Fadel Barro refuse d’abdiquer
Pour « non-respect de la parité», le Conseil constitutionnel a confirmé la Direction générale des Élections (Dge), déclarant irrecevable la liste de candidature aux élections législatives du mouvement citoyen «Jammi Gox Yi», dirigée par Fadel Barro. Mais l’ancien coordonnateur du mouvement Y en a marre est loin de se résigner suite à la décision des sept sages. A l’en croire, les juges ont été induits en erreur par la Dge. Par conséquent, il annonce ainsi un rabat d’arrêt que les avocats de la liste qu’il dirige sont en train de préparer. Fadel Barro se dit confiant et prépare la campagne électorale. Il considère que «Jammi Gox Yi» va bien participer aux élections législatives prévues le 31 juillet prochain.
A Mbacké, 27 971 ménages bénéficient du Cash transfert
Dans le département de Mbacké, le ministre du Développement communautaire, de l’Équinté sociale et territoriale a procédé au lancement du transfert monétaire exceptionnel destiné aux ménages inscrits dans le Registre national unique (Rnu). Lors de la cérémonie, Samba Ndiobène Ka a précisé que dans la localité, 27.971 ménages seront pris en compte pour un montant de 2.237.680.000 FCFA. Dans son discours, le ministre a salué l’initiative, estimant qu’elle va certainement impacter positivement la consommation des ménages, redynamiser la production et accompagner l’éducation des enfants. Il ajoutera que par souci de transparence, un système de réclamation a été mis en place. L’objectif est de faciliter les réclamations basées sur un dispositif local et un numéro vert qui permettront aux populations de signaler, au besoin, des dysfonctionnements. Pour rappel, le président de la République du Sénégal, Macky Sall a procédé, mardi 10 mai 2022, au lancement officiel des opérations de transferts monétaires exceptionnels pour les ménages du Registre national unique (RNU). Cette opération est destinée à renforcer la résilience de près de 543 000 ménages. Chaque ménage recevra 80 000 FCFA, a annoncé le chef de l’État.
Matar Ba à Touba pour solliciter des prières
À Touba hier pour participer au Magal de Serigne Abdou Lahad Mbacké, le ministre des Sports, Matar Ba, a profité de l’occasion pour répondre à Ousmane Sonko et solliciter des prières auprès des autorités religieuses pour la fin de la tension politique occasionnée par le processus de validation des listes électorales en perspective des prochaines élections législatives, prévues le 31 juillet prochain. Réagissant sur l'appel à la résistance du leader du Pastef, si toutefois la liste de Yewwi Askan Wi est rejetée et celle de Benno Bokk Yaakaar validée, Matar Ba qualifie de regrettable la sortie de l’ancien inspecteur des Impôts et Domaines. Selon lui, la diversité des opinions ne peut pas manquer dans une démocratie, puisque chacun a ses propres ambitions, mais les acteurs politiques doivent avoir comme dénominateur commun la stabilité du pays, la paix sociale. «Nous avons suivi, à la veille de ces élections, toutes ces sorties qui peuvent être condamnées, parce qu’elles ne visent pas la paix. Ce Magal a coïncidé avec des déclarations regrettables », a regretté le maire de Fatick.
Polémique sur les chips d’Auchan
On en sait un peu plus sur les chips Auchan (Tuiles Salées Auchan) qui avaient été retirés des rayons par le ministère du Commerce, suite à la publication d'une vidéo sur Facebook indiquant que les chips auraient causé une intoxication suivie d'une hospitalisation à des personnes. Instruction a été donnée à la Division de la Consommation et de la Sécurité des Consommateurs de contrôler le produit incriminé, en effectuant des prélèvements et en isolant la totalité du stock dans tous les magasins, à titre conservatoire. Il ressort des résultats des analyses microbiologiques effectuées et des résultats du Laboratoire national d'analyses et de contrôle (LANAC), selon un communiqué d’Auchan Retail Sénégal, que le produit ne présente aucun danger et qu’il est propre à la consommation. D’après la même source, aucune bactérie ou molécule susceptible de causer une intoxication alimentaire n'a été retrouvée.
Kédougou : Un orpailleur tué à Daloto
Un orpailleur guinéen a été poignardé à mort par un de ses amis sénégalais au sortir d’un bar dans le site aurifère de Bantaco, a appris ce mardi l’Aps. C’est aux environs de 20 heures, ce lundi, que ce meurtre a été signalé dans cette localité située dans la commune de Tomboronkoto. Informé, le chef de poste de la brigade de gendarmerie de proximité de Mako s’est immédiatement rendu sur la scène du crime. Cette intervention a permis aux éléments de la gendarmerie d’appréhender le suspect. Il est présentement en garde à vue dans les locaux de la brigade de proximité de Mako. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances du drame. Un cas similaire s’est produit ce dimanche dans le village aurifère de Daloto dans le département de Saraya. C’est ce lundi aux environs de 19 heures que les populations sont informées de l’assassinat d’un des leurs au village de Daloto, dans la commune de Missirah Sirimana. A Dicko, un jeune Malien âgé de 20 ans a été froidement tué par son ami dans sa chambre. C’est suite à une dispute au cours d’un match de football au village que le meurtrier lui a asséné un coup de bâton mortel. Les éléments de la gendarmerie de Saraya ont réussi à mettre la main sur le présumé meurtrier. Il a été conduit hier au Parquet du tribunal de grande instance de Kédougou. Ces séries de meurtres relancent le débat sur l’insécurité dans les sites d’orpaillage de la région de Kédougou.
Amélioration du stage clinique des infirmiers et sages-femmes
Le ministère de la Santé et de l’Action Sociale a lancé hier le projet amélioration de la qualité du stage clinique des infirmiers et sages-femmes (AQSIS). Prévu pour une durée de 3 ans, le projet concerne dans un premier temps les régions de Dakar et Thiès. Il vise à renforcer et améliorer le système de gestion du stage clinique des infirmiers et sages-femmes, piliers importants du système de santé.
75e Assemblée Mondiale de la Santé
Le ministre de la Santé et de l’Action sociale a pris part hier à la 75e assemblée mondiale de la Santé. Le thème de la présente édition porte sur : « La Santé pour la Paix, la Paix pour la Santé». Depuis deux ans, cette rencontre n’a pas été tenu en présentiel à cause de la pandémie de covid-19. Devant l’assistance, le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr a fait constater que s’il est vrai que la pandémie de Covid-19 a considérablement éprouvé nos systèmes de santé et bouleversé nos structures économiques et sociales, il est tout aussi vrai que les situations de conflits continuent à peser négativement sur la santé. D’où la pertinence du thème choisi par le Directeur Général de l’OMS et le bureau de l’Assemblée mondiale. A l’en croire, le thème interpelle à plus d’un titre tout le monde parce que les conflits armés et autres actes de violences causent de terribles souffrances aux populations et mettent en péril leurs droits les plus élémentaires, dont celui de bénéficier du meilleur état de santé possible. Abdoulaye Diouf Sarr souligne également que les situations de conflits affectent considérablement les actions des organisations humanitaires, des personnels de santé et d’aide à la personne qui, bien souvent, sont victimes d’actes de violences. Les services de santé sont, eux-aussi, la cible d’attaques à l’occasion des conflits. Pour le ministre de la Santé, ces actes, constitutifs d’une violation grave du droit international humanitaire, entravent l’efficacité des actions collectives vers une paix durable.
par Mamadou Ndiaye
DAKAR FACE À DAVOS
L’art rayonne à Dakar quand la finance illumine Davos. Les deux villes, que tout oppose, se distinguent par les choix porté sur elles pour abriter des événements de rang mondial.
L’art rayonne à Dakar quand la finance illumine Davos. Les deux villes, que tout oppose, se distinguent par les choix porté sur elles pour abriter des évènements de rang mondial. Le site de la vallée des Grisons en Suisse réunit un club fermé d’une élite qui prétend régenter le monde. Tandis que convergent dans la capitale sénégalaise les « têtes brûlées » de l’art contemporains, les représentants attitrés d’un imaginaire qui vogue.
Ces deux univers se côtoient sans se toucher. Ils ont néanmoins pour dénominateur commun une vive passion du réalisme de plus en plus outragé par le temps avec lequel ils entretiennent des rapports biaisés. Le gotha financier joue l’empressement. Alors que les artistes, vivant en dilettantes, adoptent la fantaisie comme mode d’expression. Ces derniers ne se hâtent pas.
Au contraire leurs œuvres défient le temps. Avec le cumul des années, elles se bonifient, acquièrent de la valeur et atteignent des cimes en termes de cotation. Pour nombre de professionnels le prochain marché des arts sera sans conteste l’Afrique, riche de sa diversité, pour devenir le « lieu de dénouement et de jonction » des maillons de la culture noire.
L’issue d’un tableau, d’une toile ou d’une sculpture reste le marché qui met en évidence le doigté, le pinceau ou la main, au demeurant « invisibles » mais dont la signature n’échappe pas aux cercles initiés comme pour rehausser le prestige ou la réputation. Les financiers, eux, s’arc-boutent à l’instantané, au rendement, à la rentabilité immédiate, au dividende. A la frénésie d’achat succède la recherche effrénée de la plus-value sur le marché des changes, haut lieu de confrontation des offres et des demandes.
Les interventions se télescopent sur la foi d’ordres émis en fonction des variations de cours. L’autre dénominateur commun s’apprécie à l’aune de l’ouverture, caractéristique principale des deux mondes. De part et d’autre le marché se globalise parce qu’il se décloisonne. Et mieux, le même marché se mondialise en intégrant d’autres sphères qui ignorent les barrières.
Une toile de Kalidou Kassé, vendue à prix d’or peut être prêtée au musée de Bilbao où pourraient la repérer un média influent ou un acquéreur de haut vol en quête de sensation et d’originalité. Ainsi, l’œuvre du Pinceau du Sahel, par sa qualité intrinsèque, entre partout sans entrave et voyage sans visa. Sa notoriété se diffuse, servant d’indicateur à l’influence grandissante de l’art africain qui voit de ce fait s’ouvrir à lui un large boulevard d’évolution et de progression.
Ce rôle accru symbolise la position avant-gardiste des artistes du continent. Ils s’exportent autant que leurs activités sont prisées et plébiscitées. En écho à cette séduisante percée, les grosses fortunes occidentales sortent les chéquiers pour s’adjuger à prix d’or des ouvrages de factures. A cette allure, la tendance se densifie et l’Afrique devient une destination de choix plutôt qu’une terre de provenance négligée faute de réceptacle où célébrer le travail de ses enfants prodiges.
En s’amplifiant, le mouvement, ou si l’on veut l’élan, se projette dans une perspective de massification afin de réduire les distorsions pour laisser apparaître la qualité de l’art africain. Tous les musées s’honorent d’accueillir les « têtes d’affiches » du continent. La fraîcheur de leur peinture, la saillie de leurs thématiques et l’harmonie des couleurs suscitent des vocations et des intermédiations rémunérées par des commissions fortes et trébuchantes.
Que ne ferait-on pour ne pas devoir « courir derrière le marché » ? En se globalisant, le marché s’expose à des crises répétitives. Or l’interconnexion des marchés crée certes des actifs mais qui sont assujettis à des variations conjoncturelles. Résultat : une œuvre d’art, perçu en principe comme une « valeur refuge », peut se déprécier du seul fait d’un retournement de situation d’offres ou de demandes.
Ce qui peut sauver l’art en Afrique c’est la rupture avec des aventures solitaires, synonymes d’égoïsme sans nom dans le but de privilégier le jeu collectif sur toute la chaîne de démonstration : artiste (créateur), courtier ou broker, acheteurs, vendeurs, prêteurs, emprunteurs et les salles de marché qui existent en petit nombre sur ce vaste et bouillonnant continent.
Nul besoin de voyager au bout du monde pour tomber sous le charme du foisonnant univers culturel de l’Afrique. Tout est ici. Et les metteurs en relations jouent un grand rôle dans l’exubérance des arts africains. L’éveil aux réalités actuelles donne un avantage certain à la création des artistes sénégalais, sud-africains, nigérians, burkinabè, éthiopiens, ghanéens, congolais, tanzaniens ou ougandais.
Ils se rencontrent au gré des expositions, se découvrent des affinités, se montrent solidaires pour rompre l’isolement dont ils sont l’objet. Parfois même ils sont entendus dans les hautes sphères politiques de leurs pays respectifs. Sauront-ils jouer collectif dans un futur proche ?
En tout état de cause, la culture cesse d’être un appendice, un accessoire. Elle devient un double levier de croissance avec les transactions qui s’opèrent et l’activité de prospections ou de démarchage qu’elle induit. En outre, en s’organisant mieux, les artistes découvrent les vertus de la valorisation de leurs œuvres. Elles ne sont plus sous-estimées ou sous-évaluées. Parce qu’elles ont la cote maintenant et ont amplement mérité le nouveau regard des observateurs, des critiques ou des collectionneurs.
Les nouveautés répondent à l‘appel d’une demande pleine de petites attentions. Bien entendu l’offre ne saurait être en reste. A l’usage et au contact des acteurs, les œuvres s’habituent aux anticipations de prix pour s’ajuster à la valeur marchande, c’est à dire au prix coûtant, selon une fourchette de cash, de volumes, de profits et surtout d’intérêts.
Les banques et les compagnies d’assurances s’intéressent davantage contribuent à l’animation des places de marché avec une nette propension à l’acquisition d’œuvres ou de couvertures des risques par des polices d’assurances adaptées. Les œuvres d’art ne sont jamais à l’abri de vols ou de piratage. La contrefaçon s’y invite assez fréquemment.
Une duplicité non feinte se développe à une vaste échelle dans la disparition de vestiges au grand étonnement d’une pléiade de spécialistes affluant vers l’Afrique. Déjà cette complexité des systèmes d’informations peut être préjudiciable à la prospérité en devenir du marché de l’art en Afrique.
LE SAEMS ET LE CUSEMS ANNONCENT LA GUERRE
Les syndicats de l’enseignement fustigent la posture du gouvernement qui serait dans les dispositions de ne pas respecter les engagements financiers. Dans le communiqué annonçant leur 11e plan d’action conjoint, le Saems et le Cusems annoncent une grève
Les syndicats de l’enseignement fustigent la posture du gouvernement qui serait dans les dispositions de ne pas respecter les engagements financiers. Dans le communiqué annonçant leur 11e plan d’action conjoint, le Saems et le Cusems annoncent une grève et le boycott des examens. Entre ce mercredi 25 et mardi 31, ce sera entre débrayages et grèves totales pour se faire entendre. Les deux syndicats membres du G7 prévoient « un boycott de toutes les évaluations : évaluations harmonisées, devoirs, compositions du second semestre, activités d’éducation physique et sportive, activités de cellules pédagogiques et tous les examens ». Le texte parle d’ailleurs de la mise en place d’un « large front » avec les syndicats du secteur de la santé pour l’organisation d’une marche nationale pour exiger le respect des accords.
À Thiès déjà, les membres du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saems) et du Cadre unitaire des syndicats du moyen et secondaire du Sénégal (Cusems), ont décrété 48 heures de grève d’avertissement, à l’issue une Assemblée générale tenue au Lycée Malick SY, mardi matin. Mamadou Ndiaye, le porte-parole du jour de l’entente Saems / Cusems Thiès, justifie leur position par le fait que « le gouvernement n’ait pas respecté les accords signés » au mois de février dernier, après de longues perturbations, tout en prenant l’opinion à témoin sur les conséquences pouvant en découler.
« Nous n’allons pas attendre le virement des salaires pour réagir, a-t-il prévenu, au micro des journalistes. Il était retenu que la somme que nous devions percevoir, c’est juste après l’impôt. Hier, dans l’après-midi, les premiers bulletins de la solde nous ont fait savoir que non. Le protocole d’accords, c’est l’achèvement d’une longue négociation. Depuis que nous l’avons signé, au niveau des lycées et collèges du Sénégal, nous avions commencé à dérouler les cours et à faire les évaluations. Beaucoup de collègues étaient en train de faire des cours de rattrapage. Nous étions dans une bonne posture pour terminer comme il faut le programme », a-t-il pesté.
VIDEO
LA DECISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL ET LA SORTIE DE MIMI TOURE AU MENU DU RÉSUMÉ DE L’ACTUALITÉ DE ZIK FM CE MERCREDI
L’ensemble de parutions de ce mercredi 25 mai évoquent la décision du conseil constitutionnel, ainsi que la sortie de Mimi Touré contre le leader de Pastef.
L’ensemble de parutions de ce mercredi 25 mai évoquent la décision du conseil constitutionnel, ainsi que la sortie de Mimi Touré contre le leader de Pastef. Ecoutez la revue de l’actualité présentée par Fabrice Nguéma sur les ondes de Zik Fm.
Dakar, 25 mai (APS) – Les décisions du Conseil constitutionnel sur le contentieux préélectoral sont largement commentées par les quotidiens reçus mercredi à l’APS.
Le Conseil constitutionnel a estimé, mardi, "mal fondée" la décision du ministre chargé des Elections de refuser au mandataire de la coalition Yewwi askan wi, la possibilité de procéder à la substitution de ses candidats ayant sollicité leur retrait sur la liste du département de Dakar au scrutin majoritaire des législatives du 31 juillet.
Il a rejeté tous les recours relatifs à l’annulation des parrainages de la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) qui avait déposé un nombre de parrains supérieur au maximum requis par la loi
’’+Verdict d’apaisement+. C’est la lecture que beaucoup ont fait des décisions du Conseil constitutionnel publiées hier. Au nombre de 8, les 2 étaient tout de même les plus attendues puisqu’elles concernaient Yewwi askan wi (Yaw), la coalition la plus significative de l’opposition et Benno bokk yaakaar (Bby), la coalition présidentielle’’, écrit le quotidien Bës Bi Le Journal.
Selon la publication, ’’le juge constitutionnel ayant décidé que +la décision n° 006062 du ministre chargé des élections est mal fondée+, a autorisé le mandataire de la liste de la coalition Yaw à +retirer et à substituer d’autres candidats aux deux démissionnaires+ pour la Départementale de Dakar+’’.
’’Le Conseil constitutionnel recadre la DGE’’, dit L’Info qui souligne que la coalition Yewwi a été ‘’ressuscitée’’ à Dakar. Et dans la foulée, son mandataire a déposé une nouvelle liste.
Enquête salue ‘’de +sages+ décisions’’ et revient sur ‘’les dires, sous-entendus et silences’’ du Conseil.
Le Témoin aussi salue ‘’une sage décision des 7 Sages’’.
’’Le Conseil constitutionnel a décidé de permettre à la liste départementale de YAW à Dakar de procéder aux remplacements de ses candidats démissionnaires. En même temps, les 7 Sages ont rejeté les trois recours demandant la disqualification de la liste nationale de Benno Bokk Yaakaar. C’est donc une sage décision qui a été rendue par la Haute juridiction’’, écrit le journal.
Selon Sud Quotidien, ‘’les 7 Sages sauvent Benno et Yewwi’’’. Pour L’As, ‘’Les 7 Sages remettent les pendules à l’heure’’.
WalfQuotidien qualifie cette décision de ‘’cadeau empoisonné’’.
’’Yewwi qui a applaudi à tout rompre la Décision du Conseil constitutionnel, celles des Cours d’appel pour les Locales passées et invoqué sa jurisprudence dans le précédent Malick Gakou devrait, à moins de courir le risque d’être accusé d’avoir une indignation sélective, logiquement accepter un acquiescement futur du 3ème mandat fondé sur la jurisprudence Abdoulaye Wade. Un +cadeau+ empoisonné ?’’, écrit Walf.
Le Vrai Journal parle de ’’concession mineure pour un projet majeure’’, car ’’la liste Yewwi validée, c’est la voie du 3ème mandat qui est balisée’’.
Le Soleil se fait écho du message du chef de l’Etat sénégalais à l’occasion de la Journée de l’Afrique. ’’Macky Sall parle au continent’’, titre le journal.
Dans son message vidéo, le chef de l’Etat déclare : ’’Il nous faut d’abord compter sur nous-mêmes, resserrer nos rangs, être plus unis et solidaires, et croire davantage en nos propres capacités à construire l’Afrique de demain’’.
Par Winnie BYANYIMA
LETTRE OUVERTE DE L'UNSAG
Deux ans après le meurtre de George Floyd et la prise de conscience mondiale de l’injustice raciale, la fusillade de Buffalo nous rappelle qu’il est urgent de mettre en tête de l’ordre du jour des Nations Unies la fin des inégalités raciales
Deux ans après le meurtre de George Floyd et la prise de conscience mondiale de l’injustice raciale, la fusillade de Buffalo nous rappelle qu’il est urgent de mettre en tête de l’ordre du jour des Nations Unies la fin des inégalités et de la discrimination raciales.
Le 14 mai 2022, à Buffalo, dans l’État de New York, un suprémaciste blanc a diffusé en direct son attaque terroriste contre des Noirs dans un supermarché local, tuant dix personnes, en blessant trois autres, tout en proférant des insultes raciales. Onze des victimes étaient noires. Le tueur croit à la théorie du complot d’extrême droite du “Grand Remplacement”.
Ces meurtres ont choqué le monde entier et ont résonné à travers les murs de verre du siège des Nations Unies à New York. À la suite de l’incident de Buffalo, le Secrétaire général des Nations Unies a condamné dans les termes les plus forts le racisme sous toutes ses formes et la discrimination. M. António Guterres a déclaré que “nous devons tous travailler ensemble à la construction de sociétés plus pacifiques et inclusives”. Nous soutenons de tout cœur notre Secrétaire général, un leader dont l’engagement profond pour un monde meilleur est incontestable, et nous nous faisons l’écho de sa condamnation de la fusillade de Buffalo. Nos pensées vont aux familles des victimes et à leur communauté. Nous condamnons fermement ce crime odieux et cet acte insensé, motivé par la haine et l’extrémisme, et commis contre des personnes d’ascendance africaine. Nous devons cependant admettre que nous sommes déjà passés par là.
La question qui se pose est la suivante : quand en aurons-nous assez ? N’en avons-nous pas assez de l’inégalité et de la discrimination ? Assez du racisme structurel et de l’injustice systémique ? Nous avons participé à plusieurs rencontres ! Il y a eu les deux conférences mondiales contre le racisme et la discrimination raciale, qui se sont tenues à Genève en 1978 et 1983. Près de 30 ans se sont écoulés depuis la Conférence mondiale sur les droits de l’homme de 1993 à Vienne, qui a appelé à l’élimination rapide et complète de toutes les formes de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. 20 ans se sont écoulés depuis la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, qui s’est tenue à Durban, en Afrique du Sud. Nous avons fait les constatations !
Le racisme est un précurseur d’atrocités violentes. Plusieurs conventions des Nations Unies notent ces corrélations, notamment la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965 et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de 1984. Les États Membres des Nations Unies se sont engagés à “faire progresser les efforts nationaux et internationaux visant à protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité, ainsi que de leur incitation.”
Malgré tous ces efforts, les Africains et les Afro-descendants, de Buffalo au Brésil, continuent d’être victimes de l’injustice raciale. La lutte contre le racisme doit être une question urgente de priorité. Le 25 mai 2020, il y a exactement deux ans, George Floyd, un afro-américain, a été brutalement assassiné en plein jour dans le Minnesota. Derek Chauvin, un policier américain blanc, a ensuite été reconnu coupable du meurtre de Floyd.
Environ un mois après le meurtre de George Floyd, plus de 20 hauts fonctionnaires des Nations Unies d’ascendance africaine ont rédigé un Lettre ouverte pour exprimer leur indignation face à l’injustice du racisme. Nous avons écrit que “le racisme reste omniprésent dans notre pays hôte et dans le monde entier”.
Déterminés à faire davantage, nous avons déclaré que nous “devons à George Floyd et à toutes les victimes de discrimination raciale et de brutalité policière de démanteler le racisme institutionnel”. Tout en dénonçant le racisme dans le monde, nous sommes conscients que le racisme systémique existe même au sein des Nations Unies, et qu’il a un impact négatif sur les personnes noires, métisses et autres personnes de couleur, en particulier les Africains et les descendants d’Africains.
Les Nations Unies ont été créées il y a plus de 75 ans, alors que de nombreuses nations étaient encore dirigées par des “maîtres” coloniaux et que les asymétries du pouvoir étaient acceptées. En même temps, les Nations Unies trouvent leur fondement sur la conviction que tous les êtres humains sont égaux et ont le droit de vivre sans crainte de persécution. C’est pourquoi, dans la Lettre ouverte de 2020, les hauts fonctionnaires d’ascendance africaine ont appelé à une évaluation urgente et honnête du racisme au sein de notre institution.
Traduite dans une vingtaine de langues couvrant tous les continents, cette lettre ouverte a été le point de départ d’une importante conversation au sein des Nations Unies. Par la suite, nous avons créé le Groupe de hauts fonctionnaires des Nations Unies d’ascendance africaine, également connu sous le nom d’UNSAG. L’UNSAG rassemble des dizaines de fonctionnaires internationaux qui, portés par les valeurs et les principes inscrits dans la Charte des Nations Unies, s’unissent pour lutter contre le racisme au sein des Nations Unies et dans le monde. Peu de temps après, le Secrétaire général a créé un groupe de travail sur la lutte contre le racisme et la promotion de la dignité pour tous. En octobre 2020, il a initié un dialogue à l’échelle de l’organisation sur le racisme sur notre lieu de travail. Le groupe de travail a présenté un Plan d’action stratégique sur la discrimination raciale. En lançant ce plan, le Secrétaire général a promis de créer un groupe de pilotage pour superviser la mise en œuvre, et de nommer un Conseiller spécial pour l’appuyer dans ce travail important.
L’UNSAG salue le Secrétaire général pour les décisions courageuses qu’il a prises pour mettre fin au racisme au sein des Nations Unies et attend avec impatience la concrétisation de ces promesses. Au cours des deux années qui se sont écoulées depuis le meurtre de George Floyd et avant les tueries de Buffalo, de nombreuses autres victimes du racisme sont tombées sous la violence des personnes dans le monde entier dont la haine est la seule motivation. Aujourd’hui, garder le silence n’est pas une option. L’UNSAG affirme que le silence est complice.
Mettre fin au racisme structurel et systémique est l’affaire de tous, chacun doit jouer son rôle, dans tous les pays et dans toutes les sociétés. L’UNSAG appelle les dirigeants des entités politiques, du secteur des affaires, des organisations intergouvernementales et de la société civile, ainsi que les citoyens au sein de leurs communautés, à donner la priorité à l’élimination de l’injustice raciale. Nous vivons des temps difficiles. Le monde est confronté à des crises multiples. Alors que le Secrétaire général Guterres conduit le monde sur la voie permettant d’éviter une crise climatique, stimuler la reprise économique après la Covid 19, mettre fin aux guerres et maintenir la paix, et atteindre les Objectifs de développement durable, l’UNSAG saisit cette occasion pour lui rappeler qu’aucun de ces objectifs ne peut être atteint sans s’attaquer aux multiples inégalités qui se croisent et se renforcent mutuellement à travers les générations -et cela inclut les inégalités raciales.
Lorsque l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré la période 2015-2024 comme la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, la famille des nations a reconnu que “les personnes d’ascendance africaine représentent un groupe distinct dont les droits doivent être promus et protégés”. Il est temps que les Nations Unies agissent de manière décisive pour mettre fin au racisme systémique contre le personnel d’ascendance africaine des Nations Unies. L’UNSAG demande un suivi urgent et efficace des recommandations du groupe de travail sur le racisme mis en place par le Secrétaire général et attend avec impatience l’entrée en fonction du Conseiller spécial sur le racisme annoncé lors de la réunion publique du personnel en février de cette année. Au nom des membres de l’UNSAG, j’exprime notre confiance et notre engagement à soutenir les efforts du Secrétaire général António Guterres pour éradiquer le racisme au sein des Nations Unies. Nous saluons nos collègues, les membres des Nations Unies d’ascendance africaine, également connus sous le nom de UNPAD pour leurs efforts inlassables et nous exhortons le Secrétariat des Nations Unies et toutes ses entités à renforcer et à collaborer avec l’UNPAD. Si près de la fin de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine, et près de 500 ans après le début de la révoltante traite transatlantique des a Africains, des incidents racistes récurrents dans le monde, comme celui de Buffalo, nous rappellent que l’arc moral de l’univers est certes long, mais qu’il s’incline vers la justice. Nous, fonctionnaires internationaux sous le drapeau des Nations Unies savons que le racisme ne sera pas éradiqué du jour au lendemain.
Néanmoins, nous nous engageons individuellement et collectivement à contribuer efficacement à la réalisation d’un monde égal et juste où les manifestations brutales et flagrantes de racisme envers les noirs sont éliminées. Nous entreprendrons ce combat, en commençant par notre lieu de travail, les Nations Unies. À cet effet, nous sommes encouragés par le leadership et la vision du Secrétaire général António Guterres. Notre lutte continue.