Liverpool affronte Chelsea à Wembley ce week-end pour sa première finale de Fa Cup sous la direction de Jurgen Klopp, ce qui donne à l’Allemand l’occasion de compléter son palmarès à Anfield. Des retrouvailles entre deux équipes qui s’étaient affrontées dernièrement en finale de la League Cup avec au bout un succès des hommes de Jurgen Klopp.
Et deux Sénégalais, nouveaux champions d’Afrique, seront en vedette à Wembley. L’atta¬quant Sadio Mané des Reds, crédité d’une bonne saison et aspirant au Ballon d’Or, sera face au gardien Edouard Mendy des Blues, toujours maître de sa surface et ayant la confiance de son coach. Un duel en perspective qui va régaler les Sénégalais partagés entre les deux clubs.
Les deux équipes veulent s’adjuger le trophée en Fa Cup. Leur état de forme passé à la loupe donne avantage à Liver¬pool.
Pour arriver en finale, Chelsea s’est tour à tour défait de Chesterfield (5-1), Plymouth (2-1 après prolongations), Luton (2-3), Middlesbrough (0-2) et Crystal Palace (2-0). En championnat, les Blues sont décrochés pour la course au titre. 3èmes de Premier Lea¬gue, ils doivent encore s’employer pour valider leur qualification pour la prochaine Ligue des Champions.
Avantage Liverpool
Liverpool a tout d’abord écarté Shrewsbury (4-1), Cardiff (3-1), Norwich (2-1) et Nottingham (0-1) avant de s’imposer à Manchester City en demi-finale (2-3). A la lutte pour le titre en Premier League cette saison, les Reds occupent aujourd’hui le 2ème rang du classement avec 3 points de retard sur le leader. Ils n’ont concédé aucun revers lors des 16 dernières journées (13 victoires et 3 matchs nuls). En Ligue des Champions, Liver¬pool affrontera le Real Madrid en finale le 28 mai.
Avec senego
NOUS VOULONS FAIRE DE DAKAR LA CAPITALE DU RIRE EN AFRIQUE DE L’OUEST
Samba Kanté, créateur de Samba Show : Le festival «Dakar fait sa comedy», qui est devenu un rendez-vous incontournable de l’humour, revient dans la capitale sénégalaise ce 14 mai 2022, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose
Le Grand Théâtre de Dakar abritera la 3e édition du festival d’envergure internationale «Dakar fait sa comedy», le samedi 14 mai 2022. Après deux éditions marquées par un succès absolu, Samba Kanté et Cie veulent exporter l’humour sénégalais dans le monde entier, mais aussi faire de Dakar la capitale du rire en Afrique de l’Ouest.
Le festival «Dakar fait sa comedy», qui est devenu un rendez-vous incontournable de l’humour, revient dans la capitale sénégalaise ce 14 mai 2022, au Grand Théâtre Doudou Ndiaye Coumba Rose.
Le rire est déjà au rendez-vous avant le jour J. Ce mercredi, les humoristes, notamment Paston, Phil Darwin, Moussier Tombola, Zatis et Kalvin, Fodje Sissoko (France), Oualas, Prissy La Degameuse (Cote d’ivoire), Hervé Kimenyi (Gabon) et Mister Keke, ainsi que des artistes et humoristes locaux dont Mahfousse, Singom, Mbow le caméléon, Mame Balla et Astar La chanteuse, ont échangé avec les journalistes dans une ambiance décontractée. De l’humour à couper le souffle.
En effet, Samba Kanté et sa bande reviennent à Dakar pour la 3e édition du festival «Dakar fait sa comedy». Un évènement d’envergure internationale qui ambitionne, selon les organisateurs, de faire de Dakar une plateforme culturelle à travers le rire, l’humour et le stand-up.
Percevant les enjeux d’une telle manifestation, Samba Kante, créateur de Samba Show et producteur de l’évènement, estime que, en tant que digne fils du pays, c’est normal qu’il vienne à Dakar pour contribuer à l’évolution de l’humour sénégalais. «Je passe un message à nos anciens, Per Bou Xar, Sanekh, Kouthia, entre autres, pour faire en sorte que ce rendez-vous soit un rendez-vous incontournable de l’humour et de la culture sénégalaise, mais aussi de faire de Dakar la capitale du rire en Afrique de l’Ouest.» Selon lui, un pays sans culture, ce n’est pas un pays comme il se doit. «Donc apporter une touche de rire dans le cœur des Sénégalais est primordial», a-t-il soutenu lors de cette conférence de presse. Pour cette 3e édition, ils ont misé aussi sur les influenceurs à forte notoriété de ce pays, pour que le message passe mieux auprès des Sénégalaises et Sénégalais et qu’eux aussi, «ils puissent s’ouvrir au monde», a expliqué Macky Madiba Sylla.
Samba Kanté, l’humoriste sénégalais basé en France, admet que ce n’est pas facile d’imposer la comédie sénégalaise au niveau international, vu que la plupart des humoristes s’expriment en wolof. Mais, pour lui, c’est un combat qu’il faut mener. «Le Sénégalais est marrant dans les gimmick. Donc on va essayer de faire le mélange entre le français, le wolof et le gimmick pour que le monde adapte l’humour sénégalais», a-t-il fait savoir.
A rappeler que cette année, le festival apporte un show exceptionnel avec un programme de 3h de sketchs, stand-up, chants et danses inédits, organisé en l’honneur de l’Afrique dans toute sa diversité, sa dimension continentale et diasporique, indique les organisateurs. Paston, de son vrai nom Patrice Kouassi, humoriste et comédien ivoirien, prévient déjà les spectateurs. «On ne vient pas à Dakar pour juste figurer. On vient à Dakar parce que c’est chez nous, c’est notre continent», a-t-il lancé en toute sincérité. Avant de déplorer le fait que le Sénégal, qui est un pays culturellement riche, n’a aucun artiste comédien international. Selon lui, le Sénégal a des artistes comédiens qui jouent dans des films sénégalais et se vendent dans la diaspora. Mais ses comédiens, dit-il, se limitent à la communauté sénégalaise. «On ne fait pas une ouverture d’Afrique en s’enfermant. Le wolof doit être enseigné et soutenu», a-t-il plaidé. Il estime que le problème de la comédie au Sénégal, c’est le fait que tout soit dit en wolof et que tout le monde ne parle pas wolof. «L’idée, c’est vraiment de démocratiser tout ça», a conclu l’humoriste ivoirien, qui ajoute que pour aider l’Afrique, il faut joindre l’utile à l’agréable. «L’utile, c’est le social et l’agréable, c’est le spectacle. C’est pourquoi je dis que moi, je ne viens pas que pour le spectacle. Je viens pour l’utile et l’agréable en même temps», conclut-il.
LE COVID-19 A RADICALEMENT MODIFIÉ LA MANIÈRE DE TRAVAILLER
«Aucune tendance n’a sans doute mieux défini la période de la pandémie que le passage du travail sur site au travail à distance», note l'oIT dans un nouveau rapport
La pandémie du Covid-19 a «radicalement modifié» le lieu et la manière de travailler en Afrique, bouleversant du coup bon nombre de normes et pratiques établies de longue date, indique l’Organisation internationale du travail (Oit), dans un rapport rendu public jeudi. Le rapport est basé sur une enquête réalisée auprès de plus de 1000 entreprises sélectionnées de manière non aléatoire, qui représentent au total près de 7 500 000 employés, dans un large éventail de secteurs économiques à travers 15 pays africains.
Le document se base aussi sur plus de 125 entretiens qualitatifs et plusieurs études de cas. Intitulé «la future normalité : l’évolution des lieux de travail en Afrique -dix tendances de la pandémie du Covid-19 qui façonnent les lieux de travail en Afrique», le rapport identifie les grandes tendances sur l’ensemble du continent. «Aucune tendance n’a sans doute mieux défini la période de la pandémie que le passage du travail sur site au travail à distance», note le document, soulignant que 36% des travailleurs, au sein des entreprises interrogées, ont travaillé à distance au cours de la pandémie.
«Sans surprise, on constate que le travail à distance est plus répandu parmi certaines catégories de travailleurs. Ce qui semble indiquer que le type d’emploi de la personne et le secteur de l’économie dans lequel elle travaille déterminent aussi sa manière de travailler -à présent et pour l’avenir», précisent les auteurs du document. Ils ajoutent que «l’avenir s’annonce plutôt sous le jour d’un travail hybride que d’un travail entièrement à distance (seuls 4% des entreprises affirment qu’elles vont complètement passer au travail à distance)».
«Malgré toutes les difficultés causées par la pandémie, la productivité a progressé ou s’est maintenue au même niveau dans la plupart des entreprises -une conséquence imprévue de la pandémie pour de nombreuses entreprises qui ont été contraintes de trouver de nouvelles façons de faire les choses», renseigne le texte. Il indique également que 80% des entreprises sondées dans le cadre de ce rapport ont déclaré que les changements liés au Covid-19 s’étaient traduits soit par une amélioration de la productivité, soit par un statu quo.
De plus, fait savoir le rapport, «46% des entreprises consultées ont indiqué que la modification de leurs processus opérationnels avait entraîné des gains de productivité», lesquels «sont dus en partie à la recherche de processus numériques pour remplacer les processus traditionnels». «80% des entreprises ont révisé leur manière de mesurer la productivité depuis le début de la pandémie ; elles se focalisent de plus en plus sur les résultats comme critère clé de mesure de la productivité. En fait, une grande majorité des entreprises -81%- disent qu’elles privilégient désormais les résultats comme principale mesure de leur productivité», peut-on lire.
Le texte relève que «les besoins en compétence des entreprises constituent un autre changement majeur.
Les compétences en matière de numérique, de communication, d’innovation et de travail en équipe sont apparues comme les principales priorités des entreprises». «Plus de 40% des entreprises ont cité chacun de ces types de compétences parmi leurs trois plus gros besoins à l’avenir. Les entreprises ont également modifié leurs manières de former, de partager les connaissances et de collaborer», renseigne-t-il, ajoutant que l’un des changements «les plus fréquents en matière de formation et de collaboration, a été l’essor des cours de formation numérique, adoptés par plus de 50% des entreprises sondées pour ce rapport». «La pandémie a creusé les inégalités entre hommes et femmes au travail. Les raisons de ce phénomène sont nombreuses et complexes», analyse le rapport, citant la charge du travail de soins non rémunéré, l’augmentation de la demande de soins liée à la fermeture des écoles, etc.
En présentant le rapport à Johannesburg, la directrice du Bureau des activités pour les employeurs de l’Oit, Deborah France-Massin, a indiqué que les changements induits par le Covid auraient des répercussions profondes sur les politiques publiques au cours des années à venir. «Les tendances décrites dans le rapport et le nouvel accent mis sur l’amélioration de la protection sociale et la réduction de l’économie informelle auraient des conséquences majeures pour l’avenir des lieux de travail», a de son côté déclaré Cynthia Samuel-Olonjuwon, Directrice générale adjointe de l’Oit et Directrice régionale pour l’Afrique.
Elle a fait remarquer que si certains de ces changements -et leurs conséquences- apparaissent clairement, de nombreuses questions restent sans réponse quant à la portée et la plénitude de leurs effets sur les sociétés africaines. «Cepen¬dant, a-t-elle soutenu, il est d’ores et déjà clair que ces changements sont d’une ampleur considérable. Il est donc indispensable que les parties prenantes amorcent ou approfondissent dès maintenant le dialogue sur la manière de gérer ces changements», a-t-elle ajouté.
LA BAL ET ENVOL CITY DANS LE MEME VOL
La Basketball Africa League (Bal) et Envol City ont signé hier un partenariat de deux ans pour une meilleure vision de l’Afrique du futur
La Basketball Africa League (Bal) et Envol City ont signé hier un partenariat de deux ans pour une meilleure vision de l’Afrique du futur. Animés par la même ambition de promouvoir le développement du continent, la Bal et Envol City comptent ainsi prendre le bon envol pour une belle aventure.
«J’ai l’immense plaisir de vous annoncer le partenariat qui fait d’Envol City, le partenaire officiel de la Basketball Africa League. Les deux parties vont collaborer pour des initiatives qui sont destinées à engager nos fans. La Basketball Africa League se veut d’être un creuset pour tous les loisirs. A travers nos fan-zones, Envol City aura de la visibilité», a annoncé le président de la Bal, Amadou Gallo Fall, hier lors de la cérémonie de signature. Et ce dernier de se réjouir d’avoir un tel partenaire comme Envol City, une entreprise qui développe et valorise des programmes immobiliers.
«Envol City sera également à Kigali Arena au Rwanda. Nous sommes très heureux de nous associer à Envol City en mettant en exergue cette capacité de l’Afrique à devenir un leader sur la scène mondiale dans le domaine du sport et du divertissement.»
Gallo Fall : «Avec Envol City ce sera un long voyage, très excitant»
Gallo Fall de souligner que «des partenariats comme celui-ci sont la raison d’être de l’existence de la Basketball Africa League. Il s’agit de mettre sur un plateau les raisons pour lesquelles nous nous attachons à notre Afrique. C’est à travers des initiatives qui viennent d’Africains comme Moctar Thiam et son partenaire Madany Tall que nous parlons en confiance. Lorsque nous disons que la Basketball Africa League sera l’une des meilleures Ligues professionnelles au monde dans les années à venir, c’est parce que nous pouvons compter sur cette énergie, sur cet engagement d’entrepreneurs comme nos amis à Envol City. Merci de prendre part à ce voyage. Ça sera un long voyage, très excitant».
Moctar Thiam : «La Bal va amener cette qualité en quantité»
Ancien basketteur, fan de basket et ami du président de Fiba Monde, Hamane Niang, le Directeur général de Envol City, dira que la balle orange lui a permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui.
«Le basket nous a permis d’avoir ce sens de l’effort, de la compétition, du travail d’équipe et de leadership. On a cru au basket depuis notre jeune âge. On a été passionné de basket. On a cru au concept de la Bal en disant que c’est la Bal qui va amener le basket africain au niveau où il doit être. La Bal va amener cette qualité en quantité. Je crois fermement que les 5 à 10 années à venir, le basketball mondial, avec l’aide de la Bal, va dominer le monde», souligne Moctar Thiam. Une des raisons, selon lui, qui a poussé Envol City à être de l’aventure.
«Cela fait partie de la philosophie de Envol City. Cela nous a permis en quelques années, d’être là où on est de par des projets d’infrastructures d’envergure mondiale. Nous croyons en l’Afrique», a confié le Dg de Envol City. Avant de rassurer le président de la Bal : «On sera un partenaire de qualité qui sera à vos côtés dans tout ce que vous allez entreprendre en Afrique. Nous encourageons ce genre de partenariat.»
La Basketball Africa League, fruit d’un partenariat entre la Fédération internationale de basketball (Fiba) et la Nba, est une nouvelle ligue professionnelle de basketball regroupant 12 équipes venues de toute l’Afrique. Basée à Dakar, la Bal s’inspire des compétitions organisées en Afrique par le Bureau régional Afrique de la Fiba et vient marquer la première collaboration de la Nba pour gérer une ligue hors Amérique du Nord.
Pour la deuxième édition, la Bal va organiser du 21 au 28 mai 2022, le «Final 8» à Kigali, après la Conférence Sahara disputée à Dakar en mars et la Conférence du Nil, au Caire, en avril dernier.
Envol City participe à la modernisation et à l’urbanisation de l’Afrique en développant des projets d’aménagement urbain d’avant-garde. La société a participé à la construction de la Maison des Nations unies et de quartiers chics à Diamniadio.
En attendant, le président de la Bal promet «une belle et grande finale» à Kigali.
DUEL À DISTANCE ENTRE CASA SPORTS ET JARAAF POUR UNE PLACE DE LEADER...
Le Casa Sports (1er, 39pts) et le Jaraaf (2ème, 36pts) qui mènent la danse à la tête du classement vont se livrer un duel à distance à l’occasion de la 22ème journée de la Ligue1 sénégalaise.
Le Casa Sports (1er, 39pts) et le Jaraaf (2ème, 36pts) qui mènent la danse à la tête du classement vont se livrer un duel à distance à l’occasion de la 22ème journée de la Ligue1 sénégalaise. L’enjeu est le fauteuil de leader occupé par les verts et blancs du Sud qui mènent aux points et un avantage au goal différence (+39) contre (+36).
Perdant devant l’AS Douane (2 à 1) le week-end passé, le Casa Sports a tout intérêt à se rebiffer dimanche dans son fief en recevant Diambars FC (6ème, 30pts) pour conserver son rang. Autrement, le Jaraaf, qui aussi jouera à domicile devant le Tengueth FC (8ème, 27pts), peut en profiter en cas de victoire.
A part ces deux formations aucune autre n’a la possibilité de se hisser au sommet du classement. Toutefois Génération Foot (3ème, 34pts) peut bousculer le Jaraaf qui le devance de 2pts seulement. La lanterne rouge M’Bour PC (14ème, 17pts) recevra Guédiawaye FC (4em, 31pts).
Les Pélicans sont sûrs de conserver le bonnet d’âne quoi qu’il arrive. Mais à cinq journées de la fin du championnat un succès pourrait les rapprocher du premier relégable Dakar SC (13ème, 21pts). Les Sicapois recevront CNEPS (11ème, 24pts).
Programme de la 22ème journée
Samedi 14 mai 2022
Stade Alassane Djigo
17h00 Dakar SC / CNEPS
Stade Iba Mar Diop
17h00 Jaraaf / Tengueth FC
Dimanche 15 mai 2022
Stade Caroline Faye
17h00 M’Bour PC / Guédiawaye FC
Stade Alassane Djigo
17h00 AS Pikine / AS Douane
Stade Mawade Wade
17h00 Linguère / US Gorée
Stade Aline Sitoe Diatta
17h00 Casa Sports/ Diambars
Stade Djibril Diagne
17h00 GF / Ndiambour
Par Abdoul Aly KANE
L’AFRIQUE ET LA PERSPECTIVE D’UN NOUVEL ORDRE ÉCONOMIQUE MONDIAL
Les deux mois de la confrontation russo-ukrainienne dont les « buts de guerre » ne semblent pas encore atteints produisent des effets économiques importants sur l’économie mondiale qui s’imbriquent au fur et à mesure.
Les deux mois de la confrontation russo-ukrainienne dont les « buts de guerre » ne semblent pas encore atteints produisent des effets économiques importants sur l’économie mondiale qui s’imbriquent au fur et à mesure.
Considérée par la Russie comme une brève opération chirurgicale destinée à « dénazifier » l’Ukraine, cette « opération spéciale » donne l’impression de se transformer en guerre de longue durée. Ce qui laisse craindre une récession économique mondiale accompagnée de bouleversement géostratégiques, militaires, mais également un renouvellement des relations économiques et monétaires internationales.
Les sanctions prises en réaction par les Etats Unis et l’Europe principalement pour étouffer l’économie russe (embargo pétrole et gaz, et exclusion des banques russes du système bancaire Swift) tardent à produire des effets susceptibles de dissuader la Russie de poursuivre la guerre. En attendant, ces sanctions ont entraîné la hausse quasi-générale de l’inflation dans le reste du monde, du fait du renchérissement des matières premières stratégiques comme le pétrole, le gaz, les céréales, l’aluminium etc. traditionnellement importés d’Ukraine et de Russie par l’Europe. Dans cette nouvelle configuration générée par le conflit et les sanctions, l’Afrique ne parle pas d’une seule voix. Or, il est urgent que le continent élabore une stratégie pour anticiper le nouvel ordre mondial qui se profile.
Les pays africains producteurs d’or noir, de par le fait qu’ils soient membres de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), défendent avec bonheur une politique de maintien de leurs revenus en fonction de l’ordre et de la demande mondiaux. Il s’agit essentiellement de l’Angola, du Gabon, de la Guinée équatoriale, du Nigeria, de la République du Congo, de l’Algérie et de la Libye. Ces pays sont en mesure de compenser la hausse des factures de leurs produits d’importation par le surcroît de recettes publiques que leur offre l’augmentation du prix du pétrole générée par les sanctions contre le pétrole russe. Les autres pays africains non producteurs n’ayant pas de recettes extérieures de cette nature, parce qu’exportant des produits très concurrencés sur le marché mondial, subissent la hausse des prix sur les biens alimentaires avec des ressources budgétaires propres insuffisantes pour « subventionner ».
Le renchérissement du pétrole affecte le coût de l’énergie qui, avec le celui du transport, se transfuse rapidement sur l’ensemble de l’économie, créant par voie de conséquence un surcroît d’inflation (importée). Pour contrôler la hausse rapide de l’inflation afin de prévenir la récession économique, les pays de différentes régions du monde ont généralement augmenté le coût de l’argent (taux d’intérêt) via leurs banques centrales (taux directeurs), pour décourager la distribution de crédit au niveau des banques primaires (hausse des taux d’intérêts appliqués aux prêts). Le resserrement du crédit est prévu pour ralentir les investissements des entreprises dont les coûts de production augmentent du fait de la hausse des intérêts bancaires, mais aussi les emprunts des particuliers pour les biens de consommation (voitures, équipements ménagers etc.).
Selon la BCEAO, la Banque centrale du Canada a relevé, courant mars et avril 2022, son taux directeur de 50 points de base au total pour le porter à 1,0 %. L’institution estimerait que l’invasion de l’Ukraine par la Russie serait source d’inflation partout dans le monde avec un effet baissier sur la croissance. En zone CFA, le rythme haussier de l’inflation s’est accentué. La BCEAO, dans sa Note de conjoncture pour les pays de l’Union d’avril 2022, fait état d’une « accélération du rythme de progression du niveau général des prix, imprimée essentiellement par la composante «Produits alimentaires» et, dans une moindre mesure par la composante « transport », et d’une probable accélération du rythme de progression du taux d’inflation pour les prochains trimestres de 2022.
La BCEAO maintient sa politique « accommodante » tandis que la BEAC augmente de 50 points son taux directeur !
Malgré les mesures prises en Europe et aux Etats Unis d’augmenter les taux d’intérêts pour contrecarrer l’inflation, la BCEAO poursuit sa politique « accommodante » mise en place lors de la pandémie, faite de soutien aux économies via des taux directeurs faibles incitant les banques à faire du crédit aux entreprises et aux particuliers, mais aussi d’injection de fortes liquidités dans l’économie. Le maintien de cette politique accommodante profite surtout aux Etats qui, au même titre que les entreprises, interviennent sur les marchés monétaires et financiers (marchés des titres publics) pour leurs besoins de capitaux et de couverture des déficits budgétaires.
En revanche, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a augmenté de 50 points de base son taux directeur pour le porter de 3,5 % à 4,0 %, « dans le but de contenir les risques pesant sur la stabilité monétaire de la région », mais aussi, selon le Comité de Politique Monétaire de la BEAC, du fait d’une « faible accumulation des réserves de change » qui n’irait pas de pair avec l’accroissement des importations que génèrerait une offre de crédit bancaire pas cher.
Au plan monétaire, un phénomène assez imprévu s’est produit avec la décision de la Centrafrique d’admettre le Bitcoin comme monnaie légale au même titre que le Franc CFA. Cette décision semble faire écho aux récents propos de Pavel Zavalny, chef de la commission du budget et de la fiscalité de la Chambre des représentants russe, selon lequel Moscou pourrait effectuer des échanges d’énergie en monnaie locale ou en monnaie cryptographique Bitcoin avec des « pays amis ».
Pour l’instant, les réactions des autorités monétaires de la BEAC ne dépassent pas encore les désapprobations verbales et autres demandes d’explication au gouvernement centrafricain. La Chine développe également son propre environnement monétaire numérique avec le e-yuan. C’est dire que des systèmes monétaires centrifuges par rapport à celui basé sur le dollar sont en construction, ainsi qu’un changement de configuration du commerce mondial. Lequel était jusque-là basé sur des spécialisations, à savoir les Etats Unis et l’Europe pour ce qui est monétaire et financier via l’euro et le dollar, la Chine et les pays émergents comme base manufacturière, la Russie comme source d’énergie, d’engrais et de céréales, et l’Afrique comme marché de consommation et fournisseur de matières premières.
Au Sénégal, les subventions sur les produits pétroliers ont coûté environ 146 milliards de FCFA de janvier à juin 2022, ce qui a sans doute contribué à ralentir la hausse des prix intérieurs. La question posée est la capacité de l’Etat à supporter un prix du baril en constante hausse tel que cela se profile avec une guerre dont les prémisses d’une fin prochaine tardent à se faire voir.
« Une » Afrique mais plutôt « des » Afrique…
Le poids des sanctions afférentes au conflit pourrait aggraver l’endettement de nos Etats, ne pouvant budgétairement supporter des subventions sur la durée d’une guerre qui serait partie pour être longue, selon le président français Emmanuel Macron. Il serait donc souhaitable que la paix soit restaurée dans les meilleurs délais en Ukraine, pour ne pas frayer la voie à une récession mondiale à laquelle l’Afrique ne pourrait échapper.
En dépit de sa position marginale dans le commerce mondial, notre continent se voit en effet glisser dans une récession économique du fait de l’inflation extérieure qui aura fini de désorganiser le faible tissu industriel existant dans sa majeure partie. Dans la mesure où il n’existe pas encore « une » Afrique mais plutôt « des » Afrique, les organisations supra nationales africaines ou panafricaines doivent se mettre à pied d’œuvre pour s’adapter à un nouvel environnement.
La viabilité des économies africaines, à ce stade de l’importance des énergies fossiles, devrait pouvoir être assise sur la réorganisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO), à l’effet d’assurer un approvisionnement plus sécure à l’échelle du continent, dans un contexte de transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables.
Dr Omar Farouk Ibrahim, secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains, a évoqué de nouvelles perspectives en ces termes : « Parce qu’avec 1,3 milliard de personnes sur le continent africain, nous ne pouvons pas dire que nous n’avons pas de marché. Ce dont nous avons besoin, c’est de le développer et nous verrons que les 7 millions de barils de pétrole que nous produisons chaque jour ne sont même pas suffisants et qu’il ne sera pas question d’exporter. » Tout cela passe bien entendu par des investissements à due concurrence, si l’on sait que l’Afrique est importatrice « nette » de produits pétroliers. L’Europe, les USA, la Russie, la Chine et les pays émergents sont en train de redessiner une nouvelle carte mondiale des chaînes d’approvisionnement en matières premières.
L’Afrique ne devrait pas être en reste
16 % DES ÉLÈVES SÉNÉGALAIS ASTHMATIQUES
"Le taux d'hospitalisation des asthmatiques est passé de 2 à 4 % en 1N ans", selon Pr Idrissa Demba Bâ de l'hôpital d'enfants Albert
Au Sénégal, une étude réalisée sur 2000 élèves dans cinq établissements du moyen et secondaire montre que 16 % des élèves sont touchés par l’asthme. Selon les estimations du chef du service de pneumologie de l’hôpital d’enfants Albert Royer de Fann, Pr Idrissa Demba Bâ, le taux de prévalence national de l’asthme est donc 16,38 % pour le fait que les élèves représentent la population générale. Malheureusement, la majeure partie de ces asthmatiques ne suivent pas un traitement de fond.
Ailleurs, dans d’autres pays, les chiffres de l’asthme sont en train de grimper jusqu’à atteindre un taux de prévalence de 20%. Au Sénégal aussi, le nombre de personnes atteintes de cette maladie respiratoire prend l’escalier avec un pourcentage de 16,38 %. C’est ce que révèle une étude portant sur un échantillon de 2000 élèves de cinq lycées et collèges de Dakar et sa banlieue, âgés de 11 à 17 ans, et qui a été réalisée par des scientifiques. «L’école représente toute la population. Chacun a un enfant à l’école. C’est pourquoi on a utilisé une méthode mondialement validée, Isac, qui nous a permis d’interroger jusqu’à 2000 enfants parmi lesquels 16,38 % souffrent de l’asthme. Ce qui est énorme, et c’est ce que nous constatons au Sénégal. Quand on regarde dans la littérature, les autres pays sont presque à ce taux. Mais il y en a qui sont à 12, 15 voire 20 %. A travers cette étude, nous avons compris que nous faisons partie de ceux-là qui ont une prévalence très élevée parce que, encore une fois nous sommes à 16% de prévalence», a fait savoir le chef du service de pneumologie et soins continus à l’hôpital d’enfants Albert Royer de Fann. Certes, il y a des pays où la prévalence d’asthme est beaucoup plus élevées que dans le nôtre, mais la maladie demeure problématique.
Selon Professeur Idrissa Demba Bâ, cette pathologie chronique est une problématique de santé publique qui fait partie des motifs de consultations très fréquents en milieu hospitalier. « Beaucoup viennent à l’hôpital avec des symptômes respiratoires », alors que, dit-il, « ils ne savent pas qu’ils sont asthmatiques. Ce qui fait que, quand on regarde au niveau de nos chiffres, l’asthme, en termes d’hospitalisation, représente autour de 4 %. Si on fait un recul de 10 ans en arrière, on était autour de 2 %. Cela veut dire que la problématique est en train d’augmenter. Aussi, au niveau des consultations, tous les jours nous avons des demandes de consultations pour asthme et la liste d’attente ne cesse d’augmenter » informe le membre de la Société sénégalaise de pédiatrie. Comparées à la situation dans d’autres pays, les études antérieures montrent que la prévalence en milieu scolaire est très élevée.
Malheureusement, la majeure partie des élèves ne suit pas un traitement adéquat. «La majeure partie de ces enfants et adolescents asthmatiques ne prennent pas un traitement de fond ou même en général ne savent pas qu’ils sont asthmatiques», selon le Pr Idrissa Demba Ba qui rappelle que les enfants qui souffrent de l’asthme s’absentent souvent à l’école. Il pense que cette montée fulgurante des cas d’asthme au Sénégal, et l’ignorance du statut sérologique chez bon nombre d’asthmatiques, devraient amener à identifier le problème et mettre en œuvre un plan d’actions mettant tout le monde à contribution car, dit-il, la réponse n’est pas seulement pour les médecins, « elle est multisectorielle. Que ce soit le secteur de l’éducation, de la recherche, l’université, les médias...».
D’après le chef du service de pneumologie de l’hôpital pour enfants Albert Royer de Fann, c’est une approche globale qui demande la participation de tout un chacun afin de trouver des solutions pouvant permettre d’asseoir le phénomène de cette maladie non transmissible.
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LES SUJETS POLITIQUES LIES AUX LÉGISLATIVES AU MENU DE LA REVUE DE PRESSE DE ZIK FM CE VENDREDI
La grande majorité de la presse de ce vendredi 13 mai abordent leur ensemble des questions de positionnements et de validation ou non des listes en lice pour les prochaines élections législatives jusqu'ici prévues pour le 31 juillet 2022.
La grande majorité de la presse de ce vendredi 13 mai abordent leur ensemble des questions de positionnements et de validation ou non des listes en lice pour les prochaines élections législatives jusqu'ici prévues pour le 31 juillet 2022. Ecoutez dans cet élément, la revue de l'actualité présentée par Fabrice Nguéma sur Zik Fm.
QU’EST-CE QUI EXPLIQUE L’INVASION DE MOUSTIQUES À DAKAR ?
Selon l’ancien chef du Service d’hygiène de Dakar, Rassoul Ba, cette prolifération inhabituelle des moustiques est liée à la densité des habitations urbaines et aussi à l’absence de campagne de saupoudrage
Selon l’ancien chef du Service d’hygiène de Dakar, Rassoul Ba, cette prolifération inhabituelle des moustiques est liée à la densité des habitations urbaines et aussi à l’absence de campagne de saupoudrage.
Depuis le mois de janvier, Dakar est envahie par les moustiques qui, à la manière des Russes en Ukraine, exercent un siège implacable sur les maisons. Une invasion en pleine saison sèche qui embête et agace les populations qui ne savent plus à quel insecticide se vouer dans cette lutte contre ces bestioles. Selon l’ancien chef de Brigade régionale de l’hygiène de Dakar, le commandant Rassoul Ba, ce phénomène inhabituel et inquiétant est dû à la densité des habitations construites dans des zones de captage comme le Technopôle-Pikine, Nord-Foire, Grand-Yoff etc. Une prolifération de moustiques exacerbée aussi par le défaut d’opération de saupoudrage périodique de la part des pouvoirs publics.
Face à des températures douces de saison sèche et des mois de janvier, février, mars, avril et mai plutôt froids et humides (les températures variaient entre 18° et 22°), la région de Dakar a été paradoxalement envahie par des moustiques. C’est d’autant plus paradoxal que ceux-ci ne sévissent généralement que durant l’hivernage, en période de chaleur donc. Le dérèglement climatique est-il passé par là ? En tout cas, partout dans la capitale et sa banlieue actuellement, le constat amer et emmerdant c’est que les moustiques ont pris leurs quartiers piquant par rafales, au ras du sol, au ras des jambes…
S’ils ne frôlent pas le bout du nez ou ne sifflent pas aux oreilles empêchant de dormir du sommeil du juste. Et pourtant, lorsque ces bestioles déclenchaient leur assaut sur Dakar, en janvier, on était loin de la saison des pluies où les nombreuses flaques d’eau favorisent leur prolifération. Donc pourquoi sommes-nous assaillis par les moustiques en cette période ?
Selon l’ancien chef de la Brigade régionale d’Hygiène de Dakar, le commandant Rassoul Ba, le phénomène des moustiques hors saison des pluies est exacerbé d’abord par le réchauffement climatique. « Mais à Dakar, cette prolifération de moustiques est surtout liée à la densité des habitations. Sans oublier la forte croissance démographique. Vous n’êtes pas sans savoir que jusqu’en 2000, les moustiques vivaient dans les zones de captage situées à Nord-Foire, Ouest-Foire, Grand-Yoff, Technopole-Pikine et autres bassins de rétention qui servaient à collecter et stocker les eaux pluviales. Attirés par la chaleur, l’obscurité et les eaux stagnantes, ils y trouvaient refuge.
Hélas, aujourd’hui, presque toutes ces zones sont devenues des habitations à forte concentration humaine. Et comme le naturel des moustiques est chassé de sa zone d’habitation, il revient toujours au galop ! » explique notre interlocuteur. Selon toujours l’officier de l’Hygiène à la retraite, dès lors que les moustiques sont chassés de leur « logis », ils trouvent refuge dans les habitations. Résultat : ces moustiques qui aimaient l’obscurité et se reproduisaient dans les mares et autres flaques d’eau des zones de captage sont devenus des moustiques « urbains » ou domestiques puisqu’ils cohabitent désormais avec l’homme chez lui. « A Dakar, les moustiques égarés sont attirés par la lumière des maisons et des appartements. Sans oublier les égouts, les bacs à ordures, les réservoirs des pots de fleur, les gouttières mal nettoyées et autres qui constituent des endroits parfaits pour se reproduire. Et lorsque le moustique se rapproche, il repère les mouvements caractéristiques au sens large d’une cible potentielle qu’est la chaleur humaine. Ensuite, il pique pour se nourrir de sang. Et du sang, le moustique en aura toujours à Dakar, une ville victime d’une forte croissance démographique. C’est ce qui explique la prolifération inhabituelle des moustiques hors saison des pluies » nous explique M. Rassoul Ba, l’ancien chef de Brigade régionale de l’Hygiène de Dakar.
Un corps…marginalisé !
Jusque dans les années 80 et 90, le Service national d’Hygiène, dans le cadre de la lutte contre les moustiques, procédait régulièrement à des opérations de saupoudrage d’insecticides dans les zones urbaines. Malheureusement, de nos jours, ce corps semble être « marginalisé » puisqu’il ne dispose pas des moyens pour remplir correctement ses missions qui consistent à mener des opérations périodiques de démoustication et désinsectisation.
Chaque année, nous confie-t-on, le budget alloué au Service national d’Hygiène est drastiquement et arbitrairement réduit comme si l’hygiène et la salubrité publique ne sont pas une priorité pour l’Etat. Et surtout un Service de l’Hygiène regroupant plusieurs brigades régionales et qui souffrent de l’absence — ou en tout cas d’un manque de — moyens financiers et logistiques afin de lutter contre les moustiques et aussi contre les insectes de manière générale. Car le phénomène des moustiques envahisseurs auxquels sont confrontées les populations dakaroises est un réel problème de santé et de salubrité publique que l’Etat doit prendre au sérieux.
Le moustique femelle ou anophèle n’est-il pas l’agent vecteur du paludisme qui a fait plus de 400 morts l’année dernière dans notre pays ? « Malheureusement, on constate un manque de considération puisque le Service national de l’Hygiène n’a pas les moyens pour acheter des produits insecticides et de démoustication pour pouvoir mener des opérations de saupoudrage. Et su l’Etat ne met pas des moyens suffisants, les communes n’en parlons pas car rares sont des mairies qui font des opérations de saupoudrage contre les moustiques. En 30 ans d’existence, votre journal, notre journal « Le Témoin » a-t-il une seule fois assisté à une cérémonie d’inauguration d’une Brigade régionale de l’Hygiène ? Non ! Car l’Etat n’inaugure que des postes de santé, des postes de police, des brigades de gendarmerie ou de douane.
Le Service de l’Hygiène est toujours laissé en rade…» regrette le commandant Rassoul Ba. Et de se plaindre de la cherté des insecticide et des produits de démoustication « Parce qu’ils ne sont pas subventionnés par l’Etat. Il est temps de les classer comme produits de santé publique afin de les subventionner » conseille-t-il. Faute de moyens, les brigades régionales du Service national d’Hygiène profitaient souvent du plan « Orsec » pour faire des campagnes de saupoudrage. « Que voulez-vous car le Service national de l’Hygiène n’a pas de moyens ! Et les très rares opérations de saupoudrage qu’effectuaient les agents du Service de l’Hygiène entraient dans le cadre des interventions du Plan « Orsec ». Vous voyez, sans le plan « Orsec » de l’Etat, les brigades régionales de l’Hygiène sont pratiquement inexistantes sur certains fronts. D’ailleurs, je profite de l’occasion pour demander au président de la République d’augmenter le budget du Service national d’Hygiène pour mieux équiper, valoriser et moderniser le corps afin qu’il puisse gérer de façon efficace les questions de salubrité, d’hygiène et de santé publique.
Et je suis convaincu que le président Macky Sall, très sensible aux problèmes de santé publique, lancera un programme d’équipement et de modernisation au profit du Service national de l’Hygiène » souhaite l’ancien chef de la Brigade régionale de l’Hygiène de Dakar. Il est vrai que l’urgence, à l’heure actuelle, c’est de nous débarrasser des moustiques urbains. Des moustiques audacieux qui ont fini par empiéter sur les horaires des mouches (entre 06h du matin et 18 heures) alors qu’eux, moustiques, ne s’activaient que nuitamment entre 18h et 06h). De quoi donc organiser des opérations aériennes ou terrestres de pulvérisation contre ces dangereux pourvoyeurs de palu et empêcheurs de dormir tranquille qui nous ont assaillis depuis janvier !
Par Moussa KAMARA
FAILLES ET BATAILLES
Ceux qui avaient lutté contre le DG sénégalais de l’Unesco, qui voulait un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication pour tous, ont mis en place leur propre ordre. En nous imposant l’Internet qui est devenu universel
Je ne sais pas comment c’est à l’intérieur du pays mais ici à Dakar les carottes sont quasiment cuites. Parce que l’éducation fout le camp. Ceux qui avaient lutté contre le DG sénégalais de l’Unesco, qui voulait un nouvel ordre mondial de l’information et de la communication pour tous, ont mis en place leur propre ordre. En nous imposant l’Internet qui est devenu universel. A voir le nombre et la qualité des utilisateurs de cet outil, il est plus que temps d’interférer dans son fonctionnement. Car ici, chez nous, il ne doit pas y avoir d’autorité autre que celle de l’Etat. La traque des cybercriminels n’est qu’un aspect de cette lutte. Et il y a beaucoup d’autres aspects qu’il faudrait investir.
Le manque de filtre convie tout un chacun dans le banquet. Ce banquet universel qui attire plus les jeunes nés après 2000 est un véritable fourre-tout. Des professeurs d’université aux jeunes maçons ou charretiers n’ayant jamais fréquenté l’école française, tout le monde est bienvenu. Les vidéos et les post-audio peuvent utilement remplacer les textes où l’on peut déceler le niveau de l’auteur. En ouvrant largement les portes d’Internet, ils s’attendaient évidemment à accueillir tous ceux qui le désirent. Des éléments brillantissimes aux plus crades qui existent. Ceux qui utilisent Tic Toc ou Instagram en mettant l’accent sur leur plastique cherchent délicatement à en tirer des bénéfices.
Internet est finalement devenu le lieu où il faut apparaitre et exister. Même les oustaz envahissent ce lieu en cherchant qui le buzz qui autre très chose loin du Coran. Internet c’est l’école, c’est le marché, la boutique, la boite de nuit, c’est la maison close, c’est le bureau et c’est la rue. En entrainant cette révolution numérique, nous sommes tous de plain-pied dans ce monde merveilleux qui préfigure ce que sera demain. Il écrase tout ce qu’il a trouvé sur place en octroyant des audaces nouvelles à chaque entrant. Une personne qui n’a jamais bénéficié d’éducation tutoie tout le monde. Toutes les grilles de la politesse sont violées.
Les tout-venants et les terroristes forcent l’irrespect en insultant nos marabouts. C’est vrai qu’entre insulter et tapiner sur le Net c’est le même tarif de la déchéance morale. Au départ, tout le monde craignait la disparition de la presse papier. Mais quand il est constaté que presque tous les sites puisent leurs infos dans les journaux locaux on peut affirmer sans risque de se tromper que la presse traditionnelle est encore vivante et utile. Alors, quand le président de la République dit vouloir réguler Internet alors que c’est lui qui lui a donné ses lettres de noblesse en boostant autant que faire se pouvait quelques-unes de ses célébrités par trop fugaces, difficile de piger. La France et l’Allemagne ont fait des pas dans le sens de cette régulation, pourquoi donc ne pas nous inspirer de ces pays ?