CARBURANTS D’AVIATION DURABLES, LE SÉNÉGAL SÉLECTIONNÉ POUR UNE ÉTUDE DE FAISABILITÉ
Un atelier régional se tient à Dakar pour sensibiliser les parties prenantes et préparer l’intégration de ces carburants dans le cadre du programme CORSIA, visant à réduire les émissions de CO2 du secteur aérien.
Le Sénégal a été sélectionné parmi dix Etats membres de l’Organisation de l’Aviation civile internationale (OACI) pour une étude de faisabilité de la production de carburants d’aviation durables (SAF) en 2026, a-t-on appris lundi de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM).
Pour préparer ‘’les prochaines étapes de la production de carburants éligibles au Programme de compensation et de réduction des émissions de carbone pour l’aviation internationale (CORSIA), notamment les SAF, un atelier régional pour sensibiliser toutes les parties prenantes, se tient, les 03 et 04 février, à la Direction générale de l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM), point focal CORSIA au Sénégal’’, indique un communiqué transmis à l’APS.
La même source souligne que »plusieurs entités, comme les ministères des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, de l’Environnement et de la Transition écologique, des Energies, du Pétrole et des Mines, ainsi que les compagnies aériennes nationales et les gestionnaires d’aéroports comme LAS (Limak-Aibd-Summa) et AIBD SA ou encore la société de manutention de carburants aviation (SMCADY) et la société de handling 2AS, participent à la rencontre en présentiel et en ligne’’.
Elle ajoute qu’une délégation venue du Togo, composée de représentants de l’Agence nationale de l’Aviation civile du Togo, de la Direction des hydrocarbures et du ministère de l’Environnement de ce pays, participe également aux travaux.
Selon le communiqué, ‘’le Directeur général de l’ANACIM, Dr Diaga Basse, a rappelé qu’en 2019, l’aviation civile »représentait environ 2 % des émissions mondiales de CO2′ »‘.
‘’Ce pourcentage, a-t-il déclaré, devrait évoluer dans les années à venir avec l’augmentation du trafic aérien’’, tandis que ‘’les SAF peuvent permettre une réduction significative jusqu’à 80% des émissions de CO2 sur leur cycle de vie complet, s’ils respectent les critères de durabilité, contrairement aux carburants fossiles traditionnels’’.
Ouvert lundi à Dakar, l’atelier qui prend fin mardi, se tient dans le cadre du Programme de renforcement des capacités pour l’atténuation des émissions de CO2 de l’aviation internationale en Afrique et dans les Caraïbes, financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA).
PAR OUMAR NDIAYE
IMPLICATION NORMALE ET NATURELLE DU SÉNÉGAL
"D’abord, sur le terrain militaire, 13 soldats sud-africains, trois Malawiens, deux Tanzaniens et un Uruguayen sont morts au cours d’affrontements récents dans l’est de la République démocratique du Congo."
Le président Bassirou Diomaye Faye a eu, samedi dernier, des entretiens, qu’il juge « fructueux », avec ses homologues congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagamé sur la situation qui sévit actuellement dans la zone des Grands Lacs. Le Sénégal doit naturellement et normalement s’investir dans la recherche de solution pour apaiser la tension pour plusieurs raisons. D’abord, sur le terrain militaire, 13 soldats sud-africains, trois Malawiens, deux Tanzaniens et un Uruguayen sont morts au cours d’affrontements récents dans l’est de la République démocratique du Congo.
Ces militaires sont membres de deux missions internationales qui sont actuellement déployées dans ce pays, à savoir la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (Monusco) et celle de la Communauté de développement de l’Afrique australe en Rdc (Samidrc).
La Monusco a en son sein plusieurs éléments sénégalais. D’ailleurs, l’actuel commandant par intérim de la force militaire est Sénégalais, le général Khar Diouf. Ce dernier a eu même des prédécesseurs sénégalais à ce poste. C’est le cas des généraux Bacacar Gaye et Mountaga Diallo. Ainsi, si la situation de tension sécuritaire perdure, la vie des soldats sénégalais peut être en danger, étant entendu que la Monusco, en vertu de la résolution 2765 (2024) du Conseil de sécurité, qui a renouvelé son mandat d’une année, peut être une force d’interposition en appuyant les Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc) dans leurs efforts pour stopper l’expansion territoriale du groupe armé « Mouvement du 23 mars » (M23) dans la province du Nord-Kivu. Ensuite, les relations bilatérales entre le Sénégal et le Rwanda se sont densifiées ces dernières décennies eu égard à la participation, sous bannière des Nations unies, de militaires sénégalais au Rwanda.
L’histoire du capitaine Mbaye Diagne, un officier sénégalais ayant sauvé beaucoup de vie lors du génocide tutsi en 1994, jusqu’à y perdre la vie, est toujours présente dans la mémoire collective. Ainsi, depuis 1994, les échanges ont continué à solidifier la relation entre Dakar et Kigali avec des visites fréquentes de leurs dirigeants de haut niveau. Paul Kagamé a été le premier chef d’État à venir au Sénégal, du 11 au 13 mai dernier, après l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye.
Une visite durant laquelle plusieurs pistes de coopération ont été abordées. Le Sénégal a ainsi plusieurs atouts à mettre en avant pour s’impliquer davantage dans cette crise qui, à la longue, risque de créer un désastre humanitaire énorme et une instabilité sécuritaire qui sera difficile à juguler.
LANCEMENT D’UNE IA POUR LA SURVEILLANCE DES ZOONOSES
Le projet valorise l’idée que les solutions technologiques aux problèmes de santé ne peuvent fonctionner que lorsqu’elles sont inclusives, et impliquent les utilisateurs des connaissances et les parties prenantes locales.
Au Sénégal, l’intelligence artificielle va être mise au service de la santé. Le Laboratoire de Sociologie, d’Anthropologie et de Psychologie (LASAP) de I’Université Cheikh Anta Di0p de Dakar, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l’Action Sociale, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Elevage, le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, va officiellement lancer une IA.
Cette dernière va permettre « la surveillance à base communautaire des maladies zoonotiques au Sénégal », annonce le communiqué de A14DECLIC SN. La plateforme sera accessible sur la plateforme ia fitłps://www.p/oteformeãsoneżieolłfi.sn/. Pour rappel, les maladies zoonotiques sont les maladies infectieuses qui passent de l’animal à l’Homme.
Le projet est soutenu par le Centre de Recherches pour le développement International (CRDI) Canada, et le Foreign, Commonwealth and development Office (FCDO) du Royaume-Uni.
« Le projet valorise l’idée que les solutions technologiques aux problèmes de santé ne peuvent fonctionner que lorsqu’elles sont inclusives, et impliquent, par une démarche de cocréation, les utilisateurs des connaissances et les parties prenantes locales, à chaque étape de leur conception, développement et évaluation, en tant que co-chercheurs et non de simples bénéficiaires », ajoute le communiqué.
SONKO PLAIDE POUR L’AUTONOMIE ÉCONOMIQUE
En réaction à la suspension de l’aide au développement de l’USAID par Trump, le Premier ministre a appelé à un sursaut national. Il y voit une opportunité pour le Sénégal de réduire sa dépendance extérieure.
Lors de son discours à Fass Touré, le Premier ministre Ousmane Sonko a réagi à une décision choc : le président américain Donald Trump, récemment revenu au pouvoir, a annoncé la suspension pour trois mois du programme d’aide au développement USAID.
Un coup dur pour plusieurs pays africains, dont le Sénégal, qui bénéficiait d’un soutien conséquent, notamment dans le secteur de l’électricité. « À travers l’appui sur l’électricité, nous recevions plus de 500 millions de dollars, soit plusieurs milliards de francs CFA », a rappelé Ousmane Sonko.
Mais loin de céder à l’inquiétude, le Premier ministre y voit une opportunité historique : celle de repousser la dépendance extérieure et de bâtir un modèle économique autonome.
Face à cette nouvelle donne, Sonko a appelé à un réveil national : « Nous ne pouvons pas continuer à espérer de l’extérieur. Notre développement est d’abord interne », a-t-il martelé devant une foule attentive.
Il a plaidé pour une mobilisation des ressources locales, l’industrialisation du pays et le renforcement des capacités nationales afin de réduire la dépendance aux financements étrangers.
Cette suspension de l’USAID pourrait ainsi marquer un tournant décisif pour l’économie sénégalaise, forçant le pays à repenser son modèle de croissance et à s’appuyer sur ses propres forces.
AUTORITÉ PARENTALE, VERS UNE RÉVISION DU CODE DE LA FAMILLE ?
La députée Maréme Mbacké interpelle le ministre de la Justice sur l’exclusivité de l’autorité parentale accordée au père au Sénégal. Une situation qui pénalise de nombreuses mères divorcées.
Dans une interpellation adressée au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, l’honorable députée Maréme Mbacké a soulevé un enjeu de taille concernant l’autorité parentale au Sénégal. Actuellement réservée exclusivement au père, cette disposition légale pose de réelles difficultés aux mères divorcées ayant la garde de leurs enfants, notamment en matière de déplacements à l’étranger.
De nombreuses femmes de la diaspora sénégalaise dénoncent une situation où certains pères, en refusant arbitrairement leur signature sur les documents de voyage, entravent les déplacements de leurs propres enfants. Une pratique qui, selon Maréme Mbacké, peut avoir de lourdes conséquences, en particulier pour les enfants vivant avec leur mère hors du pays.
Face à ce constat, la députée appelle à une révision du Code de la famille afin d’instaurer un partage plus équilibré de l’autorité parentale. « Sans remettre en cause le rôle du père en tant qu’autorité morale au sein de la famille, il est essentiel que les deux parents puissent donner leur consentement aux voyages de leurs enfants », plaide-t-elle.
Maréme Mbacké interpelle ainsi le ministre de la Justice : le gouvernement envisage-t-il une réforme pour remédier à cette situation ? Quelles mesures concrètes pourraient être prises pour garantir une plus grande équité entre les parents et protéger les intérêts des enfants concernés ?
Autant de questions qui relancent le débat sur l’évolution des droits parentaux au Sénégal.
PAR ALIOUNE FALL DIOP
UNE GOUVERNANCE EN QUESTION
La reddition des comptes, la responsabilité et la transparence sont les piliers de l'accountability. Pourtant, ces principes semblent aujourd’hui menacés au Sénégal. La justice est-elle devenue un instrument de persécution politique ?
La reddition des comptes, la responsabilité et la transparence sont les piliers de l'accountability. Pourtant, ces principes semblent aujourd’hui menacés au Sénégal. La justice est-elle devenue un instrument de persécution politique ? L’État respecte-t-il encore les libertés fondamentales ? Une analyse critique de la situation politique actuelle.
Une justice instrumentalisée pour éliminer les opposants ?
Non, la justice ne doit pas servir d’arme de persécution politique. Pourtant, c’est devenu une pratique courante avec une désinvolture qui frise le ridicule. Aujourd’hui, un seuil inquiétant est en train d’être franchi, illustrant la tactique du « lawfare ».
Le « lawfare » consiste à instrumentaliser la justice pour écarter des concurrents politiques. Il commence par des accusations sans preuves, relayées par des campagnes médiatiques acharnées. Les cibles doivent ensuite se justifier sans fin, avant d’être condamnées à des peines de prison ou des amendes.
Le cas du député Mouhamadou Ngom, privé de son immunité parlementaire sans motif valable, en est un exemple frappant. Mais il n’est pas le seul. D’anciens ministres, des élus, des journalistes et des chroniqueurs sont victimes d’une répression politique, simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression.
L’État de droit en péril
Il ne peut y avoir de démocratie sans État de droit. La puissance publique doit respecter les libertés fondamentales, socle de notre République et de notre cohésion nationale.
Michel Barnier le rappelait :
"La fermeté de la politique pénale est indissociable du respect de l'État de droit, de l’indépendance et de l’impartialité de la justice, que nous devons défendre avec vigueur et abnégation."
Pourtant, au Sénégal, l’indépendance de la justice est mise à rude épreuve.
Un gouvernement aux décisions improvisées
Les comptes-rendus du Conseil des ministres traduisent un amateurisme préoccupant. Au fil des décisions, on constate un pilotage à vue, des promesses vagues et une absence criante d’analyse.
Le Premier ministre semble vouloir tout contrôler, accumulant des responsabilités impossibles à assumer seul. Mais peut-on gouverner efficacement en s’arrogeant tous les pouvoirs ?
Par ailleurs, une récente circulaire du Ministre du Travail ouvre une nouvelle page de l’esclavagisme moderne, suscitant l’indignation. Pendant ce temps, la souveraineté nationale est reléguée au second plan, et les préoccupations sociales sont ignorées.
La peur de l’opinion publique et des réseaux sociaux
Autre constat alarmant : la hantise de déplaire à une base militante ultra-connectée. La peur de perdre un électorat supposé acquis pousse le gouvernement à prendre des décisions précipitées, sans réelle concertation.
Le débat politique est étouffé par des stratégies superficielles, dictées par les réactions sur les réseaux sociaux plutôt que par une vision à long terme.
Un mandat sous haute tension
L’histoire d’un mandat s’écrit jour après jour. Mais bien souvent, ce n’est qu’avec le recul que l’on réalise l’impact des décisions prises. Le gouvernement actuel est-il en train de poser les bases d’une gouvernance exemplaire ou d’un régime marqué par l’instrumentalisation et l’improvisation
L’avenir nous le dira.
LES PARENTS PAUVRES
Souvent présentées comme les mauvais et les méchants, les hommes de main de politiciens sans foi ni loi, les forces de défense et de sécurité prennent de plus en plus la parole et laissent paraitre leur galère et leur amertume
Souvent présentées comme les mauvais et les méchants, les hommes de main de politiciens sans foi ni loi, les forces de défense et de sécurité prennent de plus en plus la parole et laissent paraitre leur galère et leur amertume.
Elles ont eu le rôle le plus ingrat. Risquant leurs vies de jour comme de nuit, exposant leurs familles pour, à l'arrivée, ne récolter que mépris et injures, indexées d'être les complices des pourfendeurs de la démocratie. Elles, ce sont les forces de défense et de sécurité, celles-là qui ont été en première ligne durant toute la crise qui a secoué le pays, entre 2021 et 2024. À la faveur de l'émission de la RFM dénommée ‘’FDS’’ (Focus sur la défense et la sécurité), l'un de ses plus grands chefs, le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle Masserigne Faye, a brisé le silence, pour revenir sur les sacrifices énormes consentis durant ces périodes troubles. “Beaucoup critiquent la police et les FDS en général sans les connaitre. Si on n'avait pas fait ce qu'on a fait, le Sénégal serait aujourd'hui à terre. On ne peut pas tout dire sur la place publique. Même pour vous accorder cet entretien, il m'a fallu l'autorisation du directeur général. Ce que je peux vous assurer, c'est que si on n'avait pas cette posture, le Sénégal serait aujourd'hui comme le Mali, comme la RDC”, témoigne avec des trémolos dans la voix celui qui a commandé le groupe opérationnel de Dakar, de 2020 à 2024.
Aujourd'hui, c'est eux que l'on présente comme les méchants de l'histoire. Ceux qui ne méritent pas le pardon de la République, qui doivent rendre compte de leurs actes contre ce que l'on appelle pompeusement “le peuple”. Dans cette catégorie, on retrouve pourtant des insulteurs publics notoires qui n'ont rien à envier à Amath Suzanne Camara envoyé en prison - à juste raison - sous le régime du président Bassirou Diomaye Faye, de présumés pilleurs et pyromanes de biens privés comme publics ou de gens qui ont été accusés de les financer. Eux ont droit non seulement au pardon, mais aussi à la “réparation” et aux honneurs de la République. Les plus chanceux sont devenus des députés ou nommés à des postes de responsabilité ; la grande masse aura droit à une indemnisation. L'État ayant déjà annoncé autour de cinq milliards F CFA pour les indemniser ainsi que des financements (voir encadré).
“Si les FDS n'avaient pas fait ce qu'ils ont fait, le pays serait aujourd'hui à terre”
Si ce n'était que les victimes, ceux qui ont injustement été arrêtés et torturés, cela aurait pu se comprendre. Mais sur quelle base on va s'appuyer pour déterminer les victimes, alors même qu'aucun tribunal ne s'est prononcé sur leur culpabilité ou non ? Est-ce que tous ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de ces événements sont d’innocentes victimes d'arrestations arbitraires ? Quid de toutes ces personnes dont les biens ont été détruits durant la crise, de ceux qui ont failli ôter la vie à des éléments des forces de défense et de sécurité qui ne faisaient que défendre la République ?
Autant de questions qui viennent mettre un bémol dans cette initiative du gouvernement qui a tendance à considérer tout détenu arrêté dans le cadre des manifestations comme une victime. A contrario, ceux qui les ont envoyés en prison -magistrats et FDS - sont des complices. Qui, dans ces conditions, accepterait, la prochaine fois que des situations similaires se présenteront, de défendre l'État ? Qu'adviendrait-il si, dans quelques années, les mêmes jeunes, mécontents de la gestion des autorités, descendaient à nouveau en masse dans la rue pour réclamer la chute du régime actuel ?
En vérité, il y a eu certes pas mal de dérives du côté des forces de défense et de sécurité. Mais il y en a également eu du côté des manifestants. Des policiers et des gendarmes ont failli y laisser leurs vies. D'autres ont exposé leurs familles, pour que la République reste debout. Et le témoignage du commissaire Masserigne Faye en lève une partie du voile sur les risques énormes qui guettaient ce pays.
Selon lui, le jour où on a brûlé des infrastructures à l'université Cheikh Anta Diop, des gens étaient sortis pour aller mettre le feu à la Daf (Direction de l'automatisation des fichiers) et à la DGE (Direction générale des Élections). “Ils sont venus jusqu'à la rue 3. Mes éléments m'ont appelé pour me dire qu'il y a une foule importante et leur capacité ne leur permettrait pas de tenir 30 minutes. Il faut du renfort”, a-t-il rapporté.
La notion de victime et de coupable galvaudée
Tout de suite, il s'est déployé avec les renforts et a vu une foule immense et déterminée. “Je me suis dit que si on les attaque de face, on n'en sortirait pas. J'ai demandé à mon lieutenant de gérer cette position, je vais faire le tour pour qu'on les ceinture. Je les ai pris par derrière, du côté de marché Gueule tapée. Il y a eu deux fronts ; une attaque par-devant et une autre par-derrière. Ils ont paniqué et ont pris les rues transversales pour sortir de la zone. On les a chassés jusque vers la dibiterie Le Mboté, mais ils avaient mis le feu partout. J'ai dû prendre des bouteilles d'eau exposées à la devanture d'une boutique pour éteindre le feu qui menaçait la DGE et la Daf. D'ailleurs, j'y suis retourné plus tard pour présenter mes excuses au boutiquier. J'ai voulu lui donner un peu d'argent, mais il ne l'a pas pris”. La Daf et la DGE ont ainsi été sauvées. Des manifestants arrêtés. L'État a pu continuer la mise en œuvre de son calendrier pour l'organisation des élections.
Aujourd'hui, les manifestants sont honorés. Les policiers et les gendarmes voués aux gémonies. Comment vivent-ils de telles critiques ? Le commissaire Faye rétorque : “Les critiques ne peuvent manquer quand on est devant. Mais nous, on agit par devoir. Ce qu'on a fait, si on ne l'avait pas fait, le Sénégal serait comme le Mali, comme le Congo. Il faut que les Sénégalais soient conscients que notre plus grande richesse, c'est la paix. Ne bradons pas cette richesse pour des futilités. Ce qui nous unit est beaucoup plus fort. Les gens doivent comprendre que les forces de police sont apolitiques, qu'ils se gardent de les inviter dans la chose politique”, renchérit-il, tout en soulignant qu'il était prêt au sacrifice suprême pour la défense de la République. “Je le disais souvent aux hommes. S'il faut qu'une personne meure pour que le Sénégal reste, que ça soit moi. Tenons la baraque, ne laissons pas ce pays sombrer”, rapporte l'ancien chef de la Brigade d'intervention polyvalente (Bip), celui qui a mené de main de maitre l'arrestation d’Hissène Habré à Dakar.
Cela dit, des éléments des FDS ont aussi été accusés de tortures, de violence inouïe et injustifiée sur des manifestants, sans parler des nombreux morts qu'il faudra élucider par des enquêtes indépendantes.
Mais l'un des grands griefs portés contre les FDS, c'est de n'avoir rien fait contre les gros bras qui les accompagnaient sur le terrain. D'ailleurs, à l'époque, cela avait soulevé un vrai malaise au sein des forces de défense et de sécurité. Certains officiers étant contre l'implication de nervis dans la gestion des manifestations.
Le recours aux nervis : la tache noire
Fortement critiqué pour le rôle qu'il a eu à jouer durant les manifestations politiques, Masserigne Faye est pourtant très respecté dans le système des Nations Unies, pour le rôle décisif qu'il a eu à jouer dans le maintien de l'ordre dans des zones chaudes comme Kidal, Gao et Tombouctou au Mali, mais aussi au Nord-Kivu, en République démocratique du Congo où il commandait plusieurs forces. Il est réputé comme un homme profondément croyant. Sa plus grande satisfaction, c'est d'avoir su préserver ses hommes durant la crise. Il en rend grâce au bon Dieu. “Quand on a trois mille hommes à commander, ce n'est pas évident. Tous les jours, je me levais à l'aube pour prier Dieu de garder sains et saufs les éléments. Ma grande satisfaction, c'est de n'avoir enregistré aucune perte en vie humaine. Nous avons eu peur pour deux éléments qui ont été roués de pierres, mais grâce à Dieu, il y a eu plus de peur que de mal”.
Aux jeunes générations des FDS qui ont tendance à recourir aux médias et surtout aux activistes pour vilipender l'image de la police ou de la gendarmerie, il demande d'utiliser les canaux internes pour faire passer leurs messages. Ce qu'il a eu à faire, c'est plus par patriotisme, a-t-il tenu à expliquer. “J'aurais pu choisir de rester aux Nations Unies où on me payait six fois ce que je gagne au Sénégal, où on me payait 60 000 euros par an, rien que pour l'éducation de mes enfants. D'autres ont fait des sacrifices bien plus importants. C'est facile de critiquer les gens sans les connaitre, s'est-il défendu. C'est d'autant plus facile que ceux qui sont attaqués de toutes parts ne peuvent répondre aux attaques et critiques. Pour vous accorder cet entretien, il a fallu l'autorisation du DG”.
Qui va honorer les policiers et les gendarmes qui ont permis au Sénégal de ne pas sombrer dans le chaos ?
En 43 ans de police, le commissaire Masserigne, qui est au seuil de sa carrière (il devait partir à la retraite, mais avait bénéficié d'une prolongation qui va bientôt arriver à terme) jouit d'un grand respect auprès de ses pairs. Il a aussi beaucoup contribué à la réputation des forces sénégalaises au sein des missions de la paix au Mali et au Congo, notamment en y faisant intégrer les forces d'élite sénégalaises du GIGN. Les attaques sont loin de l'ébranler. “Quand on est animé de bonne foi et de droiture, on ne peut avoir peur. Comme on dit : le feu est ennemi de l'encens. Mais le fait qu'il le brûle le fait sentir encore plus, au bonheur de tout le monde. Quand on raconte des inepties et des contrevérités sur toi, cela ne peut vous affecter. C'est juste qu'on est devant et quand on est devant, forcément, on est exposé aux critiques. Les gens vont inventer des choses pour te démoraliser, parce qu'ils savent que c'est toi qui les empêches de tourner en rond. C'est pourquoi un chef ne doit pas avoir peur des critiques. Celui qui rechigne de faire ce qu'il a à faire de peur d'être critiqué ne mérite pas d'être chef. Pour ma part, rien ne peut m'ébranler. Je n'ai peur que de Dieu”, souligne l'ancien commandant du groupe opérationnel de Dakar.
DES ETUDIANTS DE L’USSEIN MECONTENTS BARRENT LA NATIONALE1
Les étudiants de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN), ont perturbé lundi matin, la circulation sur la route nationale 1, à l’entrée de la commune de Kaolack (centre), pour réclamer »de meilleures conditions d’apprentissage »...
Les étudiants de l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN), ont perturbé lundi matin, la circulation sur la route nationale 1, à l’entrée de la commune de Kaolack (centre), pour réclamer »de meilleures conditions d’apprentissage », après avoir été autorisés à faire une marche pacifique, a constaté l’APS.
Il a fallu l’intervention des éléments du commissariat central, qui ont usé de grenades lacrymogène, pour disperser la foule qui commençait à s’agrandir.
Après discussion, la route nationale a été dégagée et la marche des étudiants a repris dans des conditions plus calmes.
Ces étudiants avaient auparavant déjà décrété un mot d’ordre de grève de quarante-huit heures. En perturbant la circulation, sur la RN1, ils veulent se faire entendre afin que leurs ‘’mauvaises conditions d’apprentissage’’ soient améliorées au sein de l’université.
»A travers notre manifestation, nous voulons alerter sur notre situation au sein de l’USSEIN et exigeons la livraison des chantiers de notre université », a dit leur porte-parole, Oumarou Baldé, au terme de la marche.
Baldé a souligné que le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Abdourahmane Diouf leur avait donné des assurances pour la livraison des chantiers.
»Aujourd’hui, les infrastructures ne peuvent pas accueillir les 1800 nouveaux bacheliers nouvellement orientés », a-t-il signalé.
Selon lui, l’USSEIN compte »plus de 6000 étudiants ».
C’est pourquoi les étudiants ont décidé de boycotter les inscriptions pédagogiques, d’autant plus que leur université est »éparpillée dans quatre sites à savoir Kaolack, Kaffrine, Fatick et Khelcom Birane, dans le département de Guinguinéo ».
»Nous avons des moyens de transport insuffisants pour rallier les différents campus pédagogiques. Nous en appelons à l’intervention du président de la République, de son Premier ministre et de notre ministre de tutelle et exigeons la livraison des chantiers de l’USSEIN », a insisté Oumarou Baldé.
Il a demandé à l’administration, »de faire preuve davantage de réorganisation dans le calendrier des enseignements-apprentissages, puisque dans cette université, cinq ans sont nécessaires pour décrocher la licence ».
L’UCAD PLEURE LE PROFESSEUR MOUSSA DAFF
Le linguiste et grammairien Moussa Daff, décédé lundi, est un pionnier des études francophones au Sénégal ayant mené un travail jugé colossal dans l’optique de faire des langues nationales, des langues d’enseignement et pas seulement d’alphabétisation
Le linguiste et grammairien Moussa Daff, décédé lundi, est un pionnier des études francophones au Sénégal ayant mené un travail jugé colossal dans l’optique de faire des langues nationales, des langues d’enseignement et pas seulement d’alphabétisation, a indiqué l’université Cheikh Anta Diop, au sein duquel le défunt enseignait depuis plusieurs décennies.
Il a formé plusieurs générations d’étudiants, et a été un maillon important dans les réformes de l’enseignement du français comme dans les problématiques des langues nationales et des interculturalités, a souligné l’UCAD dans un communiqué publié dans ses différents réseaux sociaux.
Les travaux et les enseignements du professeur Daff portaient, notamment, sur les sciences du langage, la médiation interculturelle, la didactique et les littératures francophones.