Située à Ngor, la grotte de Seydina Limamou Laye, entourée de mystères avec ses secrets inconnus du grand public, est un symbole fort pour les Layènes. Dès les premières heures de ce jeudi qui célèbre l’ouverture du 145ème anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Laye, des milliers de fidèles vont se rassembler devant celle-ci pour recueillir la lumière du Mahdi.
C’est un symbole de la pureté Layène. Elle est l’emblème d’un Mahdi qui a apporté son… sceau et sa corne de bonne espérance à une communauté qui a dédié sa vie à l’exaltation divine. La grotte de Ngor, située au bout d’un vaste espace rocailleux sur les berges de l’Atlantique, est un véritable sanctuaire religieux. Entourée d’un mur très bien entretenu, bordée de quelques arbres, elle est un point de convergence de fidèles en quête de lumière et de félicité : Une véritable caverne. De grosses pierres noires jonchent le sol à son entrée, les couloirs parfumés donnent à l’endroit une dimension hautement prophétique.
Ce samedi 25, dernier jour de la houle annoncée par l’Agence de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), la mer est en furie. De loin, on perçoit le bruit des vagues qui viennent lécher avec fracas la berge de l’Atlantique qui avait fait allégeance au Mahdi quand il répandait la parole de Dieu. L’effigie de Seydina Issa Laye, fils aîné de Baye Laye, campe le vestibule de ce lieu saint. Il faut emprunter une échelle en fer, placée à l’entrée de la grotte, pour descendre à l’intérieur. Proprette, profonde de près de cinq mètres, éclairée par les rayons solaires, elle a une conduite qui mène jusqu’à la mer.
Obscur, enveloppé de dures roches, l’endroit est traversé par un petit trou qui renferme le mystère qui entoure cet espace religieux.
A quelques jours de l’Appel, le lieu n’est pas encore pris d’assaut. Mais ce n’est qu’une question de jours, d’après le conservateur de la grotte, Abdoulaye Thiaw Laye. Le patriarche capte l’attention avec son discours empreint de solennité religieuse. « Dans ce trou, on y introduit le visage pour faire n’importe qu’elle prière. S’il plaît à Dieu, toutes les prières seront exaucées », introduit celui qui a élu domicile à côté de la grotte. Summum de l’émerveillement : l’empreinte du pied droit de Limamou Laye est marquée sur une pierre noire qui jouxte l’entrée.
« Les prophètes Ibrahim et Moïse y ont séjourné »
Cette grotte est évidemment le symbole de la « prophétie » du fondateur des Layènes. Même si la capitale de la confrérie reste incontestablement Yoff, lieu de naissance de son fondateur, Seydina Limamou Laye Thiaw (Yoff-Tonghor), il a reçu la lumière de Mohamed à Ngor ; d’où le symbole de la fameuse grotte de Ngor. Selon les fidèles du Mahdi, la lumière du saint homme y a séjourné pendant plus de 1.000 ans avant sa naissance. « C’est dans cette grotte que la lumière du Mahdi (Seydina Limamou Laye) a séjourné pendant plus de 1.000 ans avant son apparition sur terre », explique Abdoulaye Thiaw Laye, fils du 4e khalife des Layènes, Mame Alassane Thiaw Laye, rappelé à Dieu en 2001. Il en rajoute une dose divine : «la lumière du Mahdi, pendant tout le temps qu’elle résida dans la grotte, cherchait à identifier la communauté noire où Seydina Limamou Laye devrait apparaître (…). Le prophète Ibrahim a été cité par Seydina Limamou dans ses sermons. Effectivement, il est passé par cette grotte. Souvent, Baye Laye même appelait ce lieu la caverne d’Ibrahim ».
Joyeux comme un drille, Alia Laye Samb, l’autre conservateur de la grotte, se livre à cet exercice avec des récits teintés de versets coraniques. Il révèle que le prophète Moïse a séjourné sur ce site. « Dans le Coran, particulièrement à la sourate 18, Dieu nous a dit que Moïse, lors de son fameux périple, marchait au bord de la mer.
Le Livre saint nous apprend aussi que Moïse a marché des années avec un poisson. Il devait s’arrêter là où le poisson pouvait vivre. En même temps, c’était le lieu de la personne qu’il cherchait en l’occurrence Mohamed. Arrivé devant deux océans, il demande à son compagnon qui lui a dit que le poisson a vécu dans la grotte. Donc, Moïse est venu ici, car ce lieu aussi est une rencontre de deux océans que sont l’axe Dakar-Saint Louis et l’axe Dakar-Cap Skiring. »
Limamou Laye : le Mahdi ?
Né en 1843 dans la région de Dakar, plus précisément à Yoff, fils de Mame Coumba Ndoye et de Mame Alassane Thiaw, Seydina Limamou Laye symbolise aux yeux de ses fidèles layènes le retour annoncé du prophète Mahomet (Psl). Et la grotte de Ngor y est pour beaucoup du fait de sa position géographique. Issa Laye Thiom, petit de Thierno Sarr Thiom, un des compagnons de Seydina Limamou, fidèle et témoin de l’histoire, fait de Baye Laye « le Mahdi ».
Il est péremptoire : « Dans un des hadiths du prophète Mohamed (Psl), on nous dit qu’il va réapparaître dans un sable fin, à l’extrême ouest de l’Afrique près de l’océan atlantique. En même temps, on nous indique que le prophète va réapparaître en peau noire. Le Prophète lui-même avait dit qu’avant la fin des temps, il va revenir près de l’océan atlantique et sera le Mahdi. Donc-là, nous avons suffisamment de preuves que Limamou Laye est le prophète Mahomet et cette grotte de Ngor en est une preuve. C’est clair. »
En écho, Alia Laye Samb s’appuie sur un raisonnement avec des chiffres : « Dans le Coran, la grotte correspond à la sourate 18 : Al-kahf (La caverne). Si tu inverses le chiffre 18, tu auras la sourate 81 : At-takwir (L’obscurcissement) montre le coucher du soleil qui se fait ici à l’extrême ouest ». A l’image d’un mathématicien en plein cours magistral, M. Samb poursuit sa logique : « L’addition des chiffres 81 et 18 nous donne 99 et le compte est bon. 99 est le nombre de noms du Tout-Puissant. Par contre, la soustraction de 81 et 18 fait 63 (sic). Le prophète Mahomet a vécu 63 ans. Si on inverse ce nombre, cela fait 36 qui correspond à la sourate 36 (Ya-Sin) qui est le nom du prophète. »
A la lumière de ses propos, il déduit que Seydina Limamou Laye est le Mahdi. « La lumière de Mahomet (Psl) a quitté Médine en 632, trois jours après sa mort pour venir dans cette grotte et a attendu 1.211 années pour venir au monde sous un autre homme en l’occurrence Seydina Limamou ».
Au bout de sa démonstration, il rappele que l’islam a démarré dans une grotte. En outre, le conservateur du site, M. Samb, confie que le nom Almadies, quartier chic de Dakar, est venu de cette grotte. Selon lui, le vrai nom c’est « Al Mahdi ».
En 1883, déjà orphelin de père, Limamou Laye perd sa mère et s’enferme trois jours sans boire ni manger. Au terme de ces trois jours de diète, il dit être l’envoyé de Dieu. Il lance cette prophétie : « Adjibo dahiya laye ya marsaral ins wal djin ini raasouloulahi ileykoum » («Venez à l’appel de Dieu vous, hommes et djinns, je suis l’envoyé de Dieu. L’arabe blanc (Mohamed) s’est noirci »). Seydina Limamou Laye affirme qu’il est une réincarnation de Mohamed (Psl).
A l’image du prophète à la Mecque, il va être traité de fou dans son fief à Yoff, mettant son comportement sur le compte d’un envoûtement ou du chagrin causé par la mort de sa mère, Mame Coumba Ndoye. Son oncle fut même chassé de la grande place du village par ses amis (ils lui diront : « Va soigner ton gentil neveu qui est devenu fou »). Depuis lors, la lumière du Mahdi éclaire l’Atlantique.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE VENDREDI 31 JANVIER 2025
Sud Quotidien, Walf Quotidien, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Libération, Le Quotidien, Enquête, Vox Populi, Le Verdict News, L'As, Record, Le Soleil
AMADOU NDIAYE ALERTE SUR LES DANGERS DES SUPPOSITOIRES
Ces substances, prisées pour accentuer les courbes, présentent de sérieux risques pour la santé, selon Dr Ndiaye, pharmacien et directeur du centre hospitalier Abass Ndao.
L’actualité est marquée ces derniers jours par la polémique autour des « boulettes pour fesses », des substances de plus en plus prisées par certaines personnes à la recherche d’une silhouette voluptueuse. Dans un entretien exclusif, Dr Amadou Ndiaye, pharmacien et directeur du centre hospitalier Abass Ndao de Dakar depuis le 26 mai 2021, a mis en garde contre les dangers de ces produits sur la santé.
Docteur d’État en pharmacie depuis 2004, titulaire d’un Master 2 en biologie animale et docteur ès sciences en génétique des populations depuis 2013, Dr Ndiaye a expliqué que ces boulettes, souvent fabriquées sans contrôle sanitaire rigoureux, contiennent des composés chimiques pouvant entraîner des effets secondaires graves.
LE SAES MENACE DE PARALYSER LES UNIVERSITÉS
Le Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur annonce une possible grève à partir du 13 février, dénonçant l’inaction du gouvernement face à ses revendications.
Le Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur (SAES) annonce une possible grève à partir du 13 février, dénonçant l’inaction du gouvernement face à ses revendications. Malgré le dépôt d’un préavis en janvier, les enseignants du supérieur estiment que leurs doléances restent ignorées.
Le bras de fer entre le Syndicat Autonome de l'Enseignement Supérieur (SAES) et le gouvernement sénégalais pourrait aboutir à une paralysie des universités publiques dès le 13 février. Le syndicat accuse les autorités de faire la sourde oreille à leurs revendications, malgré le dépôt d’un préavis de grève depuis début janvier.
Les enseignants exigent l’application du protocole d’accord signé avec l’État, dont l’exécution tarde, selon eux. Ils dénoncent également la détérioration des conditions de travail dans les universités publiques sénégalaises, affectant aussi bien les enseignants que les étudiants.
Le SAES a brandit cette menace ce jeudi 30 janvier 2025, au cours d'un atelier de mise à niveau à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des universités publiques, d’identifier les défis et d’explorer des perspectives d’amélioration.
Cet atelier marque également le début des célébrations des 40 ans du SAES, un syndicat engagé dans la défense des droits des enseignants du supérieur.
LA BCEAO ENTAME UNE CONCERTATION SUR LA RÉGLEMENTATION MONÉTAIRE
L’objectif est de renforcer l’application uniforme du droit bancaire et financier dans l’Union, en favorisant un dialogue approfondi sur la réglementation et son impact sur les juridictions nationales.
Dakar, 30 jan (APS) – Une concertation régionale entre la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et les hautes juridictions des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) s’est ouverte jeudi à Dakar, pour un partage d’expériences sur les aspects de la réglementation bancaire et financière des pays concernés.
‘’L’objectif de cette concertation de haut niveau est de renforcer l’application uniforme du droit bancaire, monétaire et financier de l’Union, à travers des échanges entre la BCEAO et les responsables des institutions concernées’’, a expliqué Jean-Claude Kassi Brou, le gouverneur de cette banque commune aux huit pays membres de l’UEMOA.
Il présidait la cérémonie d’ouverture de cette rencontre régionale entre la BCEAO et les hautes juridictions des États membres.
‘’Regards croisés sur la règlementation bancaire et financière dans l’UEMOA’’ est le thème des discussions de la banque avec les juridictions.
Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo sont les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
‘’Notre ambition […] est d’aller au-delà du format de ces rencontres traditionnelles en offrant à la banque centrale et aux plus hauts responsables de la magistrature un cadre de partage d’expériences sur différents aspects de la réglementation bancaire et financière de l’Union’’, a ajouté Jean-Claude Kassi Brou.
Selon le gouverneur de la BCEAO, ce cadre permettra également de partager l’expérience de l’UEMOA et de la BCEAO, afin de mutualiser leurs compétences pour atteindre des objectifs communs, l’édification d’un espace communautaire résilient et fondé sur la justice surtout.
Il a fait observer que ‘’l’importante production normative des organes communautaires s’invite parfois dans les prétoires des tribunaux des États, lors des litiges entre les usagers et les opérateurs des secteurs bancaire et financier’’.
‘’L’évolution dynamique des textes communautaires et l’accroissement des activités financières et bancaires dans l’Union entraînent une sollicitation accrue des juridictions nationales, qui sont davantage appelées à intervenir dans des matières spécifiques’’, a relevé le gouverneur de la BCEAO.
Sur cette base, ‘’il nous paraît essentiel de trouver une parfaite articulation entre les organes producteurs des normes communautaires et le corps judiciaire, partenaire indispensable dans la vérification de la conformité de leur mise en œuvre’’, a ajouté M. Kassi Brou.
Il précise que les échanges porteront sur les enjeux de la réglementation bancaire et financière dans l’UEMOA et la procédure législative et réglementaire de cette organisation régionale.
Ils porteront aussi sur les conditions d’exercice des activités bancaires et financières dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine et le contrôle des établissements assujettis à sa réglementation bancaire et financière, l’articulation entre le droit spécial et le droit commun notamment.
Renforcer ‘’le partenariat déjà fécond entre nos institutions’’
La prévention et la répression du blanchiment de capitaux, du financement du terrorisme et de la prolifération des armes de destruction massive font partie des sujets à aborder, selon le gouverneur de la BCEAO.
‘’À travers ces échanges, notre institution souhaite surtout tirer profit de vos riches expériences de praticiens du droit’’, a-t-il dit, promettant que les travaux permettront de ‘’jeter un nouvel éclairage sur la réglementation monétaire, bancaire et financière de l’UEMOA’’.
Ils contribueront également à renforcer ‘’le partenariat déjà fécond entre nos institutions, en faveur d’une vulgarisation accrue et une plus grande appropriation des textes communautaires’’, a poursuivi M. Kassi Brou.
Il rappelle que la banque centrale organise, à l’intention des magistrats et formateurs des centres de formation judiciaire des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, un séminaire régional de vulgarisation de ses textes de base, depuis 2016 et de manière régulière.
Plus de 160 magistrats et formateurs des États membres de l’UEMOA ont pris part à ces rencontres, selon le gouverneur de la BCEAO.
Ces réunions constituent, à ses yeux, ‘’un creuset d’interactions’’ entre la BCEAO et les professionnels du droit.
‘’L’objectif poursuivi par notre institut d’émission commun est l’appropriation, par l’ensemble des acteurs du secteur judiciaire de nos États, de notre législation communautaire, qui est aussi riche que variée, tant les matières qu’elle couvre sont importantes pour le fonctionnement […] de nos économies et la satisfaction des besoins des usagers’’, a expliqué Jean-Claude Kassi Brou.
LES CRIMES COLONIAUX FRANÇAIS AU CAMEROUN
Un rapport dévoile l'étendue des violences perpétrées par l'armée française contre les mouvements indépendantistes camerounais. Des massacres de civils aux camps de regroupement forcé, impliquant plusieurs dizaines de milliers de morts
(SenePlus) - Selon une enquête historique révélée par Le Monde, la France a mené une véritable "guerre de décolonisation" au Cameroun, causant la mort de "plusieurs dizaines de milliers de Camerounais" entre 1945 et 1971. Cette conclusion bouleversante émerge d'un rapport de plus de 1000 pages, fruit du travail d'une commission mixte d'historiens français et camerounais, remis le 28 janvier au président Paul Biya à Yaoundé, une semaine après sa présentation à Emmanuel Macron.
D'après le quotiden français, cette initiative s'inscrit dans la lignée des travaux mémoriels lancés par la présidence française sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda et pendant la guerre d'Algérie. Le projet, initié en juillet 2022 lors de la visite d'Emmanuel Macron à Yaoundé, révèle une page sombre de l'histoire coloniale française largement méconnue du grand public.
La commission, composée de quatorze chercheurs répartis équitablement entre les deux pays, a bénéficié d'un accès sans précédent aux archives françaises, notamment celles de la justice militaire. Comme le souligne l'historienne française Karine Ramondy, coprésidente de la commission mixte, citée par Le Monde : "C'est une guerre de décolonisation qui ne s'arrête pas avec l'indépendance : nous sommes encore présents après et nous continuons à exercer des violences répressives pour le compte d'un pays qui est devenu indépendant."
Le bilan humain est particulièrement lourd. Les archives militaires officielles comptabilisent environ 7500 combattants tués entre 1956 et 1962, période de plus forte implication des troupes françaises. Cependant, selon le quotidien, le rapport estime que le nombre total de victimes s'élève "plus probablement à plusieurs dizaines de milliers de Camerounais."
Les méthodes employées par l'armée française témoignent d'une violence extrême. Le massacre d'Ekité en 1956, exemple emblématique cité par Le Monde, est décrit par la commission comme "un assaut à l'encontre de civils désarmés", contredisant la version officielle qui le présentait comme une contre-attaque légitime. Le rapport révèle également l'utilisation de "cartouches incendiaires particulièrement dévastatrices" et la mise en place d'une politique de déplacements forcés des populations vers des "camps de regroupement", inspirée des méthodes utilisées au Cambodge.
La répression visait principalement l'Union des populations du Cameroun (UPC), parti nationaliste dissous en 1955. Selon Le Monde, ses membres, dont le leader indépendantiste Ruben Um Nyobe, ont été systématiquement éliminés, d'abord par l'armée française, puis après l'indépendance par l'armée camerounaise du régime d'Ahmadou Ahidjo, mis en place en 1960 avec le soutien de Paris.
Le rapport met en lumière des pratiques de torture documentées par des sources écrites et orales. Ces méthodes s'inscrivaient dans une stratégie de guerre "contre-révolutionnaire" incluant surveillance, opérations de terrain en petites unités et "ratissages" massifs. Le Monde précise que plusieurs officiers français déployés au Cameroun avaient préalablement servi en Indochine et en Algérie.
La commission s'est interrogée sur l'emploi du terme "génocide". Si elle ne dispose pas de la compétence juridique pour qualifier ces actes de "génocidaires", elle reconnaît le caractère extrême des violences qui "ont transgressé les droits humains et le droit de la guerre."
Cette enquête historique soulève des questions cruciales sur la responsabilité de la France dans les violences post-coloniales en Afrique. Elle met en lumière la continuité des pratiques répressives même après l'indépendance, dans le cadre de ce qui deviendra la "Françafrique". Le Cameroun, dirigé depuis 1982 par Paul Biya, héritier du système mis en place avec le soutien de Paris, reste profondément marqué par cette période.
Le président Biya a salué "un travail de recherche très remarquable et de conciliation mémorielle d'une grande portée symbolique." Reste à voir, comme le souligne Le Monde, quelles suites concrètes Paris et Yaoundé donneront à ces révélations historiques, alors que l'influence française en Afrique fait face à de nombreux défis, particulièrement au Sahel.
UN NOUVEL ACCIDENT FAIT 7 MORTS À KAOLACK
Il y a eu une collision entre une voiture de transport ‘‘sept places’’ et un véhicule particulier de la Société nationale de l’électricité (SENELEC).
Un nouveau bilan macabre vient s’ajouter à la liste. Ce jeudi 30 janvier, un accident de la route a eu lieu sur l’axe Wack Ngouna-Keur Madiabel, dans le département de Nioro du Rip, à Kaolack. Le bilan est de 7 morts et 4 blessés. Il y a eu une collision entre une voiture de transport ‘‘sept places’’ et un véhicule particulier de la Société nationale de l’électricité (SENELEC).
« Nous avons été alertés à 15 heures 30 pour un accident survenu à Keur Abdou Daffé, dans la commune de Wack Ngouna. Aussitôt sur les lieux, nous avons constaté qu’il s’agissait d’une collision entre un véhicule Sept places et un véhicule particulier de type 4×4 », se désole le capitaine Mamadou Yaga Mané du Groupement d’incendie et de secours numéro 3 de Kaolack, à l’APS.
Les victimes de cet accident ont été évacués au Centre hospitalier régional El Hadji Ibrahima Niass de Kaolack.
DES MILITAIRES MALIENS À LA BARRE POUR TRAFIC D’ARMES
À Bamako, le tribunal militaire examine deux affaires sensibles impliquant onze prévenus, militaires et civils. Au centre des débats : un trafic d’armes et de munitions de guerre mettant en cause un officier supérieur, ainsi qu’une affaire de stupéfiants
À Bamako, le tribunal militaire examine deux affaires sensibles impliquant onze prévenus, militaires et civils. Au centre des débats : un trafic d’armes et de munitions de guerre mettant en cause un officier supérieur, ainsi qu’une affaire de stupéfiants.
Le Tribunal Militaire de Bamako a tenu son audience ordinaire correctionnelle, le mardi 28 janvier 2025, sous la présidence du Procureur, le Magistrat Colonel Soumaïla Bagayogo. Cette session a inscrit au rôle deux affaires majeures, impliquant un total de 11 prévenus, dont des militaires de divers grades et des civils.
La première concerne un trafic et une vente illégale d’armes, de munitions de guerre et d’effets militaires, impliquant un officier supérieur, un adjudant-chef major, un adjudant-chef, un sergent-chef, un sergent, deux caporaux et deux civils, qui sont accusés de trafic d’armes, de complicité et de violation des consignes militaires. La deuxième affaire porte sur la détention et la consommation de stupéfiants, avec des accusations de complicité et de violation des consignes générales militaires. Elle implique deux soldats de 1ère classe et un civil.
Le Procureur, le Magistrat Colonel Soumaïla Bagayogo, a souligné que ces affaires avaient été renvoyées de l’audience précédente, après plusieurs reports. Il a également précisé que, selon le code de la Justice militaire en vigueur, ces infractions peuvent être qualifiées de criminelles, avec des peines allant de 5 à 10 ans, voire plus, ou de délits, avec des peines de 1 à 5 ans maximum. Le Procureur a exhorté les militaires à faire preuve de vigilance et de patriotisme, rappelant que des armes tombant entre de mauvaises mains peuvent être fatales pour la sécurité de la population.
Cette audience s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’impunité et la préservation des droits de l’Homme, témoignant de la fonctionnalité des tribunaux militaires qui ont déjà jugé plusieurs affaires concernant des militaires. Le Tribunal est composé de cinq magistrats, dont un conseiller de la Cour d’appel de la localité et quatre juges militaires, assistés d’un greffier et d’un représentant du ministère public, partie poursuivante.
LE BURKINA FASO APPELLE A POURSUIVRE LE COMBAT CONTRE LES DESTABILISATEURS DE L’AES
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé mardi les populations des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) à maintenir une vigilance citoyenne pour contrer les actions de déstabilisation orchestrées par l'impérialisme.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé mardi les populations des pays de l'Alliance des États du Sahel (AES) à maintenir une vigilance citoyenne pour contrer les actions de déstabilisation orchestrées par l'impérialisme.
« Restons vigilants, car les impérialistes et leurs institutions fantoches ne baisseront jamais les bras », a prévenu le chef du gouvernement burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Il s'adressait aux mouvements de veille citoyenne et aux manifestants mobilisés pour soutenir la sortie officielle de l'AES de la CEDEAO, mardi 28 janvier 2025, à la Place de la Nation de Ouagadougou.
« La liberté ne s'octroie pas, elle s'arrache au prix de la sueur et du sang, et c'est ce à quoi notre hymne national nous a toujours invités », a-t-il indiqué.
« Nous allons mener ce combat et le gagner ensemble pour que nos enfants et petits-enfants vivent dans un espace AES libre et prospère, avec de nouveaux horizons », a martelé Emmanuel Ouédraogo.
Rapportant les propos du capitaine Thomas Sankara, le Premier ministre a précisé que la rupture avec l'impérialisme ne se fera pas de manière tendre.
« Cette rupture se fait à coups de hache, et ce coup sec a été porté il y a un an par les trois grands leaders historiques (Ibrahim Traoré, Abdourahamane Tiani et Assimi Goïta) », a-t-il rappelé.
Il a également salué la forte mobilisation de la population à ce meeting de soutien aux autorités de l'AES.
Concernant la sortie du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cedeao, le chef du gouvernement burkinabè a souligné le caractère irréversible de cette décision, ajoutant que cette institution sous-régionale appartient désormais au passé des peuples du Sahel.