LE GOUVERNEMENT ADOPTE UN PROJET DE DÉCRET D’APPLICATION DE LA LOI RÉGISSANT LES START-UPS
Cette loi du 6 janvier 2020 relative à la création et à la promotion des start-ups au Sénégal marque une étape importante pour soutenir l'écosystème entrepreneurial.
Le gouvernement annonce avoir adopté, lors de son Conseil des ministres de ce mercredi, un projet de décret portant application d’une loi du 6 janvier 2020 relative à la création et à la promotion de la start-up au Sénégal.
Le communiqué du Conseil des ministres, qui donne cette information, annonce aussi que le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires a informé ses collègues du niveau d’avancement du projet visant à créer huit pôles territoriaux dans le pays.
Le gouvernement va ‘’activer’’ cette année les huit pôles économiques prévus dans son programme national de développement, a assuré le président de la République, lundi 23 janvier, à Diamniadio (ouest).
Ces pôles seront les ‘’assises stratégiques de la territorialisation des politiques publiques’’, avait-il précisé en présidant la conférence des administrateurs et managers publics.
‘’Le Premier ministre a informé le Conseil de la poursuite des travaux de mise en œuvre opérationnelle de l’agenda ‘Sénégal 2050’ en mettant l’accent sur l’affinement de la liste des projets, programmes et réformes prioritaires à soumettre [au] président de la République, au plus tard à la mi-février 2025’’, lit-on également dans le communiqué publié par le gouvernement après sa réunion hebdomadaire.
L'ÉTAT LANCE UNE ÉVALUATION NATIONALE DE L'IMPACT DE L'EXPLOITATION MINIÈRE
L’exploitation minière dans certaines zones du pays ne contribue pas au développement local et ne profite pas aux populations. Le président de la République a donc décidé d’évaluer l'impact de cette exploitation sur ces localités.
L’exploitation des ressources minières dans plusieurs zones du pays ne joue pas un rôle significatif dans le développement territorial et n’apporte pas les bénéfices escomptés aux populations locales. Dans ce contexte, la situation des habitants vivant dans les zones minières est devenue une priorité pour l’État. Pour y remédier, le Président de la République a pris la décision de mener une évaluation exhaustive de l’impact de l’exploitation minière sur le développement des localités concernées, en tenant compte des dimensions économiques, sociales et environnementales.
Afin d’assurer la mise en œuvre effective de cette évaluation, le Président de la République a demandé aux ministres des Mines, des Collectivités territoriales, des Finances, de l’Économie et de l’Environnement de procéder à cette analyse sous la supervision directe du Premier Ministre. L’objectif est de disposer d’un rapport complet et précis qui permettra d’identifier les failles du système actuel et de proposer des solutions pour améliorer les conditions de vie des populations locales.
Dans le cadre de cette évaluation, le Président a souligné l’urgence de faire le point sur le Fonds d’Appui au Développement des Collectivités Territoriales (FADCT), qui est censé soutenir le développement des zones minières. Ce fonds doit permettre un réinvestissement des ressources générées par l’exploitation des ressources naturelles dans les infrastructures sociales de base, telles que les écoles, les hôpitaux et les réseaux d’eau potable. Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de garantir que ce fonds soit alimenté de manière régulière et qu’il soit utilisé efficacement pour améliorer la vie des populations locales.
Le Président a également mis en exergue la nécessité d’accélérer les investissements en infrastructures sociales de base dans les zones minières. Ces investissements doivent respecter les prescriptions du Code minier, qui stipule que les entreprises minières doivent contribuer au développement des communautés locales. Le Chef de l’État a ainsi insisté sur l’importance de veiller à ce que les communautés locales bénéficient concrètement des retombées économiques de l’exploitation minière, et que cette dernière se fasse dans le respect des normes sociales et environnementales.
À travers cette évaluation nationale, le Président de la République entend redresser les inégalités observées dans les zones minières et s’assurer que l’exploitation des ressources naturelles participe réellement au développement territorial. Il a appelé à une gestion plus transparente des ressources minières, avec une plus grande responsabilité des acteurs privés, pour que les populations locales puissent profiter des bénéfices de l’exploitation minière tout en préservant leur environnement et en améliorant leurs conditions de vie.
PAR MALICK CISS
DIVORCE CEDEAO-AES : ET APRÈS ?
"Si les régimes militaires sont restés constants dans leur perception négative de la Cedeao, l’inverse n’est pas évident."
Les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (Aes, composée du Mali, du Burkina et du Niger) quittent officiellement la Cedeao aujourd’hui, 29 janvier, un an après avoir annoncé leur intention « irréversible » de partir.
A moins que la période transitoire qui court jusqu’en juillet prochain ne produise un miracle, l’Afrique de l’Ouest se retrouve avec deux entités étatiques qui ont les mêmes ambitions, à y regarder de près et qui pourraient être des concurrents ou des partenaires. Au vu des derniers développements de l’actualité sous-régionale, on a du mal à imaginer clairement le type de rapports qui devraient exister entre ces deux voisins condamnés par la géographie, l’histoire, l’économie et la culture à interagir.
Si les régimes militaires sont restés constants dans leur perception négative de la Cedeao, l’inverse n’est pas évident. On assiste à des signes de rapprochement entre les trois pays et le Togo, dont le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey n’a pas exclu l’éventualité de voir son pays rejoindre le contingent de l’Aes. Courant janvier toujours, le Ghana nommait un envoyé spécial auprès de l’Aes, marquant un tournant dans ses relations avec les juntes militaires. L’Aes rêve de débaucher dans les rangs de la Cedeao de nouveaux membres avec lesquels elle partage les mêmes défis (péril jihadiste, criminalité transfrontalière) et la même perception de certains principes telles que le souverainisme.
L’invite du Premier ministre du Niger, Ali Mahaman Lamine Ziene, en mai dernier, à rejoindre l’Alliance sur la base d’une « culture de la souveraineté et de la dignité » est loin d’être une provocation anodine. D’autant plus qu’on constate une « offre » de la Confédération des Etats du Sahel qui s’aligne de plus en plus sur celle de la Cedeao. Les trois pays comptent se doter d’institutions financières pour assouvir leurs ambitions d’intégration économique (projet de banque d’investissement et de fonds de stabilisation pour soutenir ses projets structurants). Ils annoncent ou lancent des symboles de souveraineté, notamment le projet de monnaie commune remplaçant le franc Cfa, et la mise en circulation d’un passeport commun, à partir de ce 29 janvier (qui coïncide avec l’officialisation de la rupture avec la Cedeao).
D’autre part, l’Aes redessine les flux commerciaux dans la sous-région en fonction de la qualité des relations avec les voisins. Ainsi, les ports de Cotonou et d’Abidjan subissent les contrecoups de la détérioration des relations diplomatiques entre le Niger et le Bénin et entre la Côte d’Ivoire et les trois Etats. Cotonou a perdu 20 à 30% de volumes à l’importation et 10 à 15% de son chiffre d’affaires, au profit de celui de de Lomé (Togo), et Abidjan a vu son fret baisser au premier trimestre 2024. On constate donc que l’Aes a posé beaucoup d’actes en un an. Quant à la Cedeao, la question est de savoir si elle va appliquer dans toute leur rigueur ses textes en cas de départ d’un pays membres (fin des projets et programmes et pertes d’avantages sur les plans institutionnel, politique, financier, socioéconomique).
Dans ce cas, l’organisation parviendra-t-elle à parler d’une seule voix, au vu des intérêts qui pourraient diverger ? Par exemple un pays qui tire profit de cette redéfinition des flux commerciaux, sacrifiera-t-il ses intérêts au profit de l’organisation ? Les sanctions de la Cedeao avaient éprouvé les entrepreneurs sénégalais qui ne pouvaient plus exporter vers le Mali. Souffrant déjà des divisions entre francophones et anglophones, l’organisation pourrait se retrouver dans une position délicate mettant face à face un ou des pays favorables à l’Aes proche de la Russie et les partisans de la ligne dure, dépeints comme favorables à l’Occident. Saura-t-elle tirer les leçons de ses échecs passés pour éviter d’autres départs ?
La crise avec l’Aes a fini de montrer que, en s’érigeant en vigie de la démocratie, de l’Etat de droit et de la gouvernance (condamnation des coups d’Etat, limitation du nombre de mandats présidentiels), la Cedeao peut être vue comme une entrave face à des régimes décidés à passer outre ses garde-fous (troisième mandat, violation des droits de l’homme etc.). Aujourd’hui, c’est un impératif pour elle de revoir son mode de fonctionnement pour devenir pleinement une Cedeao des peuples, afin de « repartir sur des bases nouvelles qui nous évitent la situation que nous traversons aujourd’hui » comme le dit le président Bassirou Diomaye Faye lors de sa visite à Bamako en mai 2024.
PAR Ndongo Samba Sylla & Jomo Kwame Sundaram
UN PRIVILÈGE EXORBITANT POUR TOUS ?
EXCLUSIF SENEPLUS - La fin de la domination du dollar américain ne suffira pas à mettre fin à l'impérialisme monétaire. Le développement durable du Sud exige de repenser la compensation des paiements internationaux
La fin de la domination du dollar américain ne suffira pas à mettre fin à l'impérialisme monétaire. Seules de meilleures dispositions multilatérales pour la compensation des paiements internationaux peuvent répondre aux aspirations des pays du Sud en matière de développement durable.
De Gaulle contre le dollar américain
Les défis lancés à l'hégémonie du dollar américain n'ont pas commencé avec les BRICS. Le président français Charles de Gaulle s'est illustré par sa posture de dissident dans les années 1960.
Valéry Giscard d'Estaing, son ministre des Finances et des Affaires Économiques entre 1962 et 1966, a inventé l'expression « privilège exorbitant » pour se plaindre de la domination du dollar américain.
Le statut du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale permet aux États-Unis d'acheter à crédit les biens, les services et les actifs étrangers. Cela leur donne également la possibilité de dépenser beaucoup plus pour les bases militaires et les guerres à l'étranger.
Ce privilège autorise de telles extravagances avec des effets négatifs limités sur la balance des paiements et le taux de change du dollar. L'économiste français Jacques Rueff observait que les États-Unis pouvaient ainsi maintenir des déficits extérieurs « sans larmes ».
De Gaulle exigeait de la Réserve fédérale américaine qu'elle convertît les « eurodollars » excédentaires de la France en or monétaire. Le défi français allait faire éclater le bluff des États-Unis, les obligeant à mettre fin en 1971 à la convertibilité dollar-or qui était au cœur des accords de Bretton Woods de 1944.
Pour renforcer son statut économique dans un système dominé par le dollar, la France d'après-guerre a imposé un dispositif monétaire à la plupart de ses anciennes colonies africaines, lui conférant un privilège néocolonial similaire à celui des États-Unis à l’échelle mondiale.
Avec la zone franc CFA, la France a bénéficié de deux avantages. Premièrement, elle n'avait pas besoin de détenir des dollars pour acheter des biens et des services dans les territoires qu'elle dominait. Deuxièmement, elle dispose d'un contrôle discrétionnaire sur les revenus en dollars de la zone.
Le remplacement du franc français par l'euro en 1999 n'a pas mis fin à cet impérialisme monétaire. Aujourd'hui, 14 pays d'Afrique subsaharienne comptant plus de 200 millions d'habitants utilisent encore le franc CFA.
Créé en 1945, ce dispositif monétaire a permis d'utiliser les colonies pour accélérer la reconstruction de l'économie française d'après-guerre. Il demeure encore sous la tutelle légale du Trésor français.
Le fait que la France tire profit de ses relations monétaires avec ses anciennes colonies implique que les rivaux des États-Unis pourraient également en faire de même s'ils parviennent à saper la domination du dollar sans renverser l'impérialisme monétaire.
De la dédollarisation
Le terme de dédollarisation fait actuellement référence au développement d'initiatives alternatives de paiements bilatéraux et plurilatéraux réduisant le rôle du dollar et des arrangements financiers basés sur le dollar dans le règlement des transactions économiques internationales et la gestion des réserves de change.
Ce phénomène s'est accentué. En 2022, le commerce international était estimé à 46 000 milliards de dollars, dont plus de la moitié était facturée dans des monnaies autres que le dollar américain. De plus en plus de pays commercent entre eux et règlent leurs transactions dans des monnaies autres que le billet vert.
Bien que cette tendance ait érodé la part du dollar dans le total des réserves officielles de change, le temps est encore loin où le dollar sera détrôné en tant que monnaie de réserve mondiale.
En effet, le commerce international n'est que la partie émergée de l'iceberg des transactions financières internationales, qui restent principalement libellées en dollars américains.
La remise en cause actuelle de l'hégémonie du dollar a beaucoup à voir avec les sanctions financières unilatérales prises par les États-Unis et leurs alliés, principalement européens, à l'encontre de plusieurs pays, dont la Russie, l'Iran et le Venezuela.
Ces pays ont été exclus du système de messagerie SWIFT et/ou ont vu leurs avoirs à l'étranger, en particulier leurs réserves en dollars, en euros ou en or, confisqués unilatéralement sous divers prétextes.
Face à ces sanctions, de plus en plus de pays souhaitent développer des systèmes de paiements alternatifs, réduire leurs réserves en dollars et en euros et trouver des moyens plus sûrs de sauvegarder leurs excédents extérieurs.
Un récent rapport du gouvernement russe pour les BRICS a critiqué l’instrumentalisation par l'Occident du système international des paiements. Il appelle à la mise en place d'un système monétaire et financier international conforme aux principes de sécurité, d'indépendance, d'inclusion et de durabilité.
Les pays riches en ressources et disposant d'importants surplus extérieurs sont à juste titre préoccupés par cette menace. Mais le rapport n'aborde pas les problèmes et les besoins des pays déficitaires qui constituent la grande partie de ceux du Sud.
Union internationale de compensation
L'un des problèmes fondamentaux du système monétaire et financier international actuel est qu'une monnaie nationale - le dollar américain – joue le rôle d'actif de réserve pour le reste du monde.
Cette situation oblige la plupart des pays, en particulier ceux du Sud, à accumuler des dollars américains pour honorer leurs obligations extérieures. Parce qu’ils peinent à en obtenir suffisamment, ces pays sont particulièrement vulnérables aux crises de dette extérieure.
Leurs problèmes ne seront pas résolus si la domination du dollar américain recule et si son privilège doit être partagé avec d'autres monnaies de réserve internationales.
Un système monétaire et financier international équitable et favorable au développement durable devrait éliminer l'obligation d'accumuler des réserves de change, par exemple en permettant à chaque pays de payer ses importations dans sa monnaie, ce qui est techniquement possible.
Avec une Union internationale de compensation, Ernst Friedrich Schumacher notait que « chaque monnaie nationale [deviendrait] une monnaie mondiale, ce qui [rendrait] inutile la création d'une nouvelle monnaie mondiale ».
Cette proposition permettrait de résoudre les crises financières, d’endettement et climatiques auxquelles le Sud est confronté. Cependant, depuis 1944, aucun effort n'a été renouvelé pour obtenir le consensus multilatéral nécessaire à une telle transformation.
Ndongo Samba Sylla est Économiste sénégalais, Directeur Afrique de l’International Development Economics Associates (IDEAs)
Jomo Kwame Sundaram est Économiste malaysien, ancien professeur d'économie, a été sous-secrétaire général des Nations unies pour le développement économique et a reçu le prix Wassily Leontief pour avoir fait avancer les frontières de la pensée économique.
Cet article a été traduit de l’anglais à partir de l’original paru dans Inter Press Service News Agency.
À GOMA, LA DIPLOMATIE DANS L'IMPASSE
René Lake dévoile sur VOA Afrique, les mécanismes d'un conflit en RDC où la dimension identitaire se mêle aux enjeux économiques. Selon lui, l'intervention de Marco Rubio pourrait marquer un tournant pour l'implication américaine dans la région
La situation à Goma, grande ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), semble irréversible ce mercredi 29 janvier 2025. Le mouvement rebelle M23, soutenu par l’armée rwandaise, contrôle désormais la quasi-totalité du centre et des faubourgs de la ville. Cette crise, qui s’est étendue à Kinshasa où plusieurs ambassades ont été attaquées, soulève des questions cruciales sur les perspectives de sa résolution.
Interrogé par VOA Afrique sur la possibilité d’une solution diplomatique, René Lake, analyste politique, a exprimé ses doutes. « Il est très difficile de répondre à cette question avec certitude* », a-t-il déclaré, soulignant le refus catégorique du gouvernement congolais de dialoguer avec le M23, qu’il considère comme un groupe terroriste. En revanche, le Rwanda insiste pour que le M23 soit inclus dans les négociations, une demande rejetée par Kinshasa.
L'invité de VOA Afrique a évoqué le processus de Luanda, initié il y a deux ans, comme le cadre de négociations le plus abouti jusqu’à présent. Comme le rappelle René Lake, ce processus, qui avait réuni les présidents congolais, rwandais, angolais et burundais, avait abouti à un communiqué final appelant à un cessez-le-feu, au retrait du M23 et à la poursuite du dialogue politique.
Cependant, les récentes tensions et le refus du président congolais Félix Tshisekedi de participer à une réunion de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (CAE) convoquée par le Kenya ont jeté un froid sur les efforts régionaux. « C'est malheureux que cette réunion n'ait pas pu se tenir au Kenya, en tout cas avec la participation des principaux acteurs, le président Kagame et le président Tshisekedi », a regretté Lake.
Lake a également souligné les dimensions politiques et économiques du conflit. Il a évoqué les accusations de « haine anti-tutsi » en RDC, un sentiment qui alimente les tensions identitaires. « Les Congolais très clairement ont indiqué qu'il s'agit d'intérêts économiques et financiers, notamment dans l'exploitation des mines, qui poussent le Rwanda à maintenir cette instabilité au Congo parce que cela leur profite économiquement », a déclaré Lake.
La réaction du département d’État américain, marquée par l’intervention du sénateur Marco Rubio, a suscité des interrogations. « L'intervention directe de Marco Rubio qui a appelé Kagame, son implication plus importante me semble indiquer qu'il se pourrait que l'administration Trump soit plus engagée dans l'espace africain et dans ce conflit en particulier », décrypte René Lake.
Cette implication accrue des États-Unis pourrait marquer un tournant dans la gestion internationale de la crise. « On ne sait pas encore si cela est dû à un ajustement de la politique étrangère américaine de Trump ou à la personnalité de Marco Rubio, qui est un spécialiste des relations internationales et qui s'intéresse à l'Afrique », a-t-il conclu.
SAHAD SARR FINALISTE DU PRIX DÉCOUVERTES RFI 2025
Les votes du public sont ouverts jusqu'au 16 février sur le site de RFI Musique, et le lauréat sera annoncé le 18 février. Le Sénégal n'a pas remporté ce prix depuis 2014 avec Marema Fall et son titre "Femmes d’affaires"
L'artiste sénégalais Sahad Sarr figure parmi les dix finalistes du Prix Découvertes RFI 2025, aux côtés de talents africains et de la diaspora. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 16 février sur le site de RFI Musique, et le lauréat sera annoncé le 18 février. Le Sénégal n'a pas remporté ce prix depuis 2014 avec Marema Fall et son titre "Femmes d’affaires".
L'artiste sénégalais Sahad Sarr figure parmi les dix finalistes du Prix Découvertes RFI 2025, aux côtés de talents africains et de la diaspora. Les votes du public sont ouverts jusqu'au 16 février sur le site de RFI Musique, et le lauréat sera annoncé le 18 février. Le Sénégal n'a pas remporté ce prix depuis 2014 avec Marema Fall et son titre "Femmes d’affaires".
Le Sénégal est à nouveau à l'honneur sur la scène musicale internationale. L'artiste Sahad Sarr a été sélectionné parmi les dix finalistes du prestigieux Prix Découvertes RFI 2025, une compétition qui met en lumière les talents émergents du continent africain et de sa diaspora. La liste des finalistes, dévoilée mardi, comprend également Queen Rima de Guinée, Joyce Babatunde du Cameroun, Grégory Laforest d’Haïti et Boukuru du Rwanda.
Les votes du public sont ouverts jusqu'au 16 février sur le site de RFI Musique, offrant ainsi l'opportunité aux fans de soutenir leur artiste préféré. Le lauréat sera connu le 18 février prochain.
Sahad Sarr n'est pas étranger aux distinctions. En 2024, il a été lauréat de l'AFIELD Fellowship, récompensant son impact significatif dans le secteur culturel grâce à son label Stereo Africa 432.
Le Sénégal a une histoire notable avec le Prix Découvertes RFI. Plusieurs artistes sénégalais ont été lauréats, notamment Didier Awadi, Abdou Guité Seck, Marema et Naby.
Cependant, depuis la victoire de Marema Fall en 2014 avec son titre "Femmes d’affaires", le pays n'a pas remporté ce concours. La sélection de Sahad Sarr ravive l'espoir de voir le Sénégal à nouveau distingué sur la scène musicale internationale.
LE COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU MERCREDI 29 JANVIER
le Président de la République a demandé au Gouvernement de définir avec les acteurs territoriaux un mécanisme consensuel d’amélioration des relations entre les sociétés minières et les populations à travers la préservation de l’environnement.
Dakar, 29 jan (APS) – Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 29 janvier 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au Palais de la République.
A l’entame de sa communication, le Président de la République a évoqué la commémoration de la 145ème édition de l’Appel de Seydina Limamou Laye Al Mahdi les 30 et 31 janvier 2025. Il a adressé ses chaleureuses félicitations au Khalif général des « Layènes », Serigne Mouhamadou Makhtar Laye et aux fidèles pour leur mobilisation et leurs prières pour un Sénégal de paix, de stabilité et de progrès dans la solidarité. Il a demandé au Gouvernement de veiller, en étroite collaboration avec les organisateurs, au bon déroulement des manifestations religieuses relatives à l’Appel dans les localités et sites concernés (Yoff, Cambérène, Ngor).
Dans le même ordre d’idées, le Chef de l’Etat a indiqué au Gouvernement la nécessité d’accompagner la bonne organisation du Magal de Porokhane, prévu le 06 février 2025, et de veiller au renforcement des dispositifs de prévention et de sécurité routières. Par ailleurs, il s’est incliné devant la mémoire des victimes de l’accident survenu le mardi 28 janvier 2025 sur la route nationale (axe Bambey- Khombole). Il a présenté ses condoléances aux familles éplorées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.
Le Président de la République est revenu sur la gestion préventive des approvisionnements du pays et de la stabilité des prix des produits de consommation courante dans le contexte des débuts prochains du Ramadan et du Carême. Ces deux événements sont des périodes particulières de grande ferveur religieuse. Ce sont aussi des moments de forte consommation de denrées et de produits de première nécessité (riz, sucre, huile, lait, farine, pain, etc.). Dans ce contexte spécial, il a demandé au Ministre de l’Industrie et du Commerce de lutter contre toute rétention des stocks et spéculation sur les prix des produits et de mobiliser tous les moyens nécessaires à l’approvisionnement suffisant et correct des marchés en denrées et produits de consommation courante selon les prix fixés des produits homologués. Il a invité le Ministre de l’Industrie et du Commerce et le Secrétaire d’Etat aux PME / PMI à intensifier la promotion du « consommer local » avec l’implication significative des industries alimentaires et l’accélération de l’exécution des projets et initiatives de transformation, in situ, de la production nationale. Pour clore ce chapitre, le Chef de l’Etat a rappelé au Gouvernement l’urgence de restructurer les systèmes d’approvisionnement du pays en produits alimentaires et en hydrocarbures tout en tenant compte notamment du statut récent de pays producteur de pétrole et de gaz du Sénégal.
L’exploitation des ressources minières dans plusieurs localités du pays ne participe pas activement au développement territorial et ne profite pas aux populations locales. C’est dire que la prise en compte par l’Etat de la situation des populations vivant dans les zones minières devient une priorité nationale. Voilà pourquoi le Président de la République a demandé aux Ministres en charge des Mines, des Collectivités territoriales, des Finances, de l’Economie et de l’Environnement de procéder, sous la supervision du Premier Ministre, à l’évaluation nationale de l’impact économique, social et environnemental de l’exploitation minière sur le développement des localités polarisées. Il a indiqué l’urgence de faire le point sur le Fonds d’Appui au Développement des Collectivités territoriales et les investissements en infrastructures sociales de base issus des prescriptions du Code minier.
Par ailleurs, le Président de la République a demandé au Gouvernement de définir avec les acteurs territoriaux un mécanisme consensuel d’amélioration des relations entre les sociétés minières et les populations à travers la préservation de l’environnement et du cadre de vie, la promotion des emplois locaux et un meilleur encadrement de la Responsabilité sociétale d’Entreprise (RSE). Dans le cadre de la consolidation de la transparence dans le secteur minier, il a indiqué au Premier Ministre la nécessité d’évaluer l’action combinée voire complémentaire de la Société des Mines de fer du Sénégal oriental (MIFERSO) et de la Société des Mines du Sénégal (SOMISEN). En outre, il a demandé au Gouvernement d’œuvrer, dans le cadre de la souveraineté sur nos ressources, à la mise en place du Comptoir commercial national de l’Or et satisfaire la forte requête de nos bijoutiers.
Les compétitions « Navétanes » sont une des sources majeures de trouble à l’ordre public provoquant des incidents violents et tragiques dans plusieurs localités du Sénégal. A ce sujet, le Chef de l’Etat a demandé au Ministre chargé des Sports d’engager des concertations avec toutes les parties prenantes en vue d’une maitrise du calendrier des compétitions et surtout de procéder à la réforme du Mouvement « Navétanes » afin de l’ancrer dans le développement du civisme et la promotion d’une citoyenneté constructive.
Le Premier Ministre a informé le Conseil de la poursuite des travaux de mise en œuvre opérationnelle de l’Agenda Sénégal 2050, en mettant l’accent sur l’affinement de la liste des projets, programmes et réformes prioritaires à soumettre à la validation de Monsieur le Président de la République au plus tard à la mi-février 2025.
Le Premier Ministre a ensuite fait part au Conseil de la formalisation, au travers d’un arrêté en date de ce jour, de la directive de Monsieur Président de la République relative au suivi, sous sa direction, de la coopération entre le Sénégal et les pays et structures du Proche et Moyen Orient et du reste de l’Asie. Cette coopération concerne actuellement environ deux cents (200) partenariats ou projets de partenariats dans divers domaines, avec une quinzaine de pays et d’institutions financières. Ainsi, une task force réunissant un certain nombre de ministères, l’APIX et le FONSIS, a été mise en place. Elle est notamment chargée d’évaluer les partenariats en cours, d’analyser les dossiers soumis au Premier Ministre relatifs aux intentions de partenariat avec ces pays et d’identifier les opportunités d’investissements directs étrangers ou de portefeuille au Sénégal en provenance de ces pays.
Enfin, le Premier Ministre a souligné l’urgence attachée, d’une part, à la ferme prise en charge du pré-archivage et du reversement de fonds documentaires aux Archives nationales, par les ministères et les structures qui leur sont rattachées et, d’autre part, à la construction d’une Maison des Archives moderne. Aussi, envisage-t-il de mettre en place un comité interministériel sur la gouvernance des archives, chargé de superviser la reconstitution, suivant les normes établies, du pré-archivage dans les ministères et structures ainsi que de coordonner l’élaboration d’une stratégie nationale de gestion des archives.
AU TITRE DES COMMUNICATIONS DES MINISTRES :
Le Ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des Territoires a fait le point sur la mise en œuvre opérationnelle des pôles territoires.
AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES,
Le Conseil a examiné et adopté :
Le Projet de décret portant application de la loi n° 2020-01 du 06 janvier 2020 relative à la création et à la promotion de la startup au Sénégal.
Le Ministre de la Formation professionnelle et technique, Porte-parole du Gouvernement
Amadou Moustapha Njekk SARRE
par Alain Foka
MERCI EMMANUEL MACRON
C'est vrai que nous avons été ingrats, ingrats de n'avoir pas dit merci pour tous ces siècles d'esclavage. Figurez-vous que nous étions persuadés que ce sont les autres qui nous demanderaient pardon
Les récentes déclarations d'Emmanuel Macron sur l'ingratitude présumée des Africains continuent de faire réagir. Dans une analyse cinglante, le journaliste Alain Foka répond au président français, rappelant le lourd passif historique entre la France et l'Afrique.
Lors de la conférence annuelle des ambassadeurs à l'Élysée, Emmanuel Macron a défendu avec vigueur la position française en Afrique. "La France n'est pas en recul en Afrique, elle est simplement lucide, elle se réorganise", a-t-il déclaré, avant d'ajouter sur un ton amer : "On a oublié de nous dire merci, c'est pas grave, ça viendra avec le temps. L'ingratitude est une maladie non transmissible à l'homme."
En réponse à ces propos, Alain Foka développe une analyse historique implacable, remontant aux origines des relations franco-africaines. Le journaliste rappelle notamment qu'"après l'abolition de l'esclavage en 1848, la France a choisi d'indemniser les propriétaires d'esclaves", leur accordant "126 millions de francs or aux 10 000 propriétaires d'esclaves, soit 1,3% du revenu national d'alors, l'équivalent de 27 milliards d'euros d'aujourd'hui."
Quand Emmanuel Macron évoque les récents engagements militaires français contre le terrorisme, justifiant les retraits par les coups d'État, Foka répond par une longue énumération historique : "Merci pour cette mission civilisatrice qui nous a débarrassé de nos traditions, de nos croyances, de notre identité, de nos religions [...] Merci pour le partage à Berlin en 1885, de notre continent."
Le journaliste pointe également du doigt le silence des entreprises françaises sur leur passé lié à l'esclavage, contrairement à leurs homologues britanniques. "Un sujet tabou en France", note-t-il, alors qu'au Royaume-Uni, plusieurs institutions financières majeures ont reconnu leurs liens historiques avec la traite négrière.