SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
30 août 2025
PAR ABDOULAYE WADE
LE PRÉSIDENT ISSU DE LA PRÉSIDENTIELLE NE SERA PAS RECONNU
Je ne voterai pas et je demande aux militants de notre parti, aux sympathisants de ne pas participer à ce simulacre - Je demande au candidat du PDS, Karim Wade de continuer le combat
L’élection du 24 février 2019 est assurément une mascarade électorale. Elle est planifiée de longue date par Macky Sall qui, pour obtenir sa réélection, a modifié la constitution, la loi électorale, condamné, emprisonné et exilé des leaders politiques qui pouvaient valablement lui faire face et le battre dans une élection digne de ce nom. Le parrainage que Macky Sall a introduit dans le processus électoral apparait maintenant aux yeux de tous comme une opération machiavélique pour choisir les candidats qu’il pourrait accepter dans une élection qu’il a déjà gagnée.
J‘avais, dès mon retour à Dakar, demandé aux sénégalais de s’opposer à la tenue de cette élection. J’ai parcouru le pays et partout les sénégalais, mobilisés comme jamais, m’ont montré leur affection et leur détermination à combattre Macky Sall.
J’ai fait la concession, à la suite de la demande pressante de chefs religieux et de chefs d’Etats voisins, d’opposer une résistance, somme toute ferme mais pacifique, à ce qui apparait comme une élection truquée dès le départ. Mais personne ne doit douter que lorsque tous les sénégalais comprendront que cette élection mascarade n’est qu’une énorme farce de mauvais goût de Macky Sall pour organiser sa réélection, le peuple souverain se dressera pour organiser une véritable élection présidentielle.
Je rappelle que depuis deux ans déjà, le PDS et ses alliés avaient exprimé dans un livre blanc portant sur le bilan des élections législatives de juillet 2017, en décidant de ne plus participer « …à l’avenir à aucune élection ou consultation (…) organisée et supervisée par un gouvernement de Macky Sall ; à tout le moins, (ils s’opposeront) par tous les moyens à toute tentative de Macky Sall d’organiser sur le territoire national une semblable mascarade ».
Cet engagement du PDS et ses alliés a été repris par toute l’opposition regroupée au sein du Front de Résistance Nationale et du C25 qui s’est engagée non seulement à s’opposer à tout scrutin organisée par un ministre de l’Intérieur partisan, mais aussi à mettre en place dans tous les quartiers et villages des comités de résistance populaire chargés de défendre la démocratie et la liberté du citoyen de choisir ses représentants à l’issue de scrutins transparents.
Le PDS n’a pas changé d’options et reste fidèle à une position qu’il s’est évertué à expliquer et faire partager par le plus grand nombre.
Aujourd’hui, personne ne doute qu’un scrutin organisé par le gouvernement de Macky Sall, qui s’est évertué à en exclure 22 des 27 candidats sélectionnés, manque totalement de sérieux tant les manquements et violations des droits et libertés sont manifestes.
Notre candidat, Karim Wade librement choisi à l’issue d’un congrès a été empêché par Macky Sall de se présenter au scrutin de ce dimanche 24 février alors qu’il a gagné toutes ses procédures à l’international. Nous attendons avec confiance et sérénité le délibéré de la Cour de Justice de la CEDEAO.
Le PDS n’a pas changé d’option et il ne saurait accorder quelque crédit à un scrutin organisé dans ces conditions et ne se rendra pas complice d’un viol du suffrage des citoyens dont le « président » qui en sera issu n’aura assurément aucune légitimité et ne pourra jamais être reconnu. Il lance un appel solennel pour arrêter un processus qui ne peut que mener le Sénégal vers le chaos.
Il est encore temps d’entreprendre de larges consultations pour réinstaurer la nécessaire confiance préalable à l’organisation d’une élection ouverte, juste, transparente et incontestable susceptible de permettre aux citoyens d’exprimer librement leurs choix.
Dans ces conditions, il va de soi que je ne voterai pas le 24 février 2019 et je demande aux militantes et militants de notre parti, aux sympathisants, de ne pas participer à ce simulacre d’élection. Je peux comprendre tous ceux qui parmi nous pensent qu’ils pourront défaire Macky Sall en soutenant un des candidats de l’opposition (Idrissa Seck, Ousmane Sonko ou Issa Sall), même si ce n’est pas la position du parti. Nous nous retrouverons après l’élection pour en faire le bilan et mieux armer notre parti.
Avec le parti, je demande au candidat du PDS, Karim Wade librement choisi à l’issue d’un congrès de continuer le combat, avec les militants, les sympathisants et les mouvements de soutien pour le report du scrutin de dimanche prochain et qu’il soit rétabli dans ses droits pour participer à l’élection présidentielle et se faire élire si les citoyens lui accordent leur confiance.
SONKO VEUT RENFORCER LA FORMATION DES FORCES DE L’ORDRE
Le candidat de la coalition "Sonko Président’’, Ousmane Sonko, a promis, jeudi, à Dakar, de renforcer la formation des forces de l’ordre en vue de mettre fin aux bavures dans l’espace universitaire
Dakar, 21 fév (APS) - Le candidat de la coalition "Sonko Président’’, Ousmane Sonko, a promis, jeudi, à Dakar, de renforcer la formation des forces de l’ordre en vue de mettre fin aux bavures dans l’espace universitaire.
’’En effet, il arrive souvent que les forces de l’ordre dévoilent leur manque de formation. Cette formation est donc à renforcer’’, a notamment souligné M. Sonko lors de son audition par le mouvement citoyen ’’Y en a marre’’ dans le cadre de son initiative ’’Wallu Askan Wi, la part de la population’’.
L’objectif de cette initaive est de permettre aux candidats de répondre aux préoccupations des citoyens en rapport avec leur projet de société.
Plusieurs préoccupations ont été soulevées au cours de cette audition, portant notamment sur les personnes à mobilité réduite, les franchises universitaires, la pêche, etc.
Concernant la question relative aux franchises universitaires, Ousmane Sonko a indiqué que, s’il est élu à la magistrature suprême, l’intervention des forces de l’ordre dans l’espace universitaire sera mieux encadrée et ne se fera qu’en "cas de nécessité et avec le respect des conditions minimales d’engagement".
Pour lui, les forces de l’ordre doivent comprendre que les citoyens ne sont ni leurs ennemis ni leurs adversaires. ’’Raison pour laquelle, il est important de renforcer leur formation’’, a-t-il justifié.
Selon Ousmane Sonko, ’’plutôt que de dépenser des milliards sur des chanteurs ou des choses inutiles, il vaut mieux prendre en compte les problèmes de l’étudiant du 21ème siècle’’.
Evoquant la question des personnes à mobilité réduite, il a souligné que l’idéale serait de favoriser une discrimination positive en leur faveur.
Cette discrimination positive leur permettrait d’avoir les mêmes chances que tous les autres citoyens et cela à tous les niveaux de la vie sociale.
’’Nous allons voter des lois pour que tous les édifices publics soient adaptés aux personnes vivant avec un handicap’’, a-t-il indiqué.
CEDEAO : L’ÉCHÉANCE DE 2020 CONFIRMÉE POUR LA MONNAIE UNIQUE
"Des orientations précises ont été données sur les chantiers essentiels qu’il convient de mettre en œuvre de manière diligente pour atteindre les objectifs visés", a-t-il dit à l’ouverture, jeudi, au siège de la banque à Dakar, de la 53ème réunion
Dakar, 21 fév (APS) - Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont confirmé leur volonté d’instaurer une monnaie unique à partir de l’année 2020, a indiqué jeudi le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Tiémoko Meyliet Koné.
"Des orientations précises ont été données sur les chantiers essentiels qu’il convient de mettre en œuvre de manière diligente pour atteindre les objectifs visés", a-t-il dit à l’ouverture, jeudi, au siège de la banque à Dakar, de la 53ème réunion du comité des gouverneurs des banques centrales de la CEDEAO.
Selon le gouverneur de la BCEAO, des "avancées notables" ont été faites par ce groupe de travail, constitué de la commission de la CEDEAO, de la BCEAO, des banques centrales du Nigéria et du Ghana qui sont chargés de faire des propositions sur le cadre de politique monétaire, le régime de change et le modèle de la future centrale, a-t-il indiqué.
Lors d’une réunion tenue en décembre 2018, les membres de ce groupe ont décidé de façon consensuelle de recourir à des consultants indépendants pour mener des études détaillées et faire des propositions sur ces trois dossiers, a expliqué le gouverneur de la BCEAO.
Les résultats de ces études, attendus en avril 2019, serviront "d’éléments d’appréciation" pour approfondir la réflexion au niveau du Groupe de travail chargé de "parvenir à des solutions consensuelles et adaptées à la communauté".
Les débats de la réunion porteront également sur l’état de la convergence au sein de la CEDEAO et le renforcement de capacités de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO).
Le respect des critères liés au déficit budgétaire et à l’inflation reste un défi pour les pays de la CEDEAO, a souligné le gouverneur de la BCEAO.
"Il nous faut à cet égard persévérer dans l’accomplissement des efforts indispensables pour pouvoir se qualifier pour la monnaie unique", a-t-il exhorté.
Tiémoko Meyliet Koné a aussi préconisé des "actions vigoureuses et concertées pour atténuer les faiblesses structurelles des économies ouest-africaines, notamment dans le domaine des infrastructures socio-économiques".
SONDAGES D’OPINION : DEVOIR DE "RESPECT STRICT DE LA RÉGLEMENTATION’’
Le ministère invite à un "respect strict" de la réglementation interdisant les sondages d’opinion au Sénégal en période électorale, le non-respect de cette disposition étant considéré "comme un acte délibéré de diffusion de fausses nouvelles
Dakar, 21 fév (APS) – Le ministère de la Communication invite à un "respect strict" de la réglementation interdisant les sondages d’opinion au Sénégal en période électorale, le non-respect de cette disposition étant considéré "comme un acte délibéré de diffusion de fausses nouvelles et de manipulation de l’opinion", précise-t-il dans un communiqué.
Le ministère de la Communication, également en charge des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, fait observer qu’il "a été constaté, depuis quelques temps, la diffusion ou la publication, par voie de presse, de sondages d’opinion liés à l’élection présidentielle du 24 février 2019".
"A cet effet, il y a lieu de rappeler aux uns et aux autres, particulièrement aux responsables des médias, que la diffusion ou la publication de tout sondage d’opinion ayant un rapport direct ou indirect avec un référendum ou une élection réglementée par le Code électoral est interdite en période électorale conformément à la loi n° 86-61 du 22 mai 1986, encadrant les sondages d’opinion au Sénégal", peut-on lire dans ce communiqué.
Il ajoute : "Toute publication ou diffusion des sondages d’opinion étant par ailleurs soumise à l’autorisation préalable de la commission nationale des sondages selon le décret n° 2011-587 du 5 mai 2011 portant nomination des membres de ladite commission".
Selon la même source, le non-respect de ces dispositions "est considéré comme un acte délibéré de diffusion de fausses nouvelles et de manipulation de l’opinion et est puni par la loi".
"Par conséquent, poursuit le communiqué, les acteurs sont invités à beaucoup plus de responsabilité et au respect strict de la réglementation en vigueur, en évitant toute publication ou diffusion de sondages jusqu’à la proclamation des résultats définitifs du vote".
FRANCE/CFA : REGARDS CROISÉS DES ÉLITES DE LA DIASPORA
Ils sont trois. Une musicienne engagée originaire de la Côte d‘Ivoire, un consultant financier venu du Bénin et une jeune entrepreneure qui investit au Sénégal. Ils ont en commun d’être de jeunes élites de la diaspora africaine en France
Afrika Stratégies France |
Yasmina Fadhoum |
Publication 21/02/2019
Ils sont trois. Une musicienne engagée originaire de la Côte d‘Ivoire, un consultant financier venu du Bénin et une jeune entrepreneure qui investit au Sénégal. Ils ont en commun d’être de jeunes élites de la diaspora africaine en France (pays où sont édités les billets CFA) mais aussi et surtout, de venir de pays qui ont en commun une monnaie éponyme. Dans le cadre d’une série de dossiers que publie, en rapport avec l’actualité, Afrika Stratgies France, ils se prononcent sur cette monnaie qui lie depuis 1945 leurs pays à la France. Des liens aux relents parfois scandaleux, paradoxaux et incestueux, tous tirés de l’ADN de la françafrique, cette tumultueuse relation, sans cesse incriminée, qui lie l’ancienne puissance coloniale à ses territoires indépendants. Créé en 1945 la zone franc a été réorganisée en 1959.Ces dernières années, des voix se font de plus en plus fortes et nombreuses pour demander l’abolition ou au moins, la remise en cause du CFA, imprimé en France et garanti par Paris auprès de la Banque centrale européenne. Des citoyens des 14 pays qui l’ont en partage veulent avoir la souveraineté sur leur monnaie. Nous avons donné donc la parole à la diaspora africaine pour en parler. 3 réactions. Chaque texte est original par l’angle, la subtilité, les illustrations… Mais ils partagent une conclusion commune, la remise en cause de cette monnaie « économiquement inefficace, politiquement illégitime, socialement inéquitable et historiquement indigne » selon l’économiste Kako Nubukpo qui coordonne les états généraux du CFA et alternatives.
Ôlechka K. Tchalova : « Un long chemin… »
Musicienne originaire de la Côte d‘Ivoire et de la Russie, Ôlechaka est aussi traductrice « russe-anglais » à Paris où elle vit. Très engagée sur la défense de l’identité noire, elle multiplie des post sur les réseaux sociaux pour défendre l’Afrique.
Un long chemin a été parcouru pour arracher les indépendances des anciennes colonies françaises. Mais les indépendances africaines ont-elles réellement été acquises? Que ce soit par la départementalisation pour les Caraibes ou par des relations françafricaines opaques, les relations de la France avec ses anciennes colonies restent encore très étroites. Des relations basées sur l’exploitation des ressources africaines au profit de l’Occident et non pas des Africains. Tout ce qui fait la souveraineté d’un état reste encore du domaine de l’inaccessible pour de nombreuses anciennes colonies françaises, souvent qualifiés de pays en voie de développement ou «émergents».
Mais pourquoi sommes-nous toujours en voie de développement? Et pourquoi les anciennes colonies anglophones sont-elles plus prospères ? Quels sont les freins au développement des anciennes colonies françaises? Et quels sont les outils de domination et de soumission d’un état par un autre état? Il y d’abord le secteur-clé d’un état, la défense: l’armée française n’a jamais quitté le sol africain. Que fait l’armée française dans ses anciennes colonies pourtant souveraines ? Puis, il y a l’économie – les économies des anciennes colonies françaises sont paralysées par le FCFA, une monnaie directement héritée de l’époque coloniale, le temps de la puissance de l’empire colonial Français. C’est ainsi que les économies de pays africains souverains en voie de développement sont soumises au contrôle permanent de la France, du FMI, de la Banque Mondiale et de la communauté internationale. Peut-on, dans ces conditions, parler d’indépendance, quand la monnaie d’un état est fabriquée à l’étranger, en région parisienne, par l’ancien état colonisateur ?
Je suis pour l’abolition du FCFA car l’argent est le nerf de la guerre. C’est par l’argent qu’une communauté s’émancipe, c’est par le contrôle de sa monnaie qu’un pays peut bâtir une économie prospère. Le contrôle de la monnaie, des ressources et de l’armée sont les garants d’une réelle souveraineté d’un pays. Et, à l’évidence, cette indépendance, cette souveraineté n’est pas encore acquise par les anciennes colonies françaises même si un long chemin a été parcouru depuis les indépendances. Peut-être parce que l’Afrique sous-estime ses richesses, dont la valeur est, pourtant, évidente … Le chemin à parcourir est encore long.
Dîne Eric Adéchian : « La polémique CFA se fonde sur une légitimité souverainiste, anticolonialiste et populiste »
Consultant financier originaire du Bénin, Eric est blogueur économique et analyse politique. Souvent présent sur des médias africains, il fait de la libération économique du continent un défi.
Pour faire une analyse pertinente de la question du franc CFA avec la France et les 14 états subsahariens d’Afrique francophone qui l’utilisent comme monnaie, je nous exhorte à nous départir de toutes les considérations évoquées supra. Pourquoi? Parce que beaucoup de non-dits ou de fausses informations participent à la désinformation sur le franc CFA. Je prends pour preuves les déclarations des officiels italiens notamment le vice premier ministre du Conseil italien, Luigi Di Maio qui a affirmé je cite «Il y a des dizaines de pays africains où la France imprime une monnaie, le franc des colonies, et avec cette monnaie, elle finance la dette publique française.»
La problématique du franc CFA devrait être appréciée sous un angle holistique. Le Franc CFA est avant tout, une monnaie, un instrument de politique économique (au même titre que le budget ou les revenus) gérée par les banques centrales. Le rejet de cette monnaie par les anti franc CFA ne porte pas simplement sur la dénomination mais sur la pertinence du compte des opérations logés au niveau du Trésor français dans lequel les 14 états de la zone franc abondent pour 50% de leurs avoirs. Sans m’apesantir sur des développements techniques nous nous rendons compte que la question du franc CFA est un débat économique technique mais qui se confond avec des enjeux politiques, géopolitiques voire même géostratégiques. Si les 14 états de la zone franc souhaiteraient se libérer de cette « monnaie de servitude », la responsabilité leur incombe plutôt qu’à la France. Les activistes africains voulant l’abolition de ce contrôle monétaire de la France sur ses anciennes colonies doivent faire pression sur leurs responsables politiques afin que les lignes bougent.
Le maintien ou la sortie du franc CFA relève des prérogatives nationales des dirigeants des 14 états membres de l’UMOA. S’en prendre à la France ne changera en rien le sort des jeunes populations qui aspirent à une gouvernance monétaire continentale.
Fanta BAYO : « Cette monnaie impacte négativement sur les transferts de fonds entre l’Afrique et sa diaspora ».
Fanta Bayo n’est pas qu’une africaine originaire du Sénégal, elle est une combattante aux côtés de Ousmane Sonko, contre le CFA. Son engagement auprès du candidat de Pastef pour la présidentielle du 24 février est aussi motivé par l’envie de contribuer à la « libération économique de l’Afrique ».
La prononciation du nom de la monnaie « Franc CFA » soulève en elle-même une grande interrogation et doit par conséquent pousser à une réflexion mûre ! Quelle est l’origine de l’appellation de cette monnaie ? Le « Franc CFA » : Franc des Colonies Françaises d’Afrique avant de devenir Franc de la Communauté Financière Africaine pour les pays de l’Uemoa et Franc de la Coopération Financière en Afrique Centrale pour les pays de la Cemac est une devise créée par l’Etat français pour ses colonies. On comprend très rapidement que cette monnaie n’est pas la monnaie propre d’un Etat africain mais une monnaie qui a été imposée lors de la colonisation. Un pays qui se dit indépendant comme le Sénégal par exemple, est censé dans la logique des choses avoir sa propre monnaie aujourd’hui et la gérer elle-même.
On « menotte » les personnes vivant dans le pays mais pas seulement, des milliers de jeunes de la diaspora veulent créer des entreprises en Afrique et se retrouvent malheureusement pris au piège. Je peux vous témoigner de mon expérience, je me suis lancée dans le commerce de cosmétiques il y a 1 an à Dakar dans la capitale du Sénégal et je me suis tout de suite rendu compte que cette monnaie, le Franc CFA, ne me permettait pas d’avoir de bénéfices remarquables (au vu des dépenses réalisées en euros).Vivre à l’étranger avec un revenu moyen et avoir un commerce dans ces pays où le Franc CFA prend place, n’apporte pas de gain.
Actuellement, les réelles questions qu’il faut se poser sont : Qu’attendons-nous pour prononcer la sortie du Franc CFA ? Pourquoi tant de réticence alors que les résultats nous montrent que cette monnaie nuit à l’économie africaine? La sortie du Franc CFA est possible si nous le souhaitons réellement … Le Rwanda et le Ghana sont deux pays africains à titre d’exemple qui n’ont jamais eu le Franc CFA et sont pourtant des modèles économiques sur le continent.
Pour conclure, nous devons reconnaître que cette monnaie ne nous est pas favorable et ne mènera jamais un pays vers son émergence. Un plan de travail minutieux doit certes être élaboré et exécuté pour l’avant et l’après retrait du Franc CFA mais retenons que c’est la colonne vertébrale du développement des nations africaines qui en jeu d’où l’urgence de passer à l’action sans plus attendre.
Paris, Afrika Stratégies France
PAR MAX-SAVI CARMEL
LA GUERRE SECRÈTE DES DIRIGEANTS AUTOUR DE LA MONNAIE UNIQUE
L’idée de la monnaie unique de la Cedeao est née pour palier la disparition programmée du CFA que partage la moitié des 15 Etats membres. Si dans la sphère technique, les choses avancent très vite, les labyrinthes politiques semblent bien confus
Afrika Stratégies France |
MAX-SAVI Carmel |
Publication 21/02/2019
L’idée de la monnaie unique de la Cedeao est née pour palier la disparition programmée du CFA que partage la moitié des 15 Etats membres. Si dans la sphère technique, les choses avancent très vite, les labyrinthes politiques semblent bien confus. Plusieurs pays menés par le Ghana sont prudents, le Nigéria méfiant et au sein de l’Uemoa, certains dirigeants retardent l’échéance, sous l’influence de Paris. Décryptage !
La Communauté économique et monétaire ouest africaine (Cedeao) travaille depuis quelques années sur une monnaie unique pour ses 15 membres. Une initiative à laquelle sont intimement associée la Zone monétaire ouest africaine (Zmoa) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Des difficultés surgissent ci et là et rendent chaque jour plus loin l’évènement de cette monnaie et pendant ce temps, une résistance menée de l’intérieur par certains dirigeants notamment Alassane Dramane Ouattara (Côte d ‘Ivoire) et Ibrahim Boubacar Kéïta (Mali) renforce le doute sur le projet. La genèse du CFA, les polémiques qu’il suscite, l’idée de la monnaie unique de la Cedeao et la guerre froide que se mènent les dirigeants… Entre bonne volonté et jeux d’intérêts.
Le CFA en question…
On n’en sait jamais assez mais il y a, en Afrique, deux types de francs CFA. La Communauté financière africaine (Cfa) en Afrique de l’Ouest d’une part et d’autre part la Coopération financière en Afrique (Cfa) pour le centre du continent. Les deux monnaies sont physiquement différentes et ne peuvent être convertibles entre elles que par le biais des banques centrales. Ainsi, un Congolais de Brazzaville qui débarque à Lomé avec des billets CFA ne peut les échanger que sous des taxes de conversion. Les deux sont certes crées en 1959 pour remplacer leur ancêtre commun, le franc de la Colonie française d’Afrique (CFA) existant depuis 1945. Sauf que toutes les colonies n’y sont pas soumises. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Madagascar et la Guinée ont opté pour des monnaies nationales dès leur indépendance. Le Mali a abandonné la monnaie commune en 1962 avant d’y revenir en 1984 alors que la Mauritanie l’a quittée pour de bon depuis en 1973. Théoriquement, chaque pays est libre de quitter la zone franc même si la Guinée a fait les frais de son refus d’intégrer la monnaie coloniale. Les services secrets français ont mis en circulation à Conakry des milliards de faux francs guinéens pour fragiliser l’économie. Quant au Mali, après son retrait en 1962, le nouveau franc malien a connu deux dévaluations successives (1963 et 1967) et tout en empêchant la convertibilité de la nouvelle monnaie, Paris l’a rendue peu fiable et inflationniste en l’isolant sur le marché mondial, ce qui a découragé toute nouvelle tentative de sortie d’autant qu’en 1963, Sylvanus Olympio a été assassiné par les services français avant de pouvoir mettre en circulation la nouvelle monnaie togolaise.
La récente polémique autour du CFA
La polémique est partie récemment de l’Italie. Luigui Di Maio et Matteo Salvini, tous deux adjoints au président du conseil italien s’en sont pris à la colonisation et au CFA. Depuis, des manifestations se multiplient. Virtuelles sur les réseaux sociaux puis de manière plus palpable comme les états généraux du CFA à Bamako ou la géante manifestation de Rome prévue le 23 février. Le polémiste franco-béninois Kémi Séba en profite pour reprendre du poids alors que plusieurs médias français le présentent comme « Conseiller du gouvernement italien« . Fanny Pigeaud, respectable journaliste d’investigation à Médiapart indexe, avec l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla, une monnaie qui » paralyse les dynamiques productives« . Kemi Séba dénonce une « monnaie de la servitude« , si le collectif « Sortir du franc CFA » appelle les sénégalais à voter, lors de la présidentielle du 24 février, pour le candidat de leur choix, il apparaît tout de même, à la lecture de son communiqué, que Ousmane Sonko est le plus réaliste sur le CFA. Kako Nubukpo, économiste de renom et ancien ministre togolais accuse le CFA d’ »asphyxier les économies africaines » et va en campagne contre « une servitude volontaire« . Cette mobilisation ne décourage pas les soutiens de cette monnaie. Le Quai d’Orsay en premier publie un réquisitoire qui prend littéralement la défense du CFA comme une garantie de stabilité alors que Alassane Ouattara défend « une monnaie librement choisie ». Etienne Giros met en garde « … quitter le Franc CFA, vous irez immédiatement appauvrir des dizaines de millions d’Africains« . Pour le président du Conseil français des investisseurs en Afrique « le Franc CFA facilite également le commerce international car c’est une seule monnaie et il est convertible ».
Où en est-on de la nouvelle monnaie unique Cedeao ?
L’idée d’une monnaie unique pour les pays de la Cedeao est aussi vieille que l’institution mais ses premières bases remontent 2009. La Zone monétaire ouest africaine (Zmoa), pendant de l’Uemoa et lancée une décennie plus tôt opte pour la mise en place de l’Eco, une monnaie commune. Elle vise les pays ayant chacun leur monnaie, le Ghana, le Nigéria, la Sierra Léone, la Gambie et la Guinée. Avec pour vocation de s’étendre rapidement au Cap-Vert et au Libéria. Avant qu’en juin 2013, l’idée de l’étendre à toute la Cedeao ne soit acquise. Depuis, la monnaie fait son chemin. Un comité de chefs d’Etat y travaille avec des experts pendant que la banque centrale a lancé des concours pour retenir un nom ainsi qu’un logo. Dès lors, le projet tâtonne. Le Nigéria, producteur de pétrole exige des autres pays qui en sont plutôt pour la plupart des importateurs de brut, un niveau de convergence économique que les plus fragiles (Guinée Bissau, Niger, Togo, Bénin) auront du mal à atteindre d’ici l’échéance. Pour Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla, l’un des premiers actes serait le plan de divorce entre le Trésor français et les pays de l’Uemoa par rapport au CFA. « Pour l’instant, ils ne l’ont pas fait » déplorent la journaliste et l’économiste lors d’une interview avec Afrika Stratégies France. Pour les co-auteurs d’un livre sur le sujet, « a création de la monnaie unique ne se fera vraisemblablement pas en 2020″. Mais il faut noter un imbroglio important, c’est que depuis l’annonce de cette monnaie, plusieurs dirigeants prennent la défense du CFA, comme s’ils ne sont pas encore prêts à s’en passer.
La monnaie unique vue par les dirigeants
Les chefs d’Etat des 15 pays concernés ont des avis qui divergent, à plusieurs points de vue. Avec un PIB de 461milliards de dollars en 2018, le Nigeria devenu depuis première puissance continentale devant l’Afrique du Sud n’entend pas s’associer avec le Bénin qui plafonne à 8,6 milliards de dollars ou la guinée Bissau qui peine à atteindre 1,5 milliards. Alors, le géant pétrolier exige un niveau minimum de convergence économique, ce qui a de quoi retarder les autres. En attendant, Abuja propose une entrée dans sa monnaie, le Naïra, à ses voisins notamment le Bénin, le Cameroun et le Niger. Ce dont Yaoundé, pilier de de Paris en Afrique centrale, ne veut pas attendre parler. Avant d’envisager pour à moyen terme, la monnaie unique. Pendant ce temps, Accra est impatient et propose deux groupes. Celui du Ghana avec notamment la Guinée, la Gambie, la Sierra Léone, le Libéria et le Cap-Vert et celui du Nigeria, avec possibilité pour les pays de l’Uemoa d’intégrer l’un des deux camps. Les économies les plus fragiles de la communauté préfèrent une monnaie commune unique « sans délai » alors que les pro-CFA demandent de prendre le temps. Si Alassane Ouattara, Macky Sall et Ibrahim Boubacar Kéïta sont « très » favorables au maintien du CFA, « en attendant », la plupart des autres pays de la zone ont du mal à contrarier Paris. Dans une liste régulièrement actualisée et tenue au Quai d’Orsay, seul Mahammadou Issoufou est clairement opposé à la monnaie coloniale suivi du béninois, Patrice Talon. Marc Kaboré, qui était au départ anti-CFA qui s’est permis de recevoir l’icône de la lutte, Kémi Séba a depuis revu sa position. La menace terroriste omniprésente au Burkina Faso où il a besoin de l’armée française réduit ses marges de manœuvres par rapport à la France. Faure Gnassingbé quant à lui reste sous l’influence du président ivoirien d’autant que le président togolais use de tous les moyens pour améliorer son image auprès de Macron et en gagner la sympathie. La guinée Bissau qui a abandonné en 1997 son pesos pour rejoindre la famille CFA s’y plait, ayant depuis réduit son inflation.
Ces divergences permettant à l’ancienne puissance coloniale de tirer les ficelles, la porte de sortie est encore loin pour les Etats concernés. La moitié de la devise aux mains de la banque de France et le contrôle monétaire de Paris sur cette vaste région ne faciliteront point l’abolition de la monnaie coloniale. En attendant, acteurs et observateurs s’accordent à dire que l’échéance de 2020 pour passer à une monnaie commune au niveau de la Cedeao est une utopie collective.
La continuité n’est pas une option pour nous - Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de perdre le temps que nous avons déjà perdu ces 60 dernières années quand nos concurrents se développaient et vont continuer à s’améliorer
Le 24 février 2019, nous souhaitons que les sénégalais votent pour le candidat qui a démontré par sa vision souverainiste et le programme qui en découle, qu’il porte les instruments de la rupture que nous souhaitons pour développer notre pays par nous-mêmes en toute responsabilité : «un Sénégal qui prend son destin en main».
Cette rupture, nous la souhaitions libérale et patriotique du fait d’un développement inclusif sous le leadership du capital privé national, des collectivités locales, donc des citoyens et non d’un Etat central développementaliste dans un ensemble sous-régional sans l’exutoire du taux de change de surcroit, qui a été le SYSTÈME. Ce système, auquel les sénégalais sont habitués, a nécessité que notre pays soit géré comme une seule entreprise devant présenter ses projets à des bailleurs ou compter sur le financement/refinancement de la BCEAO puisque n’ayant pas tous les moyens de sa politique. Cet Etat socialisant a fait l’objet de convoitises corruptrices de tous bords puisque ne pouvant pas satisfaire tout le monde dans sa façon de faire y compris ses propres agents. Nous avons défendu l’alternative à ce système dans notre contribution intitulée «SENEXIT: Libéralisme Patriotique ou Socialisme».
Le programme du candidat Ousmane Sonko a évolué de ce point de vue depuis notre critique de son livre Solutions : «Ousmane Sonko et le Socialisme Congénital Sénégalais». Il a dilué le rôle de l’Etat central socialisant dans son programme en optant pour une décentralisation autonomisante assumée. Pour pouvoir faire des choix souverains, il a également fait d’une union économique et monétaire à l’échelle de la CEDEAO, la dernière étape vers une union politique avec les états qui le souhaiteraient.
De ce fait, il est le seul qui nous ait présenté, ensemble, les deux points d’ancrage nécessaires à la matérialisation d’une vision libérale et patriotique qui est l’alternative à ce que nous faisons depuis 60 ans : il s’agit (i) d’une monnaie nationale permettant des politiques commerciale, financière, et économique maitrisées vers le libre-échange continental et international et (ii) d’une décentralisation en pôles régionaux autonomisés et responsabilisés pour leur développement et en concurrence dans un environnement national maitrisé.
De ces instruments de rupture découleront une nécessaire réforme du rôle de l’Etat central et un mandat de discuter de nos relations avec les pays de la sous-région, notamment avec l’autre locomotive de l’UEMOA qu’est la Côte d’Ivoire. Nous aurons ainsi soit une convergence de vues avec la Côte d’Ivoire dont le président vient de réaffirmer sa volonté de laisser le FCFA (effectivement notre monnaie) en l’état, ou prendre notre autonomie monétaire et de change dans le cadre d’une banque centrale moderne, indépendante, et responsabilisée. Nous aurions, de ce fait, la maitrise des voies et moyens de nous intégrer dans une Afrique en construction et ouverte sur le monde. Cette intégration se ferait avec un Etat sénégalais décentralisé qui fournit des services publics de proximité de qualité, et prototype d’une future Afrique fédérale dont nous pourrons faire l’expérimentation avec nos voisins les plus immédiats. Nous pouvons dire d’ores et déjà à l’endroit des spécialistes et des sceptiques, que le cadre macroéconomique actuel du Sénégal lui permet de gérer une transition maitrisée vers un régime de change plus flexible sans difficultés. Ce cadre, qui a également une dette soutenable mais avec une composante devises à surveiller, continuera à accéder aux marchés financiers internationaux et à attirer les non-résidents dans son marché intérieur en monnaie locale en complément à nos capacités budgétaires et financières.
Le président Macky Sall quant à lui, nous propose la continuité dans le schéma de la dépendance monétaire préférée par la Côte d’Ivoire et le capital étranger privé et sous leadership d’états, et la continuité de programmes dont les gaps sont financés par des bailleurs officiels. Ces dépendances seront d’une part, le rôle prépondérant de notre Etat central dans le développement, et d’autre part, le FCFA en l’état et/ou une monnaie CEDEAO à taux de change nécessairement fixe conjuguée à des accords de libre-échange avec l’Union Européenne et au niveau continental. Cette combinaison dans le contexte d’une faible inclusion financière de nos entreprises favorisera le capital étranger pour confiner le capital national à la périphérie de la sous-traitance et notre jeunesse, à former, au salariat. Elle ne responsabilisera pas non plus les collectivités locales dont le destin sera dépendant d’un Etat central déconcentré au plus. Cette option de la continuité ne sera pas celle «d’un Sénégal qui prend son destin en main» jusque dans ses communautés de base. D’une part, nous n’aurons pas l’exutoire d’un taux de change qui nous soit propre pour corriger nos erreurs de choix de soutien à nos entreprises nationales, et d’autre part, elle conférera ce rôle au budget de l’état central, ce qui maintiendrait les collectivités locales et donc les citoyens dépendants. Cette option ne sera pas non plus celle qui nous permettra de bâtir une économie résiliente faite d’un tissu diversifié d’entreprises nationales ne dépendant pas de choix d’entreprises étrangères délocalisées qui sous-traitent. Cette option, enfin, ne nous permettra également pas de nous assurer que la rente provenant de nos ressources naturelles n’alimentera pas des importations de produits que nous aurions pu produire, du fait d’une monnaie potentiellement surévaluée ne reflétant pas en tout temps nos fondamentaux nationaux. Nous avons fait la critique de cette politique de la continuité dans une tribune intitulée «Macky Sall a choisi : Socialisme et Capital Etranger».
A ce sujet, il n’y a en réalité aucun candidat véritablement libéral en course, ni au pouvoir, ni dans l’opposition, et nous ne parlons pas de néolibéraux ou de libéraux sauvages pour reprendre notre Premier ministre. Ceux qui se réclament du libéralisme se disent libéraux sociaux ou d’un libéralisme à visage humain, des socio-démocrates quant-au fond. Le social rattaché à leur libéralisme ne se rapporte pas essentiellement à une volonté de socialiser, par la planification locale, la marche vers une économie de marché performante, mais pour le volet social (éducation, santé, redistribution, etc..) qu’ils jugent devoir ajouter au capitalisme inhérent au libéralisme qui prévoit déjà l’inclusion sociale. Le président de l’internationale libérale le leur a dit. Par ailleurs, leur libéralisme social, lorsqu’ils le justifient comme keynésien par le financement des infrastructures ou la planification de l’appui au secteur privé par un déficit budgétaire, a également été inopérant. Inopérant, car inadapté à notre régime de change fixe qui fait que ce financement nous a systématiquement mené à l’endettement extérieur et à des fuites de devises par les importations. De ce fait, notre classe politique n’est faite, au résultat, que de socio-démocrates ou socio-libéraux dépendant de l’extérieur quelle que soit l’étiquette qu’ils veulent se donner. Leur libéralisme social ou socialisme tout court ne peut être efficace qu’avec l’exutoire du taux de change qui leur a fait défaut pendant 60 ans pour corriger leurs erreurs de choix économiques et pour amortir les chocs extérieurs sans devoir s’endetter en devises. Leur libéralisme proclamé, s’ils l’appliquent, ne peut être opérant qu’avec le capital étranger (privé ou d’Etats) à moins que nous ne changions notre régime monétaire pour nous assurer qu’il soit également patriotique par l’inclusion financière de notre secteur privé et par l’exutoire du taux de change. La BCEAO (sous l’emprise de nos états socialisants) s’apprête à refinancer nos PMEs sans l’exutoire du taux de change. Les tournées de directeurs nationaux de la BCEAO avec des ministres du commerce pour en faire la promotion est la parfaite illustration de ce mariage socialisant qui ne produira pas de résultat pour les nationaux.
De ce point de vue, le président Abdoulaye Wade, père du libéralisme africain, aurait pu avoir boycotté le congrès de l’internationale libérale qui s’était tenu à Dakar en 2018 pour cette raison économique et pour son patriotisme. Il l’avait cependant boycotté pour les libertés politiques de son fils qu’il jugeait bafouées. Le candidat Karim Wade étant définitivement recalé, il se doit de soutenir la jeunesse et la rupture qui correspond à l’appel qu’il avait fait pour un Sénégal qui prendrait son destin en main. Le programme du candidat Ousmane Sonko porte les germes d’une marche responsable vers une Afrique unie et libre avec des fondements solides puisque construits à partir des collectivités locales et non de bailleurs étrangers. Néanmoins, la symbolique de l’appréciation faite par le président Wade sur le candidat Ousmane Sonko est synonyme, à nos yeux, de caution de soutien suffisant par une partie de son électorat pour le libéralisme patriotique que nous souhaitons. Le reste de cet électorat peut se disperser pour être contenu par la participation massive de la jeunesse pour la rupture. A défaut Macky Sall passera au premier tour.
Le contraste que nous venons de faire entre les visions des candidats Macky Sall et Ousmane Sonko nous semble suffisant pour faire un choix le 24 février. Les débats de dépenses budgétaires (éducation, santé, infrastructures de base, et autres réformes etc…) sont des sujets très peu importants du genre de ceux qui sont discutés lors de groupes consultatifs pour quémander des gaps à financer. Ces discussions d’arbitrages budgétaires dans un cadre macroéconomique qui peut être un équilibre sous-optimal ne sont pas si importantes car nous pouvons y avoir un consensus (lu nieup bokk nieup jot thi). De la même manière, l’exhibition de réalisations faites à partir de budgets successifs, mais de toutes les façons insuffisants au vu des besoins, ne mérite pas un débat. Il est plus judicieux de les reconnaitre au gouvernement puisque c’est tout à fait normal et passer aux débats de fond.
Par ailleurs, il n’est également pas très important de se disputer sur des mesures devant permettre au Sénégal d’avoir une offre de production (route, ponts, électricité, formation, capital de start-ups y compris avec la dette et des ressources pétrolières etc…) si la demande (extérieure ou intérieure) pour soutenir cette production est insuffisante ou inadaptée pour une économie résiliente et diversifiée. Il faut aussi maitriser les conditions de la demande pour une production diversifiée et résiliente par des politique monétaire, commerciale, et de change maitrisées. A défaut, nous allons gaspiller nos ressources pétrolières à venir en les donnant à un Etat central développementaliste qui va les investir dans des secteurs qui vont satisfaire une demande rentière et détruire notre économie. Notre manne pétrolière ne doit pas être utilisée pour financer un capitalisme d’état. La clé d’une économie performante est essentiellement dans l’éducation, la santé, et les infrastructures certes, mais surtout un environnement favorable à l’investissement privé national et étranger libre auquel l’état peut participer.
Chers compatriotes. Notre pays est parmi les 25 pays les plus pauvres du monde et nous avons un indice de développement humain des plus faibles. La continuité n’est pas une option pour nous. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe de perdre le temps que nous avons déjà perdu ces 60 dernières années quand nos concurrents se développaient et vont continuer à s’améliorer. L’avenir c’est effectivement maintenant et nous devons accélérer notre rythme de rattrapage par la RUPTURE et non par des ressources naturelles seulement. L’élection du 24 Février 2019 devrait donc être un REFERENDUM pour la jeunesse, le secteur privé national, les collectivités locales, bref le Sénégal. Il faut donc donner au candidat Ousmane Sonko un mandat de porter les instruments de la rupture au premier et/ou au deuxième tour pour «un Sénégal qui prend son destin en main» pour découvrir ce qu’est ce destin avec courage et foi.