C’est désormais connu, le mouvement JOG JOTNA a porté son choix sur la coalition Idy 2019. Madeleine BAR et ses allies étaient hier devant la presse pour exprimer leur engagement sans faille pour la cause de la coalition Idy2019.
C était en marge d’un atelier de formation sur les conduites à tenir avant, pendant et après le vote tenu au local 49 Méson des Paradés. Au cours de leur face à face Mme BAR n’a pas manqué de souligner que leur engagement aux cotés de Idrissa Seck constitue un choix purement citoyen hormis toutes contingences politiques politiciennes car, selon elle le candidat Idrissa SECK, est la panacée des problèmes auxquels les Sénégalais de la Diaspora sont confrontés.
Les responsables présents à cette rencontre ont tous pris la parole et ont presque tous abordé leurs interventions dans le même sens en lançant un vibrant appel pour le retrait massif des cartes d électeurs pour faire triompher leur candidat au soir du 24 Février 2019.
PAR PAPE SAER NDIAYE ET MAME TACKO
LES ATTENTES D’UNE COMMUNAUTÉ
EXCLUSIF SENEPLUS – Thiaroye Sur Mer veut s'épanouir dans un environnement sain et protéger les générations futures des risques potentiels liés à l'insécurité, au chômage et à une certaine précarité – Lettre ouverte aux candidats à la présidentielle
Pape Saer Ndiaye et Mame Tacko |
Publication 21/02/2019
Chers compatriotes, Chers candidats à la présidentielle,
Les habitants de Thiaroye Azur représentent 12 000 habitants, cette communauté forte, solidaire et entité composante de la commune de Thiaroye Sur Mer, est confrontée à des problèmes récurrents. Notre communauté veut s'épanouir dans un environnement sain et protéger les générations futures des risques potentiels (insécurité, chômage, précarité etc.). C'est dans ce sens que nous avons pensé énumérer certains points focaux, essentiels sur lesquels vous devez vous pencher et tenter d’y trouver des solutions.
La mise en état des deux routes principales de Thiaroye Azur
Ces deux axes routiers qui commencent à partir de la station, service de Diamaguene (km 16 Rte de Rufisque) et se terminent au niveau de la voie ferrée, doivent être réfectionnés et surtout recevoir l'équipement qui sied, c'est-à-dire installer des tuyaux d'évacuation avant de réhabiliter ces routes ce qui nous permettra par la même occasion de régler le problème fréquent des inondations de ces deux voies.
L'érection d'un centre secondaire d'État civil
En effet, il nous paraît normal que les habitants de Thiaroye Azur puissent inscrire, déclarer à temps et dans les meilleures conditions les nouveaux-nés dans un centre secondaire d'État civil situé à Azur car le principe voudrait qu'il existe dans la pratique une proximité entre l'administration locale et les populations.
L'éclairage public
Nous tenons à saluer l'initiative entamée par l'association Convergence pour l'émergence de Thiaroye Azur (CETA) allant dans ce sens. Ces jeunes valeureux citoyens ont débuté le combat de la lutte contre l'obscurité source d’insécurité, mais une seule association à elle seule ne peut faire la différence, nous voudrions donc que vous puissiez nous accompagner dans ce combat et aider Thiaroye Azur à être une ville éclairée.
L'emploi des jeunes
Nous avons remarqué que la zone de Thiaroye Azur est entourée par des entreprises, voire des multinationales et pourtant les populations ne perçoivent pas l'impact que ces entreprises ont sur l'emploi des jeunes de Thiaroye Azur. Nous voudrions que ces sociétés s'investissent dans le développement de notre communauté en embauchant les jeunes. Il y a ici une main d'œuvre diplômée et qualifiée. Nous vous interpellons également sur les projets porteurs de développement et créateurs d'emploi pour les jeunes de Thiaroye Azur pour lesquels vous pourriez nous aider à trouver des financements.
Candidats, futur Président de la République,
Ces différents points nous semblent essentiels pour notre communauté et nous espérons que vous pourrez sous votre mandat, les réaliser. Cela nous donnerait espoir et nous permettrait de continuer à vous accorder notre confiance.
S’agissant des femmes
Au Sénégal, une personne sur deux n’a pas accès à des services d’assainissement adéquat. 57.7% en milieu rural et 32.6 % en milieu urbain ne sont pas pris en compte. Par ailleurs, 3% soit 250 000 personnes de la population rurale sont retournées à la défécation à l’air libre entre 2016 et 2017, tandis qu’en milieu urbain 300 000 personnes pratiquent la défécation à l’air libre. (source revue annuelle 2018).
Cette situation ne peut-elle pas être réglée par une responsabilisation accrue des collectivités territoriales dans la prise en charge de l’assainissement autonome et la gestion des boues de vidange ? D’où l’objectif d’amener d’ici à fin 2021, le ministre en charge de la gouvernance locale et des collectivités territoriales à inscrire l’assainissement et la gestion des boues de vidange dans le futur bloc des compétences à transférer aux collectivités territoriales.
Pape Saer Ndiaye est membre du mouvement des Forces Vives de Thiaroye Azur (FVTA)
TENK CI WOLOF
Lan la doomi réew mi di xaar ci lawax biy genn ci joŋante biy am 24 fan ci weeru feebaryee ?
I / Xale yi dëkk Caaroy nee naň
Mu dimmale leen defar tali yi yaqu, yokk làmp yi ngir kaaraange yokku.
Mu wax ňi am xaalis te ubbi Isin jël gone yi d¨kk Caarooy te amm mên mên, xam xam ak lijaasa.
Mu dimmale leen nu am finaasemaa ngir liggeeyal seen bopp, dimmale seeni waajur ak mbokk.
II / Maam Tàkko ak jigeen ňu bare
Maam Tàkko ak jigeen ňu bare li leen soxal , li leen interese moodo ndox yu bon, am fu nu jaar tuuri ji géej mba feneen.
III / Seex Amaad Tijaan Ñang
Moom mi ngiy wax ni alatareet te sonn, te bare, rax ci dolli, ni ňi ňàkkoon seen liggeey, mel ni alkaati yi nu dàgoon ci jamono Persidaa Abdu Juuf, Persidaa Ablaay Wàdd fexe nu delloosi leen, yobbu leen ci karange dèkk ci.
Moom nee na nu dimmale leen yokk seen pasiyong te bu nu fàtte ňi genn adduna te bàyyi jabar yu tenj ba summi nekk ak seeni doom
IV / Mustaafa Jeng
Mustaafa Jeng mbind na wax li nappkat yi ak ni dëkk ci booru geej di xaar ci ki nar am ndam : kaarange ak yokkute.
PAR THIERNO KHAYAR KANE
LES LANGUES NATIONALES, OUTIL DE DÉCOLONISATION
EXCLUSIF SENEPLUS #Enjeux2019 - Pourquoi les prétendants à la présidence n’abordent pas précisément la question ? Enseigner dans nos langues est une prise de conscience sur les notions d'identité, de citoyenneté et de développement national
#Enjeux2019 - Parler de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif Sénégalais revient à poser encore une question qui ne cesse d’être agitée depuis des décennies.
Mais ma perspective est pragmatique, car introduire les langues nationales n’est pas synonyme de suppression, voire de remplacement du français qui est la langue officielle de l’administration, du système éducatif, du système socio-économico-politique. Cette langue se présente comme étant une nécessité pour le peuple sénégalais de faire des échanges sur le plan culturel, scientifique, économique et technique avec les autres peuples du monde. D’ailleurs, remplacer le français n’est ni souhaitable, ni possible. Il faut accepter le fait qu’on soit dans un rendez-vous du donner et du recevoir pour parler comme Léopold Sedar Senghor et comprendre que le loup est déjà dans la bergerie, donc il faut se tailler de nouveaux habits. Cela en réfléchissant à la possibilité d’introduire les langues maternelles dans le système éducatif.
- Un peu d’histoire -
Le président Senghor disait souvent avoir préconisé l’introduction des langues nationales dans l’enseignement public dès 1937. Il ajoutait : « le fait d’être devenu homme politique m’a pas fait changer d’idée… » Il a fallu néanmoins 1971 pour que soit mis définitivement au point le décret relatif à l’introduction des langues nationales. Ces langues nationales devraient être introduites dans l’enseignement sénégalais ; de l’école primaire à l’université étant donné qu’une bonne éducation doit commencer par se faire normalement dans, ou pour le moins, avec la langue natale. Concrètement, le président Senghor annonçait l’ouverture des classes expérimentales en wolof pour octobre 1977. Il faudra attendre octobre 1978 pour que l’expérimentation en Wolof soit lancée : dix classes télévisuelles pour les trois régions du Cap-Vert, du Fleuve et de Thiès sous la direction de la TSS (Télévision Scolaire Sénégalaise) et trois classes Traditionnelles expérimentales au Cap-Vert par le CLAD. L’ouverture des classes expérimentées en Séeréer était prévue en Octobre 1980.
- L’importance des langues nationales dans le système éducatif -
Aujourd’hui, les autorités s’acheminent vers une harmonisation de la politique d’intégration des langues nationales dans le système éducatif et vers leur modélisation. Elles travaillent sur le document d’harmonisation de la politique d’introduction des langues nationales dans le système éducatif.
Cette introduction aura un double rôle :
Faciliter l’apprentissage au primaire des mécanismes de base, tels que la lecture et l’écriture, afin de préparer la compréhension de la première langue étrangère qu’est le français ?
Une alphabétisation faite dans les langues nationales est une économie pédagogique et matérielle parce que, en plus de l’effort d’apprendre à lire et à écrire, elle n’exige pas l’effort d’apprendre à penser dans une langue étrangère.
Sur ce, le professeur Cheikh Anta Diop nous fait une démonstration implacable dans « Nations Nègres et Culture » : « le jour même où le jeune africain entre à l’école, il a suffisamment de sens logique pour saisir le brin de réalité contenu dans l’expression : un point qui se déplace engendre une ligne (tomb buy ratatu mooy jur ab rëdd). Cependant, puisqu’on a choisi de lui enseigner cette réalité dans une langue étrangère, il lui faudra atteindre un minimum de 4 à 6 ans, au bout desquels il aura appris assez de vocabulaire et de grammaire, reçu en un mot, un instrument d’acquisition de la connaissance, pour qu’on puisse lui enseigner cette parcelle de réalité »
L’exemple des pays de l’Asie n’a-t-il pas fini de convaincre tous les sceptiques de cette vérité élémentaire qui lie le développement économique, culturel et humain à l’usage des langues maternelles dans le système éducatif ? En Corée, en Chine, l’éducation se fait dans la langue maternelle des élèves, ce qui fait gagner du temps et de l’efficacité dans l’assimilation des savoirs et valeurs inculquées par l’école.
- Campagne électorale et introduction des langues nationales -
L’élection présidentielle prévue ce 24 février devait être un moment phare pour les hommes politiques de prendre en charge des questions relatives à l’introduction des langues nationales. Cela dans un contexte de montée en puissances des enjeux liés au souverainisme, au patriotisme, à la consommation locale. Mais les débats relatifs aux langues nationales dans le système éducatif demeurent timides, voire non pris en charge d’une façon sérieuse et profonde.
Nous aimerions savoir pourquoi les prétendants au fauteuil de président de la République n’abordent pas précisément la question en distillant une méthode et un échéancier de mise en œuvre.
Faisons-nous face à un manque de volonté politique ou à une absence de maitrise des enjeux liés à l’introduction des langues nationales dans le système éducatif ?
Les candidats à l’élection doivent s’emparer de cette question avec moins de légèreté qu’ils ne le font jusque-là. Il y a un contexte favorable au regard d’une montée de la revendication nationaliste et des enjeux d’un retour au souverainisme après des décennies de néocolonialisme. Aussi, le Sénégal est doté d’une masse de militants mais aussi d’experts, de chercheurs et de praticiens de la didactique des langues issus du courant politique et intellectuel de Cheikh Anta Diop, et de la gauche marxiste de façon générale.
Nous espérons d’ici la fin de la campagne électorale un vrai débat de société sur cette question afin de parachever la longue lutte pour l’indépendance qui ne peut être totale si nous n’enseignons pas nos langues à nos enfants dans les écoles de notre République.
Enseigner dans nos langues est une prise de conscience sur les notions d'identité, de citoyenneté et de développement national.
Thierno Khayar Kane est diplômé de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en art et communication. Il prépare actuellement un Master 2 Management de l’Innovation à l’université Lyon 2 Lumière, en partenariat avec l'École Supérieure de la Francophonie pour l'Administration et le Managementde Sofia, en Bulgarie. Il s’intéresse particulièrement aux questions des industries culturelles et créatives en Afrique.
VIDEO
DISCOURS DE VÉRITÉ
EXCLUSIF SENEPLUS - On ne peut pas construire un pays dans le mensonge - Et il y a très longtemps que la parole du politicien au Sénégal est discréditée - Les soutiens de Sonko se veulent apôtres de la vérité
"Nous avons un devoir de vérité parce que nous ne cherchons pas coute que coute à accéder à la magistrature suprême.
Nous portons une ambition pour le Sénégal et nous avons le devoir de dire la vérité’’, précise Bassirou Diomaye Faye. Ce militant des premières heures du Pastef est formel pour ce qui concerne la communication de son leader. Selon Bassirou, le candidat Ousmane Sonko et les siens s'érigent contre la tromperie bien enveloppée dans les promesses de campagne.
Un combat qu’il matérialise dans leur discours pour permettre aux sénégalais lassés de la politique, de s’y intéresser à nouveau. ‘‘ On ne peut pas faire un pays dans le mensonge. Et il y a très longtemps que la parole du politicien au Sénégal est discréditée à cause des promesses démagogiques’’, a t-il déploré.
Voir la vidéo.
PAR KABA DIAKHATÉ
DE LA LUTTE CONTRE L’ÉCHEC SCOLAIRE
EXCLUSIF SENEPLUS #Enjeux2019 – La remédiation peut contribuer à l’amélioration de la maîtrise des connaissances et compétences et, par conséquent à la réduction des décrochages scolaires
#Enjeux2019 - Tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire que l’éducation constitue l’un des leviers les plus importants pour l’amélioration des conditions économiques, sociales et culturelles d’une nation. D’ailleurs, il a été établi de manière irréfutable la relation d’isomorphisme entre l’éducation et le développement sous toutes ses formes. C’est peut-être la raison pour laquelle l’Etat consacre une part importante de son budget à l’éducation. Pourtant, les résultats scolaires inquiètent les parents, les enseignants et les décideurs. La lutte contre l’échec scolaire fait l’objet de plusieurs initiatives au nombre desquelles l’on peut citer notamment celles du Laboratoire de Recherche sur les Transformations Economiques et Sociales de l’IFAN-UCAD.
Afin de partager ces initiatives, cette contribution s’articule autour des points ci-dessous :
De la nécessité d’intervenir
La remédiation comme solution contre l’échec scolaire
De la recherche à la remédiation
Des avantages de l’expérience du LARTES
- De la nécessité d’intervenir -
Malgré les gros investissements consentis par l’Etat et ses partenaires techniques et financiers, les performances du système éducatif restent en deçà des aspirations proclamées. En effet, les derniers résultats aux examens indiquent 35,9% au baccalauréat, 52,11% au BFEM, 55,51 % au CFEE.
L’efficacité interne n’est guère plus reluisante. Voici quelques éléments tirés des indicateurs de qualité :
Taux d’achèvement 59,9 %
Taux national de redoublement 3.9 %
Taux d’abandon : 9.8 %
D’autres types d’évaluation renforcent les inquiétudes :
Le SNERS de 2016 donne les résultats suivants :
LC : 38.82 % au CP et 38.82 % au CE2
Maths : 50.61 % au CP et 38.82 % CE2
ESVS : 62.83 % au CP et 38.82 % au CE2
Le PASEC (Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN) compare les performances des pays en lecture et mathématique (en début de scolarité et fin de scolarité) ; en 2014 dix pays d’Afrique subsaharienne francophone ont participé : le Bénin, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
En début de scolarité primaire
En langue, le Sénégal (501,9 points) a un score moyen similaire à la moyenne de 500 points, là où le Burundi totalise 627,7 points, le Congo 522,7 points et le Burkina Faso 513,8 points.
En mathématiques, le Burundi (605,1 points), le Congo (541,2 points) et le Sénégal (521,4 points) ont des scores nationaux moyens supérieurs à la moyenne des dix pays ayant participé à l’évaluation
En fin de scolarité (CM)
En lecture, le Sénégal (548,4 points), le Burkina Faso (531,6 points), le Burundi (525,4 points), le Bénin (523,4 points), le Cameroun (517,5 points) et la Côte d’Ivoire (517,0 points) ont des scores nationaux moyens supérieurs à la moyenne des dix pays ayant participé à l’évaluation
En mathématiques
Le Burundi (593,6 points), le Sénégal (546,6 points), le Burkina Faso (539,5 points) et le Togo (520,2 points) obtiennent des scores nationaux moyens supérieurs à la moyenne des dix pays ayant participé à l’évaluation en mathématiques.
Enfin, dans le « Rapport de l’évaluation des performances des élèves du CI en lecture et mathématiques » août 2015 INEADE, on peut relever notamment :
En lecture, les tendances suivantes se dessinent :
le score moyen national est de 39.79 sur un total de 100 points
50% des élèves n’atteignent pas ce score qui est déjà très en deçà de la moyenne.
20% des élèves testés sont très faibles en lecture avec des scores compris entre zéro et 19,98 points sur 100
En mathématiques
Le score moyen national en mathématiques est de 58,44/100, dépassant la moyenne des 50/100 points.
30% des élèves testés ont enregistré des scores compris entre 0 et 44,19 points sur 100 alors que 40% des élèves ont atteint le score de 68,95 points.
Ainsi, les évaluations nationales (efficacité interne, examens…) et internationales montrent de faibles performances chez nos élèves. De ce point de vue, il s’avère important d’agir pour amoindrir, voire stopper l’échec scolaire.
- La remédiation comme solution contre l’échec scolaire -
En tant que seconde médiation offerte aux élèves en difficultés ponctuelles, la remédiation scolaire est reconnue par beaucoup comme la meilleure forme de lutte contre l’échec scolaire.
Cette activité de régulation permanente des apprentissages a pour objectif de pallier les lacunes et les difficultés relevées lors de l’observation et de l’évaluation des élèves. Elle peut ainsi contribuer à l’amélioration de la maîtrise des connaissances et compétences et, par conséquent à la réduction des décrochages scolaires. Il est clair que beaucoup d’élèves peuvent continuer normalement leurs apprentissages lorsque nous leur offrons une deuxième médiation : une re-médiation. Rappelons ici quelques évidences :
- Toutes les classes du monde sont hétérogènes. Une classe de 75 élèves compte 75 manières d’apprendre. De ce point de vue, un discours unique aux 75 élèves laisse forcément en rade certains qui ne s’y retrouvent pas.
- Tout apprenant a besoin qu’on revienne sur tel ou tel aspect du cours, tel ou tel élément du programme. C’est pourquoi le législateur a réservé 4 heures par semaine (2 heures le jeudi et 2 heures le jeudi) pour les inévitables réparations à faire.
- Tout élève a un potentiel d’apprentissage
- Les nombreuses évaluations du système restent à rentabiliser : devoirs journaliers, compositions, essais, évaluations standardisées…servent très souvent à des fins seulement administratives. Pourtant, tous les enseignants le savent, l’évaluation n’est pas une fin en soi.
Il faut noter que les activités de remédiation doivent être différentes en procédures et en outils, de celles d’enseignement d’apprentissage. Einstein disait que le début de la folie c’est de faire la même chose et de prétendre à des résultats différents.
- De la recherche à la remédiation scolaire -
Le Laboratoire de Recherche sur les Transformations Economiques et sociales (lartes-ifan) a une longue tradition dans la réalisation de programmes de recherche. Il intervient notamment dans les domaines de l’analyse des politiques de développement et gouvernance, l’évaluation des programmes et projets de développement dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, de la promotion des langues nationales et de la formation, de l’étude de la pauvreté, des vulnérabilités, des mécanismes de résilience, des changements sociaux et de l’évolution des structures familiales… Au nombre des acquis du LARTES–IFAN, l’on peut citer la diversité des profils de chercheurs associés (sociologues, pédagogues, informaticiens, anthropologues, nutritionnistes, économistes statisticiens démographes, géographes, juristes et environnementalistes), la constitution d’une masse critique de connaissances et développement d’outils stables relatifs à l’analyse longitudinale et le passage de l’approche quantitative à l’approche qualitative.
De plus le baromètre citoyen que le LARTES organise, intitulé Jàngandoo (apprendre ensemble), œuvre pour l’amélioration de la qualité des apprentissages au Sénégal, à travers plusieurs programmes achevés et/ou en cours de réalisation.
Depuis 2012, beaucoup de réalisations ont été enregistrées dans les domaines de l’évaluation et de la remédiation. On peut citer notamment dans le domaine de l’évaluation :
En 2012, phase pilote, 1605 enfants testés dans 4 régions
En 2013, 15 277 enfants ont été testés
En 2014, 26 014 enfants ont été testés
En 2016, 22 688 enfants sont testés dans les 45 départements du Sénégal, issus 16 199 ménages.
Ces évaluations ont été suivies d’actions pour l’amélioration de la qualité. En effet, d’importants programmes de remédiation ont été entrepris, on peut citer : Keppaaru Jàngandoo, le Programme d’Amélioration de la Gestion participative des écoles (PAGE), le Programme de remédiation à l’élémentaire (PRE).
Keppaaru Jàngandoo: Le passage de l’évaluation à l’action à partir de 2015 avec Keppaaru Jàngandoo a permis de mettre en place une équipe pluridisciplinaire pour l’élaboration des guides de remédiation. Le dispositif d’évaluation était centré sur l’identification des lacunes des enfants. Après la signature de convention avec les IA, IEF, et Collectivités locales, des remédiateurs ont été recrutés au sein des communautés puis formés. Des activités de remédiation communautaire ont ainsi été déroulées en relation avec les collectivités locales (5) à Dakar, Mbour et Thiès en 2016. Plus de 1 300 élèves ont été remédiés.
Le Programme d’Amélioration de la Gestion participative des écoles (PAGE) :
Ce programme, réalisé avec l’UNICEF et Aide & Action, a permis de tester en lecture et mathématiques 9 022 élèves dans 35 écoles des régions de Tambacounda et de Kédougou en 2016-2017. Le programme a permis de former, à la remédiation, 256 enseignants et 140 remédiateurs ; 70 membres de comités de gestion formés sur le suivi, 35 comités de suivi mis en place, un dans chaque école.
Le Programme avait pour objectif la systématisation de la remédiation dans le processus d’enseignement apprentissage et l’organisation d’activités complémentaires de remédiation au niveau communautaire dans les « Foyers ardents[1] ».
Le Programme de Remédiation à l’Elémentaire (PRE): Financé par la Fondation Dubaï Cares (2017 – 2019), le programme ambitionne de renforcer l’évaluation interne et la remédiation à l’école élémentaire dans les régions de Kaffrine, Kolda et Matam (soit 10 départements).
Ce programme, en cours de réalisation, est en train de développer un programme systématisé d’évaluation interne et de remédiation basée sur une application informatique. Il a pour cible 43 200 élèves dans 62 écoles élémentaires publiques et 14 franco arabes ; 720 enseignants, 76 directeurs d’écoles, 152 remédiateurs communautaires et 23 Inspecteurs de l’éducation ont été formés.
Ces différents programmes ont un impact certain sur plusieurs aspects :
- Forte communication grand public à travers des campagnes de partage des résultats (presse, réseaux sociaux, restitutions ciblées au niveau local et national, participation à des rencontres internationales…
- Un dialogue avec les décideurs à partir des résultats de Jàngandoo et publications d’articles scientifiques et d’ouvrages,
- La démonstration que le changement est possible à travers la généralisation des actions de remédiation à l’intérieur du système éducatif et au niveau communautaire.
- Adhésion et engagement des enseignants, des directeurs et des inspecteurs, parents d’élèves (du fait des résultats positifs et des informations scientifiques mises à disposition),
- Collaboration avec la DEE, les inspections d’académie et directeurs d’écoles et enseignants qui s’engagent dans la mise en œuvre de la remédiation,
- Reconnaissance des apports scientifiques de l’Université à la promotion de la qualité des enseignements apprentissages dans l’éducation de base.
- La reconnaissance de Jàngandoo en tant qu’évaluation indépendante par la communauté éducative.
- La référence par les organismes nationaux et internationaux des résultats du baromètre (Jàngandoo cité par l’USAID comme déclencheur de la formulation du nouveau projet d’amélioration de la lecture).
- Participation des membres de l’équipe Jàngandoo à la formulation du programme d’Appui au développement de l’éducation au Sénégal (PADES), MEN en 2018,
Participation des membres de l’équipe Jàngandoo au processus des Assises Nationales de l’éducation en 2014 et reconnu par les autorités comme une orientation nouvelle visant à institutionnaliser l’évaluation externe en faveur de la qualité de l’éducation
Demandes d’accompagnement des acteurs pour la qualité de l’éducation en productions d’évidences sur des thématiques spécifiques
- Enquêtes CAP avec le programme lecture pour tous (USAID)
Mise en place d’un Observatoire des conditions socio-économiques des ménages.
Des avantages de l’expérience du LARTES –
L’intervention du LARTES présente des spécificités qu’il convient de mettre en exergue. Nous pouvons en relever cinq.
La première sur la voie d’un changement de paradigme dans la redéfinition du rôle de l'évaluation. L’on s’accorde de plus en plus sur l’urgence de passer de "l'évaluation de l'apprentissage" à "l'évaluation pour l'apprentissage".
Le LARTES a toujours fait sienne l’idée selon laquelle une évaluation est toujours réalisée pour prendre des décisions. Stufflebeam disait fort justement ceci : “ L’évaluation en éducation est le processus par lequel on délimite, obtient et fournit des informations utiles permettant de juger des décisions possibles ”. Stufflebeam et al (1980)1. Toutes nos activités de remédiation commencent par une identification des difficultés récurrentes. Après une évaluation réalisée sur tablettes, les enfants sont classés en groupes de besoins. Cela permet de passer de l’hétérogénéité naturelle des élèves à la formation de groupes d’enseignement homogènes qui permettent à tous les élèves d’apprendre selon son propre rythme.
La deuxième spécificité est relative à la synergie d’activités réparatrices
Le LARTES propose toujours une synergie d’activités de remédiation :
La systématisation de la remédiation dans les classes par les maîtres aux heures réservées à cet effet par le législateur
Une remédiation communautaire par des remédiateurs recrutés dans la localité, en dehors des heures de cours.
Troisième spécificité : la remédiation dans les activités ponctuelles. Même si dans la pratique des enseignements apprentissages, la remédiation scolaire est inscrite en bonne place aussi bien dans les emplois du temps que dans les contenus de formation initiale et continuée des enseignants. Il faut dire toutefois que sa prise en charge dans les modules de formation mérite d’être améliorée. C’est seulement pendant les activités d’intégration que l’on retrouve la remédiation. En effet, dans l’apprentissage de l’intégration, il est conseillé d’exploiter trois situations significatives d’intégration : la première en travail collectif avec assistance intégrale du maître ; la deuxième avec travail autonome des élèves aidés par le maître ; la troisième en autonomie totale servant d’évaluation formative et permettant d’identifier les difficultés susceptibles d’être prises en charge dans des activités de remédiation. L’on voit ainsi que pendant les apprentissages ponctuels, les instructions ne parlent pas de remédiation. .
Le LARTES propose dans ses différents programmes des activités de remédiation aussi bien dans les apprentissages ponctuels que dans l’apprentissage de l’intégration.
Autre spécificité, celle du suivi numérique. La plateforme numérique du LARTES offre, en plus des ressources pédagogiques, une application permettant de faire le suivi en temps réel. Tous les acteurs (directeurs d’école, inspecteurs, LARTES…) peuvent suivre les activités réalisées dès que les maîtres et les remédiateurs communautaires se connectent. Ce suivi numérique est d’une importance capitale quand on sait les énormes difficultés de suivi auxquelles le système éducatif est confronté. En effet, au nombre des problèmes cités régulièrement dans la mise en œuvre de la plupart des projets, le suivi figure en bonne place.
La cinquième et dernière spécificité est celle de l’engagement lié aux collectivités territoriales. Le LARTES a opté résolument pour une implication effective des Collectivités territoriales dans tous ses programmes de remédiation. En plus de leur statut de gestionnaire de l’éducation en tant que compétence transférée, le LARTES est convaincu que ces structures locales peuvent jouer un rôle important pour la pérennisation des programmes de remédiation dans les écoles.
En définitive, la contribution du LARTES dans la lutte contre l’échec scolaire est assez significative pour attester que les apports scientifiques de l’Université peuvent et doivent servir à la promotion de la qualité des enseignements – apprentissages dans l’éducation de base.
Kaba Diakhaté est Inspecteur de l’Education à la retraite, Ex coordonnateur du Groupe Langue et Communication, Curriculum de l’éducation de base (CEB).
RÉFÉRENCES
Rapport national sur la situation de l’éducation 2016/Direction de la Planification de la Réforme de l’Education
Rapport de l’évaluation des acquis des élèves des 2ème et 4ème années du primaire, en lecture, mathématique et Education à la science et à la vie sociale / Système national d’évaluation des Rendements scolaires –Edition 7 « SNERS 7 », août 2016
PASEC12014 : performances des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone / Conférence des Ministres de l’Education des Etats et Gouvernements de la Francophonie
Rapport de l’évaluation des performances des élèves du CI en lecture et mathématique » août 2015/ INEADE (Institut National d’Etudes et d’Actions pour le Développement de l’Education)
SIGLES ET ACRONYMES
IFAN : Institut fondamental d’Afrique Noire
UCAD : Université Cheikh Anta Diop de Dakar
BFEM : Brevet de Fin d’Etudes Moyennes
CFEE : Certificat de Fin d’Etudes Elémentaires
CI : Cours d’Initiation
CP : Cours préparatoire
CE 2 : Cours Elémentaire deuxième année
DEE : Direction de l’Enseignement Elémentaire
MEN : Ministère de l’Education Nationale
[1] - il s’agit d’un local aménagé et électrifié avec l’énergie solaire dans lequel les élèves en difficulté sont pris en charge par les remédiateurs communautaires, en dehors des heures de cours
PAR ALPHA FAYE
DÉCENTRALISATION, OÙ EN EST-ON ?
EXCLUSIF SENEPLUS #Enjeux2019 - Accroître la capacité d’agir des territoires, lutter efficacement contre les disparités, sont autant d’enjeux-clés que la réforme de la politique de décentralisation engagée depuis 2013 ne peut occulter
#Enjeux2019 - Dans cette contribution, nous abordons en particulier, la problématique de la décentralisation au Sénégal, en nous focalisant sur des aspects liés à des éléments de bilan, dans un contexte d’année électorale (élection présidentielle et élections locales). Il s’agira de brosser un rapide historique de la décentralisation au Sénégal, avec ses trois grandes étapes (1972 – 1996 ; 1996- 2012 et 2013-2018).
Après cet aperçu historique, nous présenterons une esquisse de bilan (les acquis engrangés ; faiblesses et limites, héritages des premières générations de réformes, mais toujours persistantes, après cinq années de mise en œuvre effective de l’Acte 3 de la décentralisation).
En troisième lieu, nous nous intéresserons à quelques-uns des nombreux défis à relever pour une décentralisation effective porteuse de développement territorial, avec des collectivités territoriales « aptes à délivrer les services publics de base de qualité attendus d’elles et à impulser le développement économique local créateur de richesses et d’emplois… », tel que stipulé dans la Note de cadrage du schéma pour la mise en œuvre du schéma de l’Acte 3.
Enfin, il sera évoqué quelques enjeux, pas très souvent clairement perçus et mis de l’avant par les acteurs-clés du processus de décentralisation, et renvoyant à « la décentralisation conçue comme base d’une gouvernance de proximité ».
- Bref historique de la décentralisation au Sénégal -
La décentralisation est un mode d’organisation institutionnelle qui consiste à faire gérer, par des entités administratives élues, les affaires d’une collectivité territoriale. Des pouvoirs de décision sont reconnus à ces entités administratives en tant que personnes morales, c’est-à-dire dotées d’une personnalité juridique propre. Le processus de décentralisation concerne ainsi les aspects administratifs, financiers et politiques de l’exercice des responsabilités attribuées aux collectivités territoriales.
Toute politique de décentralisation implique en règle générale les aspects ci-après :
Des collectivités territoriales jouissant d’une personnalité morale ; ·
Des élus disposant d’une libre administration de leurs compétences ; ·
Une attribution aux collectivités territoriales de responsabilités et de compétences dans différents domaines des affaires publiques qui concernent notamment les services de proximité ;
Une autonomie financière qui suppose un transfert de ressources suffisantes pour financer les prestations assumées. Cette composante est nécessaire pour que les entités décentralisées puissent remplir adéquatement les tâches qui leur sont confiées.
Depuis 1872, date de création des communes de Gorée et Saint-Louis, le Sénégal s’est lancé dans un processus irréversible de renforcement continu de la décentralisation. Ce processus a conduit essentiellement à deux réformes majeures réalisées, respectivement, en 1972 et en 1996.
Réalisée en 1996, la deuxième réforme majeure, « dans le souci d’accroitre la proximité de l’État et la responsabilité des collectivités locales », consacre la régionalisation, avec notamment, l’érection de la région en collectivité locale, la création de communes d’arrondissement, le transfert aux collectivités locales de compétences dans neuf domaines, l’institution comme principe du contrôle de légalité a posteriori.
Cette réforme de 1996 a porté les collectivités locales au cœur des dynamiques territoriales de développement socio-économique, renforçant la responsabilité de la région, de la commune et de la communauté rurale dans le développement local.
À partir de 2013, apparaît une nouvelle réforme de la politique de décentralisation, appelée « Acte 3 de la décentralisation, par référence aux réformes de 1972 et de 1996.
Cette nouvelle réforme privilégie l’option de « construire, dans le cadre d’un dialogue consensuel et prospectif, le renouveau de la modernisation de l’État, à travers une décentralisation cohérente dans ses principes et performante dans sa mise en œuvre ».
L’objectif général, selon le code des collectivités locales (Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales), consiste à élaborer une nouvelle politique nationale de décentralisation qui permet d’asseoir des territoires viables et compétitifs, porteurs d’un développement durable.
Plus spécifiquement, les objectifs poursuivis, selon la (Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales) sont :
Un ancrage de la cohérence territoriale pour une architecture administrative rénovée ;
Une clarification des compétences entre l’État et les collectivités locales ;
Un développement de la contractualisation entre ces deux niveaux décisionnels ;
Une modernisation de la gestion publique territoriale, avec une réforme des finances locales et une promotion soutenue de la qualité des ressources humaines.
L’Acte 3 est conçu comme une véritable politique d’aménagement du territoire et oriente la concrétisation des aspirations et des espoirs des acteurs territoriaux, en vue de bâtir un projet de territoire. Elle offre l’espace adéquat pour construire les bases de la territorialisation des politiques publiques (Loi n° 2013-10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales).
L’Acte 3 constitue aujourd’hui le cadre de référence de la politique de décentralisation au Sénégal.
En Afrique, il est communément admis que le Sénégal fait figure de pionnier en matière de décentralisation.
Quels résultats après près de 60 ans de politique effective de décentralisation ?
Des acquis indéniables et solides, pour l’essentiel, issues des premières et deuxièmes générations de réformes (1972- 1996).
Aussi, en termes d’avancées dans la politique de décentralisation, nous pouvons relever de l’avis quasi unanime des acteurs impliqués et durant les deux premières phases (1972 et 1996).
La libre administration des collectivités qui est devenue un principe constitutionnel et le transfert de compétences et de ressources, ainsi que le développement de la solidarité et de la subsidiarité ;
Les organes des Collectivités locales constituent des instances reconnues et appropriées pour la prise en charge de l’ensemble des initiatives de développement local ;
La participation des populations à l’identification, à la programmation et à la réalisation des actions de développement local, à travers les collectivités locales, en partenariat avec les organisations communautaires de base, est consacrée ;
Les Collectivités locales constituent des cadres appropriés pour la mise en œuvre des stratégies et politiques définies par l’Etat ;
Le contrôle de légalité supplante le contrôle de tutelle ;
La mise en place de mécanismes financiers à travers la fiscalité locale et les transferts financiers de l’Etat (la compensation) est effective ;
La mise en place de projets et programmes d’appui à la décentralisation et au développement des collectivités locales est promue.
Il faut noter également que depuis 2014, première année de mise en œuvre effective du schéma de l’Acte 3, des avancées nouvelles ont été notées ; Il s’agit :
Une volonté politique déclarée de construire le Sénégal à partir des territoires « aux fins de mettre fin aux disparités territoriales qui exacerbent les frustrations, accentuent les revendications et les conflits » ;
Une prise de conscience affirmée des nouvelles demandes, des nouveaux défis économiques, technologiques, de démocratisation ;
L’érection du département en collectivité territoriale et celle envisagée de grands pôles territoriaux ;
La réaffirmation du principe selon lequel la décentralisation permet aux populations de s’impliquer dans la gestion de la chose publique ;
L’augmentation relative des transferts financiers directs (fonds de dotations et fonds de concours) destinés aux collectivités territoriales ;
La restructuration envisagée du Fonds d’Équipement des Collectivités Territoriales (FECT), notamment sa répartition aux 559 collectivités territoriales de façon prévisible, selon des critères clairs et objectifs, qui favorisent notamment les plus pauvres et les plus rurales.
- Des faiblesses et limites après cinq années de mise en œuvre de l’Acte 3 -
Au titre de ces limites et faiblesses, nous pouvons noter :
Des faiblesses objectives du cadre institutionnel et organisationnel de la décentralisation pour la promotion du développement territorial ;
La faiblesse de la politique d’aménagement du territoire limitée par une architecture territoriale rigide ;
Du manque de viabilité des collectivités locales et de valorisation des potentialités de développement de ces territoires ;
La faiblesse de la gouvernance locale accentuée par une multitude d’acteurs avec des préoccupations parfois différentes ;
La faiblesse de la coproduction des acteurs du développement territorial qui induit fortement l’inefficacité des interventions ;
La persistance de l’incohérence et l’inefficience des mécanismes de financement du développement local accentuées par l’insuffisance des moyens.
La non effectivité d’un schéma clair, partagé, consensuel et opérationnel de financement de la décentralisation et du développement territorial, en adéquation avec les nouvelles ambitions politiques en matière de décentralisation et de développement territorial
- Encore de gros défis à relever -
Près de 60 ans de politique de décentralisation ont permis de faire des avancées significatives. En effet, la première réforme de 1972 posa « l’acte précurseur des libertés locales plus affirmées, avec la création des communautés rurales, la promotion de la déconcentration et la régionalisation de la planification ».
Réalisée en 1996, la deuxième réforme, « dans le souci d’accroître la proximité de l’État et la responsabilité des collectivités locales », consacre la régionalisation avec notamment l’érection de la région en collectivité locale, la création des communes d’arrondissements, le transfert aux collectivités locales de compétences dans neuf domaines, l’institution, comme principe, du contrôle de légalité à posteriori et la libre administration des collectivités locales.
L’érection des communautés rurales et des communes d’arrondissement, en communes de premier ordre pourrait ouvrir de nouvelles opportunités aux collectivités territoriales.
Il en est de même de l’engagement des autorités nationales à augmenter de manière progressive les pourcentages indexés sur la TVA pour l’alimentation du FDD et du FECL jusqu’à 15%.
Toutefois, de nombreux défis sont à relever. Un premier serait sans doute de mieux articuler les trois dimensions de la décentralisation, à savoir : la dimension politique, la dimension administrative et la dimension financière.
En effet, à travers la décentralisation effective et entière de responsabilité de proximité vers les collectivités territoriales, l’État allège son Administration, accroît l’autonomie des territoires et renoue avec ses missions fondamentales (..).
La décentralisation politique ouvre la voie à la démocratie locale, à la participation des citoyens aux affaires locales et à la responsabilisation des mandataires territoriaux
La dimension financière concerne la réaffectation des ressources centrales aux instances territoriales, y compris la délégation de crédits par les ministères sectoriels aux niveaux décentralisés.
Ainsi, la décentralisation fiscale conduit au renforcement des capacités des instances territoriales en vue de l’attribution des compétences en matière de dépenses et de revenus, leur conférant ainsi un niveau plus ou moins grand d’autonomie financière.
Un deuxième défi est celui consistant à concevoir la décentralisation comme étant à la base d’une réelle gouvernance de proximité, en vue de concevoir et de mettre en œuvre les mécanismes et dispositifs adéquats.
La gouvernance proximité suppose naturellement de nouvelles sources de revenus et une décentralisation plus poussée des pouvoirs et des compétences, mais aussi et surtout la reconnaissance et la valorisation du territoire comme réservoir de ressources et système local de régulation, la mise en place de mécanismes variés et souples de collaboration et de coordination.
En effet, le territoire n’est pas seulement une surface terrestre ou un espace qui se distingue physiquement, géographiquement et institutionnellement. Il est d’abord le résultat ou le produit d’un système social, économique et culturel en perpétuel mouvement. Le territoire est de ce fait un système complexe d’acteurs qui, en raison de leur interdépendance, leurs interrelations situationnelles, leur capacité d’apprentissage et l’activation de leurs multiples ressources, créent, font usage et transforment sans cesse leur environnement immédiat ou cadre de vie quotidien.
Le management de la gouvernance de proximité ne peut, en conséquence, être du seul ressort ou même du ressort principal des élus, que ces derniers opèrent à partir du niveau central, ou territorial.
Le management, en effet, est autant affaire de mobilisation et d’optimisation que de direction, impliquant aussi bien des acteurs publics que non publics.
Étant entendu que l’objectif ultime de la décentralisation est de créer des collectivités territoriales fortes, autonomes, partenaires complémentaires de l’État central.
Une administration locale des affaires publiques sera plus efficace par une prestation de services qui répond mieux aux besoins des citoyens. La décentralisation vise à donner aux collectivités territoriales des compétences propres, distinctes de celles de l’État, et à assurer ainsi un meilleur équilibre des pouvoirs sur l’ensemble du territoire. Elle doit rapprocher le processus de décision des citoyens, favorisant l’émergence d’une démocratie de proximité.
Comme le note la Fédération Québécoise des Municipalités (FQM), « une véritable décentralisation entraînera l’émergence d’un État de proximité, au plus grand bénéfice des citoyennes et des citoyens »
- Des enjeux pas toujours bien perçus -
Lors de la dernière Conférence sur l’aménagement du territoire et l’attractivité des territoires, Madame Louise Cord, directrice des opérations de la Banque mondiale au Sénégal déclarait, je la cite : « la décentralisation est une piste importante qui permettra de rapprocher les décideurs de politiques publiques aux populations et à leur réalité locale. Valoriser pleinement le potentiel de ce beau pays qu’est le Sénégal, dépendra en grande partie de l’émergence de villes secondaires dynamiques et vibrantes ; des villes capables d’attirer l’investissement privé, de stimuler la croissance économique, de créer des emplois, de connecter les territoires, d’offrir des services de base de qualité à tous et d’encourager les jeunes à rester au pays ... L’émergence du Sénégal devrait être fondée sur la garantie qu’aucune partie du territoire, ni segment de la population, ne soit laissée pour compte et que tous les citoyens bénéficient et participent activement au développement de leur pays. », fin de citation.
Ces propos illustrent à suffisance la multiplicité des enjeux attachés à la décentralisation, qui on ne cessera jamais de le rappeler, trouve « sa justification par le fait que les administrations territoriales, en étant plus proches des citoyens, sont plus aptes que les administrations nationales à gérer efficacement leurs ressources et plus sensibles aux attentes de leur population, puisqu’elles sont plus informées des besoins des gens de leur communauté. »
En effet, les acteurs politiques, administratifs et sociaux agissent d’abord et plus spontanément sur leur environnement immédiat (et lorsque les lieux de décision et de participation sont à leur portée).
C’est pourquoi, la décentralisation représente une voie favorisant l’expression du pluralisme social et politique et permet de faire émerger des solutions constructives et distinctes d’un territoire à l’autre de manière à contribuer au développement des communautés locales.
Mais ces enjeux ne sont pas toujours bien perçus dans les processus de décentralisation au Sénégal. Pour preuve, les propos attribués à tort ou à raison au député maire de Ziguinchor lors d’un meeting au quartier Kandé : « j’ai rallié la coalition Benno Bok Yakar, pour que des réalisations se fassent à Ziguinchor ».
Des propos similaires ont également été attribués à Monsieur Amadou Bâ, ministre de l’économie, en meeting, ou campagne de proximité dans la Commune de Dieuppeul Derklé, disant à ses militants et aux populations que « le Maire ne peut rien faire pour sa Commune » (il doit s’agir certainement d’un maire de l’opposition).
Ceci pose à coup sûr, la problématique de l’affectation des investissements publics au niveau des collectivités territoriales dont beaucoup ont la perception (vraie ou fausse) qu’elle continue de se faire « à la tête du client » : tout pour les partisans et rien pour les autres, en dépit des déclarations en engagements publics.
Il y a lieu de préciser, à ce propos, que dans les démocraties modernes et majeures, l’État est en principe au services exclusif de tous les citoyennes/ citoyens, sans parti-pris, avec à la clé une redistribution de la richesse nationale qui se fait de manière transparente, selon une planification/programmation connue d’avance par toutes les parties prenantes de la vie publique.
Des critères tels que : la transparence, la justice sociale, l’équité territoriale, l’inclusion, l’efficience, la recevabilité, le contrôle citoyen …sont mis en avant.
C’est à ce prix que le Sénégal pourrait faire des avancées significatives et réellement ressenties par tous les segments de la population, de quelque bord politique qu’ils soient dans la voie de l’émergence, tant chantée, et du développement inclusif et durable.
Accroître la capacité d’agir des territoires, développer le potentiel de chaque territoire, promouvoir le développement durable et inclusif des territoires, lutter efficacement contre les disparités économiques et sociales entre les régions, élaborer et mettre en œuvre des véritables projets de territoire sont autant d’enjeux-clés liés à la décentralisation, que la réforme de la politique de décentralisation engagée depuis 2013 ne peut occulter, sous peine de passer à côté des finalités qui lui sont assignées.
Les candidats aux élections présidentielles et locales sont fortement attendus sur ces défis et enjeux cruciaux pour notre pays.
Alpha Faye est enseignant de formation de base, titulaire d’une maîtrise en gestion des entreprises et des organisations et d’un Master en management des programmes et projets de développement. Il s’intéresse entre autres à la planification participative, la décentralisation et le développement territorial, le leadership.
POINT DE MIRE SENEPLUS - Tu resteras l'un des meilleurs journalistes économiques du Sénégal - La gloire professionnelle t'était venue lentement mais sûrement Je te savais de petite santé...
Tu resteras l'un des meilleurs journalistes économiques du Sénégal. La gloire professionnelle t'était venue lentement mais sûrement.
Ton héritage journalistique est riche, tant tu as représenté la pointe informative la plus aigüe de l'économie, de la finance et du business dans la Sous-région. De loin, tu as été le plus créatif, le plus passionné et le plus authentique de notre génération.
Homme à la vision créatrice, pédagogue généreux et souriant, père de famille aimant, tu avais commencé à orienter Khady Ciss, ton épouse-courage, dans ce métier ô combien noble mais ingrat qu'est le journalisme. Notre dernière conversation, à la fois délicieuse et chaleureuse - comme d'habitude - date de quelques semaines. Nous faisions alors un debrief sur le numéro de Réussir "Business et Politique" auquel j'avais apporté toute ma contribution du dedans et du dehors.
Visiblement satisfait, tu avais pris date pour des projets futurs. Mais ce jeudi, dès poitron-minet, tu t'étais dignement endormi pour toujours. Baye Dame, tu viens de nous devancer au rendez-vous le plus immanquable, le plus démocratique et le plus douloureux.
Pour ta femme et tes enfants, tes amis et parents, nous leur présentons nos condoléances les plus attristées. Prions pour BDW, il a réussi son passage sur terre.
Présidentielle au Sénégal, l'heure du bilan pour Macky SALL
NON, LES CANDIDATS NE SONT PAS LES SEULS AUTORISÉS À BATTRE CAMPAGNE
POINT DE MIRE SENEPLUS - Le gouvernement a indiqué le contraire, en réaction à des propos de Wade - La campagne électorale est un contexte général de liberté - Des manifestations et autres meetings se déroulent un peu partout en l’absence des candidats
Africa Check |
Samba Dialimpa Badji |
Publication 21/02/2019
Le secrétaire général, porte-parole du gouvernement sénégalais a publié le 14 février 2019 un communiqué pour réagir à des propos tenus par l’ancien président Abdoulaye Wade de retour d’un long séjour à l’étranger.
Dans le texte, on peut lire ce passage : « le gouvernement voudrait également rappeler que pendant la durée de la campagne électorale, seuls les candidats à l’élection présidentielle sont autorisés à battre campagne ».
Quelle est la source du porte-parole du gouvernement sénégalais ?
Africa Check a contacté le chargé de la communication du porte-parole du gouvernement du Sénégal, Pascal Alihonou. Il nous a expliqués que la disposition se trouve dans le code électoral. Il a notamment cité le passage de l’alinéa 4 de l’article LO.125 disant : « Est interdite toute activité assimilable à une campagne électorale dans les conditions définies par l’article L.61 ».
Que dit l’article L.61 ?
L’article L.61 du code électoral dispose que « durant les trente (30) jours précédant l’ouverture de la campagne officielle électorale, est interdite toute propagande déguisée ayant pour support les médias nationaux publics et privés ».
L’article énumère ensuite ce qui est considéré comme « actes de propagande électorale déguisée ».
Il s’agit notamment de « toute manifestation ou déclaration publique de soutien à un candidat ou à un parti politique ou coalition de partis politiques, faite directement ou indirectement par toute personne ou association ou groupement de personnes quelle qu’en soit la qualité, nature ou caractère ».
Le texte ajoute que « sont assimilées à des propagandes ou campagnes déguisées, les visites et tournées à caractère économique, sociale ou autrement qualifiées, effectuées par toutes autorités de l’Etat sur le territoire national et qui donnent lieu à de telles manifestations ou déclarations ».
Quelles sont les dispositions relatives à la campagne électorale ?
C’est le chapitre 2 du code électoral qui organise l’activité de la campagne électorale. Aucun des sept articles de ce chapitre (de LO.124 à LO.131) ne dit que la campagne électorale est exclusivement réservée aux candidats à l’élection présidentielle.
Le code insiste particulièrement sur le respect de l’égalité entre les candidats dans leurs apparitions dans les médias, du service public notamment. C’est ainsi que l’article LO.131 dispose que « l’organe de régulation des médias veille à ce que le principe d’égalité entre les candidats soit respecté dans les programmes d’information du service public de radiodiffusion – télévision en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations, écrits, activités des candidats et la présentation de leur personne ».
Alors que l’article LO.129 indique que « pendant la durée de la campagne électorale pour le premier tour comme, le cas échéant, pour le second tour du scrutin, les candidats en lice à la Présidence de la République figurant sur la liste arrêtée et publiée par le Conseil constitutionnel reçoivent un traitement égal dans l’utilisation des moyens de propagande de la tranche horaire quotidienne du service public de l’audiovisuel réservée aux candidats ».
La campagne électorale, un contexte général de liberté
Africa Check a contacté le Professeur Abdoulaye Dièye, constitutionnaliste à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar pour savoir s’il y avait une disposition légale qui réserve le droit de battre campagne aux seuls candidats à l’élection présidentielle.
Il nous a répondu n’avoir vu une telle disposition « ni dans la partie législative, ni dans la partie réglementaire » du code électoral.
Il souligne que la campagne électorale étant par principe « un contexte général de liberté, il serait hors de propos de faire une telle affirmation ». Il donne notamment les exemples de toutes les manifestations et autres meetings qui se déroulent un peu partout dans le pays, en l’absence des candidats.
Par ailleurs l’article L.59 du code électoral dispose que « les réunions électorales qui se font pendant la campagne officielle électorale se tiennent librement sur l’ensemble du territoire national »
LES POLITIQUES DE JEUNESSE DE QUATRE DES CINQ CANDIDATS EXPOSEES AU PUBLIC
Dialoguer et faire imprégner des politiques de jeunesse des cinq candidats. Telle était l’ambition du Conseil national de la Jeunesse du Sénégal (Cnjs) en conviant les représentants des cinq concurrents au scrutin de dimanche prochain.
A part l’absence du responsable des jeunesses de la coalition Idy 2019, Mory Guèye, tous les autres leaders des mouvements de jeunesse des quatre autres candidats ont cherché à défendre le programme en direction de la jeunesse de leurs candidats.
La présidente de FECSDA (Femme, Education, Santé et Développement en Afrique), Hélène Rama Niang Diagne, a campé d’emblée le décor. « Cette fois-ci, on a voulu mettre l'accent sur la politique de la jeunesse. Nous avons retenu que nous avons des jeunesses responsables et de qualité. Ce que nous recherchions, c’est que chacun puisse être capable de donner des arguments par rapport à la politique de jeunesse proposée par son candidat. Nous voulons changer de paradigmes, ne plus assister à des invectives et des injures venant des jeunes » a-t-elle expliqué.
Zator Mbaye des jeunes de Bby : « Le deuxième mandat de Macky, une continuité pour aider les jeunes à se procurer des emplois comme il l'a toujours fait durant ses 7ans »
Prenant en premier la parole, le représentant de la coalition Benno Bokk Yakaar, (Bby), Zator Mbaye a défendu le bilan de Macky Sall. Selon lui, le président Sall a déjà beaucoup fait pour la jeunesse sénégalaise notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. « A partir de la naissance, entre 0 à 5 ans, le président Macky Sall, comme on dit, te gère sur le plan de la santé. Tu ne paies absolument rien. C’est quand même important ! Aujourd'hui, il y'a un projet de zéro abri provisoire. Il faut se rappeler que le Sénégal n'est pas un pays riche. Le président va résorber les abris provisoires pour que nos enfants puissent étudier dans de bonnes conditions. D'ici 2020, il n’y aura plus d’abris provisoires. Il a densifié les infrastructures scolaires à tous les niveaux. Certains parents d’élèves ont été accompagnés dans le cadre de la mise place des bourses de sécurité famille. Sur le plan de l’emploi, 491 mille emplois ont été créés par le président Macky Sall. Il a mis en place la Der (Délégation Générale à l'Entreprenariat Rapide) pour accompagner les jeunes et les femmes. Donc, son deuxième mandat ne sera qu'une continuité pour aider la jeunesse à se procurer des emplois, comme il l'a toujours fait durant ses 7 ans du premier mandat » a énuméré le responsable des jeunes de Benno, le député Pape Diallo dit Zator Mbaye.
Ibrahima Thiam de "Sonko président" : Macky Sall admet qu'il a échoué durant son mandat de 7 ans
Pour le responsable des jeunes de la coalition « Sonko président », Ibrahima Thiam, les 7 ans de Macky Sall ont été un échec total dans tous les secteurs. « Entre 2012 et 2018, nous avons eu beaucoup de déceptions du côté des jeunes. Entre 2012 et 2018, le taux de chômage est passé de 12.9 à 15.2% d'après les chiffres de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). En 2018, il y a eu une enquête nationale sur l'emploi des jeunes qui a donné un taux de chômage de 15.9 %. Donc, le régime du candidat Macky Sall se caractérise plus par un fort taux de chômage des jeunes que par des emplois créés pour cette frange de la population. La question du chômage des jeunes devait être une priorité pour Macky Sall. Luimême reconnait qu'il a échoué, lors de la présentation de son livre "Sénégal au cœur », lorsqu'il disait que l'employabilité des jeunes sera sa priorité au cours de son deuxième mandat. Donc, il admet qu'il a échoué dans son mandat de 7 ans. Le président Ousmane Sonko a pris en compte dans son programme les questions de l'employabilité des jeunes à travers le renforcement des secteurs comme la pêche, l'agriculture et l'élevage » a indiqué Ibrahima Thiam, responsable des jeunes de la coalition « Sonko président. »
Habib Ndiaye du Pur : "Ce que notre candidat, Pr El Hadj Issa Sall, promet à la jeunesse sénégalaise... »
« Concernant le bilan de la politique de jeunesse du candidat Macky Sall, d'abord sur le plan de l'éducation et de l'enseignement supérieur, aujourd'hui on nous parle de 40 mille étudiants renvoyés des établissements, c'est regrettable. Notre candidat, Pr El Hadj Issa Sall a promis à la jeunesse sénégalaise d'augmenter l'employabilité dans la formation : rendre obligatoire l'alternance école/entreprise par une immersion professionnelle dans tous les domaines afin de permettre aux jeunes d'être opérationnels à la sortie de leurs formations. Il a également promis d'enrayer définitivement le phénomène des enfants de la rue. Une fois au pouvoir, il a également promis d'ouvrir la recherche et l'innovation au secteur privé : favoriser un partenariat public-privé entre les universités, organismes de recherches et les entreprises pour construire une formation en adéquation avec les opportunités économiques » a notamment indiqué Habib Ndiaye, responsable des jeunes du Pur (Parti de l’unité et du rassemblement).
Moustapha Koundoul de « Madické président » : « le Pse n'a aucune référence dans la politique de jeunesse ».
Le responsable des jeunes de la coalition "Madické président", Moustapha Koundou a également jugé que le bilan du candidat sortant Macky Sall est négatif dans la prise en charge de l'employabilité des jeunes. Selon lui, le Plan Sénégal Emergent n'a aucune référence dans ce domaine. « Le bilan de Macky Sall est très négatif. Il a échoué dans sa politique globale. Son bilan est carrément en retard par rapport à nos attentes. Le président Madické Niang serait très disponible à débattre avec le président Macky Sall sur les questions de la politique de la jeunesse » a indiqué Moustapha Koundou, responsable des jeunes de la coalition "Madické président"