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31 août 2025
LES POLITIQUES DE JEUNESSE DE QUATRE DES CINQ CANDIDATS EXPOSEES AU PUBLIC
Dialoguer et faire imprégner des politiques de jeunesse des cinq candidats. Telle était l’ambition du Conseil national de la Jeunesse du Sénégal (Cnjs) en conviant les représentants des cinq concurrents au scrutin de dimanche prochain.
A part l’absence du responsable des jeunesses de la coalition Idy 2019, Mory Guèye, tous les autres leaders des mouvements de jeunesse des quatre autres candidats ont cherché à défendre le programme en direction de la jeunesse de leurs candidats.
La présidente de FECSDA (Femme, Education, Santé et Développement en Afrique), Hélène Rama Niang Diagne, a campé d’emblée le décor. « Cette fois-ci, on a voulu mettre l'accent sur la politique de la jeunesse. Nous avons retenu que nous avons des jeunesses responsables et de qualité. Ce que nous recherchions, c’est que chacun puisse être capable de donner des arguments par rapport à la politique de jeunesse proposée par son candidat. Nous voulons changer de paradigmes, ne plus assister à des invectives et des injures venant des jeunes » a-t-elle expliqué.
Zator Mbaye des jeunes de Bby : « Le deuxième mandat de Macky, une continuité pour aider les jeunes à se procurer des emplois comme il l'a toujours fait durant ses 7ans »
Prenant en premier la parole, le représentant de la coalition Benno Bokk Yakaar, (Bby), Zator Mbaye a défendu le bilan de Macky Sall. Selon lui, le président Sall a déjà beaucoup fait pour la jeunesse sénégalaise notamment dans les domaines de la santé et de l'éducation. « A partir de la naissance, entre 0 à 5 ans, le président Macky Sall, comme on dit, te gère sur le plan de la santé. Tu ne paies absolument rien. C’est quand même important ! Aujourd'hui, il y'a un projet de zéro abri provisoire. Il faut se rappeler que le Sénégal n'est pas un pays riche. Le président va résorber les abris provisoires pour que nos enfants puissent étudier dans de bonnes conditions. D'ici 2020, il n’y aura plus d’abris provisoires. Il a densifié les infrastructures scolaires à tous les niveaux. Certains parents d’élèves ont été accompagnés dans le cadre de la mise place des bourses de sécurité famille. Sur le plan de l’emploi, 491 mille emplois ont été créés par le président Macky Sall. Il a mis en place la Der (Délégation Générale à l'Entreprenariat Rapide) pour accompagner les jeunes et les femmes. Donc, son deuxième mandat ne sera qu'une continuité pour aider la jeunesse à se procurer des emplois, comme il l'a toujours fait durant ses 7 ans du premier mandat » a énuméré le responsable des jeunes de Benno, le député Pape Diallo dit Zator Mbaye.
Ibrahima Thiam de "Sonko président" : Macky Sall admet qu'il a échoué durant son mandat de 7 ans
Pour le responsable des jeunes de la coalition « Sonko président », Ibrahima Thiam, les 7 ans de Macky Sall ont été un échec total dans tous les secteurs. « Entre 2012 et 2018, nous avons eu beaucoup de déceptions du côté des jeunes. Entre 2012 et 2018, le taux de chômage est passé de 12.9 à 15.2% d'après les chiffres de l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). En 2018, il y a eu une enquête nationale sur l'emploi des jeunes qui a donné un taux de chômage de 15.9 %. Donc, le régime du candidat Macky Sall se caractérise plus par un fort taux de chômage des jeunes que par des emplois créés pour cette frange de la population. La question du chômage des jeunes devait être une priorité pour Macky Sall. Luimême reconnait qu'il a échoué, lors de la présentation de son livre "Sénégal au cœur », lorsqu'il disait que l'employabilité des jeunes sera sa priorité au cours de son deuxième mandat. Donc, il admet qu'il a échoué dans son mandat de 7 ans. Le président Ousmane Sonko a pris en compte dans son programme les questions de l'employabilité des jeunes à travers le renforcement des secteurs comme la pêche, l'agriculture et l'élevage » a indiqué Ibrahima Thiam, responsable des jeunes de la coalition « Sonko président. »
Habib Ndiaye du Pur : "Ce que notre candidat, Pr El Hadj Issa Sall, promet à la jeunesse sénégalaise... »
« Concernant le bilan de la politique de jeunesse du candidat Macky Sall, d'abord sur le plan de l'éducation et de l'enseignement supérieur, aujourd'hui on nous parle de 40 mille étudiants renvoyés des établissements, c'est regrettable. Notre candidat, Pr El Hadj Issa Sall a promis à la jeunesse sénégalaise d'augmenter l'employabilité dans la formation : rendre obligatoire l'alternance école/entreprise par une immersion professionnelle dans tous les domaines afin de permettre aux jeunes d'être opérationnels à la sortie de leurs formations. Il a également promis d'enrayer définitivement le phénomène des enfants de la rue. Une fois au pouvoir, il a également promis d'ouvrir la recherche et l'innovation au secteur privé : favoriser un partenariat public-privé entre les universités, organismes de recherches et les entreprises pour construire une formation en adéquation avec les opportunités économiques » a notamment indiqué Habib Ndiaye, responsable des jeunes du Pur (Parti de l’unité et du rassemblement).
Moustapha Koundoul de « Madické président » : « le Pse n'a aucune référence dans la politique de jeunesse ».
Le responsable des jeunes de la coalition "Madické président", Moustapha Koundou a également jugé que le bilan du candidat sortant Macky Sall est négatif dans la prise en charge de l'employabilité des jeunes. Selon lui, le Plan Sénégal Emergent n'a aucune référence dans ce domaine. « Le bilan de Macky Sall est très négatif. Il a échoué dans sa politique globale. Son bilan est carrément en retard par rapport à nos attentes. Le président Madické Niang serait très disponible à débattre avec le président Macky Sall sur les questions de la politique de la jeunesse » a indiqué Moustapha Koundou, responsable des jeunes de la coalition "Madické président"
PAR L'ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, IBE NIANG ARDO
LE 24 FÉVRIER NE VERRA PAS D'APOCALYPSE
EXCLUSIF SENEPLUS - Il est illogique de s'attendre à remporter la victoire des urnes quand on a comme promesse que la calamité et pour tout message, des propos bio-négatifs
Ibe Niang Ardo de SenePlus |
Publication 21/02/2019
Le Sénégal se réveillera sous de meilleurs auspices le 25 Février, après une journée électorale passée conformément à nos mœurs de démocratie éprouvée. Chacun de nous peut soutenir qui il veut, croire ce qu'il veut, spéculer comme il veut, mais ce sont les urnes qui donneront le verdict parce que nous sommes en démocratie ; la preuve en est que bon nombre de ceux qui prétendent le contraire ne se privent paradoxalement pas d'abuser publiquement de ce statut. Il y a cinq candidats en lice pour les joutes du 24 Février prochain et à ce jour de la campagne.
Je les ai entendu tous prétendre gagner au premier tour et c'est bien ainsi qu'il doit en être. Pourtant quelques semaines auparavant, quand les partisans de la coalition de la majorité présidentielle disaient que leur candidat passerait au premier tour, tous les opposants rétorquaient que c'était impossible vu l'équilibre des forces en présence et, dénonçaient avec persistance un complot imaginaire. Ils ont peut-être fini par comprendre qu'il n'en était rien et que par ailleurs, pour un candidat, le fait de poursuivre sa campagne tout en affirmant la conviction que son propre échec lié à des fraudes était programmé, relève d'un paradoxe insensé.
Il est aussi illogique de s'attendre à remporter la victoire des urnes quand on a comme promesse que la calamité et pour tout message des propos bio-négatifs, envers les jeunes qui ont plutôt besoin de rêves d'avenir et d'espaces paisibles. Alors la maturité du peuple nous aidera à faire la différence et nous sortir, de la plus belle manière, de cette élection présidentielle du 24 Février.
De la responsabilité des acteurs politiques
A d'autres pays, autres mœurs et, il en est certains qui ont des mœurs louées à travers le monde. C'est le cas de la Suisse où il se passe souvent des votes et où le civisme est hissé à un point tel qu'après le temps des campagnes, il n'est donné que quelques jours aux candidats en lice qui ont placardé le pays d'affiches, de les enlever toutes de l'espace public sans laisser de trace, faute de quoi une amende conséquente s'applique au contrevenant. Je crois qu'on a besoin de règles similaires dans ce pays au vu du chaos et de l'anarchie auxquels nous condamnent les affiches dans nos rues. Mais pour l'instant, nous ne pouvons les imposer aux candidats, ce serait trop leur demander. Eut égard au déficit de civisme ambiant, nous nous contenterons alors de moins, deux exigences pour le salut de tous :
Se dédouaner publiquement de leur responsabilité dans la psychose de violence qui entache cette élection. Car nul n'en disconviendra, les fanfaronnades, sarcasmes, diffamations, provocations gratuites et autres passe-d'armes ne peuvent être étrangers à cette psychose dont nous pouvions nous passer. Alors à au moins vingt quatre heures avant les élections, qu'ils veuillent bien tout simplement, appeler respectivement et solennellement leurs partisans à aller voter dans la sérénité et le calme avant de retourner tranquillement chez eux.
Demeurer loyal et fair-play après le verdict
De la crédibilité et du fair-play dans la vie politique
La majeure partie de l'opposition est engagée dans le processus électoral à travers le jeu des alliances autour de quatre candidats. Cela correspond à une acceptation du jeu. C'est dire que la page des défis, oppositions et bravades des temps passés, est tournée, l'on se dirige tous vers un verdict du scrutin. Alors quand ce verdict sera tombé et validé par les observateurs, il devra être salué de tous les acteurs par une déclaration approbative sans ambiguïté. Car il est déloyal de solliciter le suffrage de citoyens qui aiment leur pays, à l'effet d'avoir en mains leurs destinées, alors que l'on n'est pas capable de respecter les institutions de cette communauté. Quant à être dans le nihilisme et tenir vaille que vaille à ce que rien ne tourne rond du moment que l'on n'est pas au pouvoir, cela frise le crétinisme.
A défaut d'être élu, l'acteur doit consolider son leadership et veiller à ne rien perdre de sa dignité et de son profil de leader présidentiable. Faire montre de fair-play et savoir que l'on apprend souvent beaucoup plus d'un échec que d'une victoire. Il faut surtout faire attention à ne pas confondre le tsunami qui se profile à l'horizon des urnes à l'apocalypse.
SONKO EN PELERINAGE L’UNIVERSITE GASTON BERGER POUR UN MEETING MAGISTRAL
Au sein du campus social de l’Université Gaston Berger (UGB), le leader des Patriotes a fait savoir d’emblée devant une immense foule d’étudiants qu’il est venu introduire une conférence et non pas tenir un meeting de campagne.
Apres sa conquête du Walo, le candidat Ousmane Sonko est arrivé à Saint-Louis durant la nuit du mardi 19 février 2019. Au sein du campus social de l’Université Gaston Berger (UGB), le leader des Patriotes a fait savoir d’emblée devant une immense foule d’étudiants qu’il est venu introduire une conférence et non pas tenir un meeting de campagne. Discours aux relents académiques !
L’attraction de l’élite et de la jeunesse autour du candidat Ousmane Sonko est chose réelle. Le leader des Patriotes est le candidat maitre des universités sénégalaises. Si son passage à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar lors de la première journée de campagne avait été un grand succès, le pèlerinage qu’il a effectué à Gaston Berger — où il a fait ses études supérieures —a battu le record de mobilisation. En Sankara revisité, l’énarque a drainé les foules estudiantines depuis l’entrée de l’établissement jusqu’au campus social. Devant des étudiants acquis à sa cause qui scandaient « Président ! Président » dans un vacarme sur fond de bousculade, le jeune phénomène politique précise. «Je vais pas faire un meeting, je vais faire une conférence. Je veux que l’on considère que nous sommes en plein amphithéâtre pour une conférence ». La force intellectuelle du discours est ainsi annoncée. En style académique, Sonko amorce l’histoire macabre de ce temple du savoir ou il a fait ses armes en tant qu’étudiant qui a passé en ce lieu quatre ans d’études sanctionnées par une maitrise en droit public. « En 1997, deux ans après mon arrivée ici, les conditions s’étaient tellement détériorées qu’il y a eu une grève et c’était la première fois qu’ici à Sanar, on a ouvert le feu à balles réelles sur des étudiants. Il y avait eu des blessés graves dont certains avaient été évacués en France. Aujourd’hui, on nous parle de morts d’hommes, des étudiants sont assassinés et jusqu’à présent la lumière n’a pas été faite », rappelle t-il pour illustrer la souffrance chronique des étudiants. Le «système» est indexé. Le candidat de la coalition « Sonko président » pointe du doigt la classe politique traditionnelle qu’il accuse de faire œuvre d’une gestion gabégique. « Les responsables de cette situation, ce sont ceux qui sont là depuis Senghor, qui se sont partagé l’argent du Sénégal en se prévalant d’une expérience qui ne consiste qu’en la corruption et le népotisme, le détournement de fonds, le clientélisme et le manque criard de patriotisme », explique t-il avant d’exposer sur ses sujets de prédilection.
« Ce qu’ils ont fait avec nos ressources naturelles est une trahison d’Etat et ils vont rendre compte au peuple sénégalais »
Le candidat chouchou de la jeunesse, qui n’épargne le pouvoir en place dans aucune de ses sorties, est passe de l’histoire politique au secteur énergétique. « Ce qu’ils ont fait avec nos ressources naturelles est une trahison d’Etat et ils vont rendre compte au peuple sénégalais », prévient Sonko sur un ton cette fois-ci radical. Sur ce, le jeune candidat a décliné l’axe programmatique de son programme dans ce volet. « Notre priorité sera de renégocier impérativement les contrats pétroliers. Car rien qu’avec la renégociation de ces contrats, je peux vous garantir que nous allons multiplier le budget du Sénégal par cinq en deux ans pour l’investir dans l’éducation, dans l’enseignement supérieur, dans la santé, dans les infrastructures, dans l’agriculture et dans la pêche», promet il. En souverainiste convaincu, Sonko, dans une posture de conférencier, a jeté son regard critique sur les offres programmatiques par rapport à la politique monétaire, face à un auditoire estudiantin bien préparé à saisir le message. « Le candidat qui n’aura pas le courage de vous dire que le franc CFA n’est pas une bonne monnaie, ce candidat ne pourra pas développer le Sénégal », soutient le leader du Pastef, considérant que cette question de la monnaie représente un enjeu consubstantiel à tout essor économique.
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LES POPULATIONS DOIVENT CONNAITRE LE PROGRAMME DES CANDIDATS
EXCLUSIF SENEPLUS - Aliou Sané, membre du mouvement Y’en à marre revient sur l'initiative permettant aux candidats d’échanger avec les populations sur leurs projets - VIDÉO EN MANDINGUE
Omar Niane et Fanseyni Djité |
Publication 21/02/2019
Y’en à marre tiendra son ‘’Wallu Askanwi" pour permettre aux citoyens de faire le bon choix, lors de la présidentielle. Aliou Sané revient sur cette initiative permettant aux candidats d’échanger avec les populations sur leurs programmes.
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L'INFLUENCE DES CONFRERIES MUSULMANES
Depuis la fin des années 1980, les confréries ne donnent plus de consigne de vote officielle, mais leur influence reste bien réelle - Alors en cette période électorale, les candidats se pressent auprès des califes
Le premier tour de l'élection présidentielle sénégalaise a lieu dimanche 24 févier. Le quatrième épisode de notre série de reportages tournés par nos correspondants, Sarah Sakho et William De Lesseux, s'intéresse aux confréries musulmanes, les Mourides, les Tidjanes ou encore les Layènes, qui ont eu une grande influence au cours de la campagne.
Ces confréries aux chefs religieux influents sont très présents dans la vie des populations, et la politique n'échappe pas à cette règle. Depuis la fin des années 1980, les confréries ne donnent plus de consigne de vote officielle, mais leur influence reste bien réelle. Alors en cette période électorale, les candidats se pressent auprès des calife
Une croissance beaucoup plus robuste et inclusive, telle est l’ambition du candidat de la coalition Bby, s’il est réélu pour un deuxième mandat. Pour cela, annonce El Hadj Ibrahima Sall, le Président Macky Sall va changer intégralement de modèle.
Depuis 2015, la croissance de l’Economie sénégalaise n’est pas descendue en deçà de 6,5%. Et le Président Sall n’entend pas faire moins, s’il est réélu pour un deuxième mandat. Dans son prochain mandat, annonce El Hadj Ibrahima Sall, ancien ministre du Plan sous Diouf, «le Président va changer intégralement le modèle de croissance.
La façon dont nous produisions, consommions, répartitions nos richesses jusque-là va être changée. Et c’est autour de l’écologie que va se porter notre modèle de croissance future, avec zéro bidonville, zéro déchet». Lancien ministre, qui a rejoint le camp de Macky Sall, intervenait hier, lors d’un panel sur le programme économique du candidat Bby, organisé par le pôle communication de la coalition.
Selon lui, le candidat de la coalition Bby a pris aussi, l’engagement d’améliorer la création de richesses. Il explique que «la croissance va être augmentée. Compte tenu du programme d’investissement contenu dans le plan d’action prioritaire du Plan Sénégal émergent (PSE), ils vont décrocher un taux de croissance supérieur à 7% et essayer de toucher les 9% de croissance». Car, argue-t-il, «nous avons assez de capital, nous aurons de meilleures ressources humaines, puisque nous travaillons sur la formation. Mieux, les réformes que nous préconisons dans l’Etat en matière d’organisation et de planification vont nous permettre d’exécuter plus rapidement les projets et d’avoir plus d’efficacité dans le capital que nous allons investir. La croissance va ainsi être plus soutenue et de meilleure qualité».
Sur cette qualité de la croissance, l’économiste précise que les investissements publics que le régime de Macky Sall entend faire dans son prochain mandat, vont faire l’objet «d’une sélection plus vigoureuse et vont avoir un contenu plus fort, parce qu’ils vont avoir des comptes nationaux d’emplois». Le Président Sall, informe le conférencier, envisage par ailleurs «des investissements qui vont consolider les territoires». «Le prochain mandat sera un mandat où vous verrez un peu partout au Sénégal jusqu’en Casamance, l’instauration et la mise en place de parcs industriels. Nous avons des investissements d’anticipation, il nous reste à mettre en place le dispositif industriel», assure M. Sall. Décrocher un taux supérieur à 7%/
En termes d’opportunités, il souligne que «le Sénégal va être le pays le plus stable et le plus sûr de la sous-région». Ce qui, d’après lui, va booster le niveau des investissements directs étrangers au Sénégal. A ce propos, Habib Ndao, un des panélistes, a évoqué le succès du dernier Groupe consultatif de Paris, qui signifie, à son avis, que «les investisseurs étrangers ont évalué le Sénégal, sa politique économique, le leadership du Président Macky Sall sa crédibilité avant d’exprimer leur confiance en notre pays». «Les marchés financiers n’investissent pas dans une situation d’incertitude», soutient le secrétaire exécutif de l’Observatoire de la qualité des services financiers (Oqsf), un démembrement du ministère de l’Economie, des finances et du plan.
L’ancien ministre Sall a rappelé auparavant, qu’en arrivant au pouvoir en 2012, «Macky Sall avait trouvé une situation économique dépressive, parce que tout simplement l’économie avait cessé de produire des richesses. On avait un taux de croissance parmi les plus faibles, 1,8%. Et à l’époque, les richesses évoluaient moins vite que la population du Sénégal. S’y ajoutait un déficit budgétaire extrêmement important». Aujourd’hui, ce déficit est ramené à 3,5% contre un taux de 5,3% sur la période 2006-2015, indique Pape Malick Ndour.
Le président du Conseil départemental de Guinguinéo renseigne que le niveau d’endettement du Sénégal est estimé à 48,8%, ce qui est encore en-deçà du seuil fixé par l’UEMOA, qui est de 70%. «En dehors du taux d’endettement, il y a d’autres critères qui entrent en jeu dans le cadre de la viabilité de la dette. Et dans la loi de finance du Sénégal, tous les indicateurs de viabilité de la dette restent acceptables. Il n’y a aucun plafond qui a été dépassé», se félicite le responsable politique à Guinguinéo. Pour El Hadj Ibrahima Sall et ses panélistes durant le premier mandat du Président Sall, «le redressement de notre économie a été spectaculaire. Ce qui a permis aux agrégats de se tenir très bien».
La terre est devenue un élément de prédilection pour l’ingénieur Doudou Dème. A la tête d’Elementerre, une société spécialisée dans les constructions à base de brique en terre compressée (Btc), il constate de plus en plus d’engouement pour ce mode de construction, écologique et durable.
Seulement, l’attrait de ce matériau sera plus important, selon lui, si les pouvoirs publics donnaient l’exemple. «Chacun à son niveau doit faire ce qu’il à faire. Mais à partir du moment où l’Etat construit en terre, les gens se poseront beaucoup moins de questions.
Par exemple si les bâtiments publics financés par l’Etat étaient en terre, les hôpitaux, les dispensaires, les salles de classe, les bureaux administratifs, les gens accepteront plus facilement ce mode de construction», confie M. Dème en marge de la cérémonie de présentation du livre édité par le Collège universitaire d’architecture de Dakar (Cuad). Cette opinion est également celle de Annie Jouga.
L’architecte estime en effet que l’exemple doit venir des pouvoirs publics. Elle raconte sa propre expérience pour montrer que ceux-ci sont parfois les premiers à penser que la terre est le matériau des pauvres. «J’ai travaillé au ministère de la Santé dans les années 80. Il y avait une directive qui venait de sortir du ministère de l’Urbanisme disant qu’il fallait construire en terre les petites structures, genre postes de santé.
J’ai présenté ça au ministre de l’époque, Feu Mamadou Diop. Il m’a dit : « Mais madame, vous n’y pensez pas. Vous pensez que moi, je vais aller voir mes électeurs pour leur dire de construire avec ça !» C’était dans les années 80 et depuis, rien n’a changé. On passe à côté de la réalité et c’est très grave», dénonce-t-elle.
Aujourd’hui, beaucoup sont persuadés que le béton est la plus belle des matières. «Les populations préfèrent construire en béton parce qu’on leur fait croire que ce qui est en béton est forcément plus solide», constate le Pr Kane. Mais pour Mme Jouga, il faut parler de l’existence d’un véritable lobby du ciment. «Il faut dire aussi que le lobby du ciment est un lobby fort.
C’est ce lobby qui a tué la briqueterie de construction en terre cuite Graziani dans les années 70», souligne-t-elle avec l’espoir que les jeunes architectes d’aujourd’hui ne seront pas confrontés au même diktat que les générations précédentes ont subi.
Elle donne ainsi l’exemple du Burkina Faso où les constructions en terre sont encore très prisées. «Au Burkina, le Président Thomas Sankara a su imposer la construction en terre et a construit des bâtiments d’envergure. Partout dans le monde aujourd’hui, on construit en terre et ce n’est pas une architecture des pauvres. Au contraire, ce sont les riches qui construisent en terre parce qu’ils se sont rendu compte de l’intérêt de la construction en terre.
Et nous, nous sommes encore avec nos réticences», regrette Mme Jouga qui a aussi encadré les travaux présentés dans le livre avec ses collègues du Cuad.
Pour les dix ans du Cuad, un livre a été édité. «Matam : Constructions en terre, patrimoine intemporel», a été réalisé sous la supervision des journalistes Baba Diop et Vieux Savané et du plasticien Pascal Traoré. «Ce livre d’art et d’images», comme l’explique le journaliste Baba Diop, propose en 48 pages, l’inventaire des maisons Cubbalo, telles que mises en relief par les travaux d’étude des étudiants du Cuad.
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NOUS ALLONS DÉPASSER LES 7% DE CROISSANCE AU PROCHAIN MANDAT
El Hadji Ibrahima Sall décline les perspectives de la coalition Benno Bokk Yaakaar pour améliorer le niveau de croissance qu'il dit déjà soutenu
Youssouf Ba et Lamarana Diallo |
Publication 21/02/2019
Face à la presse, El Hadji Ibrahima Sall a décliné les perspectives de la coalition Benno Bokk Yaakaar pour améliorer le niveau de croissance, déjà soutenu. ‘’Nous allons dans le cadre du prochain mandat du président Macky Sall essayer de toucher les 9 % de croissance’’, a t-il déclaré.
Voir la vidéo.
2 ETUDIANTS DEVANT LE JUGE AUJOURD'HUI
Affrontements entre pensionnaires de l’IISFAR et de l’UABD
2 des 30 manifestants, qui ont été interpellés suite aux affrontements de lundi dernier entre les étudiants de l’Université Alioune Diop de Bambey (Uabd) et de l’Institut de formation agricole et rurale (Isfar), feront face au juge du Tribunal de grande instance de Diourbel ce matin.
Les étudiants interpellés lundi, lors des affrontements entre les pensionnaires de l’Université Alioune Diop de Bambey (Uabd) et ceux de l’Institut supérieur de formation agricole et rural (Isfar), ont été libérés à l’exception de deux d’entre eux. Lesquels vont être jugés aujourd’hui en flagrant délit au Tribunal de grande instance de Diourbel. Jacques César Diatta et Papa Latyr Ndiaye sont poursuivis pour actions diverses, participation à un rassemblement illicite, avec violence et voies de fait sur des personnes et destruction de biens. Ce procès sanctionne les échauffourées du lundi dernier. Ce jour-là, les étudiants de l’Institut supérieur de formation agricole et rurale (Isfar) de Bambey avaient refusé que les étudiants de l’Université Alioune Diop de Bambey (Uabd) se restaurent dans leur établissement. Les affrontements avaient démarré dans la nuit du dimanche au lundi 18 février 2019 de 20 heures à 2 h du matin. Le lendemain (lundi dernier) aussi, vers 9h 30 mn, les confrontations ont encore repris jusqu’à presque 14 heures. Il faut savoir que l’Isfar a été rattaché à l’Uadb depuis le mois de janvier dernier. Par conséquent, les étudiants de l’Uabd soutiennent qu’ils ont le droit de fréquenter le restaurant, qui a une capacité de 150 places. Ce qui n’agrée pas les 350 Isfariens, qui se sont opposés à l’envahissement de leur «restaurant qui est incapable» de nourrir ses propres bénéficiaires. Les deux groupes d’étudiants échangeaient des coups de pierres. Une situation qui a entraîné plus d’une trentaine de blessés dont six évacués à Diourbel pour des besoins de radiologie. Au lycée de Bambey, les lycéens ont été obligés de suspendre les cours. En effet, les étudiants se sont regroupés dans le terrain du campus 2, qui se situe à cheval des campus de l’Isfar et de l’Uabd, pour faire face aux Forces de l’ordre. La police, étant en sous-effectif, ne pouvait guère maîtriser les étudiants. Forces de l’ordre et étudiants échangeaient des coups de pierres. Vers 13 heures, des groupements mobiles d’intervention de Thiès, des éléments de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale venus de Touba et Diourbel ont pu maîtriser la situation. Une intervention qui leur a permis de mettre la main sur une bonne trentaine d’étudiants, qui ont été placés en garde à vue au Commissariat urbain de Bambey.
LE CUAD IMMORTALISE UN PATRIMOINE MENACÉ DU FOUTA
Présentation «Matam : constructions en terre, un patrimoine intemporel»
Dans la moyenne vallée du Sénégal, la terre argileuse sert de terreau pour l’édification de demeures à l’épreuve des conditions climatiques extrêmes.
Ces constructions traditionnelles qui ont longtemps défié le temps, disparaissent aujourd’hui petit à petit, laissant la place au ciment. Le Collège universitaire d’architecture de Dakar (Cuad), qui célèbre cette année ses 10 ans, est allé à la rencontre de ces constructions pour préserver cette technique ancienne. Les résultats de ces travaux ont été publiés sous la forme d’un livre d’art intitulé : «Matam : constructions en terre, un patrimoine intemporel.»
C’est une vieille maison traditionnelle en plein cœur du quartier des pêcheurs à Matam. La maison des Diom comme on l’appelle, surplombe les berges du fleuve depuis 89 ans années maintenant. Cette maison est une des dernières maisons à présenter l’architecture typique de cette région du fleuve.
Construite en terre, elle servait de fort pour prévenir les habitants des razzias des guerriers maures venus de l’autre rive du fleuve, confie un des descendants du Diom, Saydou Ba. En d’autres moments, elle était le palais où siégeait le chef et où se tenaient les assemblées coutumières durant la période pré-indépendance.
Aujourd’hui, ces maisons traditionnelles disparaissent les unes après les autres. L’architecte Mamadou Jean Charles Tall , président du Conseil d’administration du Collège d’architecture de Dakar (Cuad), explique qu’elles ne sont plus qu’au nombre de 13.
Et entre le moment où le Cuad a consacré une recherche à ce sujet et aujourd’hui, deux maisons sont déjà tombées. C’est cette situation qui prévaut dans la région de la moyenne vallée du fleuve Sénégal où petit à petit, ces constructions en terre, laissent la place au béton.
Perçues comme un signe de pauvreté par certains, les maisons en terre disparaissent les unes après les autres. Pourtant, si elles ont bravé le cours du temps, c’est parce que l’argile qui est la matière première de ces maisons, présente des qualités thermiques exceptionnelles qui en font un matériau de construction très adapté aux fortes chaleurs de cette région de la bande sahélienne.
Régulateurs thermiques par excellence, ces maisons conservent une température fraîche en saison chaude et distillent de la chaleur en période froide. Comment expliquer alors le désamour dont elles font l’objet aujourd’hui. Pour l’architecte et enseignante du Cuad, Annie Jouga, il y a avant tout une barrière psychologique. «Ça fait 40 ans que je suis architecte.
J’ai essayé de faire en sorte qu’on construise en terre et quand je me suis adressée à des populations comme en Casamance ou ailleurs au Sénégal où on construit traditionnellement en terre, les gens me disent : «Pourquoi moi je vais construire comme mon grand-père ou mon arrière-grand-père ?» Cela veut dire que psychologiquement, il y a une barrière.» Pour le professeur de philosophie et écrivain, Abdoulaye Elimane Kane, ces maisons en terre sont un patrimoine immatériel parce que représentant plus que des murs et un toit.
Le Pr Kane, qui a produit des textes pour ce livre, témoigne de la beauté de ce style architectural qu’il a découvert à l’âge de 12 ans aux côtés de son père. «Ces bâtiments qui donnent l’impression, quand on les regarde, d’être du bricolage, répondent à des normes que les populations connaissent et savent respecter. Ce livre va permettre aux architectes et au public de savoir que la terre, les matériaux locaux recèlent des qualités extraordinaires pour réaliser des bâtiments de la vie moderne. Ce ne sont pas seulement des bâtiments tournés vers le passé.
La tradition peut servir à innover, à créer une manière d’habiter le monde de façon moderne», constate le patriarche.
Il y a des siècles, des monuments importants étaient sortis de terre. Dans la boucle du Niger, les cités historiques de Djenné, Gao, Tombouctou ou Mopti renferment des patrimoines inestimables, des bâtiments en terre qui continuent de défier le temps. «Il y a quelque chose à faire pour préserver notre culture», constate Jean Charles Tall. Avec Cheikh Hamidou Kane et Abdoulaye Elimane Kane comme préfaciers, le livre contribue à immortaliser un patrimoine menacé.