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30 août 2025
AU PORT DE MBOUR, LES JEUNES NE RÊVENT QUE D'EUROPE
Ces derniers jours, les départs de pirogues vers l'archipel espagnol des Canaries se multiplient depuis le Sénégal. Les risques encourus ne suffisent pas à dissuader la jeunesse du pays qui rêve plus que jamais d'Europe
Comme une vague déferlant sur la plage, la rumeur s'est répandue dans les rues de Mbour, à 80km au sud de Dakar : deux bateaux de migrants partis de cet important port de pêche sénégalais auraient disparu. Depuis quelques semaines, les départs pour l'archipel espagnol des Canaries ont repris, à quelque 1.500km, symbolisant la porte de l'Europe et l'espoir d'une nouvelle vie pour des milliers de jeunes Africains qui attendent leur heure sur les bords de l'Atlantique.
"L'Espagne... On veut tous y aller. Si une pirogue part, je saute tout de suite dedans", lance Abdou, la vingtaine. Installés dans un abri de tôles entre des dizaines de pirogues multicolores, oasis de calme au milieu du tumulte du port, tous ses amis approuvent.
Les risques, ils les connaissent. Selon l'ONG Caminando Fronteras, trois bateaux ont disparu avec au moins 300 migrants à bord, dont deux se seraient élancés de la région de Mbour fin juin. Les garde-côtes espagnoles sont toujours à leur recherche.
Qu'importe. "Celui qui est affamé trouvera toujours à manger ailleurs", dit Abdou. "Vivre ici ou mourir, c'est pareil", renchérit l'un de ses camarades. "Il n'y a pas de travail ici, pas d'argent. L'unique solution, c'est l'Espagne". Tous connaissent des amis qui sont partis, qui ont réussi, qui "construisent des maisons".
Dans un petit local bleu, Moustapha Ndiaye, président du groupement des pêcheurs de Mbour, boit un thé chaud dont l'odeur tranche avec celle du poisson qui inonde les alentours. Assis sur un banc, les pieds nus posés sur un parterre de petits coquillages, il raconte avoir vu "en pagaille" des jeunes partis du jour au lendemain.
Départ
Selon lui, une dizaine de pirogues seraient parties de la région depuis un mois. Elles partent la nuit, en cachette. Entre juin et septembre, les départs sont plus nombreux. Le vent est plus favorable. Comme tout le monde, il a entendu "la rumeur" des disparitions. Il faut attendre, dit-il. Parfois, les pirogues ont "juste" du retard et elles finissent par arriver. "On ne peut jamais savoir ce qu'il se passe en mer".
Il y a deux types de pirogues de migrants, explique-t-il. Celles menées par des pêcheurs, qui ont l'habitude de la mer. Et celles gérées par des "businessmen", qui sont là pour l'argent. Ils peuvent se faire un bénéfice de 15 à 20 millions de francs cfa (20.000 à 30.000 euros), estime-t-il. "L'Etat a signé des accords avec les bateaux européens et asiatiques pour la pêche industrielle. Il y a moins de poissons et les jeunes partent", poursuit-il.
Ousmane (son prénom a été modifié), 29 ans, a tenté sa chance en 2020. Il a échoué. Sa pirogue a été arrêtée par les garde-côtes espagnoles. "Quand tu es pêcheur, tu n'as pas peur de partir", déclare-t-il. Marié, père d'un enfant, il repartira dès qu'il pourra. Sans rien dire à personne. "Il n'y a pas d'autres options", estime-t-il.
"La police et la gendarmerie ne peuvent pas arrêter le phénomène de l'immigration clandestine", assure Mouhamadou Barro, président de la commission migration de la commune de Mbour. Il note que le phénomène est reparti à la hausse en 2023. Pour l'enrayer, dit-il, "il faut que nos jeunes aient du boulot".
Espoir
Selon les autorités espagnoles, entre le 1er janvier et le 30 juin, 7.213 personnes sont arrivées clandestinement à bord de 150 embarcations aux Canaries, contre 8.853 sur la même période l'an dernier. Mais ces derniers jours, les départs se multiplient depuis le Sénégal. Le gouvernement sénégalais affirme que 260 Sénégalais "en détresse" ont "été secourus dans les eaux territoriales marocaines" entre le 28 juin et le 9 juillet.
Mercredi, au moins huit personnes sont mortes à Saint-Louis dans le chavirement d'une pirogue. Jeudi, une embarcation du Sénégal arrivait aux Canaries avec 41 migrants tandis qu'une autre de 71 personnes étaient interceptée par la marine sénégalaise.
Le fils ainé de Mame Elimane Ndoye, 69 ans, compte parmi ceux qui ont fait la traversée récemment. "Il est parti le jour de la Tabaski", le 29 juin, l'une des principales fêtes musulmanes. "Il avait acheté un grand bélier pour son papa". Avant son départ, "il est venu me voir et m'a dit qu'il voulait rejoindre ses amis là bas. Alors je lui ai dit: 'C'est moi qui vais formuler des prières pour toi.' C'est ce qui lui a donné beaucoup de courage".
"Le voyage a été difficile. Il y a eu beaucoup de vent. Pendant trois jours, ils ont coupé le moteur. Puis ils sont arrivés", lui a-t-il raconté par téléphone. "Si Dieu fait qu'il commence à travailler, s'il envoie de l'argent, tout le monde en recevra. Ce sera une fierté pour nous", espère-t-il. "Je le connais, il va se débrouiller".
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L´INVITE DE #MNF: KHALIFA SALL SUR LA PRESIDENTIELLE; NON CANDIDATURE DE MACKY; YAW ET...
L´invité de #MNF: Khalifa SALL sur la Présidentielle; Non candidature de Macky; YAW et...
LE BILAN DU CHAVIREMENT D'UNE PIROGUE GRIMPE À 14 MORTS
Un précédent bilan établi jeudi par le ministre de l'Intérieur Antoine Felix Abdoulaye Diome, lors d'une visite le même jour à Saint-Louis, avait fait état de huit morts et quatre blessés
Le gouvernement sénégalais a annoncé vendredi un nouveau bilan en hausse, porté à 14 morts et quatre blessés, après le chavirement d'une pirogue mercredi à Saint-Louis (nord), sur la route migratoire reliant le pays à l'archipel espagnol des Canaries.
Un précédent bilan établi jeudi par le ministre de l'Intérieur Antoine Felix Abdoulaye Diome, lors d'une visite le même jour à Saint-Louis, avait fait état de huit morts et quatre blessés. "Tous les services de l'Etat se sont mobilisés pour apporter soutien et réconfort aux rescapés", affirme un communiqué du ministère sénégalais de l'Intérieur. Le texte ne donne pas de précision sur les circonstances du nouveau bilan de 14 morts, sur les rescapés et le nombre de personnes qui étaient à bord de l'embarcation.
La presse locale affirme vendredi que six nouveaux corps ont été découverts sur la côte, près de Saint-Louis. Selon les médias locaux, le bateau transportait des migrants et le bilan pourrait être beaucoup plus lourd, car ces pirogues sont souvent bondées et peuvent contenir des dizaines de personnes. Selon un responsable local, le bateau venait du sud.
L'accident s'est déroulé mercredi au petit matin près des côtes et il est possible que certains aient pris la fuite, a-t-il aussi affirmé. Selon l'ONG Caminando Fronteras, qui tient ses informations des appels de migrants ou de leurs proches, trois autres embarcations, parties du Sénégal, et transportant au total plus de 300 migrants sont portées disparues. L'une d'elles est partie le 27 juin de Kafountine, une petite ville côtière du sud du Sénégal, située à environ 1.700 kilomètres des côtes des Canaries, avec quelque 200 personnes à bord. Les deux autres sont parties de la région de Mbour. Les recherches de bateaux de migrants portés disparus ont repris mercredi, ont indiqué les sauveteurs espagnols.
Selon le ministère sénégalais des Affaires étrangères, entre le 28 juin et le 9 juillet, 260 Sénégalais "en détresse" ont "été secourus dans les eaux territoriales marocaines". Il n'a pas précisé si ces embarcations correspondaient à celles signalées par l'ONG. M. Diome a affirmé jeudi que 276 personnes se trouvent actuellement dans un centre au Maroc et qu'"elles se portent bien".
Mercredi, Caminando Fronteras a réagi dans un communiqué, affirmant avoir pu vérifier que les sauvetages mentionnés par le gouvernement sénégalais correspondaient à d'autres bateaux "ayant également quitté les côtes sénégalaises, mais pas à ceux qui avaient à leur bord les 300 personnes recherchées".
En outre, la marine sénégalaise a intercepté un bateau de pêche transportant 71 migrants au cours de la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué l'armée dans un communiqué publié jeudi sur les réseaux sociaux. La marine est montée à bord du bateau près de l'embouchure du fleuve Sénégal, qui se jette dans l'océan Atlantique, et a remis ces passagers à la gendarmerie, selon la même source.
LA JUSTICE SÉNÉGALAISE AUX TROUSSES DE JUAN BRANCO
Le parquet de Dakar a annoncé vendredi avoir ouvert une information judiciaire et requis un mandat d’arrêt international concernant l’avocat français d’Ousmane Sonko. Il est visé par plusieurs "faits qualifiés de crimes et délits"
Le parquet de Dakar a annoncé vendredi avoir ouvert une information judiciaire et requis un mandat d’arrêt international concernant l’avocat français d’Ousmane Sonko, Juan Branco.
‘’Après avoir revu la compilation des déclarations, écrits et posts […] du sieur Juan Branco, il a été relevé des éléments qui, manifestement, sont de nature à engager sa responsabilité pénale’’, affirme le procureur du tribunal de grande instance hors classe de Dakar, dans un communiqué.
‘’Aussi le procureur a-t-il décidé de l’ouverture d’une information judiciaire contre le susnommé pour plusieurs faits qualifiés de crimes et délits’’, ajoute le chef du parquet de Dakar.
Il déclare ensuite qu’‘’un mandat d’arrêt international a été requis à son encontre’’.
M. Branco a été expulsé du Sénégal en mars dernier alors qu’il venait défendre Ousmane Sonko dans son procès pour diffamation contre le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang, parce qu’il a traité le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, de ‘’tyran’’ et a lancé ‘’un appel à l’insurrection’’ dans le pays, a déclaré en mars le ministre de l’Intérieur, Antoine Diome.
Il était reproché à l’avocat français d’avoir publié, ‘’avant son arrivée à l’aéroport international Blaise-Diagne (au Sénégal), un post sur les réseaux sociaux dans lequel il traitait […] le président de la République, Macky Sall, de tyran et faisait également un appel à l’insurrection dans notre pays’’, avait soutenu M. Diome dans un communiqué.
‘’Diversion’’
Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé au cours de cette semaine avoir effectué un signalement aux autorités judiciaires, après la révélation par l’avocat de l’identité de fonctionnaires de l’ambassade de France au Sénégal.
Selon le site Internet du journal Le Monde, le ministère français reproche notamment à M. Branco d’avoir publié les noms de plusieurs agents de l’Etat, ainsi que leur numéro de téléphone, adresses électroniques et numéro de matricule.
Ce signalement ‘’confirme que les informations que l’on a révélées sont vraies’’, a réagi l’avocat à la décision du ministère français des Affaires étrangères.
Juan Branco a déposé une plainte en France et une demande d’enquête à la Cour pénale internationale, à La Haye, contre le président sénégalais Macky Sall pour ‘’crimes contre l’humanité’’.
Il a effectué ces démarches à la suite des violences survenues au Sénégal après la condamnation de son client, Ousmane Sonko, à deux ans de prison ferme pour ‘’corruption de la jeunesse’’.
Macky Sall juge ‘’ridicule’’ le dépôt de la demande d’enquête le concernant en même temps que d’autres personnalités sénégalaises.
‘’Nous n’accepterons pas d’entrer dans ce jeu de diversion’’, a-t-il soutenu lorsque le journal Le Monde l’a interrogé sur ce sujet.
PAR Ousmane Abdoulaye Barro
SONKO ET LE CLICHÉ DU POPULSIME
Quand on regarde assez froidement ce que nos dirigeants politiques font du pouvoir que nous leur avons confié, on est peu fier de se réclamer d’eux et de ce qu’ils représentent
Au Sénégal, il ne fait l’ombre d’un doute qu’Ousmane Sonko n’est pas populiste pour deux raisons : son discours a des visées électoralistes (qui ne l’a pas d’ailleurs en ligne de mire ?) mais il propose des chantiers socialement désirables et politiquement réalisables ; Sonko dénonce beaucoup mais sa pensée est féconde et clairement articulée. En témoigne son dernier livre “Solutions“. On peut bien sûr ne pas être d’accord avec ses propositions, mais c’est trop simpliste de se réfugier derrière le concept vague de populisme pour disqualifier son programme d’un coup. De toute façon, l’usage de ce concept dans la vie politique sénégalaise actuelle est peu pertinent. Sa plasticité en fait cependant une arme intellectuelle légère de petit calibre mais de résonance lourde, à la disposition des intellectuels de tous les pays, compte non tenu de la spécificité des contextes nationaux.
C’est d’ailleurs dans notre contexte national que réside la réponse à la question de savoir si Sonko est populiste. Le Sénégal d’aujourd’hui comme celui hérité du colon en 1960 suscitent les mêmes questions : qui peut nier la conception néo-patrimoniale que nous avons de l’Etat et du bien public ? Qui ose dire que le clientélisme politique n’est pas l’un de nos maux les plus profonds ? Qui ne serait pas triste de voir combien la vie est difficile dans nos contrées quand des richesses naturelles extraordinaires et des niches fiscales énormes existent et sont mal utilisées (au sens éthique et pratique du terme) ? Qui ne serait pas enfin prêt à (re)disposer de sa souveraineté économique pour alléger les souffrances sociales peu dignes du Sénégal du 21ème siècle ?
Quand on regarde assez froidement ce que nos dirigeants politiques font du pouvoir que nous leur avons confié, on est peu fier de se réclamer d’eux et de ce qu’ils représentent. Il n’est pas sûr qu’il nous faudra une révolution pour sortir de nos traumatismes sociopolitiques, mais il très certain que seule une réforme radicale corrigera la situation actuelle. Evidemment, le fossé est toujours énorme entre l’establishment et ceux qui portent un projet de réforme radicale, comme le gap est vraiment grand entre les partis traditionnels des démocraties occidentales et les populistes qui apparaissent aujourd’hui sur leurs scènes politiques. Mais retrouver un fossé pareil au Sénégal, aussi profond soit-il, ne fait pas de ceux qui veulent transformer radicalement le pays, comme Ousmane Sonko, des populistes. Le raccourci serait peu rigoureux !
Ousmane Abdoulaye Barro est membre du cabinet de Sonko.
NUL NE PEUT EMPÊCHER L'INVESTITURE DE SONKO
PASTEF-Les Patriotes compte poursuivre avec le candidat et le soutien populaire indéfectible des Sénégalais, sa marche inéluctable vers la victoire -COMMUNIQUÉ DE PRESSE
SenePlus publie ci-dessous, le communiqué de Pastef, dénonçant l’interdiction par le gouverneur de Dakar de la cérémonie d’investiture de son candidat Ousmane Sonko à la présidentielle 2024.
« Ce jeudi 13 juillet 2023, à l’issue d’un processus d’investiture transparent et démocratique, Ousmane Sonko, né le 15 juillet 1974, de nationalité exclusivement sénégalaise, jouissant de l’intégralité de ses droits civils et politiques, est désigné à l’unanimité des suffrages exprimés, candidat de PASTEF-Les Patriotes pour l’élection présidentielle du 25 février 2024.
PASTEF-Les Patriotes félicite les membres de la Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP) pour leur rigueur dans la supervision du processus, ainsi que les mille six cent six (1606) délégués des quarante-six (46) départements du Sénégal et des huit (08) circonscriptions électorales de la Diaspora qui ont exprimé librement leurs suffrages.
PASTEF-Les Patriotes se félicite également de l’éclatant succès du lancement de l’opération de vente des bracelets de la liberté qui constitue un signe d’adhésion populaire massive des Sénégalais à la candidature du président Ousmane Sonko. Cette opération se poursuit.
Face à cette vitalité démocratique et cet élan populaire qui portent la candidature d’Ousmane Sonko, le régime de Macky Sall sombre dans l’arbitraire juridique et la panique institutionnelle. Ainsi, la presse nationale a largement relayé, ces derniers jours, des propos prêtés à Macky Sall qui assimile l’investiture du président Ousmane Sonko à une provocation.
Dans un communiqué publié aujourd’hui, le gouverneur de Dakar, sur la base de procès d’intention, d’arguments fallacieux et d’élucubrations fantaisistes, a décidé illégalement d’une interdiction généralisée et permanente de toute manifestation de PASTEF-Les Patriotes dans la région de Dakar.
Cette sortie grossière et informelle du gouverneur ne visait qu’à empêcher la tenue du giga-meeting d’investiture du candidat Ousmane Sonko prévu le 15 juillet 2023 au stade Amadou Barry de Guédiawaye. Cette interdiction illégale d’une opération d’investiture d’un candidat régulièrement investi par un parti légalement constitué dans un lieu fermé a été ensuite actée par un arrêté du préfet de Guédiawaye ce 13 juillet 2023.
PASTEF-Les Patriotes, compte poursuivre avec le candidat Ousmane Sonko, et le soutien populaire indéfectible des Sénégalais, sa marche inéluctable vers la victoire. Nul ne peut empêcher l’investiture du président Ousmane Sonko ainsi que sa participation à l'élection présidentielle du 25 février 2024.
PASTEF-Les Patriotes donne rendez-vous à l’opinion nationale et internationale ce vendredi 14 juillet pour une importante déclaration du candidat de PASTEF, Ousmane Sonko. »
par Jean Pierre Corréa
ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE OU KHAWARÉ EXISTENTIEL ?
Ces presqu'aujourd'hui 45 candidats se prennent-ils pour des Zorros, des magiciens, qui munis de leurs baguettes magiques, sortiraient de leurs cerveaux hypertrophiés des recettes capables de modifier radicalement le sort lamentable des Sénégalais ?
"Si Voter servait à quelque chose, il y a longtemps que cela aurait été interdit"- Coluche
Le Sénégal est actuellement chahuté entre chaos idéologique et anarchie démocratique. Chaque jour nous apporte son lot de nouveaux candidats à l'élection présidentielle de février 2024 et cette inflation de candidatures, oscillant entre le loufoque et le ridicule, témoigne de la cacophonie politique qui s'est emparée d'un pays où le brouhaha tient lieu d'agora.
Notre Sénégal est-il tombé si bas que n'importe quel hurluberlu, venu d'on ne sait où, sans passé politique, sans visibilité ni réputation aucune, puisse s'imaginer d'abord vouloir et ensuite pouvoir le relever ? Ces presqu'aujourd'hui 45 candidats se prennent-ils pour des Zorros, des magiciens, qui munis de leurs baguettes magiques, sortiraient de leurs cerveaux hypertrophiés des recettes capables de modifier radicalement le sort lamentable des Sénégalais ?
Quand on observe la réalité de la situation de notre pays, l'état de son économie, la détresse qui pousse notre jeunesse à choisir la mort dans les océans, l'état de nos routes, la situation chaotique de notre système foncier, le gouffre qui nous sépare de ce qu'on appelle des villes assainies, la situation des sociétés aptes à offrir du travail aux jeunes, on devrait plutôt s'attendre à ce que peu d'hommes et de femmes s'imaginent aptes à prendre les rênes du Sénégal. S'ils sont tant à y prétendre, c'est bien qu'aucun d'entre eux n'a mesuré les tenants et les aboutissants de la fonction présidentielle et toute la lourdeur de la charge qu’elle implique. En fait ils ne sont conscients que des privilèges que leur confère le pouvoir, et ignorent royalement la finalité pour laquelle le peuple devrait leur accorder sa confiance, à savoir la prise en charge de ses aspirations profondes.
N'importe qui aujourd'hui confond éléction présidentielle et khawaré existentiel, que l'on soit chanteur populaire ou jeune et jolie industrielle capable d'arroser des quotidiens pour "faire programme", ou ancien ministre n'ayant même pas marqué un département de son passage, tous confondent élection présidentielle et concours de beauté, voire une vulgaire tombola. Cela devient insultant pour les Sénégalais que de voir n'importe quel zozo prétendre vouloir, pire, pouvoir le diriger.
Loin de prêcher pour un conformisme politique néfaste pour la vitalité démocratique, il convient d’inviter les acteurs politiques à mettre en avant les intérêts du peuple, de releguer leurs esprits partisans au second plan. Il convient donc d’assainir le landerneau politique et de prôner pour une rationalisation du champ politique par la formation de groupes de convergences idéologiques, animés par des leaders en toute collégialité. Pourquoi les candidats se réclamant anti-système dont l’ambition est d’affranchir le Sénégal de la classe politique corrompue, véreuse et antipatriote, ne pourraient-ils pas unir leurs forces autour d’un candidat sérieux pour arriver à leurs fins ? Pourquoi les candidats se réclamant de la même famille politique, des mêmes convictions idéologiques, ne pourraient-ils pas investir l’un des leurs, capable de porter et de réaliser leurs idéaux politiques pour le bien du peuple ?
Le rôle des médias, des intellectuels et de la société civile est déterminant pour démasquer ces imposteurs politiques, pour mettre à nu les intentions perverses de ces arrivistes, pour détruire les éléphants blancs de ces marchands d’illusions, pour déjouer les pièges sophistiques de ces politiciens véreux et cela en révélant au peuple l’impertinence, l’incohérence ou la vacuité de leurs "offres politiques".
Nous sommes tombés si bas que les Sénégalais ont fini par admettre que la seule voie de la réussite financière, celle qui compte sous nos latitudes, est la voie de la carrière politique. Les faits donnent raison à cette idée convenue, parce que nous sommes un des rares pays au monde où les politiciens ont de plus grosses fortunes que les industriels et les entrepreneurs.
Plus la liste des candidats va s'allonger, au vu de ceux qui déjà osent affirmer leurs ahurissantes prétentions, plus d'autres encore vont se dire "et bien après tout pourquoi pas moi ?", plus nous allons nous mettre la tête entre les mains pour cacher notre honte de donner l'image qu'on peut être dirigés par n'importe qui...
Pour l'Histoire de notre pays, en arriver là est pire qu'une tragédie... C'est une farce !
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LA REVUE DE PRESSE ENQUÊTE PLUS DU 14 JUILLET AVEC JEAN-PIERRE CORRÉA
Jean-Pierre Corréa est une voix radiophonique unique, mais aussi une plume corrosive. Ses analyses fines sur la vie politique, sociale et culturelle du Sénégal font références. Sa revue de presse était une référence journalistique au début de la RFM. Son credo : le respect de ses lecteurs et auditeurs et ne jamais insulter leurs intelligences. Son choix editorial : toujours préférer être le dernier à dire la vérité...Plutôt que le premier à dire une connerie...et décider lorsque l'on vous montre l'évidence…de regarder ailleurs.
IMBROGLIO JURIDIQUE
Alors que beaucoup le donnent pour inéligible en raison de sa condamnation par contumace, Ousmane Sonko a encore juridiquement des chances à faire valoir
Un véritable labyrinthe juridique. À sept mois de l’élection présidentielle, il est difficile de dire si juridiquement Ousmane Sonko est exclu ou non de la course à la succession du président Sall.
En effet, même si la plupart des observateurs le donnent pour juridiquement inéligible, plusieurs incertitudes planent encore sur la validité de sa candidature. ‘’EnQuête’’ fait le point des différentes hypothèses possibles.
D’abord, que dit la loi électorale ? Il ressort de l’article 29 du Code électoral que certaines personnes sont frappées d’inéligibilité. Parmi elles, il y a : les individus condamnés pour crime ; ceux condamnés pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq ans d’emprisonnement ; ceux qui sont en état de contumace ; etc. Il résulte du projet de révision de l’article 28-3 que nul ne peut, cependant, refuser l’inscription ‘’aux personnes qui, frappées d’incapacité électorale à la suite d’une condamnation, bénéficient de la réhabilitation ou font l’objet d’une mesure d’amnistie ou de grâce’’.
Le projet apporte la précision suivante : ‘’Pour les personnes bénéficiant d’une mesure de grâce, l’inscription sur les listes électorales ne pourra intervenir qu’après l’expiration du délai correspondant à la durée de la peine prononcée par la juridiction de jugement, s’il s’agit d’une peine d’emprisonnement, ou d’une durée de trois ans à compter de la date de la grâce, s’il s’agit d’une condamnation à une peine d’amende.’’
Appliqué à Ousmane Sonko, on peut dire qu’en l’état actuel des choses, ses chances de participer au scrutin sont juridiquement très minces.
En effet, non seulement il est en état de contumace, donc frappé d’inéligibilité (article 29), mais aussi ayant été condamné pour deux ans de prison ferme, même en cas de grâce, il faudra attendre deux ans pour pouvoir retrouver ses droits civiques et politiques (projet de modification de l’article 28-3). Toutefois, ces mesures d’interdiction ne concernent que ceux et celles dont les jugements sont devenus définitifs, c’est-à-dire non susceptibles de recours. Et c’est justement là où le cas Sonko devient un véritable imbroglio. Avec plusieurs hypothèses envisageables d’ici l’échéance électorale.
Si, en tant que condamné par contumace, le leader de Pastef/Les patriotes ne peut plus interjeter appel, sa mise en prison, soit par arrestation soit par constitution, pourrait anéantir toute la décision. C’est ce que prévoit l’article 307 al 2 du Code de procédure pénale. Il dispose : ‘’… S’ils (les contumax) se constituent ou s’ils viennent à être arrêtés avant les délais de prescription, l’arrêt de condamnation est anéanti de plein droit et il est procédé à nouveau dans les formes ordinaires, à moins que le contumax déclare expressément, dans un délai de dix jours, acquiescer à la condamnation.’’
Pour synthétiser, voici les hypothèses envisageables. D’abord, c’est le statu quo, les choses restent en l’état, c’est-à-dire Sonko est condamné pour deux ans, mais reste reclus chez lui. Dans ce cas, il est exclu de la Présidentielle. Si, en revanche, il est arrêté ou se constitue, alors il pourrait difficilement être écarté de la Présidentielle sur la base de sa condamnation dans l’affaire Adji Sarr.
À noter que, dans le cas où il n’est pas arrêté, le patron de Pastef peut décider de se constituer jusqu’à la veille du dépôt des candidatures pour prendre au dépourvu le régime et lui ôter toute possibilité de rendre le jugement définitif. Chez les différents protagonistes, l’on ne manque certainement pas de se pencher sur les meilleures stratégies, pour pousser l’adversaire à l’erreur.
Par ailleurs, si dans le cas de l’affaire Adji Sarr, les jeux sont loin d’être faits, l’opposant célèbre risque d’être confronté à un obstacle sur le chemin qui mène à la Présidentielle.
En effet, en sus de la condamnation dans l’affaire Adji Sarr, il y a également sa condamnation dans l’affaire de diffamation contre le ministre Mame Mbaye Niang. Dans cette dernière affaire, le flou ne s’est toujours pas dissipé. Alors que certains juristes sont convaincus que Sonko est frappé d’inéligibilité avec sa condamnation de six mois assortis du sursis, d’autres ont estimé que le leader politique n’est pas visé par la loi.
Selon la lecture jusque-là la mieux répandue et qui a été même vulgarisée par les avocats de l’opposant, Ousmane Sonko ne serait pas éligible s’il est condamné (dans l’affaire Mame Mbaye Niang) à trois mois assortis du sursis, comme ça a été le cas lors de son jugement en appel. Cette lecture s’appuie essentiellement sur l’article L30. Il résulte de cet article quatre cas de figure principalement, expliquait ‘’EnQuête’’ dans ses éditions.
D’abord, il y a les condamnés pour un délit visé à l’article L29 troisième tiret ; ensuite ceux condamnés sans sursis à une peine comprise entre un et trois mois ; en troisième lieu ceux condamnés avec sursis à une peine comprise entre trois mois et six mois (cas d’Ousmane Sonko) ; enfin les personnes condamnées pour un délit quelconque à une amende sans sursis supérieure à 200 000 F CFA, sous réserve des dispositions de l’article L28. Tout ce beau monde ne peut être ni électeur ni éligible, selon les tenants de cette thèse.
Une telle compréhension pourrait être lourde de conséquences. Si tel est le cas, tous les citoyens sénégalais que le tribunal condamne à de telles peines, peu importe l’infraction commise, perdraient leurs droits civiques et politiques.
Heureusement, le texte, tel qu’il est libellé, permet également d’autres lectures bien plus soutenables d’un point de vue juridique. En effet, tel qu’écrit, on peut considérer qu’en réalité, l’article L30 n’est venu que pour encadrer la privation de liberté pour certaines catégories de citoyens ayant maille à partir avec la loi. Et que pour voir les personnes privées de droit, c’est plutôt l’article L29 qui est applicable. Celui-ci prévoit sept catégories de personne.
D’abord, pour les crimes, la peine importe peu. Pour ceux qui sont condamnés pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq ans d’emprisonnement, il faut une peine d’emprisonnement sans sursis ou une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois assortie ou non d’une amende.
En troisième lieu, viennent ceux condamnés à plus de trois mois d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à six mois avec sursis, pour un délit autre que ceux énumérés au deuxièmement ci-dessus, sous réserve des dispositions de l’article L28. Entre autres.
Contrairement à Karim et à Khalifa qui ont été condamnés pour des délits supérieurs à cinq ans, Ousmane Sonko a été condamné sur la base d’un délit qui ne figure sur aucune des catégories prévues. L’article 30 ne fixant qu’une condition complémentaire à celles prévues par l’article 29 pour bénéficier de la limitation de la privation à cinq ans, il serait inopérant en l’espèce, selon les tenants de cette interprétation.
LA TASK FORCE RÉPUBLICAINE PRÉVIENT…
Après avoir renoncé à briguer un nouveau mandat, le président Macky Sall doit choisir le candidat de la mouvance présidentielle.
près avoir renoncé à briguer un nouveau mandat, le Président Macky Sall doit choisir le candidat de la mouvance présidentielle.
« L’heure n’est pas aux échappées solitaires utopiques, mais à l’Alliance de toutes les sensibilités pour l’intérêt supérieur de la République ». C’est le mot d’ordre donné par la Task force républicaine (Tfr) de l’Alliance pour la République (Apr, parti présidentiel), dans une déclaration faite face à la presse jeudi 13 juillet 2023.
Lue par le Directeur général de la Sicap, et responsable apériste à Tambacounda, Mamadou Kassé, le texte précise que « dans un contexte sous-régional d’instabilité exacerbée par les enjeux géopolitiques liés aux ressources pétrolières et gazières de notre pays, mettre en avant des intérêts crypto-personnels ne relèverait pas d’une posture républicaine. »
C’est ainsi que Birame Faye, coordonnateur de la Tfr et ses camarades se réjouissent que « le Sen de l’Apr et la conférence des leaders de Bby (Benno bokk yakaar), conscients des enjeux, se soient inscrits dans une dynamique élégante d’unité et d’écoute du Président Macky Sall. »
Ils préconisent : « Cette posture de dignité et de patriotisme doit pousser chacun d’entre nous à taire ses ambitions égoïstes pour faire prévaloir, quel que soit le choix, la conduite de la trajectoire actuelle de développement de notre pays dans la paix, la stabilité, l’équité, l’intégrité territoriale et l’inclusion.. »
Ainsi, les aperistes s’inscrivent « dans cette même posture de dignité » et restent « à l’écoute du président de la République pour œuvrer exclusivement dans le sens de la victoire du candidat de la Coalition. »
Dans ce sillage, la TFR exhorte les camarades du parti, de BBY et de l’ensemble de la majorité présidentielle « à oeuvrer dans cette direction pour ensemble, autour du candidat choisi, garantir par la voie des urnes, au soir du 25 février 2024, la continuité du Plan Sénégal émergent (Pse) ».