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29 août 2025
BP EXPORTE SA PREMIERE CARGAISON DE GAZ NATUREL LIQUEFIE
La compagnie Bp a annoncé hier, jeudi 17 Avril, avoir chargé avec succès la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre de la phase 1 du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé au large des côtes de la Mauritanie et du Sénégal.
La première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) destinée à l’exportation, dans le cadre de la phase 1 du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), a été chargée. L(annonce a été faite par Bp hier, jeudi 17 Avril dans un communiqué.
La compagnie Bp a annoncé hier, jeudi 17 Avril, avoir chargé avec succès la toute première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre de la phase 1 du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé au large des côtes de la Mauritanie et du Sénégal. Une étape historique qui marque l’entrée officielle des deux pays parmi les nations exportatrices de GNL. Ce chargement inaugure le troisième grand projet lancé par Bp en 2025, s’inscrivant dans le déploiement de sa stratégie de croissance énergétique, avec dix projets majeurs prévus d’ici 2027. Il symbolise également l’aboutissement d’un long travail mené par les équipes de Bp, en étroite collaboration avec les partenaires Kosmos Energy, PETROSEN (Sénégal) et SMH (Mauritanie), ainsi que les autorités des deux pays.
« Cette première cargaison en provenance de la Mauritanie et du Sénégal marque un nouvel approvisionnement significatif pour les marchés énergétiques mondiaux. Le démarrage des exportations de la phase 1 de GTA est une étape importante pour Bp et ses activités pétrolières et gazières, alors que nous célébrons la création d’un nouveau pôle de production au sein de notre portefeuille mondial », a déclaré Gordon Birrell, Vice-Président Exécutif Production & Opérations de Bp. Le GNL a été transféré à un transporteur depuis le navire flottant FLNG (Floating Liquefied Natural Gas), ancré à 10 kilomètres au large, où le gaz a été refroidi, liquéfié et stocké. Ce procédé complexe illustre la technicité du projet, considéré comme l’un des développements offshores les plus profonds d’Afrique, avec des ressources gazières situées à près de 2 850 mètres de profondeur.
Déclaré projet d’importance nationale stratégique par les gouvernements sénégalais et mauritanien, GTA est conçu pour produire environ 2,4 millions de tonnes de GNL par an. Une part de cette production est également destinée à l’alimentation des marchés domestiques lorsque les infrastructures seront prêtes à l’accueillir. « C’est un moment de grande fierté pour la Mauritanie et le Sénégal. Tout au long du développement de ce projet, nous avons établi des relations solides avec les gouvernements hôtes, les communautés locales et nos partenaires. Nous nous réjouissons de les renforcer dans les années à venir », a indiqué Dave Campbell, Vice-Président Senior de Bp pour la Mauritanie et le Sénégal.
1 560 MILLIARDS DE FRANCS CFA MOBILISES EN 2024, DONT 380 MILLIARDS INJECTES AU SENEGAL
Réunis à Dakar à l’occasion de la 32ᵉ session ordinaire de leur conseil d’administration, les responsables du Fonds de solidarité africain (FSA) ont présenté les résultats financiers et opérationnels de l’institution pour l’année 2024.
Réunis à Dakar à l’occasion de la 32ᵉ session ordinaire de leur conseil d’administration, les responsables du Fonds de solidarité africain (FSA) ont présenté les résultats financiers et opérationnels de l’institution pour l’année 2024. Il en ressort que 1 560 milliards de francs CFA ont été mobilisés au profit des États membres pour le financement de projets structurants, confirmant le rôle central du FSA dans l’appui au développement du continent.
Parmi les bénéficiaires majeurs de ces interventions, le Sénégal s’est vu accorder 380 milliards de francs CFA, soit 10,97 % du volume total des opérations de garantie du Fonds. Ce soutien a permis de financer 71 projets, représentant un volume global de 602 milliards de francs CFA mobilisés. Cette session, qui se tient les 17 et 18 avril 2025 à Dakar, est consacrée à plusieurs axes prioritaires, notamment le financement des infrastructures, l’industrialisation, le soutien aux petites et moyennes entreprises, ainsi que la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Dans son allocution d’ouverture, le directeur général du FSA, M. Abdourahmane Diallo, a salué la dynamique actuelle : « La mise en œuvre des projets en 2024 a permis de mobiliser 1 560 milliards de francs CFA dans nos États membres », at-il déclaré, soulignant la portée structurante de ces financements.
DES PERFORMANCES FINANCIÈRES EN NETTE PROGRESSION
Le FSA est aujourd’hui actif dans 17 des 23 pays membres de l’organisation. En 2024, l’institution a enregistré des résultats financiers remarquables, traduisant une gestion rigoureuse et efficace. Le résultat net a progressé de plus de 45 %, avec un coefficient d’exploitation maintenu à 0,49 % au 31 août 2024. « Cette performance témoigne de notre engagement à garantir la solidité financière du Fonds tout en consolidant notre trésorerie », a affirmé M. Diallo. Parmi les signaux encourageants évoqués figurent : la note financière attribuée par Moody’s ; la notation régionale triple A décernée par GCR ; et la note A délivrée par l’Association des institutions africaines de financement du développement.
LE SÉNÉGAL, PARTENAIRE PRIVILÉGIÉ DU FSA
Le ministre sénégalais des Finances et du Budget, M. Cheikh Diba, non moins président du Conseil d’Administration du FSA Sénégal a salué, dans son mot d’ouverture des travaux, l’importance des appuis du FSA en faveur du Sénégal, rappelant que les 71 projets soutenus couvrent des secteurs stratégiques pour le développement économique du pays. « L’économie africaine est en pleine mutation et se positionne comme un acteur majeur de la croissance mondiale. Pour accompagner cette dynamique, nos États doivent pouvoir compter sur des instruments solides, à la hauteur de leurs ambitions en matière de souveraineté, de transformation et de développement durable », a-t-il déclaré.
UNE SOLIDARITÉ PANAFRICAINE RÉAFFIRMÉE
Présidant les travaux, JeanJacques Essono Nguéma, président du conseil d’administration du FSA, a réaffirmé l’engagement de l’institution à poursuivre son idéal de solidarité au service du développement africain. « Ensemble, nous continuerons à œuvrer pour une croissance inclusive, à travers la création d’emplois durables, la distribution équitable des revenus, le renforcement de la base productive, et l’élargissement de l’assiette fiscale des États membres. » Il a également souligné l’enjeu de cette session, qui vise à identifier les défis actuels de l’institution et à adopter les orientations stratégiques nécessaires à son avenir. Créé en 1979, le Fonds de solidarité africain œuvre depuis plus de quatre décennies au développement économique et social du continent, en offrant des garanties financières, des interventions directes et un accompagnement structurant à ses États membres.
LE SECTEUR EXTRACTIF DE LA REGION A CONTRIBUE A HAUTEUR DE 17 MILLIARDS FCFA CONTRE 10 MILLIARDS EN 2022
Le rapport ITIE de l’année fiscale 2023 fait état d’une contribution globale du secteur extractif dans le cadre de la région de Saint-Louis à hauteur de 17 milliards de francs CFA contre 10 milliards pour l'année 2022.
Le rapport ITIE de l’année fiscale 2023 fait état d’une contribution globale du secteur extractif dans le cadre de la région de Saint-Louis à hauteur de 17 milliards de francs CFA contre 10 milliards pour l'année 2022. En termes de RSE aussi, le rapport montre que l'entreprise BP a contribué à hauteur de 1,7 milliard de nos francs. Cependant, le volume des transactions en termes de contenu local tourne autour de plus de 23 milliards FCFA dont seulement 08 milliards FCFA captés par des entreprises sénégalaises et 91 millions FCFA par des entreprises saint-louisiennes. Annonce faite par le Président de l'ITIE Sénégal au cours d'une rencontre tenue à la Gouvernance.
Au Sénégal, le rapport ITIE de l’année fiscale 2023 fait état de 380 milliards FCFA générés par le secteur extractif dont 346 milliards reversés directement dans les caisses du Trésor. Cette contribution représente 9% des recettes de l’État et 4% du PIB. Plus de 17 milliards FCFA ont été mobilisés dans la région de Saint-Louis dont plus de 15 milliards FCFA générés seulement par les entreprises BP et Cosmos.
Le rapport couvre 22 entreprises minières, 07 entreprises pétrolières et gazières, 11 organismes collecteurs. « Ce qui montre que le secteur d'année en année continue à participer à l'effort de mobilisation des recettes au niveau national. Maintenant quand on regarde cela, comparé au volume des transactions en termes de contenu local, qui tourne autour de plus de 23 milliards, donc vous voyez nettement que le contenu local constitue un âge, parce que 17 milliards en termes de contributions dans le budget de l'état, mais contre 23 milliards en termes de transactions, ce qui montre qu'aujourd'hui les entreprises sénégalaises doivent fournir davantage d'efforts pour capter les marchés dans le secteur.
Dans le cadre des 23 milliards, on note que seulement 8 milliards ont été captés par des entreprises sénégalaises, et 91 millions par des entreprises saint-louisiennes », a fait savoir Thialy Faye, présidant de l’ITIE Sénégal à l’occasion du rencontre tenue à la Gouvernance de Saint-Louis sous la présidence de l’adjoint au Gouverneur de région. Il a rappelé que cela montre nettement aujourd'hui qu'il nous faut renforcer davantage les efforts en termes de contenu local, accompagner les entreprises sénégalaises et particulièrement les entreprises saint-louisiennes, pour pouvoir véritablement renforcer le contenu local. « Aujourd'hui, on va écouter les acteurs pour savoir véritablement si cet investissement en termes de RSE a été fait dans des secteurs porteurs de développement », a-t-il ajouté avant de poursuivre, « Pour nous, c'est cela qu'il faut renforcer. Et d'ailleurs, dans le cadre de ce rapport, on a montré le FIS, c'est-à-dire une bonne pratique qu'on a retrouvée à Kédougou, qu'on appelle le Fonds d'investissement social et environnemental, où un comité a été créé au niveau véritablement de la région pour pouvoir administrer ces ressources-là ». Et c’est ce explique aujourd’hui le fait qu’ils tendent à chaque fois, lorsqu’ils font ces disséminations, de partager des bonnes pratiques qu'ils retrouvent d'une région à une autre.
MULTIPLE PHOTOS
REVUE DE PRESSE DU VENDREDI 18 AVRIL 2025 – LA JUSTICE SENEGALAISE ENCLENCHE LA VITESSE SUPERIEURE
Les journaux du jour, dans une rare unanimité, braquent leurs projecteurs sur les multiples fronts judiciaires ouverts contre d’anciens dignitaires du régime Macky Sall
(SenePlus) L’actualité sénégalaise de ce jeudi est dominée par une effervescence judiciaire inédite. Les journaux du jour, dans une rare unanimité, braquent leurs projecteurs sur les multiples fronts judiciaires ouverts contre d’anciens dignitaires du régime Macky Sall. Une série d’arrestations, d’auditions et de poursuites semble annoncer une nouvelle ère de reddition de comptes au sommet de l'État.
Tsunami judiciaire : les anciens ministres rattrapés par la Haute Cour
Plusieurs titres reviennent en une sur les derniers développements liés à la Haute Cour de Justice. Le quotidien L’Info titre sans détour : « 5 ex-ministres envoyés à la Haute Cour de Justice ». Selon le journal, les nouvelles autorités souhaitent solder les comptes du passé et imprimer une rupture ferme avec les pratiques antérieures.
Dans le même registre, Yoor-Yoor annonce que « Bientôt cinq ministres de Macky Sall [seront] devant la Haute Cour de Justice », confirmant une accélération du processus judiciaire contre les anciens dignitaires.
WalfQuotidien, quant à lui, évoque « La machine judiciaire [qui] s’emballe », notamment autour des malversations présumées liées aux fonds Covid-19. Le journal parle d’une mobilisation sans précédent de la justice pour recouvrer près de 200 milliards de francs CFA.
Sud Quotidien rapporte que « Les procureurs sortent du bois », traduisant ainsi une forme de mobilisation collective du parquet pour défendre l’honneur de la magistrature face aux critiques. Le Quotidien confirme cette tendance en titrant : « Les procureurs montent au créneau », dénonçant ce qu’ils perçoivent comme des attaques ciblées contre la justice.
EnQuête, dans une mise en page dramatique, parle de « Grand affrontement », décrivant une tension croissante entre anciens responsables, opinion publique, et système judiciaire.
Traques financières et accélération des procédures
Sur le terrain de la reddition des comptes, Grand Panel met en lumière des résultats concrets : « Le double pari du Sénégal : 15 milliards FCFA recouvrés ». Le journal souligne les efforts notables entrepris pour récupérer les fonds publics détournés, en pleine opération de moralisation de la vie publique.
Les Échos note avec insistance que « Tout le monde consigne et sort », confirmant que les procédures sont désormais plus rapides : « Les dossiers accélérés à une grande vitesse », selon le journal.
Plus direct encore, Bès Bi Le Jour révèle des détails sur les opérations récentes de la Division des investigations criminelles (DIC), titrant : « Tout sur l’opération “Dakar Dem DIC” », en référence aux nombreuses interpellations liées à des détournements présumés.
Dans la même dynamique, Le Peuple dénonce un « prétendu rapport de la Cour des Comptes » qui serait utilisé à des fins politiques, selon le parti au pouvoir qui se défend contre des accusations jugées infondées.
Climat politique : remaniement, recomposition et inquiétudes
Le journal 5 sur 5 s’attarde sur « Ce qui est reproché à Macky et Cie », évoquant un « remaniement acté » avec la formation du premier gouvernement de la transition.
Dans ce contexte de recomposition, Direct News préfère mettre en avant le volet institutionnel et administratif, en consacrant sa Une au PROCASEF, qualifié de « clé de l’innovation foncière », une initiative destinée à moderniser et sécuriser la gestion du foncier au Sénégal.
L’Éveil évoque pour sa part un autre défi national : l’urbanisme sauvage. Le journal met en avant la formation de jeunes à la prévention routière et au civisme, tout en soulignant le rôle actif de la DER/FJ dans « la lutte contre l’installation anarchique ».
Sécurité : des menaces dans l’ombre
Sur un tout autre registre, Dakar Times alerte sur un danger nouveau : « Penser la menace terroriste dans l’espace ». Le journal explore l’éventualité d’attaques non conventionnelles, voire cybernétiques ou orbitales, dans un contexte géopolitique marqué par l’instabilité sous-régionale.
Sport : entre enjeux et tension dans l’arène
L’actualité sportive n’est pas en reste. Record se penche sur l’attaquant vedette des Lions de la Téranga, en posant la question : « Sadio va-t-il se muer en buteur ? », à quelques jours d’une échéance internationale.
Rewmi Sports revient sur les résultats de la 66e journée de la Coupe de la Ligue : « Guédiawaye et CNEPS se hissent en demi-finales », alors que Wiwsport donne la parole au sélectionneur des U17, dans une interview titrée : « Cette campagne ne sera pas un échec ».
Enfin, Le Dakar Sport braque les projecteurs sur la lutte sénégalaise, où une fronde éclate autour des heures de combats. Le quotidien parle d’un « Bras de fer autour des horaires » avec les Aigles de la Médina qui, selon le journal, « tiennent la barre » dans ce rapport de force.
L’APR CONTESTE UN RAPPORT NON OFFICIEL ATTRIBUÉ À LA COUR DES COMPTES
Selon l’ancien ministre Pape Malick Ndour, ce document, non validé en Assemblée plénière, serait une manipulation destinée à discréditer Macky Sall et son régime.
L’Alliance pour la République (APR), le parti de l’ancien président Macky Sall, a tenu ce jeudi une conférence de presse à Dakar. À la tribune, Pape Malick Ndour, ancien ministre, a lu une déclaration liminaire visant à répliquer aux accusations contenues dans un rapport récemment attribué à la Cour des comptes.
Ce document, largement diffusé sur les réseaux sociaux depuis le 12 février 2025, est jugé par l’APR comme une « manipulation orchestrée » destinée à « ternir le bilan du régime précédent ». « Ce rapport n’a rien d’officiel », martèle M. Ndour, affirmant qu’il ne résulte pas d’une procédure régulière, comme l’exige pourtant la loi organique de la Cour des comptes.
Selon lui, ce texte présenté comme un audit des finances publiques de 2019 à 2024 n’aurait pas été adopté en Assemblée plénière des Chambres, comme le stipule l’article 19 de ladite loi. L’APR soutient que le document proviendrait en réalité de l’Inspection générale des finances (IGF), relevant du ministère des Finances, et aurait simplement été validé par la Chambre des affaires budgétaires et financières.
Un climat de suspicion dénoncé
La sortie médiatique de l’APR intervient dans un contexte de tension politique. Depuis son arrivée au pouvoir, accuse Pape Malick Ndour, le parti Pastef, aujourd’hui aux commandes, chercherait systématiquement à « discréditer le président Macky Sall, son parti et sa gouvernance ». Il évoque notamment les accusations de « maquillage des chiffres » formulées par le Premier ministre en septembre 2024, sans preuves tangibles selon lui.
Parmi les allégations les plus marquantes, celle d’un compte bancaire de 1 000 milliards de francs CFA appartenant à un ancien responsable. « Depuis, plus rien. Où en est cette enquête ? » s’interroge l’APR, qui exige des explications.
Un contre-rapport présenté comme une réponse structurée
Face à ce qu’elle qualifie de « tentative de manipulation de l’opinion », l’APR affirme avoir mis en place, sur instruction de Macky Sall, un groupe de travail chargé de produire un contre-rapport « solide, chiffré, documenté ». Ce document, rédigé en français et en anglais – et bientôt traduit en langues nationales – comprend quatre volets : un rappel des faits, une analyse de la forme et du fond du rapport contesté, une conclusion, et des annexes.
L’APR précise que ce contre-rapport sera transmis aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, mais aussi rendu public via un site internet.
« Il ne s’agit pas simplement de répondre aux accusations, mais de rétablir la vérité face à une entreprise de diabolisation systématique », conclut Pape Malick Ndour.
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LES 13 VISAGES OUBLIÉS DE L'AFRIQUE LIBRE
Du Congo au Zimbabwe, du Mali à l'Afrique du Sud, les architectes des indépendances africaines tombent peu à peu dans l'oubli. Pierre Haski s'alarme de cette amnésie collective et propose un voyage édifiant à travers leurs parcours exceptionnels
Pierre Haski vient de publier "Décolonisations africaines", un ouvrage adapté de son podcast pour France Inter. Dans ce livre préfacé par l'historien Pap Ndiaye, l'auteur retrace le parcours de treize figures emblématiques qui ont façonné l'histoire des indépendances africaines.
De Patrice Lumumba à Nelson Mandela, en passant par Modibo Keita et Félix Houphouët-Boigny, le journaliste propose un voyage à travers les destins extraordinaires de ces "pères de la nation". Le projet est né d'un constat alarmant : les jeunes générations, y compris issues de la diaspora, méconnaissent souvent cette histoire fondatrice qui continue pourtant d'influencer l'Afrique contemporaine.
L'auteur, ancien correspondant de l'AFP en Afrique du Sud pendant l'apartheid, évoque avec émotion sa rencontre avec Nelson Mandela, qu'il considère comme la figure la plus exemplaire pour son courage et sa sagesse politique. Il met également en lumière des personnalités sous-estimées comme Sylvanus Olympio, premier président du Togo, économiste brillant assassiné pour sa rigueur gestionnaire.
Pierre Haski souligne le paradoxe troublant de certains parcours : des idéalistes de la libération transformés en dirigeants autoritaires face aux défis concrets du pouvoir, à l'image de Robert Mugabe au Zimbabwe.
Pour l'auteur, comprendre cette période historique est essentiel pour construire aujourd'hui des relations internationales plus équilibrées et égalitaires entre les continents.
"Décolonisations africaines" est disponible aux éditions Stock.
DIOMAYE FACE AU DÉFI D'UNE CEDEAO FRACTURÉE
Le président sénégalais, dont la candidature est évoquée avec insistance pour succéder à Bola Ahmed Tinubu, pourrait devenir l'architecte d'une refondation nécessaire de l'organisation régionale, fragilisée par le départ des pays de l'AES
Le 22 avril 2025, Accra ne sera pas seulement la capitale du Ghana, mais aussi celle de toutes les interrogations ouest-africaines. Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’apprête à célébrer ses cinquante années d’existence, c’est un demi-siècle de doutes et de remises en question qui s’invite à la table des ministres des Affaires étrangères. En toile de fond, une question cruciale : qui prendra la tête de l’organisation après Bola Ahmed Tinubu ? Et surtout, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye acceptera-t-il de relever ce défi périlleux ?
La succession de Bola Ahmed Tinubu à la tête de l’organisation, président du Nigeria depuis 2023 et président en exercice de la CEDEAO depuis juillet 2023, fait écho.
Diomaye, la présidence attendue mais incertaine
Depuis plusieurs semaines, le nom de Diomaye Faye revient avec insistance dans les couloirs diplomatiques d’Abuja, Lomé, Cotonou ou Nouakchott. Élu en mars 2024 dans un contexte de rupture démocratique, le chef de l’État sénégalais incarne pour beaucoup une figure d’apaisement, capable de réconcilier la CEDEAO avec ses principes fondateurs : souveraineté, solidarité, coopération.
En principe, la présidence tournante de l’organisation devrait revenir à un chef d’État francophone, et plusieurs voix se sont discrètement élevées pour appuyer une candidature sénégalaise. Mais selon des sources diplomatiques parvenues à Afrique Intelligences, Diomaye Faye, qui avait décliné l’offre en 2024 pour se consacrer à la stabilisation interne de son pays, hésite encore. “Aujourd’hui, assumer la présidence de la CEDEAO revient à s’exposer à la critique de toutes parts, sans garantie d’efficacité”, commente un diplomate sous anonymat.
Son entourage évoque un contexte défavorable : une CEDEAO affaiblie, divisée par le départ de trois membres majeurs (le Mali, le Niger et le Burkina Faso), minée par les critiques sur son efficacité, et accusée d’avoir manqué d’impartialité face aux transitions militaires. Pourtant, sa posture mesurée, sa neutralité perçue vis-à-vis des régimes militaires, ainsi que son discours réformateur et souverainiste, font de lui un candidat presque naturel à la présidence de la CEDEAO, en quête d’un second souffle.
Au cours des deux dernières années, Tinubu a dirigé l’organisation dans l’un des contextes les plus houleux de son histoire. Son mandat, marqué par les tensions avec les juntes du Sahel, une tentative infructueuse de rétablissement de l’ordre constitutionnel par la pression diplomatique et économique, et des divisions entre États membres, arrive à expiration sans que personne ne semble vouloir lui succéder.
Un anniversaire sous tension
La célébration du cinquantenaire de la CEDEAO, créée le 28 mai 1975 à Lagos, devait être un moment de fierté collective, célébrant les acquis de l’intégration régionale : libre circulation des personnes, passeport commun, instruments de coopération économique et diplomatique. Mais à l’aube de ce jubilé d’or, le tableau est plus que contrasté. La CEDEAO apparaît fragilisée, contestée, et à court de solutions consensuelles.
La réunion ministérielle prévue à Accra marque le lancement officiel des festivités, mais aussi l’entrée dans une phase critique de repositionnement politique. L’enjeu dépasse la symbolique : il s’agit de sauver l’idée même de communauté régionale, dans un contexte où le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, formalisé en janvier 2025, laisse un vide institutionnel inquiétant.
AES : rupture ou réconciliation ?
La fracture sahélienne, incarnée par la création en septembre 2023 de l’Alliance des États du Sahel (AES), reste la blessure la plus visible. Les régimes militaires dirigés par Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani ont claqué la porte de la CEDEAO, dénonçant les ingérences, les sanctions arbitraires, et l’absence de dialogue sincère. En réponse, l’organisation a tenté d’isoler les dissidents, avec peu de résultats concrets, si ce n’est l’accélération d’un découplage stratégique.
Mais depuis février, une nouvelle dynamique s’esquisse. Réunis à Bamako les 22 et 23 février 2025, une vingtaine de ministres de l’AES ont ouvert la porte à une reprise des discussions, dans un “esprit constructif”. Tout en réaffirmant leur indépendance, ils disent vouloir mettre en avant “l’intérêt supérieur des populations”. Une ouverture timide, mais qui offre une fenêtre de dialogue, à condition que la CEDEAO, elle aussi, accepte une forme d’autocritique sur ses pratiques passées.
Si elle venait à accepter la présidence, la figure de Diomaye Faye pourrait jouer un rôle charnière dans ce rapprochement. Son discours d’Addis-Abeba, en mars, appelant à “réinventer la CEDEAO sur des bases égalitaires et de souveraineté assumée”, a été perçu comme une main tendue à toutes les parties, sans compromission avec les principes démocratiques.
Des dossiers épineux sur la table
En attendant la clarification sur la présidence, la réunion d’Accra devra trancher plusieurs points sensibles, dont le plus immédiat est la gestion du patrimoine de la CEDEAO dans les pays sortants. À Ouagadougou et Niamey notamment, des bureaux, centres de formation et locaux logistiques de l’organisation restent en suspens. “Le sort de ces biens collectifs est désormais source de tension diplomatique. Des représentants des États membres craignent une rétention ou une expropriation silencieuse”, confie une source proche du dossier.
Les propositions formulées par les ministres seront soumises à validation lors du prochain sommet des chefs d’État prévu en juillet. D’ici là, la question de la gouvernance de l’organisation reste entière, et la présidence de transition pourrait être décisive dans la refondation ou l’effondrement progressif de l’institution.
À 50 ans, la CEDEAO traverse une crise existentielle. Sa légitimité est contestée aussi bien par les opinions publiques que par plusieurs gouvernements membres. Sa voix s’est affaiblie dans les grands débats africains. Son modèle est concurrencé par des initiatives parallèles comme l’UEMOA, l’AES, ou même la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF). Et pourtant, le besoin d’intégration régionale n’a jamais été aussi pressant, face aux défis sécuritaires, économiques, migratoires et climatiques.
Le défi immédiat est donc double : sauvegarder l’existant, tout en ouvrant les chantiers d’une refondation durable. C’est peut-être ici que le leadership d’un homme neuf, indépendant des appareils traditionnels, respecté pour sa parole rare et sa vision sobre, pourrait faire la différence.
Bassirou Diomaye Faye, s’il accepte la présidence de la CEDEAO, ne réglera pas tous les problèmes. Mais il pourrait incarner une volonté de rupture avec les impasses anciennes et ouvrir un cycle de reconstruction du projet ouest-africain, à condition d’être soutenu par ses pairs et par les peuples.
Car pour qu’un jubilé soit plus qu’un souvenir, il faut qu’il serve à réécrire l’avenir.
COUP DE RABOT DIPLOMATIQUE AMÉRICAIN EN AFRIQUE
L'administration Trump s'apprête à fermer près de 30 représentations diplomatiques à l'étranger, dont plusieurs en Afrique. Les ambassades au Lesotho, en RDC, en RCA et au Soudan du Sud figurent sur la liste des suppressions programmées
(SenePlus) - L'administration Trump envisage de fermer près de 30 ambassades et consulats à travers le monde, selon un document interne du Département d'État obtenu par CNN. Cette décision s'inscrit dans une vaste réorganisation diplomatique visant à réduire considérablement la présence américaine à l'étranger.
Parmi les fermetures prévues figurent plusieurs représentations diplomatiques en Afrique, notamment les ambassades au Lesotho, en République du Congo, en République centrafricaine et au Soudan du Sud. Le document recommande également la fermeture d'un consulat en Afrique du Sud.
Cette réduction significative de la présence américaine sur le continent africain intervient alors que d'autres puissances, comme la Chine, y renforcent leur influence diplomatique et économique.
Au total, le document préconise la fermeture de 10 ambassades et 17 consulats. Outre les missions africaines, sont également concernées des représentations en Europe (Malte, Luxembourg, France, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Royaume-Uni), en Asie (Corée du Sud) et dans les Caraïbes.
Le document suggère que les responsabilités des ambassades fermées soient transférées aux missions diplomatiques des pays voisins.
Les recommandations incluent également une réduction de la présence américaine en Somalie et en Irak, deux pays clés dans la lutte antiterroriste.
Ces changements s'inscrivent dans le cadre d'une refonte plus large du dispositif diplomatique américain, alors que l'administration Trump, sous l'impulsion du Département de l'Efficacité Gouvernementale (DOGE) soutenu par Elon Musk, cherche à réduire drastiquement l'appareil gouvernemental.
Tammy Bruce, porte-parole du Département d'État, n'a pas souhaité commenter le document interne ni les plans de réduction drastique du Département d'État, renvoyant les questions à la Maison Blanche.
Il reste incertain si le secrétaire d'État Marco Rubio a approuvé ces fermetures proposées.
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DES FONDS DÉTOURNÉS RETROUVÉS DANS DES PARADIS FISCAUX
Des démarches judiciaires ont été engagées pour récupérer l'argent concerné. Les autorités n'excluent pas des déplacements à l'étranger pour accélérer les procédures
Le Procureur Financier a révélé lors d'une conférence de presse ce jeudi que l'enquête sur la gestion des fonds Covid a permis de localiser d'importantes sommes d'argent dissimulées à l'étranger, notamment dans des paradis fiscaux.
"Des montants ont été repérés et tracés dans des pays étrangers", a confirmé le magistrat, précisant que des commissions rogatoires internationales avaient déjà été transmises aux autorités judiciaires des pays concernés.
Pour accélérer les procédures de récupération de ces avoirs, le Procureur n'exclut pas que des déplacements soient organisés prochainement dans ces juridictions afin de "booster la procédure" et "faciliter la coopération judiciaire".
Interrogé sur la question des cautionnements accordés de façon apparemment inégale entre les différents mis en cause, le Procureur a défendu la position du ministère public. "Toutes les fois que nous avons estimé que les conditions étaient remplies, une suite favorable a été donnée. Dans le cas contraire, nous nous sommes opposés", a-t-il déclaré.
L'enquête impliquerait également plusieurs ministres dont les noms n'ont pas été révélés. Le Procureur a indiqué que "le temps venu, vous serez informés par la procédure qui sera discutée au niveau de l'Assemblée nationale", faisant référence aux résolutions de mise en accusation qui seront débattues au sein de l'hémicycle.
Cette affaire s'inscrit dans le cadre des investigations sur la gestion des fonds Covid, dont les rapports ont été transmis au parquet général il y a environ un mois, puis au procureur de la République la semaine dernière, permettant d'accélérer les procédures.