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29 août 2025
SCANDALE FONDS COVID-19, LE POINT SUR LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS
Ce mardi, plusieurs hauts fonctionnaires du secteur sanitaire sont attendus à la Division des investigations criminelles, alors que les enquêteurs poursuivent leur traque des éventuels auteurs de détournements.
Le rapport sur la gestion du fonds force Covid-19 avait été publié en aout 2022. Lundi 14 avril, près de 3 ans plus tard, les enquêteurs ont procédé à leurs premières interpellations. Responsables du ministère de la Santé, artistes et autres personnalités publiques ont été convoqués par les limiers ou même placés en garde à vue.
Deux directeurs d'hôpitaux, deux comptables, un Directeur de l'Administration générale et de l'équipement et le directeur de la Prévention au ministère de la Santé sont attendus ce mardi à 15 heures dans les locaux de la Division des investigations criminelles (Dic). Ce, dans l’enquête portant sur la gestion 2020-2021 du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, informe L’observateur,
Il s'agit de Ousseynou Ngom, actuel Dage du ministère de la Santé, Babakar Sène, directeur de l'hôpital de Kaffrine, Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention, Moussa Same Daff, directeur de l'hôpital Dalal Jamm, Lamine Diallo, comptable à l'hôpital Youssou Mbargane de Rufisque et Alioune Badara Diop, comptable à l'hôpital de Pikine. Selon l’Obs, ils risquent d’être déférés au Parquet.
Le journal prévient que d'autres responsables et hommes d'affaires sont encore dans le viseur des enquêteurs. Plus de 200 personnes ont été entendues au cours de l'enquête. Tous les Dage des ministères cités dans le rapport de la Cour des comptes (voir par ailleurs), ainsi que de nombreux fournisseurs, ont été auditionnés.
La Dic a mené des enquêtes de patrimoine approfondies, en sollicitant les banques, les services des mines, les impôts et domaines, ainsi que les notaires. Les résultats de certaines réquisitions révèlent un écart préoccupant entre revenus déclarés et patrimoine constaté, informe L’Obs.
De l’autre côté, Baba Hamdy, l’artiste musicien est cité dans une affaire de plusieurs centaines de millions de FCfa via une structure qu'il aurait lui-même créée, dans le cadre des financements liés à la gestion de la pandémie. Auditionné par les enquêteurs, il n'aurait pas été en mesure de fournir les pièces justificatives attestant de l'usage légal de ces fonds. Ce qui lui a valu une garde à vue.
Il a passé la nuit dans les locaux du commissariat spécial du Port et devrait être présenté au Parquet financier ce mardi. Le même sort a été réservé à Abdou A. Mbaye et à Alimata Sadiya Guèye, ajoute L’Obs.
Le journal indique que de nouvelles convocations seraient même déjà prêtes. Les prochains jours s'annoncent décisifs dans cette affaire qui pourrait bien ébranler les fondations de plusieurs sphères du pouvoir et de la société civile.
Arrestations tous azimuts dans l’affaire du Fonds force Covid-19
Dans le cadre de l’enquête sur la gestion des Fonds Force Covid19, plusieurs arrestations ont été opérées par la Division des Investigations Criminelles (DIC) sur ordre du procureur de la République financier. Parmi les personnes arrêtées et placées en garde à vue figurent Mamadou Ngom Niang, ancien Directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) du ministère des Sports. On peut citer également l’artiste-compositeur Baba Hamdy et Abdoul Aziz Mbaye, communicateur traditionnel et employé à la TFM. La styliste Alimatou Sadiya Guèye a aussi été arrêtée dans le cadre de cette affaire. Au total plus d’une dizaine de personnes seront présentées devant le parquet financier qui décidera de leur sort. Affaire à suivre !
Mansour Faye reçoit la notification de son interdiction de sortie
On en sait un peu plus sur la raison de la convocation de Mansour Faye à la Division des Investigations Criminelles (Dic) hier. Selon des sources de seneweb, le maire de Saint-Louis a reçu hier la notification de son interdiction de sortie du territoire national comme l’avait indiqué la Cour Suprême. Le beau-frère de l'ancien Président Macky Sall, accompagné de son avocat Me Oumar Youm, a débarqué vers 11h à laDic. Après avoir reçu officiellement cet acte administratif, le responsable de l'Apr a quitté les locaux. L’ancien ministre n’a plus de prétexte pour tenter de sortir du pays. Il va devoir attendre sa prochaine convocation devant la Haute cour de justice sur la gestion des fonds covid-19. Déjà que le procureur du pool judiciaire financier a fait arrêter plus d'une dizaine de personnes dans l’enquête sur le fonds covid-19.
Abdou Nguer en garde à vue
Poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, le chroniqueur Abdou Nguer a été placé en garde à vue hier à la Section de recherches de la gendarmerie de Colobane. Abdou Nguer et les deux journalistes de Source A TV, Omar Ndiaye et Fatima Coulibaly ont été convoqués hier à la Section de recherches, à la suite d’un commentaire tenu sur ladite chaîne YouTube concernant le décès de l’ancien président du Conseil constitutionnel, Mamadou Badio Camara. Selon son avocat Me El Hadji Diouf, Abdou Nguer est retenu dans les locaux de la gendarmerie de manière arbitraire car les enquêteurs lui ont attribué des propos diffusés à travers un compte Tik Tok dont il n’est pas propriétaire et que le propriétaire dudit compte, qui a fait une publication pour demander une autopsie pour élucider la mort de Badio Camara, a été appréhendé à Thiès. Il faut signaler que les journalistes de Source A TV, Omar Ndiaye et Fatima Coulibaly, sont rentrés chez eux après leur audition.
Le journaliste Simon Faye placé sous contrôle judiciaire
Le procureur de la République a décidé d’ouvrir une information judiciaire dans l’affaire du rédacteur en chef de Sen Tv, Simon Faye. Après plusieurs jours de garde à vue, notre confrère a été déféré hier au parquet et le procureur a transmis son dossier au juge du troisième cabinet d’instruction. Simon Faye a été inculpé pour diffusion de fausses nouvelles. Mais le magistrat instructeur l'a placé sous contrôle judiciaire. L’instruction va se poursuivre
Le cambrioleur présumé du Trésor public déféré
La Sûreté urbaine de Dakar a présenté hier le cambrioleur présumé du Trésor public, Moctar Sall, au parquet de Dakar, pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit dans un édifice public avec escalade et usage d’un moyen roulant, rapporte seneweb. Sans doute va-t-il le placer sous mandat de dépôt. Moctar Sall avait cambriolé, le 2 mars 2025, les bureaux informatiques de la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor. À l'enquête préliminaire, le jeune homme de 27 ans a déclaré avoir été recruté par un certain Malaw qui est activement recherché par la police. Selon Moctar Sall, ce dernier lui a proposé une récompense de 120 000 F CFA pour le cambriolage.
Arrestation d’un faux policier
Vigile de profession et âgé de 42 ans, le sieur D. Sy se faisait passer pour un policier pour soutirer de l'argent à des citoyens. Il vient de tomber dans les filets de la Police des Parcelles assainies suite à une dénonciation de ses victimes, notamment le boutiquier K. Cissé. Ce dernier explique que le mis en cause s'est présenté dans sa boutique avec des menottes à la main comme un policier avant de le savonner sur la commercialisation de certains produits. Il l’a sommé de donner 50 mille francs pour ne pas être embarqué. Sur ce, Cissé, dépassé par la tournure des événements, fait semblant de téléphoner pour en parler à son voisin D. Diop qui connaît bien beaucoup de limiers de la Police des Parcelles assainies. Ce dernier a pressé de questions D. Sy qui avait déjà réussi à empocher 50 mille francs. Sentant que les carottes étaient cuites, il tente alors de fuir. Ce qui ne sera que de courte durée. Il sera vite maîtrisé avant d'être conduit à la police des Parcelles assainies pour être placé en garde à vue. Interrogé sur ses agissements malsains, il a reconnu les faits. Ce qui va motiver sa garde à vue et son défèrement au parquet pour usurpation de fonction et extorsion de fonds.
A Djinaky, des assaillants attaquent des boutiques
Des assaillants armés non identifiés ont dérobé lundi des téléphones portables et dévalisé des boutiques qu’ils avaient attaquées, vers 22 heures à Djinaky, un village du département de Bignona, avant de prendre la fuite, a appris l’Aps de source sécuritaire. Des assaillants ont fait irruption vers 22 heures au village de Djinaky, dévalisant les boutiques. Auparavant, ils ont intercepté et emporté des téléphones des personnes présentes sur les lieux avant de s’introduire dans des boutiques, a précisé la même source. Elle souligne que ces assaillants ont tiré plusieurs coups de feu en l’air avant de s’introduire dans les boutiques. Djinaky est un village situé en Basse-Casamance, au nord-ouest de Bignona. C’est le chef-lieu de la communauté rurale de Djinaky, dans l’arrondissement de Kataba 1, département de Bignona.
Arrestation d’un transitaire
F. A. Koné transitaire de profession croupit actuellement en prison pour abus de confiance portant sur 2,600 millions francs au préjudice d'un certain Kh. Diop vendeur de véhicule. Ce dernier qui avait confié à Koné, un dossier de dédouanement de ses véhicules a eu une déception par la suite. Car le quidam après avoir encaissé l'argent s'est acquitté au début de sa tâche en dédouanant deux véhicules pour mieux tromper la vigilance de son client avant de changer de visage. F. Koné avait pris la tangente pour se rendre au Mali. Ce qui va pousser Kh. Diop à se rendre à la police pour dénoncer son bourreau. Et des jours voire des mois passent sans que Diop ne sache où se trouve Koné. Ce dernier qui croyait avoir échappé va alors avoir la surprise de sa vie à son retour de Bamako. Il est interpellé dans un bar à la Patte d'oie par les limiers de la Police des Parcelles assainies. Conduit à la Police des Parcelles assainies, il a reconnu les faits tout en expliquant avoir agi ainsi à cause de difficultés financières. Des allégations qui ne vont guère convaincre les limiers qui vont le placer en garde à vue avant de le déférer au parquet pour abus de confiance.
Réhabilitation de la route Mame Diarra
Les populations de Diamaguene Sicap Mbao qui avaient longtemps réclamé la réhabilitation de la route Mame Diarra du quartier Fass Mbao peuvent désormais afficher le sourire. Les travaux ont démarré en présence du maire Cheikh Aliou Bèye. Ce dernier soutient que cette initiative de l'Etat est à saluer à sa juste valeur.
Cri du cœur des commerçants de Keur Massar
Les commerçants des 19 sur 26 marchés que compte le département de Keur Massar déplorent le mutisme des autorités locales, parlementaires et étatiques sur les difficultés qui affectent leurs espaces de travail. Des difficultés qui ont pour noms : insalubrité, absence de toilettes et d'éclairage public et insécurité. Autant de maux qui ont poussé ces commerçants à crier au secours des autorités.
Un accident fait un mort et un blessé grave sur l’axe Sédhiou-Kolda
Un accident s’est produit lundi après-midi aux environs de 16 heures, causant un mort sur l’axe Sédhiou-Kolda, précisément à hauteur du village de Marandan, dans la commune d’Oudoucar, région de Sédhiou, a appris l’Aps de témoins. Selon ces témoins, un véhicule automobile a violemment percuté un piéton, entraînant la mort d’un jeune garçon de 12 ans, élève au CEM d’Oudoucar. Une autre personne a été légèrement blessée, nécessitant des soins médicaux. Les sapeurs-pompiers de la 43e compagnie d’incendie et de secours, accompagnés des éléments de la gendarmerie de Sédhiou, sont intervenus sur les lieux, ont-ils indiqué, précisant que le corps sans vie de la victime a été transporté à la morgue du centre hospitalier régional Amadou-Tidiane-Ba de Sédhiou.
Concours d’agrégation au Sénégal
Le Sénégal va abriter en novembre prochain le concours d’agrégation en sciences juridiques, économiques, politiques et de gestion du CAMES. La révélation a été faite hier par le Secrétaire général du CAMES, lors de l’audience que le Recteur de l’Ucad, le Pr Alioune Badara Kandji, lui a accordée. Pr Souleymane Konaté et son Directeur des programmes, Pr Ali Doumma, espèrent que l’UCAD et les autres universités du Sénégal relèveront le défi de l’organisation de cette compétition continentale. Par ailleurs, ils ont échangé sur l’élargissement de l’espace aux pays anglophones et arabophones ; la création du réseau des Directeurs généraux de la Recherche et de l’Innovation pour asseoir une politique commune de recherche ; la création du collège des écoles doctorales du CAMES ; la création des pôles de compétences suivant les programmes thématiques de Recherche Innovation et Développement reliés aux écoles doctorales et le renforcement des compétences par une collaboration avec la Diaspora africaine.
L’équipe d’Al Jazeera est repartie avec son matériel
L’équipe de journalistes de la chaîne de télévision Al Jazeera, interpellée dimanche à l’aéroport de Cap Skirring, a quitté Ziguinchor hier, avec son matériel de tournage, a-t-on appris de source sécuritaire. « Ils sont repartis à l’instant même et le matériel a été juste gardé à la brigade en attendant. C’était sur ordre du procureur. On avait gardé leur caméra et leur trépied. Et ce matin, on leur a remis le matériel, leurs passeports et l’ordre de mission. Ils n’ont pas passé la nuit à la brigade. Ils ont passé la nuit dans un hôtel », a confié cette source à l’APS. Dans un communiqué, l’association de la presse étrangère au Sénégal (APEES) a indiqué qu’une équipe de la chaîne de télévision Al Jazeera, dûment accréditée au Sénégal, en mission de reportage en Casamance sur le retour des déplacés de guerre dans leurs villages d’origine, a été interpellée ce dimanche 13 avril 2025, à son arrivée à l’aéroport de Cap Skirring de Ziguinchor par la Police et la Gendarmerie sur ordre des autorités locales. Selon elle, l’équipe a d’abord été interpellée par la police à son arrivée à l’aéroport, puis libérée, et de nouveau interpellée, cette fois-ci par des éléments de la gendarmerie nationale à son arrivée à l’hôtel. Le journaliste et sa camera woman ont été ensuite conduits dans les locaux de la brigade de gendarmerie où ils ont été interrogés sur les raisons de leur déplacement en Casamance, a fait savoir l’APEES.
Par Maya LY
JUSQU’OU LE PEUPLE PEUT ETRE SOUVERAIN?
Aucune incrimination ne peut valoir condamnation au nom de l’exigence de transparence ou de justice, au mépris d’éléments à charge satisfaisants et d’enquêtes contradictoires sérieuses
Seule la justice est gardienne de l’Etat de droit. La contestation politique de la justice dans le monde, particulièrement aux Etats-unis, en Israël en France, dans les démocraties illibérales, est une atteinte à la séparation du pouvoir, laquelle est un pilier de la démocratie. Il ne revient pas au peuple de décider qui est innocent et qui est coupable. La justice populaire est fondamentalement partiale et partisane. Flatter le peuple est une très mauvaise chose pour la démocratie. Aucune incrimination ne peut valoir condamnation au nom de l’exigence de transparence ou de justice, au mépris d’éléments à charge satisfaisants et d’enquêtes contradictoires sérieuses.
La mission première de la justice est la recherche de la vérité. La primauté du droit est un élément structurant de la vie collective. C’est la première garantie contre l’arbitraire et la loi du plus fort. Et très souvent, le démantèlement de l’Etat de droit commence par une absence d’indépendance de la justice et un musellement de la liberté d’expression (qui ne vaut à mon sens que dans le respect de la dignité d’autrui). Un Etat de droit se différencie d’un Etat autoritariste par le respect de la séparation des pouvoirs, l’égalité des citoyens devant la loi, le respect de la hiérarchie des normes juridiques, la garantie d’un procès équitable. Même en situation exceptionnelle dérogatoire et de possibilités d’atteinte aux libertés publiques, le droit n’est pas congédié.
Dans notre pays, certaines affaires en cours, en raison du non-respect des règles de droit, nourrissent le soupçon d’une recherche de coupables à moindre frais. Est-ce un leurre pour masquer les espoirs déçus? L’orientation politique est inquiétante. Pour beaucoup de Sénégalais qui ont qualifié l’arrivée au pouvoir de l’exécutif, de tournant majeur qui consacre une nouvelle ère politique avec un vrai retour aux vraies valeurs, le renouveau attend toujours. Le sera-t-il encore longtemps? Les jeunes répondent en continuant à partir, convaincus qu’ils n’ont aucun héritage à attendre. Dans le monde rural, de lourds nuages s’accumulent. Les maigres dispositifs de sécurité sociale et d’aides aux plus démunis sont en sursis.
Le gouvernement poursuit la politique du discrédit sur ses prédécesseurs, avec des partisans qui se posent en nouveaux chevaliers blancs de l’inquisition, qui attaquent en meute sur les réseaux sociaux pour faire taire toutes les voix contradictoires et discordantes. L’insulte, la calomnie et le mensonge sont devenus une rente. Sert-il à quelque chose de refiler sans cesse “sa patate chaude” aux autres? L’ancien gouvernement est-il coupable de tous nos maux ? La communication gouvernementale qui va dans tous les sens est calamiteuse et est faite d’une banalité et d’affirmations sans fondements. Les problèmes de la gouvernance ne disparaissent pas par le simple fait de vouloir les exorciser, les ignorer, les manipuler.
L’avantage d’un narratif séduisant est qu’il favorise la paresse et l’indigence intellectuelle. Les politiques savent vendre du vent et des merveilles. Pour autant, les gens, mêmes ceux qui choisissent de tourner le regard, finissent toujours par voir ce qui se voit par un œil non malade. Un pays en surplace creuse une distance entre la société et ses gouvernants, et ouvre un chemin de rejet devant des promesses mystificatrices et une pratique politique politicienne. Le chemin de la dette à la banqueroute, de la banqueroute à la révolte n’est pas très long. Le gouvernement est-il en mesure de fournir des solutions durables aux problèmes majeurs du pays? L’alternance, très loin de l’alternative. Elle portait un espoir immense de changement. Elle semble esquisser les contours d’une immaturité politique, et d’un véritable manque de préparation. Est-ce le signe d’un naufrage qui s’annonce? L’excès d’assurance, l’illusion de se croire à l’abri de tout, la logique d’accaparement, relèvent de la politique de l’angle mort. L’éthique de conviction sans éthique de responsabilité est un malheur. Gouverner, c’est avoir le courage de la nuance, faire preuve d’intégrité, tenir ses promesses. On ne gouverne pas comme ça vous arrange. Avec une classe politique souvent à la dérive, enchaînée dans le calcul et les manœuvres, l’homme politique n’est plus celui qui fait comme il doit. Par son propos malheureux sur l’autorité judiciaire, le président est le premier acteur de la démonétisation de la justice.
Par Youssou DIALLO
DES COOPERATIVES COMMUNALES AUX COOPERATIVES COMMUNAUTAIRES ET PRODUCTIVES
Les coopératives sont des sociétés de personnes autonomes, gérées exclusivement par leurs membres-usagers dans une économie de marché. Si ce principe n’est pas respecté, il ne s’agit pas de coopératives
J’avais initialement prévu, en tant qu’expert en la matière, de publier un article de fond sur les coopératives au Sénégal et les orientations prises dans ce secteur par les nouvelles autorités du pays. Mais, j’ai finalement décidé de mettre ce projet en suspens, afin de ne pas contribuer davantage à leur fourvoiement. En effet, leur approche consiste à mettre en œuvre des initiatives mal comprises et mal maîtrisées, à grand renfort de slogans creux mais séduisants pour le commun des Sénégalais, généralement peu informés sur le sujet.
Dans un article précédent, j’avais déjà dénoncé l’hérésie que représentait la mise en place de «coopératives communales». Depuis lors, cette appellation semble avoir été mise en veilleuse, au profit d’un autre concept tout aussi erroné sur le plan coopératif : celui de «coopératives communautaires et productives».
Or, une coopérative regroupe des personnes ayant des intérêts communs à défendre et des objectifs similaires à atteindre ensemble. A l’inverse, une communauté est un conglomérat d’intérêts souvent divergents, voire contradictoires. Elle réunit différents corps de métiers et couches sociales : artisans, agriculteurs, éleveurs, commerçants, prestataires de services, mais aussi chômeurs, pauvres, classes moyennes, riches, hommes, femmes, jeunes, personnes âgées, etc.
Des coopératives structurées par corps de métier ou par catégorie sociale (femmes, jeunes, etc.) ont du sens et sont cohérentes. En revanche, l’expression «coopérative communautaire et productive» est une construction sans fondement, ni juridique, ni sociologique, ni économique.
Le qualificatif «productive» est par ailleurs superflu : une coopérative est, par définition, une unité économique soumise aux exigences de rentabilité et de profitabilité. Quelle que soit sa nature, elle doit être en mesure de produire de la valeur, de façon à répondre aux besoins de ses membres.
Ce concept de «coopérative communautaire et productive» ne repose donc sur rien d’autre qu’un slogan séduisant, mais vide de sens.
Les nouvelles autorités doivent faire preuve d’humilité et d’honnêteté intellectuelle. Elles gagneraient à se mettre à l’écoute de ceux qui maîtrisent réellement les enjeux dans chaque domaine.
Elles doivent, pour commencer, abroger ou adapter la législation en vigueur -notamment la loi 83-07 et ses décrets d’application- afin de la rendre conforme aux textes de l’Uemoa et de l’Ohada en matière coopérative. La législation communautaire parle désormais de sociétés coopératives, et non simplement de coopératives.
Pour conclure, rappelons une vérité fondamentale : les coopératives sont des sociétés de personnes autonomes, gérées exclusivement par leurs membres-usagers dans une économie de marché. Si ce principe n’est pas respecté, il ne s’agit pas de coopératives. Ce ne seront alors que des excroissances de l’Etat, de ses démembrements, ou d’intérêts politiques et clientélistes -des structures vouées à capter des financements publics pour des groupes de pression, et non à servir les populations.
Et comme par le passé -souvenons-nous des coopératives dites «socialistes» sous les présidences de Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf-, ces expériences finiront, inévitablement, en échec cuisant.
Nul besoin de grandes théories pour le démontrer !
Excellente semaine à toutes et à tous.
NDOUMBE SAKHO BA RACONTE SON PREMIER HAJJ
Pour son premier pèlerinage en terre sainte de l’islam, Ndoumbé Sakho Ba ne voulait pas que cette expérience tombe dans l’oubli. Et pour garder les souvenirs de cette quête de spiritualité, elle a écrit un livre intitulé Mon Premier Hajj.
Il y a des moments dans la vie qui ne s’effacent jamais. Pour Ndoumbé Sakho Ba, son premier Hajj aux lieux saints de l’islam reste une expérience indélébile. Pour aider les pèlerins qui veulent sacrifier à ce 5e pilier de l’islam, elle relate ses émotions et son expérience à travers son premier ouvrage. «Mon premier Hajj» a été publié aux Editions l’Harmattan.
Pour son premier pèlerinage en terre sainte de l’islam, Ndoumbé Sakho Ba ne voulait pas que cette expérience tombe dans l’oubli. Et pour garder les souvenirs de cette quête de spiritualité, elle a écrit un livre intitulé Mon Premier Hajj. Ce premier essai de 161 pages relate les péripéties du voyage et l’émotion vécue en accomplissant ce 5e pilier de l’islam en 2024. Au départ de cette aventure spirituelle, l’idée ne lui était pas venue d’en faire un ouvrage. «Je ne pensais pas que j’allais écrire un livre sur mon voyage spirituel», confie-t-elle en présentant l’ouvrage devant un parterre d’invités. «Les préparatifs spirituels, logistiques, le départ du Sénégal, l’arrivée à Médine, la gestion des émotions, la découverte de Masjid Al Nabawi, le recueillement, la communion avec le Prophète Muhammad, la sacralisation, la découverte de Masjid Al Haram, de la Kaaba, la pratique du Tawaf, du Safa al marwah, les prières devant de la Kaaba, les jours de fixation à Mina, Arafah, Muzdalifa, Jamrah.» A travers ces lignes, l’autrice nous fait une description détaillée de son voyage à La Mecque, une aventure à la fois spirituelle et émotionnelle que Ndoumbé Sakho Ba partage avec ses lecteurs, de la prise de décision d’accomplir le Hajj au retour sur Dakar avec le titre de «Hadja».
Elle n’oublie pas non plus les formalités administratives, sanitaires et religieuses, le séjour dans la plus belle ville du monde, Médinatoul Mounawara.
L’autrice est revenue également sur les préparatifs d’avant-Hajj, le sport qui est fortement recommandé, le choix des tenues les plus adéquates, les différents effets personnels que chaque pèlerin pouvait avoir, la visite des mosquées. Enfin, elle met en exergue la vie à Médine et à La Mecque. «J’ai tellement appréhendé la période de sacralisation très symbolique et solennelle. J’ai toujours été émue de voir les pèlerins en tenue de sacralisation, surtout chez les hommes. Car c’est à travers eux qu’on peut vraiment le percevoir. Chez la femme, n’importe quelle tenue propre et décente est utilisée en période de sacralisation. Nous avons tenu une dernière réunion la veille de notre départ, où les guides sont revenus sur la signification de chaque type de Hajj. Lors de cette séance, je n’ai pu retenir mes larmes qui coulaient toutes seules», explique-t-elle.
«J’ai commencé à écrire 3 à 4 semaines après mon retour, alors que les étapes étaient encore fraîches dans ma tête», dit-elle, en évoquant «un devoir de sensibilisation de toutes les personnes désireuses d’y aller». Avant de revenir sur les temps forts de ce voyage riche en enseignements. «Au fur et à mesure que j’écrivais, je passais de 5, 20, 50, 80, 100, 120 à 160 pages sans compter les illustrations. Un contenu beaucoup trop dense pour que je le garde jalousement dans un ordinateur», a-t-elle raconté. Le souhait de l’autrice aujourd’hui est que ce livre serve de guide, de source d’inspiration et de compagnon de route pour les futurs pèlerins qui veulent accomplir pour la première fois le 5e pilier de l’islam, à savoir le Pèlerinage à La Mecque.
Par Bocar SAKHO
IL FAUT CONSTRUIRE PLUS DE PRISONS !
Celui qui régnera par l’épée périra par l’épée… Hier, Ousmane Sonko s’est montré passablement irrité, avec un discours menaçant, comme s’il ne portait pas ce grand boubou de Premier ministre. Manifestement, il n’est pas heureux. Pourquoi ? Allez savoir !
Celui qui régnera par l’épée périra par l’épée… Hier, Ousmane Sonko s’est montré passablement irrité, avec un discours menaçant, comme s’il ne portait pas ce grand boubou de Premier ministre. Voilà pourtant quelqu’un qui a tout pour être heureux, il a obtenu tout ce pourquoi il se battait. Ou presque ! Il a dégagé le «Système», gagné la Présidentielle en faisant largement élire son candidat, obtenu la majorité à l’Assemblée, ce qui lui permet de gouverner tranquillement. De plus, il est devenu super chef du gouvernement, avec des pouvoirs illimités. Manifestement, il n’est pas heureux. Pourquoi ? Allez savoir !
Car il est resté en 2021 et n’a pas réussi à mettre à jour son logiciel en étant au pouvoir, avec cette volonté de vouloir proroger ce «Mortal Kombat» ou ce «Gatsa Gatsa» qui l’a rendu si célèbre. Raboter les libertés ou mettre au pas les personnes critiques. En vérité, c’est un plan suffisamment planifié depuis le début de cette nouvelle alternance. Le 26 septembre dernier, il avait estimé que le débat sur les finances publiques devrait relever de la sécurité nationale.
Lors de sa rencontre avec les organisations syndicales, le Premier ministre avait avancé que les pays asiatiques, qui se sont développés, avaient à un moment donné mis entre parenthèses certaines libertés. Même s’il ne remettait pas en cause la liberté d’expression, tentait-il de relativiser. Bien sûr, il faut se rendre compte que sa sortie d’hier est dans le même ordre d’idées. Il lui faudra alors bâtir des prisons pour concrétiser cette tentation totalitaire et cette ambition de construire un rideau de fer dans les esprits, pour soumettre les critiques.
Chroniqueurs, voix indépendantes et journalistes, l’ombre de Pastef est sur vous ! Si Sarkozy avait parlé de passer les manifestants au Karcher, Sonko utilise le mot «effacer» ceux qui, selon lui, portent par procuration le combat des opposants, afin qu’ils sortent du bois. Ce champ lexical montre toute l’énergie qu’il entend déployer pour gagner ce pari.
C’est le temps de la chienlit qui s’annonce, pour un pays en ruines. Pour les médias, cela ne doit pas être une surprise. Le plan de liquidation assumé a été amorcé dès les premières heures du nouveau régime. On se souvient que les premières mesures «primatoriales» ont touché d’abord les entreprises de presse, avant même que l’Etat ne se penche sur les urgences des Sénégalais.
C’est le Premier ministre, himself, qui a annoncé la fin des conventions qui les liaient aux structures publiques. Jusqu’ici, les créances ont été gelées par l’Administration. Sans oublier les Atd et la subvention à la presse confisquée. Il ne leur reste que cette liberté que le régime voudrait remettre en cause, comme si le 2 avril 2024 était l’année zéro de la liberté d’expression au Sénégal. Or, Pastef, dans l’opposition, a parrainé des «chroniqueurs», des «journalistes», et fondé un média de propagande dont certains responsables assument désormais des positions stratégiques au cœur de l’appareil étatique.
Aujourd’hui, il reste aux médias et aux personnes épris de libertés, à s’ériger en boucliers contre les graves menaces sur les libertés publiques et individuelles judiciarisées et politisées, pour arrêter cette Opa hostile décrétée par le pouvoir de Pastef. Il s’agit de principes non négociables, exercés dans la responsabilité. Cela devrait relever même de l’atavisme, car ce pays n’est pas un avatar de la dictature, mais une Nation libre. Il est grand temps de se lever pour contenir les dérives dangereuses sur le présent et l’avenir du Sénégal.
De toute façon, ce pays est trop grand pour succomber à cette tentation. Sonko est un homme très puissant, mais il n’a pas façonné ce Sénégal pour qu’il soit son miroir, le reflet de ses propres désirs. Le Sénégal lui survivra, même si son horizon de 2050 semble trop loin pour accepter que cette menace chimérique de destruction, sous nos yeux, de nos acquis démocratiques se concrétise dans notre pays. C’est l’essence même de son existence.
MACKY SALL VISÉ PAR UNE PROCÉDURE POUR HAUTE TRAHISON
Guy Marius Sagna vient de déposer une résolution accusant l'ancien président. L'initiative datée du 11 avril s'appuie sur le récent rapport de la Cour des comptes qui révèle selon l'auteur, une gestion ayant compromis la souveraineté financière de l'État
(SenePlus) - Un membre de l'Assemblée nationale du Sénégal a formellement déposé une résolution visant à mettre en accusation l'ancien président Macky Sall pour haute trahison. Selon les documents datés du 11 avril 2025, le député Guy Marius Sagna du groupe parlementaire Pastef les Patriotes accuse l'ancien président de graves malversations financières durant son mandat.
La résolution cite le récent rapport de la Cour des comptes du Sénégal qui aurait révélé :
Une dette publique non autorisée de 2 517 milliards de francs CFA contractée en dehors des circuits légaux et sans approbation parlementaire
Un usage massif et irrégulier des comptes de dépôt du Trésor (SNPE) totalisant 2 562 milliards de francs CFA, échappant totalement au contrôle parlementaire
Une représentation délibérément erronée de la situation financière du pays, le déficit réel de 2022 dépassant 10% du PIB contre les 6,5% officiellement annoncés
Une dette publique atteignant près de 100% du PIB, bien au-delà du chiffre officiellement présenté de 74%
La proposition de mise en accusation s'appuie sur l'article 101 de la Constitution sénégalaise, qui stipule que le président n'est responsable des actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions qu'en cas de haute trahison. Le document soutient que la gestion financière de Sall constitue une "dissimulation systématique" et une "manipulation des chiffres publics" qui ont mis en péril la souveraineté financière de l'État.
La résolution a été soumise au président de l'Assemblée nationale, Malick Ndiaye. Si elle est approuvée par une majorité des trois cinquièmes des membres de l'assemblée, l'ancien président devra faire face à une procédure devant la Haute Cour de Justice, une procédure exceptionnelle qui n'a jamais été menée à son terme dans l'histoire politique du Sénégal.
Par Mohamed GUEYE
MABOUBA A HUE, SERIGNE GUEYE À DIA
La séance des Questions au gouvernement, hier à l’Assemblée nationale, a été une bonne occasion pour se rendre compte que jusqu’à présent, le gouvernement de Premier ministre Sonko ne donne pas d’indications claires sur ses objectifs de développement
La séance des Questions au gouvernement, hier à l’Assemblée nationale, a été une bonne occasion pour se rendre compte que jusqu’à présent, plus d’un an après sa formation, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Sonko ne donne pas d’indications claires sur ses objectifs de développement. Il suffisait d’entendre le ministre de l’Agriculture débiter la liste des efforts que son département est en train de fournir pour assurer la sécurité et «la souveraineté alimentaire du pays» pour s’en rendre compte. Comme tous ses collègues et son Premier ministre, M. Diagne a rappelé, comme il l’avait déjà fait sur le plateau de la télévision nationale, que «le Sénégal importe 1070 milliards de denrées alimentaires». Même si ces chiffres sont contestés, il en est le seul responsable. M. Diagne les décline par produits pour affirmer que pour le riz, le Sénégal importe 1, 4 million de tonnes, 860 mille tonnes de blé, 450 mille tonnes de maïs, 347 mille tonnes de fruits et légumes, 200 mille tonnes d’huile, 210 mille tonnes de sucre et plus de 100 millions d’euros de lait.
Ces propos montrent à quel point la sécurité alimentaire est, à ce jour, toujours sous hypothèque. Les efforts entamés lors des coups de rappel des crises du Covid-19 en 2020-21, et de la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui lui a succédé, qui ont mis fortement en évidence la dépendance du Sénégal au marché extérieur pour se nourrir, n’ont pas encore produit de résultat. Il faut néanmoins louer les efforts du ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage pour casser les goulots d’étranglement qui ont longtemps bloqué le développement de certains secteurs de son département.
Il a ainsi cité, hier, le paiement d’une grande partie de la dette due aux opérateurs, l’augmentation du budget de l’agriculture de 25% et la fourniture des engrais et des semences à temps. Entre autres efforts.
Si l’on peut, sans ironie aucune, constater que «l’hivernage de Macky Sall» n’a pas vraiment récompensé leurs efforts lors de la campagne agricole écoulée, on doit reconnaître à Mabouba d’être persévérant dans l’effort. Son plus grand adversaire, dans la réalisation de ses ambitions, partage la table du Conseil des ministres.
En effet, autant Mabouba Diagne donne le sentiment de vouloir remporter la bataille de l’autosuffisance alimentaire dans ce pays, autant son collègue, le ministre chargé du Commerce, Serigne Guèye Diop, semble avoir reçu pour consigne de transformer le Sénégal en immense souk. Sa ligne politique semble être de vouloir réduire les prix des denrées alimentaires, quoi qu’il puisse en coûter. Son dernier exploit a été de s’allier avec des négociants pour importer du riz de qualité inférieure, que le ménage sénégalais moyen n’aime pas consommer, pour pouvoir claironner à grand renfort de publicité médiatique, que le gouvernement a réussi à baisser le prix du riz.
On peut bien se demander à qui aura servi ce coup de pub, si l’on sait, comme dit plus haut, que le riz ordinaire importé dans l’espoir de faire baisser les prix n’est pas celui préféré par les familles sénégalaises, qui ne vont donc pas prendre d’assaut les échoppes pour s’approvisionner. Or, ce déchet de riz, que les esprits chagrins qualifient d’aliment de volaille, est entré sur le marché national en toute exonération de droits de douanes et de Tva. Et l’on a entendu le commerçant qui a servi de chef de file des importateurs qui ont amené ce produit, promettre aux Sénégalais de nouvelles baisses sur des produits comme l’huile, le sucre, ou d’autres encore.
Juste pour rappel, ce commerçant est poursuivi pour des questions de détournements d’engrais. Il a dû payer une forte caution pour ne pas se retrouver derrière les barreaux, comme d’autres qui ont été interpellés pour des motifs bien moins graves. En plus de cela, l’individu a été longtemps soupçonné de collusion avec des dignitaires du régime précédent pour des questions relatives à des manœuvres frauduleuses sur les produits alimentaires. Ce passif n’a pas empêché le ministre du Commerce de faire du «business» avec lui.
Il a tout simplement négligé le fait que la levée des taxes sur les produits alimentaires importés a un impact certain sur la production nationale qui, elle, ne bénéficie pas de tant de faveurs. Même si le riz ordinaire importé n’est pas celui prisé par les ménages, on peut croire que la conjoncture difficile que connaît le pays pourrait pousser les Sénégalais les moins nantis à s’en contenter, au détriment de la production locale.
De même, quand Mabouba Diagne déclare que le Sénégal importe 210 mille tonnes de sucre par an, cela se fait au détriment de la production nationale. En ce moment, la Compagnie sucrière sénégalaise, la seule entreprise sénégalaise qui produit du sucre, a 80 000 tonnes de sucre stockées dans ses entrepôts, depuis la dernière campagne agricole. Cela représente environ la moitié de sa production. Si le Sénégal est déficitaire en sucre et qu’il ne parvient pas à vendre son produit, c’est parce que le ministre du Commerce et ses services distribuent des Déclarations d’importation de produits alimentaires (Dipa), en veux-tu en voilà, à des commerçants qui vont s’en servir pour inonder le marché au détriment du producteur national. L’ironie de l’histoire est que ces importations, malgré toutes les faveurs qui leur sont faites, ne bénéficient pas au consommateur sénégalais, qui paie toujours son sucre au prix fort. Et tout cela, le ministre le sait, qui connaît également la situation difficile des huiliers, auxquels la hausse de production déclarée sur l’arachide n’a pas bénéficié, parce que sur le marché, c’est toujours l’huile végétale qui règne en maître, et qui s’achète au prix fort.
Sans doute pour limiter les dérives de ses décisions, le ministre Serigne Guèye Diop a sorti de son chapeau, la trouvaille des «Volontaires de la consommation», à savoir 1000 jeunes gens, payés au lance-pierre, pour contrôler les prix des denrées dans les boutiques. Depuis l’annonce de cette décision à ce jour, les ménagères sénégalaises n’ont pas encore vu les boutiquiers des quartiers afficher des prix à la baisse pour les produits de consommation courante.
En plus de tous les efforts financiers que le gouvernement déclare avoir déployés pour non seulement combattre les pénuries, mais surtout lutter contre les hausses intempestives des produits alimentaires, on pourrait suggérer au Premier ministre, qui semble s’être pris de passion pour les vertus du dialogue, d’organiser un dialogue entre ses deux ministres Mabouba Diagne et Serigne Guèye Diop. Il est important que ces deux se comprennent pour qu’enfin, les efforts des paysans pour nourrir les Sénégalais puissent se remarquer d’abord dans les étals des marchés, ensuite dans les paniers des ménagères. Sans cela, le discours de ces deux se résumera à un dialogue de sourds.
LE SENEGAL S’OPPOSE A LA PARTICIPATION DE LA TUNISIE
La Tunisie a été sélectionnée pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations des moins de 20 ans (CAN U20) 2025 en Égypte en tant que représentante de la zone Nord (UNAF).
La Tunisie a été sélectionnée pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations des moins de 20 ans (CAN U20) 2025 en Égypte en tant que représentante de la zone Nord (UNAF).
MOTSEPE ACCÈDE À LA DEMANDE DE L’UNAF.
Le choix de la Tunisie fait écho à son statut de meilleure équipe non qualifiée et à la proposition faite par l’UNAF au président de la CAF, Patrice Motsepe. La zone Nord milite, depuis l’assemblée générale de la CAF à Addis-Abeba, pour l’augmentation du nombre de représentants de la région, une demande à laquelle le patron de la CAF a toujours répondu par un « Ok, on va voir ! », selon un membre de l’UNAF. Le choix porté sur la Tunisie constitue-t-il une réponse favorable ? Il semble que oui. Mais, comme le rappelle la Fédération sénégalaise dans sa lettre envoyée le 11 avril 2025 — soit trois jours avant la tenue du tirage au sort —, même le tout puissant Comité exécutif de la CAF ne peut légalement prendre une telle décision. Et jusqu’à preuve du contraire, ce dernier ne s’est toujours pas réuni depuis son renouvellement et la reconduction de Patrice Motsepe pour un nouveau mandat de quatre ans. la décision a été entérinée via une consultation par email, selon plusieurs membres de l’exécutif contactés par Botola. Pourtant, à en croire le post de la Fédération tunisienne de football sur sa page Facebook, le jour de l’annonce de la participation des Aiglons de Carthage à la prochaine CAN, c’est « le comité exécutif de la Confédération africaine de football [qui, NDLR] a approuvé la proposition de la Fédération tunisienne de football et a validé la participation de la Tunisie à la Coupe d’Afrique des nations U20, prévue en Égypte durant le mois en cours ».
« UNE VIOLATION FLAGRANTE DES STATUTS ET RÈGLEMENTS»
Autant dire que la présence des Aiglons de Carthage est contestée par la Fédération sénégalaise de football, tant sur le fond que sur la forme. « Il nous est revenu que des démarches sont menées au sein de la CAF pour faire participer à cette compétition un pays (la Tunisie) qui ne s’est qualifié ni sur le terrain en compétition préliminaire zonale, ni par son statut de pays organisateur », écrit l’instance fédérale sénégalaise. Dans sa missive, la FSF tient à rappeler à l’instance continentale — traînée et battue de façon quasi systématique ces derniers mois devant le TAS de Lausanne — que le repêchage de la Tunisie, à quelques jours du coup d’envoi, constitue une « violation flagrante des statuts et règlements de notre Confédération, ainsi que des principes sacrosaints qui gouvernent les compétitions : l’éthique et l’équité sportives, l’égalité entre toutes les associations », avertit la partie sénégalaise, tenante du titre.
UNE QUESTION DE LÉGITIMITÉ
Le secrétaire général de la FSF rappelle au patron de l’administration de la CAF, Véron Mosengo-Omba, qu’« une telle décision romprait l’égalité avec les autres équipes nationales non qualifiées, mais surtout lèserait grandement les équipes qui ont sportivement et légitimement gagné sur le terrain le droit de participation à cette CAN, au cas où le pays concerné prendrait une des places qualificatives à la prochaine Coupe du monde FIFA U-20, ou gagnerait même le Trophée continental ». Un cas de figure qui rappelle celui du Danemark, sacré champion d’Europe en 1992 après avoir été repêché pour remplacer la Yougoslavie en guerre et éliminée par l’UEFA.
UNE PREMIÈRE RÉUNION DU COMEX HOULEUSE ?
Autant d’arguments qui permettent à la Fédération la plus titrée du continent sur une année de « s’opposer fermement à l’augmentation du nombre de participants à la CAN U-20, de 12 à 13, pour satisfaire la demande non fondée, ni en droit ni en morale, d’une association nationale », conclut la lettre à laquelle Botolaa eu accès. Une question que la Fédération sénégalaise de football souhaiterait voir portée à l’ordre du jour de la première réunion du Comité exécutif du nouveau mandat, prévue à la fin de ce mois à Accra, au Ghana. Mais rien n’est moins sûr, puisque la protestation de la FSF, avant même la tenue du tirage au sort, n’a pas empêché la CAF de procéder et d’inclure la Tunisie dans le pot 2, avant de la verser dans le groupe B, en compagnie du Nigeria, du Kenya et du Maroc. Selon une source majeure au Caire, la Fédération sénégalaise est en train de régler ses comptes avec le top management de la CAF. L’ancien viceprésident de l’instance, Maître Augustin Senghor, n’a toujours pas digéré l’humiliation infligée lors des dernières élections au Conseil de la FIFA et serait entré en dissidence. Toujours selon la même source, le patron du football sénégalais « serait prêt à saisir le TAS de Lausanne pour contester la consultation du Comité exécutif ».
LE + D’INFOS
Éliminée lors du tournoi de l’UNAF qualificatif à la CAN de la catégorie, la sélection U-20 tunisienne demeurait sans staff technique. La Fédération tunisienne de football (FTF) aurait décidé de la confier à un duo d’anciens internationaux, Majdi Traoui et Aymen Mathlouthi, une décision qui ne fait pas consensus au sein même du Comité exécutif de la FTF.
PROMOUVOIR L’ASPECT ENTREPRENEURIAL AU SEIN DES UNIVERSITES
La phase nationale de la 4ème édition du concours «Mon idée, mon entreprise » s’est déroulée hier, lundi, à l’université Alioune Diop de Bambey. L’objectif de cet exercice, c’est de promouvoir l’aspect entrepreneurial au sein de l’espace universitaire.
La phase nationale de la 4ème édition du concours «Mon idée, mon entreprise » s’est déroulée hier, lundi, à l’université Alioune Diop de Bambey. L’objectif de cet exercice, c’est de promouvoir l’aspect entrepreneurial au sein de l’espace universitaire.
Le thème de la 4ème édition du concours « Mon idée, mon entreprise »» qui est de répondre au défi du développement durable par l’utilisation de l’intelligence artificielle entre en parfaite adéquation avec les missions de l’université Alioune Diop. Le Professeur Ibrahima Faye, recteur de l’université Alioune Diop de Bambey, explique : « nous sommes fiers et honorés que l’Agence universitaire de la francophonie ait porté son choix sur l’université Alioune Diop pour abriter cette phase nationale. C’est une marque de confiance qui nous va droit au cœur et qui témoigne du rayonnement croissant de notre université dans le paysage de l’enseignement supérieur sénégalais et africain ». Le recteur a remercié les autorités de l’AUF pour le partenariat fructueux qu’elles entretiennent avec l’UAD. Ce partenariat est, selon lui, une source d’acquisition de ressources très utiles pour leur institution mais également un levier de transformation pour ce concours qui est de promouvoir leur université en développement. L’UAD reste pleinement engagée pour le renforcement de cette collaboration fructueuse, de ce partenariat fructueux.
Abordant le thème, le Pr Ibrahima faye recteur de l’UAD déclare par ailleurs : « l’intelligence artificielle entre en parfaite adéquation avec les missions que nous nous sommes assignées en tant qu’université publique sénégalaise. En effet, en plus de la formation académique et de la recherche directe, des missions fondamentales, les universités publiques sénégalaises ont désormais la mission d’accompagner les étudiants dans l’entrepreneuriat. Il s’agit de leur transmettre les compétences nécessaires, de leur offrir les opportunités concrètes pour concevoir et lancer leurs projets et de les relier aux réalités économiques et sociales de leur environnement. C’est dans cette dynamique que l’UAD a mis plusieurs initiatives ».
Pour le représentant du bureau national de l’Agence universitaire de la francophonie au Sénégal, Michel Lamar, l’objectif est de promouvoir l’aspect entrepreneurial au sein de l’espace universitaire. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation a pris en 2022 une lettre circulaire pour promouvoir le statut de l’étudiant entrepreneur. L’AUF se devait d’être aux côtés de ces 28 établissements membres pour accompagner cette dynamique en cours pour la prise en charge de cette question qui est l’entreprenariat et l’insertion professionnelle des jeunes. Le choix de l’UAD a été surtout motivé par le fait qu’elle est la première université du Sénégal à adhérer au concept de franchise centre d’employabilité francophone. Ces centres d’employabilité sont des dispositifs que l’AUF a mis en place, il y a de cela 4 ans, pour promouvoir l’entrepreneuriat. Nous avons ici un centre d’employabilité avec lequel nous construisons beaucoup d’activités autour de tout ce qui touche à l’employabilité et à l’insertion professionnelle des jeunes ». Et de conclure en disant : « en plus, l’UAD est membre de l’AUF qui est un réseau universitaire au monde. Nous sommes dans une dynamique d’itinérance. L’année dernière, nous étions à l’ISEPT de Thiès et le premier critère a été déterminant dans notre choix de cette année ».