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29 août 2025
TAKKU WALLU RÉAGIT AU PROJET DE MISE EN ACCUSATION DE MACKY SALL
Le groupe parlementaire de l’opposition fustige une dérive politique inédite, qu’il considère comme une menace pour la démocratie et la stabilité du pays.
Le Groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal a réagi avec fermeté ce mardi, après avoir appris par voie de presse l’existence d’un projet de mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice.
Dans un communiqué transmis à la presse, le groupe parlementaire de l’opposition se dit indigné par ce qu’il qualifie de « propos gratuits » tenus par un député de la majorité présidentielle. Il exprime sa vive préoccupation face à ce qu’il considère comme une « grave forfaiture » portant atteinte à l’image démocratique du Sénégal.
« C’est une première dans l’histoire politique du pays, marquée jusque-là par des alternances pacifiques, qu’un nouveau pouvoir cherche à atteindre un ancien chef de l’État à travers une campagne de manipulation et de violences verbales », dénonce le groupe Takku Wallu Sénégal. Il rappelle que, selon la Constitution, un ancien président ne peut être poursuivi que pour haute trahison, excluant toute responsabilité pour des faits de gestion.
Le groupe parlementaire y voit une tentative de nuire à la réputation d’un homme d’État « dont le leadership est reconnu à l’échelle internationale » et assure que cette démarche « sera vouée à l’échec ».
Takku Wallu Sénégal annonce qu’il usera de « tous les moyens nécessaires » pour s’opposer à cette entreprise, qu’il qualifie de « destructrice pour le modèle démocratique sénégalais ». Le groupe appelle enfin les citoyens « épris de paix » à se mobiliser face à ce qu’il décrit comme une « justice de vainqueurs » mettant en péril la cohésion nationale.
RESSOURCES GAZIÈRES, UNE MENACE CHIMIQUE QUI PLANE SUR L’ENVIRONNEMENT
L’exploitation des hydrocarbures, en pleine expansion, risque d’accroître l’utilisation de substances chimiques dangereuses. C’est l’alerte lancée par Papa Assane Ndiour, conseiller technique du ministre de l’Environnement.
Papa Assane Ndiour, conseiller technique du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, a déclaré, mardi, que l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans les eaux territoriales sénégalaises va engendrer une ”utilisation croissante” de substances chimiques dangereuses pour l’environnement.
‘’Au Sénégal, le développement industriel couplé à l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dans nos eaux territoriales va engendrer une utilisation croissante de substances chimiques dangereuses et les risques y afférents’’, a-t-il dit.
M. Ndiour intervenait lors des travaux du Colloque national du projet 95 relatif aux installations chimiques à Haut Risque (HRI) et au transport de marchandises dangereuses (TMD) par route et voie ferrée dans la région de la façade atlantique africaine.
Ce colloque s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet sur la gestion des risques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, communément appelé projet CBRN.
A l’échelle mondiale, il a indiqué que 15% du trafic, tous produits et tous modes de transport confondus, concerne les marchandises classées dangereuses.
‘’Ces marchandises permettent de faire fonctionner nos usines, de remplir les réservoirs de nos voitures, de fabriquer des millions de pièces usuelles, des médicaments, des produits textiles, des engrais et des matériaux de construction, de traiter l’eau potable et les eaux usées, en un mot, de subvenir à nos besoins quotidiens’’, a-t-il expliqué.
Il a précisé que le transport de ces marchandises dangereuses (TMD) porte sur trois grandes familles de produits : les produits pétroliers liquides, les produits chimiques divers et les gaz.
”Ce type de transport et de marchandises étant incontournables, il est primordial d’en maîtriser les risques’’, a-t-il préconisé.
Il a souligné que l’accident douloureux de la SONACOS en 1992 reste gravé dans les mémoires et rappelle la nécessité de doter le Sénégal d’un cadre légal robuste, de plans d’urgence opérationnels et d’une vigilance accrue pour prévenir tout incident majeur pouvant mettre en péril la santé et la sécurité des populations et de l’environnement.
‘’C’est pourquoi, l’initiative européenne des Centres d’Excellence pour la réduction des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (CBRN), revêt une importance majeure’’, a-t-il dit.
Selon lui, elle permet de moderniser le cadre juridique, de mettre à la disposition des acteurs des outils techniques performants, et de favoriser la coordination entre les différentes parties prenantes.
‘’Elle permet aussi de poser les bases d’une approche plus intégrée et efficace dans la gestion des risques NRBC dans notre pays’’, a encore dit le conseiller technique.
Papa Assane Ndiour a en outre estimé que ce présent colloque offre un cadre propice au dialogue et à la réflexion sur ”les problèmes auxquels nous faisons face et les avancées notables en matière de sécurité industrielle”.
”Il suscite aussi la réflexion sur les enjeux liés au transport de marchandises dangereuses, les perspectives d’avenir pour la sécurité industrielle au Sénégal et le partage des expériences de même que la comparaison des initiatives de sécurité industrielle”, a-t-il ajouté.
Lancée en 2010, l’initiative européenne des Centres d’Excellence pour la réduction des risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (CBRN), s’est donnée pour mission d’accompagner les pays partenaires comme le Sénégal dans la réduction des menaces liées à ces matériaux.
Mis en œuvre dans dix pays de la façade atlantique africaine dont le Sénégal, ce projet offre une plateforme unique pour l’échange d’expériences, le renforcement des capacités locales et la promotion des bonnes pratiques.
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LA SORTIE MUSCLÉE DE PAPE DJIBRIL FALL
Transparence financière, pressions sur la justice, licenciements politiques : Le député n'a épargné aucun sujet lors de sa conférence de presse ce mardi 15 avril, exigeant notamment des explications de la part du gouvernement d'Ousmane Sonko
Ce mardi 15 avril 2025, le député Pape Djibril Fall a tenu une conférence de presse particulièrement virulente à l'encontre du gouvernement. Dans une sortie médiatique remarquée, le parlementaire a formulé de graves accusations concernant des licenciements massifs qu'il qualifie de "politiques".
"Nous disposons de documents confidentiels prouvant que plus de 781 personnes ont été licenciées de façon abusive", a déclaré le député, précisant que ces licenciements touchaient également des ressortissants étrangers, notamment burkinabè et maliens. Selon lui, ces mesures seraient prises "pour satisfaire une clientèle politique" et constitueraient une "rupture" avec les promesses faites durant la campagne.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a été particulièrement ciblé par les critiques. Pape Djibril Fall l'accuse de ne pas respecter la loi et de vouloir exercer des pressions indues sur l'appareil judiciaire. "Le Premier ministre n'est pas la loi", a-t-il martelé, appelant dans la foulée l'Union des magistrats du Sénégal à "faire bouclier autour du ministre de la Justice" face à ce qu'il considère comme une "persécution".
La transparence financière a également été au cœur des préoccupations exprimées par le député. Il réclame des explications claires concernant la gestion de 405 milliards de francs CFA, estimant que les Sénégalais ont droit à la vérité sur l'utilisation des fonds publics dans un contexte où le gouvernement serait, selon lui, incapable de faire face au chômage malgré ses promesses.
En tant que membre de l'opposition, Pape Djibril Fall a tenu à définir sa vision du rôle parlementaire : "Nous sommes une opposition responsable et républicaine", a-t-il affirmé, promettant d'utiliser tous les outils législatifs à sa disposition, notamment les questions écrites et les propositions de loi, pour tenir le gouvernement responsable de ses actes.
Le député a conclu en lançant un appel à la presse, l'invitant à rester neutre et à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir. Il a également mis en garde contre ce qu'il perçoit comme une transformation de l'Assemblée nationale en "quartier général" par une majorité qu'il juge "écrasante", promettant que l'opposition ne l'accepterait pas.
AUX ÉTATS-UNIS, UN ÉTUDIANT ARRÊTÉ AU SEUIL DE LA CITOYENNETÉ
Mohsen Mahdawi, acteur des mouvements pro-palestiniens à Columbia, s'est rendu à un rendez-vous pour sa naturalisation au Vermont. Il en est ressorti menotté, cible d'une stratégie de l'administration Trump contre les activistes étrangers pro-Palestine
(SenePlus) - Un organisateur des manifestations pro-palestiniennes à l'université Columbia, Mohsen Mahdawi, a été arrêté lundi par les autorités d'immigration américaines alors qu'il se rendait à un rendez-vous au Vermont qu'il pensait être une étape vers l'obtention de la citoyenneté américaine, rapporte le New York Times.
Quelques heures après cette arrestation inattendue au centre d'immigration de Colchester, sa mère, sa sœur aînée et ses avocats tentaient désespérément de le localiser. Ses avocats ont demandé une ordonnance restrictive temporaire pour empêcher les autorités fédérales de le transférer vers une juridiction plus conservatrice - une tactique déjà utilisée dans la détention et les tentatives d'expulsion d'au moins quatre autres manifestants universitaires, selon le quotidien new-yorkais.
Le juge fédéral du Vermont, William K. Sessions III, a rapidement accordé cette requête, ordonnant que M. Mahdawi, critique virulent de la campagne militaire israélienne à Gaza, ne soit ni expulsé des États-Unis ni transféré hors du Vermont jusqu'à nouvel ordre.
"C'est leur mode opératoire", a déclaré l'avocate de M. Mahdawi, Luna Droubi, au New York Times. "Ils continuent simplement à cacher l'individu au point où ses avocats ne peuvent pas comprendre ou identifier où déposer les recours. Nous opérons à l'aveugle, alors qu'ils détiennent toutes les informations."
Détenteur d'une carte verte depuis dix ans, M. Mahdawi est le dernier étudiant palestinien à être pris dans le filet de l'administration Trump qui cible les étudiants étrangers impliqués dans l'organisation de manifestations pro-palestiniennes sur les campus universitaires américains.
Né et élevé dans un camp de réfugiés en Cisjordanie, où il a vécu jusqu'à son déménagement aux États-Unis en 2014, M. Mahdawi termine actuellement ses études de premier cycle en philosophie à l'École d'études générales de Columbia et prévoyait de s'inscrire comme étudiant en master à l'école des affaires internationales à l'automne, précise le New York Times.
M. Mahdawi n'a été accusé d'aucun crime. Selon ses avocats, l'administration Trump semble chercher à l'expulser du pays en vertu de la même disposition légale qu'elle utilise pour détenir un autre ancien étudiant palestinien de Columbia, Mahmoud Khalil, affirmant que sa présence constitue une menace pour la politique étrangère et les intérêts de sécurité nationale des États-Unis.
Après l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, M. Mahdawi avait cofondé "Dar: the Palestinian Student Society" à l'Université Columbia avec M. Khalil, pour "célébrer la culture, l'histoire et l'identité palestiniennes", selon la pétition de ses avocats. Il a également contribué à la fondation de "Columbia University Apartheid Divest", une coalition plus large qui a dirigé de nombreuses manifestations pro-palestiniennes sur le campus.
Plusieurs groupes pro-israéliens radicaux ont fait pression en ligne pour la détention et l'expulsion de M. Mahdawi depuis le retour du président Trump à la Maison Blanche. Betar USA, l'un de ces groupes, a posté sur X le 30 janvier que "le détenteur de visa Mohsen Mahdawi est sur notre liste d'expulsion". En mars, ils ont répété : "Mohsen Mahdawi est le prochain et également sur la liste d'expulsion", relate le New York Times.
Lundi matin, M. Mahdawi s'est présenté à un entretien qu'on lui avait dit être lié à sa naturalisation. Au lieu de cela, des agents d'immigration, certains avec le visage couvert, l'ont menotté et arrêté, selon une déclaration des deux sénateurs du Vermont, Bernie Sanders et Peter Welch, et de la représentante Becca Balint.
"C'est immoral, inhumain et illégal", ont déclaré les trois législateurs dans un communiqué cité par le New York Times. "M. Mahdawi, résident légal des États-Unis, doit bénéficier d'une procédure régulière conformément à la loi et être immédiatement libéré de détention."
PAR SIDY DIOP
LE SWING D’ABDOUL MBAYE
Il faut dire que la politique n’a jamais été son fairway préféré. Technocrate raffiné, homme de dossiers, de chiffres, de tableaux Excel, Abdoul Mbaye semblait souvent mal chaussé pour le terrain accidenté des arènes politiques...
Abdoul Mbaye quitte la présidence de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail. Il n’abandonne pas tout à fait le navire, non : il devient président d’honneur. Une belle formule, douce comme un adieu sans défaite, un retrait sans bruit. Désormais, il pourra s’adonner à sa passion, le golf, où l’on choisit ses trajectoires, où l’on évite les flaques avec plus d’aisance qu’en banlieue inondée.
Il faut dire que la politique n’a jamais été son fairway préféré. Technocrate raffiné, homme de dossiers, de chiffres, de tableaux Excel, Abdoul Mbaye semblait souvent mal chaussé pour le terrain accidenté des arènes politiques. L’image lui colle à la peau : celle de l’ancien Premier ministre arpentant les ruelles inondées de Pikine Wakhinane, mocassins blancs immaculés aux pieds, comme un invité mal orienté à une garden-party. Son successeur, Ibrahima Thiam, hérite d’un parti sobrement actif, sans fracas ni scandales, mais aussi sans grande percée. Sa tâche ? Ramener l’ACT dans le jeu, trouver le bon tempo, et peut-être, un jour, le bon swing politique. Pendant ce temps, Abdoul Mbaye affinera le sien sur les greens, là où l’on parle bas, où l’on vise loin et où l’on espère que la balle retombe, enfin, dans le trou.
L’ÉTAT DÉPLOIE SA STRATÉGIE POUR LA CAMPAGNE AGRICOLE 2025
Avec un budget de 120 milliards FCFA, le gouvernement veut lever les obstacles structurels du secteur, moderniser les pratiques agricoles et garantir un meilleur accès aux intrants, au financement et au matériel.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce mardi 15 avril, un Conseil interministériel consacré à la préparation de la campagne de production agricole 2025. À l’issue des travaux, un ensemble de mesures ambitieuses a été adopté pour consolider les acquis, corriger les faiblesses structurelles du secteur et impulser une dynamique nouvelle, dans une optique de souveraineté alimentaire.
Sur instruction du président de la République, un budget historique de 120 milliards FCFA a été alloué à cette campagne, avec une attention particulière portée à l’accessibilité des intrants. Le prix plancher de l’arachide a été relevé de 25 FCFA/kg, ce qui a contribué à une hausse notable de la collecte de graines par la SONACOS. Des résultats encourageants ont également été enregistrés dans les productions céréalière et horticole. Mais les défis restent nombreux : faiblesse des rendements arachidiers, manque d’infrastructures de stockage, logistique agricole vieillissante, fertilité dégradée des sols, manque de certification des semences, difficultés de commercialisation, entre autres.
Face à ce constat, le Premier ministre a ordonné le règlement immédiat des arriérés dus aux opérateurs privés et l’organisation d’une rencontre entre les parties prenantes du financement agricole – État, banques, institutions de microfinance, FONGIP, DER/FJ, BCEAO – pour structurer de manière durable l’appui financier au secteur.
L’approvisionnement en engrais auprès des ICS devra être assuré au plus tard le 30 avril, tandis qu’une campagne nationale de fertilisation des sols (phosphatage, chaulage, engrais organiques) sera lancée. Parallèlement, le processus de reconnaissance formelle des interprofessions agricoles sera accéléré, de même que la digitalisation de la distribution des intrants, testée d’abord à Tivaouane et Nioro.
Un dispositif innovant sera mis en place pour accompagner la campagne sur le terrain : 1000 jeunes volontaires issus des communes rurales seront mobilisés pour appuyer l’enrôlement digital des producteurs, la gestion des intrants et la vulgarisation des bonnes pratiques agricoles. Les coopératives seront pleinement intégrées à ce dispositif.
Le matériel agricole motorisé, souvent inaccessible, sera mis à disposition via le programme « Allo Tracteur », reposant sur un partenariat public-privé. Ce programme inclura des subventions sur les heures de service et la création de Centres d’Utilisation du Matériel Agricole (CUMA). Le gouvernement s’est également engagé à renforcer les infrastructures de stockage, à optimiser le système de récépissé d’entrepôt pour faciliter l’accès au crédit, et à promouvoir l’assurance agricole dans les zones à risque.
La contractualisation des filières (maïs, niébé, riz, horticulture) sera encouragée dès cette campagne. Un arrêté conjoint Agriculture-Commerce sur les circuits de commercialisation devra être finalisé d’ici le 21 avril. Des efforts ciblés seront menés par filière : soutien à la production et à la commercialisation du maïs, planification de la production horticole, réalisation de digues pour protéger les périmètres bananiers, transformation locale de l’anacarde, apurement des paiements aux producteurs de coton, modernisation des systèmes d’irrigation pour le riz, introduction de semences hybrides pour le mil, le sorgho et le blé.
La recherche agricole est également au cœur de cette stratégie. Le gouvernement veut restaurer l’ISRA dans la plénitude de ses missions, renforcer la production nationale de semences et promouvoir des variétés agricoles résilientes face aux aléas climatiques. Une réunion spécifique sur la reconstitution du capital semencier est prévue avant le 15 mai.
Enfin, le Secrétariat général du Gouvernement sera chargé de superviser la mise en œuvre de toutes ces mesures et d’en faire un suivi régulier auprès du Premier ministre.
POLYARTHRITE RHUMATOÏDE, UNE MALADIE MÉCONNUE QUI DÉFORME EN SILENCE
Souvent ignorée, la maladie touche de plus en plus de Sénégalais. Pour briser le silence autour de cette pathologie invalidante, une association mène un plaidoyer auprès des autorités et des populations, en misant sur la sensibilisation.
Maladie articulaire, la polyarthrite rhumatoïde, très peu connue des Sénégalais, atteint et déforme les membres, si elle n’est pas diagnostiquée ou traitée à temps. C’est pourquoi, une association tente de sensibiliser les autorités et les populations pour faciliter aux malades l’accès aux soins.
La polyarthrite rhumatoïde est une maladie très peu connue des Sénégalais. C’est pourquoi, l’Association polyarthrite rhumatoïde du Sénégal, qui regroupe des malades, mène une campagne pour que cette pathologie soit davantage connue. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé, le samedi 12 avril, à la Maison des cultures urbaines de Ouakam, une journée de sensibilisation. Selon la coordinatrice de la stratégie de communication, Djeynaba Ndiaye, la polyarthrite rhumatoïde est une « maladie articulaire, auto-immune, inflammatoire qui atteint et déforme les membres si elle n’est pas diagnostiquée ou traitée à temps ». Elle a fait savoir que « les causes sont multiples ».
Parmi elles, elle a cité : « le facteur stress, le facteur génétique et le facteur infectieux comme les angines à répétition par exemple ». Cela, sans compter « la perte d’emploi, le divorce, le décès d’un proche ou le stress chronique dû à une situation de vulnérabilité ou émotionnel durable ».
A l’en croire, le seul moyen de prévenir les déformations, c’est le diagnostic précoce. « Ce qui n’est pas possible pour la majorité des cas, parce que Dakar concentre les services de rhumatologie en dehors des 13 régions. Et quand on a cette maladie, il faut se traiter et éviter tout facteur de stress », a expliqué Mme Ndiaye. A l’en croire, les malades ont besoin d’une meilleure prise en charge, car les ordonnances, analyses et bilans et autres examens coûtent très cher, alors qu’un grand nombre de patients n’a pas une prise en charge médicale. Par conséquent, ils n’arrivent pas à se soigner correctement.
Djeynaba Ndiaye et les autres membres de l’association ont déjà rencontré des autorités sanitaires. L’objectif est de faire en sorte que ces pathologies bénéficient d’un financement ou d’une subvention. « Nous allons continuer de rendre visite aux autorités pour échanger avec elles, voir ce qu’elles peuvent faire pour les malades », a souligné la coordinatrice de la stratégie de communication de l’association polyarthrite rhumatoïde Sénégal. Elle a précisé qu’une subvention leur sera allouée sans entrer dans les détails. Elle dit avoir rencontré des services du ministère de la Santé et de l’Action sociale et les choses sont en bonne voie.
À l’en croire, certains malades ont parfois besoin d’hospitalisation. Mais, faute de moyens, ils sont obligés de rester à la maison. C’est pour cette raison que Mme Ndiaye a plaidé pour la subvention des médicaments.
Elle a invité les membres de l’Association polyarthrite rhumatoïde du Sénégal à s’inscrire dans les mutuelles de santé pour bénéficier de soins de qualité. « Ce n’est pas une maladie rare, elle est bien connue », a insisté Mme Ndiaye, qui inscrit leur plaidoyer dans les politiques nationales de lutte contre les maladies non transmissibles.
Parmi les activités, cette association compte organiser « une caravane nationale de sensibilisation et de collecte des données, inscrire la maladie dans le programme et le budget national de la santé, faciliter l’accès aux soins et la prise en charge et inclure la maladie dans les politiques du handicap ».
GOXUMBAC, ENTRE HISTOIRE, TRADITIONS ET DÉFIS MODERNES
De son appellation aux multiples interprétations à son rôle dans l’histoire migratoire du Sénégal, ce quartier de pêcheurs niché sur la Langue de Barbarie à Saint-Louis, Goxumbac incarne un riche patrimoine oral et social.
Quartier de pêcheurs, situé sur la Langue de Barbarie à Saint-Louis, Goxumbac est à la fois symbole d’histoire et de l’émigration irrégulière. Interpellés sur l’origine de l’appellation de la localité, les avis divergent. Chacun y va avec la version du récit qu’il a hérité de ses ancêtres.
« Le nom de Goxumbac vient de la déformation de l’expression wolof « Goxu macc » (zone de parades militaires). Parce qu’à l’époque, les militaires français et de l’Afrique occidentale française (Aof), qui logeaient à côté du camp Abbé Boilat, venaient faire leurs parades ici. Donc, les populations l’ont surnommé « Goxu macc », narre Ndèye Fall, dite Aïssatou, une des filles du 2e chef de quartier de Goxumbac, Oubaydad Fall.
Cependant, pour la signification du terme « mbac », les interprétations divergent de celle de Ndèye Fall. Selon certaines oralités, elle renvoie à l’expression wolof « bathie » qui veut dire « laver » et faisant allusion aux lavandières sur les berges du fleuve.bPour les autres gardiens de la tradition au sein de ce village, « mbac » signifie « Baag », c’est-à-dire de grands récipients que les maures utilisaient pour sécher les peaux de moutons après la Tabaski. On retrouve encore ces derniers, tout au long de la plage, sise juste à côté de l’Institut islamique de Goxumbac. Rencontrée dans sa demeure, Ndèye Fall, une maure de teint noir, drapée dans une « meulfeu » bleue, reste gardienne de sa tradition. Dans la demeure, tout rappelle la Mauritanie : un salon oriental, de grandes théières, des oreillers qui rappellent la couleur du salon campent le décor.
Maman, comme l’appelle affectueusement tout le monde dans la maison, explique que ses grands-parents étaient parmi les premiers habitants de Goxumbac. À l’époque, c’était presque une forêt et les gens quittaient Guet Ndar pour venir cultiver leurs champs le matin et rentrer le soir. « Nous, les maures, sommes les fondateurs de ce village. Avant, les habitants apercevaient de loin la mer, mais aujourd’hui, à cause de l’avancée de la mer, les maisons sont au bord de l’eau », explique-t-elle avec fierté.
Un lieu de relogement pour les habitants de Guet-Ndar
La fille d’Oubaydad indique qu’auparavant Goxumbac était un quartier très salubre. « L’un des quartiers les plus propres de Saint-Louis », répète-t-elle. Le sable était blanc et fin. C’était un refuge pour beaucoup de religieux qui s’isolaient ici pour des moments de retraite spirituelle. C’était très calme. « Pendant l’hivernage, on ne voyait même pas de moustiques. C’est avec les lotissements vers les années 1974, qu’ils ont délocalisé les habitants de Guet-Ndar pour les reloger ici. Et cela s’est passé sous la gouvernance de Thierno Birahim Ndao et du maire de Saint-Louis, André Guillabert », rapporte Ndèye Fall.
Si Thierno Birahim Ndao a tenu à délocaliser les habitants de Guet-Ndar à Goxumbac, c’est parce que, rapporte Ibrahima Fall, trouvé sur la plage en train de défaire ses filets en compagnie des autres vieux du quartier, il y avait à l’époque une maladie infectieuse. « C’était dans le souci d’éviter la contamination et la recrudescence de certaines maladies cutanées qu’il l’a fait et depuis lors, on a remarqué que la situation sanitaire des populations s’est améliorée », fait-il savoir.
La particularité de Goxumbac, c’est aussi ses « penc » (grand-places) implantés tout au long de la plage. « En tant que pêcheurs, toute notre vie, c’est dans la mer. C’est pourquoi, une fois à la retraite, nous installons ces « penc » pour nous réunir et surveiller nos enfants qui vont en mer. Nos maisons ne sont que des dortoirs », explique le vieux Fall.Par contre, Goxumbac comme tous les villages pêcheurs de la Langue de Barbarie a son lot de contraintes et de paradoxes. Cette presqu’île, ceinturée par le fleuve et la mer, est une contrée de pêcheurs aujourd’hui surpeuplée.
Elle est dépourvue de certaines infrastructures socio-économiques telles un marché, une zone de stockage de produits halieutiques. « Nous n’avons pas un endroit où nous pouvons aller acheter ou vendre nos produits halieutiques. C’est pourquoi, nous sommes obligés de bazarder nos produits une fois à quai pour éviter qu’ils ne pourrissent entre nos mains. On n’a pas de grossistes à Goxumbac. Nous allons toujours au marché, au centre-ville pour avoir tout ce dont on a besoin. Or, on a suffisamment d’espaces vides dans la zone », se désole Oumar Wade, habitant de Goxumbac.
Au-delà, notre interlocuteur renseigne que leurs soucis ont augmenté avec la découverte du pétrole et du gaz au large des côtes sénégalo-mauritaniennes. Car, ils n’arrivent plus à accéder à certaines zones. En fait, cette localité fait face au champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (Gta). De là, on aperçoit les engins et une flamme qui laisse échapper une ligne de fumée noire à des kilomètres dans le ciel.
WOODSIDE DÉFIE LES VENTS CONTRAIRES AU SÉNÉGAL
Le géant australien, opérateur du gisement de Sangomar, envisage d'investir 2,5 milliards de dollars dans une seconde phase de développement. Un pari sur l'avenir qui intervient paradoxalement alors que Dakar souhaite renégocier ses contrats pétroliers
(SenePlus) - Le groupe pétrolier australien Woodside Energy s'apprête à entamer des négociations avec les autorités sénégalaises pour le développement de la deuxième phase du gisement offshore de Sangomar, premier projet pétrolier en eaux profondes du pays. Ces discussions surviennent dans un contexte particulier, marqué par la volonté du nouveau président Bassirou Diomaye Faye de renégocier les contrats pétroliers et miniers.
Selon les informations recueillies par Jeune Afrique, les discussions concernant le concept de développement de cette nouvelle phase devraient se dérouler « entre 2025 et 2026, après un rapport d'évaluation complet de 12 à 24 mois de production de Sangomar ».
Situé à 100 km au sud de Dakar, le développement de la phase 1 du gisement avait nécessité un investissement considérable de 5,2 milliards de dollars, soit une augmentation de 21% par rapport aux 4,1 milliards initialement prévus lors de la validation du décret d'exploitation en 2020 par l'ancien président Macky Sall.
Pour cette première étape, Woodside a réalisé « la construction de 23 puits, dont onze de productions, soutenus par 10 puits d'injection d'eau et 2 puits d'injection de gaz », rapporte JA. Le dispositif comprend également « l'installation du navire flottant de production, de stockage et de déchargement (FPSO) Léopold Sédar Senghor, doté de deux lignes de production en boucle, et des infrastructures sous-marines associées ».
Concernant la phase 2, les plans de la compagnie australienne prévoient la construction de « 33 puits sous-marins, 16 producteurs et 17 injecteurs d'eau, reliés au FPSO Léopold Sédar Senghor ». Selon une source officielle sénégalaise citée par le magazine panafricain, « le montant des investissements nécessaires pour la phase 2 avoisinera les 2,5 milliards de dollars ».
Les démarches de Woodside interviennent alors que d'autres acteurs internationaux comme BP semblent se désengager du pays. Le groupe britannique a notamment cédé l'exploitation de la découverte Yakaar-Teranga à Kosmos Energy et « songerait même à renoncer à la phase 2 de GTA », le méga-gisement gazier dont il est l'opérateur principal, indique Jeune Afrique.
Malgré ces mouvements et les tensions liées à une possible renégociation de son contrat ainsi qu'à un différend fiscal avec l'administration sénégalaise, Woodside affirme être « très fière de la relation que la compagnie a nouée avec Petrosen et le gouvernement du Sénégal pour développer Sangomar ».
Le potentiel du gisement semble d'ailleurs justifier cette confiance. D'après JA, « les réserves prouvées de Sangomar ont augmenté de 54,9 millions de bp/j en 2025 dans une récente mise à jour de Woodside » pour atteindre 1 975,7 millions de barils équivalent pétrole. La durée de vie de ces réserves est désormais estimée à 9,6 ans, tandis que « les réserves prouvées et probables, dont la quantité est estimée à 3 092,2 millions de bp/j a une durée de vie de 15 ans aux niveaux de production de 2024 ».
Lors de son discours à la Nation du 3 avril, à l'occasion de la fête de l'Indépendance, le président Bassirou Diomaye Faye a clairement affiché ses intentions : « Dans le cadre de la réappropriation de nos ressources souveraines, le processus de renégociation des contrats [pétroliers et miniers] suit son cours normal. Les résultats obtenus à ce stade sont plus que satisfaisants. Ils seront communiqués à temps opportun au peuple sénégalais ».
C'est Talla Gueye, qui a succédé à Thierno Seydou Ly à la tête de la branche exploration-production de Petrosen en mars 2025, qui pilotera les discussions avec le groupe australien concernant le concept de développement de cette nouvelle phase.
Avec une production mensuelle qui a atteint « 3,08 millions de barils de pétrole brut en mars dernier » et « pas moins de 100 000 barils par jour », le gisement de Sangomar représente d'ores et déjà « des revenus importants pour l'État sénégalais et Woodside », conclut Jeune Afrique.
LE CIFOP DE MBORO, UNE SUCCESS STORY EN MAL DE RECONNAISSANCE
Créé dans les années 1980 grâce à un partenariat entre les Éclaireurs du Sénégal et du Luxembourg, le Centre international de formation pratique a permis à plus d’un millier de jeunes d’apprendre un métier.
Le Centre international de formation pratique (CIFOP) de Mboro (ouest), une structure née dans les années 80, du partenariat entre l’Association des éclaireurs du Sénégal et leurs homologues du Luxembourg, court toujours derrière une reconnaissance officielle, et un appui institutionnel, malgré un palmarès reluisant, avec à la clef au moins un millier de jeunes qui ont pu trouver un métier grâce à une formation de qualité.
A l’origine de la ‘’success story’’ du CIFOP, il y a une rencontre entre éclaireurs sénégalais et luxembourgeois. L’initiative est partie de l’Association des éclaireurs et éclaireuses du Sénégal qui, dans les années 1986, 87, 88, lance des activités à Mboro où, elle avait installé un camp, raconte Mbaye Niang, directeur des études de l’établissement.
“Quand les éclaireurs ont campé ici en 1988 en vue de la protection de la nature, c’était vraiment une activité réussie. Beaucoup d’organisations de jeunesse y avaient pris part”, se souvient le responsable.
Leurs partenaires, les éclaireurs du Luxembourg, ayant vu que l’endroit pouvait abriter beaucoup d’actions en faveur de l’épanouissement et le renforcement des capacités des jeunes, ont engagé des discussions dans ce sens.
“De discussions en discussions, des idées ont germé, pour mieux dynamiser l’entente entre les éclaireurs sénégalais et leurs collègues luxembourgeois”, se rappelle encore M. Niang.
Les Luxembourgeois ont décidé volontiers de mutualiser leurs forces avec les éclaireurs sénégalais, pour utiliser à bon escient cet espace que l’État leur avait octroyé.
Démarrage de trois filières: agriculture, bâtiment et mécanique
Il s’agissait pour les deux associations d’éclaireurs d’y former des jeunes afin qu’ils affrontent avec espoir et sérénité leur insertion professionnelle.
Le démarrage des unités d’apprentissage où les jeunes s’initiaient à faire quelque chose avec leurs mains, a consacré le premier acte matérialisant le tournant de la formation professionnelle.
Trois filières s’ouvrent au départ. Il s’agit de l’apprentissage des techniques d’agriculture, des techniques du bâtiment et de la mécanique automobile.
L’accompagnement des éclaireurs du Luxembourg consiste d’abord à collecter des équipements dans leur pays et à les convoyer par containers jusqu’au Sénégal.
Une fois le matériel sur place, les éclaireurs du Sénégal installent la filière équivalente. Chaque container était dédié à un métier et l’on se met aussitôt à former les jeunes pensionnaires.
Le premier lot de matériel de bâtiment a permis d’ériger les premières constructions du centre.
“Voilà comment on a démarré petit à petit. Au départ, c’était une formation qualifiante tout simplement”, avec comme seul souci d’offrir un métier aux jeunes pour qu’ils puissent travailler’’, explique le directeur des études, soulignant que “le diplôme ce n’était pas à l’ordre du jour”.
“En 1990, 91, 92, la chose s’est développée, beaucoup de jeunes se sont rués vers Mboro”, relate-t-il.
Le besoin se fait alors sentir de renforcer le personnel enseignant constitué jusque-là, de volontaires qualifiés de l’Association des éclaireurs.
Le développement du centre suscite aussi un besoin de se formaliser, de structurer la formation, de l’organiser davantage pour qu’au bout de son cursus, l’apprenant se voit délivrer un diplôme, pour prouver ses compétences.
‘’De fil en aiguille, les sections ont augmenté et nous nous sommes retrouvés aujourd’hui avec 11 filières, qui donnent toutes des diplômes d’Etat, à l’image de tous les autres établissements de formation du Sénégal’’, fait valoir Mbaye Niang.
Une cinquantaine de jeunes formés mis sur le marché chaque année
En plus des filières initiales que sont l’agriculture, la mécanique automobile et le bâtiment, l’école a introduit l’électricité, la photovoltaïque, la plomberie, la menuiserie bois, la métallique, la section couture-modéliste, la coiffure, le multimédia, la poterie et la céramique.
Trois filières sont installées à Mboro, en l’occurrence le multimédia, la couture et la coiffure. Le multimédia a été transféré à cause de problèmes de connexion internet.
Le centre est installé dans l’ancienne communauté rurale de Darou Khoudoss à laquelle était rattachée l’actuelle commune de Mboro, avant le découpage administratif de 2008.
Le CIFOP met au moins une cinquantaine de jeunes sur le marché du travail, chaque année, depuis 1992, avec des résultats qui avoisinent les 100%, renseigne son directeur des études.
Se considérant comme un établissement spécial inclusif, la structure accepte des jeunes n’ayant pas fait d’études, pour offrir une chance à beaucoup de jeunes laissés en rade, du fait de la barrière de l’illettrisme.
“Beaucoup de centres de formation ne prennent pas d’élèves qui ́n’ont pas été à l’école. Nous avons initié des formations avec un niveau zéro”, dit M. Niang.
La formation est calibrée sur le niveau 4-ème ou troisième.
L’idée est partie du Centre de ressources éducatives et pédagogiques (CREP) qui abrite la section multimédia du CIFOP. Ce centre a été créé pour offrir protection et dignité aux enfants vulnérables, qu’ils soient handicapés ou démunis.
“Quand ces jeunes séjournaient dans ce centre jusqu’à l’âge de 14 ans, on ne savait plus quoi en faire”, dit-il.
Au CIFOP, ils reçoivent une formation qualifiante et ́non-diplômante, avec, au bout du compte, la délivrance d’un certificat.
Une empreinte indélébile laissée par certains pensionnaires
Parmi les bénéficiaires de cette formation, il y en a qui rejoignent les cohortes de troisième, avec un potentiel énorme.
Des jeunes talibés, pensionnaires des “daaras” (écoles coraniques) qui ont l’autorisation de leur marabout, viennent aussi se former au CIFOP.
Nombre de pensionnaires du CIFOP ont laissé une empreinte indélébile, lors de leur passage dans le centre.
C’est le cas de Adji Mbengue, la première fille à avoir un agrément en soudure au Sénégal. Sollicitée partout, elle monnaye son expertise aujourd’hui en France.
Autre personnalité qui fait la fierté du corps enseignant et de la direction du CIFOP, Dr Saliou Ndoye, devenu un grand consultant environnementaliste. A la section agriculture du CIFOP, il a gravi tous les échelons.
Raymonde Madeleine Ndione, arrivée au centre avec un “niveau zéro” est ressortie avec une qualification en mécanique automobile. Elle travaille aujourd’hui aux Industries chimiques du Sénégal (ICS).
Aujourd’hui, deux talibés sortant de l’établissement où, ils ont suivi une formation en couture modéliste, sont devenus de grands tailleurs.
Yacine Niane, une autre grande fierté du CIFOP, y a enseigné. Aux dernières nouvelles, elle assurait la maintenance du parc automobile du ministère de la Santé.
Le CIFOP n’a pas les moyens de son ambition. Malgré l’immense travail qu’il abat, le centre ne reçoit aucune subvention. Les seules rentrées d’argent lui venant du gouvernement, arrivent par le biais des certificats professionnels de spécialités, des formations de courte durée – quatre à six mois – que le Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (le 3FPT) confie au centre comme à d’autres structures de formation du pays. Grâce à ce programme, le CIFOP dispense des formations rapides en bâtiment et en ouvrage mécanique à des jeunes.
“Hormis le Centre national des qualifications professionnelles (Cnqp) et le Lycée Delafosse, le CIFOP a les meilleurs résultats au Sénégal”, soutient Mbaye Niang.
N’empêche, les dirigeants du CIFOP courent toujours derrière une autorisation officielle.
‘’Toutes les conditions réunies pour atteindre l’autosuffisance alimentaire’’
Depuis juillet 2020, Ibrahima Ndao forme des étudiants en agroécologie, à raison de 60% de pratique et 40% de théorie. La mise en pratique des connaissances théoriques a lieu sur un site de 2 ha, sous l’œil vigilant de l’enseignant.
“Les étudiants formés ici deviennent opérationnels dès leur sortie”, renseigne-t-il, non sans fierté à l’endroit de ses protégés, répartis entre les sections aviculture, embouche bovine et productions de légumes et de fruits.
Le formateur croit dur comme fer que le Sénégal réunit toutes les conditions pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et que la zone des Niayes peut l’assurer, à elle seule.
“C’est bien possible de Mboro à Bayakh en passant par Notto, Sangalkam et Taïba Ndiaye. Il suffit juste de mettre davantage de forages”, insiste t-il.
Foncièrement opposé à l’idée d’aller en Espagne pour faire de l’agriculture, M. Ndao est convaincu que la question de l’autosuffisance alimentaire serait derrière nous, si l’État avait mis les moyens. Pour lui, il n’y a que l’agriculture, pour garantir au pays une autonomie en nourriture.
Si le Burkina Faso a réussi à atteindre son autosuffisance en fraises, “le Sénégal a le potentiel pour faire tout autant”, soutient-il.
Momar Ndiour est le formateur en plomberie. Il en est à sa troisième génération d’apprenants.
Ici, l’approche par les compétences est de mise pour les cohortes placées sous sa responsabilité. Il s’agit d’élèves stagiaires de niveau de 3-ème et les d’apprentis de niveau CM2.
Le CIFOP, c’est également un jardin botanique fonctionnel qui attire des visiteurs.
Titulaire d’une licence en agroforesterie, Abibatou Guèye en est la gérante. Elle dit accueillir des personnalités issues des milieux scolaires et universitaires dans cet espace de conservation et de protection des espèces et des variétés végétales. Elle se charge de présenter aux visiteurs les 33 espèces qui s’y retrouvent, dont des spécimens rares.
“Nous expliquons la vertu des plantes aux écoliers de Mboro, aux étudiants qui y viennent et aux étrangers”, rapporte la passionnée d’environnement.
Autant de performances et valeur ajoutée que le manager de l’école, Ibou Guèye, n’hésite pas à mettre sur la balance, pour plaider auprès de l’Etat du Sénégal pour qu’il diligente la délivrance d’une reconnaissance officielle à cette école d’excellence, qui vaut prestige et fierté à ses pensionnaires, à leurs parents, mais surtout aux éclaireurs du Sénégal.
“Nous ne recevons aucune subvention de l’Etat du Sénégal encore moins des collectivités locales environnantes, notamment Darou Khoudoss et Mboro”, signale Mme Guèye, pour le déplorer, dont la situation actuelle n’entame en rien la détermination à hisser l’école au sommet des établissements de formation professionnelle du pays.