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30 août 2025
LES DÉPUTÉS BIAYE ET SALL ET LEURS COMPLICES CONDAMNÉS
La Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a rendu hier, jeudi 19 mai, son verdict dans le cadre de l’affaire de trafic présumé des passeports diplomatiques.
La Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a rendu hier, jeudi 19 mai, son verdict dans le cadre de l’affaire de trafic présumé des passeports diplomatiques. Le député Boubacar Biaye, son collègue du groupe majoritaire Benno Bokk Yakaar et l’ancien président du Conseil départemental de Saraya, Sadio Dansokho, au centre de cette affaire dont le cerveau n’est rien d’autre que El Hadj Diadji Kondé, ont été tous reconnus coupables. Le tribunal les a ainsi respectivement condamnés à des peines d’emprisonnement allant de 02 ans dont 5 mois ferme, 02 ans de prison dont 6 mois ferme, 02 ans de prison dont 10 mois ferme.
L e député Boubacar Willembo Biaye, son collègue du groupe majoritaire Benno Bokk Yakaar, El hadj Mamadou Sall, et l’ancien président du Conseil départemental de Saraya, Sadio Dansokho, au centre de cette affaire dont le cerveau n’est rien d’autre qu’El Hadj Diadji Kondé, ont été tous reconnus coupables. La Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a ainsi prononcé « des peines d’emprisonnement de 02 ans dont 5 mois ferme pour « complicité de faux et usage de faux » à l’encontre de Boubacar Willembo Biaye, 02 ans de prison dont 6 mois ferme pour les délits « d’abus de confiance et d’escroquerie » pour El hadj Mamadou Sall et Sadio Dansokho.
Présenté comme le cerveau de cette affaire, le commerçant, El Hadj Diadji Kondé a écopé de la peine la plus sévère avec 02 ans de prison dont 10 mois ferme pour des délits « d’escroquerie, association de malfaiteurs et trafic de migrants».
En plus de cette peine, le juge de la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance hors classe a également condamné le groupe des quatre à payer des dommages à hauteur de trois millions cinq cents (3 500 000 FCFA) aux six victimes dans cette affaire. Il s’agit entre autres de Ngamet Camara, Fatoumata Binta Diallo, Oumou Touré, Cheikh Tidiane Thioub, Ibrahima Arabi Kébé et Niélé Sylla. Le juge n’a cependant pas suivi à la lettre le réquisitoire du procureur de la République qui avait demandé lors du procès, le 20 avril dernier, des peines d’emprisonnement allant de 02 ans de prison ferme contre El Hadji Diadié Kondé et 02 ans dont 3 mois ferme pour les autres prévenus, à savoir les députés Mamadou Sall, Boubacar Biaye et Sadio Dansokho, ancien président du Conseil départemental de Saraya. Devant la barre, ils avaient plaidé non coupable en niant tous les faits pour lesquels ils sont poursuivis malgré le témoignage de leurs victimes, Ngamet Camara, Fatoumata Binta Diallo, Oumou Touré, Cheikh Tidiane Thioub, Ibrahima Arabi Kébé et Niélé Sylla.
« SI LE JUGE ÉTAIT CONVAINCU DE LA CULPABILITÉ DE MES CLIENTS DANS CETTE AFFAIRE, LA SANCTION AURAIT DÛ ÊTRE PLUS LOURDE
S’exprimant à la sortie de la salle d’audience, Me Antoine Mbengue, avocat des deux parlementaires, membres du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République a déploré ce verdict qu’il n’a pas manqué d’ailleurs de qualifier de « surprenant».
Estimant qu’il s’attendait à ce que le tribunal prononce la relaxe pour ses clients, la robe noire a indiqué que cette décision montre que le juge n’était pas vraiment convaincu de la culpabilité de ses clients dans cette affaire. « Si le juge était convaincu de la culpabilité de mes clients dans cette affaire, la sanction aurait dû être plus lourde parce qu’il s’agit des gens qui auraient dû servir d’exemple à la société. Mais quand on doute sur la chose et qu’on ne veut pas relaxer, c’est ça qui conduit à des peines aussi mitigées », a dénoncé l’avocat de la défense avant de renchérir. « D’ailleurs, le réquisitoire du procureur en est une parfaite illustration du doute autour de cette affaire parce que pour de tels faits, on ne peut pas requérir une peine de 03 mois si on est vraiment sérieux. Il en est de même pour la condamnation, cette peine prononcée n’est pas sérieuse au regard des infractions visées. Donc, si on n’est pas convaincu de la culpabilité, au lieu d’être enfermé dans le tribunal de l’opinion, on doit relaxer ».
« S’IL NE DÉPENDAIT QUE DE MOI, JE FERAIS SYSTÉMATIQUEMENT APPEL DE CETTE DÉCISION »
Interpellé sur la suite qu’il compte donner à cette décision, Me Antoine Mbengue, précisant que si ça dépendait de lui, il allait interjeter appel, a annoncé qu’il va rencontrer d’abord ses clients pour échanger avec eux sur cette question. « J’attends de rencontrer mes clients pour qu’on discute et si il faut faire appel, on le fera. Je ne peux pas prendre la décision de faire appel sans les avoir au préalable d’autant entendu. D’ailleurs, Mamadou Sall sort dans quelques jours parce que la durée de sa détention couvre presque la peine prononcée contre lui. Mais s’il ne dépendait que de moi, je ferais systématiquement appel de cette décision parce que je trouve qu’elle n’est pas fondée ».
LE FORUM CIVIL CHARGE L’OFNAC
Birahim Seck, n’y est pas allé de main morte avec l’Ofnac dont les représentants ont zappé l’atelier tenu hier, jeudi 19 mai 2022, dans le cadre du projet de lutte contre la corruption pour la promotion de la redevabilité territoriale
Le Forum civil, filiale sénégalaise de Transparency International, a fustigé par la voix de son coordonnateur, les dysfonctionnements et lenteurs criards notés dans les actions de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption déclinée sur une période de 4 ans (2020-2024). De l’avis de Birahim Seck, il s’agit d’une paralysie institutionnelle doublée d’ « un manque de volonté » de l’Ofnac à jouir de ses prérogatives pour procéder à des investigations de fond afin de couper court à l’ascension de la corruption, phénomène aux antipodes des règles démocratiques.
Le coordinateur du Forum civil, Birahim Seck, n’y est pas allé de main morte avec l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption, dont les représentants ont zappé pour des raisons non déterminées l’atelier tenu hier, jeudi 19 mai 2022, dans le cadre du projet de lutte contre la corruption pour la promotion de la redevabilité territoriale. Selon lui, l’institution qui a, à sa disposition tous les rudiments requis pour procéder à des enquêtes de fond afin de prévenir ou, à cas échéant, de dénoncer les cas de fraude ou de corruption fait preuve d’inertie qui sape le moral. C’est d’ailleurs ce qui justifie la stagnation de la stratégie arrivée à mi-échéance sans résultats probants.
En effet, a-t-il dit, l’Ofnac a la possibilité de s’autosaisir pour les questions d’enjeux majeurs comme les finances publiques (dossier EIFFAGE, construction du Centre international de conférence Abdou Diouf et du stade Abdoulaye Wade, conventions de financement signés par les ministres, financements des campagnes électorales, budgets votés à l’Assemblée nationale, fonds politiques …). Seulement, a-t-il relevé, l’Ofnac préfère se tapir dans l’ombre en attendant une saisine pour mener des enquêtes dont l’aboutissement sera sans grands impacts. « Cette incompétence dont fait preuve l’organe dédié pour lutter contre la corruption a induit l’opinion publique à une banalisation des actes de corruption qui sont aussi flagrantes que multiformes: transhumance, réception de partisans et maires opposants au palais qui se solde par des remises d’enveloppes dont la provenance est douteuse, refus de certaines autorités d’effectuer des déclarations de patrimoine ou d’éclairer sur les conditions de contractualisation des conventions signées ou encore le refus de la part d’institutions comme l’Armp, la Cour des comptes ou l’IGE de publier leurs rapports d’activités », a-t-il lâché devant l’assistance.
Avant de poursuivre : «l’Etat du Sénégal a dépensé au moins 728 milliards de FCFA en 2021 dans les contrats de gré à gré. Il s’y ajoute les montants colossaux mis à la disposition des juges lors d’événements électoraux et le puisement de fonds dans le budget public non sans ignorer l’existence de budgets prévus par secteur». Ce panaché de motifs à encouragé le Forum civil, de concert avec ses partenaires dont Osiwa, à mettre sur pied un atelier d’échanges sur le financement de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption en vue de conforter la stratégie nationale déclinée sur une période de quatre ans (2020-2024) pour un montant effleurant la dizaine de milliards. De ce fait, ce programme subdivisé en trois étapes majeures que sont l’amélioration des cadres juridiques et institutionnels de la lutte contre la corruption, l’amélioration de la gouvernance et de la coordination ainsi que la communication et le renforcement de capacités, «donne la possibilité à l’Etat d’en exploiter les axes et de concrétiser sa lutte contre ce fléau grandissant faisant obstruction au développement», souligne Birahim Seck.
Ainsi suggère-t-il l’adoption de lois relatives au financement des partis politiques de même que des audits financiers de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire car «la lutte contre la corruption repose fondamentalement sur une justice crédible et en règle dans son fonctionnement, avec les dispositions légales », a-t-il martelé.
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CE QUE CHEIKH ANTA DIOP AURAIT FAIT DES RÉSEAUX SOCIAUX...
Qu'il s'agisse des personnes hautement éduquées, peu instruites ou analphabètes chacun trouve son compte dans l'usage des réseaux sociaux. Que ferait l’éminent savant Cheikh Anta Diop, s’il avait connu ces outils numériques ? Réponse du Dr Aoua Bocar Ly-T
Facebook, Twitter, Instagram, Whatsapp, Tik tok, ces réseaux sociaux numériques, sont définitivement entrés dans nos vies. Les usages utiles qu'on peut en faire sont illimités dans bien des domaines.
Que ce soit en politique, en économie, dans le domaine de la science, de l’enseignement, du commerce, de la formation, la recherche, des médias, l’éducation ces technologies de l'information et de la communication sont devenus incontournables.
Très rares sont des personnes qui ne possèdent un compte sur un moins un de ces réseaux sociaux numériques. Qu'il s'agisse des personnes hautement éduquées ou analphabète chacun y trouve son compte. Qu'elle usage aurait fait l’éminent savant et égyptologue, Cheikh Anta Diop, s’il avait connu ces réseaux sociaux ?
Selon la sociologue Aout Bocar Ly-Tall,l'égyptologue n’aurait pas hésité à se saisir de ces technologies pour atteindre les objectifs qu’il nourrissait pour l’Afrique. En clair si Cheikh Anta Diop avait connu cette ère des réseaux sociaux, il les aurait utilisé à fond pour faire avancer la cause de l’éducation pour tous au Sénégal et en Afrique.
DES FEMMES BÉNÉFICIENT D’UNE FORMATION EN ÉNERGIE SOLAIRE A RANÉROU
Une dizaine de femmes originaires du département de Ranérou (Matam) ont reçu, jeudi, des attestations, au Centre Barefoof Colège international de Toubab Dialao (Yenn), après avoir bénéficié d’une formation de cinq mois sur l’utilisation des kits solaires
Toubab Dialao (Rufisque) - Une dizaine de femmes originaires du département de Ranérou (Matam) ont reçu, jeudi, des attestations, au Centre Barefoof Colège international de Toubab Dialao (Yenn), après avoir bénéficié d’une formation de cinq mois sur l’utilisation des kits solaires.
’’Ce sont des femmes illettrées qui ont reçu une formation intensive de cinq mois, au terme de laquelle, elles deviennent des ingénieures solaires appelées affectueusement +mamans solaires+ capables d’assembler, de monter, de réparer, de maintenir des systèmes solaires et d’installer tout un équipement et des panneaux solaires sur les toits’’, a expliqué la directrice du Centre Karine Sarr .
Deuxième cohorte de bénéficiaires d’une initiative dénommée ’’mamans solaires’’, ces femmes ont été sélectionnées par le centre dans 10 villages de l’arrondissement de Oudalaye, dans le département de Ranérou, où il n’ y a pas d’électricité, en rapport avec l’Agence nationale pour l’électrification rurale (ANER) et les autorités administratives et municipales de leur région.
’’Elles rentrent dès demain dans leurs villages respectifs accompagnées de quelques formateurs, avec 50 kits solaires chacune, après un séjour au centre où elles ont été formées à comprendre ces équipements solaires, à les manipuler et à les brancher pour avoir de la lumière dans les concessions du village’’, a expliqué la directrice du Centre Karine Sarr.
’’Des kits composés de panneaux solaires, de lampes et de matériels connexes que les +mamans solaires+ vont aider à monter au niveau des concessions dès leur arrivée au grand bonheur des populations de ces villages’’, a-t-elle ajouté. Interrogée sur le suivi de ces installations solaires, la directrice du Centre a indiqué que les formateurs retourneront dans les localités des bénéficiaires dans un mois pour ’’voir si tout fonctionne correctement’’.
’’Une évaluation se fera aussi tous les six mois, sur la base d’une enquête faite dans les villages pour avoir une idée sur les changements induits par cette électrification solaire et sur l’amélioration de leurs conditions de vie’’, a ajouté Karine Sarr.
Pour la responsable du développement durable de DP World, dont le Groupe a financé la formation, ’’c’est une histoire qui a commencé avec le centre de par le travail que l’ONG a fait en Inde et un peu partout à travers le monde’’.
’’Nous avons voulu soutenir cette formation pour l’amélioration des conditions de vie des femmes’’, a-t-il dit.
Cet appui entre dans le cadre du volet développement durable de l’entreprise qui ’’soutient l’autonomisation économique des femmes, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et plein d’autres aspects liés aux Objectifs de développement durable des Nations-Unies’’, selon Mame Yacine Diop.
Partenaire du centre, le Groupe DP World a financé la formation et offert les Kits scolaires, en plus d’une enveloppe financière pour aider les bénéficiaires à démarrer, une fois chez elles, des activités génératrices de revenus.
En effet, au cours des 5 mois de séjour à Toubab Dialao, en plus de l’installation de kit scolaire, elles ont également appris à confectionner des serviettes hygiéniques lavables, à faire du charbon biologique à partir de déchets organiques.
’’Un charbon beaucoup plus sain et tout aussi efficace que le charbon de bois pour lutter contre la désertification. Elles savent faire du charbon biologique à partir de déchets organiques. A leur retour, elles vont partager toutes ces connaissances avec leurs communautés’’, a-t-il ajouté.
Mame Yacine Diop a souligné qu’avec ce qu’elles ’’ont appris dans la fabrication de charbon, de savons, de serviettes hygiéniques, elles pourront lancer de petites activités, se mettre en groupement pour leur permettre de combler le manque à gagner des petites activités qu’elles avaient dans leurs villages’’.
Pour la première année de subvention, en octobre 2021, DP World a mis sur la table 220 millions de Francs Cfa pour le déroulement de différentes formations et la prise en charge des pensionnaires.
Barefoot Collège (collège des pieds nus), une ONG fondée en Inde dans les années 1970 a pour vocation de soutenir les communautés rurales et plus particulièrement les femmes, en leur apportant des solutions aux problèmes qu’elles rencontrent au quotidien.
LANCEMENT DE LA PHASE 2 DU PROJET DE RENFORCEMENT DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
La deuxième phase du projet de renforcement des collectivités territoriales (PRCT2) a été officiellement lancée, jeudi, à Nioro (Kaolack, centre), lors d’un atelier, a constaté l’APS.
Nioro (Kaolack), 19 mai (APS) - La deuxième phase du projet de renforcement des collectivités territoriales (PRCT2) a été officiellement lancée, jeudi, à Nioro (Kaolack, centre), lors d’un atelier, a constaté l’APS.
Le projet est financé par la DGD (la coopération Autrichienne) via Broederlijk Delen à hauteur de 315.000 euros (près de 200 millions de francs CFA) pour la période de 2022-2026.
Il est mis en œuvre par l’ONG SYMBIOSE Sénégal, une organisation d’appui au développement local dans les communes de Dabaly, de Darou Salam, de Paoscoto, de Kayemor, de Porokhane, et de Taïba Niassene pour la deuxième phase.
"L’objectif visé par le projet est de contribuer à la sécurité alimentaire durable et équitable des ménages du département de Nioro, dans un environnement préservé où les jeunes et les femmes participent à la définition et la mise en œuvre des stratégies de développement de leur terroirs", a expliqué le chargé du projet à l’ONG SYMBIOSE, Mamadou Dramé.
Il s’exprimait au terme de l’atelier de lancement du projet.
La rencontre a été présidée par le sous-préfet de Paoscoto,
Ndeye Madjine Diagne Niang, en présence des élus locaux, des organisations de base et des chefs de service.
’’Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une phase qui a été déjà exécutée. Et, cette nouvelle phase vise essentiellement l’amélioration des systèmes alimentaires durables à travers le renforcement des acteurs dans la maîtrise des facteurs de production, le positionnement des ménages dans la chaîne de commercialisation, la valorisation des produits issus de l’agro- écologie (...) , la préservation de l’environnement et la participation citoyenne des jeunes et des femmes dans la définition des politiques locales", a ajouté Mamadou Dramé.
Selon lui, " le PRCT2 vise essentiellement les ménages mais en particulier des jeunes et des femmes qui sont au nombre de 1775 dans les six communes bénéficiaires".
Il a précisé que les bénéficiaires sont entre autres des producteurs maraîchers, des producteurs de miel, des organisateurs de base, des élus locaux et des agriculteurs.
’’Dans la première phase du projet nous avons eu à produire des résultats tangibles en matière de production horticole, en matière de gestion de l’environnement et des ressources naturelles", a t-il fait savoir.
"Actuellemen, avec les changements climatiques, il y a des impacts négatifs sur le vécu des populations à cause de la dégradation des écosystèmes mais aussi la baisse des productions agricoles", a fait observer la Sous-préfet de Paoscoto, Ndeye Madjiguene Diagne Niang.
D’où, dit-elle " l’importance d’un tel projet dont l’objectif est d’aider les populations a assuré une sécurité alimentaire durable".
’’Nous accueillons avec fierté la phase deux qui va contribuer à la sécurité alimentaire durable et équitable de nos ménages", a salué la présidente de la coopérative des femmes productrices en maraîchage agroecologique de Nioro, Néné Sarr.
DAK’ART 2022, L’ÉTHIOPIEN TEGENE KUNBI REMPORTE LE GRAND PRIX LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR
Le Grand prix du chef de l’Etat, prix Léopold Sédar Senghor, a été décerné, jeudi, à Dakar, à l’artiste éthiopien Tegene Kunbi à l’ouverture de la 14e Biennale de l’art africain contemporain Dak’Art 2022, a constaté l’APS.
Dakar, 19 mai (APS) – Le Grand prix du chef de l’Etat, prix Léopold Sédar Senghor, a été décerné, jeudi, à Dakar, à l’artiste éthiopien Tegene Kunbi à l’ouverture de la 14e Biennale de l’art africain contemporain Dak’Art 2022, a constaté l’APS.
’’Je suis très honoré. Ce prix est une opportunité pour moi et tous les artistes. Merci à Dak’art, merci au gouvernement sénégalais’’, a réagi l’artiste éthiopien qui revient à la Biennale pour la deuxième fois.
Le lauréat 2022 a reçu son prix des mains du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall qui a présidé la cérémonie d’ouverture officielle du Dak’art, au Grand théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose.
Le prix est doté d’un montant de vingt millions de francs CFA, a précisé l’animateur Boucar Diouf, humoriste canadien d’origine sénégalaise.
Tegene Kunbi a quitté́ l’Ethiopie en 2008 pour poursuivre ses études de peinture à l’’Universität der Künste’’ à Berlin (Allemagne), où il a obtenu un master ‘’of Fine Arts’’ en 2011.
Depuis, il travaille à Berlin et a participé à de multiples expositions collectives et individuelles en Allemagne et à l’étranger.
Le prix revient ainsi à l’Ethiopie après Leila Adjovi (Bénin 2018), Youssef Limoud (Egypte 2016) et Driss Ouadahi (Algérie) et Olu Omoda (Nigéria) lauréats 2014, Youness Baba Ali (Maroc 2012), etc.
Le jury a fait son choix sur les 59 artistes sélectionnés dans l’exposition internationale ‘’IN’’ où on compte sept artistes sénégalais.
Ces derniers ont remporté la majeure partie des prix décernés, notamment le prix du sculpteur Ousmane Sow pour le droit de suite remis par la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs.
Il a été décerné pour la première fois au plasticien Abdoulaye Ka, lauréat en 2019 du ’’Prix du président de la République’’ du 10e Salon national des arts visuels.
Le prix de la mairie de Dakar est revenu à deux artistes sénégalais, Mbaye Babacar Diouf et Arebayor Bassène qui exposent au pavillon Sénégal dont le commissaire est le journaliste et critique d’art Massamba Mbaye.
Les prix de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont été attribués à des artistes sénégalais, Mbaye Diop établi en Suisse et Caroline Guèye astrophysicienne de formation qui a choisi de travailler dans l’art.
Le Prix du ministère de la Culture, d’une valeur de dix millions, a été remis à la Tunisienne Férielle Doulain Zouari tandis que le prix visant à promouvoir la sculpture ’’un peu disparue’’ est revenu au Béninois Parterne Achille Agossou Adonon
’’C’est un plaisir de recevoir le prix de la mairie de Dakar à cette Dak’art. Le travail présenté est une installation fait en duo Arébayor et moi intitulée +Sang et poussière+ Sine Saloum inspirée de la richesse historique, culturelle et sociale de cette région’’, a dit Mbaye Babacar Diouf, médaillé des Jeux de la Francophonie en 2017.
Arebayor Bassène abonde dans le même sens exprimant son honneur et espérant que ce prix soit une étape dans leur cheminement. Caroline Guèye, lauréat du prix de la meilleure créatrice d’art plastique de la CEDEAO, très émue, a décerné son trophée au peuple sénégalais.
’’La sélection dans le IN de la biennale de Dakar est très importante dans la carrière d’un artiste. Tout prix reçu est pour le rayonnement de mon pays, le Sénégal’’, a t-elle dit.
Ndèye Sow, fille du célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow, dont un prix porte le nom et dédié pour la première fois à Dak’Art, a évoqué ’’un moment très émouvant’’.
’’Ce prix de la Cisac coïncide avec la remise hier de son siège d’académicien à quelqu’un d’autres’’, a t-elle fait savoir.
par l'éditorialiste de seneplus, demba ndiaye
RÉFLEXIONS SUR UN DÉCLIN FRANÇAIS
EXCLUSIF SENEPLUS - Le Mali, les coups d’État en Afrique de l’Ouest, la guerre en Ukraine et l’affaire Gana Guèye illustrent la résistance désespérée d’une puissance coloniale en perte de vitesse
En vrac. Comme dans un miroir kaléidoscopique : le Mali, les coups d’État en Afrique de l’Ouest, la guerre en Ukraine (Russie-Wagner) et nos prochaines famines et l’affaire Gana Guèye. A priori, tous ces évènements n’ont aucun rapport entre eux. Et pourtant si : ils illustrent la résistance désespérée d’une puissance coloniale qui ne l’est plus et qui fait semblant de l’ignorer. Elle use de toutes les armes « sales » pour différer une disparition inévitable...
Le fait colonial s’est bâti sur un méprisable mensonge historique : la nécessité de « civiliser » des peuples sauvages. Cette « mission » pour réussir, s’est appuyée sur trois piliers : la religion, la militarisation et l’économie (prière se reporter à vos cours d’histoire).
Quitte à être taxé d’indécrottable passéiste et anti-occidental primaire (ce qui est faux), je soutiens que la persistance des gouvernants français (et les réseaux capitalistes historiques français en Afrique qu’ils servent) à vouloir continuer à s’incruster en Afrique de l’Ouest, sa zone de confort et d’exploitation historique, trouve son fondement dans dans l’acte fondateur du colonialisme : vous nous appartenez. Dès lors, tout en découle, s’explique, et se justifie par toutes sortes d’arguties idéologiques diffusées sur place par des alliés « consentants » payés par des « subsides », « soutiens », « aides » et autres chaînes...
Ils ont décrété et mis dans nos crânes que :
- leur civilisation était la meilleure voire l’unique, et que nous n’avions même pas d’Histoire en dehors de celle qu’ils ont écrite pour nous ;
- leur démocratie était universelle et l’unique système de gouvernance sous tous les cieux, de la même manière que les peuples devaient abandonner leur souveraineté et accepter leur soumission à leur diktat tout libéral, démocratique.
Tout cela parce que nous avons des gouvernants soumis, des souverainetés confisquées, des chaînes économiques « librement » consenties pour gager nos budgets, « votés » par nos députés. « Aides » et « prêts » sont nos chaînes consenties, comme hier, imposées dans les geôles des négriers et les plantations de propriétaires.
Ils (la France et ses alliés de l’UE) sponsorisent et mettent en selles des « pantins élus », donnent leurs bénédictions à des constitutions imposées ; financent des élections truquées (trucages auxquels ils participent souvent) pour que leurs « hommes » « candidatent » et « gagnent » les élections pour pérenniser leurs rapines. Ils financent nos élections (suprême insulte à notre dignité), les observent en envoyant (imposant) des « observateurs », puis donnent des notes de « bonnes » élections, « malgré quelques manquements qui ne sont pas de nature à entacher la crédibilité du scrutin ». Cette sentence assenée est dupliquée à Bruxelles au Conseil de sécurité (d’insécurité oui). La fameuse « communauté internationale », une dictature soft au service des pays disposant du droit de veto, qui doit être acceptée par tous, tous les peuples.
Mais voilà, il arrive que les peuples se réveillent, se rebiffent et, oh suprême scandale et péché : ils décident de choisir leur propre régime, leurs dirigeants. Bref, ils se réapproprient leurs prérogatives de choix, de décisions, même si ceux-ci n’entrent pas dans les moules préétablis de « gouvernance ».
Seulement voilà : quand les peuples choisissent ceux et celles à qui ils veulent confier leur destin, même à des hommes de tenue, on leur dit (depuis Paris, Bruxelles, New York) : non !! C’est (presque) « haram »! « Vous ne pouvez pas faire ça ! Vous ne pouvez pas commettre ce délit de libre-choix de gouvernants, de système de gouvernance. Vous ne pouvez pas choisir la durée de vie de votre gouvernement ; vous ne pouvez pas choisir vos partenaires «techniques, financiers, militaires »! Vous nous appartenez exclusivement ! »
Vous souhaitez partir parce que nos choix de défense ne vous plaisent pas. On vous répond : alors, partez ! Et le plus vite possible ! Vous répondez : nous partirons quand nous le voudrons.
On vous dit : on rompt nos accords militaires comme nous le permettent justement les termes de ces accords. Vous criez au scandale et ameutez la terre entière.
On vous dit puisque vous ne respectez pas les règles de rotations pour le fonctionnent du G5 Sahel, on quitte cette structure. Et bien sûr vous criez au scandale, au danger, etc.
Comme toujours, vous activez vos médias de destruction (informationnelle) massive, RFI et autres France 24 qui martèlent vos indignations hypocrites, avec hélas, souvent, l’aide d’intellectuels défroqués, d’ONG qui survivent de vos « aides » et « dons » .
De l’Élysée, du Quai d’Orsay, vous assenez vos fatwas : « votre régime est illégitime ». Les « supplétifs » (avec un mépris baveux dans la bouche) russes de Wagner sont des tueurs (quel militaire ne tue pas ?) Vos bras armés idéologiques, RFI et autres assurent le prêt-à-porter idéologique et mensonger. La Russie fait la guerre à son voisin ukrainien (en réalité c’est toute l’Europe et son allié outre-mer), « on » (France, UE, ONU) nous dit : « vous devez épouser notre guerre civilisationnelle contre les barbares russes. Vous choisissez pour nous ; vous menacez si on « vote mal ». Alors que vous êtes tous pieds et poings liés au gaz, pétrole, blé russe et ukrainien.
Chaque semaine, vous débloquez (annoncez) des millions de dollars pour que l’Ukraine assure par procuration votre sale guerre. Alors que vous n’avez pas déboursé un dollar sur les cent (100) annuellement prévus pour l’Afrique dans le cadre de la préservation du climat. Alors que depuis un an, l’Afrique attend la modique somme (60 milliards de dollars) des DTS destinés à atténuer les effets du Covid. Or, en moins de 5 cinq mois, l’UE et ses alliés américains ont débloqué des milliers de millions de dollars en armement notamment. Et on nous dit de cette soutenir cette guerre. Leur guerre.
Et Gana opposa ses convictions religieuses à une exhibition (pas sportive et ne figurant pas sur son contrat avec son club hypocrite) de soutien à des catégories sexuelles (opprimées c’est vrai, par les régimes capitalistes, rejetés par toutes les religions révélées). Et ce fut un déluge d’intolérance, de racisme. Comme avec leurs guerres, nous devons aussi nous soumettre à leurs penchants sexuels, leurs choix de vie ? Au nom de quelle liberté ? Ce déluge d’insanités contre Gana est le prolongement de la haine quasi antropophagique historique du mépris colonial. Oui, on persécute le Mali qui refuse le diktat de Paris et de ses alliés, on veut lui imposer une durée de transition.
La junte guinéenne vient d’annoncer une transition de trois ans et l’interdiction de toute manifestation durant cette période. Deux jours plus tard, l’ambassadeur de France à Conakry était reçu par les autorités guinéennes pour « apporter » le soutien de la France . Pendant deux ans, l’opposition a manifesté (au moins) deux fois par mois à Conakry et dans les grandes villes du pays. Autorisées ou interdites, ces manifestations ont eu lieu avec les victimes collatérales qui s’en sont suivi. Et les cris d’orfraie de Paris et de ses complices de Bruxelles. Ils ont honni hier la « dictature » du président Alpha Condé et adoubent aujourd’hui les militaires qui ont fait un putsch.
Ils ont diabolisé le troisième mandat d’Alpha Condé et ont béni la même année celui du président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire. La justification ? Le décès de son dauphin. La belle affaire !
Ils harcèlent la junte malienne et se taisent honteusement sur celle du Burkina.
Une manifestation de l’opposition et de la société civile tchadienne s’est soldée par des dizaines de blessés et d’arrestations, dont cinq chefs de l’opposition politique. RFI a mis du temps pour en parler, en minimisant d’abord, en s’excusant presque de devoir parler de faits graves impossibles à cacher. La justification : la manifestation a « dégénéré en manifestation antifrançaise avec des enseignes (Total) et drapeaux français brûlés.
Dans le même temps, leur principal « supplétif » dans la région du Sahel, le président Bazoum du Niger, s’épanchait depuis Paris dans la presse française en assenant ces vérités : « le G5 Sahel est mort » ! Quelle perspicacité géopolitique. Et d’ajouter : « les Occidentaux doivent arrêter de compter et pleurer leurs soldats morts au Sahel et s’engager plus ». Et d’ajouter toujours lucidement : « la communauté internationale a mis en moins de cinq mois en Ukraine plus de mille fois ce qu’ils ont mis dans la lutte contre le terrorisme ».
Alors, disons-le aux hypocrites et intoxicateurs de tout acabit : c’est cette politique française-là que la jeunesse africaine, de plus en plus nombreuse, déteste et combat par le slogan (ambigu il est vrai) « France dégage ». C’est la France de la mainmise économique sur les économies omises africaines que les Africains abhorrent, pas la France encore moins les Français. C’est la France des bases militaires et des accords militaires centenaires et obscurs que la jeunesse africaine combat. C’est la France raciste des Marine Le Pen et autres que la jeunesse africaine combat. C’est la France intolérante et inquisitoire contre notre compatriote Idrissa Gana Gueye que la jeunesse africaine combat.
C’est vraiment si compliqué à comprendre ?
par Zacharia Sall
L’AFFAIRE GANA GUEYE, UNE AFFAIRE LIBERTICIDE
EXCLUSIF SENEPLUS - Ceux qui s'acharnent sur le Sénégalais sont bien les seuls à piétiner les lois françaises. Car ils refusent à un individu la liberté de choix ou de conviction consacrée par le CDFUE. Nous sommes dans une France en crise d’opinion
La France dont la liberté demeure la première des valeurs semble aujourd’hui tomber dans une dictature des médias et dans la crise de ses propres repères. Mais à vrai dire, ce que la liberté comme la pensée commence à devenir l’image même de l’acceptation de toute parole véhiculée par les médias et les politiques qui semblent être vues par beaucoup comme louables dans une société liberticide. Et je dis bien acceptation. Or, penser, c’est dire non, nous apprend le grand philosophe Alain pendant que la Déclaration du 26 août 1789, elle, nous rappelle en son article 11 l’importance, la valeur et le statut de la liberté de penser et de communiquer ses pensées, donc d’expression, dans un pays de droit où l’individu est et reste plus qu’un mot, plus qu’un sujet de droit, mais la plus pure et précieuse substance de la société.
Je sais, certains pourraient me reprocher pour le cas que j’aimerais soulever, notamment, la polémique qui entoure Idrissa Gana Gueye, qu’on a là un acte posé et non point une pensée.
Cependant, il faudra saisir que l’acte détaché de la pensée n’est que l’apanage des animaux d’abord, et ensuite, des hommes et des femmes que les bêtises ou certaines maladies psychiques (démence par exemple) privent de raison et d’esprit. En revanche pour ceux et celles qui bénéficient entièrement de leur lumière — et par là, entendons bien leur raison —, l’acte reste toujours le prolongement de l’idée, et parfois même et le plus souvent, d’une conviction bien ancrée dans l’âme. Ainsi, dans ce texte-ci, il est évident que je ne m’écarterai pas de cette logique.
Mais rappelons les faits d’abord. Le samedi 14 mai 2022, Idrissa Gana Gueye aurait refusé de jouer face à Montpellier en raison des flocages aux couleurs multiples représentant le drapeau homosexuel. En effet, son nom figurant sur la liste des convoqués d’abord y disparaît ensuite quelques heures avant le début du match. Ce qui par conséquent fait réagir les politiques français comme sénégalais, les fédérations, les clubs, les compatriotes du joueur, etc. Et beaucoup crient au scandale, à l’homophobie, « au refus de l’autre » selon la lettre du conseil d’éthique de la Fédération française de football adressée à Idrissa Gana Gueye.
Mais que pouvons-nous dire de cette affaire à la lecture des textes juridiques et de la philosophie ?
À la lumière des textes juridiques
Commençons par préciser que sur cette affaire, relativement aux lois, mon propos tient en deux choses : Liberté de pensée et liberté d’expression. Il en est ainsi parce que le refus tout comme l’acceptation de participer à une activité ou une entreprise, quelle qu’elle soit, permet à l’individu d’exercer ses droits-libertés garantis dans les sociétés où posséder un droit et l’exercer n’est guère un danger pour soi, mais le synonyme même de l’épanouissement personnel et une prérogative consommée. Et la France dans l’esprit de ses lois n’en est pas une exception.
En effet, l’article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne qui reprend l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme précise :
« Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites ».
On comprend par-là la portée générale et les conséquences de cette liberté en ce sens qu’elle s’applique à tout le monde, pas seulement à ceux qui critiquent sans être critiqués ou à ceux qui ont le privilège de voir sans être vus. Et étant l’un des pays signataires de la CDFUE, la France est liée à ce texte. Parallèlement, elle est bien tenue de le respecter.
Or, les médias français, certains organismes de défense des droits des minorités en France tout comme les Français qui s’acharnent sur Idrissa Gana Gueye à cause de son refus de participer à un match — refus qui je rappelle tombe dans l’empire des deux libertés ci-dessus —, sont bien les seuls qui refusent les lois françaises. Car ils refusent la liberté de choix ou de « conviction » d’un individu bien consacré par le CDFUE. Du reste, le préambule de la Constitution de 1946 proclame sans ambages les libertés de pensée et d’expression, et les élève mieux encore au rang des principes constitutionnels. Et quid de ces deux libertés sinon la possibilité de choisir ses vérités dans les secrets de la pensée et celle de révéler à autrui sa pensée comme le précise la doctrine ? N’est-ce pas ce qu’a fait Idrissa Gana Gueye comme le fit comparativement en 1967 Mohamed Ali aux USA en refusant de servir au Vietnam ? N’est-ce pas encore vrai que la Déclaration de 1789 dont chaque article rappelle le sang des martyrs français lors de la révolution française brandit ces libertés ? Les exemples, arguments et textes juridiques peuvent être multipliés, mais l’urgence est de dire qu’Idrissa Gana Gueye dans cette affaire n’a fait que crier ses droits-libertés au même titre que tous ceux et toutes celles qui le font en France, et qui sont par ricochet protégé(e)s et défendu(e)s. Dès lors, toute mesure allant dans le sens de le toucher négativement serait liberticide, totalitaire et anti-démocratique.
À la lumière de la philosophie
Voltaire écrit dans son Dictionnaire philosophique paru en 1764 :
« Il ne tient qu’à vous d’apprendre à penser ; vous êtes nés avec de l’esprit ; vous êtes un oiseau dans la cage de l’Inquisition ; le Saint-Office vous a rogné les ailes, mais elles ne peuvent revenir…Osez penser par vous-même. » Et c’est bien cela et rien d’autre qu’a osé faire Idrissa Gana Gueye : penser par lui-même loin de la dictature des politiques sportives. Et voilà que nous apparaît son refus d’être l’ombre d’une décision en contradiction avec sa liberté, l’acte posé qui dérange ceux qui ne savent concevoir l’autonomie de l’autre en dehors de leurs combats, et un silence comme parure de sa posture. Et comme on peut le voir, sa démarche comprend dans cette affaire une triple dimension : pensée, acte et silence.
En effet, il m’apparaît évident que nous sommes aujourd’hui dans une France où « la crise d’opinion » est la chose la mieux partagée. C’est que tout le monde fait ce que le monde dit. Tout le monde a les mêmes discours, les mêmes combats, les mêmes ambitions... Tout le monde accepte ce que tout le monde accepte. Car la soumission et le refus de l’individualité y font loi aujourd’hui. Car encore, tout est quasiment tendance en France. Et Étienne de La Boétie nous aurait dit que la servitude volontaire n’a jamais été aussi bien effective qu’aujourd’hui dans le pays dont l’histoire de la pensée est l’une des plus fécondes au monde.
Mais fort heureusement, il y a toujours quelque part des révoltés au milieu des terres, des convictions relatives par essence, au cœur des valeurs qui n’ont que la prétention d’un bel universalisme à sens unique. Des hommes et des femmes dont les pensées comme les actes font plus de bruit que les propos creux des médias et des individus qui s’évertuent à mettre tout le monde dans la même caverne à travers la propagande et le lynchage médiatique. Les minorités de la minorité. Et Idrissa Gana Gueye, à travers son choix, illustre bien mes propos.
À vrai dire, la question fondamentale à poser dans cette affaire est relative à mon sens au mal qu’il y a à refuser de porter un combat auquel on ne s’identifie pas, d’être un « activiste de 90 min » d’une cause en contradiction avec sa liberté de conscience. Et encore, est-ce qu’un joueur qui conclut un contrat de joueur est/ou doit être obligé à porter les combats du club pour lequel il joue au mépris du contenu de son contrat et de ses convictions personnelles ? Est-ce vraiment cela de l’homophobie et le refus d’acceptation de l’autre ? Est-ce bien cela la haine de l’homme pour l’homme, la violation des lois de la France, etc.
L’évidence répond ici à travers le choix de chacun comme liberté ; elle ne répond pas par la « bêtise qui insiste toujours ». Car nul ne doit être inquiété pour ses positions. Conséquemment, tous ceux qui critiquent Idrissa Gana Gueye pour son refus, refus qui traduit l’expression profonde de sa liberté, sont contre la liberté elle-même, et à commencer par la leur dont ils font usage dans cette affaire. Parce qu’encore, ce qui les dérange, c’est qu’Idrissa Gana Gueye a osé être le contraire de celui qu’ils voulaient qu’il soit : un homme qui sait dire non. Et voyons, n’y a-t-il pas une voix de l’échec qui réveille déception et ego au devers de leurs âmes ? Mais penser, c’est dire non. Et peut-être que le surhomme de Nietzche n’est finalement qu’un homme simple qui sait comme Idrissa Gana Gueye dire non à tous ceux qui auraient voulu l’entendre dire oui en baissant la tête.
Zacharia Sall est poète sénégalais vivant en France.