Le Parc National de la Langue de Barbarie, situé dans le Gandiolé à Saint-Louis, a reçu le week-end dernier la visite de plus de 200 jeunes issus de plusieurs localités du pays. Celle-ci s'inscrit dans le cadre de l'initiative dénommée "Mapathon" organisée par la structure Géomatica. L'objectif est de faire la cartographie visant à rendre visible ce Parc pas connu des Sénégalais et qui est menacé par le changement climatique et la problématique de la brèche. Des opérations de ramassage des ordures sont également initiées par les visiteurs lors de leur séjour de 48 heures dans ce Parc National.
Les nombreuses difficultés auxquelles sont longtemps confrontés les conservateurs du Parc National de la Langue de Barbarie à Saint-Louis n'ont pas laissé indifférents les responsables de la structure Géomatica, entreprise spécialisée dans les solutions géomatiques. Ces derniers ont initié le week-end dernier (samedi 14 et dimanche 15 Mai) un "Mapathon" qui a réuni sur place plus de 200 jeunes issus de diverses localités du pays pour une durée de 48 heures. Il s'agissait pour les organisateurs d'apporter leur contribution à la préservation de l'environnement.
Leur choix a porté sur le Parc National de la Langue de Barbarie situé dans la commune de Gandiole, département de Saint-Louis. "Nous sommes à la troisième édition du Mapathon qui est une initiative consistant à regrouper des centaines de jeunes autour d'activités qui vont dans le sens d'arriver à faire la cartographie de toutes les ressources pertinentes dans le parc, mais aussi d'arriver à produire ensemble une carte générale qui matérialise l'ensemble des potentiels et ressources de la zone protégée", a fait savoir Dr Labaly Touré, Directeur de Géomatica.
L'occasion a été également saisie pour s'atteler au ramassage des ordures afin de rendre le site propre. "Quand on rassemble des jeunes, on en profite également pour les sensibiliser sur la gestion de l'environnement car les problématiques environnementales, la gestion des déchets, le changement climatique sont des sujets qu'on ne peut pas ne pas évoquer dans de pareilles rencontres. Donc, pendant leur séjour, on va contribuer ensemble à donner une dimension plus saine au parc en ramassant toutes les ordures", a-t-il rappelé. Une initiative qu'ont magnifiée les conservateurs de ce parc, peu connu des Sénégalais.
Pour rappel, Géomatica est une société de droit sénégalais, spécialisée dans la collecte, l’organisation et le traitement des données géo-spatiales à travers des outils de la géomantique (SIG, Télédétection, Cartographie, Drone, GPS, DGPS), avec des applications dans divers domaines, dont l’agriculture, l’élevage, les ressources naturelles, la santé et la pêche.
L’EXPERT ÉLECTORAL NDIAGA SYLLA PREND LE CONTRE-PIED DE LA DGE
Modifications sur la liste départementale de Yaw, Ndiaga Sylla a démontré la « recevabilité » de la régularisation de la liste départementale de Dakar de Yewwi par le retrait dûment notifié au Ministre de l’Intérieur».
Alors que leur liste départementale à Dakar est sous le coup d’une menace d’invalidation pour non-respect de la parité, l’expert électoral et Directeur général du Cabinet d'expertise électorale (Ceelect), Ndiaga Sylla tend un bouée de sauvetage aux responsables la coalition Yewwi Askan wi. Dans une tribune publiée hier, lundi 16 mai, l’expert électoral a démontré la « recevabilité » de la régularisation de la liste départementale de Dakar de Yewwi par le retrait dûment notifié au Ministre de l’Intérieur».
L’expert électoral et Directeur général du Cabinet d'expertise électorale (Ceelect), Ndiaga Sylla s’invite dans le débat autour de la liste non paritaire de la coalition Yewwi Askan wi à Dakar. Dans une tribune publiée hier, lundi 16 mai, l’expert électoral a conclu qu’ « à bon droit, la coalition Yewwi Askan Wi peut valablement procéder à la régularisation de sa liste départementale de Dakar par le retrait dûment notifié au Ministre de l’Intérieur ».
Pour justifier sa position, Ndiaga Sylla a commencé par rappeler entre autres, la « jurisprudence de 2001 découlant du retrait du candidat Ali Lô de la liste du Parti socialiste et la substitution autorisée par le Conseil constitutionnel pour permettre à cette liste de procéder à une régularisation », la modification du Code électoral « pour interdire expressément la substitution et le retrait de candidature et lever ainsi le vide juridique ». Il a également cité la révision constitutionnelle de 2007 qui a prévu les différents cas d’empêchement définitif ou de retrait d’un des candidats à l’élection présidentielle entre l’arrêt de publication de la liste des candidats et le premier tour (…) et la proclamation des résultats définitifs du deuxième tour par le Conseil constitutionnel (voir article 34 de la Constitution).
Ainsi que les différentes versions successives du Code électoral qui ont, selon lui, intégré cette interdiction expresse de la substitution et le retrait de candidature jusqu’en 2018 (article L.173, alinéa 2). Poursuivant son analyse, le Directeur général du Cabinet d'expertise électorale a cependant précisé que « la loi n°2021‐35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral a omis la disposition relative à l’interdiction du retrait et de la substitution de candidat aux élections législatives au regard de l’article L.177 ».
Sur cette base souligne-t-il, « tout mandataire peut déposer une lettre de retrait ou de désistement dûment signée par un candidat investi par le parti politique, la coalition de partis politiques ou l’entité regroupant des personnalités indépendantes ». « Rigoureusement, le nouveau code électoral contrairement à ses devanciers n’interdit plus ni le retrait et ni la substitution d’un candidat puisque la disposition pertinente y relative a été expressément abrogée », a-t-il fait remarquer. Avant d’ajouter : « Voilà la solution légale pour la régularisation et la validation éventuelle de la liste Yewwi Askan Wi au scrutin départemental de Dakar ».
Il faut rappeler que cette sortie du Directeur général du Cabinet d'expertise électorale intervient quelques heures après le refus opposé par le président de la Commission de réception des dossiers de candidatures de recevoir les demandes de régularisation de la liste controversée de Yewwi apportées par le mandataire national de cette coalition de l’opposition, Déthié Fall
YEWWI RÉPLIQUE AVEC UN PLAN «KAMIKAZE» CONTRE BBY
Face à la menace de rejet de sa liste à Dakar, Les responsables de la coalition Yewwi Askan wi optent pour la loi du talion contre leurs adversaires de la mouvance présidentielle.
Les responsables de la coalition Yewwi Askan wi optent pour la loi du talion contre leurs adversaires de la mouvance présidentielle.
Face à la menace d’invalidation qui pèse sur leur liste départementale à Dakar, le mandataire national de Yewwi Askan Wi, Déthié Fall, a annoncé un recours en annulation des listes de la coalition Benno Bokk Yaakar pour violation du nombre de parrains requis par la Loi.
Seulement, alors qu’il avait prévu de déposer cette correspondance hier, lundi 16 mai, auprès du président de la Commission de réception des dossiers de candidatures en l’occurrence, le commissaire Sarr, ce dernier s’est déclaré incompétent. Une décision qui a mis dans tous ses états le mandataire national de Yewwi. « La loi pour ce qui est des élections législatives n’autorise pas le dépôt de plus de 55.327 parrains. Vous avez que la liste qui a été déposée par la coalition Benno Bokk Yaakar comporte 55.328 parrains. Ce récépissé de dépôt, c’est le mandataire lui-même qui l’a sorti accompagné de Mme Aminata Touré », a-t-il fait remarquer avant de lancer. « Ils ont lourdement fauté. La coalition présidentielle ne doit pas avoir de liste ni au Sénégal ni au niveau de la diaspora. La commission n’a pas voulu recevoir nos correspondances. Pis, elle a refusé l’accès à l’huissier ».
PUBLICITÉ, LES INQUIÉTUDES D’APPEL
L’Association des Éditeurs et Professionnels de la presse en ligne (APPEL) se démarque de l’avant-projet de loi portant code la publicité qui est dans le circuit de validation du Gouvernement. Ce texte conduit irrémédiablement les médias vers l'abattoir
L’Association des Éditeurs et Professionnels de la presse en ligne (APPEL) se démarque de l’avant-projet de loi portant code la publicité qui est dans le circuit de validation du Gouvernement. Ce texte conduit irrémédiablement les médias, qui sont déjà au bord du précipice, vers l’abattoir. Ce texte fait plus l’affaire des agences et autres acteurs de la publicité. L’expertise juridique et commerciale de nos différentes entreprises de presse qui ont pris le temps de bien l’étudier, ont à l’unanimité rejeté cet avant-projet loi. Ils considèrent qu’il y a des articles qui manifestement confèrent un pouvoir hégémonique aux agences de communication. À preuve, l’avant-dernier alinéa de l’article 12 rend le passage obligatoire par une agence pour commander et diffuser de la publicité dans les médias. ‘’ (…) Aucun annonceur ne pourra disposer de supports publicitaires ni travailler directement avec un éditeur ou diffuseur’’. Une disposition qui mène les entreprises de presse du pays vers la guillotine parce que les agences ont des pratiques usurières et léoniennes tant en termes de commission qu’en solutions de paiement. L’APPEL se demande si ce texte doit créer et renforcer un Conseil Supérieur de Régulation de la Publicité (CSRP) où sceller le destin de tout un secteur avec les agences de communication.
L’autre incongruité imposée par ce texte est que les éditeurs et diffuseurs doivent contractualiser avec l’annonceur pour tout type de publicité. Cela serait intenable pour nos administrations respectives surtout que dans notre sous-secteur les publicités sont si éphémères. Leur durée varie très souvent de trois (3) jours à une semaine. Pire, sur un texte de 178 articles, il n’y a pas cinq articles consacrés à la publicité en ligne dans un contexte fortement marqué par une digitalisation de toutes les pratiques, de tous les secteurs de la vie courante. Cet avant-projet est caduc et cynique alors qu’il n’a même pas encore bouclé le circuit administratif.
La publicité est la première et la principale source de revenus des entreprises de presse en temps normal. Nous ne pouvons garder le silence et laisser passer un tel texte sans tirer la sonnette d’alarme. APPEL est d’avis et l’assume entièrement que les concertations autour de ce texte ont été bricolées, juste de façade. Il n’y a pas eu de véritables discussions sur un texte aussi important pour l’avenir et la survie de tout un secteur. À l’atelier des 13 et 14 avril dernier, les représentants du gouvernement et les acteurs avaient convenu que le document final prenne en considération les observations qui sont apportées et la dernière mouture soit envoyée aux acteurs avant qu’il ne retourne au Secrétariat général du Gouvernement (SGG) qui devra le préparer pour le présenter en Conseil des ministres. Des précisions avaient été demandées sur certaines dispositions et jusqu’ici aucun retour, aucun éclairage.
Chat échaudé craint l’eau froide. L’APPEL ainsi que tous les acteurs de la presse vivent encore mal le jeu du gouvernement dans la validation du Code de la presse. Aujourd’hui, nous acceptons la mort dans l’âme de vivre, de faire avec un texte très liberticide et dont les entités devant permettre son application, sa mise en œuvre ont été totalement dévoyées.
L’APPEL prend ainsi ses responsabilités devant l’histoire et invite le Conseil des Diffuseurs et Editeurs de presse du Sénégal (CDEPS) à demander une dernière relecture de l’avant-projet de loi avant son passage en Conseil des ministres. Elle prend, en même temps, à témoin le SYNPICS, les autres acteurs des médias et l’opinion face à toute tentative de forcing.
PLUS DE 45 JOURNALISTES OUTILLES POUR SENSIBILISER A LA VACCINATIN CONTRE LA COVID
Au total, 45 journalistes venus des 14 régions du Sénégal ont entamé lundi à Thiès, une session de formation sur la gestion des rumeurs pour mieux ‘’participer à la sensibilisation des populations sur la vaccination contre la Covid-19, jugée ‘’faible’’
Thiès, 16 mai (APS) - Au total, 45 journalistes venus des 14 régions du Sénégal ont entamé lundi à Thiès, une session de formation sur la gestion des rumeurs pour mieux ‘’participer à la sensibilisation des populations sur la vaccination contre la Covid-19, jugée ‘’faible’’ malgré la disponibilité des vaccins.
‘’Il nous faut lever toutes les rumeurs sur la vaccination contre la Covid-19 car en dépit de la disponibilité des vaccins, le taux reste faible’’ a indiqué, le directeur du Service national de l’éducation et de l’Information pour la Santé (SNEIPS), Bara Gaye.
Il s’exprimait à l’ouverture d’un atelier national sur la gestion des rumeurs pour la presse qui se tient à Thiès.
‘’Les acteurs des médias peuvent aider à la sensibilisation et à rassurer les populations sur les bénéfices de ces vaccins contre la Covid-19 car la pandémie est encore présente’’ a-t-il ajouté.
La formation qui va se poursuivre jusqu’au 20 mai, répond selon M. Gaye ‘’ à un besoin de formation de la presse car cela permet de continuer le renforcement des capacités dans le cadre de la pandémie’’.
Pour le chargé de la promotion de la Santé au bureau de l’Organisation mondiale de la Santé du Sénégal, Docteur Aloyse Waly Diouf, ‘’cette rencontre participe au renforcement des capacités des acteurs de la presse comme tous les autres acteurs car la riposte contre la Covid-19 est toujours d’actualité’’.
‘’Nous devons continuer cette communication car le Sénégal a l’un des taux de vaccination les plus bas du continent’’ a-t-il ajouté.
‘’Le Sénégal doit atteindre le taux de vaccination qui est attendu’’ a indiqué Dr Diouf.
Pour sa part, Alassane Cissé, président de l’Association des journalistes en Santé, population et développement (AJSPD) a indiqué que ‘’cet atelier vient à son heure’’.
‘’Notre taux de vaccination est encore faible. Les journalistes doivent être formés pour mieux informer’’, a ajouté M. Cissé.
Plusieurs modules sont prévus durant cette formation. Il s’agit des généralités sur la Covid-19, de la communication sur les risques, le mécanisme de gestion des rumeurs, la collecte des rumeurs, l’écoute active et la communication de crise.
LE MALI AFFIRME AVOIR DÉJOUÉ UN COUP D'ÉTAT
La tentative putsch a eu lieu dans la nuit du 11 au 12 mai et a été « soutenue par un État occidental », selon le communiqué de l’exécutif malien
21 mois après avoir renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la junte d’Assimi Goïta a-t-elle été victime d’une tentative de coup d’État ? C’est ce qu’affirme ce lundi 16 mai un communiqué du colonel Abdoulaye Maïga, le porte-parole du gouvernement.
Selon ce texte, les faits remontent à la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 mai dernier et ont été menés par un « groupuscule d’officiers et de sous-officiers anti-progressistes ». Ni leur identité ni leur nombre ne sont donnés mais certains de ces soldats ont été « interpellés et seront mis à la disposition de la justice ».
« État occidental »
Précision d’importance : ces militaires étaient « soutenus par un État occidental », affirme Abdoulaye Maïga, qui assure qu’ils avaient pour but de « briser la dynamique de la refondation » malienne. Aucun pays n’est cité, mais les regards ont de fortes chances de se tourner vers la France dans les prochaines heures.
La campagne de parrainage, de dépôt des listes, de guerre de position, d’égo, et son lot d’invectives nous donne une idée sur le profil de nos futurs représentants. Cette flopée de gens n’a aucun projet de transformations politiques et sociales
Le 31 juillet 2022, le Sénégal du haut de ses soixante-deux ans enverra à l’Assemblée nationale, cent soixante-cinq de ses enfants pour une durée de cinq ans afin de représenter la Nation tout entière. Placée au cœur de notre démocratie procédurale, cette institution revêt une importance particulière dans la construction de notre pays. Comme le dispose l’article 59 de la Constitution : « l’Assemblée nationale exerce le pouvoir législatif. Elle vote, seule, la loi, contrôle l’action du Gouvernement et évalue les politiques publiques. ». Par conséquent, les élections législatives à venir sont un enjeu majeur de la vie de notre République laïque, démocratique et sociale.
Cela dit, les députés qui vont siéger au parlement, après le scrutin du dimanche 31 juillet doivent être des gens responsables, compétents et rigoureux dans le travail. Car ces futurs législateurs sont appelés à résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les invisibles, les précaires, les sans rien, les citoyens de seconde zone.
Mais la récente campagne de parrainage, de dépôt des listes, de compromis, de compromissions, de guerre de position, d’égo, et son lot d’invectives nous donne une idée sur le profil de nos futurs représentants. Cette opération a encore illustré la mesquinerie que représente une grande partie de la classe politique sénégalaise, et les premiers marchands de rêves que l’activisme a changé en héros. Et cela me fait dire que cette flopée de gens n’a aucun projet de transformations politiques et sociales, à part se servir.
La pauvreté qui ôte la dignité de millions de gens. La faillite de l’école républicaine, cette institution qui ouvrait le champ des possibles aux classes populaires. L’hôpital public qui abrège des vies par faute de moyens et d’absence d’humanité. Les pensions de retraite dérisoire, la condition des femmes, les enfants talibés qui paradent dans les rues, les conséquences du coronavirus et du conflit russo-ukrainien sur notre économie extravertie, l’impact du réchauffement climatique dans nos bassins de vie, la crise au Sahel, la gestion des futures recettes du pétrole et du gaz, les inégalités juridiques, les blessures secrètes inscrites dans le corps social, l’intolérance religieuse montante, les insultes à l’égard des institutions de la république. Nos jeunes qui échouent sur les côtes européennes. Toutes ces questions majeures ne les intéressent pas. Très peu d’entre eux sont soucieux d’améliorer les conditions d’existence des populations. C’est triste à dire, mais ces arrivistes, ces gens sans vision ne changeront pas la vie de ceux qui souffrent. Car « nos acteurs politiques sont dépassés par la marche du monde, et surtout n’ayant aucune maîtrise des enjeux de l’heure », comme me le disait avec justesse, mon ami El Hadji Gora Sène, fin observateur de la vie politique sénégalaise.
ENQUÊTE SUR UN MASSACRE DE TIRAILLEURS AU SÉNÉGAL
Que s’est-il passé le 1er décembre 1944 dans le camp militaire de Thiaroye ? 80 ans après les faits, un documentaire se penche sur ce massacre grâce à trois jeunes artistes sénégalais qui, par devoir de mémoire, explorent les zones d’ombre de ce drame
En novembre 1944, la France est peu à peu libérée de l’occupant nazi. Après quatre années de guerre, 1 300 tirailleurs ouest-africains sont rapatriés par l’armée française à Thiaroye, dans un camp militaire de la banlieue de Dakar. Ils réclament le paiement de leurs soldes de captivité ainsi que diverses primes qui ne leur ont pas été versées. Le 1er décembre à l’aube, des coups de feu éclatent dans le camp. L’armée française évoque une mutinerie qu’elle a dû réprimer dans le sang. Pourtant, de nombreuses zones d’ombre demeurent. On ne sait toujours pas combien ont été tués, ni où ils sont enterrés.
Il y a dix ans, en 2012, le président François Hollande s’était rendu pour son premier voyage officiel en terre africaine dans le petit cimetière militaire de Thiaroye. Son discours avait fait l’effet d'une bombe politique. "Une répression sanglante", avait-il affirmé au sujet des tirailleurs tombés sur ce sol, le 1er décembre 1944, sous les balles de leurs frères d’armes français. Pour la première fois depuis près de 70 ans, la version officielle de l’histoire des événements de Thiaroye était remise en question.
Jusqu’ici, "l’affaire de Thiaroye" était considérée comme une "rébellion lourdement armée et une prise d’otage" ayant nécessité une "riposte" au bilan funeste de 35 morts et 35 blessés. En 2014, en marge du sommet de la Francophonie, le président français évoquait encore "un événement épouvantable, insupportable". Il remettait en grande pompe au président Macky Sall une copie des archives liées à l’évènement. Une commission d’historiens avait même été nommée pour faire enfin la lumière sur ce crime emblématique de l’injustice coloniale. Il n’en a rien été. Rien n’a filtré de ces archives et personne ne s’en étonne. Les élites politiques et scientifiques semblent, au Sénégal comme en France, avoir tourné la page. Le nombre des victimes reste indémontrable. La fosse commune où elles sont enterrées est introuvable. Comme si la mémoire de ces soldats était toujours enfouie, voire dissimulée, dans des rapports de domination qui perdurent.
Pourtant, les faits ne semblent aujourd’hui plus contestables : il s’agit d’un massacre colonial, de l’assassinat prémédité par leurs supérieurs de plusieurs dizaines, voire centaines, de tirailleurs désarmés qui réclamaient le paiement de leurs salaires de combattants. Un crime sans images tombé dans l’oubli, le plus grand crime de masse de l’histoire du Sénégal contemporain. Le premier d’une longue série commise par l’armée française à l’issue de la Seconde Guerre mondiale : Sétif en Algérie, Madagascar, Côte d’Ivoire, Cameroun... Parce que la France estimait ne plus avoir besoin de ses "troupes de couleur", parce qu’il fallait les exclure du récit national, restaurer l’ordre colonial, au mépris de ses valeurs et de ses promesses d’égalité.
Trois jeunes artistes
Aïcha écrit des pièces de théâtre, Magui est une étoile montante du rap, Babacar est comédien. Tous les trois ont grandi à Thiaroye, cette banlieue populaire qui vibre au rythme des cultures urbaines comme le rap, le slam ou le graffiti. Le camp colonial abrite toujours une présence militaire mais une ville s’y est développée dans l’anarchie. Les traces de l’histoire y sont éparses : quelques ruines des baraquements, des portraits de tirailleurs peints sur les murs, un cimetière militaire aux tombes vides délaissé au bord d’une autoroute, l’école des "Martyrs" où les jeunes retrouvent, parfois, des douilles dans le sable. Lorsqu’ils déambulent dans les rues de Thiaroye, peut-être marchent-ils sur leurs cadavres ? Ensemble, ils partent sur leurs traces et cherchent à comprendre ce qui s’est réellement passé.
Guidés par Martin Mourre, un jeune historien spécialiste du massacre qui poursuit en parallèle son travail d’enquête, ils plongent dans les contradictions des archives militaires. Ils rencontrent Biram Senghor, le fils d’un des tirailleurs assassinés qui se bat jusqu’à aujourd’hui pour obtenir réparation, ou encore Dialo Diop, l’une des grandes figures militantes du Sénégal, pour se confronter aux nœuds qui enserrent le récit de ce massacre. La vérité semble parfois tangible et, pourtant, toujours elle se dérobe. La mémoire, elle, se perpétue à travers les performances artistiques d’Aïcha, de Magui et de Babacar.
Le film entend combler un vide important : il n’existait à ce jour aucun documentaire consacré au massacre des tirailleurs de Thiaroye. Un seul film – de fiction – a échappé aux griffes de la censure, "Camp de Thiaroye" d’Ousmane Sembène, couronné à la Mostra de Venise en 1988 mais interdit en France pendant près de dix ans, comme les rares œuvres culturelles qui ont tenté de perpétuer cette mémoire. Ce film participe au même élan, celui d’une histoire partagée entre la France et ses anciennes colonies, entre les générations, les genres, les arts. Il n’a pas l’ambition de faire toute la lumière sur les béances de cette histoire, mais de briser le silence et l’ignorance en dévoilant une mémoire encore bien vive, notamment pour la jeunesse d’aujourd’hui. S’interroger sur le drame de Thiaroye, c’est mettre le doigt dans la mécanique de la violence coloniale et questionner sa résurgence.