Bamako "rejette fermement l'argument d'un État membre qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence de l'organisation antijihadiste", sans citer cet État
France 24 avec AFP et Reuters |
Publication 15/05/2022
L’armée malienne a annoncé, dimanche, le retrait du pays du G5 Sahel, une alliance militaire qui lutte contre les groupes jihadistes. Pour justifier sa décision, la junte dénonce l’échec dans l’organisation de sommets au Mali et les manoeuvres d'un État extra-régional.
Pour protester contre le refus qui lui est opposé d'assurer la présidence du G5 Sahel, la junte malienne a annoncé, dimanche 15 mai au soir dans un communiqué, son retrait de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.
"Le gouvernement du Mali décide de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe" antijihadiste, rapporte le communiqué. Pour justifier sa décision, la junte a mis en avant le peu de progrès réalisés face aux insurgés et l’échec dans l’organisation récente de sommets au Mali.
Une conférence des chefs d'États du G5 Sahel, prévue en février 2022 à Bamako, devait "consacrer le début de la présidence malienne du G5" mais "près d'un trimestre après le terme indiqué" cette réunion "ne s'est toujours pas tenue", dit ce communiqué.
Bamako "rejette fermement l'argument d'un État membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s'opposer à l'exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel", sans citer cet État.
Selon le gouvernement malien, "l'opposition de certains États du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manoeuvres d'un État extra-régional visant désespérément à isoler le Mali", sans également préciser ce dernier État. Les relations entre le Mali et les pays européens, à commencer par la France, se sont largement dégradées ces derniers mois.
La capacité opérationnelle du G5 Sahel mise à mal
Cette décision isole davantage le Mali de ses voisins, alors que le pays est ciblé par des sanctions économiques et diplomatiques de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) depuis le 9 janvier. Elle sanctionne l'intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021.
La junte a opté pour une transition de deux ans alors que la Cédéao demande à Bamako d'organiser des élections en 16 mois maximum.
Outre le Mali, le G5 Sahel, composé d'environ 5 000 militaires, est formé de la Mauritanie, du Tchad, le Burkina et du Niger.
Les coups d'État militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale antijihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a récemment estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité.
"Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l'effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel."
GANA GUEYE BOYCOTTE UN MATCH DU PSG EN RAISON D'UN MAILLOT CONTRE L'HOMOPHOBIE
Absent surprise du match à Montpellier samedi en Ligue 1, le milieu sénégalais n'a pas voulu, selon nos informations, jouer avec un maillot au flocage arc-en-ciel pour la journée de lutte contre l'homophobie et en soutien à la communauté LGBTQ+
Absent surprise du match à Montpellier samedi en Ligue 1, le milieu sénégalais du PSG Idrissa Gueye n'a pas voulu, selon nos informations, jouer avec un maillot au flocage arc-en-ciel pour la journée de lutte contre l'homophobie et en soutien à la communauté LGBTQ+. Contacté, son entourage n'a pas souhaité commenter.
Voilà un boycott qui interpelle. Absent surprise du match à Montpellier samedi en Ligue 1, le milieu du PSG Idrissa Gueye n'a pas voulu, selon nos informations, jouer avec un maillot au flocage arc-en-ciel pour la journée de lutte contre l'homophobie et en soutien à la communauté LGBTQ+. Son entourage, contacté par RMC Sport, n'a pas souhaité commenter.
Alors qu'il était initialement présent dans le groupe parisien pour le déplacement dans l'Hérault, l'international sénégalais n'était finalement pas sur la feuille de match. Après la victoire (4-0), Mauricio Pochettino s’était montré assez flou concernant le forfait de son joueur: "Idrissa a effectué le voyage à Montpellier, mais pour des raisons personnelles il a dû sortir de la feuille de match. Mais il n’était pas blessé", avait répondu le coach argentin face à la presse. Sans éteindre les interrogations.
Remettre en cause la clause de limitation du nombre de mandats est une hérésie. Le vrai débat devrait porter sur l’application de l’article 27 de la Constitution à un éventuel troisième mandat ou deuxième « vrai » mandat de Macky Sall
Contre des débats politiques ou juridiques sur la remise en cause du principe de la limitation des mandats présidentiels. Pour une réflexion doctrinale sur un éventuel troisième mandat ou deuxième « vrai » mandat de l’actuel président de la République au regard de l’application de l’article 27 de la ConstitutionContre des débats politiques ou juridiques sur la remise en cause du principe de la limitation des mandats présidentiels. Pour une réflexion doctrinale sur un éventuel troisième mandat ou deuxième « vrai » mandat de l’actuel président de la République au regard de l’application de l’article 27 de la Constitution.
« Le pouvoir corrompt. Le pouvoir trop prolongé corrompt plus profondément. L’homme de pouvoir tend à le conserver, l’homme au pouvoir veut s’y perpétuer. Autant le préserver de cette obsession, stimulante dans la longue marche vers le sommet, ravageuse dans sa trop longue occupation du poste suprême. Protégeons le dirigeant contre lui-même » Olivier Duhamel, « Le quinquennat », Presses de Sciences Po, 2008.
Lorsque l’article 27 de la loi n° 2001-03 du 22 janvier 2001 portant Constitution dispose, dans sa rédaction d’origine, que le mandat présidentiel est renouvelable une seule fois », il faut en retenir que cette disposition consacre la limitation des mandats présidentiels à deux : « la norme initiale : maximum deux mandats »[1]. Dans sa rédaction en vigueur issue de la loi constitutionnelle n° 2016-10 du 5 avril 2016, le même article 27 a maintenu la norme constitutionnelle « maximum deux mandats » en énonçant que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». On peut dire qu’il s’agit, dans l’intention du Constituant sénégalais, « de garantir une respiration démocratique dans l’exercice des fonctions suprêmes et d’inviter leur titulaire à agir plutôt qu’à chercher à se faire maintenir au pouvoir [2]».
Ce rappel montre à quel point un débat sur la suppression ou non de la limitation du nombre de mandats présidentiels est derrière nous et ne se pose plus. Dès lors, des arguments en défaveur de la clause limitative du nombre de mandats présidentiels pour appuyer des arrière-pensées politiques ne devraient pas venir aujourd’hui polluer la question de la conformité à la Constitution de l’éventuelle candidature du chef d’État en exercice au regard des dispositions non équivoques de l’article 27 de la Constitution.
À notre sens, remettre en cause la clause de limitation du nombre de mandats présidentiels, fut-il sous le prétexte d’engager le débat, est une hérésie. À ce propos, revisitons les enseignements du professeur Ismaila Madior Fall consacrés à « L’intangibilité du principe de la limitation des mandats » (voir son ouvrage sur « Le pouvoir exécutif dans le constitutionnalisme des États d’Afrique », publié en 2008 chez L’Harmattan Paris (pages 175-177).
« L’intangibilité d’un principe évoque son inviolabilité et son immutabilité. Un principe intangible doit rester intact, inviolable, infrangible voire immuable. La conséquence au plan juridique est qu’il n’existe alors en principe aucune procédure pour y revenir. Le principe de la limitation de mandats à deux doit être hissé au rang de l’intangibilité pour que le pouvoir constituant dérivé incarné souvent par une majorité parlementaire qualifiée ne puisse y revenir. Intangible, le principe garantit l’alternance au pouvoir. (C’est nous qui soulignons et mettons en gras)
(…) …lorsque le Chef de l’État a conscience à l’avance que sa magistrature est limitée dans un temps au terme duquel il reviendra un citoyen ordinaire, son pouvoir a beaucoup de chance de ne pas être autoritaire. De même, la limitation des mandats à deux anéantit l’idée de règne et favorise celle de mandat représentatif dont le Président de la République n’est qu’un titulaire momentané. Avec la prévarication de la fonction présidentielle, le pouvoir est de moins en moins identifiable à une personne ».
Restons avec I.M Fall qui écrit avec conviction (page 176) : « Au stade actuel du développement politique de l’Afrique dominé par le souci d’enracinement de la démocratie,un chef d’État doit, quels que soient sa compétence, son charisme, sa popularité, s’en aller après deux mandats au pouvoir. Nul n’est indispensable serait-on tenté de dire» (Nous mettons en gras).
Dans le temps qui nous sépare de l’élection présidentielle de 2024, le vrai débat qu’attendent les citoyens devrait porter sur l’application de l’article 27 de la Constitution à un éventuel troisième mandat ou deuxième « vrai » mandat de l’actuel président de la République. Ce débat devrait nous permettre de répondre précisément à la question suivante : quelle est la signification de la disposition de l’article 27 de la Constitution selon laquelle « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. ». (Ouvrons une parenthèse : à propos du nombre de mandats présidentiels exercés par un chef d’État au Bénin et au Togo, le professeur I. M. Fall estime que « les mots utilisés par les constituants béninois et togolais - « en aucun cas », « nul » - infèrent une interprétation extensive en vertu de laquelle aucun individu, quels que soient son talent, son charisme, la longévité de sa vie et sa capacité à séduire l’électorat, ne peut être président de la République que pendant une période maximale de dix années. À cet égard, le mandat présidentiel est tel une cartouche. Et chaque individu n’en dispose que de deux et pour la vie (Nous mettons en gras). Il s’agit là d’une précision qui mérite d’être reprise dans les autres constitutions » (page 170).
Un débat juridique sur la portée des dispositions de l’article 27 sera l’occasion de revenir sur le sens de la décision constitutionnelle n° 1/C/2016 du 12 février 2016 (publiée au JO n° 6924 du 1er avril 2016), rédigée en des termes très clairs : il n’y est pas question de premier mandat de sept ans non pris en compte par le juge constitutionnel mais de la nouvelle durée du mandat présidentiel qui ne peut s’appliquer au mandat en cours. En d’autres termes, la décision constitutionnelle de 2016 est liée à une question de sécurité juridique et de protection des mandats politiques[3].
Rappelons que «la Constitution sénégalaise ne comporte aucune disposition ayant pour objet d’énoncer le principe de « sécurité juridique [4]» et « cette quasi-absence de l’expression « sécurité juridique » dans le champ lexical du juge constitutionnel sénégalais ne signifie pas cependant pas qu’il ignore la question [5]», dixit l’actuel président du Conseil constitutionnel, Papa Oumar Sakho. « Appelé à se prononcer dans le cadre d’une demande d’avis sur la possibilité de prévoir, dans un projet de loi de révision constitutionnelle, une mesure transitoire ayant pour objet de rendre applicable au mandat du président de la République en cours une disposition qui fait passer la durée de celui-ci de sept à cinq ans, le Conseil avait estimé que, pour la sauvegarde de la sécurité (qu’il avait associée à l’époque à la stabilité des institutions), le droit applicable à une situation doit être connu au moment où celle-ci prend naissance[6]». Le Conseil constitutionnel s’était prononcé contre la disposition transitoire contenue non pas dans une loi constitutionnelle déjà adoptée mais dans un projet de révision de la Constitution dont il avait été saisi, pour avis, par le président de la République sur le fondement du premier alinéa de l’article 51 de la Constitution. C’est ce qui justifie le recours pour la deuxième fois à la notion de sécurité juridique dans la décision rendue le 12 février 2016.
Mamadou Abdoulaye Sow est Inspecteur principal du Trésor à la retraite
[1] Ismaila Madior Fall, « Le pouvoir exécutif dans le constitutionnalisme des États d’Afrique », L’Harmattan, 2008, p. 169.
[2] Exposé des motifs du projet de loi constitutionnelle française de modernisation des institutions de la Ve République,
[3]En ce sens, voir les considérants 25 à 32 de la décision de 2016.
[4] Papa Oumar Sakho, « La protection des situations légalement acquises : l’apport du Conseil constitutionnel du Sénégal ». Source : Actes du 8ème congrès triennal de l’Association des cours constitutionnelles ayant en partage l’usage du français (ACCF), pp. 101-110, disponibles sur https://accf-francophonie.org/publication/actes-du-8e-congres-triennal-d....
[6] Extrait des réponses au questionnaire lié aux actes du 8ème congrès de l’ACCF, pp. 569-560.
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KEMI SEBA FAIT EXPULSER UNE JOURNALISTE FRANÇAISE DE SA MANIFESTATION AU BURKINA
L’activiste, président de l’ONG “Urgences panafricaines“, a chassé samedi à Ouagadougou où il tenait une manifestation, la journaliste de TV5 Monde qui était sur place pour la couverture médiatique
La journaliste, correspondante de TV5 à Ouagadougou, Fanny Noaro-Kabré, a été conduite manu-militari hors de la salle où l’activiste animait son meeting sur la “Mobilisation contre le néocolonialisme ».
Pour justifier sa décision, Kémi Séba évoque diabolisation dont il est victime de la part des médias français. « Les médias français n’ont cessé de nous diaboliser, de nous salir, je vais demander à la sécurité de faire sortir TV5, je n’en veux pas ici », a déclaré Kémi Séba.
PAR Cécile Thimoreau
IL EXISTAIT UN SYSTÈME PPDA
J'ai connu Patrick Poivre d'Arvor, le journaliste star et le sportif avec qui j’ai partagé des compétitions. J’ai aussi connu le harceleur, l’agresseur. Il n’y a pas d’autre mot. J’ai l’intime conviction que tout le monde savait
J'ai connu PPDA le journaliste star et le sportif avec qui j’ai partagé des compétitions. J’ai aussi connu le harceleur. Il n’y a pas d’autre mot. Un supérieur hiérarchique qui vous appelle régulièrement la nuit pour vous demander si vous dormez nue, qui n’arrête pas tant qu’un homme n’est pas allé lui parler, ça n’est pas de la drague pour moi.
J’ai aussi connu l’agresseur. Un soir où il était fragilisé par l’anniversaire de la mort de sa fille j’ai accepté de dîner avec lui, après 10 ans à la rédaction. J’avais mis les choses au clair, à plusieurs reprises avant d’accepter. Il a été charmant puis a brusquement changé de regard et m’a attrapée et touché les seins, suppliant pour une relation sexuelle. J’ai été virulente, menaçante, il m’a laissée partir.
Que ce serait il passé si j’avais été prise de panique et de sidération ? Aurait il pris l’absence de réponse pour du consentement ?
J’appréciais Robert Namias, directeur de la rédaction. Nous étions arrivés ensemble à l’émission du petit matin à TF1. Il voulait féminiser la rédaction et m’a promue durant ma carrière. Lui n’a jamais eu de comportement déplacé. Je lui ai parlé de ce qui s'était passé avec PPDA. Sa première réaction a été de me dire que cette affaire s’était déroulée entre adultes, à l’extérieur de TF1. Puis il s’est ravisé et engagé à s’occuper du problème.
Il existait un système PPDA, hors des normes sociales de l'époque. Il avait un salaire hors norme, une vie professionnelle hors norme et des droits qu'aucun autre professionnel n'avait. J’ai l’intime conviction que tout le monde savait que PPDA harcelait les jeunes femmes, qu’il avait les mains baladeuses, au-delà de simples baisers dans le cou. Mais qu'il allait jusqu'au viol nous ne le savions pas, je ne le savais pas sinon jamais je n’aurais accepté de dîner chez lui.
Je suis en colère contre notre arsenal juridique français. Il était impensable de témoigner à l'époque de sa toute puissance : qui nous aurait donné credit ? Et maintenant nous sommes prescrites juridiquement. Trop tard !
Quand nous regardons les chiffres des viols, 135 000 viols par an (mineurs compris) soit 1 viol toutes les 4mn, et seulement 1% condamnés, nous devrions avoir honte et ré-interroger notre droit. J'espère que notre combat à Metoomedia y contribuera.
Patrick Poivre d'Arvor a déclaré aux enquêteurs se souvenir « d'un jeu de séduction de part et d'autre » avec Cécile Thimoreau. Sur les appels téléphoniques, il dit : « Je n'ai jamais fait cela ». Sur les faits décrits par Cécile Thimoreau lors du dîner, il affirme: « J'ai dû lui faire des avances, légères, à la fin du dîner, et surtout pas dans la contrainte ».
Robert Namias, ancien rédacteur en chef du « 20 heures » et directeur de l’information a expliqué à Mediapart n’avoir « aucun souvenir » d'une alerte de Cécile Thimoreau. « ça ne veut pas dire que ça n’a pas existé », nous a-t-il répondu, comme il l’a déclaré à Libération.
Cécile Thimoreau est journaliste, secrétaire générale de MeTooMedia
PAR Achille Mbembe
MACRON EN AFRIQUE, LES CINQ TRAVAUX D'HERCULE
Faire comme s’il suffisait de s’inscrire tranquillement dans la continuité de ce qui a été esquissé au cours du mandat précédent, avec quelques menues corrections et inflexions ici et là, serait une option défaitiste, et ouvrirait la voie à l’échec
De tous les dangers qui, sur le front africain, guettent Emmanuel Macron à l’orée de son second mandat, le plus grave est sans doute celui de la gorbachévisation. Ce symptôme hante en effet les réformateurs qui, confrontés à un système sclérosé et à bout de souffle, privilégient le recours à une flopée de demi-mesures, là où la situation historique exige le recours à un big bang.
S’ensuivent une perte de contrôle graduelle mais irréversible des événements, le délitement des soutiens au projet de réforme et une reprise en main du processus inachevé de transformation par les forces du raidissement et de l’entropie.
Blocages systémiques
Nous n’en sommes, certes, pas à ce point, et les derniers soubresauts de la Françafrique ne présentent que peu de ressemblances avec ceux qui accompagnèrent l’effondrement de l’empire soviétique. Emmanuel Macron n’est pas Mikhaïl Gorbachev. Du reste, s’agissant de son bilan africain, nombre de signes de changement sont là. À la surface, il est vrai. Car mis bout à bout, ils ne font, pour le moment, ni mouvement de fond ni structure, mais dessinent un arc. Et ceci, décidément, compte.
D’autres indices témoignent cependant, non d’une volonté de maintien du statu quo, mais de la permanence de points aveugles nourris et renforcés par une longue tradition d’inertie. C’est qu’en profondeur, ni la rente de la Françafrique ni l’imaginaire qui sous-tend le complexe postcolonial ne sont complètement taris. Des dynamiques centrifuges portées par de nombreux réseaux anciens et acteurs parallèles sont encore à l’œuvre. À toutes les échelles.
La plupart des blocages sont systémiques. Il ne s’agit pas seulement des légendaires pesanteurs bureaucratiques, des oppositions sourdes, des luttes pour le maintien de positions acquises et des résistances passives au sein même de la technostructure. Certains autres relèvent d’un vieil habitus colonial difficile à extirper, qu’il serait vain de nier.
D’autres encore sont la conséquence de l’inadaptation des outils et dispositifs institutionnels, des conflits de tutelle nécessitant des arbitrages clairs et rapides mais qui se font attendre, des guéguerres incessantes entre les différents acteurs et agences impliqués dans la mise en œuvre des choix effectués, de l’absence de coordination entre les innombrables pôles et guichets, des consultations interminables – souvent sans véritable valeur ajoutée – avec des interlocuteurs sans cesse changeants, et, surtout, de l’extraordinaire affaissement des capacités d’analyse, de vision et de prévision aussi bien dans le champ civil que dans le domaine militaire.
Fatigue intellectuelle et émotionnelle
À tous ces facteurs, il convient d’ajouter les effets de fatigue. Celle-ci est physique, intellectuelle mais aussi émotionnelle. Cinq années d’hyperactivité, de crises et d’imprévus de tous genres ont endurci plus d’un, mais elles ont aussi laissé sur le carreau maints acteurs essoufflés, voire découragés. Autant l’expérience et la mémoire seront indispensables pour l’étape qui s’annonce, autant du sang neuf sera nécessaire pour mener à bien de nouveaux projets de haute intensité requérant une imagination neuve et un désir de changements véritablement structurels.
En effet, un deuxième quinquennat sans horizon neuf et sans énergie décuplée ne décrédibiliserait pas seulement le projet de sortie de la Françafrique. Il contribuerait également à la démobilisation des bonnes volontés de part et d’autre. Faire comme si tout était d’ores et déjà en place, comme s’il suffisait de s’inscrire tranquillement dans la continuité de ce qui a été esquissé au cours du mandat précédent, avec quelques menues corrections et inflexions ici et là, serait donc une option défaitiste, et ouvrirait la voie à l’échec.
L’esprit de Montpellier
La priorité est d’accélérer la « remise en relation » de l’Afrique, de la France et de l’Europe, en droite ligne de la démarche entamée à Ouagadougou, et dont le nouveau sommet Afrique-France de Montpellier aura été le point d’orgue. Cette « remise en relation » requiert un profond repositionnement de la France sur le continent pris comme un tout et, surtout, comme un acteur géopolitique potentiel.
La coordination nationale du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour encadrer et accompagner les victimes et parents des victimes dans le cadre de la procédure judiciaire
La coordination nationale du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a déjà pris toutes les dispositions nécessaires pour encadrer et accompagner les victimes et parents des victimes dans le cadre de la procédure judiciaire, annoncent ses conseils, Mes William Bourdon et Vincent Brengarth. Ce, après avoir « appris par voie de presse que le parquet de Dixinn avait invité les victimes et parents des victimes, plus généralement toute personne susceptible d’éclairer la justice, à se faire identifier. »
Les plaignants, qui soulignent qu’il est indispensable que les victimes soient entendues et surtout écoutées, apprécient que les personnes visées par les poursuites, soit Alpha Condé et 26 responsables de son régime, aient été interdits de sortie du territoire, dans un document reçu à Emedia. Lequel réaffirme « leur souhait » que la justice guinéenne fasse « toute la lumière » sur les exactions présumées commises sous le pouvoir d’Alpha Condé et « que l’ensemble des moyens nécessaires à cette mission lui soient donnés. »
Mes William Bourdon et Vincent Brengarth, au nom du FNDC, plaident pour le respect, dans le déroulement des investigations, « des droits de l’ensemble des parties prenantes ».
En Guinée, la justice a annoncé des poursuites pour « assassinats » contre l’ancien président Alpha Condé et 26 autres personnalités et hauts responsables sous son règne, faisant suite à la répression « brutale » des protestations, à partir d’octobre 2019, contre un troisième mandat d’Alpha Condé.
LES PRÉCISIONS MAJEURES DE MOUNDIAYE CISSÉ
C’est un flou total autour de la liste de la coalition Yewwi Askan Wi (YAW) à Dakar. Le dépôt de cette liste au niveau de la commission électorale chargée de la réception des dossiers de candidature, a fait l’objet de vives polémiques.
C’est un flou total autour de la liste de la coalition Yewwi Askan Wi (YAW) à Dakar. Le dépôt de cette liste au niveau de la commission électorale chargée de la réception des dossiers de candidature, a fait l’objet de vives polémiques. Barthélémy Dias, tête de liste, accuse les membres de la commission de vouloir la bloquer. Selon certaines sources, cette liste n’a pas respecté la parité. Face à la presse, le maire de Dakar avait déclaré que deux candidats investis sur la liste ont désisté. Par conséquent, il s’était présenté devant la Direction générale des élections, où siègent les membres de la commission, pour leur remplacement. Ce que la Commission lui avait refusé. Par la suite, Barth, dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, a révélé que cette liste n’était pas la bonne, parce que, n’étant pas déposée par leur mandataire national en l’occurrence, Dethie Fall.
Mais, jusque-là, on ne sait pas si la liste sera validée ou pas. Ce qui est tout à fait normal, d’après Moundiaye Cissé. ‘’ Cette liste de YAW, personne ne peut dire qu’elle sera rejetée ou acceptée. On en saura quelque chose à partir de demain, lundi, où va démarrer le contrôle juridique des dossiers’’, a précisé le Secrétaire Exécutif de l’Ong 3D.
Moundiaye Cissé dit regretter ce qui s’est passé au niveau de la Dge. Pour lui, si ce n’est pas la bonne liste qui a été déposée, comme le présentent les partisans de YAW, Déthié Fall, seul interlocuteur de la Commission, doit mettre sur la place publique la liste qu’il a déposée. Cela mettrait tout le monde à l’aise.
Selon le représentant de la société civile au niveau de la Dge, ’’ une liste est déclarée irrecevable si elle ne respecte pas la parité, ou n’ayant pas de quittance (reçue de la caution : Ndr) ou bien que le nombre de parrains requis n’est pas respecté’’. Poursuivant ses explications, M. Cissé renseigne que la loi ne prévoit pas des cas de désistement. Elle parle de remplacement prévu dans trois situations : soit l’investi est frappé d’illégalité, soit ses pièces sont périmées, soit il est mort.
À CHAQUE CHOSE, SON TEMPS
Je refuse d’épiloguer au moment où l’analyse juridique des dossiers de candidatures n’a pas été entamée et que je n’ai toujours pas accès à la copie que doit détenir la CENA en vertu de la loi électorale.
Je refuse d’épiloguer au moment où l’analyse juridique des dossiers de candidatures n’a pas été entamée et que je n’ai toujours pas accès à la copie que doit détenir la CENA en vertu de la loi électorale.
Je ne saurais avoir foi aux seules déclarations du mandataire de la liste en question, dès lors qu’au terme du dépôt matériel des candidatures, il n’a pas reçu de copie attestée des listes, mais juste le bordereau signé après un contrôle sommaire et contradictoire des dossiers.
Je ne saurais non plus me fier aux allégations des mandataires qui, pour l’heure, n’ont pas accès aux dossiers déposés par les autres listes de candidats.
Je m’impose de garder le minimum de réserve du fait de la médiation entamée par la société civile, au nom du droit fondamental, en vue de permettre aux entités ayant déjà consenti d’énormes efforts, de corriger les erreurs découlant d’un système de parrainage équivoque et non maîtrisé par la plupart des acteurs. Ces derniers, du reste, n’ont pas disposé assez de temps nécessaire pour s’y conformer.
Je refuse d’adopter la posture des théoriciens en tout qui se considèrent maîtres dans un domaine aussi complexe où nos plus brillants spécialistes du droit peinent à s’y retrouver.
Pour avoir été mandataire, l’un des plus plus jeunes, aux législatives, il y a 21 ans, j’ai appris à me froter à toutes sortes de pressions et menaces d’investitures et de confections des listes de candidats...
Il est plus pénible lorsqu’au dernier moment de la finalisation des dossiers, une nouvelle alliance se noue et que des substitutions s’imposent malgré la résistance des responsables et les risques de frustrations éventuelles.
Je ne cesse de rappeler la nécessité d’éviter de confondre le temps de la compétition et le temps de la définition des règles !
Devrait-on rejeter la candidature d’un étudiant qui s’est inscrit en ligne malgré les défaillances du système informatique sans pour autant examiner son dossier physique ?
Pourquoi le code électoral a-t-il prévu la substitution des pièces périmées ?
L’erreur matérielle non substantielle doit-elle empêcher un parti politique, une coalition de partis ou une entité indépendante ayant versé son cautionnement et parcouru le Sénégal et la diaspora pour collecter manuellement plusieurs milliers de parrainages de participer aux élections ?
Devrait-on recaler un candidat à l’examen qui a produit pour son dossier deux extraits de naissance au lieu d’un seul ?
Il nous faut revenir aux fondamentaux de la démocratie : laisser les électeurs choisir librement et sans entrave leurs représentants.