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30 août 2025
PECHE ARTISANALE, LES FEMMES FORMÉES AUX TECHNIQUES DE PLAIDOYER
Une session de formation aux techniques de plaidoyer d’une durée de deux jours se tient depuis mardi matin à Saly Portudal (ouest), à l’intention des membres du Réseau des femmes de la pêche artisanale du Sénégal (REFEPAS).
Saly-Portudal, 23 nov (APS) – Une session de formation aux techniques de plaidoyer d’une durée de deux jours se tient depuis mardi matin à Saly Portudal (ouest), à l’intention des membres du Réseau des femmes de la pêche artisanale du Sénégal (REFEPAS).
Elle est organisée par le projet ‘’Feed the future’’-‘’Dekkal Geej’’, une initiative des Etats-Unis d’Amérique, mise en œuvre par l’ONG Winrock.
Le but de la session de formation est de contribuer au ‘’renforcement de la demande et de l’engagement des intervenants pour la gestion d’une pêche plus durable, responsable et équitable’’.
Selon Mamadou Dabo, du projet ‘’Dekkal Geej’’, il s’agit d’‘’accroître’’ les capacités d’influence des acteurs de la pêche sur les politiques publiques au Sénégal, grâce au renforcement de celles des acteurs locaux en matière de plaidoyer.
En renforçant les compétences des femmes, ‘’nous voulons leur permettre d’avoir tous les outils nécessaires pour être en mesure de discuter avec les autorités et les autres décideurs politiques, pour une meilleure prise en charge de la pêche artisanale et une gestion durable de la ressource halieutique’’, a expliqué M. Dabo.
La présidente du REFEPAS, Diaba Diop, a salué la tenue de cette session de formation qui, selon elle, est venue à son heure.
‘’Nous estimons que cette session de formation aux techniques de plaidoyer est venue à son heure, dans un contexte d’implantation massive d’usines de production de farine de poisson qui, pour la plupart, utilisent les petits pélagiques. Pour un kilogramme de farine, il faut cinq kilogrammes de poisson, ce qui pose problème’’, a-t-elle souligné.
GÉNÉRAL BABACAR GAYE AU SUJET DE LA SECURITE DANS LE CONTINENT
Le général sénégalais Babacar Gaye, aujourd’hui à la retraite, a déclaré, mardi, à Dakar, avoir observé une ‘’très grande prise de conscience’’ des sociétés africaines pour la paix et la sécurité du continent.
Dakar, 23 nov (APS) – Le général sénégalais Babacar Gaye, aujourd’hui à la retraite, a déclaré, mardi, à Dakar, avoir observé une ‘’très grande prise de conscience’’ des sociétés africaines pour la paix et la sécurité du continent.
‘’Il y a une très grande prise de conscience pour arriver à la paix. Pendant longtemps, on a parlé de la sécurité comme d’une condition sine qua non du développement. Aujourd’hui, on en vient à dire (…) que la forme la plus achevée du développement, c’est la sécurité. On fait de la place à la sécurité dans les préoccupations des décideurs, à tout point de vue’’, a dit l’officier général, ancien chef de la Minusca, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en République Centrafricaine.
‘’Cette prise de conscience se traduit également par beaucoup de cercles de réflexion dans la société civile. On n’a jamais autant parlé de la sécurité. Cela se traduit aussi par plus de synergies entre les Etats’’, a constaté Babacar Gaye dans un entretien avec l’APS, en marge d’une formation dispensée à des travailleurs humanitaires, dans la capitale sénégalaise (22-26 novembre), à l’initiative du Comité international de la Croix-Rouge.
Interrogé sur la récurrence des conflits dans certaines parties de l’Afrique, il dit croire qu’‘’une bonne partie des conflits (…) procède des capacités sécuritaires limitées des Etats, de la faiblesse des Etats’’.
‘’A cause de cela, les menaces qui pèsent sur tous les Etats du monde pèsent également sur l’Afrique : le terrorisme, le crime transfrontalier organisé. Mais en Afrique, ça s’est exacerbé avec la faiblesse des Etats’’, a expliqué le général Babacar Gaye, ancien commandant de la Monusco, la Mission de l’Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo.
‘’Les Etats ont des difficultés à contrôler leurs espaces terrestre et maritime à cause de la piraterie (…) La seconde raison de cette multiplication des confits et de leur durée, c’est aussi la fragilité des Etats’’, a-t-il insisté.
Selon le général à la retraite, cette fragilité est une conséquence du ‘’déficit’’ des Etats en matière de gouvernance, ‘’des lacunes du service public’’.
‘’Elle provient également des problèmes que nous voyons aujourd’hui dans (…) certains Etats : ces tensions internes (…) qui ont engendré la multiplication des tensions intra-étatiques. C’est pourquoi ces conflits se multiplient et durent un certain temps’’, a analysé l’ancien chef d’état-major général des armées sénégalaises.
‘’Aujourd’hui, au Sahel, on parle beaucoup d’une approche globale, on dit que la réponse ne peut pas être seulement militaire. Je suis de cet avis, mais je dis qu’il faut une réponse suffisamment militaire’’, a-t-il souligné.
L’aide étrangère fournie aux Etats du Sahel ‘’est cruciale’’ pour eux, a-t-il reconnu, par ailleurs, tout en déplorant ‘’l’addiction des Africains à l’aide’’.
‘’Je ne souhaite pas qu’on pérennise l’aide. Il faut, au contraire, que l’aide soit suffisamment structurée pour qu’on puisse s’en passer’’, a ajouté Babacar Gaye.
‘’Il faut que nos partenariats nous permettent d’arriver à une certaine autonomie, qui est essentielle dans les décisions des Etats’’, a-t-il poursuivi.
LE THÉÂTRE DANIEL SORANO BIENTÔT EN RÉFECTION
Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a déclaré, mardi, vouloir refaire de la compagnie du Théâtre national Daniel-Sorano un instrument de promotion de la diplomatie culturelle sénégalaise
Dakar, 23 nov (APS) – Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, a déclaré, mardi, vouloir refaire de la compagnie du Théâtre national Daniel-Sorano un instrument de promotion de la diplomatie culturelle sénégalaise.
Dans un communiqué, M. Diop a rappelé que cet établissement culturel et artistique était au service de la diplomatie du pays, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor (1906-2001), de 1960 à 1980.
Le ministre de la Culture et de la Communication loue ‘’le talent, le savoir-faire et le dynamisme’’ des artistes de la compagnie du Théâtre national Daniel-Sorano, inaugurée le 17 juillet 1965 par le premier président de l’Etat du Sénégal.
‘’Le ministre a promis de plaider pour que ‘Sorano’ puisse reprendre sa place d’antan dans la diplomatie culturelle et le rayonnement de la culture sénégalaise sur le plan international’’, lit-on dans le communiqué.
Abdoulaye Diop a visité le Théâtre national Daniel-Sorano, jeudi dernier, à la suite des travaux de rénovation de l’établissement culturel.
Lors de sa visite, il a assisté à un spectacle animé par l’Ensemble lyrique traditionnel de Daniel-Sorano, avec les voix de plusieurs artistes dont Arame Kamara et Marie Ngoné Ndione.
Le directeur général de la compagnie du Théâtre national Daniel-Sorano, Abdoulaye Koundoul, a présenté au ministre de la Culture et de la Communication tous les compartiments rénovés du bâtiment âgé de 56 ans, selon le communiqué.
M. Koundoul a assuré Abdoulaye Diop de la volonté du ballet ‘’La Linguère’’, de la Troupe nationale dramatique et de l’Ensemble lyrique traditionnel de contribuer au ‘’rayonnement culturel’’ du pays.
Vitrine de la créativité artistique et culturelle du Sénégal, la compagnie du Théâtre national Daniel-Sorano a accueilli les manifestations du premier Festival mondial des arts nègres, en 1966
De nombreux spectacles nationaux et internationaux, dont une présentation des pièces de théâtre ‘’La tragédie du roi Christophe’’, d’Aimé Césaire (1913-2008), et ‘’L’os de Mor Lam’’, de Birago Diop (1906-1989), s’y sont déroulés.
Maurice Sonar Senghor (1926-2007), un neveu de Léopold Sédar Senghor, a été son premier directeur.
par Jean Pierre Corréa
MULTIPLE PHOTOS
CÉLÉBRATION DE L’OLYMPISME À DAKAR, SPORT ET SAVOIR-ÊTRE
De la même manière « qu’il ne faut pas confondre Angleterre et Pomme de Terre », « le CNOSS n’a pas besoin de Nokoss » pour donner du sens et du relief à ses actions
Le président de la République, Macky Sall a reçu la torche olympique des mains de Mamadou Diagna Ndiaye, membre du Comité international olympique (CIO), président du CNOSS et membre de quelques commissions dont celle des Affaires publiques auprès du DG de l’AFD, monsieur Riou. Au cours de cette cérémonie, le chef de l’Etat a annoncé que le Stade du Sénégal, qui sera inauguré en février 2022, va renforcer cet engagement et la position de l'Etat pour le développement du sport et de l’olympisme. Le président Macky Sall a magnifié le travail et le dynamisme du président du CNOSS, précisant son engagement au service de l’olympisme au Sénégal et dans le monde. Mettant son propos au niveau de la qualité de cette cérémonie, il a rajouté, je le cite : « La manière dont il conduit avec brio le CNOSS mais également, je dois le dire, tout ce qu’il fait pour le développement de notre pays ». Fermez le ban !!! Enfin, presque… Cette cérémonie au palais de la République avait un côté, comment dire… singulier.
Un décorum sobre et dépouillé, dans un palais présidentiel d’une soudaine luminosité donnait à cette remise de flambeau olympique, un air de civilités, devenues rares en ces temps de vulgarités assumées et revendiquées. Les marches du palais de notre président, Son Excellence Macky Sall retrouvaient, comme ils aiment à le dire sans même savoir, « leur Lustre d’Antan », occupées par un groupe d’homme et de femmes, seulement mus par les valeurs cardinales du sport et de l’Olympisme. Même notre M.D.N national, Mamadou Diagna Ndiaye, avait « bougé » son habituel dress-code, aux allures délicatement « boul falé », de jeans et de liquettes, pour un costume « deux tons », assurément « griffé », dont l’élégance donnait le « LA » à cet aéropage de talents, au rang desquels s’affichaient autour du chef de l’état et du président du CNOSS, le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, et le directeur de Cabinet du chef de l’Etat, Mahmoud Saleh. Le Comité national olympique et sportif sénégalais, avait fière allure avec Ibrahima Wade (1er vice-président), Amadou Dia Bâ, Hady Fall, Cécile Faye, Seydina Diagne.
Par ces temps turbulents, secoués de politique et de course politicienne, dominés par les outrances verbales, qui n’honorent pas toujours notre pays, ces images d’ordre, de bienveillance, de discipline et de compétences avérées, rappelaient à l’envi que l’olympisme véhicule des valeurs de paix, de fraternité, de solidarité, d’éducation et de fair-play. Belle, était cette respiration citoyenne autour d’enfants heureux d’être en si bonne compagnie au Palais de la République. Le Sport est vraiment une Grâce.
D’autant que ce programme déroulant les promesses de tenir au Sénégal les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2026, est déjà parsemé des réalisations qui nous prouvent que le développement ne peut être affaire de hasard et de chance, mais de cohérence, de vision, de compétences et de solidarité. L’esbroufe ne remplacera jamais l’élégance morale et la culture de l’excellence.
De la même manière « qu’il ne faut pas confondre Angleterre et Pomme de Terre », « le CNOSS n’a pas besoin de Nokoss » pour donner du sens et du relief à ses actions.
PAR Damien Glez
DAVID BURKINABÈ CONTRE GOLIATH LE DRONE FRANÇAIS
Un drone abattu par un lance-pierre dans une ville burkinabè ? Ainsi naissent les légendes : l’appareil serait français et le sniper un manifestant d’une quinzaine d’années…
Jeune Afrique |
Damien Glez |
Publication 24/11/2021
Dans un Burkina Faso devenu labyrinthe pour un convoi militaire français balloté entre Kaya et Ouagadougou, en passant par Laongo, le feuilleton offert, depuis la fin de semaine dernière, a tout d’un running-gag burlesque. Devant ce chassé-croisé entre militaires français figés, manifestants inflexibles et forces de l’ordre locales gênées aux entournures, un observateur extérieur aurait été bien incapable de comprendre tout à fait le comportement de chacune des trois parties.
Ce qui ajoute sans doute à l’enjaillement offert aux jihadistes qui récoltent les fruits des germes de chaos semés depuis des années. Surtout – climax ! –, lorsque deux camions appartenant à l’armée burkinabè auraient été pris à partie, par erreur, alors qu’ils devaient ravitailler des soldats engagés au Nord contre le terrorisme. L’opinion nationale venait, justement, de dénoncer le manque de nourriture des troupes au front…
Symbolique et exaltation
Au milieu de cette pagaille irrationnelle, advient soudain un instant de grâce que les meilleurs storytellers n’auraient jamais osé planifier. Au troisième jour du blocus imposé, dans la ville de Kaya, par des pourfendeurs de la présence militaire française au Faso, un enfant abat un drone avec un lance-pierre…
OUSMANE SONKO, LES LIMITES D'UNE LIGNE DE DÉMARCATION
Dépeint comme l’un des opposants les plus radicaux à Macky Sall et à son régime, le leader de Pastef multiplie les sorties musclées contre le pouvoir. Analyse d'une stratégie
Dépeint comme l’un des opposants les plus radicaux au président de la République, Macky Sall et à son régime, le leader du parti Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko, multiplie les sorties musclées contre le pouvoir. Dimanche soir, il a annoncé clairement qu’il ne va pas signer la charte de non-violence produite par une partie de la société civile sénégalaise pour se prémunir contre toute violence en perspective des prochaines élections. Avec des analystes politiques, L’Observateur décode la ligne dure de Sonko. Ses limites objectives et subjectives.
Son discours n’a pas varié. Il est resté presque le même depuis son arrivée dans l’espace politique. Leader du parti Pastef/Les patriotes, Ousmane Sonko incarne l’aile dure de l’opposition sénégalaise face au régime de Macky Sall. D’un tempérament plutôt chaud-bouillant, son entrée en politique aurait réveillé sa face radicale. Pour Ousmane Sonko, «cette violence gratuite quasi-institutionnalisée» par Macky Sall et son régime ne va pas cesser tant que le peuple se laisse faire. Le leader de Pastef appelle ainsi les Sénégalais à soigner le mal par le mal, à user de la violence pour répliquer à la violence. Car pour lui, Macky Sall n’est fort que parce que son opposition le laisse faire. «Il faut comprendre s’il (Macky, Ndlr) s’attaque à l’un d’entre nous, il s’est attaqué à tous», disait-il aux autres membres de l’opposition lors d’un point de presse le 18 juin 2021. A Ziguinchor, après les affrontements de ses partisans et ceux de Doudou Ka (responsable de l’Alliance pour la République (Apr), parti au pouvoir) en octobre dernier, Ousmane Sonko avait produit comme à son habitude un discours guerrier à l’endroit des responsables de la mouvance présidentielle. «Que celui qui veut se suicider, s’aventure à m’attaquer ici à Ziguinchor. C’est la dernière fois que nous acceptons les attaques», avait menacé l’opposant dont l’arrestation en mars, dans l’affaire «Adji Sarr», avait conduit à des émeutes qui ont fortement secoué le pays, avec un bilan macabre de 14 pertes en vies humaines.
Le rejet de la charte de non-violence
Cette escalade verbale, le souvenir douloureux des événements du mois de mars dernier et certaines scènes de violence dans un contexte préélectorale des Locales du 23 janvier 2022, avaient fini de motiver certains membres de la société civile et le Cadre unitaire de l’Islam à proposer une charte sur la non-violence aux acteurs politiques. Ainsi le président du Cadre unitaire de l’Islam, Cheikh Ahmed Tidiane Sy, rappelle que dans cette charte proposée aux acteurs politiques, il s’agit d’abord pour le pouvoir, du respect du jeu démocratique, de garantir les conditions d’élections libres et transparentes et assurer un processus électoral clair. Il s’agit aussi d’assurer une justice indépendante car, sans cette justice, il n’y aura pas d’Etat de droit. En dernier lieu, le sens de la responsabilité des acteurs politiques. Et cela passera notamment, par la prise de conscience des acteurs politiques des enjeux du moment, en tenant un discours responsable qui exclut tout type de violence. Mais manifestement, cette proposition n’agrée pas le leader du Pastef. Ousmane Sonko s’est exprimé défavorablement sur cette proposition de la société civile avant-hier dimanche, lors du meeting d’investiture des candidats de la coalition Yewwi Askan Wi du département de Dakar. Le président du parti Pastef a précisé qu’il ne signera pas cette charte de non-violence. Ousmane Sonko : «Je ne la signerai pas. Si tout le monde fait ce qu’il doit faire, si chaque partie des politiques fait son devoir, il n’y aura aucune scène de violence. Si quelqu’un vous égratigne, frappez-le, si quelqu'un vous mord, arrachez-lui les dents.» Mais qu’est-ce qui explique cette posture radicale du leader du Pastef ? Ousmane Sonko est-il réellement un leader violent ou use-t-il seulement d’une stratégie politique ?
Pour Dr Momar Thiam, enseignant-chercheur en marketing politique et directeur de l’école des Hautes études de l’information et de la communication (Heic/Dakar), on peut analyser cette posture du leader de Pastef sur trois paramètres. Dr Momar Thiam : «D’abord le premier paramètre, c’est qu’il (Sonko) est dans une investiture où on draine du monde. Et mobiliser du monde et haranguer une foule demande parfois des déclarations-chocs, même si on n’y croit pas. On se souvient des campagnes où des candidats disaient des choses qui sont irréalisables, mais histoire de haranguer les foules et de créer de l’ambiance. Il était peut-être dans une forme de communication festive pour haranguer une foule. Ensuite, Sonko était dans une position stratégique pour la bonne et simple raison qu’il est dans la droite ligne de ses positions qu’il a prises jusque-là. Il a toujours estimé que le pouvoir est un régime qui utilisait la violence pour mater des opposants. Et face à cette violence-là, il faut opposer une force de résistance, fusse-t-elle par la violence. Il est en droite ligne de ses propos et de son positionnement par rapport à ce qu’il appelle la violence d’Etat. Et le dernier paramètre, c’est qu’à partir du moment où c’est une partie de la société civile qui a mis en place cette charte de non-violence et peut-être qu’elle n’a pas associé les partis politiques, fussent-ils d’opposition qui estiment qu’ils sont victimes de cette violence d’Etat, il n’a pas à choisir dans une espèce de cuisine qui ne le concerne pas directement. Il ne veut pas être réceptacle de cette cuisine de la société civile, d’autant plus qu’il précise que cette violence ne vient pas de l’opposition, mais plutôt de l’Etat. Pour Sonko, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités pour asseoir une atmosphère de paix.»
«Là où le discours de Sonko est problématique»
Suivant ces trois paramètres, Dr Momar Thiam souligne qu’on peut comprendre la posture de Sonko. Mais là où le bât blesse pour l’analyste politique, c’est qu’on est dans un meeting politique où on a une multitude de perceptions de la chose, de l’argument politique. Donc le discours est interprété différemment. «Il est surtout écouté par les jeunes et s’il dit clairement qu’il ne signe pas cette charte de non-violence, pour certains, il est pour la violence et il faut résister par tous les moyens nécessaires. Cela joue donc sur une bonne ou mauvaise perception de l’opinion en face de lui, notamment les jeunes qui avaient acté ce qui s’est passé au mois de mars. C’est là où le discours est problématique», fait-il savoir. Et d’après Dr Momar Thiam, ceux qui laissent des plumes dans les violences politiques, ce ne sont pas les leaders, mais la masse inconsciente prête à défendre le «capitaine», quel qu’en soit le prix. Pour lui, c’est là où le discours violent est problématique. Mais dans la stratégie politique, Sonko est en droite ligne par rapport à son positionnement sur la violence d’Etat. «Cela ne veut pas dire qu’il est un leader violent», précise M. Thiam.
Une lecture politique que semble partager l’enseignant-chercheur en science politique à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Moussa Diaw. Pour le Professeur Diaw, cette position de Sonko peut s’expliquer par le fait qu'il ne fait pas confiance aux auteurs de cette charte de non-violence par leurs «positions ambiguës» ou leur «proximité» avec la majorité présidentielle. Moussa Diaw : «Ce discours de Sonko explique la tension qui règne dans l’espace politique sénégalais à l’approche des élections locales et législatives de 2022 avec des enjeux considérables. Tous ces facteurs expliquent que Sonko adopte cette attitude par stratégie politique, après une lecture réaliste du comportement des uns et des autres dans le paysage politique. Et on ne lui donne pas une marge de manœuvre lui permettant de jouer pleinement son rôle d’opposant avec des garanties qui correspondent à la démocratie et à l’Etat de droit. Il est dans une posture où il ne bénéficie pas de toute la protection nécessaire dans une démocratie. L’opposition doit être protégée et bénéficier d’un certain nombre de garanties dans l’exercice de la démocratie. C’est ce qui lui donne cette posture à s’opposer et à adopter une ligne dure avec un rapport de forces.» Seulement pour l’enseignant-chercheur en science politique à l’Ugb, cette posture, d’où qu’elle puisse venir, est dangereuse pour la démocratie et pour la stabilité du pays.
«Un discours qui peut desservir»
Mais ce discours guerrier, violent peut-il desservir quelque part le leader du Pastef ? L’enseignant-chercheur en marketing politique, Dr Momar Thiam répond par l’affirmative. Pour l’analyste politique, ce discours radical peut être un frein pour Ousmane Sonko pour son accession à la magistrature suprême. Car d’après lui, l’histoire révèle que le peuple sénégalais a toujours tendance, quand il est appelé à choisir entre plusieurs candidats, à choisir toujours le plus modéré. Dr Momar Thiam : «Ce discours peut le desservir en termes d’image au moment où les Sénégalais devront choisir entre lui et d’autres prétendants au fauteuil suprême. L’histoire du vote au Sénégal est claire. Au moment de choisir, on vote toujours compte tenu de nos codes socio-culturels, de notre cohabitation avec les voisins. On choisit toujours le moindre mal. Et dans le schéma du moindre mal, on y classe toujours la non-violence. Quand il doit choisir, le Sénégalais aime toujours choisir celui qui lui semble être le plus apaisé ou le plus apaisant. Et c’est ce qu’a compris Barthélémy Dias, quand il est revenu sur sa décision de ne répondre à la Justice ou d’annuler ses manifestations parce qu’il ne veut pas être taxé comme quelqu’un de violent». Pour sa part, le Pr Moussa Diaw souligne que cette position radicale du leader du Pastef ne va pas trop peser à l’heure de choisir et son appréciation variera selon les personnalités. «Le citoyen moyen qui n’écoute que les discours peut mal interpréter cette posture de Sonko. Mais il y aura toujours certains qui vont voir les raisons qui l’ont poussé à adopter une telle posture et à tenir de tels discours. Il y aura toujours des gens qui vont faire le discernement», explique Pr Diaw.
L'AFRIQUE N'A PAS BESOIN DE TUTEUR
Par quels tours de passe-passe la Françafrique survit-elle à toutes les annonces de décès ? Entretien avec Thomas Deltombe, co-auteur de "L'Empire qui ne veut pas mourir", aux éditions du Seuil, qui retrace 70 ans d'histoire entre l'Afrique et la France
« Je veux signer l'acte de décès de la Françafrique », disait un ministre de Nicolas Sarkozy en 2008. Après lui, sont venus François Hollande et Emmanuel Macron, qui ont annoncé, eux aussi, la mort de la Françafrique. Mais aujourd'hui, un ouvrage, « L'Empire qui ne veut pas mourir», publié aux éditions du Seuil, affirme le contraire. Par quels tours de passe-passe la Françafrique survit-elle à toutes les annonces de décès ? L'essayiste Thomas Deltombe est l'un des auteurs de cet ouvrage collectif, qui retrace 70 ans d'histoire entre l'Afrique et la France. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
Pourquoi dites-vous que la politique africaine du prestidigitateur Emmanuel Macron vous fait penser à celle d’un autre prestidigitateur, Charles de Gaulle en 1960 ?
Thomas Deltombe : Plus exactement, il nous fait penser à des tours de passe-passe plus anciens. Le parallèle plus évident encore, c’est celui de la politique coloniale de François Mitterrand dans les années 1950, avant même celle du général de Gaulle.
Quand François Mitterrand est ministre de l’Outre-mer…
Absolument. François Mitterrand, beaucoup de gens l’ont oublié, il était notamment ministre de la France d’Outre-mer en 1950-1951 et il s’est engagé dans une politique qui, à mon sens, ressemble d’une certaine façon à celle d’Emmanuel Macron aujourd’hui, c’est-à-dire une politique qui vise à réformer un système, à l'époque le système colonial, et aujourd’hui ce qu’on pourrait qualifier de système néocolonial, non pas pour faire disparaître ce système colonial ou néocolonial, mais au contraire pour les faire perdurer.
Si Félix Houphouët-Boigny n’avait pas existé, est-ce que la Françafrique aurait été un système aussi solide et aussi souple à la fois, c’est-à-dire un système aussi pérenne ?
C’est incontestablement un personnage clé sur la façon dont les colonies françaises d’Afrique subsaharienne ont accédé à une certaine forme d’indépendance, une indépendance atrophiée au tournant des années 1960. Et le duo Houphouët-Foccart [Alain Foccart, secrétaire général de l'Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974] a été évidement structurant. Nous, pour cette phase des indépendances qu’on appelle « les indépendances en trompe-œil », on parle d’un « néocolonialisme contre-subversif », c’est-à-dire un colonialisme qui permet en fait de réprimer les mouvements qui cherchaient véritablement à acquérir une indépendance totale. Et comme le disait le Premier ministre français Michel Debré à l’époque, l’indépendance ne va pas sans la mise en place d’un mécanisme de coopération. Et Charles de Gaulle, dans ses mémoires, dit tout à fait cela : il y a une continuité entre la colonisation et la coopération.
ABDOUL AIZIZ MAYORO DIOP, TRAJECTOIRE SINGULIÈRE D'UN GRAND CRITIQUE DE SENGHOR
« Il m’était plus aisé, bien que la critique ne fût point tolérée, de pointer du doigt la politique du Président Senghor, que de commettre une faute de français au micro », raconte l’ancien journaliste de « Radio Sénégal »
El Hadji Gorgui Wade Ndoye |
Publication 24/11/2021
« Il m’était plus aisé, bien que la critique ne fût point tolérée, de pointer du doigt la politique du président Senghor, que de commettre une faute de français au micro », raconte l’ancien journaliste de « Radio Sénégal ». Très critique contre le pouvoir du président-poète, Abdoul Aziz Mayoro Diop est envoyé en Casamance pour avoir mis le xalam de Samba Diabaré Samb à l’antenne. Puis, il sera encore sanctionné à cause de ses positions trop critiques à l’égard du pouvoir et envoyé en Cologne, en Allemagne, comme correspondant. Le journaliste y prit sa retraite avec la « Voix de l’Allemagne » après avoir démissionné de « Radio Sénégal » contestant à Senghor la « paternité de la démocratie » sénégalaise.
Cologne, en Novembre ! Le ciel est gris, bas. Le froid, intenable. Les gens, austères. « Des étrangers pour moi. Ils ne boivent que de l’eau gazeuse. Ont du pain paysan. N’en mangent même pas, s’ils ont de la pomme de terre », se souvient Abdoul Aziz Mayoro Diop entré en journalisme pour « exprimer sa révolte ». C’est Serigne Abdoul Aziz Dabakh qui lui donna son propre nom, à sa naissance, à Saint-Louis, le 11 novembre 1948. Il réussit le concours d’entrée au centre de Maisons-Laffitte que la France organisait alors dans tous les pays francophones. Ils étaient trois Sénégalais admis à l’époque, l’un préféra suivre ses humanités classiques, à Paris, l’autre c’est son ami le regretté Abdou Bâ Ndongo alias « Fredy », un « éminent homme de radio, passionnément amoureux de jazz, producteur émérite ».
Entre le président et le journaliste, malgré les « conflits » inhérents au système du parti unique, il y avait quelque part de l’estime. Le Premier Noir Africain membre de l’Académie française avait l’ambition de faire du Sénégal indépendant une République respectée. Il s’était impliqué dans la création du quotidien national « Le Soleil ». « Commettre une faute, t’enlevait tout appétit et t’empêchait de dormir les poings fermés. Tellement le péché était grand », témoigne M. Diop. « Pour autant cependant, même avec les plus belles locutions, on ne pouvait pas se permettre de mettre un tant soit peu au pilori son programme ». Néanmoins, « je pouvais recourir à des subterfuges et questionner certains points. Souvent par le biais du micro-trottoir – une première qui, en soi, relevait déjà d’une certaine audace – et faire dire aux gens ce qu’on ne pouvait directement dire ». Le glaive tombait toujours, avec souvent une mise à pied de trois jours à une semaine sans salaire », relate-t-il. En dehors de ses deux premiers mois de travail, il n’eut jamais une rémunération complète. Lors d’une audience avec le Chef de l’État qui voulait encourager les journalistes, Abdoul Aziz Diop explique son cas. « Senghor s’en étonnera. Et je me sentis si réconforté, si intouchable », jubile-t-il. Sa joie sera de courte durée.
Samba Diabaré Samb à l’antenne : le grand péché !
Croyant avoir la protection de Senghor, le journaliste créa un tremblement de terre radiophonique, et ce, avec un malicieux sourire. « Un autre grand péché, en faisant jouer du xalam de Samba Diabaré Samb que j’ai toujours admiré à la Chaîne Inter ». À l’encontre de ce qui se faisait et défiant du coup Lucien Lemoine à qui il contestait le monopole de la musique classique dont il « nous » abreuvait à l’antenne. Le Directeur général le cherchait depuis des jours. « Je ne pouvais continuer à fuir. Je pris mon complice Fredy avec moi et frappais à la porte de son bureau ». « Ah te voilà enfin. Tu penses que cet établissement est le bien de tes parents pour y faire ce que tu veux », tonna son patron.
« La semaine prochaine, je t’appellerai à ton nouveau bureau à Ziguinchor », lui signifia le Directeur général. « Mais ce n’est pas sérieux ! », s’écrira son collègue et ami Fredy. À peine, avait-il fini de rouspéter, que sa sanction tomba : « Et toi, à Tambacounda ! ». Et pourtant, « il nous adorait quelque part, bien que nous lui donnions du fil à retordre. Senghor aussi, qui était d’un commerce facile. Agréable. Un grand homme. Certes, un peu emmerdeur. Mais, de loin, beaucoup moins que le système qu’il avait imposé », ajoute le journaliste.
Il découvrait la Casamance, qu’il ne tardait pas à aimer au point de ne plus vouloir revenir sur Dakar. « D’autant que, chose rare, j’y touchais maintenant mon salaire au complet. Et dépensais peu », explique-t-il. Avec des gens charmants et honnêtes qu’il aura du mal à quitter quelques mois plus tard, suite à un autre scandale qui le ramenait à la maison-mère.
Atterrissage en Cologne
« Sanctionné » par un envoi en Allemagne, Abdoul Aziz Mayoro Diop fera, cette fois-ci, un très long voyage. Sourire aux lèvres, son boss, qui voulait le rassurer, lui annonce la nouvelle, sans lui donner la possibilité de dire Non. Taquin, le journaliste qui s’attendait à tout lança : « Dois-je embarquer à Gorée, cette fois-ci, pour Les Amériques ? ». Faisant référence aux esclaves forcés de rejoindre le nouveau monde. « Décidément, tu ne changeras jamais », rétorqua le directeur et de lui préciser : « Tu embarqueras à Yoff. Et tu vas rejoindre l’Allemagne. En qualité de correspondant. Inutile de contester et de lever les bras. La décision vient d’en-haut ». « Dieu ! Je me sentais vraiment perdu. Dans un cauchemar. Sans doute ai-je dit non, jamais », confie-t-il. Il le sortit de son bureau en lui ouvrant, lui-même, la porte.
Du haut de ses 24 ans, Mayoro Diop, sentait dans le creux du ventre, que s’il partait, il ne reviendrait plus. « Disons, que je ne travaillerai plus pour ce pays que j’aime tant et où j’ai tellement à faire. Un an, deux ans, ce n’est pas long », pensait-il.
D’abord s’adapter ! « Et les Allemands me contamineront immédiatement. Mais il me fallait prendre mes quartiers. M’adapter. Vivre. Et me mettre à la tâche. Grâce à la « Deutsche Welle », qu’on dénommait alors « La Voix de l’Allemagne », je ferai mes correspondances radiophoniques. Et Transtel qui, avec son football en Allemagne, ses séries comme Derrick et bien d’autres documentaires, me permettra d’alimenter notre télévision naissante », renseigne-t-il. Premier correspondant de la presse sénégalaise, il se souvient aussi d’Idrissa Seydou Dia de « La Voice of America », du regretté Ousseynou Diop dit Bop du Canada, de Philippe Auguste Sambou décédé au Portugal. Avant l’arrivée de feu Massamba Thiam pour l’Union africaine de radiodiffusion (Urtna) et « l’élégant » Diadji Touré.
La démission
Paix de courte durée. Diop avait commis un crime de lèse-majesté ! « Je m’en étais alors pris à l’idéologie que Senghor imposait aux partis. À la limitation de leur nombre finalement à quatre. Et, plus grave encore, en lui refusant, comme le voulait l’usage, la paternité de notre démocratie. « Non, messieurs dames, il n’en est pas le père », tranche-t-il. Senghor, l’a rétablie après l’avoir suspendue : « Il n’y avait aucun mérite à cela. Je lui en voulais beaucoup. À cause de cette incompréhensible attitude envers Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia et ses compagnons sans oublier Sembène Ousmane », ajoute M. Diop.
Nous sommes le 9 novembre 1976. Senghor célébrait son 70ème anniversaire. En même temps, une larme tombait sur la signature de la lettre que Diop venait de terminer et qui scellait sa démission de « Radio Sénégal ». Confronté à de grandes souffrances, le décès à bas-âge d’un de ses fils jumeaux lui inspire « L’Ailleurs et L’Illusion » (Nea-1983), un ouvrage pionnier sur les dangers de l’immigration. S’ensuit « Prisonniers de la vie » (Neas), au programme de littérature comparée de l’Université Gaston Berger en 2012 avec deux autres écrivains Malick Fall et Abdoulaye Sadji par le Professeur Lifongo Vetinde de Lawrence University face aux écrivains africains-américains Toni Morrison, Alice Walker et W.E.B. Du Bois. Enfin, « Prison d’Europe » sort en 2011. Diop travaille à boucler sa trilogie sur l’immigration avec « L’Obsession du bonheur », révèle-t-il.
Regard sur le journalisme aujourd’hui
Abdoul Aziz Mayoro Diop a une admiration pour « les derniers des mohicans » que sont Sada Kane et Abdoulaye Diaw. « Et bien d’autres plumes, de tout âge, que je me garderai toutefois de citer, pour ne pas me tromper, et qui ont donné ses lettres de noblesse à la presse sénégalaise. Et avec l’excuse, de par son absence, de ne pas les connaitre tous », confie le vieux journaliste. L’aîné déplore, cependant, chez beaucoup de jeunes journalistes, « un manque criant d’éthique, de déontologie et bien d’autres faiblesses. Tant dans la forme que dans le fond ». Révélatrices d’une absence totale de culture générale due surtout au fait qu’ils ne lisent pas, analyse notre confrère. « Je ne sais pas comment fonctionne le Cesti (Centre d’études des sciences et techniques de l’information), mais on devrait y introduire un programme de lecture. Ne serait-ce qu’un livre par mois afin de leur donner le goût de la lecture. Il y a aussi, à l’autre bout, cet excès qui amène certains à faire, dans des interviews, étalage de leurs connaissances », conseille-t-il. S’ils ne jouent pas simplement aux procureurs, à l’instituteur ou, devant la caméra, à la grande vedette. Ce dernier point visant particulièrement « des femmes qui se décolorent la peau et portent des cheveux naturels ». Ce qui est le « comble d’une acculturation profonde et d’une extrême dépersonnalisation. Et c’est révoltant et triste à la fois. On devait simplement les interdire d’antenne », pense Abdoul Aziz Mayoro Diop. Néanmoins, conclut le journaliste, musicien et écrivain « ne désespérons pas trop. Certes, il y a beaucoup à faire. La tâche est immense mais le tir peut être rectifié. Avec un peu plus d’humilité ».
ADJI SARR ESPÈRE UNE RÉACTION DE L'ÉTAT DANS L'AFFAIRE MISS SÉNÉGAL
Dans une vidéo d’une minute diffusée sur les réseaux sociaux, Adji Sarr sort de son silence et apporte son soutien à la lauréate du concours Miss Sénégal 2020
Les propos de la présidente du Comité Miss Sénégal suite aux accusations lancées par la famille de Ndèye Fatima Dione, sacrée Miss Sénégal 2020, ont provoqué de nouvelles réactions du gouvernement. Mais aussi d’Adji Sarr, la jeune femme qui avait porté plainte contre l’opposant Ousmane Sonko.
« Je compatis. J’espère que cette fois-ci, l’État va prendre ses responsabilités pour protéger ses filles. » Dans une vidéo d’une minute diffusée sur les réseaux sociaux, Adji Sarr sort de son silence et apporte son soutien à la lauréate du concours Miss Sénégal 2020. Adji Sarr, employée d’un salon de massage, a porté plainte contre Ousmane Sonko pour viol. La procédure judiciaire contre l’opposant avait été un déclencheur des violentes émeutes du mois de mars, rappelle notre correspondant à Dakar, Charlotte Idrac.
De son côté, le ministère de la Femme a réagi dans un communiqué publié samedi. « J’encourage fortement les victimes de violences (…) à dénoncer en vue d’obtenir réparation », écrit la ministre Ndèye Saly Diop, qui appelle à « élucider » les récentes déclarations et accusations, « afin que justice soit faite ». Elle s’engage à poursuivre la sensibilisation autour de la loi criminalisant le viol.
A Fatick, les responsables du Rewmi ne parlent plus le même langage. Ils sont divisés dans le choix de soutenir ou pas le candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar (Bby) au poste de maire à Fatick. Une situation qui risque de porter un sérieux coup au Rewmi dans la cité de Mame Mindiss où la formation orange est de moins en moins représentative.
Rewmi est au bord de l’éclatement dans la commune de Fatick. Les lieutenants d’Idrissa Seck sont à couteaux tirés depuis la publication des listes des personnes investies conseillers municipaux et départementaux de la coalition Bby.
En effet, si certains responsables de la formation orange jugent insignifiant le quota réservé à leur parti (quatre investis au niveau de la commune et deux au niveau du département), d’autres de leurs camarades trouvent déloyal de se faire une fixation sur le nombre de personnes investies dans la coalition présidentielle. Un malentendu qui a fini de diviser le parti où des responsables ont tout bonnement décidé de quitter la coalition Bby et de rejoindre la coalition «And Nawlé» dirigée par le Pca de l’Ancar Mamadou Camara. «Déjà le choix porté sur Matar Ba pour diriger à nouveau la mairie de Fatick ne nous agrée pas», assène Dr Sa Ndéné Diouf qui ajoute que les personnes investies ont été choisies sur la base d’un copinage. «Fatick mérite des conseillers municipaux et départementaux capables de porter des idées et projets de développement pour la commune», affirme le président de la commission santé des cadres du Rewmi.
Face à la presse hier, Dr Sa Ndéné Diouf et certains de ses camarades ont décidé de battre campagne pour la coalition And nawlé. «Nous voulons éviter que nos militants s’effritent. And Nawlé est une coalition portée par des responsables de la mouvance présidentielle qui certes ne sont pas pour le portage de Matar Ba, mais ils travaillent pour le Président Macky Sall et restent ancrés dans le Bby», explique le sieur Diouf qui souligne que la coalition And Nawlé reste le seul espoir pour sortir Fatick de sa situation actuelle. Mais ses propos sont balayés d’un revers de main par l’autre tendance Rewmiste. «C’est à l’unanimité que la coordination communale s’était engagée, au terme d’un mémorandum dé- partemental à l’adresse du président Idrissa Seck, à soutenir le candidat qui sera choisi par le Président Macky Sall à Fatick», affirme le coordonnateur communal du Rewmi, Matar Ndoumbé Diattara.
Ce dernier rappelle que dans toutes les communes du département de Fatick, malgré les mécontentements consubstantiels à toute investiture, aucun responsable de Rewmi n’est allé à l’encontre des choix du Président Macky Sall, ni soutenu une liste parallèle ou dissidente. Pour Monsieur Diattara, personne ne peut saper la dynamique unitaire entre le Rewmi et la coalition présidentielle.