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29 août 2025
KABIROU MBODJ EN PARTANCE POUR LA PRISON
Le PDG de Wari est condamné mercredi par la troisième chambre correctionnelle du tribunal de Dakar à deux ans de prison dont six mois ferme pour abus de biens sociaux
Le PDG de Wari Kabirou Mbodj est condamné mercredi par la troisième chambre correctionnelle du tribunal de Dakar à deux ans de prison dont six mois ferme pour abus de biens sociaux. Il devra également payer 5 milliards FCfa à la partie adverse en guise de réparations. M. Mbodj était visé par une procédure judiciaire pour augmentation de capitaux et abus de biens sociaux présumés, par d’anciens associés.
ses avocats ont déclaré qu’ils vont interjeter appel pour, disent-ils, attaquer cette décision de « honte », selon leurs propres termes.
Au même moment, la partie civile, qui juge els 5 milliards de FCfa « dérisoires », décide également de faire appel sur les intérêts civils.
MACKY EST LE PRÉSIDENT LE PLUS VIOLENT DU SÉNÉGAL
Le leader de Pastef Ousmane Sonko réaffirme son opposition à la signature d'une charte de non-violence recommandée par la société civile face à la tension persistante dans le pays en perspective des locales
Suite aux sorties de certains hommes politiques, traitant Ousmane Sonko de violent, le leader du Pastef a tenu un point de presse aujourd’hui à son siège.
Ousmane Sonko a fait une brève historique sur la violence dont son parti est victime." La violence contre ma personne a débuté depuis ma radiation dans la fonction publique le 29 Août 2016".
Depuis lors, M. Sonko se dit être victime d’une violence perpétrée par le Président Macky Sall contre son parti et ses militants." Le 06 octobre 2018, lors d’un meeting à Keur Massar une de mes militantes a été sauvagement tuée. Jusqu’à ce jour, aucune enquête n’a été diligentée pour arrêter les coupables" déplore t-il.
Selon le leader du Pastef, cette violence, il l’a subie un peu partout lors de ses tournées politiques. " Les nervis payés et logés par Macky Sall se sont attaqués à ma caravane et la justice ne fait rien. Il est le Président le plus violent que le Sénégal ait jamais connu depuis l’indépendance", martèle t-il. Avant d’ajouter que le Président n’a jamais condamné une violence perpétrée contre sa personne.
Quant à la signature de la charte sur la non violence, M. Sonko a encore réitéré son propos. " Je ne signerai jamais cette charte. Les conséquences peuvent se retourner contre ma personne". D’ailleurs il se demande le bien fondé de cette charte.
Le leader du Pastef met toutefois en garde ceux qui veulent le mettre en mal avec les Sénégalais." La stratégie du chaos ne passera pas. La conquête du pouvoir se fait par la voie démocratique. Mais nous n’allons jamais nous rendre à Macky Sall, avec les mains et les pieds liés".
Pour terminer, Ousmane Sonko annonce la parution d’un troisième ouvrage coécrit, sur sa vision de la décentralisation.
LE SPECTRE DES ÉMEUTES DE MARS HANTE TOUJOURS LES ESPRITS
Si ce n’est pas des religieux, ce sont des politiques ou des organisations de la société civile qui sortent de leur réserve pour attirer l’attention des uns et des autres sur la nécessité de pacifier l’espace public
Qu’est-ce qui peut justifier l’appel incessant à la paix des forces vives de la nation ? Si ce n’est pas des religieux, ce sont des politiques ou des organisations de la société civile qui sortent de leur réserve pour attirer l’attention des uns et des autres sur la nécessité de pacifier l’espace public. A y regarder de près, les évènements de mars 2021 hantent toujours les esprits. Surtout avec les tensions politiques ambiantes deux mois des élections locales.
Plus jamais les évènements de mars 2021 ayant fait une dizaine de morts et de nombreux blessés un peu partout dans le pays ! Ces émeutes nées d’une affaire de viol présumé impliquant l’opposant Ousmane Sonko ont fait vaciller l’actuel régime. Elles renseignent aussi sur la nécessité de prévenir les conflits au Séné- gal. C’est certainement la raison pour laquelle de nombreuses organisations ont pris leur bâton de pèlerin pour sensibiliser les uns et les autres sur la nécessité de pacifier l’espace politique à un peu plus d’un mois des élections locales. Cela est d’autant plus important que ce scrutin présente un fort enjeu du fait de la multiplication des listes, de l’adversité des candidats, des mandats des maires et présidents des Conseils départementaux dépassant largement leur limite, de l’impact que ces élections peuvent avoir sur les législatives de 2022 et la présidentielle de 2024 …
Ainsi, le Cadre Unitaire de l’Islam au Sénégal (Cudis), réunissant les différentes familles religieuses du pays, a été le premier à alerter. Mieux, il a proposé une charte de non-violence qu’il compte d’ailleurs soumettre à tous les acteurs politiques. Le Cudis veut ainsi faire revenir à la raison les forces en présence pour une compétition saine sans escalades verbales ni violence. Pour autant, il lui faudra échanger davantage avec les responsables politiques pour plus d’adhésion à ce projet.
En effet, le leader de Pastef, lors du meeting d’investiture de Barthélémy Dias à Grand-Yoff, dimanche dernier, a indiqué clairement qu’il ne ré- pondra pas à cet appel et qu’il ne signera pas cette charte. Même s’il a magnifié la démarche du Cudis, Ousmane Sonko a demandé aux militants et sympathisants de «répondre coup par coup ». Parce que, croit-il mordicus, la violence dans l’arène politique ne vient que du pouvoir. Cependant, la coalition qu’elle dirige avec Khalifa Sall ne semble pas fermer toutes les portes de la négociation. La conférence des leaders de Yewwi Askan Wi (Yaw) compte recevoir aujourd’hui, suite à sa demande, une délégation du Cadre unitaire de l’Islam du Sénégal (Cudis). Une rencontre qui portera sur la situation du Sénégal et le projet de charte de la non-violence.
DES ACTEURS POLITIQUES ET DE LA SOCIETE CIVILE EN RENFORT DU CUDIS
En plus des religieux, il y a des acteurs politiques qui s’inscrivent dans la même dynamique que le Cudis. C’est le cas de l’Union Citoyenne BUNT BI qui appelle à une campagne électorale de programme dans la paix et le respect. Dans un communiqué parvenu hier à «L’As», Théodore Chérif Monteil et ses camarades ont exhorté les citoyens sénégalais à ne pas verser dans la violence, à respecter les institutions de la République, à cultiver la paix et à ne privilégier que des programmes entreprenants et solidaires pour le développement de la capitale, des villes et communes du Sénégal. Ils invitent également les candidats aux élections locales à privilégier des valeurs citoyennes fortes, des compétences réelles et des programmes novateurs et pertinents.
Du côté de la société civile, on peut compter sur le «Comité Ad hoc des Femmes Leaders pour la Paix, la démocratie, le respect des institutions et de l’Etat de Droit». Regroupant des femmes issues de partis politiques au pouvoir, de l’opposition et de la société civile, le Comité organise aujourd’hui un atelier en prélude à la campagne électorale. Ces femmes se disent conscientes du contexte pré-électoral de plus en plus tendu où la violence ne cesse de prendre de l’ampleur dans l’espace public sénégalais. Elles comptent, à travers leur cadre, jouer leur partition et proposer des pistes de solutions pour des élections locales apaisées.
«DE TRES GRANDES QUANTITES DE PRODUITS DE REQUINS ET DE RAIES SONT EXPORTEES VERS D'AUTRES CONTINENTS…»
La Direction des Eaux, Forêts et Chasses et de la conservation a organisé hier un atelier sur l’élaboration d’Avis de Commerce non préjudiciable (Acnp)
En collaboration avec l’Ong « Pew Charitable Trusts », la Direction des Eaux, Forêts et Chasses et de la conservation a organisé hier un atelier sur l’élaboration d’Avis de Commerce non préjudiciable (Acnp). Représentant le ministre de l’Environnement et du Développement Durable (Medd), Colonel Mame Gogo Ndiaye par ailleurs conseillère technique n°1 du ministre Abdou Karim Sall, a indiqué que cette rencontre permettra aux agents des Eaux et Forêts d'acquérir de nouvelles aptitudes pour faire face aux multiples défis liés à la conservation de la vie sauvage.
Aider les agents des Eaux et Forêts à avoir une bonne maîtrise de l'identification des espèces, ainsi que celle des procédés d'établissement d'Avis de Commerce Non Préjudiciable (Acnp) afin de faire face aux multiples défis liés à la conservation de la vie sauvage, c’est l’une des missions que s’est assignées le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (Medd), en initiant l’atelier national sur l’élaboration Acnp pour les espèces sauvages menacées par le commerce international.
Se réjouissant de la tenue de cette rencontre, la conseillère technique n°1 du ministre de l’Environnement, colonel Mame Gogo Ndiaye, a souligné que c’est avec la détermination de tout un chacun que le gouvernement arrivera à assurer une gestion durable des ressources halieutiques qui font l'objet d'une convoitise exagérée. «Il s'agit d'un moment important qui permettra à tous les participants d'acquérir de nouvelles aptitudes pour face aux multiples défis liés à la conservation de la vie sauvage», affirme-t-elle.
Pour la représentante du ministre Abdou Karim Sall, la maîtrise de l'identification de ces espèces et des procédés d'établissement d'Acnp constituent la porte d'entrée pour une conservation durable. «De très grandes quantités de produits de requins et de raies sont exportées vers d'autres continents par voies terrestre, aérienne ou maritime, et souvent avec l'usage de procédés de camouflages très sophistiqués, échappant à tout contrôle», explique colonel Ndiaye. De plus, relève-t-elle, ces ressources deviennent de plus en plus rares au Sénégal et dans toute la sous-région et mettent en danger un pan important de l'économie nationale. «En place d'une gestion durable des ressources au bénéfice de l'économie nationale garantissant des profits aux populations, des bandes organisées pillent ces ressources pour des intérêts purement égoïstes», peste la représentante d’Abdou Karim Sall.
Très optimiste, elle estime que cet atelier de capacitation permettra aux participants d'arriver à évaluer les stocks naturels, les ressources, et de rendre des Avis de Commerce Non Préjudiciable (Acnp) sans risque de se tromper aucunement. «Avec la participation d'éminents spécialistes et de renommée internationale en matière d'élaboration d'Acnp, je reste convaincue, chers participants, que vous sortirez de cet atelier mieux outillés pour faire face au commerce des espèces inscrites aux annexes de la CITES», clame-t-elle.
VAINQUEURS DE LA 1ERE EDITION DE LA CAN DES MALENTENDANTS
Les joueurs et le staff empochent 220 millions de FCFA
Les joueurs de l’équipe nationale des malentendants ont été reçus hier au Palais par le président de la République. Lors de cette cérémonie, Macky Sall les a félicités pour leur premier sacre continental. Après avoir décidé d’élever les joueurs au grade de chevalier de l’ordre National du Lion, le chef de l’Etat a offert à chacun d’entre eux et à l’encadrement la somme de 5 millions FCFA, soit un montant total de 220 millions FCFA
Macky Sall a honoré l’équipe nationale du Sénégal des malentendants. Vainqueur de la première édition de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) de cette catégorie, les joueurs ont été reçus hier au palais de la République. Lors de cette cérémonie, le chef de l’Etat a décidé d'octroyer une enveloppe de 5 millions FCFA à chacun des 44 membres de la délégation sénégalaise. «J’ai décidé de vous décorer dans l’Ordre National du Lion qui est le plus grand Ordre du Sénégal. J’ai décidé de vous allouer un montant de cinq millions de FCFA à chaque membre de l’équipe et de l’encadrement», a annoncé Macky Sall qui se dit fier de la prestation des joueurs sacrés champions d’Afrique dès leur première participation à cette compétition. «Je suis heureux et très fier de vous recevoir et de vous exprimer mes sincères et chaleureuses félicitations au nom de la nation sénégalaise et en mon nom personnel.
Recevez la gratitude et la reconnaissance infinie du peuple sénégalais. Je confonds dans mes félicitations l’ensemble des encadreurs de l’équipe nationale de football des malentendants», a-t-il ajouté. Après avoir reçu la Coupe des mains du capitaine Issa Tall, le Président a indiqué que les joueurs ont porté avec brio les couleurs de la République. «En reconnaissance de cette belle victoire, vous honorez votre pays en le maintenant au sommet du football continental, lui offrant une place de choix au banquet des meilleurs sportifs. Votre victoire est d’autant plus éclatante qu’elle a été acquise de haute lutte dans le respect de toutes les règles du fair-play, de don de soi, de sacrifice et d’abnégation», a-t-il poursuivi.
Après cette nouvelle distinction, Macky Sall invite les sportifs à s’unir pour l’avancement du sport sénégalais. «Je tiens personnellement à ce que le sport continue de participer à la construction de cette vie où se cultivent l’égalité et l’équité de genre, et à se démarquer de façon définitive de ce cliché de différenciation et de marginalisation que souvent, de façon inconsciente, nous imprimons à la marche de notre société», dit-il.
A moins de deux mois de la Coupe d’Afrique des Nations, le chef de l’Etat demande que la bande à Kalidou Koulibaly s’inspire de l’équipe des malentendants pour ramener ce trophée tant attendu par le peuple sénégalais au soir du 6 février prochain. «Je voudrais vous dire toute ma satisfaction pour cette haute distinction que vous nous avez donnée. J’espère que vous allez influencer nos Lions du football qui seront bientôt au Cameroun. J’espère qu’ils nous ramèneront la Coupe», a souhaité Maky Sall.
En perspective de la prochaine Coupe du monde de la discipline, le chef de l’Etat a tenu à galvaniser les joueurs. «Je vais réitérer mes encouragements et mes félicitations à l’endroit de l’équipe et du staff technique et je vous souhaite bonne chance à la prochaine coupe du monde», a-t-il concl.
REACTIONS...
ABDOU AZIZ DIENG ENTRAINEUR DE L'ÉQUIPE DES MALENTENDANTS : «Ces jeunes footballeurs méritent d’être considérés»
«C’est une fierté d’être reçu par le président de la République. Être champion d’Afrique ne faisait pas partie de notre objectif. Notre premier objectif était tout simplement de promouvoir cette discipline au Sénégal. Au dé- part, il y avait des difficultés, mais nous avons réussi à les surmonter pour devenir champions d’Afrique. Il y a une certaine marginalisation au niveau du football sénégalais. Ces jeunes footballeurs méritent d’être considérés. Nous sommes en train de pré- parer la Coupe du monde. D’ailleurs, nous envisageons même de renforcer l’équipe en organisant un tournoi qui va se tenir du 12 au 26 décembre prochain».
MATAR BA MINISTRE DES SPORTS : «Nous sommes tous d’égale dignité et nous jouissons des mêmes droits»
«Depuis 2008, il y a des athlètes qui ont eu à porter le maillot et qui n’ont pas reçu leurs primes. Cette injustice va être très bientôt réglée. Une enveloppe de 600 millions FCFA va être dégagée pour pouvoir régler définitivement ce gap. Il faut que le sport puisse continuer à servir dans un lieu où il n’y a pas de discrimination. Nous sommes tous d’égale dignité et nous jouissons des mêmes droits. Le président de la République représente la nation sénégalaise. Nous savons que nous sommes dans le domaine du sport, mais cela ne nous empêche pas de rappeler l’objectif que le Sénégal a au Cameroun. On ne va pas uniquement à la Coupe d'Afrique pour aller en finale. On y va pour gagner. Il y a des choses à faire et des conditions à respecter. Le staff technique a un plan de travail à faire. Nous allons l’accompagner».
A 48H DU DEMARRADE DE LA CAMPAGNE ARACHIDIERE LES ACTEURS ETALENT LEURS INQUIETUDES
La campagne de commercialisation de l’arachide va démarrer demain. Mais face à la ministre du Commerce Aminata Assome Diatta, les acteurs ont exprimé leurs craintes
La campagne de commercialisation de l’arachide va démarrer demain. Mais face à la ministre du Commerce Aminata Assome Diatta, les acteurs ont exprimé leurs craintes.
C’est avec beaucoup d’appréhensions que les acteurs économiques vont démarrer la commercialisation de l’arachide. Devant la ministre, ils ont mis en exergue plusieurs difficultés concernant le secteur de l’arachide au Sénégal. Ainsi le président du Collectif des Producteurs et Exportateurs de Graines d’Arachides (Copega) Habib Thiam pense qu’une commercialisation saine et loyale est presque impossible. ‘’Parce ce qu’il n’y a pas le matériel adapté. Le Comité National Interprofessionnel de l’Arachide (Cnia) doit travailler étroitement avec le ministère du Commerce pour le renouvellement de son matériel de collecte pour pouvoir donner effet aux lois et aux arrêtés’’, soutient M. Thiam non sans ajouter que même si la loi existe, il n’y a pas de moyens d’exécution. Dans le même ordre d’idées, le président du Copega ajoute : ‘’La commercialisation connaît d’emblée des problèmes parce que pour les exportations, on n’a pas encore commencé. Et aujourd’hui, on a des difficultés pour être compétitifs. Le prix est confirmé à 250 Fcfa comme l’année dernière, mais le produit fret de l’année dernière à aujourd’hui est passé du simple au triple. L’année dernière, on payait près de 600 dollars, aujourd’hui, on paie 1 400 dollars. Si on cumule tout cela, on ne peut pas être compétitif sur le plan international.’’
A l’en croire, le président de la République Macky Sall doit revoir la taxe. Parce que, d’après lui, c’est le seul levier où il peut intervenir pour permettre aux exportateurs d’entrer en campagne et d’offrir aux producteurs un revenu plus important. ‘’On demande au président de suspendre la taxe jusqu’à l’année prochaine, en attendant que le marché puisse supporter cela’’, renchérit-il. De son côté, le représentant des opérateurs de Touba, Khadim Dieng, trouve que les décrets et lois relatifs à l’organisation du secteur datent des années 60, insistant sur le fait que la commercialisation a changé actuellement. Et dans ce cadre, l’opérateur économique invite les autorités à intégrer la collecte itinérante dans les textes. Dans la foulée, il signale aussi que le système de criblage est un peu dé- passé. Ce qui occasionne, selon lui, beaucoup de pertes de temps.
AMADOU DIOP, MAIRE DE NDRAM ESCALE : ‘’AVOIR LA MAIN DURE AURA DES RE- PERCUSSIONS SUR LES RE- SULTATS DES ELECTIONS LOCALES‘’
Un autre opérateur et non moins maire de la commune de Ndram Escale se désole du fait qu’il n’y a plus de points de collecte qui marchent au Sénégal. Membre de la coalition BBY, il a fait part de son inquiétude par rapport à d’éventuelles mesures draconiennes concernant la commercialisation. ‘’Il va falloir frapper dur et je pense que nous, les politiques, on ne va pas l’accepter parce ce que nous sommes dans une année électorale‘’, estime de manière surprenante l’édile de Ndram Escale, rappelant aussi que les contrôleurs économiques n’ont pas les moyens de leurs politiques. Répondant aux interpellations des acteurs, la ministre du Commerce a affirmé qu’il y a nécessité de réformer les textes. ‘’Les textes qui organisent le secteur datent de longtemps. Certains sont de 1985 mais même les textes qui organisentle contrôle des instruments de mesure datent de 1960. Il reste évident qu’il faut une refonte des textes pour prendre en charge les préoccupations des acteurs‘’, prône la ministre Aminata Assome Diatta. Concernant toutefois la collecte itinérante, elle s’est voulue très claire : ‘’La réglementation a mis en place des points de collecte et les opérateurs doivent collecter l’arachide à partir des points de collecte. Même si nous comprenons les difficultés rencontrées par les différents acteurs, il sera très difficile de faire fi de cette réglementation’’, prévient-elle.
L’ŒUVRE DE THIERNO SOULEYMANE BAAL DONNEE EN EXEMPLE A LA JEUNESSE
HISTOIRE Colloque sur la révolution du Fouta de 1776
Faire mieux connaître la révolution du Fouta de 1776 : c’est l’un des objectifs du colloque de deux jours, qui se déroule depuis hier à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Les organisateurs veulent ainsi vulgariser ce pan important de la période pré- coloniale.
La révolution du Fouta de 1776 est antérieure à celles française et américaine, mais elle n’est pas bien connue. C’est tout le sens du colloque organisé par le département d’Histoire de l’Ucad, en collaboration avec l’Association Ceerno Sileymaani Baal. Avec cette rencontre de deux jours où sont attendus des experts, les organisateurs veulent vulgariser ce pan important de l’histoire du Sénégal et aussi montrer à la jeunesse, les enseignements et l’œuvre de Thierno Souleymane Baal, leader de cette révolution de 1776.
Insistant sur le fait que cette révolution s’est accomplie «sans violence notable», le président de l’Association Ceerno Sileymaani Baal souligne que «c’est un exemple historique parmi d’autres, qui montre que la réforme progressiste, le consensus social, la démocratie, la bonne gouvernance, le rejet de la dévolution monarchique du pouvoir, l’accaparement des ressources publiques, l’humanisme sont consubstantiels du legs historique endogène de l’Afrique précoloniale». Abondant dans le même sens, le Doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, qui a représenté le Recteur de l’Ucad à l’ouverture de ce colloque, estime que faire connaître cette période «est d’autant plus important, dans un contexte où il est plus que jamais nécessaire de donner à notre jeunesse des modèles africains».
Cela, ajoute Pr Alioune Badara Kandji, «pourrait les inspirer et leur montrer que l’Afrique ne souffre pas de figures importantes, qui constituent des références». C’est aussi l’avis du ministre de la Culture qui a présidé cette rencontre. Pour Abdoulaye Diop, «ce colloque sera l’occasion de revisiter notre passé comme base de notre présent et de notre futur, pour un Sénégal émergent à travers la célébration des figures comme Thierno Souleymane Baal». Parlant de la figure de la révolution de 1776, le ministre le décrit comme «un visionnaire qui incarnait des valeurs, un engagement politique et intellectuel».
Et M. Diop de poursuivre : «Le leader de la révolution du Fouta a symbolisé l’existence, en Afrique, des pouvoirs, qui ne sont ni hiérarchiques ni verticaux, mais horizontaux. Ses valeurs et ses idées démontrent le niveau d’avancement des organisations africaines du 17ème siècle, prônant une société basée sur la justice, la paix, et contre la domination et l’oppression.»
Ainsi, selon le ministre de la Culture, «nous pouvons, à travers la révolution Torodo, démontrer que les Africains se sont battus pour une société égalitaire, loin des prétentions d’une soi-disant ambition civilisatrice coloniale tournée vers l’exploitation, la division, la domination de peuples qui ont eu le malheur de la subir». Dans son allocution, M. Diop a également invité les historiens à aider à mieux faire comprendre «les articulations essentielles de notre patrimoine, notre culture et notre histoire, pour en tirer des leçons.»
DES PROJETS GAZIERS FREINES PAR LE COVID-19
RAPPORT Centrale éolienne Petn, Greater Tortue Ahmeyim…
Dans son «Rapport sur l’état de l’énergie en Afrique 2022», la Chambre africaine de l’énergie n’a pas occulté les impacts socio-économiques de la crise sanitaire du Covid-19 sur l’exploitation du pétrole et du gaz, à travers le continent. Le document relève un certain nombre de projets gaziers au Sénégal, au Mozambique, en Ouganda, qui ont connu un retard, à cause de la pandémie.
Le déclin économique, entraîné par la pandémie du Covid-19, a eu des effets dramatiques sur les investissements dans le secteur énergique en Afrique, relève le «Rapport sur l’état de l’énergie en Afrique 2022». La Chambre africaine de l’énergie note dans le document que : «Le ralentissement économique a affecté négativement les progrès réalisés en matière d’électrification en Afrique, car les services publics, œuvrant pour améliorer l’électrification, ont également été confrontés à de graves difficultés financières dues au gel des investissements. Plusieurs projets ont stagné, les entreprises ayant réévalué la viabilité de leurs plans de développement de projets, en raison des effets économiques de la pandémie et des restrictions de voyage qui en ont résulté. Les dates de démarrage prévues de plusieurs projets ont dû être modifiées, en raison des incertitudes liées à la pandé- mie, comme on l’a vu dans le cas du projet de Gnl du Mozambique, en Afrique de l’Est.
Le projet Tilenga de Total sur le lac Albert, en Ouganda, a également connu un certain retard.» Aussi, mentionne le rapport, «la mise en service de la Centrale éolienne Petn (projet éolien de Taïba Ndiaye) au Sénégal, en Afrique de l’Ouest, prévue en 2020, a dû être retardée, en raison de la pandé- mie». La mise en opération de la capacité finale a dû attendre que les effets de la pandémie et les restrictions de voyage qui en résultent se relâchent.
En outre, indiquent NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie, et ses collaborateurs, «le mégaprojet gazier Greater tortue ahmeyim, situé à la frontière maritime de la Mauritanie et du Sénégal, en Afrique de l’Ouest, qui devait être achevé et mis en service en 2022, ne sera pas mis en service avant 2023. Car l’épidémie de coronavirus a empêché l’entreprise d’utiliser la fenêtre météo de 2020, pour construire un brise-lames pour le programme. Les Dif (Décisions finales d’investissement), sur le projet gazier Yakaar, et les champs satellites Gta Phase 2 seront vraisemblablement repoussés à 2023.
Le décalage des dates de démarrage des projets énergétiques est une mauvaise nouvelle pour certains de ces pays, qui s’attendaient à devenir des producteurs importants, à terme. Il existe un risque supplémentaire d’annulation pure et simple pour certains projets, dont les coûts d’exploitation seraient incompatibles avec des prix du pétrole inférieurs à 40 dollars le baril, ce qui entraînerait des révisions de portefeuille, par de nombreuses entreprises». Ainsi, note le rapport, «l’Afrique aurait besoin de plus que doubler les investissements annuels dans le secteur de l’électricité jusqu’en 2040, pour atteindre les Objectifs de développement durable sur l’accès à l’électricité et l’énergie propre (Odd 7 & 13)».
«NOS PIROGUES, AU LIEU D’ALLER CHERCHER DU POISSON, SERVENT PLUS A L’IMMIGRATION CLANDESTINE»
Hélène Tine est agacée par la crise qui secoue le secteur de la pêche
Hélène Tine est agacée par la crise qui secoue le secteur de la pêche. En marge de la célébration de la Journée mondiale de la pêche par la Coalition des acteurs de la pêche du Sénégal (Caps)/Section Thiès, la candidate de la Coalition Wallu Senegaal à la Ville de Thiès ne supporte pas, en effet, que «nos pirogues, au lieu d’aller chercher du poisson, servent plus à l’immigration clandestine».
C’est parce que, constate l’ex-parlementaire, «la pêche est dans une situation difficile, du fait de la rareté de la ressource halieutique, à cause des accords de pêche». Par conséquent, note-t-elle, «nos pêcheurs sont obligés de quitter nos eaux pour aller exploiter les ressources des autres pays, comme la Mauritanie ou la Guinée-Bissau». En plus, souligne-t-elle, il y a, entre autres problèmes, «la perturbation de l’écosystème marin qui fait qu’on a plus assez de poissons».
Hélène Tine lance ainsi un message à l’endroit du gouvernement pour que le secteur de la pêche puisse faire l’objet d’une attention et d’un soutien particuliers. «La pêche fait partie des premiers secteurs de l’économie du Sénégal. En tant que tel, c’est un secteur qui doit retenir l’attention de toutes les autorités de ce pays et notamment du gouvernement», a-t-elle indiqué. La présidente du Mouvement pour un Sénégal d’éthique et de travail (Mset) a déploré l’inexistence d’un marché aux poissons, dans une ville qui est au cœur de la pêche au Sénégal. Elle précise : «Thiès est la première région en matière de mise à terre dans le secteur de la pêche. Mais malheureusement, elle n’a même pas de marché aux poissons dans la capitale régionale. Nous le déplorons. C‘est un vieux projet qui n’a jamais pu voir le jour depuis des années.»
Dans la même lancée, le coordonnateur de la section Thiès du Caps a surtout insisté sur les nombreuses démarches administratives auprès des autorités étatiques pour que Thiès puisse disposer, comme les autres villes, d’un marché aux poissons digne de ce nom, avec les infrastructures comme des chambres froides, les usines de conservation des produits halieutiques. Surtout que, ajoute Ibrahima Diop, «la région de Thiès assure, à elle seule, 78% de la production nationale. Cette position de leader, qu’occupe la région de Thiès dans le secteur de la pêche, est liée au fait qu’elle regorge d’énormes atouts».
CAMPAGNE VIOLENCES CONTRE LES FEMMES, 16 JOURS POUR CHANGER LES NORMES
Comme chaque année, pendant 16 jours, les femmes vont «oranger le monde»
Pendant 16 jours, le monde sera coloré en orange, pour la Campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes. L’évènement intervient au moment où le Sénégal enregistre plusieurs cas de violences envers des femmes et filles. Mais au-delà de ces cas bien médiatisés, il s’agit d’un problème endémique qui sévit très fortement dans des régions comme Diourbel, qui présente un pourcentage de 72%.
Comme chaque année, pendant 16 jours, les femmes vont «oranger le monde». Mais, la campagne contre les violences faites aux femmes prend, cette année, une dimension urgente. Le slogan en est l’illustration : «Mettre fin, dès maintenant, à la violence à l’égard des femmes !» L’actualité sénégalaise est malheureusement venue opportunément rappeler l’urgence qu’il y avait à mettre un terme aux violences que subissent les femmes. L’affaire du viol suivi de grossesse subi par la Miss Sénégal 2020, l’affaire du triple infanticide du Dr Paye, l’affaire de cette jeune fille de 13 ans violée par un lutteur et dont les images circulent sur la toile sont autant d’évènements violents qui frappent des femmes. Mais ces cas ne sont que les plus médiatisés. Dans les foyers, les quartiers et les communautés les plus reculées, les violences faites aux femmes sont une réalité. En atteste la cartographie faite par la directrice de la Famille.
Selon Fatou Faye Dème, une étude menée par le Groupe d’études et de recherches sur les sociétés et le genre (Geste) de l’université Gaston Berger de Saint Louis en 2014, a permis de mesurer la prévalence des violences domestiques, avec un taux moyen de 55,3%. Mais ce pourcentage cache des disparités, puisque la région de Diourbel comptabilise les chiffres les plus élevés, avec 72%, contre 41,8% pour Saint Louis, le chiffre le plus bas. Et ces chiffres montrent surtout qu’à 62%, ce sont des hommes qui sont responsables de ces violences. Et le défi dans ces situations reste de vaincre les codes sociaux qui poussent généralement les victimes à ne pas dénoncer leurs bourreaux. Des familles choisissent également le silence pour éviter d’être exposées. Et la récente affaire de Miss Sénégal en est une parfaite illustration. C’est alors que l’enfant issu de son viol va sur ses 5 mois que Fama Dione, Miss Sénégal 2020, et sa maman ont trouvé les ressources nécessaires pour dénoncer le calvaire vécu par la jeune fille. Et plusieurs jours après la dénonciation, difficile de dire si une plainte a été introduite par la famille dont, selon les dires de Fama Dione, le père ne voudrait pas d’une action en justice.
La campagne des 16 jours d’activisme démarre tous les ans le 25 novembre, qui marque la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Selon les chiffres de Onu Femmes, en 2020, 35% des femmes ont subi, au moins une fois, des violences physiques et ou sexuelles de la part d’un partenaire intime ou d’une autre personne. La même source indique que chaque année, 137 femmes sont tuées par un membre de leur famille. «Des chiffres alarmants», selon la directrice Afrique de l’Ouest et du Centre d’Onu Femmes, Mme Oulimata Sarr. Au Sénégal, les enquêtes montrent que 24% des femmes de 15 à 49 ans sont excisés avant 15 ans et que le 1/3 des filles est marié avant 15 ans, avec des zones de fortes prévalences atteignant 60% à Kolda, Tamba et Matam. Outre les violences sexuelles et pratiques culturelles néfastes, les femmes subissent des violences économiques, notamment des refus de payer la pension ou refus de prise en charge. La pauvreté et une structure sociale patriarcale qui favorise la domination des hommes sur les femmes, l’analphabétisme et la méconnaissance de leurs droits et l’absence de la culture de la dénonciation, sont quelques-unes des raisons à cette forte prévalence. Et souligne Mme Sarr, «les 16 jours d’activisme sont un moment de mobilisation, qui permet de mettre le sujet en avant, même si le travail se fait au quotidien pour changer les normes sociales».
Plusieurs activités sont prévues durant ces journées de mobilisation, à travers tout le pays. Le Groupe Daara J Family, qui soutient la mobilisation, a présenté une nouvelle production Women, qui dénonce les violences faites aux femmes. Le clip a été diffusé hier, à l’occasion du petit déjeuner de presse organisé par Onu Femmes