UN SCRUTIN OÙ LE VAINQUEUR EST AUSSI ESQUINTÉ QUE LES VAINCUS
Le scénario tant redouté par les analystes avisés se dessine - Une victoire à la Pyrrhus qui étale les vaincus sur la terre mais étouffe le vainqueur, péniblement debout dans les gravats et les ruines…de la démocratie
L’engouement a nettement germé le matin puis grandement prospéré le soir. Mieux, la ferveur électorale et ses sœurs siamoises (la mobilisation citoyenne et la fureur civique) ont été remarquables. Bref, le corps électoral a vaillamment joué sa partition dans la présente élection du Président de la république. A contrario, les Pouvoirs publics et certains organes autonomes (CENA et CEDA) ont plus clignoté que brillé dans le processus électoral. Car, des flottements, des errements et des erreurs ont fleuri ici et là. Tout comme les coalitions ont paradoxalement trainé plus de foules dans les meetings que cornaqué des mandataires en effectifs suffisants, pour assurer des présences nécessaires et légales dans les bureaux de vote.
L’autre pan de la physionomie du scrutin est fâcheusement l’accroissement des ratés. Une escalade dans les couacs qui a frappé de stupeur les observateurs. A Mbour, le fichier de travail du Président d’un bureau de vote porte des noms introuvables sur le fichier de contrôle brandi par des représentants de coalitions. Deux documents pourtant issus de la même source : l’autorité ministérielle. L’un est forcément authentique, l’autre est assurément apocryphe. Dans le même ordre d’idées, le transfert ou le changement des bureaux de vote et le maintien intact de leurs adresses antérieures, ont déboussolé et démotivé nombre d’électeurs, notamment ceux du troisième âge, physiquement incapables d’accomplir le marathon imposé par ses erreurs probablement matérielles mais réellement malfaisantes. Ce n’est pas tout. Les ordres de mission suspectés abusifs (certains sont dépourvus de signatures) ont évidemment ajouté un supplément d’ombres au tableau des opérations électorales.
Bien entendu, le baobab des lacunes dans l’organisation ne doit, en aucun cas, masquer la forêt des efforts accomplis comparativement à la pétaudière des législatives du 31 juillet 2017. En moins de deux ans, le bond qualitatif reste appréciable. Sur l’ensemble du territoire, le matériel n’est ni en retard ni en manque. Tirons notre chapeau à la « Préfectorale » pour reprendre un mot cher à Napoléon ! Car le commandement territorial – malgré le cordon quasi-ombilical qui le lie au gouvernement a – globalement et correctement – relevé sa parcelle de défis dans le champ très vaste des problématiques et des casse-têtes électoraux.
Après les constats, s’impose vite la réflexion qui remorque l’analyse à la prospective. A cet effet, les leçons sont à tirer et les projections à opérer. Dans le stock de leçons, figure l’impact douteux du parrainage, en tant que piètre baromètre et filtre politiquement pervers. En effet, les scènes d’achat de consciences (dénoncées et niées, ce dimanche 24 février 2019) questionnent sur la taille réelle et la valeur absolue de certains parrainages statistiquement débordants. D’un côté, on a un candidat largement parrainé (Macky Sall) dont les plénipotentiaires éprouvent bizarrement le besoin de décaisser encore et encore de l’argent. Jusqu’au jour du scrutin. De l’autre, un ou deux candidats (Madické Niang et Issa Sall) qui ont une faible implantation à l’échelle nationale ; au point de manquer de mandataires dans un pays à petite superficie comme le Sénégal. Question : certains recalés ne sont-ils pas plus populaires que quelques candidats miraculeusement parrainés ?
La gamme des couacs et la palette des dysfonctionnements sont, à la fois, proches et lointains, derrière nous. Le Rubicon du tour unique (victoire au premier tour) est officiellement franchi, à travers les jubilations qui ont enflammé, de joie nocturne, le Quartier Général de l’APR. Ne s’agit-il pas de cette allégresse qui conjure et/ou exorcise l’hallali ? Le scénario tant redouté par les analystes avisés se dessine. Une victoire à la Pyrrhus qui étale les vaincus sur la terre mais étouffe le vainqueur, péniblement debout dans les gravats et les ruines…de la démocratie.
Justement, en démocratie, les résultats d’une élection présidentielle (scrutin capital et décisif pour le destin de la nation) doivent préférablement passer la rampe des cœurs et des esprits. En clair, le verdict des urnes doit être crédible et accepté comme tel. En tout état de cause, le message chiffré des votants (les bons et honorables scores obtenus par Idrissa Seck et par Ousmane Sonko en disent long) exprime rageusement un mécontentement et reflète agressivement une baisse drastique de la popularité du Président sortant, Macky Sall, à l’échelle du pays. Une réalité que Macky Sall doit affronter avec les yeux et le cerveau. Sans esquive. Ni les bulletins (habituellement édulcorés) des services de renseignement ni les salves de flatteries (très endormantes) des courtisans ne peuvent escamoter ou transfigurer cette évidence qui assaille.
Normalement, ce scrutin devra amorcer un tournant dans la gouvernance en cours depuis 2012. Le peuple a voté avec ses tripes. Moins de 60% des voix consacrent la coupure du pays en deux parts presque égales. Ce pourcentage est aussi l’épure d’une volonté populaire de changement. En d’autres termes, le chantier de la concorde nationale bouscule et squatte l’agenda du vainqueur Macky Sall. Un chantier plus costaud que celui du TER. Le vainqueur reste encore le locataire du Palais. Mais Ousmane Sonko a, d’ores et déjà, signé avec le corps électoral, son contrat de locataire de…l’avenir.
L'EXCEPTION MADICKÉ
Globalement, les candidats se sont bien comportés dans les lieux où ils ont voté - Seul Madické Niang a été laminé jusque dans son propre bureau de vote
P our sa première participa- tion à une élection prési- dentielle, le candidat du Parti de l’unité et du rassemble- ment (Pur), Issa Sall, a fait bonne figure dans son centre de vote. Dans le bureau 2 où il a voté, le Pr. El Hadj Issa Sall a obtenu, sur 325 suffrages valablement expri- més, 175 voix. Macky Sall vient loin derrière avec 114 voix. S’ensuivent Ousmane Sonko et Idrissa Seck avec respectivement 27 et 7 voix. Maitre Madické Niang ferme la marche avec 2 voix. Dans le même centre, au bureau n°3, Issa Sall a obtenu 184 voix contre 108 pour le can- didat de Benno Bokk Yaakaar Macky Sall. Ousmane Sonko est troisième avec 25 voix. Viennent ensuite Idrissa Seck avec 11 voix et Me Madické Niang avec une seule voix. Enfin, au bureau n°1, Issa Sall a obtenu 151 voix, Macky Sall 129, Ousmane Sonko 30 voix, Idrissa Seck 8 voix et
Madické Niang avec 00 voix.
A Thiès, Idrissa Seck est resté maitre chez lui. Il n’a laissé aucune chance à ses poursuivants dont la coalition Benno Bokk Yaakaar. Dans son bureau de vote, le candidat d’Idy2019 a obtenu 262 voix contre 112 voix pour Macky Sall. Quant au candidat de Sonko-Président, il est arrivé en troisième position dans ce bureau de vote avec 24 voix. Issa Sall et Madické Niang ferment la marche avec respectivement 9 et 1 voix. Il faut noter que ces tendances ont été confirmées dans presque toute la commune de Thiès. Mais dans les autres départements de la
région, le candidat de Benno Bokk Yaakaar avait les faveurs des pro- nostics.
A Ziguinchor, Ousmane Sonko en a fait de même, malgré le grand renfort dont la majorité a bénéfi- cié. Dans son centre de vote, Ousmane a pu remporter tous les bureaux de vote devant son concurrent direct au niveau de la région, Macky Sall. Dans le bureau n°2 où il a voté, le candidat de Sonko-Président a obtenu 159 voix contre 96 pour son poursui- vant direct. Idrissa Seck vient lar- gement derrière avec 9 voix, Madické Niang 4 voix, El Hadj Issa Sall 3 voix. La même tendance est observée partout dans ce centre de vote à l’école Hlm Néma.
A Fatick, par contre, c’est presque un raz-de-marée de la coalition au pouvoir. Dans son bureau de vote, le président sor- tant s’est largement imposé avec 353 voix sur 423 suffrages vala- blement exprimés. Ousmane Sonko est venu en deuxième posi- tion avec 42 voix. Idrissa Seck ferme le podium avec 42 voix. C’est la même tendance qui res- sort des résultats dans tout le cen- tre, voire dans toute la commune.
Des cinq candidats donc, seul Me Madické Niang a pu être laminé dans son propre bureau de vote, à Darou Marnane. Dans ce bureau, c’est Idrissa Seck qui est arrivé largement en tête avec 179 voix. Macky Sall est deuxième avec 74 voix. Le candidat de Madické2019 est classé 4 avec 17 voix. Il n’a devancé que le c
LA CENA RAPPELLE À L'ORDRE
La proclamation des résultats provisoires est du ressort de la Commission nationale de recensement des votes - Les acteurs politiques et de la société civile doivent s’abstenir de se livrer à une quelconque déclaration des résultats
La Commission électorale nationale autonome (Céna), dans un communiqué reçu lundi à APA, rappelle que la proclamation des résultats provisoires est du ressort de la Commission nationale de recensement des votes et que par conséquent, elle appelle les acteurs politiques et de la société civile « à s’abstenir » de se livrer à « une quelconque déclaration des résultats » du 1er tour de la présidentielle.
Assurant que « le dépouillement des votes se poursuit et (que) les résultats sont en train d’être collectés par les structures habilitées », la Céna, souligne le communiqué, salue le « comportement exemplaire » des citoyens durant le scrutin de dimanche et demande aux « acteurs politiques » à faire de même.
Il convient à ce propos de « prolonger l’atmosphère générale de calme, de paix et de sérénité qui a marqué » l’élection présidentielle, estime la Céna, rappelant qu’aux termes du Code électoral la Commission nationale de recensement des votes doit procéder à « la proclamation provisoire (…) au plus tard à minuit le vendredi suivant le scrutin ».
Après quoi, renseigne la Céna, « Il revient au Conseil constitutionnel d’effectuer la proclamation définitive des résultats conformément aux dispositions de l’article 35 de la Constitution.»
Dimanche soir, deux candidats de l’opposition, Idrissa Seck et Ousmane Sonko, avaient déclaré qu’il y aurait un deuxième tour, ce à quoi avait répondu une heure après le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dionne, en soutenant que le candidat sortant, Macky Sall, avait gagné au premier tour avec un score de 57 % des suffrages.
PAR ALIOUNE TINE
VIGILANCE, RETENUE ET SENS ABSOLUE DES RESPONSABILITÉS
Le Premier ministre ne devait absolument pas faire cette conference de presse pour donner des résultats fantaisistes - Les leaders de l'opposition ne doivent pas non plus décréter de façon absolue l'existence d'un deuxiéme tour
Il y a 7 ans Serigne Mbacké Ndiaye avait donné Wade gagnant au premier tour, cela avait passablement agacé l'opinion et les observateurs de l'Union Eurooéenne l'avait rappelé à l'ordre. Quelques jours apres la Commission de recencement des voix de la Cour d'appel avait donné les vrais résultats qui indiquaient clairement un deuxieme tour.
Le présent scrutin a un enjeu élevé et il est à risques car les aspirations au changement sont trés fortes, et les gens sont lassés d'attendre,sont lassés d'etre floués par de fausses promesses. Jamais la participation au débat national n'a connu une telle ampleur du coté des jeunes dans les réseaux sociaux avec des exigences de liens au sens, de liens aux autres, de la nécessité réajuster 'un comportement politique qui a deserté l'ethique et les valeurs et de plus en plus porté sur l'intéret personnel, l'intérêt partisan, l'intérêt familial ou clanique.
Demande forte de rupture par rapport à la continuité d'un systeme institutionnel, autoritaire, un systeme de prédation des institutions et des ressources; un hyper prédentialisme, macrocéphal et anthropophage qui caporalise et bouffe toutes les institutions de la République. Bref absence d'idéal et de vision dans la politique dont la visée est strictement réduite au partage du gateau.
Alors faut-il s'etonner des replis identitaires qui caracterise clairement cette élection. Aujourd'hui on a atteint un seuil critque dans la déscente aux enfers des politiques publiques et on ne peut internellement s'asseoire sur le couvercle de la cocotte minute.
La société sénégalaise à soif de changement et La résistance au changement par les méthodes autoritaires et arbitraires ont atteint des limities au-dela desquelles ,il ne reste que la violence comme solution, l'explosion de la cococotte minute devient inéluctable, c'est désormais l'équation changer ou périr qui se pose à ce pays. Quel que soit le président élu, s'il ignore ses impératifs, il n'ira pas loin et mettra ce pays en danger.
D'oû la nécessité de réinventer ensemble une démocratie délibérative, émancipée , nous avons besoin d'une économie politique de la gouvernance décolonisée et émancipée de toute forme d'impérialisme. Pour l'instant la vigilance, la retenue et le sens des responsabilités doivent etre de rigueur pour les responsables de l'Etat dont le role à l'heure actuel doit etre de rappeler ceux qui violent les regles de l'Etat de droit , à l'ordre. Si eux-memes les violent ils créent la confusion et la violence.
Nous estimons que le Premier ministre ne devait absolument pas faire cette conference de presse pour donner des résultats fantaisistes. Les leaders de l'opposition ne doivent pas non plus décréter de façon absolue l'existence d'un deuxiéme tour. Il faut laisser les organes de regulation, de surveillance et de réglement du contentieux, seuls habilités à se prononcer nous donner les résultats, il faut leur laisser la liberté de faire leur travail en toute sérénité.
Apres la remarquable démonstration de maturité,de sens des responsabilité dont le grand peuple sénégalais a fait preuve le 24 février , en votant dans la discipline,dans la dignité pour exprimer sa Volonté dans la paix, ce serait un crime grave, de ne pas tout faire pour que cette Volonté soit absolument respectee par Tous. Pour cela, il faut que tous les organes de régulation répondent absolument à leur fonction sans ingérence de l'administration, des forces de sécurité et des acteurs politiques. La CNRA doit etre à la hauteur.
Ce serait injuste de faire de la presse le bouc émissaire d'une situation politique sensible et des confusions crées par les politiques .
Cependant la presse ne doit pas accorder un interet majeur aux déclarations des résultats faites en dehors des voies legales les plus appropriees.
La CENA doit faire preuve de dynamisme et arréter et condamner ceux qui font de l'ingérence dans son domaine de compétence.
Enfin le manque de dynamisme de la Cena et son affaiblissement surtout concernant la prévention et le reglement de ce genre de situation expliquent aussi les confusions de roles. Il faut enfin attendre et faire confiance que la Commission de recencement des voix donne les résultats demain inshallah. Depuis 1998, ces magistrats font le travail avec dévouement professionalisme et impartialité.
Enfin, que les contieux sur le scrutin soient portés au Conseil constitutionnel competent pour connaitre cette matière. Le Sénegal est assurément à la croisée des chemins avec un ancrage de la culture démocratique au sein du peuple. Notre probleme c à la classe politique à la classe toutes obédiences et sensibilités confondues de se montrer dignes et responsables pour etre a la hauteur et de trouver des réponses aux attentes du peuple.
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SONKO EN VEUT AUX MÉDIAS
Le candidat Ousmane a accusé une frange de la presse de publier des résultats en faveur du président sortant
Alioune G Sall et Lamarana Diallo |
Publication 25/02/2019
S’il y a un concept qui est aujourd’hui en vogue dans les médias et dans les débats politiques au Sénégal, c’est celui de système.
En effet, pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, un candidat à une élection se déclare ouvertement être un opposant au système politique sur la base du quel notre pays est gouverné. Ce n’est certainement pas la première fois qu’un candidat à une élection présidentielle nous promet des changements (ils le font tous), mais on assiste à n’en pas douter à un nouveau type de débat qui pose de nouvelles problématiques qui nous interpellent tous. En réalité, en prétendant combattre un système, le candidat Ousmane Sonko espère afficher une nouvelle posture politique qui ne manque pas de soulever un certain nombre de questions, voire d’inquiétudes.
La première question qui vient à l’esprit c’est celle de savoir s’il est réellement possible de combattre un système. Mais en réalité, la réponse à une telle question nécessite la prise en charge d’une question préalable : qu’est-ce qu’un système ? La prise en charge de cette question préalable est rendue nécessaire par la tournure actuelle du débat qui est axé sur une tentative de diabolisation de part et d’autre de l’espace politique. D’une part, les partisans de Sonko considèrent «le système» comme «le mal incarné», la source de tous les maux dont souffre notre pays ; d’autre part, le camp du pouvoir cherche à se défendre en utilisant l’argument selon lequel Sonko serait lui-même un élément du système, et cherche à combattre un modèle des largesses desquelles il a bénéficié. Ce qui pousse à se poser un certain nombre de questions : tout système est-il nécessairement source de mal ? Qui sont les acteurs «du système» ? Peut-on détruire complètement un système solidement installé ? Si oui, comment ? Faut-il détruire tous les éléments du système, ou est-il possible de détruire un système tout en conservant certains éléments ?
Mais d’abord, qu’est-ce qu’un système ?
Au sens le plus général du terme, un système est une totalité organisée de telle sorte que la survie de chaque élément dépend de sa solidarité avec les autres éléments auxquels il est lié. C’est un concept qui s’applique à plusieurs domaines du savoir, de la sociologie, aux sciences naturelles, en passant par la physique, la médecine, la philosophie etc. La raison de cette diversité s’explique par le fait que les réalités que ces différentes sciences étudiées sont organisées sous la forme d’un système : l’univers, le corps humain, le cerveau etc. Le monde dans sa globalité est donc un système à l’intérieur duquel on retrouve d’autres systèmes.
La première caractéristique d’un système, c’est donc sa complexité, c’est-à-dire un système est toujours composé de plusieurs éléments. Cela veut alors dire qu’une réalité simple ne peut être considérée comme un système. La deuxième caractéristique, c’est la solidarité qui est la condition sine qua non de la survie de chaque élément du système, mais aussi de la totalité. La conséquence est que dans un système, si un des éléments se désolidarise, il disparaît, il meurt. C’est le cas par exemple du corps humain qui est un système biologique qui fonctionne de telle sorte qu’aucun organe ne peut survivre en dehors du corps. Mais la section d’un élément du système n’implique nullement la destruction du système, au contraire tous les systèmes (biologique, social, politique, ou physique) sont dotés d’une incroyable capacité de restructuration qui permet de recréer le lien global du système en excluant l’élément qui s’est désolidarisé. Il arrive d’ailleurs qu’un élément soit éjecté du système parce qu’il porte atteinte au fonctionnement général du système : l’idée ici est de se débarrasser d’un maillon du système pour sauver le système ; dans ce cas de figure, soit l’acteur est remplacé par un autre qui peut assumer la même fonction, soit le système se restructure.
La troisième caractéristique d’un système, ce sont les influences mutuelles entre les acteurs. En effet, du fait de la solidarité et de l’interdépendance, toute action d’un ou d’une partie des acteurs influe sur l’avenir et le fonctionne- ment de tout le système et donc de tous les acteurs. La quatrième caractéristique d’un système c’est l’interchangeabilité des acteurs. Une fois que le système s’installe, elle tend à nier les différences, les individualités, et cela donne la possibilité à chacun d’occuper la place de l’autre et donc de la suppléer en cas de défaillance. C’est pourquoi lorsqu’un acteur constitue un obstacle dans le fonctionnement du système, il est automatiquement suppléé par un autre sans que le fonctionnement du système soit altéré.
Comment fonctionne le système social et politique ?
La nécessité pour tout être humain de vivre avec ses semblables est une des thèses sur lesquels il y a le plus de consensus entre les penseurs (philosophes politiques, sociologues comme psychologues). Et cela implique comme conséquence fondamentale le fait que les hommes soient tenus de s’organiser sous la forme d’une société ou d’un Etat. Comme tout organisme vivant, l’Etat et la société sont organisés sous la forme d’un système, c’est-à-dire un réseau de relations dans lequel chaque acteur joue un rôle et contribue au fonctionnement global du système. Mais contrairement aux autres systèmes (biologie, physique etc.) dont le fonctionnement et les modes d’organisation sont régis par la nature et obéissent à des règles immuables, le système social et politique est conçu par les hommes sur la base d’un consensus sur les modalités dans lesquelles les relations entre les différents acteurs du système peuvent interagir.
Cela implique au moins trois conséquences : la première est que les modalités de fonctionnement du système social ou politique sont faillibles de la même manière que les hommes qui l’ont conçu le sont. La deuxième conséquence est que tout système social peut être remis en cause, déstructuré et même détruit, et remplacé par un autre. Mais il y a une troisième conséquence qui est fondamentale et qui est à l’origine de tous les problèmes qui peuvent subvenir : c’est la hiérarchie. Il est vrai que pour fonctionner, tout système a besoin d’être hiérarchisé, car si tous les acteurs sont sur le même pied il est impossible que le système se mette en mouvement. Même les systèmes biologiques établissent une hiérarchie où chaque organe a une tâche bien déterminée dans le fonctionnement général du système. Dans un système social, les acteurs sont organisés en classes, ou en castes de même que dans un système politique, ou même dans un système économique. C’est le cas par exemple du système capitaliste dans lequel les acteurs sont organisés en deux classes (bourgeois et prolétaires).
La conséquence générale à tirer de tout ceci c’est que, contrairement à la tournure du débat actuel, il n’y a pas d’une part un «système politique» qui agirait en dehors et contre le peuple. Or justement, c’est la vision que véhiculent certains partisans de «l’antisystème». On veut nous faire croire qu’il y aurait d’une part «le système», c’est-à-dire un groupe d’individus qui ont des intérêts communs et qui sont différents du Peuple qui serait «en dehors du système» et qui subirait les méfaits du «système». La conséquence est que personne ne veut être indexé comme «un agent du système». C’est même vécu comme une insulte que d’être «du système». Or du moment que la société et le corps politique est organisé en système, il est clair que nous faisons tous parti d’un seul et même système, dont nous sommes tous, d’une manière ou d’un autre, acteurs. Alors, qu’est-ce qui pourrait expliquer cette volonté de combattre le système auquel nous tous nous appartenons, qu’on en soit conscient ou non ?
Peut-on être dans un système sans en profiter ?
Dire que nous sommes tous acteurs du système social et politique ne revient pas forcément à en déduire que nous avons tous le même degré ou la même forme d’implication dans le fonctionnement du système. En effet, la nécessaire hiérarchie qu’il y a entre les acteurs d’un système social ou politique implique l’existence au moins de deux catégories d’acteurs : ceux qui sont au sommet de la hiérarchie qui sont en général la locomotive du système, qui décident très souvent de l’orientation ; et d’autre part ceux qui sont au bas de l’échelle social qui pourtant constituent les bras du système, mais n’ont aucune prise sur son fonctionnement.
Dans nos Etats modernes, le mode de fonctionnement du système politique est calqué sur celui du système capitaliste. Dans le système capitaliste, on le sait, l’ouvrier est le bras qui produit de la richesse, il fait partie de ceux que Marx appelle «les forces productives», mais paradoxalement il n’a aucune prise sur la richesse produite, parce qu’il n’a pas participé à la conception du produit et donc ni sa nature ni sa destination ne lui sont connus. Dans le système politique par contre, le fonctionnement ne dépend pas simplement des ouvriers, mais aussi et surtout des fonctionnaires. Ils sont recrutés dans un objectif bien déterminé : faire fonctionner la machine étatique. Malheureusement, pour la plupart du temps, comme l’ouvrier dans l’entreprise, le fonctionnaire ne participe pas à l’élaboration des politiques, des grandes orientations, c’est un «soldat» aux ordres d’un supérieur qui se contente de «faire son travail».
Dans ce cas, si le système politique mis en place par les décideurs est immoral, injuste, il peut collaborer sans profiter des «avantages» qu’offrent les libéralités du système mis en place. Il est vrai que pour s’assurer d’une collaboration plus franche, les décideurs peuvent s’arranger pour qu’ils fassent partie de ceux qui profitent des avantages du système en installant une forme de corruption maquillée sous la forme de motivations diverses qui ne sont reconnues aucunement par les règles classiques d’administration.
Lorsqu’un système politique pareil parvient à s’installer, la majorité des citoyens participent, sans s’en rendre compte, à son fonctionnement. La raison est à chercher dans les fondements idéologiques qui appuient son fonctionnement. Il y a deux raisons principales à cela : le premier est qu’elle s’appuie toujours sur des agents convaincus de «faire leur travail» sans prendre conscience qu’ils sont en train de perpétuer un système qui peut même militer en leur défaveur.
La deuxième raison est que, pour qu’un système politique corrompu et injuste puisse prospérer, il faut nécessairement s’appuyer sur les bases sociologiques. Avant l’avènement de l’Etat moderne, toutes les sociétés avaient déjà une forme d’organisation, un système déjà installé auquel tous les acteurs avaient adhéré, étant convaincus de sa légitimité. C’est le cas d’ailleurs dans tous les pays africains, où on retrouve des sociétés très hiérarchisées.
Pour pousser les citoyens à accepter un système politique déterminé (qu’il soit légitime ou illégitime), il est nécessaire de s’appuyer sur les leviers du système social en conférant aux acteurs les plus déterminants, les plus influents, (chefs religieux, chefs coutumiers etc.) les mêmes rôles, et les mêmes avantages qu’ils tirent du système social, pour s’assurer de la même soumission de la majorité des acteurs qui font fonctionner le système sans en tirer les avantages. On ne peut pas faire abstraction du fait que ces acteurs importants du système social ne sont pas «de simples citoyens».
Ce ne sont pas nécessairement «des faiseurs de roi», (car nous ne sommes plus à l’ère où les électeurs peuvent être influencés par les consignes des acteurs influents du système social), mais ils peuvent être des «empêcheurs de bien gouverner».
Cela contredit le principe républicain certes, mais la réalité politique exige qu’on le prenne en compte. Jusqu’à quel point ? Là est la question. Et du moment que la hiérarchie du système social est déjà ancrée dans le subconscient même de ceux qui sont les plus mal lotis du système, ces derniers ne seront pas dans les dispositions de remettre en question le système politique.
Car on fait croire à cette masse laborieuse que «remettre en cause le système politique reviendrait à remettre en cause le système social et voire même le système religieux». Car de fait, ce sont souvent les mêmes qui profitent des avantages à la fois du système économique, du système social et du système politique.
En effet, comme nous l’avons déjà dit, le système politique s’appuie sur le système social, sur le système économique et parfois même sur le système religieux, par conséquent ce serait illusoire de vouloir «raser le système politique» et de laisser intact les systèmes sociaux, économiques ou religieux. C’est d’ailleurs pourquoi le communisme a été très critique face à la religion qui, selon Marx, était de connivence avec le système capitaliste.
Car au fond, si on veut gouverner en se mettant à dos le système social, le système économique et le système religieux, beaucoup de réformes risquent de rencontrer l’opposition de cette masse citoyenne qui pourtant est destinée à profiter des nouvelles réformes, mais qui n’est pas disposé à affronter le système social auquel il a toujours appartenu. C’est pourquoi c’est un combat perdu d’avance que de vouloir raser le système en l’état actuel de la situation politique.
Le deuxième problème que rencontre cette démarche c’est que lorsqu’on réussit à détruire complètement le système en place, il faut nécessairement mettre en place un nouveau système. En effet, il ne faut surtout pas comprendre par «antisystème» une volonté de mettre fin à toute idée de système, car comme nous l’avons déjà dit les hommes sont tenus de vivre dans une société, un Etat, et les Etats ne peuvent exister que sur la base d’un mode d’organisation systémique sinon il règnerait le chaos dans l’existence, ce qui n’est profitable à personne. Il ne s’agit donc pas de «raser le système», mais plutôt de substituer un système politique par un autre système politique.
Peut-on mettre fin à un système tout en recyclant certains éléments ?
Si l’option de «raser le système» apparaît comme une illusion, la solution la plus viable serait alors de chercher à établir une nouvelle forme de collaboration avec des acteurs qui profitent pourtant d’un système que l’on cherche à combattre. Cela pourrait apparaître comme une contradiction, mais en réalité, c’est ce que commande souvent la realpolitik.
Car au fond le problème, ce ne sont pas les acteurs, mais la manière dont ils interagissent. En d’autres termes, on peut changer de système sans changer les acteurs, comme il est possible de changer les acteurs sans changer le système du fait de l’interchangeabilité entre les acteurs de tout système.
Pour changer le système, il faut que les acteurs eux-mêmes consentent à changer de modalité de fonctionnement. Il est légitime de se demander pourquoi des acteurs qui profitent des avantages d’un système consentiraient à renoncer à ce système au profit d’un autre. Cela est possible pour deux raisons au moins : la première est que ces acteurs peuvent prendre conscience du caractère injuste et inacceptable du système dont ils ont toujours profité et décident de se repentir. C’est d’ailleurs ce qui arrive très souvent lorsqu’une nouvelle religion naît. C’était le cas à la Mecque lorsque de grande figure du système patriarcal traditionnel (Oumar, Aboubacar, etc.) ont rejoint le prophète dans la nouvelle religion.
La deuxième raison pourrait être une prise de conscience de la nécessaire reconfiguration du système. Si la majorité du Peuple, qui fait fonctionner le système sans en profiter, finit par se rendre compte de la supercherie à laquelle elle participe, elle installe de nouveaux rapports de force qui oblige à une reconfiguration. Pour ne pas être un laissé-pour-compte du nouveau système politique, ou social, ils consentent à collaborer à son fonctionnement, à condition qu’on leur assure le même statut qu’auparavant.
Mais dans ce cas, est-ce réellement un changement ? S’ils consentent à changer de mode de fonctionnement juste pour ne pas «tout perdre», il est évident qu’ils nous font courir le risque de faire revenir le système qu’on a toujours combattu.
Alors finalement, que faire face à un système politique jugé non conforme aux aspirations du Peuple ?
D’abord, ne surtout pas établir une dichotomie système/Peuple, le premier étant le mal incarné le second le bien absolu. C’est pourquoi il n’est pas intelligent de chercher à «raser le système», car c’est une illusion. Ensuite, éviter de vouloir refaire le système politique en oubliant qu’il est irrémédiablement lié à d’autres systèmes (social, économique, religieux) avec lesquels il est condamné à collaborer.
Et enfin éviter de vouloir instaurer un nouveau système par un simple recyclage sans s’assurer de consolider les nouvelles règles et modalités de fonctionnement. Les hommes resteront les mêmes : ce qui devra changer, c’est d’abord la manière de fonctionner et surtout la place que chacun occupera dans le nouveau système.
PAR AMADOU LAMINE SALL
ÉTONNANT ET REPOSANT PEUPLE SÉNÉGALAIS !
Finalement, le plus impressionnant, n’est ni la campagne électorale, ni les programmes des candidats, ni la mobilisation des médias, mais la posture du peuple sénégalais
Les Sénégalais ont voté ce dimanche 24 février 2019 ! Finalement, le plus impressionnant, n’est ni la campagne électorale, ni les programmes des candidats, ni la mobilisation des médias, mais la posture du Peuple sénégalais. Un Peuple serein, souriant, apaisé, flegmatique même. L’on pourrait dire que tout le vacarme des camps politiques et les commentaires interminables des organes de presse, sont bien loin des préoccupations du Peuple sénégalais.
Chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais, sait d’avance pour qui voter. C’est une intime conviction. Reste la sincérité du scrutin. Nous espérons qu’il l’est, hormis des impairs constatés çà et là. Ces impairs doivent d’ailleurs complètement disparaître de notre processus électoral. Notre démocratie doit être tolérance zéro.
La suite du processus électoral et les résultats promulgués par la Cour constitutionnelle nous édifierons sous peu sur le choix des Sénégalais. La vigilance doit être de rigueur. Les contestations encadrées par la loi soigneusement prises en compte et éthiquement traitées. Nous devons aller vers le sans-faute. Ne rien banaliser. Ne rien mettre à pertes et profits comme notre culture nous y pousse souvent, en laissant tout à Dieu ! Nous devons être exigeants ! La victoire finale du candidat devrait être sans tache et reconnue par tous.
L’élégance et le fair-play sont notre viatique ! Un grand pas est déjà accompli au Sénégal comparé à ce qui se passe en Afrique : nos tendances sont visibles dès le jour du scrutin, avant minuit. Notre longue tradition de la pratique du vote, installe notre pays parmi les plus sûrs, les plus respectés. Nous souhaitons, pour notre part, que cette tradition démocratique se perpétue et s’accélère au point de nous libérer de milliers d’observateurs venus du monde entier nous «scruter» et «veiller», diton, à la fiabilité du scrutin. Nous sommes de ceux qui souhaitent que dans les prochaines années à venir, nos élections se déroulent sans observateurs étrangers. C’est cela le signe d’une vraie souveraineté.
Nous devons assumer notre démocratie et dire aux autres de nous faire confiance. Nous n’avons pas besoin de baby-sitters pour valider la sincérité de nos élections. Nous sommes nombreux, les hommes politiques compris, à appeler à la libération de nos pays, c’est-à-dire à gouverner nous-mêmes nos ressources, à protéger notre économie, à donner la priorité à nos entreprises nationales.
Dans la même lancée, nous devons nous passer d’observateurs internationaux pour venir nous accompagner dans notre suffrage universel pour le valider face au monde. Pour certains, c’est une blessure ! Le Peuple sénégalais est assez majeur, responsable, digne, pour s’assumer et assumer la sincérité de son vote.
Que nous sachions, l’Union africaine n’a été jamais conviée nulle part en Europe pour être observatrice dans une élection européenne ? Cela ferait même rire ! En allant voter ce dimanche 24 février 2019, nous nous sommes de nouveau rendu compte que nous étions un grand Peuple. Accompagné de mon épouse et de ma maman vieille de plus 90 ans et qui a tenu à voter, je me suis retrouvé fier, si fier de mon pays.
Ceux qui siégeaient dans le bureau de vote étaient d’une touchante courtoisie. Autre fait admirable : une maman sénégalaise qui dans la cour du centre de vote, rit avec sa fille en lui disant : «Tu n’as pas accepté de voter pour mon candidat ! Alors, tu t’assumes et ne viens pas demain me demander de te rendre un quelconque service. Vas plutôt le demander à celui pour qui tu as voté !» C’est cela mon beau s : un pays de paix et de cœur !
Que Dieu veille sur le Sénégal
KHALIFA N'A PAS PORTÉ IDY
Au sortir de la présidentielle, les premières tendances placent Macky en tête à Dakar - Fief de Khalifa, ce département était le théâtre d’une vive opposition entre la coalition Benno bokk yaakaar et Manko taxawu senegaal lors des dernières législatives
On lui promettait l’enfer, mais ce sont ses adversaires qui l’ont vécu. Au sortir de l’élection présidentielle d’hier, les premières tendances placent Macky Sall en tête à Dakar. Fief de Khalifa Sall, ce département était le théâtre d’une vive opposition entre la coalition Benno bokk yaakaar et Manko taxawu senegaal lors des Législatives de juillet 2017 (différence de plus de 2000 voix).
Pour ce scrutin, le coefficient personnel de Macky Sall semble avoir fait pencher la balance. A Grand-Yoff, le candidat de Bby a raflé la mise dans les 24 bureaux de vote à Khar Yalla, le plus grand centre de la commune.
A la Médina, Macky Sall fait la course en tête, de même qu’à Mermoz Sacré cœur. Dans cette dernière commune, Barthélemy Dias a été battu dans son propre bureau de vote. Finalement, l’alliance électorale entre Khalifa Sall, en prison depuis le 7 mars 2017 et Idrissa Seck, n’a apparemment pas porté ses fruits dans la capitale. Autrement dit, le report des voix n’a pas été automatique.
Le candidat de «Idy 2019» semble payer le soutien tardif de l’exmaire de Dakar qui s’est prononcé en sa faveur en pleine campagne électorale. De plus, entre juillet 2017 et février 2019, la coalition de Khalifa Sall a perdu du terrain. Moussa Sy, allié de l’ex maire de Dakar, a transhumé en allant renforcer le candidat Macky Sall. Bamba Fall, son fidèle historique, a décidé de ne pas respecter la consigne de Khalifa Sall en faveur du président du Conseil départemental de Thiès.
De plus, Banda Diop, ex maire khalifiste de Patte d’Oie, roule pour Bby. Tout un boulevard pour Macky Sall qui aura pratiquement étouffé dans l’œuf toute l’opposition à Dakar.
L’Equipe nationale masculine de basket a réalisé un parcours sans faute lors de la dernière fenêtre des éliminatoires du Mondial 2019, à Abidjan.
Après avoir assuré sa qualification dès le premier match contre le Rwanda (81-41), les Lions ont largement dominé le Mali (62- 38) samedi avant de prendre leur revanche sur le Nigeria (84- 63). C’est la meilleure manière de terminer une semaine pleine d’émotions, après la qualification au Mondial chinois, dès le premier match. Il faut dire que le duel avec les Super Eagles avait un goût particulier pour les joueurs et le staff technique après le lourd revers à Lagos ((89-61) ; même si ces derniers ont déjà validé leur ticket pour le dernier tour depuis la précédente journée. Une revanche qui avait une saveur particulière pour les Lions qui en ont fait la démonstration dès l’entame (27-19). Malgré une petite baisse de régime dans le second (40-34), Malèye Ndoye et ses camarades trouveront la formule pour inscrire à nouveau plus de 20 points dans le troisième (23-19) et quatrième quarts temps (21-10 pts). Un Boubacar Touré en mode Mvp A noter la prestation énorme de l’ailier-fort Boubacar Touré. De retour en sélection, le «Suisse» ne s’est pas fait prier pour réaliser le tournoi de sa vie. Face au Mali d’abord le samedi, alors que le coach, Abdou - rahmane Ndiaye «Adidas», avait décidé de laisser certains cadres au repos comme le pivot Youssoupha Ndoye ou encore le meneur Xane D’Almeida. L’occasion ne pouvait être plus belle pour l’ailier-fort de Fribourg qui a endossé le costume de leader de l’équipe. Meilleur scoreur sénégalais (20 pts) durant le week-end, le natif de Kaolack a impressionné de par sa classe, sa technique et sa présence sous le panier. Malgré une blessure contre le
Mali, il a tenu à terminer le match et s’offrir 14 points. Une rencontre d’ailleurs où l’entame n’a pas
été facile avec une équipe malienne qui a remporté le premier quart temps d’un petit point (17-18). Nettement supérieurs, les Lions finissent par imposer leur rythme et creuser l’écart. Le reste
ne sera qu’une partie de promenade (39-22, 55-35, 62-38). Le Sénégal réalise ainsi un parcours sans faute et peut désormais préparer tranquillement le Mondial, prévu en août prochain.