Pour avoir attaqué et empêché des sapeurs-pompiers de faire leur travail, les prévenus, poursuivis pour violence sur des agents de la force publique et vol, ont été condamnés à 3 mois ferme. Ils devront payer aux parties civiles Paulo Issa Faye, Babacar Diallo et El Hadji Oumar Diatta la somme de 500 mille francs en guise de réparations.
3 mois ferme : C’est la sentence infligée par le Tribunal militaire à Mass Ndiaye, El Hadji Ndiaye et Victor Gomis. Nonobstant cette sanction, ces prévenus qui ont déjà fini de purger leur peine ont humé hier l’air de la liberté au même titre que leurs Co-prévenus Elie Gomis et Abdou Ndiaye, renvoyés des fins de la poursuite. Ils comparaissaient pour violence sur des agents de la force publique et vol. Les faits se sont produits à Guédiawaye où les hommes de feu étaient en mission pour pomper les eaux stagnantes dans cette localité. Selon les révélations contenues dans le procès-verbal, le sieur Victor Gomis, ivre comme un Polonais, s’est opposé à cette mission. C’est ainsi qu’il les a abreuvés d’insultes de toutes sortes avant de faire appel aux jeunes du quartier qui s’en sont pris aux sapeurs-pompiers en leur administrant une sévère correction et en emportant leurs sacs «kasulback».
Pour sauver leur peau, les sapeurs-pompiers Paul Issa Faye, Babacar Diallo et El Hadji Oumar Diatta sont allés se réfugier dans une maison. Piqués par on ne sait quelle mouche, les prévenus sont allés les déloger de cette demeure en leur obligeant à aller se réfugier dans une mosquée. Ils ont dû leur salut grâce à l’arrivée de leur chef qui a fait appel à la police et à la gendarmerie pour les tirer des griffes de ces riverains. Arrêtés par les éléments de la Brigade de recherche, ils ont été placés sous mandat de dépôt pour les délits sus mentionnés.
Devant la barre, les mis en cause n’ont pas tous nié les faits. À l’exception d’Elie Gomis et Abdou Ndiaye qui ont déclaré être étrangers aux faits, les autres ont avoué. Au vu de ces actes répréhensibles, le juge Ndary n’a pas manqué de souligner à l’endroit des prévenus que les sapeurs-pompiers ne faisaient que les aider.
Abondant dans le même sens, le commandant Wane qui a défendu les intérêts des parties civiles a évoqué l’éthique du sapeur-pompier : «Je ne veux connaître ni ta philosophie ni ta religion ni ta tendance politique. Peu m’importe que tu sois jeune ou vieux, riche ou pauvre, sénégalais ou étranger. Si je me permets de te demander quelle est ta peine, ce n’est pas par indiscrétion, mais bien pour mieux t’aider. Quand tu m’appelles, j’accours, mais assure-toi de m’avoir alerté par les voies les plus rapides et les plus sûres. Les minutes d’attente te paraîtront longues, très longues dans ta détresse. Pardonne mon apparente lenteur», a-t-il lu avant de réclamer en guise de réparations la somme de 600 mille francs.
Le Parquet, convaincu aussi de la culpabilité des prévenus, a requis 6 mois ferme contre tous. Quant à la défense, elle a plaidé la clémence en sollicitant une application bienveillante de la loi. Une demande acquise par le Tribunal qui, après avoir relaxé Abdou Ndiaye et Elie Gomis, a condamné Victor Gomis, Mass Ndiaye et El Hadji Ndiaye à 3 mois ferme et à payer aux parties civiles la somme de 500 mille francs en guise de dommages et intérêts.
LE CAS DE MBAYE NDIAYE
Venu accomplir son devoir citoyen hier à l’école primaire Hlm Grand Médine, l’ancien ministre de l’Intérieur n’a pas pu voter
Venu accomplir son devoir citoyen hier à l’école primaire Hlm Grand Médine, l’ancien ministre de l’Intérieur n’a pas pu voter.
Pour cause, sa date de naissance sur sa carte d’identité de la CEDEAO ne correspond pas avec celle sur le fichier électoral. «Sur le fichier électoral Mbaye Ndiaye est né le 31 décembre 1953 alors que sur la nouvelle carte d’identité CEDEAO tout comme l’ancienne, il est né le 1er janvier 1953. Donc il y a une différence. Je me soumets à la loi», a admis le ministre d’Etat. Mais, soulignait-il, l’erreur matérielle est admi se et peut être corrigée selon les dispositions du Code électoral, notamment les articles L86, L1 138 et L1 139, qui réglementent les conditions de fonctionnement des commissions départementales de recensement et de la Com mission nationale de recensement des votes. Pour lever toute équivoque, Mbaye Ndiaye a demandé au président de la commission de transcrire l’ensemble de ses observations notamment la différence de sa date de naissance sur sa carte CEDEAO et le fichier électoral qu’il va remettre au préfet. On a appris plus tard qu’il aurait réussi à voter.
PAR MADIAMBAL DIAGNE
MACKY DANS LES CHRONO DE WADE 2007
Il faudrait véritablement prendre ses désirs pour des réalités pour qu’un Wade puisse s’imaginer que les Sénégalais qui l’avaient chassé en 2012, de manière cinglante (+65%) puissent se mettre aujourd’hui à suivre aveuglément ses mots d’ordre subversif
Me Abdoulaye Wade a gouverné son peuple pendant douze ans. Avant, il avait drainé les foules pendant vingt-six ans, comme le principal opposant des présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf.
Mais le premier enseignement que l’on peut retenir du scrutin présidentiel d’hier est que Abdoulaye Wade a été superbement ignoré. Les électeurs ont comme voulu montrer qu’un mot d’ordre de Abdoulaye Wade ne saurait les engager.
D’ailleurs, au vu du niveau de participation manifestement plus élevé que lors des dernières élections législatives de juillet 2017 (53%), on pourrait se demander si les Sénégalais n’avaient pas réagi pour se rebeller en quelque sorte contre la consigne de Abdoulaye Wade.
Abdoulaye Wade désavoué
Ainsi, se sont-ils mobilisés devant les bureaux de vote pour exprimer leur devoir citoyen. Le taux de participation tourne autour de 55%, plus que lors des dernières élections de 2017 et bien plus que lors des élections présidentielles de 2007 et de 2012, avec respectivement des taux de 34 et de 36%.
D’ailleurs, il faudrait véritablement prendre ses désirs pour des réalités pour qu’un Abdoulaye Wade puisse s’imaginer que les Sénégalais qui l’avaient chassé en 2012, de manière cinglante (+65%) puissent se mettre aujourd’hui à suivre aveuglément ses mots d’ordre subversifs.
La déconvenue de 2012 aurait pu suffire comme leçon à Abdoulaye Wade. Mais s‘il avait appris la leçon, il ne se mettrait pas à vouloir forcer la candidature de son fils Karim Wade au point de menacer de mettre le feu au Sénégal. Déjà, en 2008, ils étaient nombreux, les Sénégalais, à braver l’interdiction de Abdoulaye Wade à participer aux Assises nationales organisées par l’opposition.
D’aucuns s’étaient décidés à se joindre aux travaux des Assises nationales, simplement pour montrer à Abdoulaye Wade, président de la République, qu’ils ne se laisseraient pas dicter leur choix. Une certaine rébellion a pu s’exprimer contre l’appel d'Abdoulaye Wade. Le désaveu d'Abdoulaye Wade s’est exprimé jusque dans son intimité, car des membres de son propre personnel domestique ont pu aller voter et afficher cela sur les réseaux sociaux.
Ainsi, les électeurs ont exprimé librement et tranquillement leurs votes. L’ambiance de calme et de sérénité a, une fois de plus, conforté l’image d’une démocratie mûre et forte. Les électeurs ont pu montrer une réelle confiance au processus électoral. On a pu observer la présence des représentants des différents candidats dans les bureaux de vote et tous les contrôles les plus stricts ont été opérés pour identifier les électeurs et garantir la sincérité du vote.
Dans les opérations de dépouillement, les représentants des candidats ont pu librement contrôler les suffrages, en compagnie des membres des bureaux de vote et des représentants de la Commission électorale nationale autonome (Cena) ainsi que des observateurs nationaux comme internationaux. Ces observateurs ont été unanimes à saluer les opérations de vote qui ont satisfait à tous les standards internationaux.
Aly Ngouille Ndiaye a réussi à faire taire les critiques contre sa personne
Le ministre Aly Ngouille Ndiaye et ses collaborateurs du ministère de l’Intérieur, chargés de l’organisation matérielle des élections, ont tiré leur épingle du jeu. Les leçons ont été bien tirées des désordres constatés lors des élections législatives de 2017. Le désordre des élections législatives nous avait fait écrire dans une chronique intitulée «Le carton jaune des urnes», en date du 31 juillet 2017, que le «désordre avait donné un coup à l’image de la démocratie sénégalaise».
Pour le scrutin présidentiel de ce 24 février 2019, les matériels électoraux ont été déployés à temps dans les bureaux de vote et la sécurité a été garantie dans l’ensemble du territoire national. Le ministre Ndiaye s’était fait un point d’honneur de ne pas laisser des perturbateurs arriver à entacher le processus électoral. On avait assisté à des saccages de bureau de vote dans des localités comme Touba.
Les opérations électorales se sont déroulées avec une certaine célérité. Les bureaux de vote avaient ouvert à l’heure et par exemple les observateurs avaient pu rapporter qu’à 8h 30 minutes, plus de 98% des bureaux de vote avaient démarré les opérations. Le vote s’est déroulé sans discontinuité et le passage des électeurs a été fluide, vu le nombre relativement réduit des candidats. La menace était d’autant plus grande que les opérations de vote étaient annoncées pour être sabotées. Il a mis en place un dispositif qui s’est révélé on ne peut plus efficace. Le ministre de l’Intérieur est assurément à féliciter. Il est aussi heureux qu’il ait pu taire toutes les critiques et les appréhensions qui avaient entouré sa nomination à la Place Washington. L’opposition avait voulu faire de la personne du ministre de l’Intérieur, qui se trouve être un responsable politique du parti du Président Macky Sall, un motif de contestation électorale.
Macky Sall gagne Dakar, Idrissa Seck s’impose à Touba
Touba ne réussit pas à Macky Sall. Une fois de plus, Touba a voté contre le président Macky Sall et a jeté son dévolu sur Idrissa Seck. Il n’est pas exagéré de dire que Touba n’aime pas Macky Sall. Les défaites précédentes de Macky Sall avaient été expliquées selon que le vote de Touba répondait à un affectif très fort pour Abdoulaye Wade, mais cette explication ne saurait tenir dans la mesure où Abdoulaye Wade n’a pas été candidat et n’a pas soutenu de candidat à cette élection présidentielle.
Aussi, on peut constater que les réalisations aussi grandioses ou populaires conduites par Macky Sall ne lui permettraient pas de conquérir le cœur des populations de Touba. Les résultats du vote amènent à questionner la recherche d’un certain clientélisme avec le clergé de Touba. Par contre, les résultats réalisés par Macky Sall dans la région de Dakar peuvent constituer une belle surprise. Macky Sall a fait une «remontada» par rapport aux différentes élections précédentes. Les scores de Macky Sall à Dakar lui ont permis de contenir la casse.
Un vote ethnique et régionaliste affirmé
Les résultats sortis des urnes montrent éloquemment que la fibre ethnique ou régionaliste a eu un gros impact sur le vote du 24 février 2019. Le candidat Macky Sall a réalisé un raz de marée, notamment dans les régions «pularophones» et dans sa région natale de Fatick. Aussi, Ousmane Sonko a fait d’excellents résultats dans la région naturelle de Casamance, tandis que Idrissa Seck a gardé la mainmise sur son fief de Thiès. Ousmane Sonko constitue la grande révélation de ce scrutin.
Il a fait jeu égal avec Idrissa Seck alors qu’il n’a pas bénéficié de soutiens des autres candidats de l’opposition qui étaient recalés par le système de parrainage des candidatures. Ousmane Sonko a réalisé ses scores grâce à son seul mérite. Il se révèle ainsi comme une force politique montante et a sans doute pu compter sur le vote des primovotants. Reste à garder le cap.
Macky Sall fait comme Wade en 2007
Les tendances lourdes issues de ce scrutin donnent Macky Sall vainqueur au premier tour. Il gagne dans les mêmes proportions que Abdoulaye Wade au premier tour de la présidentielle de 2007, avec des scores autour de 54%. Il est clair que l’opposition contestera de tels résultats sortis des urnes. Les candidats de l’opposition avaient déjà annoncé la couleur avant même l’ouverture de la campagne électorale, disant qu’ils n’accepteraient pas des résultats qui donneraient Macky Sall vainqueur.
Aussi, avant toute compilation des résultats, les états-majors de l’opposition avaient annoncé à travers les radios, télévisions, réseaux sociaux et autres supports l’inéluctabilité d’un second tour. Cette perspective avait même été annoncée par ces candidats durant la journée du vote, au moment où les opérations électorales étaient en cours.
C’est dire...C’est bis repetita. En 2007, quand Abdoulaye Wade avait remporté le scrutin présidentiel au premier tour, ses opposants avaient vivement contesté l’élection, soutenant l’impossibilité pour le président sortant de gagner au premier tour. Il demeure que Macky Sall gagne toutes les régions, mais perd trois départements comme Ziguinchor, Mbacké et Thiès.
Les résultats du vote démentent éloquemment les affirmations d'Abdoulaye Wade qui affirmait urbi et orbi que les résultats étaient écrits d’avance et que Macky Sall remporterait ainsi le scrutin avec des scores de plus de 60%.
«LE PRESIDENT QUI SERA CHOISI DEVRA ETRE CELUI DE TOUS LES SENEGALAIS»
C'est à 9h que le président sortant a voté hier, dimanche 24 février, à Fatick au centre Thierno Mamadou Sall, dans le bureau N°3. Après avoir accompli son devoir civique, Macky Sall a espéré que celui qui sera élu sera le président de tous les Sénégalais
C'est à 9h que le président sortant a voté hier, dimanche 24 février, à Fatick au centre Thierno Mamadou Sall, dans le bureau N°3. Après avoir accompli son devoir civique, Macky Sall a espéré que celui qui sera élu sera le président de tous les Sénégalais.
L e chef de l'État sortant, candidat à sa propre succession a quitté hier, jour du scrutin, très tôt Dakar pour se rendre à son lieu de vote, à Fatick. Après avoir accompli son devoir citoyen au centre Thierno Mamadou Sall, plus précisément au bureau de vote N°3, Macky Sall s'est adressé à la presse, face à de nombreux militants et sympathisants venus lui exprimer leur soutien. Il a indiqué que le choix des Sénégalais doit être accepté par tous. Mieux, il dira espérer que « le président qui sera choisi devra être le président de tous les Sénégalais».
Auparavant, le candidat de Bby a tout d'abord salué le peuple sénégalais pour le calme noté en ce début de scrutin. Il a ainsi rendu grâce aux Sénégalais pour leur « maturité » et leur « engagement envers la République et leur détermination à exercer leur choix dans le calme, la sérénité ». Il dit espérer qu'au terme de cette élection, le peuple sénégalais sera le seul vainqueur. Il n'a pas manqué d'estimer que ce président sera lui. A noter que le centre où a voté le président sortant compte au total 10 bureaux de vote, pour 5469 inscris. L'ensemble de la commune de Fatick comprend 6 centres de vote.
IDY ET LE SCÉNARIO DE 2017
Annoncée comme étant l’une des régions décisives avec Dakar et Diourbel à la course présidentielle, Thiès n’a pas déçu
Elle aura tenu toutes ses promesses. Annoncée comme étant l’une des régions décisives avec Dakar et Diourbel à la course présidentielle, Thiès n’a pas déçu.
Les premières tendances confirment une forte avance de Idrissa Seck dans la ville. Mais le monde rural de Thiès n’a pas tout dit. Comme aux Législatives, il semble réserver un renversement, alors que Mbour et Tivaouane ont porté les couleurs beige-marron de Benno bokk yaakaar. Il faut dire, d’ailleurs, que les appétits farouches des lieutenants de Macky Sall comme Abdou Mbow, Alioune Sarr et Ciré Dia, Malick Mbaye, entre autres, ont semblé payer à bien des égards dans la capitale du rail qui n’est plus loin d’être imprenable.
THIES PERD LA VOIE
En campagne à Thiès, tous les cinq candidats à la Présidentielle se sont prononcés sur le redressement du chemin de fer - Pour des Thiessois, «ce sont justes des promesses de campagne»
En campagne à Thiès, tous les cinq candidats à la Présidentielle se sont prononcés sur le redressement du chemin de fer. Ils ont promis une fois à la tête du pays de le relancer, car étant en arrêt presque depuis plusieurs mois. Pour des Thiessois, «ce sont justes des promesses de campagne».
Dans une ville comme Thiès, capitale du rail, les candidats, pour convaincre, se doivent de mettre parmi leurs priorités la question du chemin de fer. D’autant que l’électorat thiessois dont les 80% sont constitués de la masse silencieuse, qui ne prend jamais part aux caravanes encore moins aux meetings, est composé dans son immense majorité de la famille cheminote. Et donc tenir un discours à Thiès sans pour autant évoquer le problème des cheminots, ce serait passé à côté. Ce que les cinq candidats à l’élection présidentielle ont compris. Ils ont tous promis une fois à la tête du pays de relancer les activités du chemin de fer presqu’à l’arrêt depuis plusieurs mois.
Cheikh Dièye, un Thiessois rencontré au quartier Diamaguène, pense qu’«on ne saurait jamais ce qu’il y a derrière la tête des candidats, mais ce qu’on peut remarquer, c’est que le président de la République sortant, Macky Sall, n’a pas honoré ses engagements par rapport à la relance du chemin de fer. On a également vu que Idrissa Seck, du temps de sa toute-puissance, étant n°2 du Parti démocratique sénégalais (Pds), n’avait pas pensé pour autant à la survie du rail». Pour lui, «l’espoir pourrait renaître du côté des trois autres candidats». Fils d’un ancien cheminot, Sidy Samb trouve normal le discours des candidats sur le chemin de fer parce que, explique-t-il, «quand ils viennent à Thiès, ils ne peuvent ne pas parler du chemin de fer quand on sait que Thiès est la cité du rail».
Mieux, poursuit-il, «toute l’économie de Thiès et toutes les activités génératrices de revenus de la ville de Thiès dépendaient un peu du chemin de fer. Et ce, indépendamment de ce que le chemin de fer soit générateur d’emplois. Il n’y a pas eu une seule famille à Thiès où il n’y a pas au moins un seul cheminot. Donc qu’ils viennent à Thiès battre campagne, c’est normal qu’il parle du chemin de fer». Et selon M. Samb, la seule question maintenant qui mérite d’être posée est de savoir «est-ce qu’ils sont sérieux dans ce qu’ils disent» parce que, rappelle-t-il, «depuis la privatisation, les gens ne cessent de parler du chemin de fer. On va de promesses en promesses. Tous les Présidents qui se sont succédé ont fait des promesses. Lesquelles ne sont jamais réalisées». Il s’offusque : «La preuve, c’est la dernière sortie de l’Administrateur général du la société Dakar-Bamako ferroviaire (Dbf), Kibily Touré. Il a fait des promesses aussi chimériques qu’impossibles.» Il explique : «Quand il parle de 12 locomotives qu’ils vont louer et qui ne peuvent pas atteindre Bamako, ça pose problème. Parce que lui-même a dit que tous les points critiques de la voie allant de Dakar à Tambacounda seront réhabilités, mais il reste le plus gros du problème, c’est Kidira-Bamako. Et là, il va falloir que l’on attende l’adhésion des deux Etats.» Et de laisser entendre : «On ne peut pas louer des locomotives alors que la voie de la ligne de Kidira à Bamako n’est pas praticable.» Pour dire, selon le fils de cheminot, «ces locomotives ne vont pas relancer l’activité ferroviaire de Dbf parce que je ne pense pas que les Maliens vont accepter de prendre leurs marchandises depuis le port de Dakar pour les débarquer à Tambacounda pour ensuite faire le reste du parcours par véhicule. Donc si Dbf loue des locomotives, c’est à perte».
Ainsi, le Thiessois pense que pour redresser le chemin de fer, il faut une véritable politique ferroviaire consistant à la reprise de toutes les voies de transport de passagers. «Le chemin de fer, ce n’est pas seulement le corridor Dakar-Bamako. Celui-ci est une ligne internationale. Il y a une ligne intérieure qui va de Dakar à Saint-Louis, de Louga à Linguère, de Thiès à Tambacounda et de Thiès à Kaolack. Ça c’est le transport voyageur. C’est ça qu’il faudra faire avant de penser au corridor Dakar-Bamako.» Il pense qu’«il faut une réelle politique ferroviaire pour reprendre toutes les lignes à l’intérieur avant de développer un corridor Dakar-Bamako». S’agissant de la promesse du chef de l’Etat sortant de redresser le chemin de fer en avril prochain, il dit : «Ce n’est pas possible qu’il le fasse parce que pour cela il faudrait qu’il soit d’accord avec le Président malien sur ce qu’il y aura à faire. Ce n’est pas à lui seul de décider. C’est entre deux Etats. Et quels que soient les efforts que nous fournirons ici au Sénégal, si les Maliens ne font pas la même chose, l’activité ne va pas reprendre.»
VIDEO
NOUS AVONS FAIT LE PLEIN MAIS IL FAUT ÊTRE TRÈS PRUDENT
EXCLUSIF SENEPLUS - Les tendances actuelles confirment le score attendu par BBY - Mais laissons les organes habilités proclamer les résultats - Cissé Lo refuse de tomber dans l’euphorie
Youssouf Ba et Oumar Niane |
Publication 25/02/2019
C’est un Cissé Lo chaud bouillant comme toujours qui était face à la caméra de www.seneplus.com pour commenter les tendances diffusées par les médias. Selon le responsable de BBY, son candidat va certainement passer dès le premier tour. ‘’Nous avons fait le plein. Les tendances actuelles confirment le score que Benno attendait. Nous pensons que nous allons remporter ces élections avec au moins 55%’’, a-t-il déclaré, précisant que ni la presse, ni les candidats encore moins les partisans n’ont le droit de proclamer les résultats. ‘’ Il faut être très prudent parce que nous sommes dans une démocratie majeure et nous disposons d’organes habilités à donner les résultats définitifs’’, déclare le permier vice-président de l'Assemblée nationale.
Voir vidéo.
MACKY SALL GAGNE MAIS L’OPPOSITION TOUJOURS PLUS FORTE
Toutefois, force est de constater que dans les centres de vote témoin, le président sortant est suivi par Ousmane Sonko, puis Idrissa Seck, laissant planer une possibilité de second tour dans la commune des Parcelles assainies.
Au sortir de la présidentielle d’hier, dimanche 24 février, le candidat de la mouvance présidentielle, Macky Sall, part favori dans la commune des Parcelles assainies, si la tendance se précise. Toutefois, force est de constater que dans les centres de vote témoin, le président sortant est suivi par Ousmane Sonko, puis Idrissa Seck, laissant planer une possibilité de second tour dans la commune des Parcelles assainies.
Les Parcelles assainies votent pour la continuité. C’est la tendance qui s’affiche après les résultats de certains centres témoins de la commune. En effet, si les résultats se confirment, le président sortant, candidat à sa propre succession gagnera le plus grand bastion électoral de Dakar. Sur les 5 centres de vote visités, à savoir le centre de l’Unité 8, Unité 14, Unité 10, Unité 25 et école HLM Grand Médine, soit 70 bureaux de vote sur les 169 bureaux que comptent les 13 centres de la commune, Macky Sall sort vainqueur de la présidentielle. Sur un total de 40.928 inscris pour 28.408 votants et 28.370 suffrages valablement exprimés, le candidat de la mouvance présidentielle totalise 13.317 voix. Il est suivi par Ousmane Sonko, qui fait une percée en totalisant 8.502 voix et de Idrissa Seck avec ses 6.156 voix. Le candidat El Hadji Issa Sall sort 4ième dans la commune avec 1.159 voix, et enfin Madické Niang ferme la marche avec 333 voix.
Pour autant, le spectre du second tour se profile, si l’on se tient à la tendance qui se dessine dans la commune des Parcelles, sur la base des résultats des 5 centres visités. Le cumul des voix des candidats de l’opposition indique que le candidat Macky Sall ne dispose pas de la majorité des voix. En effet, l’ensemble des voix de l’opposition fait 16.150 voix, là où Macky Sall compte 13.317 voix. Les 4 candidats de l’opposition font un pourcentage cumulé de 82,45% dans les bureaux témoins cités. Ainsi donc, malgré la victoire dans la commune, Macky Sall semble être minoritaire, si bien évidemment tout se confirme.
Par ailleurs la population des Parcelles assainies a fortement participé à la présidentielle, si l’on se fie à la tendance notée dans les 5 centres de vote de la commune. Sur un total de 40.928 inscris dans ces bureaux cités ci-dessus, 28.408 électeurs ont répondu présent hier, dans les bureaux de vote. Soit un taux de participation de 69,40% pour cette présidentielle.
A noter, par ailleurs, que dans la commune des Parcelles assainies, le scrutin s’est passé sans anicroche, même si certains électeurs n’ont pas pu voter, car ne retrouvant pas leur nom sur le fichier électoral. La police veillait au grain dans l’ensemble de la commune assurant la quiétude à l’ensemble des électeurs qui ont effectué le déplacement.
MACKY SALL CONSERVE GUEDIAWAYE
A Guédiawaye, le candidat Macky Sall enregistrerait le meilleur score. Il est talonné par Idrissa Seck et Ousmane Sonko. Dans les centres de vote témoin, Macky Sall a obtenu par exemple à Ndiarga Diagne (Golf Sud) 2255 voix contre 1115 pour la coalition I
M DIEDHIOU ET A DIOP ET I BALDE |
Publication 25/02/2019
A Guédiawaye, le candidat Macky Sall enregistrerait le meilleur score. Il est talonné par Idrissa Seck et Ousmane Sonko. Dans les centres de vote témoin, Macky Sall a obtenu par exemple à Ndiarga Diagne (Golf Sud) 2255 voix contre 1115 pour la coalition Idy-Président.
A l’école Khaly Madiakhaté Kala A, avec ses 19 bureaux de vote, il a engrangé 3474 voix contre respectivement 1912 pour Idy et 965 pour Sonko. Les 7 bureaux de vote de l’école Khaly Madiakhaté Kala B donnent vainqueur Macky Sall avec 1508 voix contre 661 pour Idrissa Seck et 359 pour Ousmane Sonko. Au centre de vote du Collège Pikine Est/A, où le maire de Wakhinane Nimzatt, Racine Talla, directeur général de la Rts, a accompli son acte citoyen, le candidat Macky Sall a obtenu un score de 2031 voix contre 1096 d’Idrissa Seck et 590 pour le leader de la coalition Sonko-Président.
A Golf, Aliou Sall, maire de la ville de Guédiawaye, reste maitre chez lui. Le frère du président sortant a gagné dans son centre de vote (4 bureaux de vote), où sa coalition a enregistré un score de 626 voix. Ousmane Sonko et Idrissa Seck obtiennent respectivement 422 et 236 voix.
Malick Gakou perd encore !
Après les législatives de 2017 et le référendum de 2016, le leader de la coalition Idy2019 de Guédiawaye, Malick Gakou a encore perdu dans son propre bureau de vote. La coalition de l’ancien ministre des Sports a obtenu 163 voix contre 184 pour la coalition Bennoo Bokk Yaakaar. C’est le cas aussi des autres bureaux de vote où Macky arrive largement en tête. Par exemple, le président sortant obtient 210 voix dans le bureau n°4 contre 160 pour Idrissa Seck.
Le Préfet confirme !
Interrogé par nos confrères de l’APS, le préfet Chérif Mouhamadou Ndiaye, souligne que « les premières tendances du scrutin présidentiel sont favorables au candidat de la coalition Bby dans le département de Guédiawaye, sur la base des résultats des bureaux témoins ».
« Le président sortant arriverait en tête avec près de 52% des voix. Il est suivi de Idrissa Seck qui récolte 26%, le leader de Pastef, candidat de Sonko Président ’, Ousmane Sonko arrive 3e avec 15%. Le professeur El Hadji Sall dit El Hadj Issa Sall arrive quatrième avec 4%, tandis que Madické Niang occupe la cinquième place avec environ 1,5 %, pour un taux de participation de 73% », informe le Préfet. Composé de cinq communes : Golfe-Sud, Ndiarème Limamoulaye, Wakhinane-Nimzath, Médina Gounass et Sam Notaire, le département de Guédiawaye, rappelons-le, compte au total 38 lieux de vote pour 350 bureaux de vote et 195. 332 électeurs inscrits.
CONFUSION GÉNÉRALE À L'HEURE DES PREMIERS RÉSULTATS
Le premier ministre a désigné le président sortant Macky Sall vainqueur, sans prendre la peine d’attendre les résultats officiels
Le Monde Afrique |
Matteo Maillard |
Publication 25/02/2019
C’était une journée de vote paisible dont rien ne laissait présager l’achèvement dans la colère et la confusion. Dimanche 24 février, 6,7 millions d’électeurs ont patiemment fait la queue devant les 14 600 bureaux de vote dispersés partout au Sénégal afin de désigner le chef de l’Etat des cinq prochaines années.
Peu après minuit, au siège de campagne du président sortant, candidat à sa succession, Macky Sall, son premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne a pris la parole devant des centaines de militants pour le désigner vainqueur, sans même attendre les résultats officiels. « Il nous faut féliciter le président Macky Sall pour sa réélection dès le premier tour, a-t-il clamé devant une foule en liesse. Nos résultats compilés expriment que notre candidat a été largement victorieux dans treize des quatorze régions du pays (…). Nous pouvons nous attendre à un minimum de 57 %. » « Dès demain, notre candidat se mettra au travail pour mettre ce pays sur la voie de l’émergence », a conclu le premier ministre.
La déclaration a provoqué l’incrédulité sur les réseaux sociaux et parmi la population, qui s’est étonnée d’une annonce aussi précipitée. Les commissions de recensement des votes ont en effet jusqu’à mardi midi pour publier les résultats officiels au niveau départemental. Ce sera alors à la Commission nationale de recensement de les proclamer à l’échelle du pays avant vendredi minuit.
Une heure avant cette annonce, les deux candidats favoris de l’opposition, Ousmane Sonko et Idrissa Seck, ont fait front commun pour annoncer un « inévitable second tour » dans une « conférence de presse » où tous les médias n’étaient pas les bienvenus : deux journalistes – de RFI et de Jeune Afrique – ont dû être escortés hors de la salle devant l’hostilité de l’assistance.
Atmosphère trouble
« Les résultats déjà compilés nous permettent de le dire : un deuxième tour s’annonce », a affirmé l’ancien premier ministre Idrissa Seck, qui se présente pour la troisième fois à la présidentielle. Quant à Ousmane Sonko, le candidat « antisystème » de ce scrutin, il a tancé la presse nationale et étrangère. « J’invite la jeunesse à protester devant tout média prenant la responsabilité de déclarer Macky Sall vainqueur au premier tour sans les résultats officiels », a-t-il précisé dans un message.
Cette atmosphère trouble, au lendemain d’un scrutin pacifique, jette le doute sur l’issue véritable de l’élection. Compte tenu de la contestation manifeste de l’opposition et des délais légaux de proclamation des résultats, un éventuel second tour pourrait se tenir le 24 mars.
Cette situation rompt avec la tradition électorale sénégalaise qui veut que les perdants attendent les premiers résultats provisoires de la Commission de recensement pour annoncer leur défaite et féliciter le vainqueur. Mais en 2012 déjà, le camp du président sortant Abdoulaye Wade avait annoncé, avant les premiers résultats provisoires, avoir emporté la présidentielle dès le premier tour avec 53 % des voix. Cela s’était révélé faux : le candidat Wade n’avait obtenu, après décompte officiel, que 34,8 % des suffrages.
Cinq candidats en lice
Selon le premier ministre, les équipes de campagne du président Macky Sall auraient cette fois basé leurs calculs sur « des collectes de résultats provisoires remontés des bureaux de vote et compilés avec ceux de la presse ».
Macky Sall avait beaucoup misé sur ce premier tour, espérant en éviter un second. Le président sortant craint de subir, s’il est soumis à un nouveau vote en mars, le sort de tous les présidents sortants, et qu’une alliance de l’opposition se forme pour lui ravir son fauteuil. Le pays connaît bien ce scénario puisque c’est celui qui a mené aux deux alternances démocratiques que le Sénégal a connues.
Cinq candidats sont en lice pour diriger les 16 millions d’habitants. Face au sortant, l’ancien ministre Madické Niang et l’universitaire Issa Sall s’ajoutent au duo Ousmane Sonko et Idrissa Seck, qui n’a jamais caché miser sur un scrutin à deux tours.
Avant la campagne, l’ex-maire de Dakar Khalifa Sall, qui se taillait un costume de premier opposant politique dangereux pour la présidentielle, avait été arrêté pour « escroquerie portant sur les deniers publics » en 2017, disparaissant du même coup de l’échiquier politique. Comme Karim Wade, du Parti démocratique sénégalais, devenu premier parti d’opposition sous Macky Sall, dont la candidature à la présidentielle a été écartée par le Conseil constitutionnel le 20 janvier à cause de son passé judiciaire.