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29 août 2025
PAR MASSAMBA DIAGNE
MILLE ET UNE RAISONS DE VOTER CONTRE MACKY
Son élection à la tête du pays est un accident de l’histoire et la pire erreur des citoyens sénégalais qui lui ont fait confiance en faisant abstraction de son parcours avec son ancien allié maître Abdoulaye Wade
A quelques heures de l’élection présidentielle du 24 Février 2019 et après une campagne électorale très mouvementée avec son lot de violence sauvage, d’intimidation des marrons du feu de la coalition Benno Bokk Yakaar, de morts de gendarmes et de simples citoyens, d’achat de conscience pour remplir les meetings du président Macky Sall, les électeurs sénégalais seront face à leurs responsabilités devant l’histoire pour choisir en toute objectivité l’homme qui aura la charge de présider aux destinées du pays de la Teranga.
Il s’agira de trancher entre les programmes des uns et des autres pour guider nos choix et engagements citoyens. Mais également, cette élection présidentielle est le moment de sanctionner positivement ou négativement le bilan du président sortant, monsieur Macky Sall en citoyens libres et responsables.
Pendant sept longues années et par la seule volonté du roi de la cour de Benno Bokk Yakaar, les citoyens sénégalais ont eu amplement l’opportunité de pouvoir juger de la pertinence des politiques publiques mises en place par le régime du président Macky Sall et de leur impact réel sur leur vécu au quotidien.
A partir de ce moment fatidique, il revient à chacun et à chacune d’entre nous de se déterminer par rapport aux multiples engagements contractés envers le peuple par le candidat et actuel président de la République, monsieur Macky Sall entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012, mais aussi par rapport à sa pratique et sa gestion du pouvoir. Et sur ce plan, le président Macky Sall et ses hommes de main, dames de compagnie et thuriféraires zélés ont replongé le peuple sénégalais dans la gouvernance sombre et dans l'arrogance des dignitaires du régime libéral de maître Abdoulaye Wade.
Les mêmes pratiques de détournement de deniers publics et l’insolence des nouveaux parvenus ont terni et marqué à jamais le magistère du président Macky Sall, lui qui s’enorgueillit de ses travaux, voire réalisations que seules les personnes aux « yeux bandés » refusent de voir. Personne ne refuse de voir vos œuvres. Nous les voyons trop bien même. Cependant, nous estimons que beaucoup de vos projets à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA n’ont pas de retombées significatives sur nos entreprises du secteur privé et ne respectent aucunement les règles d’attribution des marchés publics.
Que dire de vos infrastructures Dakar Arena, du CICAD, de l’autoroute Ila Touba confiés à des entreprises étrangères comme si le secteur des BTP sénégalais manque de compétence et des ingénieurs et ouvriers qualifiés ? Notre locataire du palais Roume souffre d’un complexe inouïe de l’étranger, mieux de l’occidental. Pourtant, notre expertise locale et nationale est très souvent sollicitée par les pays de la sous région. Ce manque de patriotisme économique est un marqueur indélébile du septennat du président Macky Sall.
Au-delà de vos réalisations d’infrastructures de prestige et de leur coût exorbitant, vous nous avez montré et indiqué une mauvaise image d’un président de la République que les citoyens sénégalais dans leur immense majorité abhorrent et qui rompent avec notre modèle de dirigeant fiable et respectueux de ses engagements.
Dites – nous, monsieur Macky Sall, pourquoi voulez vous solliciter encore du peuple son soutien, voire son adhésion à votre gestion du pouvoir alors que vous êtes revenu toute honte bue sur de multiples engagements en trahissant la confiance des citoyens sénégalais ?
Pourquoi, monsieur Macky Sall, pourquoi devrons vous faire confiance encore une deuxième fois alors que votre parole n'est jamais honorée et ne vaut plus rien au Sénégal ?
Votre crédibilité en tant que chef de l’Etat est fortement entachée par vos mensonges et vos reniements perfides qui n’honorent pas votre fonction.
Chaque électeur sénégalais de surcroît patriote jusqu’au bout des ongles et qui met par-dessus tout la défense des valeurs de la République, l’indépendance de la justice, le préservation de l’intérêt général au cœur de son action politique ou citoyenne, ne peut que désavouer votre gestion du pouvoir.
Sous votre régime, la magistrature est au banc des accusés. Des voix fusent de partout même au sein de l’Union des magistrats du Sénégal pour dénoncer l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire par le pouvoir exécutif. Les citoyens sénégalais en sont arrivés même à taxer certains magistrats de corrompus et de bras armes de la mouvance présidentielle en vue de réduire drastiquement le champ d’exercice de nos droits et libertés. Une justice sélective qui sévit avec célérité pour arrêter et condamner vos adversaires politiques et qui est si prompte à laisser tranquille vos partisans même si de lourdes charges de détournement de deniers publics et de mauvaise gestion pèsent sur eux.
Un procureur de la République, Serigne Bassirou Guèye qui menace à bout de champ nos compatriotes qui fustigent votre gestion clanique du pouvoir et qui préfère raser les murs ou observer un silence de momie sur plusieurs dossiers de malversations financières.
Les dossiers de Petro Tim, du COUD, de la poste, de la SAR, du Port de Dakar, du Prodac et d’autres encore impliquant les membres de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar sont rangés dans les tiroirs et aucun magistrat n’ose ouvrir ne serait ce qu’une information judiciaire pour éclairer la lanterne des citoyens sur ces cas de spoliation et de prévarication de nos deniers publics.
Votre slogan de gestion sobre et vertueuse est rangé dans les tiroirs le temps de votre passage à la tête de ce pays pour laisser place à l’opacité, au détournement de deniers publics, à des scandales à répétition, au népotisme, au trafic d’influence, à la corruption et à une impunité totale des voleurs à col blanc de la République.
Vous avez réussi en si peu de temps à laisser planer le doute dans la conscience de nos compatriotes sur votre volonté machiavélique de promouvoir principalement une certaine frange de la population avec un relent ethniciste à tous les postes de direction au sein de l’administration territoriale, voire des entreprises publiques au détriment du reste de la population. Vous vous appuyez de manière lâche et irresponsable sur cette fibre clanique pour manipuler à votre guise les souches les plus vulnérables de la société.
Nous retiendrons également de votre septennat un délitement progressif du socle des valeurs de la société sénégalaise. Jamais dans l’histoire du pays, un président de la République n’a été traîné dans la boue de manière ordurière comme vous l’êtes dans le pays et dans les réseaux sociaux. Un président de la République que personne ne respecte et à qui n’importe quel énergumène peut vilipender à cœur joie et à juste raison parfois sur sa propension immodérée aux mensonges et à des attaques de bas étage sur les opposants sénégalais.
Jamais également dans l’histoire de notre jeune nation, un président de la République n’a montré au peuple autant de signes de méchanceté et de rancune envers ses adversaires politiques à l’instar du maire de Dakar monsieur Khalifa Ababacar Sall rien que pour assouvir un désir immodéré du pouvoir.
Jamais aussi dans l’histoire du pays, l’autorité du chef de l’Etat n’a été aussi bafouée que sous votre magistère. En effet, des membres influents de la mouvance présidentielle Benno Bokk Yakaar à l’instar du député Moustapha Cissé Lô vous défient continuellement et savent pertinemment qu’ils ne risquent rien en raison même de votre faiblesse et de votre manquement de courage légendaire à faire face de manière loyale à l’adversité .
Sous votre magistère aussi, nous retiendrons le trop plein de pouvoir de votre frère monsieur Aliou Sall, le maire de Guédiawaye qui a pris en si de peu de temps des galons pour se permettre de narguer nos compatriotes alors qu’il se doit en toute objectivité de respecter nos concitoyens en raison même du fait qu’il n’est pas à sa place.
Nous retiendrons également votre participation à Paris avec les blasphémateurs du prophète Mohamed (PSL) en soutien à Charlie Hebdo. Cet acte ignoble ne doit pas être considéré comme un détail insignifiant mais plus comme un passif important de votre bilan à la tête du pays.
Nous retiendrons aussi le je m’en foutisme inqualifiable des pas de danse satanique des troubadours de l’APR lors de l’inauguration de la grande Mosquée de Guédiawaye, un jour de prière, de recueillement et de ferveur de musulmans. Unième provocation le temps des jouissances folkloriques du roi de la cour de Benno Bokk Yakaar.
Sous votre magistère, monsieur Macky Sall, l’honneur, le sens du devoir et la dignité, sont rabaissés au rang de simples accessoires pour vos thuriféraires zélés. Le mensonge, la trahison, la déloyauté, la perfidie, le faux témoignage sont relevés au rang de valeurs cardinales en vue de séduire et de tromper le corps social sénégalais sur vos véritables motivations.
Sous votre magistère aussi, la transhumance, cette monstruosité est devenue une banalité grâce à votre bénédiction à accueillir ces rats de la République et à caser du personnel politique.
Un président de la République qui passe son temps à mentir froidement sans gêne le peuple, est-il en mesure de montrer la bonne à suivre, voire même à inciter à nos concitoyens le sens du devoir et de la responsabilité ?
Un président de la République qui court vers les familles maraboutiques du pays en vue de montrer sa disponibilité pour appuyer les cités religieuses du pays et qui brave le froid de Paris pour répondre à l’appel de ses maîtres français. Est-ce un homme libre et responsable ? Cherchez l’erreur.
Le président Macky Sall n’est pas un homme fiable. De surcroît, il ment de manière éhontée au peuple. Son élection à la tête du pays est un accident de l’histoire et la pire erreur des citoyens sénégalais qui lui ont fait confiance en faisant abstraction de son parcours avec son ancien allié maître Abdoulaye Wade.
Demain, il fera jour et nous avons l’immense responsabilité de mettre un terme à la chienlit qui prévaut au sein de la République. Cette élection présidentielle n’est pas gagnée d’avance par le président Macky Sall et ce malgré le trésor financier qu’il a distribué tout au long de la campagne électorale en vue de corrompre le citoyen lambda au marabout.
Ce dimanche 24 Février 2019, nos compatriotes doivent faire comprendre à notre apprenti – dictateur frileux que nous ne sommes pas ses sujets pour décider de notre sort. Malgré toutes ses tentatives immondes de voler l’élection présidentielle en instrumentalisant la justice pour empêcher la participation du maire de Dakar, monsieur Khalifa Ababacar Sall, en procédant à la rétention des cartes d’identité biométrique de beaucoup de nos compatriotes légalement inscrits sur les listes électorales, à la modification illégale du découpage des circonscriptions électorales et de son refus de confier cette élection à une personnalité neutre et indépendante, les électeurs sénégalais ont l’obligation de sortir massivement pour aller voter en vue de contrecarrer le plan machiavélique du président Macky Sall de remporter dès le soir du 24 Février 2019 un second mandat.
Malgré l’appel irresponsable de maître Abdoulaye Wade à ses partisans de boycotter l’élection présidentielle, il revient à chacun et à chacune d’entre nous de mesurer la gravité de la situation du pays pour refuser un tel chantage et ce deal non assumé de la direction du PDS avec le président Macky. Le président Abdoulaye Wade a fait son temps. Ses œuvres sont derrière lui. Nous n’accepterons pas pour les yeux et la survie politique de son fils monsieur Karim Meissa Wade, de renoncer à notre droit de vote.
Accepter ce scénario catastrophique de maître Abdoulaye Wade, c’est renoncer à notre dignité et à notre responsabilité. Ce dimanche, le pays a besoin du soutien de ses dignes fils et filles qui refusent l’ignominie et le déshonneur.
A tous ces maîtres chanteurs de tous bords, du politicien professionnel au marabout enturbanné, nous disons non à leur servitude abjecte au président Macky Sall. Ce pays ne leur appartient pas, pour qu’ils en fassent leur terrain de chasse en vue de mystifier et de manipuler les masses laborieuses en raison de leur prétendu accès au mystère.
Mobilisons-nous et sortons en masse pour faire mentir tous ces mystificateurs. Ils savent que le président Macky Sall n’est pas digne de confiance et qu'il conduit le pays inexorablement à l’abîme et à la déchéance morale.
Dans l’isoloir, chaque électeur et chaque électeur doit voter en son âme et confiance en faisant appel au socle des valeurs religieuses et sociales qui cimentent, voire organisent nos vies et de se déterminer par voie de conséquence sur le modèle de gouvernement et de gestion de nos ressources publiques qu’il ou qu’elle souhaite voir le jour au pays de la Teranga.
Il s’agit de choisir entre la pérennité du système pernicieux d’accaparement systématique de nos deniers publics mis en place depuis l’indépendance par une race de politiciens professionnels aguerris, sans foi ni loi qui ne se soucient pas de la souffrance de la majorité de nos compatriotes avec son allié de taille l’aristocratie maraboutique qui prend toujours le parti des puissants au détriment des plus vulnérables en dépit du bon sens et de la vertu, et un nouveau départ basé sur l’amour de la patrie, la défense de l’intérêt général, la fin de l’impunité, sur une justice indépendante, sur une répartition équitable de nos ressources publiques, sur la lutte contre la corruption, le népotisme, les trafics d’influence et le favoritisme. Un nouveau modèle de gouvernement et de gestion du pouvoir dans lequel tous les citoyens trouveront leur compte.
Demain incha Allah, je voterai contre le candidat Macky et le système politico-maraboutique qui lui a ouvert les bras en l’encourageant dans sa gestion partisane, clanique, sombre et nauséabonde du pouvoir. C’est fort de ce soutien qu’il se donne des ailes de tyran imbu de sa personne, brutalise nos compatriotes et refuse l’exercice de leurs droits et libertés alors que nous savons tous que cet homme est faible et peureux de nature. J’assume mon choix devant Dieu et devant le peuple de nos ancêtres et illustres prédécesseurs.
MACKY VEUT CONSERVER LA PRÉSIDENCE D'UN SÉNÉGAL À PLUSIEURS FACETTES
En 2012 la rue avait poussé vers la sortie un Wade désireux de faire de son fils son dauphin en jouant avec la Constitution - Sept ans plus tard, la gouvernance de Macky Sall est à son tour questionnée
Les Sénégalais sont invités à élire un nouveau président ce dimanche 24 février dans un pays à la situation enviable au regard de la situation régionale, mais où la vitrine démocratique a été fragilisée ces dernières années.
Le beige et le marron sont partout. Révélatrices des moyens disproportionnées mobilisés par la coalition au pouvoir, les deux couleurs choisies pour la campagne du président Macky Sall tapissent les ronds-points, carrefours, murs, jusqu’aux pagnes et T-shirts portés dans les rues sableuses de Dakar et dans des meetings bien garnis. Mais la campagne a été pauvre en débat. Les sept millions d’électeurs sénégalais qui devront choisir dimanche entre le président sortant et l’un des quatre autres candidats ont surtout entendu des invectives dans une campagne marquée par des violences parfois mortelles.
Au Sénégal aussi les « infox » ont fini par coloniser l’espace médiatique. « L’utilisation importante des réseaux sociaux avec son potentiel de manipulation est une nouveauté, explique Samba Dialimpa Badji, rédacteur en chef du site Africa Check. Nous avons constaté un certain nombre de contre-vérités. Elles ne relèvent pas toutes d’une volonté de manipuler, mais des chiffres sont erronés dans des publications du parti au pouvoir, et d’autres candidats ont présenté des fausses informations dans des petites vidéos en ligne. » L’interdiction des sondages d’opinion en période électorale (depuis 1986) n’a par ailleurs pas empêché la diffusion d’estimations peu fiables.
L’histoire se souviendra surtout de l’aventure vengeresse de l’ancien président Abdoulaye Wade, 93 ans, venu de France avec la volonté de déstabiliser un scrutin auquel son fils Karim n’a pas été autorisé à concourir. Dans une déclaration filmée diffusée avant son arrivée à Dakar le 7 février, l’ancien chef d’État a dénoncé une élection « déjà verrouillée », avant d’inciter une fois sur place à brûler les cartes d’électeur. Des appels jusqu’à présent ignorés.
Au-delà de la dramaturgie familiale, Abdoulaye Wade se voit contester par son ancien premier ministre le titre de « bâtisseur ». Dans un exercice de personnification du pouvoir poussé, Macky Sall a inauguré ces dernières semaines toutes les infrastructures qui pouvaient l’être, notamment le Train express régional (TER), l’autoroute menant à la ville sainte de Touba et le pont de Farafenni.
Tirée par les investissements du Plan Sénégal Émergent dans les infrastructures, la croissance a dépassé les 6 % plusieurs années consécutives et l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz découverts il y a quelques années font promettre des lendemains qui chantent à un pays où les diplômés sans emploi courent les rues.
Attendue depuis des décennies pour désenclaver la Casamance, la construction du pont de Farafenni en territoire gambien a été notamment rendue possible par le rôle actif joué début 2017 par le Sénégal dans la fin de règne de Yahya Jammeh. En chassant l’autocrate gambien au pouvoir depuis 1994, le Sénégal a consolidé sa réputation internationale de pilier de stabilité et de démocratie dans une région traversée par les conflits.
Le jugement et la condamnation d’Hissène Habré en 2017 à Dakar par les Chambres africaines extraordinaires et l’engagement de l’armée sénégalaise auprès de la mission de l’ONU au Mali ont également contribué à maintenir une bonne image du Sénégal hors de ses frontières.
En dépit du fait que le droit à un environnement sain ait été récemment ajouté à la Constitution et que le Plan Sénégal Émergent ambitionne de favoriser « la gestion durable des ressources halieutiques et la restauration des habitats marins », l’environnement semble être le grand perdant de la course à la croissance, sous la pression démographique, du besoin d’autonomie énergétique, mais aussi de la spéculation foncière.
En février 2018 Emmanuel Macron s’était rendu à Saint-Louis (nord) en annonçant des aides à la lutte contre l’érosion côtière, menace imminente contre la pêche et le tourisme. Mais quelques mois plus tard dans la grande banlieue côtière de Dakar, on rasait malgré tout les forêts de filaos fixateurs des dunes pour bâtir.
En 2012 la rue avait poussé vers la sortie un Abdoulaye Wade désireux de faire de son fils son dauphin en jouant avec la Constitution. Sept ans plus tard, la gouvernance de Macky Sall est à son tour questionnée. La condamnation et l’emprisonnement de Karim Wade, puis du maire de Dakar Khalifa Sall, principaux opposants du président, ont été dénoncés, tant sur la forme que sur le fond par des organisations internationales et des instances des Nations unies.
Adoptée en avril 2018, la loi imposant un quota minimum de parrainages aux candidats à l’élection présidentielle, présentée comme un moyen de limiter la prolifération des candidatures, a été vue par l’opposition comme un moyen de faire place nette à Macky Sall. « En théorie, les arguments du gouvernement en faveur du parrainage des citoyens sont acceptables. En pratique, l’introduction du système à peine quelques mois avant les élections – et sans consensus – jette un doute sur les objectifs réels du processus », écrit l’Institut d’études de sécurité.
Seuls Idrissa Seck, Ousmane Soncko, Madické Niang et El Hadj Issa Sall ont donc été autorisés à se présenter à une élection d’où le parti socialiste est pour la première fois absent. Les spéculations se concentrent autour de l’ancien ministre Idrissa Seck, lancé dans sa troisième campagne présidentielle, qui a fédéré une partie des recalés de la loi sur les parrainages.
Ancien inspecteur des impôts, ce jeune (44 ans) candidat a émergé comme le nouveau visage de la politique sénégalaise à forces de critiques virulentes contre la mauvaise gouvernance et de saillies contre les relations post-coloniales symbolisées par la survivance du franc CFA.
Meneur de la contestation contre Abdoulaye Wade en 2012 et déçu par Macky Sall, le mouvement Y en a marre s’est par ailleurs vu attaquer via ses partenaires financiers. Autant de sujets qui n’ont pas pu être évoqués dans un débat télévisé entre candidats, celui-ci ayant été interdit au motif que le président n’y participait pas.
La « vitrine de la démocratie sénégalaise est craquelée », écrit Seydi Gassama, le directeur d’Amnesty International pour le Sénégal, dans un pays dont la marche en avant demeure malgré tout un fleuve relativement tranquille.
PAR MOUMINY CAMARA
AUX CARTES CITOYENS !
Quelle que soit l'option entérinée au 1er ou au second tour de l'élection présidentielle du 24 février 2019, confiance doit être faite au génie du peuple sénégalais épris de paix et de la stabilité sociale
Les borborygmes électoraux valent leur pesant d'arguties politiques et de promesses mirobolantes. Il ne sied plus de se résigner dans la fatalité ou de se contenter de belles paroles mais de se lever comme un seul homme en usant de la carte d'électeur comme un catalyseur de destin.
Avec cette arme pacifique mais redoutable et face à l'offre politique du "Cinq Majeur", les citoyens électeurs sénégalais ont les coudées franches à travers deux options : soit ils décernent au président sortant un satisfécit intégral à défaut d'un "peut mieux faire" donc une onction urbi et orbi pour un second mandat permettant de parachever son oeuvre ; soit ils jugent qu'il a montré ses limites en refusant de se laisser équarrir et agonir comme s'il n'avaient pas de ressorts intérieurs pour aider le pays à transcender ses rhumatismes politiques.
Quelle que soit l'option entérinée au 1er tour ou au second tour de l'élection présidentielle du 24 février 2019, confiance doit être faite au génie du peuple sénégalais épris de paix et de la stabilité sociale du pays, mais aussi et surtout animé par un désir commun de vivre ensemble pour ne plonger dans un bain d'acide les acquis engrangés à force de labeur.
"Ô pays, mon beau peuple!" (Sembène Ousmane), marche vaillamment vers ce grand rendez-vous que tu t'es fixé en te nourrissant de ce viatique:"il n'y a pas de destin forclos, il n'y a que des responsabilités désertées." Frantz Fanon
GOLBERT DIAGNE, L'HOMME QUI A VÉCU TOUTES LES ÉLECTIONS
Directeur général de sa radio Téranga FM de Saint-Louis, le ‘Doomou Ndar’ répond à quelques questions, à la veille de ce onzième scrutin que le Sénégal vit ce dimanche - ENTRETIEN
Célèbre journaliste radio, El Hadj Alioune Badara Golbert Diagne, riche de ses 78 ans, a traversé toutes les dix présidentielles du pays depuis l’indépendance. Directeur général de sa radio Téranga Fm de Saint-Louis, le ‘Doomou Ndar’ répond à quelques questions de igfm, à la veille de cette onzième élection que le Sénégal vivra ce dimanche 24 février.
Vous êtes un homme qui a vécu toutes les élections du Sénégal. Si vous deviez comparer la politique d’aujourd’hui et celle des années passées ?
J’ai vécu Senghor, j’ai vécu Lamine Guèye, alors que j’étais encore tout jeune. Lamine Guèye vivait à 100m de chez moi. A l’époque, c’était beau. Nos mamans, nos tantes se regroupaient tous les jours et fredonnaient des chansons. J’ai souvenance que ma mère était du camp de Senghor. A côté donc, il y avait le camp de Lamine Guèye. Mais à midi, on préparait du bon thiebou dieun. Et les deux camps échangeaient de plat. Le jour J, chacun est allé voter calmement. On battait le tam-tam. A 18h déjà, avec les premiers signes, chacun dansait dans les rues. Il n’y avait pas de violence.
Donc avec Senghor, on a vécu la paix, la sérénité. C’était le doux temps des poèmes, de la culture. Ensuite, il y a eu son fils Abdou Diouf. Le fils à l’image du père. Abdou Diouf est un homme de paix. On avait fréquenté la même école. Ensuite on s’est retrouvé à l’école coranique. On a poursuivi toutes ces relations jusqu’à ce qu’il devienne Chef de l’Etat. Il m’écoutait, prenait en compte mes idées. On discutait démocratiquement.
Quelle est la présidentielle la plus violente que vous ayez vécu ?
Cette campagne-ci est l’une des plus violentes. Parce qu’avec Wade, on a connu aussi quelques violences. Et bien avant Wade. A l’époque d’Abdou Diouf, à l’époque de Senghor, il y a eu des meurtres, des assassinats. Mais au fil du temps, ça s’est accentué.
Que dites-vous de ces violences qui ont entrainé des morts et des blessés, dont des confrères ?
C’est une situation que je condamne. Ce n’est pas une bonne chose pour les sénégalais d’en arriver à ce stade de la violence. D’abord verbale. Cette violence verbale prouve que les gens ne sont pas civilisés. Ils se permettent de jouer avec les règles de civilité, implantées par ceux qui ont créé ce pays et qui ont fait un peuple et une administration. Les premiers cadres ont été formés ici. Pour ensuite être ventilés à travers l’Afrique. Donc, nous nous devons de respecter la tradition des règles de civilité. La violence verbale, je la condamne, à plus forte raison la violence physique. Ce n’est pas sénégalais !
Des personnalités politiques qui vous ont le plus marqué ?
Les socialistes. Quand je parle des socialistes, on penserait directement à Senghor. C’était certes un grand homme de l’académie, un poète, un grand monsieur. Mais c’est Abdou Diouf qui m’a le plus marqué. D’abord parce qu’il est plus saint-louisien que lougatois. Il a un calme olympien. Un flegme qui déroute. Une culture précise. Un français qui vous charme. Un homme de vérité. Qui ne vole pas, ne triche pas, ne mens pas. Et qui fait de la politique civilisée. Le respect de l’autre. Le respect de l’adversaire, momentané. Pour ensuite dire, j’ouvre les bras. Venez, ensemble nous allons construire ce pays. Il l’a fait avec Wade et ses hommes, malgré toutes les perturbations qui se faisaient. Ça c’est un homme que j’adore et que j’aime.
Un problème politique particulier dans votre carrière ?
(Rires) Certes j’ai beaucoup vécu. Mais je n’ai jamais eu de problèmes particuliers avec les hommes politiques de tout bord. Je suis un homme de presse à équidistance avec tous les politiques. Dans mon travail, je garde mon caractère d’homme de communication.
Selon vous, quelles sont les forces et faiblesses des 5 candidats en lice ?
Je ne veux pas m’ériger en donneur de leçon. Je ne suis pas un homme politique. Je ne peux pas les juger. Ils ont eu un cursus que je n’ai pas. S’ils ont choisi d’être aujourd’hui dans l’arène politique, j’observe simplement. Et que le meilleur l’emporte.
Et qui est le meilleur, capable de l’emporter ?
Seul Allah peut le dire. D’ailleurs, il nous le dira demain.
Un mot à vos compatriotes, la veille d’un jour aussi décisif que la présidentielle ?
La paix. Sans la paix, aucun pays ne peut se développer. Dieu en a fait la recommandation à tous ses envoyés. Pour éviter la guerre, les incompréhensions, l’incompatibilité. Que les gens se lèvent tôt le matin, qu’ils s’acquittent de leurs tâches quotidiennes, ensuite qu’ils accomplissent leur devoir civique, avant de retourner chez eux. Qu’ils rentrent écouter de la musique, regarder la télé et sécuriser leur progéniture. Les urnes désigneront à partir de 18h celui que Dieu a choisi. Pourvu que cela nous porte bonheur !
PAROLE AUX PRIMO-VOTANTS
On les appelle les primo-votants - Ces nouveaux électeurs sont souvent très actifs sur les réseaux sociaux - Qu’en sera t-il de leur mobilisation dans les bureaux de vote ?
Ils sont appelés pour la première fois ce dimanche 24 février 2019. On les appelle les primo-votants. Ces nouveaux électeurs sont souvent très actifs sur les réseaux sociaux. Qu’en sera t-il de leur mobilisation dans les bureaux de vote ? Reportage dans le quartier de Grand Yoff, à Dakar.
Samedi 22 février, veille d'élection présidentielle au Sénégal, jour d’entraînement aussi pour l’ACS Grand Yoff. Sur le terrain, la majorité des joueurs ont entre 18 et 21 ans. Tous sont primo-votants. Pourtant, ils choisissent le camp des abstentionnistes.
Ils seraient près de 500 000 Sénégalais à vivre à Grand Yoff. Dans ce quartier populaire, carrefour entre le centre-ville et la banlieue de Dakar, on voit des jeunes à tous les coins de rue.
De potentiels nouveaux électeurs, seulement beaucoup de ceux que nous avons rencontrés ne pourront pas voter, faute d’état civil. C'est le cas d'Albertine Mendy, âgée de 18 ans : "il faut aller à la police déclarer son extrait de naissance. Je ne l’ai pas fait, et n’ai donc ni carte d’identité, ni carte d’électeur ».
Et pour diriger le Sénégal, Khalifa Sall avait gagné les coeurs ici. Grand Yoff est le fief de l’ancien maire de Dakar, emprisonné pour détournement de fonds publics. Dans son quartier général, l’heure n’est plus aux espoirs de victoire, mais à l’observation des bureaux de vote.
Pour ces jeunes sympathisants, surveiller le scrutin est une chose, mais voter est primordial. "Nous sommes des jeunes, l’espoir du pays… C’est notre devoir, c’est pourquoi je vais voter", estime Pape Cheick Diouf, 19 ans, un partisan de Khalifa Sall.
Combien de primo-votants se rendront-ils aux urnes ? C'est l’une des inconnues de la présidentielle.
2 135 OBSERVATEURS DÉPLOYÉS PAR LA SOCIÉTÉ CIVILE
Les membres de cette mission, sont déployés à travers les 45 départements du territoire sénégalais et répartis en fonction du poids électoral de chaque département - DÉCLARATION D'ARRIVÉE DE SUNUELECTION
SenePlus publie ci-dessous, la déclaration datée du 22 février 2019, de la Mission d’observation déployée par la société civile à propos de la présidentielle.
« Dakar, le 19 Février 2019 - Dans le cadre de la tenue du scrutin présidentiel du 24 Février 2019 au Sénégal, la société civile sénégalaise a déployé une Mission d’Observation Electorale de court terme.
La Mission d’Observation Electorale SunuElection est conduite par le Professeur Babacar GUEYE. Elle comprend près de 2135 membres, notamment le chef de mission, les membres du Comité de Pilotage de SunuElection, les membres du collège des facilitateurs et les observateurs de long et court termes déployés dans le cadre de SunuElection.
Les observateurs, membres de cette mission, sont déployés à travers les 45 départements du territoire sénégalais et répartis en fonction du poids électoral de chaque département.
La mission de SunuElection a pour objectif l’observation du scrutin présidentiel au Sénégal, conformément aux dispositions juridiques internationales en la matière, au Code électoral, ainsi que la Constitution.
L'objectif principal de la mission est de faire une observation indépendante et impartiale, et l'évaluation de l'organisation et de la conduite de cette élection. Pour ce faire, elle a rencontré les citoyens, les autorités politiques, administratives et judiciaires du pays, les institutions en charge des élections, les acteurs nationaux impliqués dans le processus électoral et les représentants de la communauté internationale.
En prélude du déploiement de 2 135 observateurs de court terme, la mission a déployé des observateurs de long terme dans toutes les régions du pays, à savoir : Dakar, Thiès, Diourbel, Fatick, Kaffrine, Kédougou, Tambacounda, Sédhiou, Kaolack, Matam, Ziguinchor, Saint-Louis, Louga, Kolda et observera les derniers jours de la campagne électorale, les opérations de vote et de dépouillement le jour du scrutin.
A l’issue du scrutin, la Mission tiendra une conférence de presse le lundi 25 Février 2019 à 17 h à l’hôtel Radisson Blu de Dakar qui portera sur la régularité, la transparence, l’équité et le déroulement du vote.
Ainsi, des observations et recommandations seront formulées dans un rapport final exhaustif destiné aux autorités politiques et autres parties prenantes deux mois après la publication des résultats définitifs.
La Mission a établi son quartier général et son secrétariat à l’hôtel Radisson Blu de Dakar. Les membres du Secrétariat de la Mission sont joignables au numéro suivant : +221 772870495. »
PAR HADY BA
SONKO, MALGRÉ TOUT !
Il fera ce que Macky Sall aurait du faire : éliminer cette vieille garde parasite qui a mis le pays à genoux et qui continue de le sucer - Nous avons le choix entre essayer de construire un avenir vivable ou continuer notre dégringolade vers la dictature
Macky Sall est un beau gâchis. Il a été notre premier président né après les indépendances. Il vient d’un milieu démuni. Il a été en butte à l’arbitraire de Wade et a réussi à le détrôner. Il est relativement jeune. Il aurait pu – il aurait dû – être le meilleur président que le Sénégal ait jamais connu. Celui qui redresserait notre pays, reconstruirait notre pacte social en assurant l’équité. Celui qui, parce qu’il est un produit de l’école publique, veillerait à ce que nul enfant de ce pays ne se promène en haillons sur nos routes à mendier quand les enfants des plus nantis sont en classe. Malheureusement, il n’en a rien été. Venu à un moment historique où il aurait pu mettre à la retraite tous les vieux politiciens qui, depuis 40 ans ont systématiquement dévoyé notre patrimoine, il a choisi de s’entourer des plus roués d’entre eux. Il a maintenu en vie le système que les sénégalais avaient clairement rejeté en l’élisant. Il a manqué à sa parole sur la réduction de son mandat. Il a bâclé les procès qu’exigeait le peuple et a "dealé" avec Karim Wade pour le laisser quitter le pays. Il a instrumentalisé la justice pour enfermer un autre opposant qui aurait pu lui faire de l’ombre. Il a élevé la corruption en mode de gouvernement, protégeant ostensiblement ceux des siens qui avaient été épinglés par les organes de contrôles étatiques. Il a normalisé les conflits d’intérêts en confiant à des membres de sa famille des postes dans lesquels ils contrôlent des ressources étatiques extrêmement importantes et pour lesquels ils sont loin d’être les plus compétents.
Alors que durant sa campagne électorale il s’était affiché en protecteur de la laïcité, il a gouverné en s’aplatissant devant les religieux leur montrant ostensiblement qu’il était prêt à partager les ressources de l’État avec eux, à condition qu’ils le soutiennent. Il a par ailleurs systématiquement calomnié ses propres fonctionnaires qui servent loyalement le pays pour des salaires souvent très bas. Il a enfin renforcé la tutelle de la France sur le Sénégal, donnant aux entreprises françaises des contrats faramineux et les payant rubis sur ongle là où le privé national est exsangue parce que l’État ne lui paie l’argent qu’il lui doit qu’au compte goutte. D’un point de vue égoïste, Macky Sall m’a été bénéfique, nous les universitaires avons eu une augmentation de salaire sous son règne. Sur le plan de l’intérêt de l’Université sénégalaise, il est catastrophique. Nos étudiants ont vu leurs droits d’inscription multipliés par dix pour un service toujours aussi mauvais. Les créations de postes sont anecdotiques, les universités qui devaient être construites pour faire face à l’augmentation démographique ne l’ont pas été. On a créé une Université Virtuelle du Sénégal pour y parquer des milliers d’étudiants à qui on donne des diplômes sans vraiment les former.
En toute conscience, je ne puis voter pour Macky Sall. Je ne puis non plus voter, ni pour Idrissa Seck, ni pour Madické Niang. L’un et l’autre sont sortis de la même matrice que Macky Sall. Ce sont des enfants de Maitre Abdoulaye Wade. Ils ont tété le lait de la corruption et de l’affairisme. Je serai bien embêté si l’un d’eux se retrouvait au second tour face à Macky Sall mais pour l’instant, le problème ne se pose pas.
Il nous reste alors deux candidats, Issa Sall et Ousmane Sonko.
J’avoue que ce que j’ai lu du programme de Issa Sall ne me convainc pas mais ce n’est pas là l’essentiel. Le parti de Issa Sall est directement issu d’un mouvement religieux. Je suis pour un État laïc et équidistant des confessions. Ce sera difficile, voire impossible avec lui. Je ne vais donc pas voter pour lui.
Ne reste plus qu’Ousmane Sonko. Contrairement à beaucoup, je ne suis pas aveuglément séduit par Sonko. J’avais déjà trouvé ses premières attaques contre Macky Sall, président de la République, déplacées venant d’un fonctionnaire soumis à un devoir de réserve. Il a été viré de l’Administration d’une manière que je juge illégale. Sonko aurait pu être notre Obama : un président jeune, intelligent et maitrisant les nouveaux médias. Je pense qu’il a le défaut des énarques sénégalais : de gens devenus aisés trop tôt dans un pays pauvres et qui ne valorise pas le débat contradictoire. Du coup, ils ont tendance à ne pas avoir une très grande ouverture d’esprit. Malgré tout, Sonko Président secouerait le système sclérosé qui tue ce pays. Avec lui, une nouvelle génération, qui n’a pas été formaté dans les partis politiques arriverait aux affaires. Ce seront majoritairement des fonctionnaires ayant le sens de l’État. C’est exactement ce qu’il nous faut. Depuis 2000, Wade et sa descendance ont détruit la seule chose qui tenait ce pays debout : la méritocratie républicaine construite par Senghor et qui faisait que les postes étaient occupés par des personnes ayant des qualifications fussent-elles minimales. Depuis Wade, il est devenu concevable de nommer n’importe qui à n’importe quel poste de responsabilité. Avec Sonko, ce ne sera probablement plus possible parce qu’il est porté par une génération qui aspire à la normalisation sur ce plan là. La classe politique sénégalaise ne s’y est pas trompée. Elle a généralement évité de soutenir Sonko, se rabattant sur Idrissa Seck quand elle ne pouvait composer avec Macky Sall. Sonko est donc l’alternative. Il fera ce que Macky Sall aurait du faire : éliminer cette vieille garde parasite qui a mis le pays à genoux et qui continue de le sucer. Nous sommes un pays où 42% de la population a moins de 15 ans mais où un président de plus de 50 ans s’entoure de vieillards de plus de 65ans et se dispute avec son prédécesseur de plus de 80 ans. Il est temps que ça cesse. Ces reliques du passé doivent partir pour qu’une alternance générationnelle survienne. L’on peut critiquer Sonko sur beaucoup de points. Il est cependant clair qu’il a appartenu à l’une des administrations les plus corrompues de ce pays et qu’il n’a apparemment jamais franchi la ligne jaune. Macky Sall n’aurait pas, une seule seconde, hésité à le mettre en prison s’il avait eu vent de la moindre transaction douteuse. Il a un programme qui met les intérêts du Sénégal en premier. C’est malheureusement proprement révolutionnaire. Il aura contre lui beaucoup de lobbys ; des marabouts aux industriels en passant par la France et les fonctionnaires corrompus qui veulent que tout continue comme avant. Ce sera difficile. Il fera des erreurs. Il n’en demeure pas moins que le pays ne peut faire l’économie de cette phase difficile si nous voulons construire notre propre voie vers le développement. Tout est à reconstruire. Il nous faut une rupture nette et un leadership nouveau pour ce faire.
L’une des choses qui me rassure paradoxalement, c’est que je suis loin d’être d’accord avec tout ce que propose Sonko. Il est probable que le lendemain de son élection, je commencerai à le critiquer. C’est sain et important dans une démocratie. Je crois d’ailleurs que s’il était élu, beaucoup de gens de sa génération le critiqueraient sur un point ou un autre. Cela assurerait l’émergence d’une nouvelle classe politique focalisée sur les programmes plutôt que sur les personnes et ce serait bon pour le pays. A contrario, j’ai bien peur que si nous réélisons Macky Sall, nous glissions doucement vers une dictature extrêmement corrompue. Tous ceux qui l’ont rejoint durant cette campagne recevront leur part de la manne pétrolière. Les autres seront impitoyablement réprimés par un président qui, dès son premier mandat, nous a montré qu’il n’a aucun respect pour la justice et les formes de l’État de droit. Nous sommes déjà la risée de l’Afrique avec nos opposants emprisonnés. Dimanche, nous avons le choix entre essayer de construire un avenir vivable pour notre pays ou continuer notre dégringolade vers la dictature. Je vais essayer de construire notre avenir en votant Sonko plutôt que de maintenir un statu quo délétère.
PS: Mon soutien n’a jamais été déterminant pour aucune élection mais j’aime bien ne pas me donner la possibilité de modifier rétrospectivement mes souvenirs sur ce que je pensais à un moment donné.
PAR OUMOU WANE
MACKY I POUR LE SÉNÉGAL, MACKY II POUR LES SÉNÉGALAIS !
Il semble prévisible que les sénégalais accordent au président sortant un second mandat sous forme de prêt réversible - Dans un pays où la diatribe est un sport national, va devoir plaider le rassemblement, être le président de tous
Dans leur marathon final, les 5 candidats à la présidence de la République sénégalaise comptent bien récolter jusqu’au bout la moindre voix supplémentaire, afin pour la plupart, de se placer en position d’opposant crédible face à Macky Sall, qui lui semble assuré de l’emporter.
Les plus optimistes croient même en une réélection dès le premier tour, qui ne serait pas un exploit au vu du bilan de son premier mandat et des engagements pour le bien-être social formulés tout au long de la campagne électorale, dont le point d’orgue fut son meeting final ce vendredi 22 février 2019 au stade Léopold Sédar Senghor a Dakar…
Investir dans l’individu pour renforcer le capital humain
Le deuxième volet du Plan Sénégal Émergent (PSE) sera en effet axé sur le développement humain et la prise en compte des attentes immédiates des populations, pour les jeunes, les femmes, les familles, les collectivités…
Des chiffres annoncés qui donnent le vertige ! Pour son second mandat, Macky Sall promet 1 million d’emplois, à raison de 200 000 par an, autant dire qu’il n’y a pas de temps à perdre… 100 000 logements sortiront de terre, 20 000 par an, zéro bidonville, zéro déchet, le reboisement de nos villes pour mieux y respirer, la propreté pour tous et le cadre de vie en plus ! Oui tout cela est possible par la volonté et le partage. Oui nos entreprises auront du travail !
Le financement du mieux-vivre des femmes, la santé des populations, des soins toujours gratuits pour les césariennes et dialyses, gratuits pour les soins des plus jeunes, la CMU (couverture maladie universelle) renforcée pour les plus démunis… Les bourses de sécurité familiale maintenues et bonifiées.
La formation des jeunes, les conditions d’études et de logements des étudiants, tous ces chantiers sont sur la table des avancées sociales. Les abris provisoires devraient définitivement disparaître comme il s’y est engagé lors de son discours de fin d’année…Oui, l’avenir de notre nation ne peut plus être cantonné dans des abris provisoires ! Tant de progrès solidaires, car qu’est-ce qu’une croissance inclusive, si elle ne profite pas à tous ?
Dans un pays friand de débat démocratique, ces projets à coup sûr créeront plus de proximité avec les populations, plus de dynamisme envers les jeunes, plus d’échanges en général afin de faire remonter les idées et prendre l’imaginaire populaire pour inspiration. Le peuple à du bon sens et le débat citoyen est une longue tradition chez nous.
Miser sur la sécurité et la confiance à long terme
Dieu merci nous vivons en paix et avons jusqu'à présent été épargnés par les attentats djihadistes qui ont frappé d'autres pays de la sous-région. L'essentiel est la sécurité du pays et nous tenons à notre stabilité nationale. Elle est assurée de main de maître !
Nous gardons la foi, mais enfin, même si la réussite de la première phase et le succès du lancement de la Phase II du PSE, confirment, dira Macky, que « nous sommes sur la bonne voie (…) », cette confiance renouvelée pour un second mandat s’entend à la condition d’une amélioration sensible des conditions de vie des populations.
Macky Sall annonce le bien-être social. Nous avons vu les projets d’infrastructures qu’il avait promis, sortir de terre car il a su superviser chacun d’entre eux et les faire livrer dans les délais. Pour Macky II, gageons que l’administration sera améliorée, les ministères stratégiques maintenus ou remis entre des mains expertes, avec davantage de femmes et de jeunes cadres talentueux aux commandes, des gens qui nous ressemblent…
Ce 24 février 2019, il semble prévisible que les sénégalais lui accordent un second mandat sous forme de prêt réversible. Dans un pays où la diatribe est un sport national, il va devoir plaider le rassemblement, être le président de tous, ceux qui auront voté pour lui et ceux qui auront voté contre lui.
Si les sénégalais expriment aujourd’hui un plaisir partagé du progrès en marche, qui est réel, visible, et que confirment les usagers des infrastructures de Macky I, ils choisiront le bien-être social, pour un monde meilleur et contre tout statu quo ou retour en arrière. Ils voteront Macky II.
VIDEO
LE SYSTÈME C’EST NOUS ET NON CEUX QUI NOUS DIRIGENT
A quelques heures du début des votes pour la présidentielle Simon Kouka exige de la part des candidats le respect de la parole donnée
Youssouf Ba et Fanseyni Djité |
Publication 23/02/2019
A quelques heures du début des votes pour la présidentielle Simon Kouka exige de la part des candidats le respect de la parole donnée.
Pour le rappeur et membre du mouvement Y’en à marre, il faut changer le système. ‘’ Il faut que la jeunesse comprenne qu’elle est la force du Sénégal. Mais pour changer le système il faut qu’on change de comportement parce que le système ce n’est pas ceux qui nous dirigent mais nous’’ précise t-il.
Voir la vidéo.
IDY, CANDIDAT RÉCIDIVISTE ET RASSEMBLEUR
De tous les candidats d’opposition qui briguent la présidence, Idrissa Seck est sans conteste le plus expérimenté et le plus résilient - Ses 199 jours passés derrière les barreaux de la prison de Rebeuss à Dakar, M. Seck les a comptés
Le Monde Afrique |
Matteo Maillard |
Publication 23/02/2019
C’est la troisième tentative pour l’ex-premier ministre de Wade, rallié à Macky Sall au second tour de 2012 et passé à l’opposition un an plus tard.
De tous les candidats d’opposition qui briguent la présidence du Sénégal, Idrissa Seck est sans conteste le plus expérimenté et le plus résilient. Dimanche 24 février, ce sera sa troisième tentative à la magistrature suprême. Un rêve qu’il caresse depuis les années 2000 après son entrée au gouvernement d’Abdoulaye Wade. Ses deux échecs successifs en 2007 et 2012 ne l’ont pas refroidi. Et s’il a adopté depuis quelques mois une stratégie du silence, évitant les entretiens et les prises de parole publique, cette cure loin des feux de la politique en a fait « un homme nouveau », assurent ses proches.
« Nous avons l’une des plus grandes coalitions de l’histoire du Sénégal, appuie Abdourahmane Diouf, porte-parole du candidat et président des cadres de son parti Rewmi. Nous comptons parmi eux trois anciens premiers ministres, un ancien président du Sénat, un ancien président de l’Assemblée nationale et un magnat de l’audiovisuel. » Bien avant le lancement de la campagne il y a vingt jours, Idrissa Seck s’est attelé au recrutement discret de pontes du paysage politique sénégalais.
Son plus gros coup de filet, il le doit à une mesure votée en avril 2018 à l’Assemblée nationale par la majorité du président Macky Sall. La loi dite des parrainages se voulait filtre électoral, obligeant chaque prétendant au poste de chef de l’Etat, d’obtenir au préalable 53 000 signatures de citoyens. Elle avait pour but d’écrémer les petites candidatures, mais elle a eu pour effet d’unifier une opposition éclatée en une myriade de partis. Idrissa Seck est arrivé au bon moment pour recoller les morceaux. « Sur les 27 recalés du parrainage, 17 nous ont rejoints », avance M. Diouf.
Des parcours similaires
Sa prise la plus symbolique est sans nul doute Khalifa Sall. L’ancien maire de Dakar, considéré pendant longtemps comme le premier adversaire de Macky Sall, a ainsi « décidé d’accepter l’offre d’alliance », a-t-il annoncé le 8 février depuis sa cellule, où il a été incarcéré en mars 2017. Khalifa Sall a été condamné définitivement en cassation le 3 janvier à cinq ans de prison et 5 millions de francs CFA d’amende pour « escroquerie portant sur les deniers publics ». Son procès éreintant a été perçu par une partie de l’opinion sénégalaise comme une manœuvre du pouvoir destinée à écarter un adversaire dangereux pour la réélection du président. Un parcours qui rappelle à Idrissa Seck le sien.
Ses 199 jours passés derrière les barreaux de la prison de Rebeuss à Dakar, M. Seck les a comptés. Il est tombé en 2005 après l’affaire dite des « chantiers de Thiès »,où il fut accusé de « détournement de fonds et d’atteinte à la sûreté de l’Etat ». Son séjour à l’ombre l’aidera à se forger une image de « martyr », en une phrase choc : « La prison est un raccourci vers le Palais. » Il caressera le fauteuil des doigts en 2007, arrivé deuxième avec 14,86 % derrière son mentor, Abdoulaye Wade, avec lequel il entretient une relation d’amour-haine.
Pour comprendre la chute d’Idrissa Seck, il faut revenir à son ascension fulgurante. Né en 1959 dans une famille pauvre de la région de Thiès, il se hisse par l’éducation et les efforts de ses parents. Il évoque sa mère supportant de ses mains le toit de chaume pour éviter qu’il ne s’écroule pendant les pluies. Ses études le porteront en classe préparatoire à HEC et jusqu’à la prestigieuse université américaine de Princeton. En 1988, à 29 ans seulement, il est nommé directeur de la campagne du libéral Abdoulaye Wade et son Parti démocratique sénégalais (PDS). Il le portera à la victoire en 2000 contre le socialiste Abdou Diouf. A 35 ans, il devient ministre du commerce, de l’artisanat et de l’industrialisation, puis dirige le cabinet du président.
Une carrure de rassembleur
En 2004, alors premier ministre depuis deux ans, ses relations avec le président Wade se dégradent. Le « jeune talentueux », comme l’appelait son père politique, est accusé de ralentir l’ascension du fils, Karim Wade, au sein du PDS. Idrissa Seck se dit victime d’un complot fomenté par le ministre de l’intérieur de l’époque, Macky Sall, président actuel du Sénégal. En avril 2004, il est limogé de son poste et incarcéré. Survivant à son propre naufrage, il créera en avril 2006 Rewmi, sa formation libérale. C’est derrière ce même étendard orange qu’il ressurgit aujourd’hui sur l’estrade politique après deux échecs présidentiels.
La troisième tentative sera-t-elle la bonne ? « Il a retrouvé sa carrure de rassembleur et d’homme de terrain en parcourant tout le Sénégal ces derniers mois », soutient M. Diouf. Mais l’intelligence de celui que certains adversaires qualifient de « girouette », est d’abord celle d’avoir su faire des alliances et des concessions. Libéral dans l’âme, il s’est attiré les faveurs de nombreux politiciens de gauche grâce à sa flexibilité et à son ton conciliant. Après avoir réuni les nombreux déçus des parrainages, il a pris une dizaine de jours pour ajuster son programme politique aux revendications de chacun. « Nous avons basé notre coalition non sur la délivrance de strapontins, mais sur des convergences programmatiques, affirme M. Diouf. Les opportunités d’un marché libéral, mais avec un Etat qui régule. »
Ses propositions appuient sur les points faibles du bilan de Macky Sall : exaltation du secteur privé pourvoyeur d’emplois et renforcement de l’agriculture. « Macky Sall a utilisé 1 200 milliards de CFA pour construire un TER, avance M. Diouf. Avec cette somme, nous ferons 120 000 exploitations agricoles créant 500 000 emplois directs et 500 000 indirects. Tout a été surfacturé durant son septennat, alourdissant la dette. »
Du côté de ses récents soutiens, on invoque une position pragmatique. « Nous nous sommes ralliés à lui car, selon les derniers sondages, il est devant les autres candidats de l’opposition avec 15 % d’intentions de vote », confie un proche collaborateur de Khalifa Sall. Idrissa Seck a compris que, face à une opposition divisée et marginalisée par le rouleau compresseur de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), il fallait se poser en voix unificatrice des forces d’opposition. « Si je suis élu, j’irai personnellement chercher Khalifa Sall en prison », a-t-il ainsi clamé. Idrissa Seck le sait : celui qui emportera l’adhésion des foules de l’opposition devra tenir la logique incompressible du « tout sauf Macky ».