Qui n'a pas vu les meetings de Diouf et de Wade en 2000 et en 2012 n'a rien vu. Le caractère exceptionnel de ces meetings par le nombre de personnes venues y assister fait penser à la phrase proverbiale d'Alphonse Daudet, décrivant la ville d'Avignon du temps des papes dans "Les Lettres de mon moulin". Les meetings du candidat sortant à la présidentielle de ce février 2019 nous font revenir en mémoire ces fameux meetings carnavalesques. Ce candidat se voit réélu au premier tour au soir du 24 février, fondant sa certitude sur cette masse humaine qui l'accompagne partout où il se trouve. Face à cette impressionnante mobilisation, il a soutenu que sa victoire est irréversible. (Le Témoin). Et un quotidien du palais de jubiler : La déferlante continue.
Assurément, ces gens de BBY n'ont pas tiré les leçons de 2000 et 2012. Pour les poètes latins, l'expression le souffle populaire (aura popularis) d'autres disent le vent de la faveur populaire traduit l'inconstance des foules ; mais ces foules gracieusement transportées et rémunérées à coup de billets de banque, contrairement à celles des autres candidats, ne sont qu'une illusion. Est bien fou du cerveau qui croit pouvoir se fier à la réalité des foules, pour paraphraser le fabuliste. Et on pourra gaillardement dire le moment venu : "vous avez vu nos meetings ? on vous l'avait dit, l'opposition n'excelle que dans des marches et caravanes ! Les gens ont compris maintenant, pour le transport gratuit et la nourriture plus un peu d'argent de poche, ils ne se font pas prier. En ce qui concerne les souteneurs, il y a en un de tenace, qui a mangé à tous les râteliers, de Senghor à Macky, sans désemparer. Hadj Moustapha Gueye, puisqu'il faut le nommer.
En 1993, lui et ses acolytes avaient créé des "week-ends politiques" consacrés au dénigrement des différents candidats. Chaque candidat avait son week-end. Il avait pris son bâton de pèlerin et parcourait le Sénégal pour semer la …mauvaise parole ; il avait particulièrement pris pour cible le professeur Iba Der Thiam qui préconisait à l'époque le fait de faire du Magal de Touba un jour férié ; il l'avait traité de tous les noms d'oiseau, rien que pour ça.
Récemment, il s'est signalé lors de l'inauguration de la mosquée de Guédiawaye - un vendredi, avec des tam-tams-en niant farouchement les faits. Il a été démenti (involontairement ?) par le maire de Guédiawaye lui-même.
Ces temps-ci, l'Association des Juristes Africains s'est réunie avec les candidats et la justice a été qualifiée de" boiteuse". Le mot est un peu faible, ils auraient dû employer le mot paralytique. Rien que les événements de Tambacounda le confirment.
PAR PAPE MAGUETTE DIOP
APPEL À DES ÉLECTIONS PAISIBLES
Nous devons nous lever et aller accomplir notre devoir de citoyen sénégalais dans le calme, dans la paix, dans le fair-play, mais surtout dans la bonne humeur
Chers compatriotes, Dimanche 24 février 2019, notre cher pays va à un rtendez-vous républicain. Nous allons élire le prochain président du Sénégal. Au delà d’être un choix, il s’agit du recrutement d’un candidat à un poste : celui de président de la République du Sénégal.
Qui recruter ?
Ils sont cinq. Ils ont fait le tour du Sénégal ; les 4 avec un diagnostic et un projet de société, l’un avec son bilan et son projet de continuité.
Le Sénégal a écouté. Et ce 24 février, le grand peuple sénégalais, à son tour va choisir, élire et surtout recruter UN parmi les cinq.
Les caméras du monde sont braquées sur notre très cher pays. Certaines s’attendent à des conflits, à des contestations, à d’éventuels troubles, etc. D’autres s’attendent à un climat apaisé.
O ! Peuple, nous devons encore montrer et démontrer au monde que nous sommes un peuple qui sait faire les choses selon les normes.
Nous devons nous lever et aller accomplir notre devoir de citoyen sénégalais dans le calme, dans la paix, dans le fair-play, mais surtout dans la bonne humeur.
Nous l’avons toujours fait de par le passé et l’histoire ne ment pas. Nous sommes et devons rester ce grand peuple respectable et respecté par sa capacité à faire face aux défis en toute convergence, malgré les divergences.
Debout Peuple va faire le choix, va élire, va recruter le prochain président du Sénégal en toute subjectivité, en toute objectivité.
Vive le Sénégal. Vive le Peuple Sénégalais.
Pape Maguette Diop est président du CAP/R, Mouvement Convergence pour l’Amélioration Permanente de la République
Par Madou KANE
SPRINT FINAL
La campagne de la Présidentielle 2019, riche en couleurs, fut l’apothéose d’un tumulte surgi depuis le fameux referendum. Un scrutin qui livrera son verdict le 24 février.
La politique est permanente, presque asphyxiante dans ce pays démocratique qui se targue d’une longue tradition de vote. La campagne de la Présidentielle 2019, riche en couleurs, fut l’apothéose d’un tumulte surgi depuis le fameux referendum. Un scrutin qui livrera son verdict le 24 février. Celui des urnes qui exprimera la volonté des électeurs qui auront à choisir un président pour un quinquennat.
Pris en otage par des politiciens omniprésents et verbeux, aussi tonitruants que rusés, qui squattent à outrance les media, les citoyens recherchent désespérément des pépites patriotes, probes et compétentes. Une quête perpétuelle d’une denrée rare qui, quand elle existe, peine à transformer un système qui a la manie de pervertir les plus vertueux. Le peuple semble incapable d’élire les meilleurs, de tester les plus prometteurs. Les Sénégalais, prompts à changer de régime, peinent à trouver la bonne formule. Les recommandations des assises nationales qui ont entretenu l’espoir, sont rangées aux oubliettes. L’on cherche toujours les consensus forts sur les débats majeurs qui fondent la bonne gouvernance et restaurent la sacralité des institutions. Les invectives prennent toujours le dessus sur les débats de fond pour un projet de société auquel s’identifie enfin le citoyen.
La souveraineté vendangée compromet la jouissance rationnelle et équitable des ressources naturelles. Les Sénégalais blasés sont peu emballés par les clivages partisans et nullement enclins à jouer les figurants dans cette scène qu’est devenu le Sénégal, le temps d’une campagne électorale. L’argent aura coulé à flot dans un pays d’indigents, en définitive, préposés aux danses, éloges et applaudissements pour caresser dans le sens du poil des bienfaiteurs généreux, que pour se faire élire. Bref, démarre la traite des petits ruminants qui nomadisent de pâturages à prairies, avant d’entamer l’étape prochaine de la grande transhumance.
Le peuple, choqué, a déploré avec véhémence les salves perfides et démoniaques sur les réseaux dits sociaux qui fissurent les liens socioculturels, chahutent les convictions religieuses et ébranlent les socles de l’unité nationale. On oubliera très vite les débats discourtois pendant lesquels les propos volent très bas entre protagonistes de cette élite politique censée garantir le vivre ensemble d’un peuple qui partage la même foi et aspire au même but. L’on constate, avec effroi, ces camps qui semblent inconciliables, grisés par les foules trompeuses de militants et de badauds, ces attaques crypto-personnelles qui expriment des rancœurs qui sèment les germes de la division et annihilent l’esprit démocratique. Les dernières haies laborieusement franchies, les concurrents : un président sortant, un ancien Premier ministre et trois députés, amorcent le sprint final. Parti plus tôt et mieux entrainé, Macky semble imbattable et sûr de sa victoire.
Idy, sorti de sa torpeur et dopé à l’orange, surfe sur une vague monstrueuse pour tenter un périlleux triple saut victorieux. Sonko, comme un missile patriote, en vitesse de croisière, est propulsé avec succès vers le palais. Madické, sur un tapis volant, espère atterrir avec bonheur au sommet de la République. El Hadj Issa, qui avait trébuché à Tamba, accélère à fond la caisse pour un exploit retentissant. Les recalés, en bons citoyens, respecteront la volonté du Peuple. Le Vainqueur, en serviteur de la nation, retroussera ses manches pour se mettre à la tâche.
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DECRYPTAGE SUR LE BILAN ET LES PROGRAMMES ECONOMIQUES DES 5 CANDIDATS
Sacrifiant à une tradition à laquelle le défunt fondateur de JAMRA, Abdou Latif Guéye, n'a jamais dérogé, l'Organisation islamique JAMRA et l'Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, s'en remettent, à nouveau, en cette délicate «veillée d'arme» électorale, à la sagesse du vaillant peuple sénégalais, dont le légendaire esprit d'ouverture et de tolérance est régulièrement cité en exemple, au-delà même de nos frontières.
Le parcours historique de notre pays dans sa conquête des valeurs universelles de démocratie et de libertés publiques n'est certes pas rectiligne - la perfection n'étant pas de ce monde - mais le Sénégal peut toujours se targuer d'avoir très tôt joué un rôle pionnier dans la marche libératrice des peuples du continent noir-africain, depuis l'institution d'une saine émulation politique multipartisane, à la faveur de «l'ouverture démocratique» de l'ère senghorienne, en 1974. Limitée certes, dans un premier temps, à quatre courants (socialiste, libéral, marxiste, républicain), cette bouffée d'air démocratique devait rapidement connaître un salutaire approfondissement, avec l'avènement du Président Abdou Diouf qui instaura, dès sa prise de fonction en 1981, «un multipartisme illimité», assorti d'un pluralisme syndical et enrichi par une floraison d'organes de presse. Des initiatives hardies qui auront eu un effet boule-de-neige sur le continent, dont la majorité des pays n'ont pas tardé à nous emboîter le pas. Il n'est dès lors pas surprenant que les grands rendez-vous électoraux sénégalais soient, depuis l'étranger, surveillés comme du lait sur le feu. Et que notre vaillant peuple soit de plus en plus acquis à l'idée qu'une démocratie majeure, qui a acquis ses lettres de noblesse au prix de mille sacrifices, n'a plus droit à l'erreur.
JAMRA et MBAÑ GACCE, après avoir déploré les regrettables incidents survenus à Tambacounda, le lundi 11 février dernier, et s'être inclinés pieusement devant la mémoire des deux jeunes victimes, en appelle instamment à la responsabilité des élites politiques en compétition pour qu'elles daignentexhorter leurs partisans à la mesure, afin qu'au terme de cette dernière ligne droite, qui nous sépare du jour fatidique du 24 février 2019, notre pays puisse en sortir résolument grandi. Que l'on bannisse donc toute insinuation au vote régionaliste, ethnique voire confrérique.
Gardons présent à l'esprit que les Sénégalais sont avant tout des frères, animés, sous l'inspiration de leurs vaillants aïeux, d'une commune volonté de vie commune. N'oublions pas que la vie du Sénégal ne s'arrête pas le 24 février 2019. Veillons donc tous à ce que la volonté du peuple sénégalais, qui aura librement choisi parmi les cinq prétendants à la Magistrature suprême, celui qui conduira sa destinée pour les cinq années avenir, soit rigoureusement respectée. Que celui que les électeurs sénégalais auront investi de leur confiance veuille, dès à présent, renoncer à toutes formes de représailles ou de chasse-aux-sorcières, qui auront embrasés et ensanglantés nombre de pays africains, dès les premiers balbutiements de leur expérience démocratique, durablement compromise. Que celui qui sera plébiscité par le Peuple Souverain sache qu'il est, de facto et de juré, devenu le «Président de tous les Sénégalais», et non celui d'un clan, d'une ethnie, d'une confession religieuse, d'une région. Qu'il daigne, dès sa prise de fonction même, s'inscrire sans fioritures dans une dynamique de réconciliation des cœurs et des esprits, en tendant une main fraternelle à ses protagonistes d'un jour, pour sauvegarder l'unité nationale de ce Sénégal, qui nous appartient à tous et que nous devons construire ensemble!
JAMRA et MBAÑ GACCE adressent leurs chaleureuses félicitations aux 5000 observateurs internationaux, provenant des 15 États de la Cedeao, et de 21 pays de l'Union Européenne. Sans oublier les 1000 (mille) volontaires mobilisés par l’Église catholique sénégalaise, sous l'égide de sa «Commission épiscopale Justice et Paix», appuyée par le dynamique Mouvement national des Scouts, pour contribuer à la mission d'observation électorale. JAMRA réitère ses encouragements fraternels aux responsables de l'Église sénégalaise qui, pour sa quatrième opération du genre, va déployer son millier d'observateurs, issus de sept (7) diocèses, sur tout le territoire national, pour contribuer à la tenue d'une élection paisible et transparente. Au profit d’un Sénégal de Paix, réconcilié avec lui-même.
Que Dieu veille sur notre cher Pays.
JAMRA et MBAÑ GACCE
PAR DIENG IBRAHIMA
ET SI ON PARLAIT D’ABSTENTION ?
L’abstention d’une bonne partie de l'électorat sénégalais se justifie bien, malgré la démocratie représentative qui propulse au pouvoir une personne qui n’est pas nécessairement adoubée par la majorité
Dans un pays qui a connu l’indépendance il y a soixante ans, parler d’abstention au vote relève-t-il du profane ? Dans une nation ou tenir des élections avec transparence et sans violence demeure problématique, peut-on se permettre un débat sur l’abstention ? Au moment où toutes les forces vives de la nation mobilisent leurs toutes dernières énergies pour rassembler les votants et gratter des voix par ci et là, quid des abstinents ? Sont-ils des citoyens entièrement à part ? Portent-ils eux aussi la voix du peuple ?
Aperçu historique du vote au Sénégal ?
De 1960 à 2012 une dizaine d'élections présidentielles se sont déroulées. Différentes alternances se sont succédées. Senghor fut nommé le tout premier président à l’unanimité en 1963 sous la bannière de l’Union progressiste sénégalaise (UPS). L'opposition d’alors n’avait pas pu obtenir le nombre suffisant de voix des députés pour lui faire face. Il restera président jusqu'en 1973, soit deux élections de suite, avec le même scénario, grâce notamment à l’instauration du parti unique. En 1974, le PDS vit le jour, l’opposition sénégalaise vit les graines de contestations et de luttes acharnées porter leurs premiers fruits. En 1978, pour la toute première fois, le citoyen lambda fut convoqué à faire un choix (pour les élections précédentes ils avaient vraiment pas le choix), celui d’élire son président. Sans surprise, Senghor rafla la mise à nouveau avec plus de 82 %.
Ainsi, s’ouvre l'ère des contestations politiques, des débats d’idées tant sur le fond que sur la forme. Le pays se démocratise de plus en plus. Des élections de 78 à l’an 2000, beaucoup d'événements se sont déroulés. Citons la démission du président Senghor en 1980 qui désigna Abdou Diouf comme successeur qui, par la suite, remporta les élections de 88 et 93 pour finalement, en l’an, 2000 assisté à une (véritable) alternance qui porta au pouvoir, Wade, l’un des plus acharnés opposants. Et à ce dernier de subir la lourde sanction du peuple en 2012 suite à la grosse pilule du “waxx waxeet” que la majeure partie des électeurs ne pouvaient avaler.
Durant ces six décennies de luttes sans répit, d'élections et de reconnaissance du citoyen comme étant le point central et la seule personne capable de désigner son président, un facteur clé fut autant négligé : celui de l’abstention. De 1963 à 2012 le taux d’abstention dans les différentes élections n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui la moyenne du taux d’abstention des élections présidentielles est de 32%. Trois Sénégalais sur dix préfèrent écouter Youssou Ndour tout en reniflant l’odeur du bon goût de Thiébou Dieun qui se dégage depuis la cuisine un dimanche d'élection présidentielle que d’aller voter.
Qu’est ce qui peut bien expliquer cela ?
Pour mieux appréhender ce phénomène, analysons l'évolution du taux d’abstention au fil du temps, pour les différentes élections présidentielles (je ne traite que le cas présidentiel) durant ces six décennies avec des prévisions pour les élections prochaines de 2019. Que peut-on en tirer ?
On voit que le taux d’abstention de 1963 à 1973 a chuté et tourne autour de 10 %. Parmi les facteurs qui peuvent expliquer ce phénomène, entre en lice l’instauration du parti unique qui faisait que l'électorat n’avait vraiment pas le choix que d’élire celui qui a été désigné seul candidat à l'élection. Ensuite, on peut nommer l’absence d’opposant symbolique capable de défier le parti au pouvoir, ce dernier usant de sa force, les intimidait et les plus féroces se faisaient oublier sous les pénombres des prisons dans les chambres de neuf mètre carré dans une partie déconnectée du pays. Enfin, un autre facteur pouvant expliquer la chute du taux d’abstention de 1963 à 1973 pourrait être l'intérêt grandissant que portait une bonne partie de l'électorat aux élections qui, quoi que l’on dise, fut un phénomène totalement nouveau dans notre pays.
De 1978 à 2012, la tendance s'inversa. Les proportions deviennent considérables et inquiétantes, le refus du peuple d’aller voter se démarqua. En moyenne trois sénégalais sur dix s'abstiennent. On ne peut plus parler de phénomène nouveau, de paresse ou encore de manque de conscience. L’abstention de ces électeurs est raisonnable, et il y a bien une explication derrière cela.
Oui pour l’abstention face à la médiocrité du personnel politique ?
Soixante ans après l’indépendance, le Sénégal est aujourd’hui classé parmi les vingt-cinq pays les plus pauvres au monde selon le FMI (même si le classement reste discutable, la pauvreté demeure une réalité dans ce pays). En parallèle, la Corée du sud (même si ce ne sont pas les mêmes contextes politiques et économiques n’en demeure pas moins un bon exemple) qui, en 1961 voyait l’inflation et le chômage en pic et dépendait en majorité de l’aide américaine, a pourtant su réorienter sa politique stratégique en imposant une politique de substitution aux importations, une politique de restructuration de l’économie, et toute une série de mutations économiques, politiques, sociales et culturelles, le Sénégal malgré ces (faux) alternances, soixante ans après, a quand-même du mal a démarrer le moteur. Pourquoi voter si c’est pour acquiescer la médiocrité de la classe dirigeante qui se manifeste à travers leurs discours vides de contenus, leurs programmes préfabriqués qui pendant toutes ces décennies, parlent de la même chose.
Tony Blair disait : dans l’opposition on vit en vers ; mais on vit en prose sitôt que l’on est au pouvoir. Entre un parti au pouvoir qui brille de son incapacité à orienter le pays vers les voix des changements profonds et une opposition qui jette l'opprobre sur le parti au pouvoir et qui, par tous les moyens, essaie de nous faire croire que les choses seront différentes une fois qu’ils seront élus, faire un choix de bonne foi est presque impossible. Tous pareil, Kourouma disait, en politique le vrai et le mensonge, portent le même pagne, hélas c’est toujours d’actualité. Une fois au commande du rouleau compresseur étatique, ils écraseront toutes promesses et dévieront leurs sagesses et leurs honnêtetés au prix d’un confort administratif ; ne dit on pas à tout seigneur, tout honneur ?
Oui à l’abstention et non au vote sanction ?
En 2012, les sénégalais n’avaient pas vraiment élu un président, mais plutôt sanctionné un autre. Ce sont les erreurs du président Wade qui avaient porté au pouvoir le président Sall et pas nécessairement son programme politique, économique ou social. D’ailleurs ce n’est qu'après son élection qu’il nous a proposé le fameux PSE qui a coûté un pognon de dingue au contribuable sénégalais. Voyez-vous, le problème avec le vote sanction c’est qu’on n’adhère pas à la politique d’un candidat, on veut juste changer le système ou les commandes de l’instrument étatique. Cependant, cette attitude inconsciente de l'électeur achoppe sur un problème beaucoup plus grave : celui de devoir supporter un quinquennat de plus un président non voulu, non choisi.
L’abstention d’une bonne partie de l'électorat sénégalais se justifie bien, malgré la démocratie représentative qui propulse au pouvoir une personne qui n’est pas nécessairement adoubée par la majorité. Pour preuve, en 2012 toujours, le nombre d’inscrits à la liste électorale s’élevait à 5 301 648 et le nombre d’abstinents à 2 568 149 soit 48,42% au premier tour et 2 385 755 soit 45% au second. Près de la moitié de l'électorat avaient décidé de ne pas se prononcer. Une autre raison pourrait être ce que le philosophe et sociologue Raymond Bourdon appelle la rationalité axiologique. Selon lui, c’est parce que l’on croit au bien fondé d’un quelconque vote que l’on considère ce dernier comme une obligation, un devoir. Le vote sanction ne répondant en aucun cas à ces critères ne peut être un vote justifié. Pourquoi se déplacer si l’on est conscient que notre vote à une infime chance de changer la donne ?
Je m’abstiens ne veut pas dire je m’en fous ?
S’abstenir est aussi un acte de citoyenneté. On a le choix entre voter pour le parti au pouvoir, l’opposition, voter blanc ou s’abstenir. Tout citoyen remplissant les conditions, a le droit de voter - c’est un droit civique. Cependant, le vote n’est pas une obligation sauf si vous êtes citoyen de la Belgique, de l’Australie ou du Luxembourg...où même des amendes sont prévues pour les abstinents. Au Sénégal on n’en est pas là. S’abstenir est aussi un choix. Un choix raisonnable que doivent prendre en compte les élus. Les abstinents ont aussi le droit d'être écouté et les élus doivent considérer l'abstinence de la moitié comme un signal fort d’une partie du peuple qui crescendo répugne sa classe politique pour qui des mesures politiques, économiques et sociales efficaces doivent être prises. Le taux est assez élevé pour qu’on les ignore. Derrière leur silence se cache un message, celui du citoyen qui veut voir la politique autrement, celui du citoyen qui ne veut plus entendre des promesses électorales farfelues portées par le coup de l’émotion.
On peut bien s’abstenir et faire partie de ce faible taux de citoyens qui vomit la corruption, pour qui l’éthique du travail n’a plus de secret, ce citoyen alpha qui ne jette jamais les déchets dans la rue. L’abstinence est un choix, celui du citoyen qui ne veut plus être le bouclier, le torchon des hommes politiques délégitimes qui pourtant se sentent légitimés par une (fausse) majorité du peuple.
Oui à l’abstention et non au vote confrérique ?
Le professeur Abdou Aziz Kebe dénonçait lors de sa toute dernière sortie : “La manipulation dans les réseaux sociaux de ces confréries, de l’appartenance confrérique, pour en faire un vote pour ou contre... Le vote du 24 février doit refléter ce que nous sommes. Il ne doit pas être un vote confrérique, régional, ethnique, d’aucune identité remarquable. Mais un vote pour la patrie, pour le Sénégal”. Ayant passé mon enfance dans la ville sainte de Touba, je peux affirmer, avec la précision d’un couperet qui tombe, que le vote confrérique existe bien. Est-ce un bon choix ? Je n’en suis pas si sûr. Le vote confrérique est problématique dans la mesure où il ne permet pas nécessairement de faire le bon choix, celui du candidat idéal (rare comme le fennec du désert). Ce n’est parce qu’un candidat sait réciter tel verset ou tel xassaide qu’il a la capacité, l'honnêteté, la sincérité et la foi d’un leader. S’il y a une chose sur laquelle les politiciens excellent, c’est exploiter la faiblesse de son électorat et de son adversaire. S’abstenir dans ce cas est tout à fait raisonnable.
Je lance un appel fort aux cinq candidats de bien vouloir, au lendemain du scrutin, penser à cette partie du peuple abstinente qu’ils dirigeront pour de longues années à venir. Je leur dis qu’eux aussi ont leur mot à dire malgré leur silence.
Chers électeurs, entre voter pour le parti au pouvoir, l’opposition, voter blanc ou s’abstenir, vous aurez le choix le 24 février. Reste à l’assumer pleinement et sereinement. Soyons juste convaincus que ce sera le meilleur choix pour le Sénégal.
Dieng Ibrahima est étudiant à l’école Polytech de Marseille
Ci li ñépp seetlu, waa nguur gi ñemewuñu ko lool. Lu nekk ñu ngi ko koy yakk. Bu teyee ñu ni ay doxandéem a koy jàppale, di ko may xaalis bu dul jeex bu mu làq bitim-réew, bu ëllëg saa ñu ni salafist la, faalewul sunu tariqa yi ; Mustafaa Siise Lóo sax dem na ba ni mook way-fippu Kaasamaas yee bokk gis-gis.
Kan nag mooy gone gii wutewul ak cuuraayu dëmm ci Maki Sàll ak i nitam ? Lu tax ñu ragal ko ba mu leen di jëfurloo ?
Du ku ñu miinoon xar-kanamam ci làngu politig gi. Daanaka bi ñu ko dàqee ‘’Impôts et Domaines’’ la ñuy door a dégg turam. Kon, gornmaa bi muy xeex tey, liggéeyal na koy at yu mu ne patt, tëj gémmiñam. Xéy-na booba xel mi newagul woon ci politig.
Usmaan Sonkoo ngi juddoo Cees ci atum 1974. Waaye ginnaaw ay way-juram ndawi gormaa bi lañu woon, Sigicoor la màgge. Yaayam, Maam Xadi Ngom, séeréer la, di yit pulaar, baay biy joolaa.
Seen doom ji bokk tey ci wutaakon yi te xelam màcc lool ci mbirum lempoo ngi denc ñaari soxna, am ak ñoom juróom-benni bant.
Du benn du ñaar, Usmaan Sonko wax na ne bés buñ ko falee, li koy gën a yitteel mooy dog buumu njaam gi ay doxandéem, rawatina njiiiti Frãs yi, tënke Senegaal. Dem na fi Mante-la-Jolie, ca Frãs, yakk Tubaab yi lu mel ni xeme, ne seen yoon nekkul ci ni nuy téyee sunu réew ak sax yeneen réewi Afrig yi ñu tegoon loxo ciy jamono.
Petorool beek gaas bi feeñ Senegaal bu yàggul it, lu ko amal solo la. Li tax sax ñu bari xam Sonko tey, mooy tuuma yi mu yëkkati ci atum 2016 teg leen ci kow Maki Sàll ak rakkam Aliyu Sàll. Booba la kor Maryeem Fay mer, delloo koy kayitam, taafantoo ne kilifa gu tollu ni Sonko daa war ni muut mbaa mu ni mott. Niñ ko dàqe noonu ci liggéeyam, dafa gën a njaxlafloo Sonko, mu mel ni fitt guñ sànni te kenn mënatu koo tëye. Ñaari at rekk lañ ci teg mu génneb téere, tudde ko Pétrole et gaz au Sénégal — chronique d’une spoliation, di ci fésal ni nguur giy jalgatee sunu alal ak it ni ñu leen di gere ci anam gu jéggi dayo, réew miy ñàkk ay milyaar.
Ni Sonkoy doxale, day biral ne xar na tànku tubéyam ci indi doxalin bu bees pull ci làngu politig gi. Kon, booy seet bu baax, ñi mas a toog ci jal bi yépp la fas-yéenee jàmmaarlool. Waaye am nay boroom xam-xam yu ni loolu yëfu cuune la ndax bu nit ñi xamee foo jëm doo fa yegg. Mooy tamit liñ naan kuy yoot du sëqat.
Niñ ko fi waxe, Usmaan Sonko gan la ci géew bi te mooy caatu juróomi wutaakon yi yoon may ñu bokk ci joŋante ren bi. Teewu koo am bayre, ndax askan wi fullaal nay kàddoom, fépp fu mu dem ndiraan topp ko te ñi ëpp ciy farandoom ay ndaw lañu. Xanaa li mu tàmm di ŋàññ nguur gi ak ay baat yu ñagas te dëggoo tax gone yi sopp ko. Ñu bare jàpp nañ ni Usmaan Sonko, kenn feesul i bëtam. Ku gëm boppam la, bëgg réewam te foo mënti dem ci Senegaal fekk fay mbokkam, moo xam Cees la walla Bawol ak Ndar mbaa Sigicoor ba ci Njum ca Fuuta ak Sibixotaan ci diiwaanu Ndakaaru.
Ku mas a bëgg karate ak sido la te ba léegi sax saa yu ko ko jotam mayee mu wékki kimónoom sol, tàmbalee tàggat yaram wi. Am na benn xaritam bu nu ne aayoon na lool basket tamit te bu ko deful woon po kese ñàkkul mu am ci tur.
Waaye njàngam la jiitaloon.
Bukot-Sud la njëkk a dal lekool, def fa juróom-benni at soog a jàll kolees Amical Cabral, génne faak BFEM.
Ci atum 1995 la am bakaloryaa ci Liise Giñaabo, bokk ci ña fa rawoon. Ci la bindoo iniwérsite Gaston Berger ; ci menn atum 1999 la am lijaasa ci ‘’Droit public’’ ba noppi bokk ci joŋante ENAM bi, jëlati pee.
Taxu koo naagu ndax bi mu génnee ENAM, tàmbalee liggéey ‘’Impòts et Domaines’’ bu Pikin, la ne fàww mu yokk xam-xamam, di wéy di jàng UCAD ba ni mu ame ci atum 2003 DEA ci ‘’finances publiques et fiscalité’’
Dëgg la, Usmaan Sonko raŋale nay lijaasa yu bari waaye li ci ëpp solo moo di ne daanaka Senegaal la ame léppam, muy ndam ak sag ci moom, mu bëgg nag fey naar bi xoromam, ne du nangu mukk ay doxandéem ak i dunguruy Tubaab yiy paacoo alalu réew mi.
Ci li mu wax, njiitu ‘’Pastef-Les Patriotes’’ fas naa yéenee jëmale kanam beykat yeek sàmm yeek mooli Senegaal. Dinay faral di wax ne feek Senegaal a ngi jéggaani li muy dunde, mbay mi du mën a dox, ginnaaw rekk lay des, naka noonu koom-koom bi. Te loolu, lii rekk la tekki : waa kow gi duñ tàggook ndóol, te dina jafe ñu sàmm seen ngor.
Usmaan Sonko ndaw la te Senegaal, ci téeméer bo jël, genn-wàll gi ay ndaw lañu ni moom. Moo ko tax ne dina leen jàppale bu faloo, def kem-kàttanam ba dootuñu soxlaa song géej gi naan Barsaa mbaa Barsàq ngir rekk am lu ñu suturloo.
Ñetti ponk a ngoog yu ñu jukkee ci Solutions, ñaareelu téere bi mu génne ci sàttumbar 2018. Leneen lu am solo ngi ci biir Solutions : Usmaan Sonko da ciy wax ne feek Senegaal génnul ci weccitu CFA, du tegu ci yoonu naataange.
Bu ñu fàtte tamit ne Usmaan Sonkoo sos Syndicat Autonome des Agents des Impôts et Domaines (SAID) ci 2005, jiite ko lu mat juróom-ñaari at, ba 2012.
Am na lu xaw a yéeme ci jaar-jaaru Sonko : bi ko Maki Sàll dàqee ci atum 2016, la ko askan wi fal. Ndax su dul woon loolu xéy-na du doon tey dipite.
Ñaari at ci ginnaaw, la kii di Usmaan Sonko sos pàrteem, tudde ko PASTEF (ci nasaraan Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité). Ci atum 2017 la sos itam Atlas, di ci liggéeyal boppam.
Léegi, PASTEF bett na ñépp jàll parenaas yi, njiitam wër na réew miy xamle yéeneem, muy soppi nekkinu askan wi, rawatina ñi gën a néew-doole.
Waaye am ñu seen xel teey ci digganteem ak Ablaay Wàdd mi mu mel ni ku mu jébbal boppam. Bi ‘’Góor-gi’’ jógee bitim-réew, Sonko daa dakkal lépp li mu doon def, dem seeti ko. Gisewaat nañu otel ‘’Terou bi’’ (Teeru bi lees war a bind). Ñoom ñaar rekk a xam lan lañu waxante. Du ñàkk Wàdd yedd ko, ni ko maam waree def ak sëtam. Amaana tamit Sonko dig ko ne bés bu toogee ci jal bi, Karim Wàdd ak Xalifa Sàll lay njëkk a génne kaso.
Ak lu mën a xew ginnaaw-ëllëg, kenn ci réew mi dootul fàtte doomu Maam Xadi Ngom ji. Te su taxawee fi mu taxaw, ànd ak fulla ci li muy def te ñeme lu metti, feek juróomi at rekk mën naa am ndam lu réy. Ndax bu boobaa dina sàmm kàddoom, xam ne dige bor la ? Mbaa du dafa nar a def ni gaa ñi ko fi jiitu yépp, duut baadoolo yi ba noppi di leen mbëllee ?
Tontu ci loolu jafe na lool.
Usmaan Sonko nee na bu bés ba ñëwee dina soppi politig ci boppam : Yàlla bu ko politig soppi, moom Usmaan Sonko, nun nu nekkati fiy dunde yaakaar.
PAR IBRAHIMA SILLA
IL FAUT EN FINIR AVEC LA MAL-PRÉSIDENCE
Je vous adresse ce plaidoyer qui se veut un dernier appel à conjurer ce qui, à mon avis, constitue notre principal problème : la mal-présidence incarnée par un chef de parti qui peine à être ce qu’il est devenu par défaut en 2012
A la veille de l’échéance politique décisive que constitue l’élection présidentielle de février 2019, marquée par l’affolement de la boussole démocratique – car on n’est pas sûr de l’issue de toutes ces subterfuges qui nous ont éloignés du chemin que doit prendre toute démocratie sérieuse – je vous adresse ce plaidoyer qui se veut un dernier appel à conjurer ce qui, à mon avis, constitue notre principal problème : la mal-présidence incarnée par un chef de parti qui peine à être ce qu’il est devenu par défaut en 2012 (tant au regard des chiffres que des actes) : chef d’Etat. Nul n’est parfait m’objecteront les plus tolérants et laxistes. Certes. Mais la perfection est à distinguer de la nullité. Les institutions les plus solides sont bancales devant la fébrilité morale ou la nullité éthique des hommes.
Ce plaidoyer vise essentiellement trois objectifs. Le premier objectif est de mettre la mal-présidence à nu, afin qu’elle n’ait plus la possibilité de se cacher derrière la mal-gouvernance – mot fourre-tout – pour mieux déshabiller la responsabilité politique et déstabiliser les fondements républicains. Parler de la mal gouvernance c’est parler de la responsabilité des employés (les ministres et hauts fonctionnaires) et non du patron (le président de la République) qui décide de tout. Le président de la République n’est pas mis à sa juste place. Il n’exerce pas sa fonction à sa juste mesure. Il fausse l’esprit, la philosophie et la pédagogie à la source de l’éthique présidentielle. On n’a pas besoin d’être un savant du droit constitutionnel pour sentir les vices et effets pervers de l’hyper-présidentialisme et de la mal-présidence.
Le deuxième objectif est de rappeler au peuple sa tâche : « trouver l’homme (ou la femme) le plus capable, d’élever le pays et ses habitants à un mieux-être ». Est-ce trop demander au peuple, dont la maturité sans cesse vantée, resterait encore à être prouvée et approuvée ?
Le troisième objectif est d’espérer pouvoir susciter un élan d’indignation et un réveil citoyen susceptible de mener à l’avènement d’un véritable chef d’Etat qui ne préside pas parce qu’il est fort ; ou qui est fort parce qu’il est président. L’important c’est d’avoir un président juste, sincère, honnête et intègre. Un président ayant un sens élevé du Bien. Un président ayant une juste vision de la gestion appropriée pour le pays. Une vision de la gestion confiée justement à un Premier ministre ayant en charge la gestion de la vision. Un président qui tient parole. Un président qui n’aura aucune peine à justifier éventuellement sa fortune. Un grand homme politiquement respectable et moralement irréprochable. Un modèle à suivre contaminant, par une exemplarité génératrice de nouveaux grands hommes et ses concitoyens.
Telle est l’une des vocations de la science politique : dire ce que les gens n’aiment pas entendre. Dire à ceux qui se trouvent plus haut dans la hiérarchie sociale ce qu’ils aimeraient ne jamais entendre sur leurs manquements. Répéter inlassablement à ceux qui se trouvent plus bas – pour ne pas dire au sous-sol de la hiérarchie sociale – ce qu’ils ne devraient jamais accepter : ramper devant les esclaves du peuple à qui ils ont confié souverainement le destin du paye par la volonté électorale.
Toute élection surtout la présidentielle, est une occasion de prendre un nouvel élan ; de voir arriver de nouveaux talents apportant avec eux de la fraîcheur et du souffle. Bref, elle offre surtout l’opportunité historique de désintoxiquer l’espace présidentiel et sociétal. Dès lors, la tâche de ceux-ci ne revient pas à recommencer tout, mais à poursuivre l’œuvre politique autrement, sûrement, efficacement. Poursuivre ce n’est pas recommencer. Poursuivre c’est continuer, mais pas de la même manière. La continuité républicaine est un principe fondamental qui implique toutefois des ruptures. Mais pour poursuivre, il faut oser rompre d’abord. Ensuite, il faut oser en finir avec ce qu’on n’aimerait plus voir et ceux qu’on n’aimerait plus revoir au pouvoir. Enfin, il faut dépasser le présent pour éviter d’incarcérer le futur dans le passé. Car, ne pas corriger une erreur, c’est en précipiter une autre. Nous en avons commis une en 2012. Ne la répétons pas en 2019.
J’espère que l’échéance décisive que constitue l’élection présidentielle accouchera d’un bon président qui saura mettre un terme à la mal-présidence, une fois pour toutes. Car la mal-présidence est notre principal problème. Et il convient de l’inscrire dans une perspective nécrologique si nous voulons définitivement enterrer la longue liste des abus et dérives présidentialistes. Présidence après présidence, l’on retrouve les mêmes styles, les mêmes abus, dérives, revers, travers, injustices et scandales. Et par conséquent les mêmes sujets de discorde. Il devient ainsi difficile de discerner la nouveauté de la médiocrité et la médiocrité de la nouveauté. Les promesses de la nouveauté sont dissoutes dans les bassesses de la continuité. La politique faite en termes de rentabilité personnelle et partisane. Pour diriger un pays on n’a pas besoin d’avoir les qualités d’un lion, d’un renard, d’un âne ou d’une tortue. De Wade (que Senghor avait surnommé djombor : le rusé et malin) aurait-on désormais affaire et à faire avec quelqu’un qui s’est autoproclamé « félin » ? Ma préférence va plus aux malins qui savent présider, qu’aux félins qui apprennent à présider.
Pourtant la constitution est claire en ce qui le concerne. Sur 22 pages, il est fait référence à 84 reprises au moins à ce personnage central de la République, responsable-chef suprême-gardien-garant. 84 fois sur 22 pages, il est constitutionnellement fixé ce qu’il doit être, incarner, garantir, exercer, remplir, observer, faire observer, consacrer, ne ménager, assurer, déterminer, présider, signer, saisir, nommer, disposer, garantir, accréditer, accorder, mettre fin, déléguer, pouvoir, soumettre, prendre, conduire, décréter, autoriser, promulguer, demander, faire, coordonner, négocier, ratifier, réviser, décider, autoriser.
Rajouter « mal » à tous ces verbes et vous obtiendrait ce que je pense de son action. Il fixe mal, incarne mal, garantit mal, exerce mal, remplit mal, observe mal, fait observer mal, consacre mal, ménage mal, assure mal, détermine mal, préside mal, signe mal, nomme mal, garantit mal, accrédite mal, accorde mal, met fin mal, délègue mal, peut mal, soumet mal, prend mal, conduit mal, coordonne mal, négocie mal, ratifie mal, révise mal.
La personne qui doit occuper cette fonction ne devrait donc pas du coup être choisi par défaut, au hasard ou avec légèreté. Cette personne devrait faire sienne, sans le trahir, ce serment d’Hippocrate que tout médecin connaît et doit s’appliquer à appliquer : « Ne jamais faire de mal » ni à ses adversaires ni à la société civile ni à ses concitoyens. En politique l’enjeu est non seulement de ne jamais faire du mal mais surtout de ne pas être le mal. La prestation de serment traduit symboliquement et solennellement l’engagement à faire et à incarner le Bien pour le bien-être du peuple et l’intérêt supérieur de la Nation. Dans cette liste des prérogatives et attributions constitutionnelles ne figurent pas les verbes : réduire, dormir, offrir, divertir, mentir, faire souffrir, trahir, favoriser, menacer, financer, cacher, etc. (La liste des manquements est longue).
Mais aussi, les actes, postures et décisions, de cette personne qui devient une institution, devrait être appréciés sans se jamais se demander : « Est-ce que ce président est sérieux ? » ou « qu’a-t-il fait de son mandat ? » une fois que l’évidence de son patriotisme, de son intégrité, de sa sincérité, de sa compétence, de sa sagesse, sera établie et chérie par tous.
Ce n’est pas qu’une réputation infondée, une volonté d’offenser ou un mauvais procès d’intention sans fondement. Cette assertion est vérifiable et vérifiée. Les faits sont têtus. Et cet entêtement dans la mal-présidence est chronique et loin d’être périmé avec les alternances successives. Chaque nouvelle alternance met en scène un acteur principal qui ravive des pratiques et des postures que le peuple aurait aimé voir éteintes. Car, entre les mains boulimiques du président de la République se trouvent les données scandaleuses du problème de notre pays. Des mains qui font moins pire que la bouche qui parle et promet, sans que les actes viennent authentifier la crédibilité. Des mains qui ne tremblent pas quand il faut décider, soumettre, organiser, nommer, proclamer, réviser, réduire, offrir, etc. Des mains bricoleuses qui sabotent et profane l’art démocratique.
De quelle respectabilité peut-on se réclamer quand le dire et le faire ne sont suivis d’aucune crédibilité et d’aucune sincérité. C’est moins le sacre que le massacre de la sacralité de la fonction. Car il suffit d’apprécier sur pièce l’écart entre l’imaginaire constitutionnel de la PR et les pratiques habituelles de la mal-présidence pour se convaincre que la juste mesure n’est point leur fort. La politique, au sens noble du terme, non plus. La démesure est une constante, une régularité, un trait de caractère, un réflexe qu’on observe chez eux.
Au moment où je termine l’écriture de ce plaidoyer, j’ai donc une pensée à l’égard des hommes et femmes de Bien qui ont fait et continuent de faire du Sénégal une terre bénite, en dépit des maudites actions nées de la politique politicienne. Ma pensée va aussi à l’endroit de tous ceux qui sont fatigués d’être fatigués ; mais aussi à l’égard de tous ceux, véritables patriotes qui ont défié et défient encore le mal incarné par les prédateurs, pour que le bien soit notre héritage.
Ce bien aura un nom dimanche qui, je l’espère, ne nous rappellera pas Mackyavel.
UNE VICTOIRE DU DROIT ET DE LA JUSTICE SENEGALAISE
Cet arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO valide les décisions rendues par les juridictions, d’appel et de cassation et anéantit toutes les critiques subjectives et infondées sur la justice sénégalaise
Suite à l’invalidation de sa candidature par le conseil constitutionnel, Khalifa Ababacar Sall avait saisi la Cour de Justice de la CEDEAO aux fins d’être inscrit sur la liste des candidats aux élections présidentielles.
En réponse la Cour a rejeté toutes ses demandes au motif principalement qu’à la suite de l’arrêt de la Cour Suprême du 3 janvier 2019, l’arrêt de la Cour d’Appel du 30 août 2018 est devenu définitif et s’applique à Khalifa Ababacar Sall.
Que par ailleurs la rétroactivité de L’article L57 du code électoral alléguée n’est pas établie.
Cet arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO valide les décisions rendues par les juridictions, d’appel et de cassation et anéantit toutes les critiques subjectives et infondées sur la justice sénégalaise. Il consacre une victoire du Droit et de la justice Sénégalaise.
Les avocats de l’Etat
Me Ousmane Diagne
Me Ousmane Seye
Le Bâtonnier Me Moussa Félix Sow
Me Samba Biteye
Me Yerim Thiam….