Modernisation de la justice, un parlement du peuple... Le candidat Madické Niang a fait part de ses ambitions pour le pays, devant des partisans réunis à la maison de la culture Douta Seck.
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KATY CISSE WANE RETROUVE LA LUMIÈRE
Ancienne dircab de Niass nouvelle porte-parole de Macky Sall
Aphone depuis son départ de l’assemblée, katy Cisse Wone sort de l’ombre. L’ancienne directrice de cabinet du candidat Moustapha Niass en 2012, récemment bombardé porte-parole du candidat Macky Sall, enfile sa robe d’avocat défenseur de son candidat. Dans cet entretien aux allures de baptême du feu, elle explique en quoi son candidat doit rempiler. Elle revient également sur ses relations avec Moustapha Niass.
L’as : qu’est-ce qui vous a amenée à soutenir le Candidat Macky Sall dont vous êtes devenue une des porte-paroles ?
Katy Cisse Wone : Le candidat Macky Sall, est pour la seconde fois le candidat de la coalition BBY dont je suis membre fondatrice. Je faisais partie du groupe restreint qui a choisi de baptiser la coalition du nom de Benno Bokk Yakaar dans la petite salle de Radisson juste avant la grande conférence de presse, initiée pour son lancement. Ce groupe était composé des candidats malheureux du premier tour à l’élection présidentielle de 2012, du candidat Macky Sall, de sa directrice de cabinet de campagne, Mme Mimi Touré et de Monsieur Seydou Guèye.
Etant membre fondatrice de BBY, ma présence au sein de l’équipe de campagne du candidat Macky Sall ne saurait être lue comme un soutien, mais plutôt comme la poursuite d’un compagnonnage politique qui a débuté en 2012. Je suis restée ferme sur mes convictions et loyale à la coalition BBYet au Président Macky Sall. Le président Macky Sall a eu la clairvoyance et la loyauté de gouverner avec la coalition victorieuse qui l’a portée au pouvoir. Cela a été un gage de stabilité institutionnelle. Et dans le cadre de cette présidentielle du 24 février, la majorité présidentielle s’est beaucoup élargie. Elle sera aussi victorieuse qu’en 2012.
Vous étiez très proche de Moustapha Niass dont vous avez été la directrice de campagne. Qu’en est-il de vos rapports ?
J’ai eu la chance et l’honneur de rencontrer un homme politique de la dimension du Président Moustapha Niass. C’est une source d’apprentissage politique qui a enrichi mon parcours. Nos relations sont faites de respect mutuel et sont empreintes de beaucoup d’urbanité. Vous me donnez l’occasion de lui réitérer mes condoléances pour sa défunte mère avec laquelle il avait une relation quasi fusionnelle.
Que faisiez-vous pendant tout le temps que vous vous êtes absentez de l’espace politique ?
J’ai entamé un travail de réflexion et de terrain depuis 2013 qui s’est consolidé avec la création d’une organisation dénommée Pôle Républicain pour le Savoir et le développement (PRESADE). Il combine à la fois une dimension stratégique de Think Tank sur les questions d’intérêt national et international et un volet social de soutien et d’accompagnement des femmes et des jeunes. Il compte plus de 2000 membres et intervient dans les régions de Dakar (Yoff, Parcelles, Yeumbeul, Keur Massar et Rufisque), Thiès et Kaolack avec de très bonnes perspectives d’élargissement. C’est une entreprise difficile, mais très exaltante à laquelle je me suis beaucoup consacrée. Ces actions de développement qui m’ont permis d’avoir un meilleur ancrage communautaire ont renforcé mon action politique au sens noble du terme. Elles permettent aujourd’hui aux populations de faire des choix politiques clairs tel que contribuer à la réélection du président Macky Sall qui a développé des programmes dont elles sont bénéficiaires.
Justement, pourquoi doit on réélire le candidat Macky Sall ?
Un premier mandat en appelle un second ! Le président Macky Sall doit être réélu au 1er tour pour parachever la deuxième alternance. Rappelez-vous que lorsqu’il arrivait au pouvoir, le Sénégal était dans une situation très difficile marquée par une crise multiforme et un taux de croissance de 1,8%. Il fallait nécessairement le remettre debout. Cela a nécessité un arbitrage dans la priorité des actions publiques à mener. L’urgence était de soutenir le monde rural et les catégories sociales les plus vulnérables en desserrant l’étau de précarité qui les tenaillait. La baisse des prix de première nécessité a été opérée pour soulager les difficultés des ménages. La profonde crise énergétique a été maîtrisée. Passer de 900 heures de coupure en 2011 à 24h en 2018 et réussir à vendre de l’énergie aux pays voisins est une véritable performance que tous les Sénégalais doivent saluer pouvoir comme opposition.
Les critiques les plus véhémentes doivent parfois, face à l’évidence accepter et endosser les avancées engrangées. Concernant toujours les avancées, il en va de même dans beaucoup d’autres secteurs que le candidat décline de fort belle manière dans sa profession de foi en plaçant l’équité sociale et territoriale au cœur de son action. Ce paradigme l’a amené à développer des initiatives d’accès à l’eau potable, la nourriture, la santé, l’électricité, la mobilité.
Nous sommes au 21ème siècle et il n’est plus acceptable que des populations entières demeurent encore isolées et en dehors de la marche du Sénégal, de telles fractures d’un autre âge ne doivent plus exister. Et la politique, c’est aussi et surtout changer la réalité des personnes. Elle ne saurait se réduire à la rhétorique incessante. Le pays réel qui ressent l’impact de ces politiques saura faire la différence en votant pour la continuité de l’entreprise de construction enclenchée depuis 2012.
Mais, tout le monde reconnait que le chômage est chronique dans ce pays...
Le chômage des jeunes est un véritable problème qu’il faut continuer à agresser, en plus des programmes déjà lancés à travers le FONGIP, l’ANPEJ et la DER. Bien sûr, il reste beaucoup de choses à faire, mais les bases d’une transformation structurelle sont jetées! Ceci est tellement vrai que le taux de croissance a été porté à 7,2%. Ce n’est pas une illusion de prestidigitateur, mais un fait réel qui parle de lui-même.
Cette courbe ascendante de notre croissance sera renforcée à travers la phase II du PSE qui va enclencher la séquence transformationnelle par une croissance de qualité plus inclusive et « distributive » dans le cadre d’une justice sociale plus affirmée. Elle permettra un passage à l’échelle des politiques d’accès universel. Le deuxième mandat sera adossé à 5 grandes initiatives (PSE Jeunes 2035, Economie sociale et solidaire, société numérique, reforestation durable du territoire national, cap sur l’industrialisation), 3 grands programmes (Zéro bidonville, zéro déchet, villes créatives) et 5 accès universels (Eau et assainissement, électricité, services sociaux de base, services de mobilité collective, services sportifs et culturels). Il faut consolider le travail, combler les gaps et corriger les imperfections et manquements plutôt que de recommencer.
Ce ne sont que des projets et de l’autre côté aussi, on décline des projets idylliques...
(Elle coupe). Nous sommes en face d’un bilan contre des promesses. Le bilan est positif. Tenons donc chaque pas gagné et continuons d’avancer. Il est difficile de répondre sur tous les fronts, satisfaire les demandes de toutes sortes et en même temps supporter la pression de la quête d’un légitime deuxième mandat. La réalité de la conquête du pouvoir est différente de celle de son exercice. Et un programme aussi séduisant et percutant, soit-il ne révèle sa pertinence que quand il est confronté aux réalités sociales, culturelles, religieuses et économiques.
Changer un pays en profondeur nécessite du temps et de la patience, mais aussi de l’audace dans les initiatives. Construire suppose parfois détruire pour mieux reconstruire. Si Napoléon III avec le Baron Haussmann, préfet de Paris n’avaient pas eu l’audace de détruire 120 000 logements pour transformer radicalement la capitale française, elle ne serait pas à l’heure actuelle qualifiée de plus belle ville du monde. La révolution Haussmannienne s’est déroulée sur environ une soixantaine d’années (1853-1914). Et pourtant, il fut un temps où Paris était totalement insalubre au point de connaître des épisodes d’épidémie de choléra dont celle de 1832 fit 18.402 morts.
C’est la démarche visionnaire d’un homme politique, qui pourtant en son temps était très critiqué qui a fait entrer la France dans la modernité, révolutionné le mode de vie, introduit des réformes sociales importantes et dynamisé l’économie en lançant l’industrialisation notamment par l’introduction du chemin de fer. Moderniser un pays suppose qu’au-delà des programmes économiques et sociaux, l’ordre, la discipline et la salubrité soient endossés comme des valeurs et des mesures pratiques sans les- quelles notre désir d’émergence est compromis. C’est une œuvre collective qui doit être menée par un leadership audacieux. Le président Macky Sall l’a compris.
Le camp d’Idrissa Seck clame une victoire au premier tour. A votre niveau également. Est-il possible qu’un candidat gagne au premier tour à la lumière des foules drainées ?
Si on doit se référer aux foules, je crois que la cause est entendue. Je n’ai jamais vu une campagne drainer autant de monde dans toutes les régions du Sénégal où le candidat était en osmose avec les populations. Une campagne très professionnelle avec un candidat animé par une confiance lucide basée sur les résultats opérés en milieu rural et dans les régions restées les parents pauvres des politiques publiques depuis les indépendances. Le candidat Macky Sall s’est engagé à changer cette dure réalité. Il a compris qu’il faut résolument hâter la marche du Sénégal vers la modernité. Les foules sont le reflet d’une politique entamée depuis 2012. Le scrutin du 24 février est à portée de main et devra voir la réélection du candidat Macky Sall au premier tour Inchallah.
JE SUIS DESORMAIS UN SUPPORTER DU SENEGAL
A 36 ans, Souleymane Camara ne pense pas encore à la retraite, l’ancien international sénégalais parle de sa carrière et de l’équipe nationale du Sénégal.
A 36 ans, Souleymane Camara ne pense pas encore à la retraite. Après la défaite contre le paris Saint germain (5-1), l’ancien international sénégalais est revenu au micro de Canal+ sur ses ambitions avec son club Montpellier. p’tit jules en a profiter pour parler de l’équipe nationale du Sénégal doit-il est devenu supporter.
Comment analysez-vous cette lourde défaite face au PSG ? On est déçu de ce match. On était venu pour faire un bon résultat. Mais nous sommes tombés sur une bonne équipe du PSG. C’est dommage, car nous avions des situations pour leur faire douter un peu. Mais eux, ils ont eu des occasions et ils l’ont exploité. Quels conseils vous donnez aux jeunes, vu votre carrière ? Chacun a son destin en main. Les conseils que je vais leur donner, c’est juste de bien travailler, de croire en soi et de ne rien lâcher. Quel est votre objectif cette saison avec Montpellier ? Mon objectif avec Montpellier est de bien finir la saison. Et surtout jouer. En ce moment malheureusement, je ne joue pas trop. Cela fait partie de notre métier malheureusement. Après, je continue à travailler. Physiquement, je me sens bien. Donc, je vais continuer à travailler. Pensez-vous encore à l’équipe nationale du Sénégal ? L’équipe nationale, c’est fini pour moi. Je suis désormais un supporter. Je suis disponible pour supporter l’équipe nationale du Sénégal. Envisagez-vous de devenir entraineur ? Pour l’instant, je suis joueur. Je vais me concentrer sur ma carrière de joueur après on verra.
« LE CNRA N'A PAS VOULU ACCOMPAGNER NOTRE ASPIRATION»
Sur les 5 candidats annoncés, seuls deux ont honoré le grand débat de leur présence. Il s’agit des candidats ousmane Sonko et Me Madické Niang. en marge de la rencontre, fadel Barro a tiré un bilan satisfaisant de la journée.
Le mouvement « Y EN A MARRE» s’estfélicité de la tenue de journée d’échange avec les candidats Ousmane Sonko et Me Madické Niang. « Nous avons beaucoup de satisfaction à l’issue de cette journée de marathon.
C’est une grande fierté d’être de cette jeunesse qui cherche à faire évoluer la démocratie. Nous regrettons le fait que le débat entre les candidats et Sunu Vote n’ait pas pu se faire. Le Cnra n’a pas voulu accompagner l’aspiration des activistes pour une démocratie calme, participative et apaisée. Néanmoins, tous les jeunes qui étaient sur les lieux depuis 09h sont restés toute la journée pour interagir avec les candidats » se réjouit, Fadel Barro, coordonnateur dudit mouvement.
Si le candidat Macky Sall avait décliné d’avance sa participation à cette journée, Idrissa Seck et Issa Sall ont brillés par leur absence. « Tous les candidats ne sont pas venus, mais c’est une satisfaction de démarrer avec deux candidats. Le président Issa Sall a eu l’honnêteté de dire au dernier moment qu’il ne pouvait pas venir. Il a néanmoins proposé de le faire en vidéo conférence, en envoyant une équipe technique.
Mais on a décliné, par soucis de mettre tous les candidats sur le même pied. Quant au Président Idrissa Seck, il avait confirmé, avant de changer d’avis au dernier moment.
Selon Fadel Barro, le but recherché a été atteint. « Ce débat a été une bonne expérience démocratique, une bonne expérience citoyenne. Grâce à ça, les citoyens ont compris que l’élection n’est pas seulement l’affaire des partis politiques. C’est aussi l’affaire des citoyens. C’est un signal fort pour la jeunesse africaine pour qu’elle comprenne qu’elle peut participer aux élections à sa manière », a ajouté le coordonateur du mouvement Y EN A MARRE.
PAR SERIGNE SALIOU GUEYE
LES ENJEUX D'UN SCRUTIN CRUCIAL
Le président sortant, malgré des scores victorieux véhiculés par des responsables apéristes, n'est pas sûr de se voir élire le 24 février - Ses adversaires n'entendent pas lui permettre de prolonger son bail
Tous les regards seront tournés ce dimanche vers le Sénégal : Les 6 683 043 électeurs sont appelés à choisir entre les candidats Macky Sall de Benno Bokk yaakar, Idrissa Seck de Rewmi, Ousmane Sonko de Pastef, Issa Sall du Pur et Madické 2019. Ces candidats se sont livrés ces trois dernières semaines à une âpre campagne électorale, pourtant sans débat, où tout s’est joué sur les réseaux sociaux et sur le terrain. Tout cela dans une atmosphère de violence physique et psychique. C'est un rendez-vous pour l’Histoire ! A l’ouverture des 15 397 bureaux de vote au Sénégal et à l’étranger, les 6 683 043 électeurs vont glisser leur bulletin dans l’urne pour départager les cinq prétendants au fauteuil du palais de l'avenue Léopold Sédar Senghor. Finis dès ce soir à minuit les promesses et les engagements pour laisser la place, 28 heures après, à la délibération des citoyens. Cette onzième élection présidentielle sera scrutée par plus de 2000 observateurs nationaux et internationaux. C'est donc dire combien cette élection est cruciale. La première particularité de ce scrutin est l'absence des partis classiques dans cette course à la présidentielle. Le Parti socialiste (PS) et le Parti démocratique sénégalais (PDS) ne sont pas sur la ligne de départ. Le premier a préféré soutenir Macky Sall, le second est éliminé sur la base d'une condamnation judiciaire de son leadercandidat. Depuis 1978, c'est la première fois aussi qu'une présidentielle n'est disputée que par 5 cinq candidats. L’autre particularité de ce scrutin est qu'il reste l'un des plus indécis de l'histoire électorale du Sénégal. Car le Président sortant, malgré des scores victorieux véhiculés ça et là par des responsables apéristes, n'est pas pour autant sûr de se voir élire le 24 février. Son principal challenger, Idrissa Seck, qui a fait tôt de quitter la coalition Bennoo après 2012, constitue une réelle menace à sa réélection. D'ailleurs, le leader de Rewmi est si confiant qu'il serine partout son sacre au premier tour.
Macky Sall : l'obsession d'un second tour
Macky Sall a drainé des foules immenses partout où il est passé, mais ce n'est pas un baromètre pour certifier son élection au premier tour. Dans ses discours de campagne, il s’est projeté sur l'avenir avec la Phase 2 de son PSE très critiqué par l'opposition. Bilan élogieux — notamment en termes d’infrastructures — en bandoulière, il croit que, sur la base ses réalisations visibles, il doit et va se faire élire. Taux de croissance stable, inflation réduite, promesse d'emplois, production agricole en nette progression, construction de plusieurs infrastructures routières et autoroutières, achat d'un Train express régional, sécurité assurée malgré la ceinture de feu autour du Sénégal, bourses de sécurité familiale, Pudc… telles sont les principales réalisations dont s'enorgueillit Macky Sall pour prétendre, pour cinq ans encore, diriger ce pays. Son objectif est de travailler pour les générations futures d'où son programme Ligeyal Elëk.
Idrissa Seck : le grand challenger
Mais ses adversaires n'entendent pas un seul instant lui permettre de prolonger son bail présidentiel. Et ceux qui se présentent comme ses plus farouches adversaires, ce sont Idrissa Seck et Ousmane Sonko. Le patron de Rewmi, qui a bénéficié de l'appui des recalés du parrainage et de plusieurs fédérations du Pds, se pose comme le plus dangereux adversaire de Macky Sall. Son discours de campagne est, d'une part, axé sur les valeurs en perdition du fait de dirigeants qui ne respectent jamais la parole donnée. D'autre part, il revient sans cesse sur la justice et l'économie, pierres angulaires de son programme. Les réformes judiciaires sont d'une urgente nécessité pour lui. Le rewmiste en chef a promis aussi de faire sortir le Sénégal du cycle de pauvreté dans lequel le régime de Macky l'a enfoncé pendant 7 ans. C'est pourquoi, il entend apporter des transformations structurelles qui vont changer le niveau de vie de Sénégalais appauvri selon lui par sept ans d'incompétence de Macky Sall.
Ousmane Sonko : le candidat de l'anti-système
L'autre particularité de cette élection indécise, c'est l'émergence d'Ousmane Sonko, incarnation de la candidature anti-système. Méconnu jusque pendant les législatives, l’inspecteur des impôts et domaines de profession a su capitaliser la confiance de milliers de Sénégalais depuis qu'il a lancé publiquement son livrevision qui a balisé le terrain à son programme Jotna. Les prises de position de Sonko sur les ressources minières de notre pays ainsi que sur la corruption ont participé à le faire connaitre au grand public. Le Patriote en chef est le candidat des jeunes qui voient en lui un rédempteur, un homme neuf qui rompt avec les grenouillages du système. C'est le candidat de l'anti-système même si on l'a taxé de flirter avec des hommes comme Abdoulaye Wade qui ont incarné ce système qu'il dénonce. Son discours sonne chez les jeunes comme révolutionnaire. Révolutionnaire au sens de vouloir changer l'ordre établi ici depuis les indépendances et de rompre les chaines de sujétion qui subordonnent le Sénégal à la France. C'est ainsi que, dans son programme, il parle de sortir du franc CFA, de renégocier les contrats pétroliers et gaziers et de revoir les facilités d'implantation octroyées à certaines entreprises commerciales comme Auchan. Sonko, qui compte encore sur une consigne d'Abdoulaye Wade pour renforcer son potentiel électoral, pense pouvoir bousculer la hiérarchie et conduire Macky Sall au second tour
Issa Sall : l'élan brisé
Quant au Pr Issa Sall, il croit en ses chances. Ses interventions reposent essentiellement sur l'éducation et les valeurs. Normal pour un enseignant qui a fondé une université et qui dirige un parti d'essence religieuse où l'on prône l'éducation et l'éthique. Mais les violences de Tambacounda dans lesquelles sa garde rapprochée est impliquée a plombé un peu son élan même si, à travers ses meetings boycottés par la presse privée à tort ou à raison, il essaie de tenir le coup. Et malgré un nombre limité de soutiens, le Puriste en chef rêve d'être le cinquième président du Sénégal. Il bénéficie toutefois du vivier électoral des Moustarchidines qui peut lui permettre de réaliser un bon score.
Madické Niang : le plan B autoproclamé du Pds
Madické Niang est quant à lui, l'invité surprise, l'intrus ou le plan B autoproclamé du Pds. Il s'est lancé dans cette élection en soutenant qu'il voulait pallier l'absence du PDS à cette élection. Ce qui a été le mobile de la rupture avec son mentor Abdoulaye Wade. Sans appareil, sans programme, Madické pense qu'il est suffisamment connu comme un homme modéré, tempéré et placide pour bénéficier majoritairement des suffrages des électeurs et remplacer l'actuel locataire du palais. Et ce, même si beaucoup le soupçonnent d'être un pantin que Macky a utilisé pour crédibiliser cette élection et disperser des voix qui auraient pu tomber dans l'escarcelle d'Idrissa Seck. Pour montrer qu'il a une existence dans cette campagne, il verse dans le registre de l'humour qui détonne avec son caractère austère. A force d'adopter un langage destructeur, massacreur, Madické s'est fait le guignol de cette campagne violente qui a besoin de décrispation. A ce jour, nul n’est en mesure d'attester qui sera premier et deuxième ce dimanche ou même s'il y aura un second tour ou pas. Les foules drainées par les candidats laissent penser qu'un deuxième tour est inéluctable à moins que l'on vive le même scénario de 2007 où Abdoulaye Wade dont la campagne étaient dirigée par un certain Macky Sall, avait remporté, à la surprise générale, la présidentielle devant des ténors comme Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse.
Par Pape NDIAYE
L’HEURE DU GRAND CHOIX !
Ouf, l’heure du grand choix est arrivée au Sénégal ! Car, tous les regards sont tournés vers dimanche 24 février prochain où les 15 millions de Sénégalais dont près de 6.500.000 électeurs vont choisir le nouveau président de la République
Dans deux jours, précisément dimanche prochain, les Sénégalais vont élire leur nouveau président de la République. Ce, à l’issue d’une âpre campagne électorale qui a polarisé tout un pays marqué par un processus électoral très contesté ainsi que des condamnations « politiques » et des violences meurtrières passées par « pertes et profits » pour pouvoir enfin arriver à l’heure du grand choix !
Ouf, l’heure du grand choix est arrivée au Sénégal ! Car, tous les regards sont tournés vers dimanche 24 février prochain où les 15 millions de Sénégalais dont près de 6.500.000 électeurs vont choisir le nouveau président de la République. Ils sont cinq candidats à briguer le fauteuil de la magistrature suprême : Madické Niang, Ousmane Sonko, Macky Sall, Issa Sall et Idrissa Seck.
Malheureusement, les électeurs n’auront pas l’embarras du choix puisque certains voteront par défaut du fait que 25 candidats recalés dont deux sérieux potentiels : Karim Wade et Khalifa Sall. Mais quoi qu’il en soit, les Sénégalais sont appelés à aller aux urnes. Car, le vote est à la base de la démocratie. Il permet aux citoyens d’exprimer leur volonté et leur souveraineté en choisissant leurs dirigeants (président de la République) et représentants.
Il est également une sorte de boussole pour les citoyens afin d’orienter le futur président de la République vers leurs préoccupations quotidiennes. D’abord, il n’est pas interdit d’imaginer paradoxalement que l’économie n’est plus le premier enjeu majeur dans l'esprit des membres du gouvernement sortant ou finissant.
Car, ils n’ont jamais cessé de plaider devant tous les jurys et instruments de mesure que l’économie sénégalaise se porte bien jusqu’à atteindre le sommet de sa croissance. Alors dans ce cas, la santé ne devrait plus être un souci majeur de bien-être pour les Sénégalais. Et pourtant, c’est le cas. Un triste cas quotidien !
En effet, les patients-indigents se plaignent des difficultés d'accès aux soins de santé et souffrent des longs rendez-vous médicaux qui les condamnent à une morte certaine. Sans oublier le manque de médecins spécialisés (cardiologues, pédiatres, urologues, orthopédistes, gynécologues etc.) dans les communes départementales les plus reculées du pays.
Donc l’heure du grand choix a sonné pour les Sénégalais afin de choisir le président de la République faisant de la « santé pour tous » sa priorité. Etre en bonne santé est un besoin universel, une préoccupation primordiale. Et comme seconde priorité, l’emploi des jeunes devenu une véritable bombe à retardement qu’il faut absolument désamorcer.
De même que la baisse considérable des prix sur les produits alimentaires de consommation courante (riz, huile et sucre) afin d'améliorer le pouvoir d'achat des Sénégalais. L’heure du grand choix est également arrivée pour élire l’homme capable de prendre en charge les problèmes de l'éducation.
En effet, c’est un secret de polichinelle que le système éducatif est annuellement plombé par des grèves cycliques et des revendications syndicales, sources d'une inquiétude croissante au sein des parents d’élèves. Sans oublier la forte demande persistante en matière de logements sociaux qu’il faut impérativement résorber, l’accès à l’eau potable en milieu rural, les questions d’insécurité urbaine, le vol de bétail en milieu rural etc.
L’heure du grand choix s’offre au peuple sénégalais en vue de porter à la tête du pays le profil adéquat prêt à répondre aux aspirations des Sénégalais. Qui saura mettre en œuvre les réformes qui garantissent l’indépendance de la Justice. Et, surtout, appliquer le principe de la séparation des pouvoirs pour une justice sénégalaise équilibrée. voici venue l'heure du jugement au cours duquel les citoyens vont confier la gestion des ressources minières, pétrolières et gazières à l’homme qu’il faut. Un homme d’ouverture capable de créer un consensus avec l’opposition sur les grands sujets de l’économie, des finances publiques, de sécurité publique, de diplomatie et de défense nationale.
Ainsi, l’élection présidentielle comme celle du dimanche prochain constitue au sein d’une société organisée comme la notre, une soupape de sécurité démocratique. Et aussi une clé de sécurité publique et de stabilité politique.
Dieu sait que le Sénégal a la meilleure formule au monde en matière d’élection pour garder et sauvegarder cette clé sécurisante : le Suffrage universel direct ! Une modalité simple, mais très efficace puisqu’elle fait l’objet d’un encadrement juridique réparti entre la Constitution et le code électoral. Le suffrage universel direct permet, au terme d’un ou de deux tours de scrutin, de désigner ou de choisir l’homme que les citoyens (ou la majorité d’entre eux) voudraient voir occuper l’espace le plus convoité du pays qu’est le palais de la République. Et l’heure de le choisir est enfin arrivée !
Le pôle communication de la coalition Benno Bokk yaakar (Bby) a organisé hier un panel sur les fake news appelés intox. Et l’un des animateurs du panel en l’occurrence el hadji hamidou kasse a soutenu que l’opposition est en train de préparer le peuple à sa défaite en accusant le pouvoir de vouloir truquer les résultats des élections.
Très remontés contre l’opposition qu’ils accusent de véhiculer de fausses informations contre leur candidat, les membres du pôle communication de Bby ont organisé un panel sur les fake news qu’on appelle infos intox. Pour El hadji Hamidou Kassé, membre du pole, deux raisons justifient la tenue de cette rencontre. «La première raison, nous assistons au déchaînement des fake news, c’est-à-dire de fausses informations destinées à tromper délibérément l'opinion.
La deuxième raison, c’est que de source absolument sûre, l’opposition est en train de préparer une campagne massive de fakes news y compris le jour du scrutin», indique El Hadji Kassé qui énumère ce qu'il considère comme les fake news de l'opposition. «Il y a beaucoup de fausses informations durant cette campagne, notamment la coupure d'eau qu’il y aurait à Dakar et la construction d’un immeuble du fils du Président à Dubaï. Ce candidat sait pertinemment que c’est totalement faux.
Ils ont également dit que le pétrole découvert dans l’océan appartient au Sénégal ; là aussi, ils ne peuvent apporter aucune preuve pour étayer ces propos. Sur le net, circule aussi une fausse information selon laquelle l’Etat va bloquer l’Internet le jour du scrutin», dit le ministre-conseiller qui estime que l’opposition prépare le peuple à sa défaite en soutenant que le pouvoir va donner des résultats truqués. «Les Fakes news n’ont pas commencé aujourd’hui ; car entre les deux tours, Macky Sall a été interpellé sur la place des marabouts dans la société et les homosexuels.
Ces questions étaient pour le mettre mal à l’aise contre ces derniers. Il y a aussi son patrimoine estimé à huit milliards en 2012, alors qu’il y avait ajouté celui de sa femme et les financements reçus pour sa campagne de 2012». Pour sa part, le coordonnateur du pôle communication de Bby, Pape Mawa Diouf, soutient qu’ils ont en face une opposition qui a échoué sur le plan des idées, du programme politique, de la vision et sur le plan de leur capacité de mobilisation électorale.
Ils tentent de saboter l’élection. La seule chose dont ils disposent, c’est de dire des contrevérités, d'inventer des informations dont nous n'aurons pas le temps d’expliquer ou de démentir», se désole-t-il.
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UNE BONNE EXPÉRIENCE CITOYENNE
Ousmane Sonko et Madické Niang face à des citoyens, pendant des heures pour échanger sur l’avenir du pays - Fadel Barro tire le bilan de cette rencontre inédite
Youssouf Ba et Mame Djité |
Publication 22/02/2019
Deux candidats ont honoré de leur présence le grand débat initié par Y’en à marre. Ousmane Sonko et Madické Niang ont face à des citoyens, pendant des heures pour échanger sur l’avenir du pays. A la fin des discussions, Fadel Barro et ses camarades n’ont pas caché leur satisfaction quant à la réussite de l’événement. ‘’C’était une bonne expérience citoyenne qui a permis au sénégalais de comprendre que l’élection n’est pas seulement une affaire des partis politiques, mais c’est également l’affaire des citoyens’’, s’est réjouit Fadel Barro.
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«SI MACKY SALL CONFISQUE LA VOLONTE POPULAIRE , LA JEUNESSE VA MARCHER VERS LE PALAIS »
Le président sortant est averti ! Il n’est pas question de confisquer la volonté populaire au du 24 février prochain. Cette mise en garde lui a été faite par le candidat de la coalition « Sonko président » en meeting, hier, au stade Alassane Djigo de Pikine. Si Macky Sall sort victorieux au terme d’un scrutin transparent, Ousmane Sonko promet qu’il sera le premier à le féliciter. Seulement, en cas de forcing, il n’a pas hésité à demander aux jeunes de marcher vers le palais pour déloger le déloger.
Pour une première fois, depuis le début de la campagne électorale, tous les responsables de la coalition « Sonko président » se sont retrouvés autour de leur candidat sur un même podium lors du meeting de ladite coalition, hier, au stade Alassane Djigo de Pikine et qui a drainé beaucoup de mondeS. Requinqué par cette forte mobilisation, notamment de la jeunesse, dans cette partie de la banlieue, Ousmane Sonko est revenu sur les enjeux de cette élection présidentielle. « Quand je vois cette formidable démonstration de force de la jeunesse sénégalaise, partout où je suis passé, il y a une mobilisation exceptionnelle jusqu’à trois heures du matin. Cette jeunesse-là, si elle veut du changement, Macky Sall va partir le 24 février prochain.
Nul ne peut faire face à la volonté populaire et la souveraineté nationale appartient au peuple et le peuple ne fait que la déléguer pour un temps déterminé », indique d’emblée le patron de la coalition Sonko président. Persuadé qu’une alternance est possible, Ousmane Sonko invite ses partisans à ne pas se laisser distraire par ceux qui considèrent que Macky Sall a les moyens de confisquer la volonté populaire. « Si c’est lui (Macky Sall) qui a remporté le scrutin de manière démocratique et transparente, je serai le premier à le féliciter. Cependant, s’il veut confisquer la volonté populaire, je demande à cette jeunesse-là de marcher vers le palais et de le sortir du palais ; parce qu’il ne sera pas question qu’il confisque l’avenir de ce pays, l’avenir de cette jeunesse», fait remarquer Ousmane Sonko, confiant. « Si le taux de participation dépasse 65% et que le peuple sécurise son vote, à minuit, Macky Sall sera une page tournée et le Sénégal prendra un nouveau départ », dit-il.. « On nous a trop menti en nous faisant croire que nous sommes un pays pauvre. C’est faux ! Nous n’avons qu’une seule pauvreté, c’est la pauvreté de notre élite politique», martèle le candidat de la jeunesse qui en veut pour preuve les 716 kilomètres de côtes poissonneuses de notre pays, en plus de la découverte de pétrole et du gaz. Même s’il se désole de la gestion de cette richesse qui est en train d’être dilapidée par le président Sall et son frère au détriment des sénégalais. Idem pour l’or de Kédougou qui sort du pays pour enrichir d’autres pays plongeant cette localité dans le dénuement le plus total.
Par Mamadou Oumar NDIAYE
POURQUOI JE VOTERAI IDRISSA SECK !
Parce que les injustices qu’il a subies — en particulier une détention carcérale injuste — et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme - Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences
En 1960, lorsque les pays de cette partie-ci du continent accédaient en chaîne à l’indépendance, deux géants en particulier dominaient l’ex-Afrique occidentale française. Il s’agit des présidents Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire. Lesquels n’avaient pas les mêmes visions pour leurs pays. Le poète-président et agrégé de grammaire Senghor choisît de miser sur la construction d’une Nation et mit l’accent sur l’éducation en formant des ressources humaines d’une très grande qualité mais aussi sur les institutions et la construction d’un Etat solide. Son ambition était de construire un socialisme « à hauteur d’homme ». Plus tard, il instaura la démocratie marquée notamment par un multipartisme limité à trois puis quatre courants de pensée. Le médecin « africain » et planteur Houphouët-Boigny, lui, opta pour la réalisation d’infrastructures, la constitution d’une bourgeoisie nationale solide et proclama sans complexe sa préférence pour une voie de développement capitaliste. Ce là où presque tous les pays du continent se disaient « socialistes » ! L’ivoirien avait construit une ville (Abidjan) à l’américaine avec des routes de standard international, des ponts, des « gratteciel » en tout cas des buildings de verre et de béton. Le monde entier s’extasiait devant le « miracle économique » ivoirien tandis que Senghor organisait son Festival mondial des arts nègres, construisait son Musée Dynamique, son théâtre Sorano, ses corps de ballets, son Ecole des Arts, sa Manufacture des Arts décoratifs.
Trente ans plus tard, dans les années 90, la Côte d’Ivoire implosait sur la question de l’« ivoirité ». Houphouët, contrairement à Senghor, n’avait pas construit une Nation et dès que les cours mondiaux de café et de caco se sont effondrés, la vitrine ivoirienne s’est craquelée. Et le miracle, qui était un trompe-l’œil, s’est estompé. Le modèle sénégalais, fondé sur les institutions et l’éducation, ce qu’on appelle aujourd’hui la bonne gouvernance aussi, était le bon. Surtout, Senghor a donné un rayonnement international sans précédent à notre pays en étant le premier chef d’Etat du continent à quitter volontairement le pouvoir. Plus tard, le Sénégal a connu deux alternances spectaculaires qui ont fini de le consacrer comme phare de la démocratie sur le continent. Or, c’est justement cette tradition démocratique, cette marque de fabrique, ce bien le plus précieux de notre pays, cette exception sénégalaise, tout cela qui est mis en danger depuis sept ans. Pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, deux hommes, parce qu’ils sont considérés comme des rivaux à une élection présidentielle et des obstacles à l’obtention d’un second mandat, ont été jetés en prison sans autre forme de procès. Ou, plutôt, à l’issue de procès loufoques conduits par des magistrats non pas seulement couchés, mais aplatis.
Toutes des accusations absolument grotesques. Et alors que, sous le magistère du président Senghor — qui ne fut pas toujours, certes, un enfant de chœur mais le contexte de guerre froide et de pays nouvellement indépendant l’excusait grandement — et aussi celui de son successeur Abdou Diouf, il existait une vie politique civilisée avec de vrais droits et des avantages accordés à l’opposition, depuis 2012, tous ces acquis ont été foulés au pied. A l’Assemblée, les groupes parlementaires de l’opposition — il faudrait plutôt employer le singulier — se disloquent sous les coups de boutoir d’un pouvoir soucieux, sinon de les dissoudre, du moins de les fragiliser à l’extrême. L’opposition n’est plus consultée et passe son temps à parer les tentatives de déstabilisation. Le Code électoral consensuel de 1992, fruit d’un dialogue national inclusif, a été déchiré au profit d’une gestion unilatérale et brutale du processus électoral. Plus grave, notre pays, de havre de paix et de refuge pour tous les opprimés du continent, est devenu pour eux soit une prison (pour l’ex-président tchadien Hissène Habré emprisonné sur financement du dictateur Idriss Déby) ou un enfer dont ils sont expulsés sous le moindre prétexte. L’ex-putschiste gambien Kukoï Samba Sanya, chassé du Sénégal vers le Mali, est mort dans ce dernier pays quelques jours après son arrivée. Le bloggeur tchadien Mikhaïla Nguebla a été mis dans un avion, direction Conakry d’où il s’est envolé par la suite pour la France.
L’activiste Kémi Séba, lui, a été expulsé vers la France. Même sort pour l’opposant gambien Cheikh Sidya Bayo chassé du Sénégal vers l’Hexagone. Bref, tous les acquis démocratiques du Sénégal sont en train d’être vendangés, s’ils ne l’ont pas déjà été durant les sept ans de règne du président Macky Sall. Un président de la République dont le péché originel, mais c’est là son moindre défaut, a été un honteux reniement ayant consisté à promettre aux Sénégalais et à la face du monde entier — en particulier jusque sur le perron de l’Elysée mais aussi à l’Union Africaine et à l’ONU —, qu’il réduirait son mandat de sept à cinq ans. Puis le Monsieur a regardé les Sénégalais dans le blanc des yeux pour leur signifier que son Conseil constitutionnel s’opposait à une telle réduction de son mandat ! Ajoutons à cela que les institutions ont été fragilisées pour être mises au service et à la gloire d’un Conducator, tandis que les contre-pouvoirs, là où ils n’ont pas été domestiqués, sont réduits à leur plus simple expression. Last but not least, on assiste à une politisation inédite de notre Administration, jadis socle de granit sur lequel reposait l’Etat, les régies financières en particulier ayant fini d’être privatisées à son profit par une camarilla particulièrement vorace.
UN FOURRIER DE LA TRANSHUMANCE !
S’il n’y avait que cela, c’est-à-dire ce reniement à la parole donnée et ce piétinement des conquêtes démocratiques si chèrement acquises par le peuple sénégalais ! Il s’y ajoute aussi, hélas, que ce Monsieur Macky Sall a porté à un niveau jamais atteint auparavant le fléau de la transhumance qu’il se jurait pourtant d’éradiquer ! Un fléau vil, ignoble, dégoûtant et dégradant que ce président cynique pour qui la fin justifie les moyens a remis au goût du jour pour ne pas dire promu et élevé au rang de sport national. On assiste à une entreprise répugnante de détournement de suffrages de la part de mercenaires et de salopards qui, après s’être fait élire sous la bannière de l’Opposition, vont sans états d’âme se vendre au pouvoir en place.
Des individus sans convictions, sans éthique, sans morale et sans vertu qui retournent leurs vestes ou leurs camisoles au gré des alternances. Une pratique encore une fois encouragée, et le plus souvent suscitée, par un président qui jurait aux Sénégalais de mettre fin à cette pratique s’ils lui accordaient leurs suffrages. Une fois au pouvoir, comme pour l’engagement consistant à réduire la durée de son mandat de sept à cinq ans, notre bonimenteur, qui s’est transformé en sergent-recruteur et sous-officier fourrier de la transhumance sitôt élu, s’est dédit et renié honteusement. J’aurais pu parler de notre économie vendue aux étrangers, des centaines d’entreprises nationales à l’article de la mort, si elles n’ont pas encore mis la clef sous le paillasson du fait des difficultés dans lesquelles les a plongées le Trésor public, des scandales financiers à n’en plus finir etc. mais ce serait trop charger la barque. Rien que ces deux aspects développés dans cet article — le démantèlement des acquis démocratiques du Sénégal et la promotion de la transhumance — me suffisent pour ne pas voter pour le président sortant.
Et après-demain dimanche, inch’Allah, je voterai pour le candidat Idrissa Seck. Parce que c’est un homme d’Etat qui a une expérience de la gestion au plus haut niveau de cet Etat en tant que Premier ministre et ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles. Parce que c’est un chef qui sait se faire respecter. Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences. Parce qu’il a de l’ambition pour le Sénégal et saura défendre ses intérêts. Parce que l’équipe qui l’entoure me rassure. Parce que c’est un homme moderne, ouvert sur le monde. Parce que depuis 1983 que je le connais, il a participé à toutes les luttes démocratiques du peuple sénégalais. Parce qu’il saura, je pense, combattre la transhumance dont il a été victime plus que n’importe quel homme politique sénégalais. Parce que les injustices qu’il a subies — en particulier une détention carcérale injuste — et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme. Et surtout, surtout, parce que j’espère qu’il ne se transformera pas en maton sitôt pour à son tour emprisonner tous ses opposants !