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30 août 2025
Par Diagne Fodé Roland
LE CAMP PATRIOTIQUE PEUT ET DOIT GAGNER LA SECONDE MI-TEMPS DU LAMB DE LA PRESIDENTIELLE 2024
Chaque camp semble dans l’attente de ce qui va se passer maintenant aprèsl’annonce du retrait forcé de sa troisième candidature illégale par le président Macky Sall
Chaque camp semble dans l’attente de ce qui va se passer maintenant aprèsl’annonce du retrait forcé de sa troisième candidature illégale par le président Macky Sall. Mais en réalité après ce beau score d’un but à zéro au cours de ce match, camp patriotique et camp néocolonialse préparent à la seconde mi-temps qui sera décisive. L’hécatombe provoquée par la répression dictatoriale néocoloniale n’a pas empêché le score victorieux du camp patriotique à la mi-temps : près de 50 assassinats plus les 14 de 2021, les nervis armés qui sévissent aux côtés et avec la police et la gendarmerie, près d’un millier d’arrestations qui continuent, un verdict inique contre notre candidat que l’autocratie a peur d’exécuter, les barricades illégales à son domicile, les incessantes interdictions illégales de manifester, la diversion du « dialogue national » pour diviser l’opposition et rallier une partie au nouveau complot anti-sonko suivie du terrorisme idéologique et médiatique du mensonge d’État sur « l’ennemi intérieur et extérieur » pour dissoudre Pastef-Les Patriotes et exclure de la présidentielle 2024 le capitaine du camp patriotique, etc. Le score victorieux de la première mi-temps montre à souhait l’échec des stratagèmes liberticides fondés initialement sur le double objectif d’imposer la troisième candidature anticonstitutionnelle et d’empêcher la participation du chef de l’opposition à la présidentielle.
Nouvelle stratégie de la dictature présidentielle
En retirant sa candidature hors la loi, la dictature présidentielle s’évertue maintenant en vain à rassembler le camp néocolonial jusque dans les rangs de l’opposition qui se divise en fractions dont les chefs aspirent tous à le remplacer lors de l’élection de février 2024 entre ceux qui rejoignent ouvertement le complot du « toutsauf Sonko » et ceux qui demandent « l’inclusion » de Sonko mais dont la priorité est de faire surtout campagne pour eux-mêmes. Le peuple observe les échauffements de ces candidats remplaçants tout en attendant la prochaine attaque d’État contre son candidat dont tous les sondages disent qu’il l’emporte au premier tour. La partie de « lewoto » actuelle est une préparation de ce qui va arriver. Sachant parfaitement que chaque fois que la dictature néocoloniale a agressé Sonko, le peuple, notamment la jeunesse, lui a spontanément infligé parsa mobilisation combative un recul malheureusement à un coût humain et matériel très élevé. Ce fut le cas en mars 2021 et juin 2023. Ce fut les cas de démonstration de force de l’espérance suscitée par Sonko lors des meetings, méga meetings, des numeku tours gazés par la police/gendarmerie ou agressés par les nervis-marrons du feu, etc. Ce fut le cas lors du rôle de moteur joué par Sonko, sans être candidat, lors de la campagne des législatives 2022.
Les nouveaux stratagèmes mis en place
Dans ces conditions, quels nouveaux stratagèmes sont mis en place par l’autocratie pour gagner la seconde mi-temps ?
- Arrêter Sonko, c’est prendre le risque d’un nouveau procès pour invalider sa condamnation inique pour « corruption de la jeunesse », alors qu’avant leur requalification, ont été rejetées, par le jugement inique, les accusations principales et uniques de « crime de viol et menace de mort ».
- Ne pas l’arrêter, c’est avouer en pratique la thèse du complot et instituer le pourrissement fondé sur l’arbitraire de la prison à domicile et maintenir cela jusqu’au moment des candidatures, lui permettre même éventuellement de déposer avant de faire invalider par le Conseil Constitutionnel celle de Sonko sous le prétexte du verdict inique de « 2 ans ferme ». C’est le scénario qui peut contraindre Sonko à se rendre pour obtenir un nouveau procès.
- Dissoudre Pastef-les patriotes comme « ennemi intérieur et extérieur » en montant un faux dossier de « connivence avec la rébellion casamançaise, de salafisme antirépublicain, d’atteinte au principe constitutionnel de la laïcité » et autres balivernes que ne cessent de répéter, notamment à l’envi nos renégats de l’ex-gauche devenue plus rien.
Pourquoi ces coups fourrés de l’État Macky/APR/BBY doivent échouer ?
Le peuple, notamment la jeunesse, espère par l’élection du candidat du camp patriotique en finir avec sa condamnation à risquer sa vie en traversant le désert ou les mers pour devenir sans papiers dans les pays impérialistes où arrivent les richesses dont le pillage est la principale cause du sous-développement et avec la mafia de la bourgeoisie bureaucratique des vols des deniers publics. Chaque fois que celui qui incarne cette espérance est victime d’attaque, le peuple s’est érigé en bouclier pour dire stop. Tel est le principal atout du camp patriotique. S’ajoute à cette force populaire décisive :
- l’affaiblissement en cours du pouvoir dictatorial du président par sa renonciation forcée : «le chat parti, les souris dansent» ;
- la division qui va aller crescendo dans son parti et dans sa coalition au-delà du facteur d’unité qu’est le « tout sauf Sonko », division qui va se traduire par une multiplicité des candidatures au sein des libéraux de l’APR, de BBY et du PDS sans oublier les sociaux libéraux du PS qui vont se diviser sur la question de rejoindre ou pas Taxaw;
- l’effet « trahison » de la capitulation présidentielle qui va démobiliser les partisans de sa troisième candidature qui se sentent lâchés en plein vol par sa renonciation ;
- la peur de la non garantie dorénavant de l’impunité chez les FDS et même chez les nervis d’exécuter des crimes contre le peuple suite aux déclarations internationales (ONU, etc) et les exigences nationales, africaines et internationales « d’enquêtes impartiales et indépendantes sur les morts, les tortures, les blessés, le complot, les atteintes liberticides, etc » ;
- l’opposition montante au sein de la magistrature entre l’exigence du respect de la séparation des pouvoirs par l’indépendance du judiciaire et la servilité à l’Exécutif,
- les tiraillements à tous les niveaux (administration, police, gendarmerie, armée, médias, intelligentsia, etc) entre respect de l’État de droit et l’État hors la loi diligenté par l’autocratie depuis surtout 2019;
- l’évolution contradictoire émancipatrice du « tout sauf Sonko » jusqu’ici majoritaire au sein des médias entre les réprimés et les complices de l’autocratie néocoloniale ;
- la recherche en cours par les impérialistes d’une alternative à Sonko président 2024 parmi une panoplie de choix présidentiels n’ayant aucune crédibilité aux yeux de l’immense majorité du peuple. Ce que les patriotes, les démocrates et les communistes révolutionnaires qui ont saisi l’enjeu libérateur pour le futur du pays de «l’inclusion» de Sonko doivent éviter et faire :
- le « vertige du succès » dont parlait Staline après une première bataille gagnée qui peut conduire à des excès langagiers outranciers que la dictature Macky/APR/BBY va prétexter pour continuer son arbitraire répressif ;si Sonko montre pour l’essentiel une stature de plus en plus affirmée « d’homme d’Etat », certaines outrances verbales inutiles personnalisées sèment le doute sur la maturité politique voire le jeu trouble de certains dans notre camp patriotique ;
- ne jamais confondre la contradiction et l’adversaire principaux avec les contradictions et rivaux secondaires ;
- l’affaiblissement du F24 et surtout sa division alors que seul le point de sa plateforme sur la candidature illégale a été obtenu et que « l’inclusion de tous les autres candidats », la libération de tous les détenus politiques, la transparence et le contrôle citoyen du fichier électoral, l’organisme ou la personnalité consensuel ne le sont pas, ces points sont à mettre en exergue pour poursuivre la VISIBILITÉ ET LA MOBILISATION DU F24 que l’autocratie par ces interdictions illégales de manifester cherche à museler;
- lier la bataille de principe pour « l’inclusion de tous » sauf Macky à la liberté de tous les prisonniers politiques, la justice pour les victimes de la répression de l’État hors la loi, l’annulation du verdict inique contre Sonko, la levée du blocus sans base légale de son domicile, le fichier électoral et l’organisation impartiale de la présidentielle ;
- rejeter les mots d’ordres aventuriers de « démission de Macky », de « levée des barricades policiers de Keur Gorgui » que les masses, dans leur bon sens, n’ont pas suivi ; - ne pas tomber dans le piège des supputations capitulares sur « le plan B » parce qu’une telle hypothèse n’appartient qu’aux résultats du rapport des forces à un moment donné et qu’à la seule décision de Sonko en raison même de l’agression permanente PERSONNALISÉE ET PERSONNIFIÉE contre notre candidat patriote et de l’impossibilité de tenir actuellement un congrès de PastefLes Patriotes
. La « ligne de masse » militante, c’est-à-dire la liaison permanente entre le militantisme patriotique de terrain avec le peuple est le secret que le pouvoir dictatorial cherche à détruire par les vagues successives d’arrestations pour n’importe quoi alors que tout le monde sait que « toucher à Sonko », c’est amener le peuple, principalement la jeunesse à reprendre la résistance massive dans la rue. Alors l’optimisme de la volonté doit primer sur le pessimisme des actuelles difficultés passagères pour passer du « lewoto » au « gal gal » qui mettra l’autocratie néocoloniale à terre et gagner ainsi la seconde mi-temps vers la fin du lamb de la présidentielle 2024.
«LE TRIBUNAL SOCIAL EST MALHEUREUSEMENT TRES SOURNOIS ET FAIT PLUS DE DEGATS QUE LA GROSSESSE ELLE-MEME»
Les conséquences sur la santé mentale et physique de la jeune maman sont terribles, selon le psychologue Dr Papa Ladjiké Diouf qui s’exprime sur les souffrances endurées.
De jeunes filles se sont aujourd’hui brusquement et violemment conduites dans une vie de détresse, d’angoisse et de charge bien très lourde sur leurs épaules. Les conséquences sur la santé mentale et physique de la jeune maman sont terribles, selon le psychologue Dr Papa Ladjiké Diouf qui s’exprime sur les souffrances endurées. Pour l’enfant, dit-il, l’affectivité maternelle en prend le plus souvent un gros coup.
En général comment se comporte une jeune fille devenue très tôt maman par accident social suite à une grossesse non désirée ?
Quand on parle de grossesse, il y a cette relation de partenariat relationnel entre la mère et le bébé. Qu’elle soit désirée ou pas, il y a toujours des conséquences au niveau psychique de la mère et du bébé. En cas de grossesse non désirée, il y a des répercussions qui peuvent être très négatives au niveau du développement moteur du bébé, et de son évolution comportementale. On dit souvent que cette dépression-là, qui survient avec cette grossesse non-désirée, a des conséquences sur la santé de la maman en général, notamment celles physiques et psychologiques, mais aussi sur celle du bébé au niveau moteur, cognitif... Il y a des spécialistes comme Fiaulde lequel parle de transmission prénatale des mécanismes de détresse psychologique chez le bébé. Le fait que la grossesse soit non désirée, la pression au niveau social et surtout familial, -dès fois on demande à cette jeune fille de choisir entre l’enfant qui va naitre et sa propre famille-, c’est très violent, très brutal. Ce qui amène certaines jeunes mères à aller vers l’avortement qui a des risques, ou le pire qui est l’infanticide. Généralement, il y a toute cette pression sociale autour de la grossesse non désirée. Il arrive dès fois même dans un ménage, que la grossesse soit non désirée. Quand il y a cet élément-là du fait que la grossesse n’est pas désirée, l’affectivité maternelle en prend un gros coup. Ce lien affectif qui devait exister entre le bébé et la mère qui l’a porté devient comme influencé négativement par l’état d’esprit de la mère, sa santé mentale et physique définitivement.
Quelles sont les conséquences de cette expérience douloureuse sur le plan psychologique?
Généralement, il y a comme un niveau de détresse psychologique qui accompagne cette réalité. Un niveau de détresse psychologique qui a des conséquences sur l’enfant. Il y a un gros risque à développer comme une dépression autant pendant la grossesse qu’une dépression post partum. Dès fois même, des idées suicidaires peuvent apparaitre de cette jeune mère. Dans nos communautés, cela va souvent aller jusqu’à l’infanticide ou même certaines que leurs parents, maman, grande sœur ou un parent influent dans la maison accompagnent à faire un avortement. Ce sont des avortements risqués. Mais si l’enfant arrive à naitre, parce que dans le ventre de sa maman, l’enfant, par rapport à ce lien, perçoit les émotions de sa mère. Donc la santé mentale de la mère a un impact sur la santé physique de l’enfant, mais aussi au niveau comportemental. Cette détresse de la mère devient une sorte de détresse auprès du bébé. Et souvent si l’enfant arrive à naitre, il porte cette détresse de la mère. Généralement cet enfant peut être victime de privation d’affection autant de la part de sa propre mère qui l’a mise au monde mais également de l’entourage de cette mère. L’enfant peut être victime de négligence et de mauvais traitement ou d’abandon. Beaucoup d’enfants sont jetés à la rue s’ils n’ont pas eu la chance d’être confiés à une pouponnière. Ce rejet de la famille augmente la détresse et le sentiment de rejet de la mère vis à vis de cet enfant. Si jamais cet enfant grandit dans la famille, généralement, c’est un enfant à qui on va rappeler tout le temps qu’il n’a pas été désiré. En revanche, il y a des familles, -c’est des exceptions-, où quand la vague passe, on se ressaisit et accueille l’enfant, et aussi aider la mère à bien élever son enfant. Mais généralement, c’est l’autre élément de rejet. Ce qui amène cette mère-là à perdre l’estime de soi, la confiance en elle. C’est très fréquent. Une personne qui rentre dans une dépression et qui vit une détresse psychologique énorme.
Dans beaucoup de familles, on a cette pudeur d’aborder les questions de sexualité avec les enfants. Ce manque de dialogue, de communication n’est-il pas un facteur favorisant ?
Par rapport à la réalité de l’éducation à la sexualité, c’est un gros défi à relever. On avait des mécanismes traditionnels comme le fameux «Leul» où la communauté, certains membres de la famille se chargeaient de cette éducation à la sexualité. Que ce soit les hommes ou les femmes. Malheureusement dans beaucoup de communautés, on s’est rendu compte que ces mécanismes ont disparu. Il n’y a rien qui les remplace. Avec ce vide, l’Internet, les réseaux sociaux ont malheureusement occupé ce vide. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes apprennent à travers leurs paires ou la pornographie, Internet... D’où les conséquences énormes au niveau de l’équilibre de leur sexualité et de la façon dont ils vivent et comprennent leur sexualité. Cela a aussi des conséquences énormes. Même pour les adultes qui rentrent en couple, on se rend compte que c’est un gros défi. L’équilibre au niveau de l’intimité du couple est devenu un gros défi. Les gens se cachent derrière des produits pour booster leur partenaire ou se booster eux-mêmes dans leur sexualité. Beaucoup ne connaissent vraiment pas leur corps. C’est difficile quand on ne connait pas son corps d’aller découvrir le corps de l’autre. C’est un enjeu majeur dans beaucoup de couples. Maintenant, en ce qui concerne ces jeunes, on se rend compte que le fait d’être très peu éduqués, très peu sensibilisés à ces questions-là les amène très souvent à être très vulnérables. Surtout quand ils font face à des personnes expérimentées et dès fois même à des prédateurs. Que ce soit au sein ou en dehors de la famille. C’est à partir de ce moment que les risques de grossesse non-désirées vont être présents. Il y a beaucoup de travail à faire sur la sensibilisation et l’éducation à ces questions. Et éviter de faire du déni. Parce qu’il y a beaucoup de dénis sur ces questions dans nos communautés.
Et le regard de la société..?
Quand la grossesse arrive, les conséquences sont là; au niveau à la fois psychique, psychologique, social... Mais la réalité, c’est surtout les conséquences sociales. Le tribunal social est malheureusement très sournois. Mais il fait plus de dégâts. Parce qu’il y a ce rejet. La personne est pointée du doigt comme étant une personne de mœurs légères, une mauvaise personne. Une étiquette qui, malheureusement va suivre cette femme et cet enfant né de cette union. Les hommes, dans nos communautés, très souvent, sont des privilégiés dans ce sens. Il y en a même qui s’en vantent. Moi j’ai vu dernièrement à la télé un homme qui se vantait d’avoir engrossé plusieurs femmes. Où sont tous ces enfants-là. J’ai travaillé en zone sud où il y a beaucoup d’enfants qui ne connaissent pas leurs pères. C’est un gros problème dans nos sociétés. La plupart de ces enfants ne sont pas déclarés. Ils vivent dans un pays. Mais c’est comme s’ils étaient des citoyens entièrement à part. Qui ne sont pas des citoyens à part entière. Je pense qu’il faut s’adresser au niveau juridique, social, dans les familles. Parce qu’un enfant a une mère mais il a aussi un père. Généralement les hommes sont protégés. Et puis, du point de vue même de ce tribunal social, un homme à femmes, on dit qu’il est don juan, qu’il est adulé même des fois. Mais une fille à gars, elle est vue comme une pute. C’est comme des soubassements d’une conscience collective reliée aux rapports de sexe. C’est pour dire que les conséquences sont nombreuses et peuvent être désastreuses. Les prisons pour femmes sont remplies de femmes qui ont commis un infanticide. Mais on traite l’infanticide, c’est comme si on traitait juste la fumée et le feu continue à brûler. C’est-à-dire que les vraies causes au niveau social ne sont pas réellement adressées. Un gros problème au niveau de nos sociétés où l’on veut changer les choses mais on continue à adopter les mêmes comportements. Et on veut des résultats différents. C’est aussi assez complexe. Plus d’éducation, je pense, plus de de sensibilisation, et puis aussi, au niveau juridique, changer certaines législations. Je pense que certaines législations doivent être vraiment changées pour donner plus d’équilibre sur ces questions.
L’IMMATURITE DU BASSIN CHEZ CES MAMANS ADOLESCENTES NE FACILITE PAS PARFOIS UN ACCOUCHEMENT NORMAL
Dr Khalifa Ababacar Guèye du service de gynécologie de l’hôpital de Pikine revient sur les complications et les zones comme Matam, Thiadiaye et Pikine où les cas sont plus fréquents.
Les conséquences gynécologiques des grossesses précoces sont surtout liées à l’immaturité du bassin dont les capacités ne permettent pas un accouchement normal lié à la taille de l’enfant chez les mamans adolescentes. Dr Khalifa Ababacar Guèye du service de gynécologie de l’hôpital de Pikine revient sur les complications et les zones comme Matam, Thiadiaye et Pikine où les cas sont plus fréquents.
Enfants et déjà mères, le gynécologue Dr Khalifa Ababacar Guèye les classent en trois catégories. Ce sont les mamans adolescentes qui ont contracté une grossesse suite à un mariage précoce et ou forcé, celles qui ont eu une grossesse précoce désirée ou non désirée et celles qui ont eu une grossesse précoce suite à un viol. Les complications sont surtout liées à l’immaturité de leurs organes notamment le bassin et le système immunitaire. D’abord pour celles qui ont un mariage précoce et forcé, elles rencontrent une complication du bassin en plus des risques liés à la prééclampsie. Avec sur l’immaturité du bassin, les capacités ne permettent pas un accouchement normal lié à la taille de l’enfant.
Le 2e cas, c’est-à-dire les grossesses non désirées, en plus des complications que rencontre la maman forcée à se marier un peu très tôt, il y a le problème de suivi et de déclaration. Ce qui retarde le suivi et augmente lesrisquessur l’enfant et la mère. Le 3e c’est une grossesse non désirée suite à un viol ou inceste avec un individu parfois non identifié ou identifié mais menaçant parce qu’étant un parent de la victime ou son cousin. Dans ces cas, il y a le plus souvent un lien familial avec la fille. Ou alors un linge sale où acteurs et auteurs préférent le laver en famille. Ce qui présente un cas particulier de l’acceptation de la grossesse et de l’enfant à naitre. Dr Guèye explique. «C’est surtout la pré-éclampsie sévère avec des crises pour les jeunes filles de moins de 25 ans. L’autre problème est lié à l’immaturité de leur bassin qui finit sa maturité à l’âge de 21 ans. Ce type de jeunes filles est plus exposé à la dystocie, à un accouchement difficile et sur qui on applique parfois la ventouse ou la césarienne. Parce que la fille est incapable d’accoucher par voie basse».
La césarienne justement, c’est un point en commun chez les mamans adolescentes. Elle a aussi ses conditions avec un retentissement sur les prochaines grossesses. Pas de grossesse rapprochée. C’est la première règle. «Parce qu’il y a toujours des risques liés à cette pratique. On demande de limiter à 4 ou 5 césariennes même s’il n’y a aucun document scientifique qui atteste qu’on ne doit pas dépasser 4 césariennes», a-t-il indiqué. L’autre type de petites mamans, ce sont celles-là qui ont eu une grossesse précoce hors mariage, désirée ou non désirée. «C’est une grossesse qui souffre d’un retard de suivi parce qu’on ne savait pas que la fille était enceinte. Ce sont en général des grossesses qui apparaissent tardivement. Leurs mamans peuvent être en travail et venir à l’hôpital sans carnet. Parce qu’elles ont camouflé la grossesse avec des habitudes vestimentaires surtout si elles avaient l’habitude de porter des habits amples à moins que la bonne ou son enseignant la soupçonne et s’en ouvre à la famille».
Dr Gueye dit avoir vécu l’expérience. Et c’est surtout, dit-il, «un manque de suivi qui expose la maman adolescente et son enfant. Or, le bilan prénatal est très important pour tenir compte des maladies latentes. Mais si la maman n’a pas respecté cette étape de la grossesse, elle expose l’enfant et on ne pourra pas prendre des mesures préventives». Ici, le géniteur peut refuser. Ce qui, selon le scientifique, peut alourdir les risques. Lesquels sont beaucoup plus complexes quand il s’agit d’une fille violée. «Pour les cas de viol, c’est beaucoup plus compliqué. Parfois on n’a pas les traces de suivi du violeur, si c’est un viol accidentel, si ce n’est pas un cas d’inceste. Dans les cas d’inceste, la jeune fille est sous menace permanente. On a deux cas où on a récupéré les filles. Des cas où le papa est en même temps grand père». Et c’est là où le danger est préoccupant car dépendant du « rétablissement de la maman». Sur ce point, il affirme que «l’enfant peut constituer la mauvaise cicatrice de cette expérience douloureuse». Laquelle influe sur la psychologie de la maman en général, et surtout la maman ado. « Ce sont les psychoses puerpérales. Un trouble grave qui survient le plus souvent dans la semaine qui suit l’accouchement. Une femme qui accouche et qui subitement devient absente. Qui dit que ce n’est pas son enfant. Elle refuse de le mettre au sein. Là, on garde l’enfant le temps d’un traitement. C’est après rétablissement, surtout quand elle même demande son enfant, qu’on le lui donne. Il y a également le «Baby blues» et la dépression post-partum». En faisant ce diagnostic, il souligne que le retentissement psychologique est parfois très difficile à cerner malgré la psychothérapie de soutien. «Les complications psychologiques sont très difficiles à évaluer. Elle peut se dire, cet enfant-là, «je vais le tuer».
Tu auras beau discuter, elle va se vider mais parfois à moitié malgré nos séances de tête à tête avec elle. Surtout quand l’enfant est issu d’un inceste. On a eu un cas où son père est le grand père de sa fille. Pour ce cas, on l’a récupérée et confiée à un couple qui l’a adopté. La fille perd tout contact avec son enfant. Il y a une procédure et des papiers à signer. Il y a un service social de l’hôpital et le ministère de la Santé qui gèrent parfois ces cas. A Liberté 6, il y a également un centre d’accueil coiffé par le ministère en charge de la Famille». Pour l’adoption, il y a des critères. Il faut que le couple ait cette envie d’adopter un enfant, qu’il soit un couple stérile certifié avec un certain niveau de vie. Les grossesses jeunes, on les rencontre plus dans la zone de Matam où en plus de l’immaturité du bassin, il y a l’excision. «A Matam, on avait même commencé une étude sur ces grossesses. Il y a un système de protection des enfants victimes de mariage précoce et forcé. On est allé jusqu’à brandir une injustice pour régler une injustice. On menace les parents en faisant parfois une descente dans la famille avec un policier et un suivi régulier jusqu’à ce que l’enfant atteigne un certain âge». Mais les cultures étant différentes, les grossesses précoces en milieu Hal Pularen sont un peu différentes de celles rencontrées chez les Sérères et en banlieue dakaroise. «C’est différent de ce qu’on rencontre à Thiadiaye où le mariage précoce n’est pas accompagné de l’excision.
A Dakar, comme à Pikine, c’est parfois des cas de grossesses non désirées. C’est lié surtout à la promiscuité, à la forte démographie en banlieue. On rencontre beaucoup de cas ici à Pikine comme partout dans certaines localités en milieu urbain «. Le gynécologue de l’Hopital a ainsi fait état de ces grossesses chez ces trois types de mamans jeunes. Des cas qui font foison et qui malheureusement n’atterrissent pas tous à l’hôpital. Premier signe d’alerte, ce sont surtout la baisse des performances scolaires avec la déconcentration, l’absentéisme, les notes qui dégringolent alertant l’enseignant, quand il s’agit d’une brillante élève. Dans ce cas, l’enseignant essaie de discuter avec elle avant de convoquer les parents qui les accompagnent pour une confirmation ou un suivi médical.
LE DRAME SANS FIN DE JEUNES MAMANS
Un bébé ! C’est neuf mois de grossesse, mais c’est aussi toute une vie de complications, de protection, de prise en charge et d’encadrement pour pouvoir espérer un avenir radieux
Un bébé ! C’est neuf mois de grossesse, mais c’est aussi toute une vie de complications, de protection, de prise en charge et d’encadrement pour pouvoir espérer un avenir radieux. De la grossesse à l’accouchement en passant par l’éducation, il y a à boire, à voir, à entendre, à redresser, à corriger et à faire. Ce qui n’est pas un « jeu » gagné d’avance ! Mais une grande responsabilité sur les épaules de la mère. Une très grande responsabilité même. D’où la maturité, les capacités, l’accompagnement social, psychologique et médical pour mener à bien une grossesse durant ses différentes étapes. Malheureusement, ces conditions essentielles dans la survie de la mère et son enfant connaissent parfois des manquements. Surtout pour les cas de grossesses précoces, ou non désirées et issues parfois de viol ou d’inceste avec surtout les conséquences gynécologiques. La honte, le repli sur soi, le camouflage avec des habits amples, la culpabilité... D’où l’infanticide et l’avortement clandestin qui ont aujourd’hui conduit plusieurs filles en prison. Coup de projecteur sur les dangers des grossesses précoces et l’importance de l’éducation sexuelle au sein de la famille.
GROSSESSES PRECOCES DESIREES OU NON DESIREES : Des «Bébés mamans» temoignent sur leur expérience douloureuse !
Elles sont très jeunes, très jeunes ces filles qui, par la force des choses, sont devenues très tôt mères. Et qui vont aussi devoir éduquer seules un enfant d’un propre père, grand-père, copain, cousin voire un inconnu. Ce qui n’est pas une chose aisée. N’est-il pas un crime de confier une telle tâche à un «bébé»?
En tout cas, ce vieux «kalabanté» de plus de 70 ans n’oubliera jamais ce plaisir charnel devenu subitement une bombe à la fois sociale et judiciaire. Il croupit depuis quelques mois en prison pour avoir engrossé sa propre petite fille. La maman de cette dernière, étant sa fille, était contrainte de quitter le domicile conjugal pour venir s’occuper d’un papa «malade». Un père qui va plutôt dévier sa prise en charge familiale sur sa fille en classe de CM1 à l’élémentaire pour l’avoir trompé avec de petits cadeaux et des pièces de 100 ou 200 francs. A chaque fois qu’elle venait déposer son repas dans sa chambre, il lui donnait de petits cadeaux. La fille aurait fini par trouver du plaisir à ces petits gestes. Le grand père en a profité pour faire des attouchementssur elle avant de passer plus tard à l’acte sexuel suivi de grossesse. C’est un témoignage d’un habitant du quartier où s’est déroulée la scène à Louga. Saphie, elle vient d’avoir ses 18 ans le 30 avril dernier. Elle a grandisans père, ni mère au milieu de ses frères et sœurs. Leurs parents sont décédés suite à un accident de la circulation. Ce qui n’avait pas trop affecté ses études pendant quelques années avant de tomber entre les mains d’un prédateur sexuel sur la route de l’école. Son bourreau qui a presque l’âge de son père l’a laissée aujourd’hui avec un enfant ce qui a occasionné l’arrêt de ses études. Elle vend de la crème glacée. Sa sœur, Khady, pense que la disparition de leurs parents y a joué un rôle. «Si papa et maman étaient là à nos côtés, je parie qu’elle n’allait jamais être mise en grossesse. Ils ne badinaient pas avec notre éducation. C’était presque comme une rigueur militaire», a-t-elle dit
Des histoires, des drames, des trajectoires…
Sadiya, elle aussi, est une autre maman adolescente qui s’est retrouvée dans cette même situation juste après l’obtention de son Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). Après l’accouchement, sa douleur est plus que vive et intense. Rejetée par sa famille, elle s’était retrouvée toute seule avec un nouveau-né dans les bras. «Heureusement, j’ai été accueillie par cette femme qui m’a accepté comme femme de ménage. Elle travaille. Mais comme son mari est à l’extérieur, Alhamdoul’Allah, la charge du travail n’est pas trop lourde. En plus, elle adore le bébé. C’est comme si c’est son propre fils. Elle n’a pas eu d’enfant. Cela a peut-être joué, mais elle fait toute sa joie. Partout où elle part, si elle n’est pas au boulot, elle prend l’enfant avec elle», a-t-elle témoigné à l’endroit de cette bonne volonté qui l’a hébergée chez elle.
Elle est plus chanceuse que Ndèye, 19 ans, dont la vie est une succession d’échecs. Elle n’a pas su résister aux mains tendues en subissant abus sur abus. Fragile et instable, elle peine à s’occuper de son bébé à plein temps. Elle vit chez sa grandmère, très âgée. «Quand tu n’as pas quelqu’un pour t’encadrer, c’est dur», a-telle dit parlant de sa peine face à un «père» démissionnaire. Safi ne peut plus continuer à compter sur lui malgré son parcours scolaire interrompu. Des regrets, elle en a accumulés en pagaille. Surtout l’épisode des crises chez sa fille qui tombe souvent malade. Elle a vu son adolescence contrariée. La prise en charge d’un bébé maladif, dit-elle, «c’est une grande souffrance»! Son calvaire ne s’est pas arrêté après l’accouchement. Il s’amplifie même. Mais elle essaie tout de même de supporter la charge. Pour la nourriture, la petite maman fait du porte à porte. «Je squatte aussi les marchés et portait les bagages pour certaines dames venues s’approvisionner. On me donne 100 ou 200 francs. Il arrive dès fois que je tombe sur une bonne dame qui m’offre 500 ou 1000 francs». C’est avec surtout ce «petit boulot» qu’elle arrive à prendre soin de son enfant à côté de sa grand-mère.
A quelques petites minutes de chez Ndèye, Sali est une jeune mère qui vit la même situation difficile, même si c’est pour une raison différente. Plus connu sous le nom de «Maman», il y a un peu plus de 5 ans, l’adolescente expérimentait une toute nouvelle vie. Une vie de maman quand elle portait une grossesse à l’âge de 17 ans. Elle a terminé celle-ci dans le domicile familial, mais presque isolée. «Pendant mes trois derniers mois de grossesse, mon père m’a tourné le dos, ma maman aussi m’abreuvait d’injures. Je ne faisais que pleurer. Mais Dieu merci, j’ai eu une fille», a-t-elle narré. Elle qui dit porter sa fille dans son cœur. «C’est ma raison de vivre, sinon....»? Sinon quoi? Une question à laquelle elle refuse de répondre. Tout ce qu’elle souhaite aujourd’hui, c’est que son père redevienne comme avant. Il dit qu’elle ne me compte plus comme membre de la famille. Il refuse en quelque sorte d’accepter cet accident, cette expérience pourtant très douloureuse». Elle souhaite donc le pardon de son père très en colère contre elle. Un papa qui l’a rejetée dès l’annonce de la nouvelle. Tout parent souhaite le bonheur de ses enfants, sa réussite, son bien-être et son épanouissement. Une fille qui grandit, qui fonde un foyer et fait des enfants dans un couple, c’est aussi un autre souhait de tout parent. Si ce n’est pas le cas, cela fait mal, et provoque parfois le rejet de l’autre. Il arrive que les parents rejettent leurs filles enceintes. Des filles qu’on renie pour des «erreurs» de jeunesse.
Dans le cas de Mariama Faty, il n’y a pas eu de rejet, mais cela a fait naitre un sentiment d’échec. «Elle ne va plus à l’école. C’est un échec. Mais on a supporté. Cela n’a jamais été une situation rêvée. Les vœux des parents, c’est d’avoir une enfant qui va à l’école, qui réussit et qui a un bon avenir. Je ne suis pas cadre ni fonctionnaire. On avait fondé beaucoup d’espoirs sur elle. Malheureusement, je me suis retrouvée dans une situation que je n’ai jamais voulue. Je me disais que si elle a au moins le bac, un jour ou un autre, elle allait avoir une situation voulue. Mais en classe de troisième, la grossesse est survenue. Le bourreau, au début, il se présentait comme un père modèle. Il avait même promis le mariage.
Mais quelque temps après, ils’est évaporé. En tout cas, on n’a plus de ses nouvelles». Il serait en prison, selon la maman ado qui, avec ses parents,se chargent, de l’éducation de l’enfant. Un enfant de 5 ans qui demande souvent après son père qui, à sa naissance, se pointait à chaque occasion. En tout cas, cette vie, ses parents ne l’ont jamais rêvée. Cette déception! Mais mettre sa fille dans la rue avec son enfant n’a jamais été une bonne option pour lui. Un petit fils qu’il aime tant et qu’il entend assurer une inscription à l’école dès l’année prochaine. Il souligne que, «le jour où la famille de l’enfant prendra la décision de continuer sa scolarité et sa prise en charge, tant mieux. Sinon, on va se débrouiller jusqu’à la mesure du possible». Après 30 ans passés, Mégou ressent encore un sentiment de culpabilité. Elle avait contracté une grossesse alors qu’elle était encore adolescente. A 48 ans, elle s’en souvient avec des regrets comme si c’était aujourd’hui.
Sentiment de culpabilité, regrets
Alors qu’elle est devenue maman poule en charge de l’alimentation, du logement et de la scolarité de ses 5 enfants. Elle revient sur ces moments difficiles. L’enfant hors mariage est aujourd’hui cadre dans une société de la place. Il s’est même mis la corde au cou, il y a deux mois. «J’étais en relation avec un jeune homme comme moi quand j’étais jeune fille. On s’est retrouvé dans cette situation. Mais le problème c’était comment l’annoncer aux parents? C’était très difficile. J’ai finalement décidé de me taire et de les laisser constater. Maman, comme d’habitude, a été la première à porter des soupçons. Elle a essayé un tête-à-tête avec moi. Je lui ai dit et elle a affiché son mécontentement. C’est après qu’elle a informé mon papa que les choses ont tourné mal. Il m’a rejeté et m’ordonnant de quitter sa maison. C’est là où je suis allée me refugier auprès de ma grande sœur avec l’aval de son mari qui vivait en France». Comme si elle était en train de revivre la même situation, il y a 30 ans, elle parle à voix saccadée. Pour une grossesse accidentelle, tous ses rêves ont été mis en veilleuse. Sans sous, elle se retrouve dépendante des autres. Un sentiment de culpabilité l’anime depuis maintenant 30 ans.
UN TIOKKI FIN REDOUTÉ
Autant Macky Sall dans « Le Monde » le 8 juillet qu’Ousmane Sonko dans France 24 du 6 juillet, les discours musclés de ces deux principaux protagonistes du champ politique laissent présager un nouveau Mortal Kombat. Un « Tiokki fin » redouté
Le message à la Nation du chef de l’Etat, Macky Sall, renonçant à une dangereuse troisième candidature à la présidentielle 2024 sonne comme un ouf de soulagement au Sénégal. La démocratie et la paix sociale, en équilibre précaire depuis maintenant plus de deux ans après que certains cercles tapis dans les lambris dorés du pouvoir ont eu la malencontreuse idée de tenter d’écarter de la course présidentielle le principal challenger du régime sont cependant toujours plus que jamais menacées. Autant le président Macky Sall dans les colonnes du quotidien « Le Monde » le 08 juillet qu’Ousmane Sonko à travers France 24 le jeudi 06 juillet, les discours musclés de ces deux principaux protagonistes du champ politique laissent présager un nouveau Mortal Kombat. Un « Tiokki fin » redouté…
En effet, les discours entendus, aussi bien dans le camp présidentiel que dans celui de l’opposition dite radicale, laissent encore présager de lendemains difficiles pour ne pas dire sombres pour notre jeune nation. Un « tiokki fin » redouté surtoutsi Sonko est jeté en prison en application de la peine de 2 ans de prison qui lui a été infligée dansl’affaire l’opposant à Adji Sarr. L’exécution en gestation de cette décision priverait alors le leader de Pastef d’une candidature à la présidentielle de 2024. Ce que Ousmane Sonko et ses partisans ne vont pas accepter.
Violences présidentielles
Aussi bien dans son discours de renonciation à une troisième candidature et son interview au quotidien « Le Monde » du samedi 08 juillet que dans ceux qui l’ont précédé, le chef de l’Etat, Macky Sall, n’a jamais dérogé à sa volonté d’user d’une main de fer pour instaurer la paix « politique » et mater cette jeunesse impertinente voire malsaine qui l’avait surpris dans la rue en mars 2021. Des émeutes qui lui sont toujours restées en travers de la gorge. Le samedi 01er juillet 2023, en recevant un collectif de maires et de présidents de conseils départementaux pétitionnaires (512 élus sur les 601 que compte le pays) pour un « sondage » sur la troisième candidature, le président de la République, Macky Sall, les a exhortés à défendre leurs localités contre les casseurs et pilleurs venus d’autres contrées “Ne laissez pas les gens semer le désordre chez vous” les a-t-il encouragés. Une déclaration dangereuse et inadmissible dans un Etat de droit où la sécurité des biens et des personnes est du ressort exclusif des forces de sécurité et de défense. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, dans ce qu’il croit mordicus être “une machination insurrectionnelle aux antipodes des valeurs démocratiques et qui visait à s’emparer du pouvoir par la violence et détruire notre modèle de société”, Macky Sall a assuré, d’ici la transmission du pouvoir au futur président de la République le 2 avril 2024, d’assumer “avec responsabilité et fermeté” toutes les charges qui incombent à sa fonction notamment “consacrer toutes ses forces à défendre, sans failles, les institutions constitutionnelles de la République, le respect des décisions de justice, l’intégrité du territoire, la protection des personnes et des biens”. Et en insistant sur le respect des décisions de justice, le chef de l’Etat, sans pour autant le citer nommément, faisait clairement allusion au chef de file de l’opposition sénégalaise, Ousmane Sonko, patron des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la formation (Pastef), objet d’une condamnation par contumace de 2 ans d’emprisonnement ferme pour “corruption de la jeunesse” dans la controversée affaire dite “Sweet Beauty” où il était poursuivi pour les délits criminels de “viols et menaces de mort”. Avant même l’énoncé de cette sentence prononcée le 1er juin 2023, Ousmane Sonko a été intercepté le dimanche 28 mai 2023 aux alentours de Koungheul par les forces de sécurité et de défense alors qu’il exécutait sa “caravane de la liberté” en route pour Dakar. Et depuis, il est assigné en “résidence surveillée” dans son domicile sis cité Keur Gorgui de Dakar. Dans une interview au quotidien « Le Monde » du 08 juillet, Macky Sall ne craint pas des troubles à l’ordre public occasionnés par une arrestation du leader de Pastef. « Non, je ne crains rien ! Je dirige un pays, je ne me focalise pas sur un débat de personne. Si quelqu’un doit être arrêté, il doit l’être » a martelé fermement le président Macky Sall.
Appel au soulèvement de Sonko
Du côté de l’opposition radicale aussi, le discours dit de résistance comporte des germes notoires de violence. Dans un message diffusé en direct sur ses propres plateformes depuis son domicile « militarisé » de la cité Keur Gorgui à Sacré Cœur III à Dakar , la veille du message du discours historique de Macky Sall, le patron de Pastef, après avoir dénoncé les conséquences sur lui et son devenir politique de ce qu’il appelle le “deal” du Dialogue national organisé par le pouvoir, a invité la population à se lever pour résister. Un appel à la résistance comme celui de mars 2021 et en juin 2023, pour mettre fin au pouvoir de Macky Sall. “Préparez-vous en conséquence. Chacun de nous doit dépasser la barrière psychologique de la peur. Si Macky veut la paix, il l’aura, sinon il ne nous laissera pas le choix” a déclaré Ousmane Sonko dans l’optique de son arrestation…programmée. Convaincu que “jamais dans l’histoire politique du Sénégal notre pays n’a connu autant de violences et d’injustice que sous le magistère de Macky Sall durant ces douze ans”, le leader de Pastef Ousmane Sonko qui dit rester de marbre devant “toutes les intimidations, persécutions et brutalités” dont a usées le régime en son encontre, affiche toute sa détermination à être de la course à l’élection présidentielle du 25 février 2024 malgré son attachement aux valeurs de tolérance, de générosité, de bonté, de partage. «Qu’il soit candidat ou pas, comprenez qu’il s’agit d’un deal, d’un complot fomenté lors des concertations : faire en sorte que je ne sois pas candidat. (…) Doit-on accepter ce complot contre le projet ? Au nom de quoi, doit-on accepter cela ?», s’est-il demandé convaincu que le seul objectif de Macky Sall est d’empêcher sa candidature en 2024. “Ce combat, ce n’est plus celui de Ousmane Sonko, mais un combat de principe qui interpelle des millions de personnes. Devons-nous accepter, à quelques encablures de la victoire finale, de céder, après tant d’années de sacrifices ? Non. Dans ce cas, nous aurons trahi la mémoire des martyrs», a poursuivi Ousmane Sonko en demandant l’organisation de manifestations sur l’ensemble du territoire national pour exiger la libération des détenus politiques. Juste après le discours à la Nation (03 juillet) du président Macky Sall déclarant qu’i n’allait pas se représenter en 2024, Ousmane Sonko a profité du plateau de France 24 le jeudi 06 juillet pour hausser le ton et surtout prédire le chaos dans notre pays si jamais sa candidature est bloquée. « Le président Macky Sall a dit à certains qu’il empêchera vaille que vaille ma candidature parce que c’est lui la République, c’est lui la justice, c’est lui le Conseil constitutionnel, c’est à lui de dire qui va être candidat et qui ne va pas l’être. Je puis vous assurer qu’il n’y aura pas d’élection dans ce pays ou alors ce sera dans un chaos indescriptible si par des combines judiciaires, le président Macky Sall voudrait empêcher ma candidature » a indiqué le président Sonko à France 24 Les mêmes germes de violence sont aussi notés dans les discours des partisans de Ousmane Sonko. Dernier en date, le président du groupe parlementaire de Yewwi Askan Wi (Yaw), Birame Soulève Diop qui, lors de la conférence de presse de ladite coalition tenue le mardi 04 juillet 2024, a eu des propos dégradants envers le Président Macky Sall contre qui il met en garde les potentiels candidats de Benno Book Yakaar (Bby) d’éviter de partager ses repas au risque de subir le même sort que l’ancien candidat de la majorité présidentielle ivoirienne, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly mort d’un malaise le 8 juillet 2020 et remettant en selle son mentor Alassane Ouattara pour une troisième candidature dont il avait préalablement renoncée. Une déclaration dangereuse, irresponsable et inadmissible dans une République même si l’auteur a présenté par la suite des excuses publiques sur son compte officiel.
Vers un report de la présidentielle de 2024
Autant le dire ici et maintenant, si les deux camps qui se regardent toujours en chiens de faïence campent sur leurs positions respectives, il est fort à craindre que nous allions irrémédiablement vers un nouveau cycle de violences pour ne pas dire le chaos. En fait, la renonciation à la troisième candidature de Macky Sall a tout simplement différé la finalité du "Mortal Kombat" qui semble de plus en plus inévitable et inéluctable. Ce au vu de la position ferme des uns et des autres sur les conditions de la tenue prochaine du scrutin du 25 février 2024. Le camp du pouvoir n’entend pas organiser une élection avec la participation de son principal challenger, Ousmane Sonko, dont certains sondages donneraient largement vainqueur. Et le camp de l’opposition radicale, incarnée justement par le même Ousmane Sonko, a fait de cette participation au scrutin présidentiel une question de vie ou de mort. Conséquences, le pays risque de sombrer de nouveau dans le chaos et une organisation de l’élection présidentielle dans ce contexte reste pour le moins hypothétique et incertaine. Le danger guette toujours notre pays et l'affichage, au Palais de justice, de la décision de condamnation de Ousmane Sonko dans l'affaire "Sweet Beauty", n'augure rien de bon pour la suite des évènements. Il urge que les différents protagonistes se fassent violence en acceptant de s’asseoir autour d’une table et de trouver les voies et moyens de restaurer définitivement la paix sociale. En effet, il est inconcevable que parce qu’ils ont pris part à un Dialogue dit national que des délinquants à col blanc, prévaricateurs avérés de nos maigres deniers publics, puissent être réhabilités alors qu’un autre citoyen, à part égale, dont le tort originel est... d’empêcher le chef de dormir soit sacrifié et rendu inéligible sous le prétexte fallacieux qu’il n’a pas répondu à l’invitation au dialogue. Pour ce qu’on en sait, un dialogue national prend en compte les préoccupations de tous les acteurs, présents ou pas, surtout que dans le cas d’espèce,sa vocation première est de fédérer toutes les forces vives autour de l’essentiel pour l’intérêt supérieur de la nation.
Le ministère des Affaires étrangères dément
Le ministère des Affaires étrangères a réagi à l’information selon laquelle 300 migrants sont portés disparus depuis plusieurs jours près des îles Canaries. Dans un communiqué, le département ministériel dirigé par Aïssata Tall Sall déclare avoir « appris avec étonnement la publication, sur les réseaux sociaux, d'informations faisant état de la disparition en mer d'au moins trois-cent(300) Sénégalais, candidats à l'émigration, dont les embarcations en provenance de Kafountine (Casamance) faisaient route vers les Îles Canaries ». Le ministère des Affaires étrangères explique qu’après des vérifications, il s’avère que ces informations sont dénuées de tout fondement. Dans le document, Aïssata Tall Sall précise qu’entre « le 28 juin et le 09 juillet 2023, deux-cent soixante (260) Sénégalais en détresse ont été secourus dans les eaux territoriales marocaines ». Pour terminer, le département ministériel dirigé par Aïssata Tall Sall indique que le consulat général du Sénégal dans la ville marocaine de Dakhla, en relation avec les autorités marocaines compétentes, a pris les dispositions nécessaires pour leur prise en charge et leur rapatriement dans les meilleurs délais
Birame Soulèye Diop en prison
Après deux retours de parquet, le député Birame Souleye Diop, président du groupe parlementaire de Yewwi Askan wi a fait face au doyen des juges d’instruction. Le magistrat instructeur a inculpé le maire de la commune de Thiès Nord d’offense au président de la République et actes de nature à compromettre la paix publique. M Diop est placé sous mandat de dépôt.
Des comptes fictifs pour Amadou Ba
Le Premier ministre qui ambitionne de devenir le candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar à la Présidentielle est déjà combattu par ses concurrents au sein de la mouvance présidentielle qui lorgnent le fauteuil du Président Macky Sall. Le service de communication d’Amadou Ba indique que dans le contexte préélectoral, des individus malveillants ont créé des comptes fictifs, se faisant passer pour le chef du gouvernement, dans le but de semer la suspicion et de suggérer sa participation à la course présidentielle. Il informe que seules les informations partagées sur les pages officielles et certifiées d’Amadou Ba doivent être prises en compte.
Le procès d’Aliou Sané renvoyé
La chambre criminelle n’a pas finalement statué hier sur l’affaire Aliou Sané. L’audience a été renvoyée pour mardi prochain. La Chambre d’accusation du tribunal de Dakar devait examiner la requête du procureur de la République qui conteste la liberté provisoire accordée au coordonnateur du mouvement Y en a marre par le juge du 2e cabinet. En attendant le procès, Aliou Sané déclare que la prison ne saurait les soustraire du combat de leur génération. Dès sa libération, M. Sané a poursuivi sans aucun répit le combat citoyen auprès de ses camarades Y en a marristes du F24 et du peuple sénégalais, surtout dans ce contexte où des «centaines de jeunes innocents » sont dans les geôles du pouvoir. A l’en croire, le combat pour une élection présidentielle libre, transparente et inclusive (…) est celui de tous. Il prévient que rien ni personne, pas même la prison ne saurait l'y soustraire car il s’agit des combats de sa génération. «Nous avons une parfaite connaissance de notre mission. Et nous avons choisi de l'assumer face à l'histoire !Quoi que cela nous coûte», indique le Coordonnateur de Y en a marre.
Un jeune égorgé à Thiès
Les habitants du quartier qui jouxte l'Université Iba Der Thiam de Thiès ont découvert le corps sans vie d’un jeune. L’information sur la découverte macabre s'est très vite répandue dans la cité du Rail. Il s'agit d'un jeune âgé de moins de 25 ans qui a été égorgé à hauteur des deux voies de l'Université Iba Der Thiam. D’après Dakaractu, ce sont des piétons qui ont aperçu la dépouille gisant dans le sang. Pour l'instant, la victime n'a pas encore été identifiée. Une source renseigne que la police scientifique a effectué le déplacement. Le corps sans vie a été déposé à l'hôpital Amadou Sakhir Ndiéguène de Thiès.
La Marine intercepte une pirogue avec 35 migrants
L’émigration clandestine est revenue sur la scène depuis quelques jours. Malgré la vigilance des forces de défense et de sécurité, certaines pirogues réussissent à prendre la mer pour rejoindre l’Espagne. La Marine Nationale renseigne que le patrouilleur de haute mer, Kédougou et la vedette Mlot Abdoulaye Thiam de la Base navale nord ont arraisonné une pirogue avec à son bord 35 candidats à l’émigration clandestine lundi dernier. Les migrants ont été acheminés à Saint-Louis et pris en charge par les services compétents.
Saisie de 210 kg de chanvre indien
Les éléments de la brigade de gendarmerie de Joal ont fait une belle prise. Les pandores ont mis la main sur 07 ballots de chanvre indien, d'un poids total de 210 kg à la suite de l'exploitation d'un renseignement faisant état d'un débarquement de drogue dontle destinataire serait au village de Foua Ngarigne situé à 10 km de la commune de Nguerigne. Les pandores ont réussi à interpeller 05 individus.
800 migrants dont Laïty Michel Abdel Diagne retenus en Libye
Alors que le Sénégal est encore sous le choc après la disparition de plus de 300 migrants à destination des îles Canaries, ses fils retenus à la frontière libyenne vivent un calvaire depuis près de 10 jours. Selon la tante maternelle du jeune Laïty Michel Abdel Diagne, qui s’est confiée à « L’As », son fils fait partie des 800 migrants qui sont retenus depuis le mardi 04 juillet à la frontière, sans eau ni nourriture. Le jeune garçon de 32 ans est entré en contact avec elle hier par le biais d’un compatriote qui a réussi à garder son téléphone avec lui, ceux des autres étant confisqués. A l’en croire, Laïty Michel Abdel Diagne qui vit en Tunisie avec elle a profité de son voyage au Sénégal pour se rendre à Sfax, lieu d'embarquement des pirogues à destination de l'Italie. Elle raconte que pendant plusieurs jours, ils n’ont pas eu des nouvelles du jeune. C’est par la suite qu’elle est entrée en contact avec ses amis restés en Tunisie qui l'ont informée du départ du jeune Laïty pour Sfax. D’après elle, ces migrants ont embarqué le mardi 04 juillet, mais ils ont été arrêtés par les garde-côtes qui les ont refoulés à la frontière libyenne où ils sont retenus depuis 10 jours dans des conditions extrêmement difficiles, sans nourriture ni rien. Ils sont entre les mains de la police des frontières. La dame révèle que le garçon en question, depuis sa venue le 31 août 2022 en Tunisie, avait un bon travail et n'avait aucun problème qui l’aurait poussé à prendre la mer. Toutefois, elle reconnaît qu’il n’en est pas à sa première tentative. Laïty Michel Abdel Diagne avait essayé une première fois, mais ça n'avait pas abouti. C'est par la suite qu'il a annoncé à ses amis qu'il allait attendre le voyage de sa tante pour le Sénégal pour planifier son départ. Elle appelle les autorités sénégalaises à venir en aide aux jeunes retenus en Libye.
La lecture de Greenpeace sur l’émigration clandestine
Restons sur cette polémique sur la disparition de migrants sénégalais près des îles Canaries pour dire que Greenpeace Afrique a également réagi. L’Ong exprime sa profonde tristesse et son indignation et estime qu’en raison de l’ampleur de l’extraction et de l’exploitation néocoloniales des ressources du continent, certains jeunes Africains, dépourvus de travail et de moyens de subsistance, prennent des risques extrêmes pour une meilleure vie. Selon elle, l’exploitation anarchique et irresponsable des ressources naturelles en Afrique, souvent menées par des entreprises étrangères, ont des conséquences dévastatrices sur les communautés locales, l’environnement et les écosystèmes marins en particulier. Pour Greenpeace Afrique, les chalutiers industriels étrangers et les industries de farine de poisson sont particulièrement problématiques, « car ils détruisent l’environnement, épuisent les stocks de poissons, privent les pêcheurs artisanaux de leurs moyens de subsistance et contribuent à la détresse économique qui pousse de nombreuses personnes à prendre des risques énormes dans des voyages périlleux à la recherche d’une vie meilleure »
Thierno Alassane Sall tire sur l’Etat
Apportant son point de vue sur la disparition de «migrants sénégalais» près des îles Canaries, le député Thierno Alassane Sall pense que la migration irrégulière est un symptôme d’un malaise plus profond. Selon lui, elle est le reflet d’un système économique qui ne parvient pas à créer des emplois décents pour tous, d’une éducation qui ne prépare pas suffisamment nos jeunes à la vie active, et d’un manque d’opportunités pour ceux qui sont prêts à travailler dur pour améliorer leur sort. Pour le président de la République des Valeurs, le drame de l’émigration est le résultat d’une politique qui a échoué à répondre aux aspirations de la jeunesse, les poussant à risquer leur vie pour un avenir incertain. Le député explique qu’il ne faut pas rester les bras croisés face à cette situation et pense qu’il est temps d’agir et de mettre en place des solutions durables pour lutter contre ce fléau. Thierno Alassane Sall pense que l’éducation et la formation professionnelle doivent être au cœur de nos préoccupations et qu’il est essentiel d’offrir aux jeunes une éducation de qualité et une formation professionnelle adaptée aux besoins du marché du travail afin d’acquérir les compétences nécessaires pour trouver un emploi décent. Parallèlement, ajoute-t-il, investir dans le développement économique local est une nécessité, notamment dans les secteurs clés de l’agriculture, la pêche (dont beaucoup de candidats à la migration sont issus) et le tourisme.
Renforcer le dispositif de lutte contre la corruption
La directrice régionale d’Amnesty International en charge de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Samira Daoud, a invité le Sénégal à renforcer son dispositif législatif et institutionnel de lutte contre la corruption pour mieux protéger les lanceurs d’alerte. «Le Sénégal, comme les autres pays, doit renforcer son dispositif législatif et institutionnel pour faire en sorte que la lutte contre la corruption soit une réalité pour que les personnes qui documentent et dénoncent les faits de corruption, notamment journalistes, activistes et défenseurs entre autres soient mieux protégés », a-t-elle déclaré à l’Aps. Elle intervenait à l’occasion de la publication du dernier rapport d’Amnesty International intitulé «la lutte contre la corruption en péril ». Cette rencontre s’est tenue en marge de la journée africaine de lutte contre la corruption et du 20e anniversaire de la Convention de l’Union africaine sur la prévention etla lutte contre la corruption. Le rapport couvre des cas de répression à l’encontre de personnes qui luttent contre la corruption. Il porte sur 19 pays et documente une trentaine de cas depuis 2018, l’année où l’Union africaine a déclaré la lutte contre la corruption comme une cause majeure. Le rapport relate des cas de harcèlements, de persécutions judiciaires, de menaces et de certaines violences physiques ayant entraîné la mort. Elle a plaidé pour que le Sénégal adopte un certain nombre de lois qui permettraient de renforcer la protection des défenseurs, citant en exemple la loi sur la protection des défenseurs. Elle a également indiqué que si l’on continue à s’en prendre à ces défenseurs, c’est la lutte contre la corruption elle-même qui serait en péril.
LA BATAILLE DE SUCCESSION A BENNO BOKK YAAKAAR A LA UNE DE LA REVUE DE PRESSE DEL’APS CE MERCREDI
Les parutions de ce mercredi 12 juin 2024 évoquent la bataille de succession ouverte au sein de Benno Bokk Yaakaar (BBY) pour le choix de son candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024.
Dakar, 12 juil (APS) – Les quotidiens continuent de relayer la bataille de succession ouverte au sein de Benno Bokk Yaakaar (BBY) pour le choix de son candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024.
‘’Le président Macky Sall […] a du pain sur la planche. Des noms sont avancés, dont ceux d’Abdoulaye Daouda Diallo, de Mahammed Dionne, d’Aly Ngouille Ndiaye et d’Antoine Diome, qui manœuvrent pour le remplacer. D’autres prétendants sont en embuscade pour porter la candidature beige-marron’’, lit-on dans Tribune.
Plus de 10 responsables de l’Alliance pour la République, le parti politique du chef de l’État, sont candidats à la candidature de BBY, selon le même journal.
Bés Bi Le Jour parle d’un ‘’duel fratricide’’ entre Amadou Ba, le Premier ministre, et le président du Conseil économique, social et environnemental, Abdoulaye Daouda Diallo, en vue de la succession de Macky Sall.
‘’Amadou Ba et Abdoulaye Daouda Diallo, les deux principales personnalités pressenties, s’affrontent’’, note-t-il.
Selon Source A, la direction du Parti socialiste s’est livrée à une violation de ses ‘’textes’’ en matière d’investiture d’un candidat à l’élection présidentielle.
‘’Aminata Mbengue Ndiaye [et] certains responsables du parti, dont Abdoulaye Wilane, Ali Mané et Aïda Sow Diawara, ont décidé de donner carte blanche à Macky Sall pour le choix d’un candidat’’, affirme le journal.
Source A ajoute que le bureau politique du Parti socialiste, ‘’qui ne s’est pas réuni’’, est l’instance habilitée à choisir le candidat de ladite formation politique ou celui de Benno Bokk Yaakaar.
Sud Quotidien est d’avis que ‘’le choix du candidat de la majorité présidentielle […] ne sera pas si simple pour le président de la République, Macky Sall’’.
WalfQuotidien évoque ‘’la dépendance des alliés envers Macky Sall’’. ‘’Hors de la coalition Benno Bokk Yaakaar, point de salut […] semble être la conviction des alliés du président Macky Sall’’, écrit-il, estimant que ‘’le moment est propice pour eux de reprendre leur indépendance’’, après que le président de la République a décidé de ne pas être candidat en 2024.
‘’Ça ne va plus entre le Bayern et Sadio Mané’’
L’Observateur et Le Quotidien se préoccupent de l’investiture d’Ousmane Sonko.
‘’Alors qu’Ousmane Soko est frappé d’une inéligibilité pour l’élection présidentielle de février 2024, à la suite de sa condamnation à deux ans de prison ferme, dans le dossier l’opposant à Adji Sarr, Pastef-Les patriotes a décidé de l’investir officiellement, ce que des spécialistes […] qualifient de coup de communication’’, lit-on dans L’Observateur.
‘’Le Pastef reste déterminé à présenter Ousmane Sonko à la présidentielle alors que son leader est écarté par l’article L29 du Code électoral’’, signale Le Quotidien.
Selon les leaders de Pastef-Les patriotes, l’investiture du candidat Ousmane Sonko est prévue samedi 15 juillet. Mais ils ne disent pas où se tiendra le meeting d’investiture, selon Le Quotidien.
Il est question d’émigration clandestine aussi dans les quotidiens.
Libération considère Kafountine, une commune située dans le sud du Sénégal, comme un ‘’lieu de départs et de drames’’ pour les migrants.
C’est de cette localité que plusieurs embarcations transportant des migrants portés disparus seraient parties depuis plusieurs jours, selon plusieurs journaux.
‘’Greenpeace Afrique met en cause les politiques publiques’’, rapporte Kritik’.
Des chalutiers venus d’autres pays ‘’détruisent l’environnement, épuisent les stocks de poissons, privent les pêcheurs artisanaux de leurs moyens de subsistance et contribuent à la détresse économique’’, affirme Kritik’ en citant l’organisation non gouvernementale.
Ces chalutiers, de cette manière, poussent ‘’de nombreuses personnes à prendre des risques énormes, dans des voyages périlleux, à la recherche d’une vie meilleure’’, dénonce Greenpeace Afrique.
‘’La saison des drames’’, titre EnQuête, ajoutant : ‘’Les tragédies se multiplient en mer, et l’annonce de la disparition de 300 migrants provoque l’effroi.’’
Selon le même journal, la ministre des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, a démenti l’information faisant état de la disparition en mer de migrants partis du Sénégal.
‘’Ça ne va plus entre le Bayern et Sadio Mané’’, titre Le Soleil.
Le club allemand ‘’envisage de se séparer de pas moins de sept [joueurs] parmi lesquels Sadio Mané’’, annonce le journal.
L’ACADEMIE DE DAKAR PRESENTE 17326 CANDIDATS
Après le baccalauréat, place au Brevet de Fin d’Etudes Moyennes (BFEM) démarre ce 12 juillet sur toute l’étendue du territoire national. Pour cette année, l’Inspection d’Académie de Dakar a enregistré 17326 candidats dont 7192 garçons et 10134 filles
Après le baccalauréat, place au Brevet de Fin d’Etudes Moyennes (BFEM) qui démarre ce mercredi 12 juillet sur toute l’étendue du territoire national. Pour cette année, l’Inspection d’Académie de Dakar a enregistré 17326 candidats dont 7192 garçons et 10134 filles.
Comparé à l’année dernière, le nombre de candidats a connu une hausse passant de 16426 à 17326, soit un surplus de 900 candidats. L’Inspection d’Education et de la Formation (IEF) des Parcelles assainies présente le plus grand nombre de candidats : 5810 dont 2248 garçons et 3562 filles. Elle est suivie de l’IEF des Almadies avec 4159 candidats et de l’IEF de Dakar Plateau avec 3798 candidats. L’IEF de Grand-Dakar présente le plus petit nombre de candidats avec 3529 inscrits.
Selon toujours les statistiques de l’Inspection d’Académie de Dakar, les 17326 candidats sont ainsi répartis dans 45 centres d’examens et 79 jurys. 1171 enseignants sont mobilisés pour assurer la surveillance. Cette année, les épreuves du BFEM coïncident avec le démarrage des épreuves du second tour du baccalauréat prévu également ce mercredi 12 juillet sur l’étendue du territoire national.
SONKO INDEXE L’ECHEC DES POLITIQUES PUBLIQUES DU REGIME
Au moins 300 migrants à bord de trois embarcations parties du Sénégal ont disparu en mer au large des îles Canaries.
Au moins 300 migrants à bord de trois embarcations parties du Sénégal ont disparu en mer au large des îles Canaries. Réagissant à cette situation dramatique, Ousmane Sonko, le président de Pastef/ les Patriotes, indexe l’échec des politiques publiques du régime du président Macky Sall et ses erreurs de priorités.
«Environ 300 jeunes auraient disparu dans les méandres de l’Atlantique. Une fois de plus, en quête d’un ailleurs hypothétiquement meilleur», a réagi, sur les réseaux sociaux, le leader de Pastef. Ousmane Sonko, qui regrette la résurgence de cette situation macabre, déclare : «Douze longues années plus tard…, le même phénomène macabre et désolant, continue de décimer nos jeunes et d’endeuiller durement les familles». «Ces drames à répétition traduisent l’échec des politiques publiques du régime du Président Macky Sall, ses erreurs de priorités, faites de gros investissements infrastructurels sans impact majeur ni sur l’économie réelle (agriculture, pêche, élevage, commerce…), ni sur le tissu social et au prix d’un lourd endettement», argue le président du Pastef.
Qui plus est, il indique : «Chômage et paupérisation, notamment, sont des fléaux qui accompagnent le quotidien des Sénégalais. Ils reflètent également l’instabilité politique dans laquelle ce régime aura plongé ce pays, avec son lot de violences d’État, de tortures et d’emprisonnements politiques». Selon le maire de Ziguinchor, «Ces circonstances augurent enfin de lendemains incontrôlables, aussi bien en termes de stabilité intérieure que d’explosion du flux migratoire, si le président Macky Sall persiste dans sa volonté suicidaire de sélectionner ses candidats à sa succession à la tête du Sénégal puis d’imposer la personne de son choix au peuple par un scrutin biaisé»
Sous ce rapport, il encourage les jeunes à considérer leur pays meilleur qu’ailleurs. «Aux jeunes de mon pays, je réitère mon appel : vous ne pouvez avoir un meilleur avenir qu’ici, chez nous ! Ne fuyez pas votre destin, restez et menons ensemble le seul combat qui vaille : la construction souveraine de notre développement économique et social !»
ENTRE FLUX DE PASSIONS ET DE DESOLATION, «BARÇA OU BARSAAX» AU CENTRE DES PREOCCUPATIONS
Les faits sont assez illustratifs ou expressifs. L’émigration irrégulière reprend du poil de la bête dans la petite côte. Des candidats au voyage périlleux vers les Iles Canaries (Espagne) ont été arrêtés il y a quelques jours.
Des dizaines voire centaines de morts, des disparitions en mer, des arrestations, des rapatriements ! Mais cela ne décourage pas les candidats au «Barça ou Barsaax». L’émigration irrégulière a repris du poil de la bête dans la Petite côte, avec ses flux de passions et de désolation.
Les faits sont assez illustratifs ou expressifs. L’émigration irrégulière reprend du poil de la bête dans la petite côte. Des candidats au voyage périlleux vers les Iles Canaries (Espagne) ont été arrêtés il y a quelques jours. Des dizaines de jeunes sont portées disparues après une odyssée infructueuse en mer, à bord d’embarcations de fortune. Le phénomène, présent dans la petite côte depuis des années, avait connu une accalmie pour plusieurs raisons. L’émigration irrégulière est de nouveau au centre des préoccupations. Dans la petite côte, les gens ont muté de l’omerta à un secret de polichinelle sur les faits. On en parle sans mettre de gants.
Pourtant, un programme gouvernemental de récupération des jeunes des communautés de pêcheurs, appuyé par des organisations non gouvernementales, déroulé dans la zone, s’est soldée par une pause plus ou moins rassurante de l’émigration clandestine. La montée de foyers de tension ayant embrassé le pays par moments et par endroits a contribué au réveil du monstre. Toute une mafia de bandes organisées a ranimé le flambeau ; des jeunes désœuvrés ou désemparés se sont proposés pour l’expédition périlleuse à l’issue incertaine, l’appel des sirènes de la mort, «Barça ou Barsaax».
Des investigations menées difficilement, dans le lot des candidats à l’émigration clandestine, ont permis de comprendre les motivations profondes de leur option. En effet certains, dans ce groupe, sont des pêcheurs dépités par la raréfaction de la ressource et les vicissitudes de la vie. A genoux devant les charges familiales, ils ont préféré répondre aux sollicitations de rabatteurs ou de convoyeurs pour conduire les embarcations vers les Canaries. D’autres ont payé leurs tickets au prix de centaines de milliers de francs CFA acquis après mille sacrifices. La question est d’autant profonde. Car, certains candidats vivaient dans la décence, avec des conditions d’existence acceptables car disposant de sources de revenus acceptables. Ce sont des ambulants, des boutiquiers tentés par l’appât du gain, voulant gagner plus. La perception du mal est universelle, mais appréciée diversement. Pour un pêcheur ayant requis l’anonymat, aller en Espagne n’est pas nouveau et n’est ni synonyme de l’agitation politique. Certaines personnes interrogées rejettent toute forme d’aventure à travers les flots et s’en remettent à la volonté Divine. Elles croient à un retour de la ressource, avec une mer poissonneuse.
D’autres, gagnés par le scepticisme et le désespoir, pointent du doigt, la gestion ou la gouvernance de la ressource pillée par les efforts de pêche, la surexploitation, les bateaux-usines étrangers fossoyeurs des espèces. Ils battent en brèche les manquements de la cogestion des ressources halieutiques permettant à certains de braver l’autorité et les organisations faitières les gérant. En somme, dans ce lot, force est de retenir que nombreux sont des jeunes n’étant pas assez pris en charge par les politiques publiques devant les faire renoncer au projet macabre. Pourtant, le renouvellement du parc piroguier, avec des embarcations en fibre de verre en cours, les subventions sur le moteur hors-bord et les alternatives liées à la valorisation des ressources aquacoles avaient nourri beaucoup d’espoirs auprès des communautés de pêcheurs.
Dans l’attente de la fin de la récréation pas du tout heureuse, les flots attirent des clients. Des commanditaires/convoyeurs se frottent les mains et font fortune dans une forme de collecte d’argent auprès d’individus mus par la désire de trouver un mieux vivre. Parmi ces derniers, certains sont tombés entre les mains de la justice au moment où d’autres se terrent dans des endroits secrets.