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29 août 2025
LE REMBOURSEMENT DES FONDS DETOURNES DOIT S’ETABLIR SANS NEGOCIATION NI MARCHANDAGE…
Pour Moussa Diaw, si l'apaisement du climat politique est nécessaire, il ne peut se faire au détriment de la reddition des comptes. L'enseignant-chercheur à l'UGB, qui exhorte les nouvelles autorités à appliquer la loi dans toute sa rigueur
La justice sénégalaise a lancé la traque contre les prédateurs fonciers et les malversations dans l’utilisation du fonds Covid-19. elle a également ouvert des enquêtes pour situer les responsabilités dans les manquements relevés par la Cour des comptes dans son rapport sur la situation des finances publiques de 2019 à mars 2024. Ces mesures sont saluées par l'enseignant chercheur à l’uGB, Moussa Diaw qui invite les autorités à ne pas céder à la négociation et au marchandage dans la gestion de ces dossiers judiciaires.
“Le Sénégal à l’épreuve de la gestion néo-patrimoniale et clientéliste du pouvoir”. Tel est l’intitulé de la tribune parvenue hier à “L'AS” et signée par le politologue et spécialiste des relations internationales, Moussa Diaw.
Selon lui, les débats sur les révélations du rapport de la Cour des comptes et la gestion des fonds du covid-19 et du foncier mettent à nu les pratiques et les stratégies développées par ceux qui gouvernaient le pays avant le tournant du 24 mars 2024. Et la tâche ne s’annonce pas facile pour les nouvelles autorités. C’est pourquoi l’enseignant chercheur à l’UGB a essayé d’apporter des réponses à une question centrale: “comment sortir de cette impasse dans un climat marqué par des désirs de revanche et de rupture politique brutale ?”
De prime abord, Pr Moussa Diaw attire l’attention sur la nécessité de pacifier cette atmosphère de guerre permanente entre la majorité et l’opposition. Même si, souligne-t-il, cela ne peut se faire sans la reddition des comptes pour situer les responsabilités de ceux qui sont impliqués dans cette mauvaise gouvernance des finances publiques afin d’appliquer la loi dans toute sa rigueur.
A l’en croire, le remboursement des fonds détournés est une exigence qui ne doit s’établir sur aucune base de négociation ni de marchandage au-delà des sanctions pénales prévues par la loi. C’est l’occasion, suggère-t-il, de procéder à des réformes de grande envergure dans la gestion des finances publiques de manière à inculquer des valeurs indispensables au management des affaires publiques dans un esprit patriotique et d’intérêt général. Il est vrai, souligne-t-il, que les pratiques bureaucratiques et financières qui ont généré ces dysfonctionnements sont fortement ancrées dans les mœurs, qu’il faudra beaucoup de temps pour les effacer de la gouvernance économique et de la gestion des fonds publics.
Toujours, d’après Pr Moussa Diaw, la rigueur et la vigilance doivent être de mise pour accompagner ce nouveau tempérament inscrit dans l’agenda des nouvelles autorités. Il estime de ce fait que le changement engagé s’accompagnera de beaucoup de pédagogie afin de garantir sa réussite. Certes, dit-il, les réformes institutionnelles et politiques s’avèrent nécessaires dans une refondation de la démocratie et de l’Etat de droit, mais elles ne seront pas suffisantes pour atteindre les mutations indispensables à leur fonctionnalité. D’où, ajoute-t-il, la nécessité d’adopter une nouvelle approche paradigmatique adossée à la pensée politique référentielle qui, dans une démarche collective, associe l’ensemble des acteurs pour bâtir un Sénégal nouveau.
Le politologue et spécialiste des relations internationales estime d’ailleurs que le Dialogue politique apparaît comme un mécanisme pouvant aboutir à l’apaisement des mœurs politiques et instaurer la confiance perdue entre les différentes parties. En effet, il demande un respect réciproque et un attachement aux valeurs de la République et de la démocratie.
Haro sur la gestion clanique et le gaspillage des ressources publiques
Auparavant, Pr. Moussa Diaw avait déploré cette façon de concevoir le pouvoir qui repose sur l’enrichissement personnel, l’implication des membres de la famille et clans pour se partager les ressources publiques et entretenir une clientèle politique pour la conservation du pouvoir. Il indique que dans cette logique, tout est mis en œuvre afin de sacraliser l’homme qui étend son pouvoir de décision dans tous les espaces devenant incontournable en s’accaparant de tous les leviers.
Poursuivant, il affirme que ce processus de légitimation se manifeste par la production d'ouvrages vantant les appartenances nobiliaires du chef, ses prouesses politiques le confondant même à un génie politique. “Il sera entouré de ses flagorneurs qui deviennent des milliardaires par la gestion prédatrice et clientéliste du pouvoir. Des manœuvres financières frauduleuses vers des paradis fiscaux ont été décelées, avec des velléités de criminalisation de l’Etat”, dénonce Pr Moussa Diaw dans sa tribune parvenue hier à la rédaction.
A l’en croire, le pays est confronté aujourd’hui à des défis majeurs d’une jeunesse désœuvrée, attirée par l’émigration clandestine vers l’Europe et L’Amérique, de la pauvreté endémique et d’une orientation économique peu portée par l’industrialisation. Pendant ce temps, dénonce-t-il, un petit groupe de privilégiés, sans aucune compétence reconnue, s’empare du patrimoine foncier et des ressources pour la plupart des prêts alloués par des organisations financières internationales. Il en résulte une dette abyssale et des tensions budgétaires sans précédent, a-til fait constater.
L'ECLIPSE D'UN EMINENT JURISTE
L’universitaire Mody Gadiaga, spécialisé en droit constitutionnel et droit pénal, est décédé samedi 19 avril, à Dakar. Parti à l’âge de 70 ans, le défunt a été membre de l’ofnac puis du collège de l’Artp avant de tirer sa révérence
L’universitaire Mody Gadiaga, spécialisé en droit constitutionnel et droit pénal, est décédé samedi 19 avril, à Dakar. Parti à l’âge de 70 ans, le défunt a été membre de l’ofnac puis du collège de l’Artp avant de tirer sa révérence. Il a été inhumé à yoff après la levée du corps tenue à l'hôpital Principal.
Le monde universitaire sénégalais est en deuil. L’enseignant Chercheur à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a tiré sa révérence en ce week-end de Pâques marquant la fin du carême.
Pr Mody Gadiaga s’était imposé, au fil des années, comme une voix incontournable dans les sphères d’échanges notamment sur les enjeux constitutionnels. En la matière, le défunt professeur avait marqué les esprits durant l’épineuse question du troisième mandat, sous la présidence de Me Abdoulaye Wade, entre 2010 et 2012, en prenant position avec clarté et rigueur.
Universitaire de renom, Pr Gadiaga était entre autres membre de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac). Il faisait partie aussi du collège de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes. Le défunt s’était fait remarquer, de son vivant, par ses prises de position tranchées lors des échanges et débats d’idées, dans la marche du pays, sur les plateaux de télévision et les tribunes offertes par les journaux.
Lors de sa dernière émission, au jury du dimanche, à Itv, le 20 mars 2025, il déclarait à Mamoudou Ibra Kane: «La justice est sujette à dispute ; on peut considérer une décision comme juste ou injuste, mais cela n’autorise pas à s’improviser en technicien de la règle du droit. Nous recherchons une justice indépendante, équitable et impartiale. Le juge rend la justice en fonction du dossier entre ses mains».
Le défunt, qualifié par ses proches et amis de généreux et humaniste, était également militant et syndicaliste. Spécialiste reconnu du droit pénal et constitutionnaliste respecté, Pr Gadiaga s’est éteint, après une vie accompli, plongeant le monde universitaire dans la tristesse. Son décès a en effet constitué la perte d’un intellectuel assumé dans ses prises de position sur les grandes questions juridiques.
Natif de Kédougou, Pr Mody Gadiaga était une référence en matière de droit constitutionnel. Il marque à jamais les esprits critiques et spécialistes du droit, au cours des débats par rapport à sa rigueur intellectuelle et ses positions claires et tranchées qui avaient contribué à étayer l’opinion publique et les acteurs politiques toutes chapelles confondues. L’universitaire était aussi connu pour sa rigueur académique, mais aussi pour son intégrité morale.
Pr Mody Gadiaga laisse derrière lui une génération d’étudiants et de juristes qu’il a formés, ainsi qu’une empreinte indélébile dans le paysage juridique sénégalais.
Repose en paix Professeur Mody Gadiaga.
AU-DELÀ DES RÉFORMES
Les réformes institutionnelles suffiront-elles à redresser le Sénégal ? Non, répond Moussa Diaw. Pour l'universitaire, le pays a besoin d'une véritable révolution conceptuelle "adossée à la pensée politique référentielle" de Cheikh Anta Diop
La situation catastrophique des finances publiques sur la période 2019-2024 et les détournements de fonds dans la gestion du Covid-19 procèdent, aux yeux du Pr Moussa Diaw, d'une façon de concevoir le pouvoir qui repose entre autres sur l’enrichissement personnel et le clientélisme politique. Pour sortir de ce cercle vicieux, le politologue estime qu'au-delà de la reddition des comptes, il faut une nouvelle approche paradigmatique pour restaurer la confiance perdue des acteurs politiques.
Les pratiques de mauvaise gestion décriées dans les rapports du Fonds Force Covid-19 et de l'audit des finances publiques sont le résultat de l'affaissement des mœurs politiques. C'est en substance la tribune signée par Moussa Diaw et intitulé “ Le Sénégal à l’épreuve de la gestion néo-patrimoniale et clientéliste du pouvoir”.
D'après le politologue et spécialiste des relations internationales, les débats sur les révélations du rapport de la Cour des comptes et la gestion des fonds du covid-19, et du foncier mettent à nu les pratiques et les stratégies développées par ceux qui gouvernaient le pays avant le tournant du 24 mars 2024. “Cette façon de concevoir le pouvoir repose sur l’enrichissement personnel, l’implication des membres de la famille et clans pour se partager les ressources publiques et entretenir une clientèle politique pour la conservation du pouvoir (Jean-François Médard, 1991)*”, a-t-il analysé.
Dans cette logique, constate le Pr Moussa Diaw, tout est mis en œuvre afin de sacraliser l’homme qui étend son pouvoir de décision dans tous les espaces, devenant incontournable en s’accaparant de tous les leviers. Ce processus de légitimation se manifeste par la production d'ouvrages vantant les appartenances nobiliaires du chef, ses prouesses politiques le confondant même à un génie politique. Alors que, regrette-t-il, le pays est confronté à des défis majeurs d’une jeunesse désœuvrée, attirée par l’émigration clandestine vers l’Europe et l’Amérique, de la pauvreté endémique et d’une orientation économique peu portée par l’industrialisation. “Pendant ce temps, un petit groupe de privilégiés, sans aucune compétence reconnue, s’empare du patrimoine foncier et des ressources pour la plupart des prêts alloués par des organisations financières internationales. Il en résulte une dette abyssale et des tensions budgétaires sans précédent”, a relevé le spécialiste des relations internationales qui, dès lors, s'interroge : “ Comment sortir de cette impasse dans un climat marqué par des désirs de revanche et de rupture politique brutale ?”
Sous cette perspective, il convient, d'après le Pr Moussa Diaw, de pacifier cette atmosphère de guerre permanente entre la majorité et l’opposition mais cela ne peut se faire sans la reddition des comptes pour situer les responsabilités de ceux qui sont impliqués dans cette mauvaise gouvernance des finances publiques afin d’appliquer la loi dans toute sa rigueur. A ce titre, le remboursement des fonds détournés est une exigence qui ne doit s’établir sur aucune base de négociation ni de marchandage au-delà des sanctions pénales prévue par la loi, a-t-il écrit.
Ainsi, de l'avis du Pr Moussa Diaw, c'est l’occasion de procéder à des réformes de grande envergure dans la gestion des finances publiques de manière à inculquer des valeurs indispensables au management des affaires publiques dans un esprit patriotique et d’intérêt général. Même s'il reconnaît, par la suite, que les pratiques bureaucratiques et financières qui ont généré ces dysfonctionnements sont fortement ancrées dans les mœurs, qu’il faudra beaucoup de temps pour les effacer de la gouvernance économique et de la gestion des fonds publics. Ainsi, dit-il, la rigueur et la vigilance doivent être de mise pour accompagner ce nouveau tempérament inscrit dans l’agenda des nouvelles autorités.
“Le changement engagé s’accompagnera de beaucoup de pédagogie afin de garantir sa réussite. Certes, les réformes institutionnelles et politiques s’avèrent nécessaires dans une refondation de la démocratie et de l’Etat de droit, mais elles ne seront pas suffisantes pour atteindre les mutations indispensables à leur fonctionnalité. D’où une nouvelle approche paradigmatique adossée à la pensée politique référentielle (Cheikh Anta Diop, 1979)* qui, dans une démarche collective, associe l’ensemble des acteurs pour bâtir un Sénégal nouveau. C’est ainsi que le Dialogue politique apparaît comme un mécanisme pouvant aboutir à l’apaisement des mœurs politiques et instaurer la confiance perdue entre les différentes parties. En effet, il demande un respect réciproque et un attachement aux valeurs de la République et de la démocratie”, a préconisé le politologue et spécialiste des relations internationales.
Le chauffard du camion interpellé par la police…
Les conducteurs de véhicules doivent faire très attention sur les routes avec l’avènement des réseaux sociaux. En se permettant un certain comportement sur les routes, on risque de se retrouver en prison. Le chauffeur d’un camion l’a vérifié à ses dépens. En percutant volontairement une camionnette vers Thiaroye occasionnant sa chute, le conducteur du camion G. Sané ne savait pas que son acte a été filmé par un autre qui suivait la scène. Hier, la vidéo était devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit un camion qui tente de dépasser une camionnette avant de se déporter vers la droite. A vive allure, G. Sané dépasse la camionnette par la droite et lui donne un coup de volant occasionnant sa chute.Il a continué son chemin comme si de rien n’était. Mais l’identification de son immatriculation a permis aux limiers de l’interpeller hier, dans l’après-midi au Port de Dakar précisément au Môle 1. Le conducteur du camion est mis à la disposition des gendarmes de la brigade de Thiaroye.
La Gendarmerie démantèle la bande des Sierra Léonais
Restons avec la gendarmerie nationale pour dire que les éléments de la brigade de Diamniadio ont interpellé vendredi 11 individus pour détention de chanvre indien et de Khush, vagabondage, séjour irrégulier et menaces de violences envers des particuliers. D’après la maréchaussée, le groupe, principalement composé de Sierra Léonais, serait à l'origine de plusieurs actes d'agression et de petits larcins entre Sébiponty, Deny Malick et Deny Demba Codou. Les fouilles de leur refuge ont également permis de saisir 10 téléphones portables. Les investigations se poursuivent.
Des sites d’orpaillage clandestins et 4 bars clandestins démantelés
Ne quittons pas la gendarmerie sans signaler qu’elle poursuit les opérations de sécurisation dans la région de Kédougou. Les pandores ont déroulé une vaste opération dénommée «Fanganta 3» depuis le 18 avril 2025 dans la partie Sud-Est du pays, plus précisément dans la région de Kédougou. Il s’agissait de poursuivre et de renforcer l'assainissement des niches criminogènes répertoriées dans ces localités, notamment au niveau des sites d'orpaillage clandestins. A cet effet, les pandores ont démantelé plusieurs sites d’orpaillage clandestins (diouras) de Bougouda et Bantaco et 4 bars clandestins. Ils ont saisi 72 groupes électrogènes, 55 marteaux piqueurs ; 05 panneaux solaires ; 10 bidons de 20 litres de gasoil ; 01 motocyclette ; 4,5 kilogrammes de chanvre indien ainsi que plusieurs caisses de cannettes de boissons et de cigarettes.
Trafiquant interpellé avec 30 kepas de kush
Les limiers de la brigade de recherches du commissariat des HLM biscuiterie ont mis hors d’état de nuire un présumé trafiquant de drogue. Les policiers ont interpellé dimanche un individu pour offre et cession de drogue (kush), au cours d’une patrouille. Il avait par devers lui 30 kepas de kush, dissimulés dans un sachet. Le mis en cause a été placé en garde à vue et l’enquête suit son cours en vue d’interpeller toute personne impliquée dans cette affaire.
Les acteurs de la Pêche réitèrent leur confiance à Dr Fatou Diouf
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, Dr Fatou Diouf peut compter sur les acteurs de la pêche pour dérouler sans anicroche son programme. Les acteurs de la Pêche lui réitèrent leur confiance alors que certaines voix, semble-t-il, tentent de dénoncer le maintien de Dr Fatou Diouf à la tête du ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires. Dans une note reçue à «L’As», les syndicats et organisations professionnelles tiennent à exprimer leur soutien à leur ministre de tutelle. Faisant allusion à la sortie du syndicat des travailleurs de la pêche et de l’aquaculture du Sénégal (SYTRAPAS), Mamadou Mbaye, président du collège des ligneurs, estime que la décision de Mme la ministre Dr Fatou Diouf est non seulement légitime, mais nécessaire. A l’en croire, l’usage des filets en mono filament nylon doit être combattu aussi fermement que le trafic de drogue, en raison de leur nocivité. Une position également partagée à Mbour où les pêcheurs, par la voix de Mbaye Ndiaye, expriment leur soulagement. Selon lui, ces filets en mono filament nylon ont gâché le travail qu’ils exercent depuis plus de 50 ans. Grâce à cette politique, dit-il, « nous voyons enfin une volonté claire de rupture».
Gallo Diao rompt les amarres avec le PS
Entre Abdoulaye Gallo Diao et le Parti Socialiste, c'est fini. Il a annoncé, hier dans un communiqué de presse rendu public, sa démission de la formation socialiste. Celui qui était jusque-là Secrétaire national adjoint chargé des TIC et membre du Bureau politique dit ainsi tourner une page après vingt-trois années de militantisme actif, jalonnées de sacrifices, de don de soi et d’un engagement constant pour la sauvegarde de l’intérêt général du Parti Socialiste, dans la perspective de la reconquête et de l’exercice du pouvoir. Dans sa lettre adressée à la Sg du PS, Aminata Mbengue Ndiaye, Abdoulaye Gallo Diao a expliqué les raisons de son départ de la maison des Verts. Je pars car, à mes yeux, l’ambition du Ps de reconquête et d’exercice du pouvoir, mission fondamentale que je m’étais assignée pour contribuer au bien-être du peuple sénégalais, s’est définitivement éteinte, a-t-il indiqué. Mais, même s'il a quitté le Parti socialiste, il n'a pas pour autant renoncé à porter haut le flambeau du socialisme démocratique et d'en raviver les flammes. Pour ainsi dire qu'il a choisi donc d’autres horizons politiques, plus ambitieux et plus audacieux. Car sa démission, explique-t-il, obéit à une volonté ferme et réfléchie d’emprunter une nouvelle dynamique politique, plus conforme à ses convictions profondes et à l’idéal qu’il s'est fait du socialisme démocratique. Dans cette perspective, Abdoulaye Gallo Diao a invité tous les Socialistes de cœur et de raison à le rejoindre dans les prochains jours à un grand rassemblement pour un pacte d'avenir, de confiance de travail, d'éthique et de reconquête du pouvoir.
Spécial Amadou Mahtar Mbow
«Pr Amadou Mahtar Mbow, un homme de conviction». C’est l’intitulé de la table ronde dédiée, ce samedi, au premier africain Directeur général de l’Unesco. Pour Pr Penda Mbow, l’histoire, enseignée par Pr Amadou Mahtar Mbow, a été une discipline de décolonisation mentale de l’homme des assises. La paneliste a listé, dans son propos, les combats menés jadis par le défunt. Combat pour la souveraineté des États du tiers-monde. L’Unesco était pour lui un pôle de conscientisation. Il a permis au Pr Amadou Mahtar Mbow de plaider pour le retour des biens culturels du continent. Il a aussi œuvré pour la protection du patrimoine de l’humanité. Il a en outre remis en cause l’ordre mondial. Il a, pour ce faire, prôné la démocratisation de la communication pour favoriser les échanges et la diversité qui est une richesse pour l’humanité. La vie de Pr Amadou Mahtar Mbow, c’est l’éducation. L’initiative Jazz’Afrika, a conclu l’administratrice de la place du souvenir africain, Ngakane Gningue, est une plateforme qui permet de revisiter l’œuvre et le vécu d’illustres personnalités de l’Afrique et sa diaspora afin de les ériger en exemples pour les jeunes ; et a terminé l’échange avec un concert de Jazz animé par l’Orchestre Jam Jazz.
Moustapha Ndiaye, un cas suspect
Il y a une question qui intrigue bien des observateurs de l’espace public depuis le déclenchement des poursuites dans l’affaire des fonds force covid-19. Quasiment tous les fournisseurs et entrepreneurs mis en cause, soit ont été écroués soit ont cautionné le montant du préjudice à l’exception du magnat du riz Moustapha Ndiaye qui, on ne sait pas quelle opération du saint esprit a réussi à échapper au glaive du juge. Il a certes la réputation d’être proche du maître des poursuites, mais son cas intrigue, quand nos confrères de l’Observateur ont révélé que c’est une faille du rapport de la cour des comptes qui lui a été favorable. Qu’en est-il alors du Dage Aliou Sow poursuivi pour les mêmes faits qu’il a contestés depuis le début en invoquant l’arrêté fixant le prix du riz de 2013 ? Honni soit qui mal y pense…
La Fgts/B bande les muscles
Un an après son congrès, la Fédération générale des travailleurs du Sénégal (Fgts/B est montée au créneau pour s’en prendre à l’administration du travail. Dans un communiqué, le syndicat dénonce «la confiscation de son récépissé, la non-jouissance de ses droits malgré sa victoire et une tentative d’isolement». En réalité, la direction de la FGTS/B est actuellement disputée entre Mballo Dia Thiam et Moussa Sissokho Guèye, chacun revendiquant la légitimité de sa position. La Fgts accuse l'administration du travail Depuis son congrès, elle court derrière son récépissé « après avoir remplitoutes les conditions et formalités requises pour l'obtention du sésame». Le syndicat accuse l’administration de vouloir «l'isoler de certaines centrales». Pour la petite histoire, la direction de la Fédération Générale des Travailleurs du Sénégal (FGTS/B) est actuellement revendiquée par deux figures syndicales : Mballo Dia Thiam : élu secrétaire général lors du congrès ordinaire tenu le 20 avril 2024 à Rufisque, en présence de près de 300 délégués. Il est également à la tête du Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé et de l’Action Sociale (SUTSAS) et a été reconnu par plusieurs syndicats affiliés comme le leader légitime de la centrale. Moussa Sissokho Guèye : il revendique également la direction de la FGTS/B, affirmant avoir été désigné lors d’un congrès extraordinaire tenu le 9 mars 2024 à Dakar. Cependant, cette prétention est contestée par Mballo Dia Thiam, qui qualifie cette assemblée de «mascarade» et remet en question sa légitimité. Cette situation a entraîné une crise interne au sein de la FGTS/B, avec des accusations croisées entre les deux camps. Les autorités, notamment le ministère du Travail, ont été interpellées pour clarifier la reconnaissance officielle de la direction de la centrale syndicale.
Plainte du ministère de la Santé contre Arona Niang
Le ministère de la Santé va traîner en justice Arona Niang pour des propos diffamatoires. Dans un communiqué, la cellule de communication indique que mardi dernier, sur le plateau de la Web TV «Sénégal 7», Arona Niang a accusé le personnel de santé d'avoir volontairement transmis le coronavirus aux populations par le biais des masques, des prélèvements par écouvillonnage nasopharyngé et des vaccins anti-Covid. Compte tenu de la gravité et du caractère dangereux de ces allégations fallacieuses, le département de la Santé dément et précise que ces propos sont inexacts, infondés et contraires aux principes éthiques et déontologiques qui encadrent la pratique médicale. D’après la même source, les prélèvements profonds (nasopharyngés) sont privilégiés pour les tests PCR permettent de diagnostiquer le COVID-19. Il ajoute que tous les vaccins anti-Covid, y compris ceux de typeARN, administrés aux populations étaient inoffensifs et disposaient de toutes les autorisations nécessaires, tant au niveau national qu'international. Le ministère exhorte «Sénégal 7» à faire preuve davantage de responsabilité dans le choix de ses invités, chroniqueurs et journalistes, et demande à ce dernier de présenter ses excuses au personnel soignant, accusé de faits graves et répréhensibles. En outre, le ministère a mobilisé ses services compétents afin de donner une suite appropriée à cette affaire.
Par Seydi DIALLO
L’ESSENCE SPIRITUELLE DE LA RETRAITE EN ISLAM
A l’approche du Daaka de Médina Gounass, qui se tiendra du 26 avril au 5 mai 2025, il convient de méditer sur l’essence spirituelle de cette pratique ancestrale qu’est la retraite spirituelle en islam, connue sous le nom de «Khalwa».
A l’approche du Daaka de Médina Gounass, qui se tiendra du 26 avril au 5 mai 2025, il convient de méditer sur l’essence spirituelle de cette pratique ancestrale qu’est la retraite spirituelle en islam, connue sous le nom de «Khalwa». Cette tradition, profondément ancrée dans l’héritage islamique, trouve dans le Daaka une expression particulièrement puissante et authentique.
La pratique de la retraite spirituelle remonte aux premiers temps de l’islam. Le Prophète Muhammad (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui-même avait coutume de se retirer dans la grotte de Hira, sur le mont Nour, près de La Mecque, pour méditer et se recueillir. C’est d’ailleurs dans cette solitude contemplative qu’il reçut la première révélation coranique. Cette tradition prophétique constitue le fondement spirituel de toutes les formes de retraite qui se sont développées ultérieurement dans le monde musulman.
La Khalwa, terme arabe désignant l’isolement volontaire dans un but spirituel, s’est progressivement institutionnalisée dans diverses traditions soufies dont la Tidjaniya à laquelle appartient la communauté de Médina Gounass. Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, fondateur du Daaka en 1942, s’inscrivait pleinement dans cette lignée spirituelle lorsqu’il institua cette retraite annuelle de dix jours dans la brousse, à 10 km de Médina Gounass.
L’une des dimensions essentielles de la Khalwa réside dans la rupture temporaire, mais radicale, avec le rythme et les préoccupations de la vie ordinaire. Dans un monde où l’agitation permanente et la dispersion de l’attention sont devenues la norme, cette interruption volontaire représente déjà en soi un acte spirituel significatif.
Le Daaka de Médina Gounass matérialise cette rupture de manière particulièrement tangible. Pendant dix jours, les participants quittent leurs foyers, leurs familles, leurs occupations professionnelles et leurs habitudes de confort pour s’immerger dans un environnement entièrement dédié à l’adoration et à la contemplation. Cette séparation physique facilite un détachement intérieur plus profond, créant l’espace nécessaire pour une rencontre authentique avec le Divin et avec soimême.
Comme l’enseignait Thierno Amadou Tidiane Bâ, l’actuel Khalife de Médina Gounass : «Quitter temporairement le monde n’est pas le fuir, mais prendre le recul nécessaire pour mieux le comprendre et y revenir avec un regard transformé.» Cette sagesse souligne que la rupture opérée par le Daaka n’est pas une fin en soi, mais un moyen au service d’une transformation spirituelle plus profonde.
Si la Khalwa implique un retrait physique, son objectif véritable est d’ordre intérieur : la purification de l’âme (tazkiyat al-nafs). Cette purification constitue une étape indispensable sur le chemin de la proximité divine, car comme le rappelle le Coran : «Réussit, certes, celui qui la purifie [son âme]. Et est perdu, certes, celui qui la corrompt.» (Sourate 91, versets 9-10).
Le Daaka offre un cadre particulièrement propice à ce travail de purification intérieure. L’éloignement des sources habituelles de distraction, la simplicité du mode de vie, la discipline rigoureuse des journées et l’intensité des pratiques spirituelles créent les conditions optimales pour une confrontation salutaire avec soi-même. Les voiles que l’ego (nafs) tisse subtilement dans la vie ordinaire deviennent plus apparents, permettant un travail conscient de transformation.
Cette dimension purificatrice du Daaka s’inscrit parfaitement dans la tradition de la Tidjaniya, qui accorde une importance centrale à la purification du cœur comme préalable à l’illumination spirituelle. Comme l’enseignait Sidi Ahmed Tidiane : «Le cœur est comme un miroir ; pour qu’il reflète la lumière divine, il doit être nettoyé de toute rouille et de toute poussière.»
La retraite spirituelle se caractérise également par une intensification quantitative et qualitative des pratiques religieuses. Ce qui, dans la vie ordinaire, peut parfois se réduire à l’accomplissement minimal des obligations, s’épanouit pendant le Daaka en une dévotion totale qui imprègne chaque instant de la journée.
Les cinq prières quotidiennes, piliers de la pratique musulmane, sont non seulement accomplies avec une ponctualité rigoureuse, mais également enrichies de prières surérogatoires (nawafil) qui en prolongent la bénédiction. La récitation du Coran, pratiquée individuellement et collectivement, occupe une place centrale dans le programme quotidien. Quant au Zikr (évocation de Dieu), il atteint, pendant le Daaka une intensité particulière, avec notamment la récitation quotidienne des 12 000 «Salatoul Fatiha» et des 41 «Sayfiyou», pratiques spécifiques à la tradition de Médina Gounass.
Cette intensification ne vise pas seulement la quantité, mais surtout la qualité de la connexion spirituelle. Au Daaka, on ne prie pas seulement pour prier plus, mais pour prier mieux, avec une présence et une conscience que le rythme ordinaire de la vie ne permet pas toujours d’atteindre.
Dans la tradition soufie, la Khalwa est intimement liée à la pratique du silence (samt). Ce silence extérieur n’est pas une fin en soi, mais une condition favorable à l’émergence d’une écoute intérieure plus profonde, écoute de soi, écoute des autres et, ultimement, écoute de la présence divine qui se manifeste dans le cœur apaisé.
Le Daaka, bien qu’il ne soit pas une retraite silencieuse au sens strict, ménage néanmoins des espaces de silence qui contrastent avec le vacarme habituel de la vie moderne. Les moments de recueillement personnel, les heures précédant l’aube, ou encore les instants de contemplation dans la nature environnante offrent autant d’occasions de cultiver cette qualité d’écoute intérieure.
Cette dimension contemplative du Daaka reflète l’équilibre que la tradition de Médina Gounass, sous l’impulsion de son fondateur Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, a toujours cherché à maintenir entre l’aspect actif de la dévotion (les pratiques rituelles) et son aspect réceptif (l’ouverture intérieure à la présence divine). Dans l’esprit de la tradition soufie, la langue qui invoque sans un cœur qui écoute est comme une cloche qui résonne dans une maison vide.
Si la Khalwa traditionnelle est souvent pratiquée dans la solitude, le Daaka de Médina Gounass présente la particularité d’être une retraite collective, rassemblant des milliers de fidèles dans une expérience spirituelle partagée. Cette dimension communautaire ne diminue en rien la profondeur de l’expérience intérieure ; elle lui confère, au contraire, une résonance et une ampleur particulières.
La présence de milliers d’autres chercheurs spirituels, tous engagés dans la même quête avec sincérité et détermination, crée un champ énergétique puissant qui soutient l’effort individuel. Les difficultés inhérentes à la vie en brousse, chaleur, installations rudimentaires, promiscuité, loin d’être des obstacles, deviennent des occasions de pratiquer la patience, l’entraide et l’humilité, vertus essentielles sur le chemin spirituel.
Cette dimension collective du Daaka s’inscrit parfaitement dans la vision islamique de la Ummah comme lieu privilégié de réalisation spirituelle. Comme le rappelle un hadith : «La Main de Dieu est avec le groupe.» Le Daaka offre ainsi l’expérience rare et précieuse d’une communauté entièrement orientée, pendant dix jours, vers un idéal spirituel partagé.
La retraite spirituelle en islam n’est jamais conçue comme une simple expérience subjective ; elle s’inscrit toujours dans le cadre d’une transmission de connaissances et de sagesse. Le Daaka ne fait pas exception à cette règle, intégrant dans son programme quotidien des moments dédiés à l’enseignement religieux.
Ces enseignements, transmis à travers les enregistrements audio laissés par Thierno Mouhamadou Seydou Bâ, éminent érudit reconnu pour sa science et sa piété, abordent divers domaines des sciences islamiques : l’exégèse coranique (tafsir), les traditions prophétiques (hadith), la jurisprudence (fiqh), mais aussi, et surtout, les dimensions intérieures de la spiritualité soufie. Commentés par le Khalif Thierno Amadou Tidiane Bâ, ces enseignements ne visent pas seulement une acquisition intellectuelle, mais une compréhension vivante et transformatrice, au service de la pratique spirituelle.
Cette dimension éducative du Daaka reflète l’importance que Thierno Mouhamadou Seydou Bâ accordait au savoir authentique comme fondement de la vie spirituelle. Formé auprès d’éminents maîtres reconnus comme Cheikh Moussa Camara, Thierno Hamme Baba Talla, Thierno Seydi Aly Thiam, etc., sa vision d’une spiritualité enracinée dans la connaissance continue d’inspirer la communauté de Médina Gounass et se manifeste pleinement dans l’organisation du Daaka.
Si la retraite implique par définition un retrait temporaire du monde, son objectif ultime n’est pas la fuite, mais une réintégration transformée dans la vie ordinaire. Le véritable succès du Daaka ne se mesure pas tant à l’intensité des expériences vécues pendant les dix jours qu’à leurs fruits durables dans l’existence quotidienne des participants après leur retour.
Cette continuité entre l’expérience de la retraite et la vie ordinaire est au cœur de la vision spirituelle de Médina Gounass. Comme l’enseigne Thierno Amadou Tidiane Bâ : «Le Daaka n’est pas une parenthèse dans la vie du croyant, mais une source qui doit irriguer toute son existence.»
Cette conception rejoint la sagesse soufie traditionnelle qui considère la retraite non comme une fin en soi, mais comme un moyen de revivifier la présence spirituelle au cœur même du monde.
Les participants témoignent souvent des transformations durables opérées dans leur vie suite au Daaka : une pratique religieuse plus régulière et plus consciente, des relations familiales et sociales plus harmonieuses, un rapport plus détaché aux biens matériels et, surtout, une présence intérieure plus stable au milieu des fluctuations de l’existence. Ces fruits concrets attestent de l’efficacité spirituelle de cette forme particulière de Khalwa développée par la communauté de Médina Gounass.
A l’approche du Daaka, cette réflexion sur l’essence spirituelle de la retraite islamique nous invite à considérer cette manifestation non comme un simple événement religieux parmi d’autres, mais comme une opportunité spirituelle exceptionnelle.
Dans un monde caractérisé par la dispersion, la superficialité et l’accélération constante, le Daaka offre un espace sanctuarisé où le temps retrouve sa profondeur, où l’attention peut se recentrer sur l’essentiel, et où l’âme peut respirer pleinement. Cette expérience, héritée de la tradition prophétique et enrichie par des générations de maîtres spirituels, constitue un trésor inestimable de la spiritualité islamique.
Que vous soyez un habitué de cet événement béni ou que vous envisagiez d’y participer pour la première fois, sachez que l’expérience de la Khalwa vécue dans ce cadre sanctifié par des décennies de dévotion collective possède une efficacité spirituelle unique. Car comme le rappelle un hadith qudsi : «Celui qui se rapproche de Moi d’un empan, Je Me rapproche de lui d’une coudée. Celui qui se rapproche de Moi d’une coudée, Je Me rapproche de lui de la longueur des deux bras. Et celui qui vient à Moi en marchant, J’irai à lui en courant.»
Le Daaka de Médina Gounass nous offre l’opportunité précieuse de faire ce premier pas vers Dieu, avec la promesse d’une réponse divine infiniment plus généreuse que notre modeste effort initial.
Au Daaka, c’est Allah que l’on regarde, Allah que l’on écoute, Allah que l’on cherche, Allah que l’on invoque, pour Allah que l’on pleure, Allah que l’on aime.
PLAIDOIRIE POUR UN NOUVEAU MODELE AGRICOLE AU SENEGAL
L’agriculture sénégalaise, pilier de notre économie et socle de nos communautés, est à la croisée des chemins. Mais ce destin n’est pas une fatalité. Des exemples éclatants, en Afrique, prouvent qu’il est possible de changer le cours de l’histoire
L’agriculture sénégalaise, pilier de notre économie et socle de nos communautés, est à la croisée des chemins. Nous avons un modèle hérité de la colonisation, marqué par la monoculture, la dépendance à la saison des pluies, la faiblesse des infrastructures et l’accès limité aux marchés et à la transformation. Malgré les efforts etles réformes, la majorité de nos producteurs restent prisonniers d’un cycle où l’abondance des récoltes ne rime pas avec prospérité. Surproduction invendue, prix effondrés, revenus précaires, sentiment d’abandon : tel est le quotidien de milliers de petits exploitants, pourtant porteurs d’un savoir-faire et d’une résilience admirables.
Mais ce destin n’est pas une fatalité. Des exemples éclatants, en Afrique comme ailleurs, prouvent qu’il est possible de changer le cours de l’histoire.
1. Briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale
Aujourd’hui, des milliers de petits exploitants sénégalais, malgré leur savoir-faire, leur courage et leur résilience, restent enfermés dans un modèle agricole hérité de la colonisation. Ce modèle repose sur la monoculture, principalement l’arachide, et fait peser sur les producteurs une dépendance extrême à la saison des pluies. Pendant trois à quatre mois, l’activité bat son plein, mais le reste de l’année, l’oisiveté forcée s’installe, faute de cultures diversifiées ou de possibilités d’irrigation. Cette saisonnalité, loin d’être une fatalité climatique, est le résultat d’un manque d’investissement dans les infrastructures hydrauliques, la formation et l’accompagnement technique.
A cela s’ajoute la faiblesse chronique des infrastructures rurales : routes impraticables, absence de stockage moderne, manque d’accès à la transformation locale et à la chaîne du froid. Les producteurs sont souvent contraints de vendre leurs récoltes immédiatement après la moisson, à des prix très bas, car ils ne peuvent ni conserver ni transformer leur production. Les marchés locaux sont saturés, les débouchés internationaux difficiles d’accès, et les politiques publiques, trop souvent centrées sur la performance industrielle ou les besoins des grandes usines, n’intègrent pas suffisamment la réalité des exploitations familiales. Le résultat est un paradoxe cruel : plus les producteurs parviennent à augmenter leurs rendements, plus ils risquent de voir les prix s’effondrer faute de débouchés organisés. Les surproductions restent invendues, les revenus stagnent ou baissent, et la pauvreté s’enracine. Les dettes s’accumulent, les familles rurales vivent dans l’incertitude, et l’exode rural se poursuit, privant nos terroirs de leur jeunesse et de leur vitalité.
Ce cercle vicieux n’est pas seulement économique : il est aussi social et psychologique. Il engendre un sentiment d’abandon, de découragement, et parfois de fatalisme face à la répétition des crises. Pourtant, ce destin n’est pas inéluctable. D’autres pays, d’autres régions, ont réussi à transformer leur agriculture en moteur de prospérité partagée, en misant sur la diversification, l’irrigation, la valorisation locale et l’accès aux marchés à forte valeur ajoutée.
2. Des modèles qui ont transformé la destinée des paysans
• Sahyadri Farms (Inde) : En 2010, des petits producteurs de fruits et légumes se sont regroupés en société coopérative (Fpc). En intégrant toute la chaîne de valeur -de la production à la transformation et à l’exportation- , ils ont multiplié leurs revenus, sécurisé des débouchés internationaux et créé des milliers d’emplois ruraux. Aujourd’hui, Sahyadri Farms est un modèle d’innovation et de prospérité pour les petits agriculteurs.
• Amul Dairy Cooperative (Inde) : Plus de 3, 6 millions de petits éleveurs ont uni leurs forces pour créer la plus grande coopérative laitière du monde. Grâce à la transformation locale, à la négociation collective et à l’accès direct aux marchés, ils ont fait passer des villages entiers de la misère à la classe moyenne rurale.
• Transformation rizicole au Sénégal : Soutenus par la Banque africaine de développement, des projets d’aménagement, de stockage et de valorisation du riz ont permis à des milliers de producteurs de la vallée du fleuve Sénégal de doubler leurs revenus, de stabiliser leur activité toute l’année et d’accéder à des marchés régionaux.
• Green Fields AgroTech (EtatsUnis) : En adoptant les technologies de pointe (drones, irrigation intelligente, prévisions météo), cette exploitation familiale a augmenté ses rendements, réduit ses pertes et conquis de nouveaux marchés à forte valeur ajoutée.
3. Les leviers d’une transformation innovante de notre agriculture
• Coopération et mutualisation : En se regroupant en coopératives ou sociétés de producteurs, les paysans sénégalais peuvent négocier de meilleurs prix, accéder au crédit, mutualiser les infrastructures et peser dans la chaîne de valeur.
• Investir dans la transformation locale : Construisons des unités de transformation décentralisées pour créer de la valeur sur place, réduire les pertes post récoltes et ouvrir la porte à l’exportation de produits finis.
• Accès garanti aux marchés : Développons des plateformes logistiques, des contrats sécurisés et des partenariats avec les grandes chaînes régionales et internationales. • Innovation et formation : Accompagnons les producteurs dans l’adoption de technologies modernes (irrigation, agroécologie, digitalisation), et formons la jeunesse rurale aux métiers de l’agro-industrie.
• Protection des prix et financement inclusif : Mettons en place des mécanismes de stabilisation des prix et des fonds de garantie pour protéger les agriculteurs contre la volatilité et les aléas climatiques.
4.Un appel à la grandeur et à l’audace L’Afrique a déjà démontré, à travers des initiatives comme le Caadp (Comprehensive Africa Agriculture Development Programme) et la stratégie «Feed Africa», que la transformation agricole est possible et rentable. Mais il faut aller plus loin : faire de l’agro-industrie un moteur de prospérité, où chaque producteur devient entrepreneur, chaque village une pépinière d’innovation, chaque récolte une source de richesse partagée.
Le temps est venu d’écrire une nouvelle page de notre histoire agricole :
• Où la valeur ajoutée reste sur nos terres ;
• Où l’agriculture nourrit, enrichit et inspire ;
• Où la jeunesse rurale choisit de rester, non par défaut, mais par ambition.
5. L’ambition d’un renouveau agricole
Comme l’a affirmé le Premier ministre indien Narendra Modi : «L’agriculture est le premier moteur du développement, donnant aux agriculteurs une place de choix. Nous devons exploiter tout le potentiel du secteur et atteindre des objectifs encore plus grands.» D’abord, le Plan Sénégal émergent (Pse) et la Vision Sénégal 2050 (Ps2050), également appelée Agenda national de transformation, ne sauraient aboutir sans une refonte profonde de notre agriculture, véritable moteur de croissance, d’emplois et de souveraineté alimentaire. Il nous faut nous inspirer de ceux qui ont su transformer leur secteur rural en un puissant levier d’industrialisation et de prospérité.
6. Apprendre des champions mondiaux
Au Nigeria, le Groupe Dangote a bâti la plus grande usine d’engrais d’Afrique, produisant 3 millions de tonnes d’urée par an, permettant au pays de viser l’autosuffisance alimentaire et de devenir exportateur net d’intrants agricoles. Au Maroc, l’Ocp (Office chérifien des phosphates) est devenu le leader mondial des engrais phosphatés, investissant massivement dans la recherche, l’innovation etla production durable pour répondre aux défis de la sécurité alimentaire mondiale. En Inde, la révolution agricole s’est appuyée sur la création de coopératives puissantes, la diffusion de variétés innovantes et l’accompagnement des petits producteurs vers l’agroindustrie. Narendra Modi rappelle : «Nous avons investi dans la recherche, lancé des variétés adaptées, renforcé la chaîne de valeur du champ au marché et mis l’accent sur l’innovation et l’inclusion.»
Au Brésil, le Président Lula a montré la voie : «Nous avons investi dans l’agriculture familiale et les petits producteurs, responsables de 70 % de la nourriture sur nos tables, tout en soutenant l’agrobusiness.»
En Afrique, l’ancien Président nigérian Olusegun Obasanjo, lui-même redevenu agriculteur, lance cet appel : «Nous avons besoin que les meilleurs et les plus brillants embrassent l’agriculture comme vocation et carrière. L’agrobusiness est la meilleure chance de l’Afrique pour générer revenus et emplois, et mettre fin à la faim.»
7. La filière mangue : un trésor en péril, un impératif d’action
Mais comment ne pas évoquer ici le drame silencieux de la filière mangue, joyau de notre agriculture, aujourd’hui en pleine agonie ? Le Sénégal, qui exportait 24 581 tonnes de mangues en 2021, n’en a expédié que 12 000 en 2024. Cette chute brutale, due à une combinaison de facteurs - attaques de mouches des fruits, conditions climatiques, taxes inadaptées, manque de structuration et de soutien-, met en péril des milliers d’emplois et prive notre pays de devises et de rayonnement international. La mangue, pourtant, est une culture à très haute valeur ajoutée, un trésor longtemps négligé par tous les gouvernements passés. Elle génère des milliers d’emplois directs et indirects, irrigue l’économie rurale et offre au Sénégal la période de production la plus longue d’Afrique de l’Ouest.
Pourtant, faute d’organisation, de diversification variétale, de soutien logistique et de vision stratégique, la filière s’effondre sous nos yeux. Il est temps d’agir avec audace : pourquoi ne pas créer une Direction nationale ou une Agence dédiée exclusivement à la mangue, dotée de moyens puissants, capable d’organiser la production, d’accompagner la modernisation des vergers, de structurer la commercialisation, de soutenir la transformation locale et de conquérir de nouveaux marchés ? Cette structure piloterait la recherche, la lutte contre les ravageurs, la certification qualité, la diversification variétale et l’innovation logistique, tout en assurant une meilleure implication de l’Etat et la cohésion de tous les acteurs de la chaîne de valeur.
La relance de la filière mangue serait un symbole fort : celui d’un Sénégal qui sait préserver ses trésors, valoriser ses producteurs et s’imposer sur les marchés mondiaux.
8. Oser les filières d’avenir et la diversification
Ne restons pas prisonniers de la monoculture. Ouvrons la voie à de nouvelles filières à haute valeur ajoutée :
• Pitaya (fruit du dragon), déjà cultivé au Sénégal, vendu à prix d’or sur les marchés internationaux.
• Sésame, culture résiliente et très demandée, au potentiel énorme pour les petits producteurs.
• Moringa, «arbre miracle» riche en nutriments, dont la demande explose en Europe et en Asie.
• Stevia, édulcorant naturel, curcuma, gingembre, quinoa, thym, Anis vert, Romarin : autant de cultures adaptées à nos terroirs et à forte rentabilité.
9. Une vision pour 2050 : du rêve à la réalité
L’agriculture sénégalaise du futur sera celle où :
• Chaque village sera un pôle agro-industriel, connecté aux marchés mondiaux.
• Des milliers de jeunes entrepreneurs agricoles créeront, transformeront et exporteront.
•La richesse restera sur nos terres, portée par des coopératives puissantes et des banques rurales innovantes.
• La diversification et l’innovation permettront de produire toute l’année, avec l’eau maîtrisée et la pluie comme bonus.
• Le Sénégal sera leader africain et mondial de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de l’agroindustrie. Comme le disait le Président Abdoulaye Wade : «Il n’y a aucune raison pour que l’Afrique ne puisse pas se nourrir elle-même, à condition de ne plus vendre ses terres et de transformer sa production localement.»
10. Conclusion : un appel à l’audace et à la grandeur
Le temps des demi-mesures est révolu. Le Sénégal a les terres, le génie, la jeunesse, les femmes battantes et l’ambition. Mais la transformation de notre agriculture ne peut reposer sur la seule volonté politique : elle exige l’engagement de tous. J’en appelle à la mobilisation de la Société civile, des collectivités locales, des chercheurs, des entrepreneurs, des Ong, des médias et de tous les citoyens. J’en appelle à la jeunesse rurale et urbaine, à l’énergie créatrice des femmes, à la passion des producteurs et productrices, à l’audace des investisseurs et à la solidarité des consommateurs.
Ensemble, bâtissons une agriculture qui nourrit, enrichit, protège et inspire. Que chaque Sénégalais et chaque Sénégalaise voie dans la terre une source de dignité, d’innovation et de prospérité partagée. Que chaque village, chaque terroir, chaque filière devienne un modèle de réussite collective, où la valeur ajoutée reste sur nos terres et où la réussite de l’un profite à tous. «Jai Jawan, JaiKisaan, Jai Vigyaan, Jai Anusandhan» («Gloire aux soldats, aux paysans, à la science, à la recherche»), proclame le Premier ministre Modi. «Luttons ensemble contre l’inégalité et investissons dans l’agriculture familiale», rappelle le Président Lula. «Faisons de l’agrobusiness la meilleure chance de l’Afrique», insiste le Président Obasanjo. Osons la révolution agricole, pour que chaque récolte soit une bénédiction, chaque paysan un entrepreneur, chaque terroir un pôle de richesse. Il est temps d’agir, ensemble, pour écrire une nouvelle page de l’histoire agricole du Sénégal.
LES CARDINAUX AFRICAINS EN LICE POUR LE TRÔNE DE SAINT-PIERRE
Entre le conservateur guinéen Robert Sarah, l'engagé congolais Fridolin Ambongo et le consensuel ghanéen Peter Turkson, l'Afrique dispose de trois profils distincts capables de séduire différentes sensibilités au sein du collège cardinalice
(SenePlus) - Après l'annonce du décès du pape François le 21 avril dernier, le monde catholique observe avec attention les signes annonciateurs du prochain conclave. Si deux noms semblent se détacher parmi les favoris, trois cardinaux africains figurent dans la liste des outsiders capables de créer la surprise. Une analyse qui soulève une question fondamentale : un Africain peut-il succéder au pape argentin ?
La mort du souverain pontife, survenue à l'âge de 88 ans, ouvre une période cruciale pour les 1,4 milliard de catholiques à travers le monde. Dès mardi matin, les cardinaux ont été convoqués à Rome par le doyen du Sacré Collège pour entamer les congrégations générales qui précèdent l'élection. Comme le rapporte Le Monde, ces "princes de l'Église" devront, "pendant au moins quinze jours, discuter des affaires courantes avant de se pencher, dans le cadre de ces assemblées quotidiennes, sur les enjeux de l'Église universelle et les défis qui se présentent à elle."
Selon Jeune Afrique, deux favoris semblent émerger dans cette course à la succession : "le cardinal philippin Luis Antonio Tagle et le secrétaire d'État du Vatican, l'Italien Pietro Parolin." Le premier, souvent décrit comme le "François asiatique" en raison de son engagement pour la justice sociale, représenterait une forme de continuité avec le pontificat qui s'achève. Son élection marquerait l'histoire, puisqu'il deviendrait "le premier souverain pontife originaire d'Asie."
Quant au cardinal Parolin, il incarnerait un retour de la papauté aux Italiens, "après trois papes successifs originaires d'autres pays : Jean-Paul II (Pologne), Benoît XVI (Allemagne) et François (Argentine)." Diplomate expérimenté, il s'est illustré par son rôle dans le rapprochement du Vatican avec la Chine et le Vietnam, poursuivant ainsi l'ouverture géopolitique chère à François.
Mais comme le souligne JA, "si une surprise devait venir du Vatican, chose fréquente à l'issue d'un conclave", plusieurs outsiders sont à surveiller, dont trois cardinaux africains : Robert Sarah de Guinée, Fridolin Ambongo de République démocratique du Congo, et Peter Turkson du Ghana.
Ces trois cardinaux représentent des sensibilités différentes au sein de l'Église. Robert Sarah, né en Guinée en 1945 et nommé cardinal en 2001, incarne l'aile traditionaliste. "Ferme face au régime de Sékou Touré, comme il l'a été récemment au sujet de la transition de Mamadi Doumbouya", il défend une vision conservatrice de l'Église, "favorable à la liturgie en latin, opposé à l'ordination des femmes ou à toute évolution sur l'homosexualité." À près de 80 ans, il est soutenu par une frange ultra-conservatrice qui pourrait souhaiter un "effet de balancier" après le pontificat de François.
Le cardinal Fridolin Ambongo présente un profil différent. Né en 1960 en RDC et archevêque de Kinshasa depuis 2018, il "s'est surtout fait un nom en raison de son engagement citoyen", devenant "le porte-parole d'une Église engagée contre la corruption, la pauvreté et l'instabilité politique." Nommé cardinal par François en 2019, il représente "une génération de prélats africains pleinement insérés dans le combat démocratique."
Enfin, le Ghanéen Peter Turkson, né en 1948 et devenu archevêque de Cape Coast à 44 ans, apparaît comme une figure plus consensuelle. Décrit comme un "habile négociateur", il est "l'un des piliers de l'agenda social du pape François, notamment sur les questions de justice climatique, de migration ou de finance éthique." Jeune Afrique le présente comme une potentielle "troisième voie pouvant réconcilier les clans du Vatican", étant "ni doctrinaire ni révolutionnaire."
Le successeur de François, qu'il soit africain ou non, héritera de défis majeurs, comme le souligne Le Monde. La crise des abus sexuels reste une préoccupation centrale, car "il ne se passe pas une semaine dans le monde sans qu'une nouvelle affaire ne soit dévoilée." S'y ajoutent la désaffection des fidèles en Occident, les divisions internes entre progressistes et conservateurs, et des enjeux géopolitiques complexes, notamment concernant "la guerre dans la bande de Gaza" et "les rapports, compliqués, de l'Église catholique avec la Russie."
La question de la place des femmes dans l'Église et celle de la synodalité, chère à François, seront également au cœur des débats. Le pape argentin a d'ailleurs "prolongé les travaux de l'assemblée [sur la synodalité] jusqu'en 2028, l'imposant de fait au prochain pape", ce qui fait dire à certains observateurs romains que le conclave pourrait s'apparenter à "un potentiel référendum sur le synode, tant le sujet a clivé le monde catholique."
Si l'élection d'un pape africain reste une hypothèse minoritaire selon les observateurs, elle n'est pas à exclure dans un contexte où l'Église catholique connaît une forte croissance sur le continent africain, contrastant avec son déclin en Europe. Ce serait alors un nouveau tournant dans l'histoire bimillénaire d'une institution qui n'a connu à ce jour qu'un seul pape africain, Victor Ier, au IIe siècle, originaire de l'actuelle Libye.
Par Mohamed GUEYE
COMME LETTRES À LA POSTE
Pourquoi les salaires des fonctionnaires ne passeraient-ils pas par La Poste ? Et la Der/fj, qui se vante d’avoir pu bancariser plus de 100 mille personnes, pourquoi ne ferait-elle pas passer ses crédits à travers des comptes ouverts à La Poste ?
Pourquoi les salaires des fonctionnaires ne passeraient-ils pas par La Poste ? Et la Délégation à l’entreprenariat rapide des jeunes et des femmes (Der/fj), qui se vante d’avoir pu bancariser plus de 100 mille personnes, pourquoi ne ferait-elle pas passer ses crédits à travers des comptes ouverts à La Poste ?
Cette institution qui, depuis au moins deux décennies, est présentée comme à l’article de la mort, pourrait être facilement remise sur pied si la volonté politique ne faisait pas défaut.
Il est vrai qu’en cette période de «relance économique par le licenciement de plusieurs ressources humaines», tel qu’il est pratiqué par les pouvoirs publics, les autorités sénégalaises ne seraient pas choquées de voir La Poste fermer définitivement ses portes. Ce serait, semble-t-il, juste un clou de plus que l’on ajouterait au cercueil des échecs du Pse si cher à Macky. Dès lors, tant pis si la faillite de La Poste devait emporter avec elle près de 5000 responsables de familles qui vont se retrouver au chômage. Par ailleurs, les partenaires financiers, en tête le Fonds monétaire international (Fmi), seraient ainsi finalement convaincus de la volonté du duo au pouvoir, Sonko et Diomaye, de conclure vraiment un nouvel accord de coopération avec eux. En cette période où se murmure l’idée d’une relance des Programmes d’ajustement structurel (Pas), l’Etat pourrait de cette manière faire des économies substantielles dans la réduction de son déficit.
La gestion de La Poste se caractérise aujourd’hui par un déficit de plus de 150 milliards de francs Cfa, du fait des créances dues à l’Etat et d’une activité à la rentabilité plus que douteuse. Surtout, l’Etat, depuis plus d’une vingtaine d’années, a régulièrement placé à la tête de la structure, des politiciens plus soucieux de caser leur clientèle politique que de songer à redresser la boîte. La conséquence en est une masse salariale qui contribue à mettre encore plus en péril les finances de la boîte qui, du fait d’un modèle de gestion peu ouvert aux nouvelles technologies, se laisse régulièrement tailler des croupières par la concurrence.
Le secteur du courrier postal, du fait d’un manque de vision et d’une inadaptation aux échanges modernes, a été mis à l’article de la mort par les modes de correspondance électroniques. Or, ceux qui prêchaient sa mort prochaine ne lésinent pas à s’émerveiller de la qualité des services postaux en France et aux Etats-Unis, par exemple. En France, il est encore possible d’envoyer un courrier papier par La Poste et être sûr que son correspondant le recevra dans les 48 heures qui suivent. Dans le pays de Trump, les services postaux sont un élément fondamental dans l’organisation des élections, et souvent au centre des enjeux électoraux, ce qui fait qu’ils sont surveillés de près par tous les politiciens. Le maillage de La Poste, avec près de 5000 agences fonctionnelles à travers le pays, a, des années durant, offert une qualité de service aussi appréciée. Si les échanges électroniques comme les emails, ou WhatsApp, Instagram et autres, ont pu réduire l’offre de services, ils ne l’ont pas tuée pour autant, et il n’y a pas de raison d’achever une activité moribonde dont l’importance ne peut se démentir. Ainsi, pourquoi a-til fallu arrêter les livraisons du courrier à domicile dans certains quartiers ? Les préposés au courrier, de La Poste, étaient parmi les personnes les mieux informées de la configuration de certains quartiers, étant en mesure de livrer du courrier jusque dans les endroits les plus invraisemblables. Pour des questions d’économie, ces services ont été arrêtés. La Poste a voulu compenser en encourageant les usagers à louer des boîtes postales, mais elle n’a pas été en mesure de fournir la quantité de boîtes nécessaires, et surtout à des prix incitatifs. Un ménage qui reçoit du courrier de manière épisodique ne ressent pas le besoin de payer en moyenne 25 000 Cfa par an pour acquérir une boîte postale. L’une des meilleures manières de faire marcher le courrier postal aurait été, pour tous les services publics, d’utiliser La Poste dans ses correspondances et d’encourager les citoyens à en faire de même, sans que cela ne leur coûte plus d’argent. Ainsi, il n’a pas été politiquement rentable d’arrêter la vente des timbres fiscaux par La Poste. Ce service, fortement sollicité, est l’un de ceux qui pourraient aider au renflouement de La Poste. Et il n’est pas le seul.
PosteFinances, l’un des secteurs les plus dynamiques, créé à la suite de la séparation du service des Postes d’avec la téléphonie, qui venait d’être vendue aux Français de France Télécom, qui en ont fait la Sonatel, avait bien innové et s’est adapté en mettant en place les comptes épargnes, les services des chèques postaux ou le transfert télégraphique. Mais tous ces services ont périclité en même temps que le courrier postal, parfois même plus vite, malgré leur caractère rentable.
On peut accuser la concurrence du transfert d’argent par mobile money, ainsi que d’autres causes. Il n’en reste pas moins qu’il est incompréhensible que le compte épargne postal, qui était rémunéré à 4% l’an, l’un des taux les plus élevés de la place financière, ait perdu son attractivité. S’il est vrai que La Poste n’en a pas fait autre chose qu’une tirelire dormante dont le titulaire ne pouvait se servir pour lever un crédit auprès de La Poste, ses gestionnaires ne se privaient pas eux de puiser dans les comptes clients pour régler leurs problèmes personnels. Or, ce compte épargne de La Poste était surtout le refuge de petits épargnants, pour lesquels un sou compte énormément. Désemparées, la plupart de ces personnes ont vu leur épargne fondre comme neige au soleil, et n’ont trouvé de consolation nulle part, sinon dans les formes traditionnelles de tontine, pour une bonne part d’entre elles. Si certaines souhaitent que La Poste soit remise à flot, c’est plus dans l’espoir de recouvrer leurs créances gelées que pour autre chose.
Pourtant, même pour l’économie du pays, cette remise à flot n’est pas une illusion. Pour répondre à la question qui a ouvert cet article, l’intérêt d’imposer la domiciliation du salaire de tous les fonctionnaires du pays par La Poste permettrait de gonfler le capital de la structure, sans que l’Etat n’ait à y mettre un seul sou et même éponger les créances dues aux pouvoirs publics. Bien sûr, avec l’appui de la Banque centrale, l’Etat pourrait se porter garant du respect des règles prudentielles et veiller à ne pas voir une mauvaise utilisation des finances des clients. De plus, on ne pourrait invoquer la concurrence déloyale, chaque fonctionnaire ayant la possibilité de conserver son compte bancaire personnel dans la banque de son choix.
Mais imaginer juste ce que ce système représenterait comme économie de temps et de ressources, pour tous ces enseignants affectés loin de chez eux et qui se déplacent souvent de leur lieu de service pour percevoir leur salaire. Le bureau de poste de leur localité, ou même le plus proche, leur épargnerait le tracas.
Les bénéficiaires des Bourses de sécurité familiale également, au lieu de passer par des services d’opérateurs privés de téléphones ou des Fintechs, retrouveraient, comme à leurs débuts, les guichets de La Poste pour percevoir leur pécule, s’épargnant là aussi bien des tracas. Et évitant à l’Etat des débats sur d’éventuels détournements de ces fonds. De plusieurs angles que l’on essaie d’appréhender la question, la remise sur pied de La Poste n’est qu’une question de volonté, qui ne pourrait qu’être bénéfique au pays et aux pouvoirs publics. De plus, avec plus de 100 mille clients bancarisés et ayant ouvert des comptes dans ses caisses, La Poste deviendrait un partenaire financier important pour l’Etat, dans sa recherche de ressources pour le développement du pays. En plus de la Bnde ou de la Lba, La Poste ainsi redynamisée pourrait participer à la campagne agricole, ou même à des levées de fonds, du type bons du Trésor, au plus grand soulagement des services du Trésor.
Bien sûr, il y a des préalables à lever, concernant surtout et essentiellement la gestion d’un personnel pléthorique, et qui devrait être ramené à des proportions supportables. Plusieurs moyens existent pour résoudre cette question. On peut être convaincus que pour un pouvoir qui ne se gêne pas de licencier à tour de bras des travailleurs ou pousser des entreprises florissantes à la limite du dépôt de bilan, cela ne devrait pas être difficile à régler.
L’ÉTAT REMET SUR LES RAILS LE PROJET DAKAR-TAMBA A 1 200 MILLIARDS FCFA
Le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Yankhoba Diémé, s’est exprimé sur l’avenir du projet de liaison ferroviaire entre Dakar et Tambacounda, dans un entretien accordé à Walf Quotidien ce dimanche 20 avril.
Le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres, Yankhoba Diémé, s’est exprimé sur l’avenir du projet de liaison ferroviaire entre Dakar et Tambacounda, dans un entretien accordé à Walf Quotidien ce dimanche 20 avril. Une relance stratégique qui s’inscrit dans une vision de développement régional à long terme, mais qui nécessitera patience et réalisme.
Le projet, initialement lancé en 2017 sous le régime précédent, prévoyait la construction d’une ligne ferroviaire à écartement standard sur plus de 460 kilomètres. Il devait comprendre 32 rames, des gares modernes de Dakar à Tambacounda, ainsi qu’un port sec à Tambacounda ou Kidira. Le coût global annoncé à l’époque s’élevait à 1 200 milliards de FCFA, dans le cadre d’un partenariat avec une entreprise turque.
Yankhoba Diémé n’a pas caché son étonnement quant au choix de l’ancien gouvernement d’avoir préféré le Train Express Régional (TER) de seulement 36 km pour un montant similaire. « Cela aurait pu être le plus grand projet du régime précédent. Je ne comprends pas comment ils ont pu le remplacer par le TER… alors qu’en termes de rentabilité économique, financière et sociale, ce n’est pas comparable », a-t-il déclaré.
Une mise en œuvre progressive
Relancé dans le cadre des « projets catalytiques » du nouveau gouvernement, le train Dakar-Tamba ne verra cependant pas le jour de sitôt. Le ministre a évoqué un délai de réalisation compris entre 5 et 10 ans, en raison de la complexité du chantier et des exigences financières et techniques.
Toutefois, le ministère prévoit une approche progressive : « Nous travaillons à obtenir des livrables intermédiaires. Par exemple, nous pourrions commencer par la réhabilitation des anciens rails métriques, avant de poser les nouveaux rails à écartement standard. »
Cette infrastructure, attendue de longue date par les populations de l’intérieur du pays, pourrait constituer un véritable levier de développement pour les régions de l’Est, à condition que les engagements soient tenus et que les étapes soient clairement planifiées.
L’ASSEMBLEE NATIONALE ENCLENCHE LA MISE EN ACCUSATION DE DEUX EX-MINISTRES
L’Assemblée nationale s’apprête à ouvrir une procédure de mise en accusation visant deux anciens ministres, Mansour Faye et Moustapha Diop, pour leur implication présumée dans la gestion controversée des fonds alloués à la lutte contre la Covid-19
L’Assemblée nationale s’apprête à ouvrir une procédure de mise en accusation visant deux anciens ministres, Mansour Faye et Moustapha Diop, pour leur implication présumée dans la gestion controversée des fonds alloués à la lutte contre la pandémie de Covid-19.
Selon L’Observateur, cette initiative s’inscrit dans le prolongement de l’enquête sur l’utilisation des 740 milliards de FCFA mobilisés durant la crise sanitaire. Les deux ex-ministres sont cités dans les rapports de la Cour des comptes, qui pointent des irrégularités majeures : décaissements non justifiés, marchés fictifs et paiements sans contrepartie effective.
Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, et Moustapha Diop, ex-ministre du Développement industriel, seront prochainement auditionnés par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Avant cela, le Bureau de l’Assemblée nationale, suivi de la Conférence des présidents, devrait entériner la procédure dès cette semaine. La Commission des lois sera ensuite chargée de préparer les sessions plénières prévues pour le début de la semaine prochaine.
Cette première vague d’accusations pourrait s’étendre. Le Procureur général Mbacké Fall a confirmé que les dossiers de cinq anciens ministres ont déjà été transmis à l’Assemblée, mais qu’une mise en accusation ne peut avoir lieu qu’après adoption d’une résolution parlementaire.
Outre les ministères de Mansour Faye et Moustapha Diop, d’autres départements — notamment ceux de la Santé, des Mines, de la Femme ou encore du Développement communautaire — sont mentionnés dans huit rapports d’audit.