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3 juillet 2025
LE CALVAIRE DES DEMANDEURS DE PERMIS DE CONDUIRE
Un peu plus de deux ans après le lancement officiel des permis de conduire biométriques numérisés, les demandeurs ne sont pas encore au bout de leur peine
Un peu plus de deux ans après le lancement officiel des permis de conduire biométriques numérisés par le chef de l’Etat Macky Sall, le 3 août 2018, avec une phase pilote au Camp Lat-Dior suivi de l’ouverture du site d’enrôlement de masse du Cices, le 3 septembre 2018, le demandeurs ne sont pas encore au bout de leur peine. Un tour au centre de dépôt de ce document de transport «Capp Karangë» du Cices permet de mesurer le calvaire enduré par les demandeurs de nouveau permis sur place.
Il est 13 heures 15 minutes au niveau du site «Capp Karangë» de dépôt des permis de conduire biométriques numérisés situé au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices). Le site est presque vide ; c’est l’heure de la pause ! Les quelques demandeurs trouvés sur place attendent la fin de la pause pour pouvoir déposer leurs dossiers pour l’obtention du nouveau titre de transport. Dans tous leurs états, à cause des lenteurs dans la procédure pour le dépôt de dossiers pour l’obtention du permis biométrique numérisé, alors qu’il n’y a pas d’affluence mais aussi des erreurs répétitives sur les mêmes documents, ils racontent le calvaire enduré pour le dépôt de dossiers.
Approché, Mame Cheikh Ibrahima Niang, un des demandeurs de ce nouveau permis, se dit fatigué de faire des va-etvient pour le dépôt des dossiers et le retrait du permis. «Ils doivent revoir leur façon de travailler parce que même avec tous les dossiers en mains tu perds beaucoup de temps ici», affirme-t-il. «J’ai faits ici plus de deux (2) heures pour l’enrôlement, alors que je n’ai pas trouvé dix personnes sur place», renseigne-t-il. «J’ai déposé mon permis depuis le mois de décembre et jusqu’à présent je ne parviens pas à l’avoir», s’indigne M. Niang. D’après lui, c’est la quatrième fois qu’il vient pour rectifier le permis parce qu’ils ont commis une erreur sur le numéro. «Et, chaque fois, j’amène les mêmes papiers et je refais la même procédure, mais ils commettent toujours des erreurs», a-til déploré. Et de poursuivre : «depuis la reprise, il n’y a pas d’affluence ; donc ils ne devraient pas y avoir ces erreurs récurrentes dans mon permis. Ils doivent revoir leur manière de travailler parce qu’on ne peut pas faire une erreur sur un permis plus de deux fois et les demandeurs n’ont pas que ça à faire dans la vie».
Quant à O.B, un autre demandeur, il déplore le manque d’informations exhaustives sur le site de Capp Karangë. «Je suis venu ici ce matin muni d’un timbre électronique que j’ai acheté à dix mille (10.000) franc CFA au service des impôts et domaines. A ma grande surprise, on me dit qu’ils ne prennent que les anciens timbres. Je retourne au service des impôts et domaines pour l’échanger, le vendeur me dit que c’est déjà enregistré et qu’ils ne peuvent pas me rembourser. La seule chose qu’ils peuvent faire, c’est de leur donner un numéro pour qu’ils les appellent», fait savoir M.B. A son avis, l’information selon laquelle seule les anciens timbres sont utilisés ne se trouve pas site le site ; «car j’ai consulté le site pour savoir les pièces à fournir, avant d’acheter le timbre. Donc, je viens de dépenser vingt mille (20.000) franc CFA pour pouvoir renouveler mon permis», regrette-til.
Des fois, souligne des demandeurs, «quand vous venez aux nouvelles, après dépôt, on vous dit que votre permis de conduire en encore en cours de traitement et personne ne vous appelle et vous ne recevez aucun mail ou message là-dessus. Alors qu’il se trouve qu’il est déjà prêt, depuis des mois parfois». Autant d’impairs qui découragent plus d’un. Quant aux agents préposés au service des permis de conduire biométriques numérisés de Capp Karangë sur place, ils n’ont pas voulu donner suite à notre sollicitation par rapport aux griefs relevés par les demandeurs qui ont exposé leurs déboires. Ils nous renvoient à la Direction des transports. Pis, la sécurité s’est même permis d’outrepasser son rôle en voulant empêcher à ces demandeurs de ce titre de transport, fatigués des attentes et longues procédures, de parler à un média.
par Dame Babou
DONALD TRUMP A-T-IL TOUJOURS DES CHANCES DE GAGNER ?
Si on s’en tenait uniquement aux résultats des sondages effectués depuis plus de six mois, la question ne se serait pas posée
Si on s’en tenait uniquement aux résultats des sondages effectués depuis plus de six mois, la question ne se serait pas posée. Toutes les conclusions des enquêtes d’opinion donnent quasiment Joe Biden vainqueur, avec des taux variant entre 7 à 10% d’avance sur l’actuel président. Toutefois, vu que le système d’élection du président des Etats-Unis est plutôt censitaire, une avance dans les sondages au plan national ne garantit pas nécessairement une victoire au soir du 3 novembre 2020, jour du scrutin.
Rapporté à la position des candidats Donald Trump et Hillary Clinton, en 2016, à la mi-septembre, Biden est mieux positionné que ne l’était Hillary Clinton qui, en moyenne, devançait le candidat Trump de 4 à 6% sur l’ensemble du pays. Bien qu’elle avait clairement gagné le suffrage universel, elle avait pourtant perdu le scrutin des délégués électoraux. Or, c’est là que se loge la victoire, la mesure qui compte. Le système censitaire donne en effet à chacun des Etats de l’Union un nombre précis de délégués au collège électoral, au prorata de son poids démographique. Tout candidat qui obtient la majorité simple des votants dans un Etat rafle tous les délégués à ce collège. C’est cela qui explique que bien que l’ancienne Première Dame ait été largement en tête des votes nationaux ce soit Donald Trump qui a été élu avec une majorité confortable des délégués électoraux.
C’est la particularité de ce système qui amène les observateurs avertis à s’intéresser plus aux résultats Etat par Etat. Il est crucial au vu des résultats de faire des analyses pointues de ce qui se passe dans ces Etats appelés « Champs de batailles » (Battleground States). On en compte dix : L’Arizona, la Caroline du Nord, la Floride, le Maine, le Michigan, le Minnesota, le Nevada, le New Hampshire, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Dans la majorité de ces « champs de batailles », Jo Biden, le candidat démocrate est fortement en pôle-position.
Dans au moins six d’entre-eux, il est en tête, voire largement devant. Dans les quatre autres, le Démocrate est soit en tête ou tout au moins au coude-à-coude avec l’actuel occupant de la Maison blanche, candidat à un deuxième mandat. Dans les autres Etats, en dehors des 10 indiqués plus haut, le vainqueur est connu avant même le début de la campagne. Ce qui explique que cette campagne électorale soit très peu visible dans les zones où les jeux sont déjà faits.
Partant de cette situation, les pronostiqueurs donnent Biden potentiellement élu. Nat Silver, le patron du site Internet www.fivethirtyeight.com, le plus crédible de ces spécialistes des projections électorales pour les trois dernières présidentielles, conclut qu’en l’état actuel de ses simulations, l’ancien vice-président de Barack Obama a 76 chances sur 100 de l’emporter, alors que son adversaire républicain traine derrière avec 24 chances sur 100 de rempiler.
Malgré cette position favorable de leur candidat, les Démocrates restent très concentrés. Ils ont tous en tête le souvenir amer de l’élection de 2016, quand presque tous les observateurs prédisaient, sans réserve, une victoire de Hillary Clinton devant Donald Trump. Grande a été leur surprise au soir du scrutin quand, tard dans la nuit, les télévisions ont annoncé la victoire du candidat républicain. Cependant, au-delà des sondages favorables à Joe Biden, les thèmes qui dominent les débats mettent sérieusement Trump surla défensive. Depuis l’apparition de la pandémie de la Covid 19, une opinion est largement partagée selon laquelle, la gestion de la pandémie par Trump est un échec total, sinon une catastrophe. Les partisans de Biden ont réussi à en faire le sujet principal qui pourrait faire basculer le résultat final de cette compétition.
C’est l’une des raisons majeures pour lesquelles les Républicains ont ardemment cherché à faire revenir les questions raciales et la Loi et L’ordre (Law & Order) que le chef de la Maison blanche utilise (en mots codés) pour mobiliser les membres de l’extrême droite qui lui sont fidèles. Ce discours lui sert également à inquiéter les classes moyennes. Depuis l’Administration Nixon dans les années 70, les Républicains ont toujours utilisé les sujets qui divisent. Manière de dire aux Blancs des zones rurales que « leur Amérique » est menacée par les Démocrates qui sont présentés comme les représentants de l’extrême gauche dangereuse.
Apparemment, le discours ne semble pas prendre, selon les résultats des enquêtes d’opinion. Donald Trump essaie aussi de faire de l’économie son cheval de bataille. Il est vrai que dans ce domaine les Américains avaient fini d’accepter que l’occupant du Bureau ovale était meilleur gestionnaire que le candidat démocrate. Et la pandémie est venue créer une crise économique sans précédent. Depuis le mois de mars, le taux de chômage varie entre 7 à 10% ? Il est à son niveau le plus élevé depuis 2008.
COUR SUPREME
C’est ce tableau qui constituait la trame de cette compétition électorale pour le scrutin du 3 novembre prochain. Il est subitement altéré depuis la mort d’une juge de la Cour Suprême fédérale Ruth Bader Ginsburg, survenue vendredi dernier. Le remplacement de cette juriste, adulée par la grande majorité des femmes américaines, est d’une grande importance pour les deux camps en compétition. Cette cour composée de neuf membres inamovibles et à vie, détermine l’avenir de toutes les questions cruciales de la vie aux Etats-Unis d’Amérique. Une décision de la majorité de ces neuf juges n’est susceptible d’aucun recours. C’est le président américain qui désigne les juges fédéraux et le Sénat valide les nominations.
La bataille est déclenchée avec une intensité presque violente. Si le candidat républicain qui est encore aux affaires arrive à faire passer un nouveau juge, la composition idéologique de cette institution sera profondément modifiée pour les 50 prochaines années. Le Sénat, comme la Maison Blanche, sont aux mains des Républicains. Donc techniquement, le leader des Républicains aura la possibilité de choisir et de faire valider son choix par le Sénat afin d’éviter que Biden soit le vainqueur de l’élection, qui décide du profil idéologique du nouveau juge. D’autant plus que Mitch McConnell, le patron des Républicains à la chambre haute, a déjà déclaré que si le Président lui envoie un candidat il ferrait voter cette chambre pour faire occuper cette position du neuvième juge de la cour. Mais ce qui rend la tâche difficile pour Trump et ses partisans est un précédent très récent.
En 2016, à 10 mois de l’élection qui opposait Donald Trump à Hillary Clinton, Mitch McConnell avait dénié le droit à Barack Obama de nommer un nouveau juge arguant que les Américains étaient sur le point d’élire un nouveau président. Obama devait donc laisser au futur élu la possibilité de nommer un nouveau juge. La position du chef du Sénat est encore plus compliquée par le fait que certains membres de son camp qui sont dans des compétions locales très difficiles déclarent qu’ils ne sont pas prêts à voter pour un nouveau juge, avant l’installation du vainqueur de l’élection à venir.
Ces Sénateurs qui résistent à l’appel de Mc Connell sont au moins au nombre de quatre et la majorité républicaine dans la chambre est simplement de 52 contre 48 Démocrates. Avec une défection de quatre membres de cette majorité, il sera impossible de réaliser les vœux de la droite de créer une majorité idéologiquement de tendance conservatrice.. L’autre étape critique qui pourrait chambouler les prévisions électorales est la série de trois débats qui opposeront Trump à Biden et dont le premierface à face est prévu le 29 septembre prochain.
MAKHTAR CISSE SUR LE PROGRAMME DES 50 000 LAMPADAIRES SOLAIRES
«Le programme contribue à l’allègement des factures de l’état et des collectivités territoriales»
Le ministre du Pétrole et des Energies, Mouhamadou Makhtar Cissé et son collègue des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, Oumar Guèye ont tenu hier une rencontre, dans le cadre du programme des 50 000 lampadaires dont l’objectif est d’améliorer l’éclairage public dans les quartiers. Pour Makhtar Cissé, ce programme contribuera à l’allègement des factures de l’Etat et des Collectivités territoriales.
Selon le ministre du Pétrole et des Energies, Mouhamadou Makhtar Cissé, les économies d’énergie qui découleront des programmes de maîtrise de l’énergie et des 50 000 lampadaires solaires du réseau d’éclairage public au Sénégal présentent des enjeux financiers importants. En effet, il estime que ces programmes contribuent à l’allègement des factures d’électricité de l’État et des Collectivités territoriales.
Le ministre s’exprimait ainsi hier, lors d’une rencontre avec son collègue des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, Oumar Guèye, consacrée à l’amélioration de l’éclairage public des quartiers et des places publiques, dans le cadre notamment du programme des 50 000 lampadaires solaires.
D’autant que, rappelle Mouhamadou Makhtar Cissé, l´énergie est un levier clé de la croissance économique et un facteur déterminant de développement et de compétitivité pour le pays, les entreprises ainsi que les industries. « C’est également un moyen de lutter contre la pauvreté et la précarité sociale, l’insécurité, mais aussi d’améliorer le cadre de vie de nos populations », ajoute le ministre du Pétrole et des Energies qui estime en effet que le renforcement de son accessibilité et de sa disponibilité au niveau national pourrait être, selon lui, accéléré avec le développement de l’efficacité énergétique, la promotion de l’utilisation rationnelle de l’énergie ainsi que la diversification énergétique avec les énergies renouvelables telles que le solaire.
Le ministre renseigne en outre qu’un programme d’envergure nationale est en cours de structuration sur le parc déjà existant d’éclairage public avec des technologies et solutions de maîtrise énergétique que l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (AEME) compte déployer.
Abondant dans le même sens, le ministre des Collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires se félicite de l’initiative. Il a invité en effet les maires et présidents de conseils départementaux à se lancer définitivement dans l’éclairage solaire en abandonnant l’éclairage conventionnel qui, pour lui, consomme énormément d’énergie. D’autant que, indique-t-il, le solaire est une piste à explorer compte tenu des gains économiques qu’il permet de réaliser.
Raison de plus, souligne le ministre des Collectivités territoriales, les élus locaux, qui ont en charge l’éclairage public, doivent davantage miser sur le solaire pour tous leurs projets d’éclairage public dans les quartiers et les places publiques. « L’éclairage public est une compétence qui revenait aux collectivités locales. Mais compte tenu des questions de sécurité des personnes et des biens qui en découlent, l’Etat se substitue à elles », laisse entendre le ministre Omar Guèye. Ce dernier rappelle en outre que les transferts de compétence constituent une responsabilisation accrue des élus locaux. Et à l’en croire, ils ont permis une territorialisation des politiques publiques. « C’est pourquoi les maires et présidents départementaux doivent se l’approprier », invite-t-il.
A noter que cette rencontre conjointe est organisée suite à une directive présidentielle, lors du conseil des ministres du 12 août 2020. Lors de cette rencontre, instruction avait été donnée aux deux ministères de travailler en synergie avec les élus locaux pour une amélioration de l’éclairage public sur toute l’étendue du territoire national.
LES IMMEUBLES DES LIONNES FONT PEUR AUX RIVERAINS
Des marteaux, des ouvriers au sommet des immeubles, c’est la triste scène qu’offre la démolition des immeubles des HLM Hann Mariste.
Des marteaux, des ouvriers au sommet des immeubles, c’est la triste scène qu’offre la démolition des immeubles des HLM Hann Mariste.
Communément appelés Immeubles des Lionnes, les immeubles des Hlm Hann Mariste sont en train d’être démolis. Si un accord a été trouvé entre la direction de la Sn HLM et les propriétaires des appartements, force est de reconnaître que la façon dont les travaux sont conduits laisse les résidents perplexes. En effet, alors qu’on attendait des machines dédiées à la démolition, en lieu et place, ce sont des ouvriers qui sont sur place. Le décor frise le ridicule. Avec de gros marteaux, ils se relaient sur le toit des immeubles. Des coups forts sont donnés au plafond sans respect des normes de sécurité. Une scène qui ne manque pas d’attirer l’attention des passants et riverains. «Ce n’est pas normal. Il devrait y avoir au moins une ceinture de sécurité puisque les morceaux de pierre viennent de partout », se désole un passant surpris par une motte de pierres.
BUSINESS PARALLELES
Du côté de l’immeuble G situé non loin du terrain de Basket, c’est un petit fil rouge qui délimite l’espace. Mais il est tellement mal installé que les voitures qui passent dans cet axe très fréquenté n’hésitent pas à l’emprunter. « J’ai failli me faire briser le pare-brise. Je ne savais pas que les gens étaient en train de démolir. C’est de justesse que j’ai échappé au pire », dit cette dame au volant d’une Hyundai. Sur place, même si des agents de sécurité sont préposés autour des immeubles, tout est anarchique. Pendant que des ouvriers s’affairent à démolir, des ramasseurs de ferraille défient les lois de la sécurité. Ils n’hésitent pas à pénétrer dans des zones où les démolisseurs sont en pleine action. « C’est un gros business qui est là. Les agents de sécurité sont au cœur d’un business qui ne pas son nom. En effet, les ferrailleurs ne sont pas tous autorisés à entrer dans les chantiers, mais avec la complicité de certains agents, ils peuvent entrer. En échange, ils leur donnent une certaine somme », révèle cet habitant du quartier. Mais le business ne se limite pas à la ferraille.
En effet, si certains ont pris la peine de démonter fenêtres, portes, climatiseurs..., d’autres ont amené juste l’essentiel, laissant sur place cadres de portes, étagères. Mais ici rien ne se perd. En effet, le décor en dit long devant la plupart des immeubles. « Je suis vendeur de carreaux au Parc de Lambaye. J’ai embauché deux jeunes qui sont chargés de décapiter les carreaux. Je les range par sac. La plupart d’entre eux sont restés entiers, ça se vend facilement », explique ce vieux, regard attentif sur ses employés du jour.
Selon lui, c’est en collaboration avec un des responsables de la sécurité qu’il a décroché ce marché qu’il dit très rentable, même s’il refuse d’avancer des chiffres. Non loin de là, des fenêtres, cadres de portes tout en aluminium sont superposés. Téléphone à l’oreille, cet homme de taille élancée attend l’arrivée d’une L200 pour transporter ses bagages. « Je suis en chantier à Thiès. J’avais prévu d’attendre quelque temps avant d’attaquer tout ce qui est porte et autres. Mais quand un ami m’a parlé de cette opportunité, je n’ai pas hésité. J’ai pu avoir trois portes en aluminium, avec leurs cadres, des fenêtres, le tout à moins de 250 000 francs cfa », révèle-t-il.
ET D’APRES LUI, ILS SONT NOMBREUX A AVOIR PROFITE DE CE MARCHE BON PRIX
Quoi qu’il en soit, cette approche que beaucoup trouvent très informelle a fini de semer le doute dans l’esprit des propriétaires des immeubles. « On nous avait parlé d’un dépolissement-reconstruction, mais ce qu’on a vu jusqu’ici ne nous rassure pas. S’ils sont incapables de mobiliser des matériels de haut niveau, pensez-vous qu’ils soient en mesure de faire des immeubles comme ils l’ont annoncé ?» s’interroge ce résident.
PUDC, 150 SUR LES 300 MILLIARDS PREVUS DEJA ACQUIS
Macky Sall liste les prochaines priorités pour le Programme d'Urgence de Développement Communautaire (PUDC)
Le président de la république a bouclé la première phase de sa tournée économique. Réceptionnant des équipements post-récolte du PUDC hier à Kaolack, il a annoncé que 150 milliards Fcfa ont été déjà mobilisés pour le financement de la phase 2 dudit programme.
Macky Sall liste les prochaines priorités pour le Programme d'Urgence de Développement Communautaire (PUDC). Réceptionnant hier des équipements post-récolte dudit programme à Kaolack, le chef de l’Etat a fait savoir que les projecteurs seront désormais braqués sur les objectifs suivants : l’électrification et l’accès à l’eau en milieu rural, la construction de pistes de désenclavement et de postes de santé en milieu rural. Le président de la République a ainsi indiqué que toutes ces composantes précitées entrent dans la phase 2 du PUDC. Il ajoute que celle-ci va mobiliser plus de 300 milliards FCFA dont la moitié est déjà financée par le Banque Africaine de Développement(BAD), la Banque Islamique de Développement (BID) et le Fonds Saoudien de Développement (FSD). «Les 150milliards Fcfa sont déjà acquis.
Les procédures de passation de marchés sont presque finalisées et bientôt le PUDC va reprendre ce travail pour davantage de pistes, d'électrification rurale, de forages en milieu rural et de postes de santé», a souligné le Président Macky Sall.
Revenant hier sur la réception du lot de matériels post-récolte du PUDC, le chef de l’Etat a soutenu que ces équipements seront certainement distribués dans les régions du sud. Et il estime que ceci est à ranger dans la composante du PUDC dédiée à l’allègement des travaux et surtout des femmes en milieu rural. Entre autres matériels distribués, il y a des décortiqueuses et des batteuses pour le mil, le riz et le maïs. «Après le battage, on va vers les décortiqueuses, puis les moulins pour obtenir de la poudre de farine de mil. Alors que toutes ces chaines étaient faites par les mains et surtout par la femme», a expliqué le Président Sall. Et le PUDC, dit-il, dans sa composante 4 qui est l’allègement des travaux pour les femmes a déjà mis 6,6 milliards FCFA rien que sur ce volet.
A l’en croire, ce programme est d’une extrême importance parce qu’il règle la question de l’équité territoriale et sociale, mais aussi il soutient les femmes en milieu rural. Il se réjouit du fait que tous ces matériels soient construits au Sénégal par une entreprise sénégalaise et par des techniciens, ingénieurs et ouvriers sénégalais. A préciser que toujours dans le cadre de sa tournée économique, le Président Macky Sall s’est rendu dimanche dernier, en début de soirée dans le champ du défunt khalife de Tivaouane, Serigne Abdou Aziz Sy Al Amine qui se trouve à Kaffrine dans la commune de Diank Souf (Médina Sy).
La surface de 500 ha est aujourd'hui exploitée par ses enfants. Il en a profité pour dire que les chefs religieux peuvent beaucoup apporter à l'agriculture sénégalaise. «C’est une fierté de les voir exploiter des champs de ces dimensions. Je voudrais rendre hommage à tous les chefs religieux qui sont dans l'agriculture, et il mérite le soutien de l'État et un accompagnement dans la mécanisation, les intrants comme on le fait avec les autres agriculteurs», a-t-il déclaré. Il s’est ensuite rendu, toujours dans la soirée du 20 septembre, chez feu Baye Wilane pour présenter à sa famille ses condoléances. Il a ainsi rappelé les relations cordiales et pleines d’humanité qu’il entretient avec cette grande figure religieuse du Ndoucoumane.
POUR UN REGLEMENT DEFINITIF DU CONFLIT CASAMANÇAIS
La situation de «ni paix, ni guerre» inquiète des Forces vives de la nation qui craignent que la situation ne bascule d’un moment à l’autre dans la partie sud du pays
Le président Macky Sall est invité à lancer un appel au Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) pour la résolution définitive du conflit dans le sud du pays. Cette invite vient des Forces vives de la nation parmi lesquelles, on peut citer le mouvement «Y en a marre»..
La situation de «ni paix, ni guerre» en Casamance inquiète des Forces vives de la nation qui craignent que la situation ne bascule d’un moment à l’autre dans la partie sud du pays. C’est pourquoi, elles demandent au «Président de la République de lancer un appel aux frères et sœurs du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC)» pour la résolution définitive du conflit. Ces citoyens sénégalais ont émis cette idée dans une déclaration qu’ils ont rendue publique hier. «Aujourd’hui, nous constatons une relative accalmie que certains qualifient de période de ‘’ni paix, ni guerre’’. Tout peut, toutefois, basculer dans un sens ou dans un autre, et à tout moment. C’est pourquoi, il faut agir pour ne plus courir le risque de retourner aux heures sombres de la crise. Nous ne voulons plus de la guerre ! Les victimes, qu’elles soient des hommes ou des femmes, des enfants ou des adultes, qu’elles soient sénégalaises ou pas, sont humaines. Et aucun être humain ne mérite de mourir dans ces conditions», ont-ils indiqué.
Poursuivant, ils expliquent : «Nous ne voulons plus de la guerre ! Les conséquences négatives sur les personnes et l’environnement sont multiples. Parmi celles-ci, le déplacement des populations engendre des problèmes, notamment au niveau de l’état-civil. Ce qui, par ricochet, influe de façon désastreuse sur la scolarisation des enfants, la reconnaissance légale des naissances, des mariages et des décès. Ainsi que l’obtention de tous les autres documents légaux nécessaires à un citoyen, qu’il s’agisse de la délivrance d’un certificat de nationalité à fournir dans le cadre d’un concours à des emplois nationaux ou de l’inscription au fichier électoral dans le but d’exercer son droit de vote.»
Cette anormalité, poursuivent ils, aboutit peu à peu à la déstructuration de la société à travers l’éclatement de la cellule familiale. Il y a, aussi, les impacts négatifs sur l’environnement avec une «économie de la guerre» qui se construit autour du trafic des ressources forestières et la destruction de la faune. «L’utilisation des mines anti personnel interdit aussi l’exploitation agricole, l’élevage, l’apiculture, la pisciculture, entre autres, et empêche par conséquent l’atteinte de l'autosuffisance alimentaire. Une telle situation nuit au développement et entraîne une déliquescence des infrastructures de base. Nous ne voulons plus de la guerre ! Nous, Sénégalais, dans toute notre diversité, du nord au sud, de l’est à l’ouest et en toute union, nous ne voulons plus de la guerre. Le Sénégal est connu pour être un pays de paix et de ‘’teranga’’. Un pays caractérisé par le cousinage à plaisanterie qui est un pont nous permettant de dépasser nos divergences et nos incompréhensions. Nous sommes frères et nous voulons la paix. Une Paix définitive», déclarent-ils. Selon eux, cette déclaration se justifie par le fait qu’ils sont des « citoyens sénégalais et amoureux fous de la Casamance », et qu’ils ne peuvent se contenter de cette situation de « ni paix ni guerre».
C’est pourquoi, ils appellent l’État du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance à initier ou à poursuivre le dialogue dans le sens de la résolution définitive du conflit. «Il est impératif, tout autant, d’accélérer les opérations de déminage des zones inaccessibles à la population pour leur permettre de retrouver leurs villages et de reprendre leurs activités. Au-delà des populations, cette sécurisation permettra l’entière reprise des activités touristiques, car la région naturelle de Casamance regorge de potentialités importantes et intéressantes. Cette région doit entrer dans une nouvelle ère, celle de la paix définitive parce qu’aucun Sénégalais ne doit être menacé, peu importe l’endroit où il se trouve», disent-ils.
Les signataires de cette déclaration sont : Cheikh Diop de la Confédération nationale des Travailleurs du Sénégal, Forces du Changement (CNTS/FC) ; le Mouvement Y en a Marre ; Ibrahima Hamidou Dème (président du Mouvement Ensemble) ; Me Mamadou Guèye (avocat) ; Cheikh Fatma Diop (analyste financier/entrepreneur) ; Bakary Dansokho (contrôleur du Trésor) ; Jaly Badiane (bloggeuse, militante sociale et culturelle) ; Daouda Keita (archiviste);Basile Diomaye Faye (inspecteur du Trésor); MaDiakhateNiang (inspecteur du Trésor et Président du Mouvement And Sopi Thiès); Muhammad Mustapha Ndiaye (contrôleur du Trésor-.
LA SOCIETE CIVILE S’OPPOSE À UN TROISIÈME REPORT DES LOCALES
Le Sénégal ne doit pas être dans un régime de prolongations de mandats, il faut faire l’effort de tenir les élections locales au cours du premier semestre de 2021
L’annonce d’un troisième report des locales prévues en mars 2021 est vivement dénoncée par la Société civile. Initialement prévues pour le 1er décembre 2019, puis annoncées pour mars 2020, les élections locales ont été reportées jusqu’au 28 mars 2021. Face à tous ces reports, la Société civile exige la tenue à date échue de ce scrutin. Elle dit ne pas être convaincue des arguments de blocage liés aux nécessités de l’évaluation et de l’audit du fichier électoral. Si, au niveau du volet politique du Dialogue national, l’idée d’un troisième report est défendue, la Société civile, à travers le Forum Civil dirigé par Birahim Seck et Moundiaye Cissé de l’ONG 3D, exige le respect du calendrier républicain. Quant au consultant en décentralisation Amadou Sène Niang, il estime que la tenue des Locales à date échue n’a jamais constitué une préoccupation pour l’Etat. Il en est du régime actuel comme de ceux qui l’ont précédé, selon lui.
Le report des élections locales est une question très controversée depuis la reprise des travaux du Dialogue national après 5 mois de l’arrêt à cause du covid19. En effet, notre pays s’achemine vers son énième report de ses Locales. Au sein de la classe politique, que ce soit du côté de la majorité comme de l’opposition, beaucoup de voix s’expriment en faveur d’un report. Les arguments brandis tournent autour de la nécessité de procéder au préalable à l’évaluation du processus électoral et de l’audit du fichier. Des arguments balayés par la société civile qui estiment qu’ils ne sauraient justifier un énième report des élections locales. Surtout qu’après un premier report de la date du 1er décembre 2019 initialement prévue dans le calendrier républicain, puis un autre de mars 2020, il est annoncé une nouvelle date du 28 mars 2021. Moundiaye Cissé, président de l’ONG 3D, soulève cependant quelques appréhensions par rapport à la nouvelle date retenue. «Même si on doit reporter, on doit rester dans l’année 2021. Je considère aujourd’hui qu’on doit respecter le calendrier électoral. Les élections locales ont des impacts sur nos institutions. Si on n’organise pas en mars 2021 les locales, il va falloir prolonger les mandats des membres du Haut conseil des collectivités territoriales qui se terminent en avril 2021.
Le Sénégal ne doit pas être dans un régime de prolongations de mandats, il faut faire l’effort de tenir les élections locales au cours du premier semestre de 2021. On a déjà prolongé les mandats des élus. Cette situation traduit une banalisation des reports des élections locales. Ce n’est pas normal. Aujourd’hui personne n’ose reporter l’élection présidentielle » souligne Moundiaye Cissé. Le président de l’ONG 3D ajoute que « l’évaluation du processus électoral et l’audit du fichier électoral, c’est une exigence de l’opposition. Je soutiens cette démarche. Mais je pense qu’on peut appliquer les conclusions pour les législatives de 2022. Un consensus intermédiaire est possible qui consiste à garder ce même fichier qui a permis de tenir la présidentielle, de dire que Macky Sall a été élu, de dire qu’Idrissa Seck est arrivé deuxième, qu’Ousmane Sonko est arrivé troisième. Qui a aussi permis à l’opposition d’avoir des groupes parlementaires à l’Assemblée. Les résultats de la présidentielle sont la base de la réclamation du statut de chef de l’opposition. Mon intime conviction, c’est qu’il est possible d’organiser les locales au cours de l’année 2021. Si on les reporte jusqu’en 2022, on sera forcément dans un couplage avec les législatives. Il y aura là une situation de confusion d’autant que les élections ne sont pas les mêmes».
Forum Civil pas convaincu par un audit du fichier justifiant un report !
Le Forum civil dirigé par Birahim Seck précise que les arguments évoqués pour justifier un report, à savoir l’évaluation du processus électoral et l’audit du fichier électoral, ne sont pas pertinents et ne sauraient être recevables. « Face à l’idée de plus en plus entretenue par certains acteurs politiques et de la société civile d’aller vers un troisième report de ces élections, le Forum Civil s’insurge contre la pratique, devenue fréquente, d’offrir illégalement des années supplémentaires ou des mandats de fait à des élus locaux. Les arguments évoqués pour justifier un report, à savoir l’évaluation du processus électoral et l’audit du fichier électoral, ne sont pas pertinents et ne sauraient être recevables. Ainsi, les conclusions retenues par un groupe, fut-il de la Commission du Dialogue politique, ne sauraient justifier la violation, par l’Etat, de la réglementation et des droits de millions de Sénégalais. Cette situation est grosse de l’exacerbation de la crise de légitimité qui se transforme très souvent en crise sociale dans le mode de gouvernance des affaires locales notamment la gestion foncière » a indiqué le bureau exécutif du Forum Civil dans un document. De ce fait, Birahim Seck et ses amis exigent le respect du calendrier républicain. Ils demandent au ministre de l’Intérieur de prendre les dispositions nécessaires afin d’aller vers l’organisation des élections départementales et municipales, conformément au décret portant promulgation de la loi adoptée le 19 novembre 2019.
Amadou Sène Niang, consultant en décentralisation : « La tenue des élections locales à date échue n’a jamais constitué une préoccupation pour l’Etat »
Pour le consultant en décentralisation Amadou Sène Niang, l’Etat n’a jamais fait de la nécessité de tenir les élections locales à date échue, sa préoccupation. A l’en croire, c’est ce qui justifierait tout ce bruit autour du report souvent avec des arguments infondés. « Depuis 1984, les locales n’ont jamais été organisées à date échue. La situation notée est que 5 ans après la fin des mandats des élus locaux, ces derniers sont toujours en place. Une entorse à la démocratie. En filigrane, nous pensons que la tenue des élections locales à date échue n’a jamais été une préoccupation pour l’Etat alors que les présidentielles sont toujours organisées à dates échues. Ce qui n’a jamais été le cas pour ces élections locales. Le fait de les maintenir ou de les reprogrammer ne dépend pas de la prérogative des élus locaux. C’est la responsabilité de l’Etat. C’est l’Etat qui doit organiser ces élections.
La carence de l’Etat à ce niveau ouvre la possibilité de mettre au niveau de chaque collectivité locale, une délégation spéciale. Or, c’est une entorse à la loi que de mettre des fonctionnaires à la tête des collectivités locales. En outre, les élus locaux qui sont sur place pendant ces 5 ans connaissent parfaitement le fonctionnement des collectivités locales et parviennent tant bien que mal à gérer les problèmes de ces dernières. C’est tout le contraire des fonctionnaires qui ignorent totalement ce qu’est une collectivité locale. Plus grave, souvent, ils n’habitent pas dans la zone où ils sont appelés à servir. Parce que c’est des enseignants, c’est des médecins qui sont des fonctionnaires de l’Etat qu’on choisit dans chaque localité. Est-ce que cela est pertinent pour gérer des collectivités locales ? Les délégations spéciales de Me Wade en 2001 ont causé d’énormes problèmes sur l’étendue du territoire » souligne le consultant en décentralisation Amadou Sène Niang.
L’histoire des reports des élections locales !
Amadou Sène Niang interpelle l’Etat pour le respect du calendrier électoral. Il ne pense pas que la crise sanitaire de la covid19 et l’évaluation du processus et de l’audit du fichier électoral soient des motifs valables d’un report. A l’en croire, ces reports d’élections locales ne sont pas le monopole du régime actuel puisque ceux quoi l’ont précédé y ont eu aussi recours. « Il faut que l’Etat respecte la date de l’organisation de ces élections. La crise sanitaire qu’ils (Ndlr : les acteurs politiques) évoquent est une prétexte supplémentaire. Chaque fois qu’on doit organiser des élections locales, il y a un prétexte. Cela a été le cas lors du conflit entre le Sénégal et la Mauritanie en 1989. Cela était également le cas avec la réforme de l’acte 2 en qui avait nécessité de repousser ces élections en 1996. En 2001, l’arrivée d’un nouveau régime avait entraîné la mise de toutes les collectivités locales sous délégations spéciales. Ce qui était d’ailleurs illégal. En 2007, ces élections avaient été reportées jusqu’en 2008.
Et en 2008, on nous parlé de plan Diakhaye pour lutter contre les inondations pour reporter les locales jusqu’en 2009. C’est toujours des prétextes qu’on évoque à n’en plus finir. Ce n’est pas un problème d’opposition, c’est l’Etat qui doit organiser ces élections. Tous les régimes qui se sont succédé l’ont fait. Que ça soit le Ps ou le Pds, ils ont reporté. Ce qui est anormal. Il faut organiser les élections à dates échues. C’est un gage de responsabilité de l’Etat. Aujourd’hui, ceux qui se retrouvent dans une partie de l’opposition ne pouvaient évidemment pas s’opposer à ce report. Parce qu’ils l’ont déjà fait ! Le Ps l’avait fait en 1989 et 1995.
Le président Abdoulaye Wade l’a fait en 2001, 2007 et 2008. Le président Sall l’a fait en 2014 et 2019. Et il veut le refaire en 2020. Ils sont tous pareils ! Il faut que les hommes politiques respectent le calendrier électoral » soutient conclusion le consultant en décentralisation, Amadou Sène Niang
LE CIVIL BÉNÉFICIAIRE DU CHAMP DE L'ARMÉE A ENTAMÉ SES TRAVAUX
L’Armée n’a plus de champ de tir à Dakar. La boulimie foncière est à l’origine de l’accaparement du seul champ de tir de notre armée qui se situait à quelques encablures du Phare des Mamelles
L’Armée n’a plus de champ de tir à Dakar. La boulimie foncière est à l’origine de l’accaparement du seul champ de tir de notre armée qui se situait à quelques encablures du Phare des Mamelles. Une situation qui exaspère l’ancien chef d’état-major général des Armées, le général Mamadou Mansour Seck, qui parle de « haute trahison contre l’Armée ». Désormais pour s’entraîner au tir, les militaires de Dakar, qui sont la composante essentielle de cette dernière en termes d’unités et de garnisons, sont obligés d’aller jusqu’à… Thiès.
L’Armée, c’est la Grande muette. Autrement dit, même les situations exaspérantes n’y sont pas dénoncées. Elles se vivent dans la dignité et dans l’honneur dans le sillage de la devise de nos militaires : « On ne tue, on ne nous déshonore pas ». Même l’accaparement par des spéculateurs fonciers du seul et historique champ de tir situé juste sur le flanc du Phare des Mamelles, avec vue imprenable sur l’océan Atlantique, a été vécu dans un grand stoïcisme par nos « diambars ». Ce samedi, par le truchement du Forum social sénégalais qui organisait une manifestation de reboisement du Phare des Mamelles parrainée par la Fondation du Port de Dakar, une ronde menée autour des agissements fonciers autour du phare a permis de découvrir la triste réalité.
Sur le site du champ de tir, on découvre des ouvriers qui s’affairent sur un engin Caterpillar. Un bâtiment est déjà érigé sur le site. Interdiction formelle de filmer les lieux. Cela n’empêche guère Mamadou Mignane Diouf, président du Forum social sénégalais, de révéler le forfait foncier subi par l’Armée mais aussi par le Port de Dakar. Devant celui qui fait office de chef de chantier, un certain M. Bamba Sow, ancien marin de son état, Mamadou Mignane Diouf a martelé que « ce terrain appartient au Port de Dakar, on l’a volé au Port de Dakar ». Bamba Sow de rétorquer au président du Forum social sénégalais que « Non ce terrain n’appartient plus au port et si vous dites que le terrain a été volé au Port, cela dépasse largement mes dimensions. Vous pouvez visiter sans filmer ».
Finalement, l’échange se termine par l’acceptation d’une visite par une délégation où on pouvait compter le directeur général du Port autonome de Dakar, Aboubacar Sédikh Bèye, l’ancien Cemga, le général Mamadou Mansour Seck et la militante féministe Marie Angélique Savané. « On voulait montrer que cette partie des terres du Phare constituait à l’époque un espace d’apprentissage et de formation pour les militaires. Plus précisément, il s’agissait d’un champ de tir. Vous savez qu’actuellement l’Armée n’a plus de champ de tir à Dakar. Les militaires sont obligés d’aller faire leurs tirs à Thiès.
L’Armée est obligée de dépenser du carburant, déplacer des voitures, de la nourriture pour que les militaires sénégalais chargés de gérer notre sécurité puissent apprendre à tirer. S’ils ne savent pas tirer, c’est notre sécurité qui est en jeu » souligne le président du Forum social sénégalais. « Cette position à Dakar qui permettait à notre armée même nuitamment de venir apprendre à tirer, aux militaires de se lever à 5 h du matin pour venir apprendre à tirer puis se retirer tranquillement dans les casernes, cette position n’existe plus. A côté d’ici, il y a un camp militaire. Dans quel pays on peut admettre qu’un camp militaire soit submergé d’habitations sociales et civiles ? Dans l’Armée, ce qui se passe, c’est du secret » ajoute Mamadou Mignane Diouf.
« Une haute trahison contre l’Armée », selon le général Mamadou Mansour Seck
L’ancien Cemga de 1988 à 1993, général Mamadou Mansour Seck, a conforté les positions du président du Forum social sénégalais. « Notre ami Mignane Diouf a dit l’essentiel et je crois qu’il s’est même introduit dans la stratégie militaire. C’est du culot, mais c’est un bon culot. Mais en ce qui concerne cette zone militaire où nous avons tout appris, en particulier le tir, la particularité de cette zone est l’orientation vers la mer pour que nos parents lébou n’aient pas de problèmes. La zone est surélevée. Il n’y a jamais eu d’accidents, ni de pêcheurs qui ont eu à avoir des blessures par balles. L’autre avantage, c’est que les unités de réserve générale habitent la plupart du temps à Dakar. Toutes les unités, même la Direction du Service du matériel (DSM) qui se trouve à côté du port, pouvaient venir à pied pour faire les exercices de tirs et rentrer tranquillement. On n’avait pas besoin de logistique particulière comme les camions, de l’essence. En un moment où, pour aller à Thiès surtout qu’il n’y avait pas encore l’autoroute, il fallait faire 2h pour aller et 2 h pour revenir de Thiès, cela posait des problèmes. Je me rappelle qu’il y a une dizaine d’années, avant 2012, j’ai réagi lorsqu’on m’a dit que le champ de tir a été donné par le gouvernement à un civil. Je trouvais que cela, c’est de la trahison. C’est extrêmement grave parce que les Sénégalais ne savaient pas l’importance du champ de tir. J’avoue qu’avec la sur- urbanisation, je trouve normal qu’on puisse gérer d’une autre manière les activités dangereuses, mais qu’on le fasse avec autant de légèreté et surtout au bénéfice d’un civil, c’est extrêmement grave » tonne Number One.
La militante féministe Marie Angélique Savané d’ajouter son grain de sel d’histoire. « Pendant la deuxième guerre mondiale, c’est à partir de qui était le champ de tir qu’on a défendu la ville de Dakar. Ce site a une importance historique et stratégique. C’est pour cela que Dakar et cette zone étaient un camp militaire fortifié. Vous avez partout des bataillons. C’est à partir de cette position que, lorsque Dakar a été bombardée, il y a eu une riposte. Et d’ailleurs ma mère me racontait que, lors cette confrontation, beaucoup de Dakarois s’étaient réfugiés dans la zone » confie l’épouse du célèbre l’homme politique Landing Savané. Ou faut-il dire le contraire ! Car on ne sait jamais, avec les féministes…
LE LONG RÉCIT D’UNE MISÈRE SOCIALE
Pendant deux semaines, «Le Témoin» a sillonné la région de Kolda. Un périple au cours duquel, il a été question de tendre l’oreille aux populations mais également d’échanger avec des élus locaux pour s’imprégner de leurs conditions de vie
Pendant deux semaines, «Le Témoin» a sillonné la région de Kolda en passant par ses grandes villes jusque dans certains de ses villages les plus reculés. Au cours de ce long périple, il a été question de tendre l’oreille aux populations de cette partie du monde rural mais également d’échanger avec des élus locaux pour s’imprégner de leurs conditions de vie. Récit poignant du quotidien de ces oubliés.
Dans le Sénégal des profondeurs à 558 km de Dakar. Nous sommes au Sud du pays où l’hivernage bat son plein en ce mois d’aout connu pour sa forte pluviométrie. Sous un ciel nuageux, c’est à bord d’une moto taxi que nous quittons Vélingara pour Medina Gounass. Une matinée plus ou moins douce par la température. En toute vitesse, on traverse des villages le long de la RN 6. Pas besoin de s’arrêter pour observer le beau paysage avec la luxuriante verdure qui défile sous nos yeux. La route est bordée de champs. De gauche à droite, au milieu des parcelles de terre, s’activent des cultivateurs avec l’aide de chevaux et d’ânes, tirant inlassablement le matériel de désherbage. Un matériel rudimentaire, une preuve de la difficulté des tâches quotidiennes. 45 minutes de trajet environs et nous voici à l’entrée de la ville sainte.
Gounass s’ouvre dans l’instantanéité par l’effervescence qui y prévaut. L’on ne tarde pas à se rendre compte que, dans ce brouhaha, la porte de la ville côtoie le marché. Ici, la peur que suscitent ailleurs les ravages sanitaires du coronavirus semble être reléguée dans le compte des affabulations. Rencontrer un individu, masque à la figure, relève du spectaculaire. Ce, malgré la densité humaine au niveau de cette place publique de la ville. Sur la moto, on tombe des nues, puis resserre nos masques. Perdus au milieu de cette foule, c’est au bout du fil que nous recevons les consignes de notre guide qui habite la localité. Indications notées, le jeune aux manettes du guidon accélère vers la demeure. Quelques minutes après, nous sommes au cœur de la cité religieuse de Médina Gounass où résonne l’écho des graines d’un chapelet de misère.
Un poste de santé, mouroir de femmes
Courbée, la main posée sur le ventre, se tordant de douleurs, instinctivement, la jeune fille s’affale par terre dans un coin de la salle d’attente. La vieille qui l’accompagne se précipite vers elle dans l’affolement. Elle l’aide à se relever puis souffle à l’oreille de la malheureuse quelques mots de réconforts avant de se retourner, face à nos interpellations. «C’est ma belle-fille, Aminata Bà », présente la sexagénaire au bout d‘un long souffle. Drapée d’un léger tissu «meulfeu» le long du corps, la vieille qui a accouru vers le poste de santé dès l’aube, s’apitoie en ces termes : «Hier, nous n’avons pas pu fermer l’œil toute la nuit à cause des maux de ventre dont elle souffre. Et puis, elle est en état de grossesses. Nous nous sommes rendus tôt le matin dans ce poste de santé, mais jusqu’à présent, (il fait 10 heures du matin) on n’arrive pas à rencontrer le médecin. La liste qui porte le nom des patients à consulter que nous avons trouvée ici est presque sans fin. Or, dans toute la ville, nous n’avons pas un autre centre pour une consultation ». Paradoxalement, la scène ne semble pas émouvoir l’assistance du fait d’un «sauve-qui peut» général. La salle d’attente du poste de santé est bondée de femmes venues de toutes parts de la localité en quête de soins sanitaires. Les chaises ne pouvant plus contenir la cohorte de patients, les unes sont assises à même le sol tandis que d’autres se bousculent au niveau du couloir. Repliée derrière la foule, debout dans une position inerte, Diénaba Kandé qui souffre pourtant d’une fatigue atroce est hantée par un douloureux souvenir que lui rappellent les lieux. C’est un après-midi de l’année dernière que sa sœur ainée a rendu l’âme dans ce poste de santé.
La trentaine, femme au foyer, Diénaba n’en revient toujours pas. «Dans ces conditions dégradantes, nous, les femmes, sommes les plus exposées. Surtout celles en état de grossesse. La plupart d’entre elles ne s’en sortent pas. Je n’oublierais jamais la situation dans laquelle ma sœur a perdu la vie, ici, à cause des retards dans l’évacuation de certains cas urgents vers d’autres structures hospitalières de la région. Voir un médecin, relève d’une chance. Nous n’avons même de gynécologue pour une contrée si peuplée », relate t- elle d’une voix alarmante.
S’ouvre soudainement la porte du bureau pendant que se présente l’assistante de l’infirmier. La feuille d’arrivée des patients à la main gauche, le stylo dans l’autre main, elle est assaillie brusquement de toutes parts. Les unes revendiquant leur primauté sur la liste d’arrivée, d’autres arguant leurs douleurs intenses comme l’urgence du moment.
Des altercations fusent de partout dans l’étroit bâtiment. La voix à peine audible, au milieu des vociférations, l’assistante de l’infirmier appelle au calme. «Arrêtez de vous disputer ! Cela ne fait qu’empirer la situation et nous retarder de plus dans la prise en charge des patients », tente-t-elle d’apaiser vainement. Les heures passent ! Lasse de poireauter sans pouvoir s’entretenir avec un infirmier, manifestement débordé, on bifurque d’une porte par derrière pour nous imprégner des réalités de la maternité située à côté.
«Nous travaillons sans salaire dans des conditions inhumaines»
Dans une blouse bleu foncée, les mains plongées dans ses poches larges, la matrone de garde marche nonchalamment ; la mine extenuée par 24 heures de travail sans répit. Apres une brève concertation avec sa collègue, ensemble, elles s’empressent de parler en requérant l’anonymat craignant des remontrances de la hiérarchie. On ne tarde pas à effectuer une visite guidée pour s’imprégner de la précarité dans laquelle baigne la maternité. «Voici, l’unique table d’accouchement ! Seul ce lit archaïque est mis à notre disposition pour les soins après accouchement. Imaginez, il nous arrive d’accueillir 10 femmes en une seule journée. La maternité n’a même pas une salle d’attente », font- elles découvrir. De leur situation socio-professionnelle, c’est avec émoi que les mots sortent de leur bouche. «Nous sommes toutes ici sans salaire. Et pourtant, nous travaillons dans des conditions inhumaines», entonnent en chœur les deux matrones. « La durée de garde dépasse les 24 heures d’horloge. Je suis là depuis hier à 8 heures le matin. Il fait 13 heures en ce moment, et me voilà toujours là.
Finalement, avec cette usure, aucune d’entre nous ne reste un mois sans tomber malade. Au nombre de huit, certaines d’entre nous ont une ancienneté de plus de 10 ans dans cette maternité toujours sans salaire ni contrat. Les autorités locales refusent de prendre au sérieux nos doléances », dénonce la matrone en poste au centre de santé de Medina Gounass.
Des volontaires au service d’autres femmes. Elles leur permettent de donner vie. Des personnes plus utiles pour la société, mais qui vivotent par la faute d’autorités peu soucieuses de la santé de leurs administrés. Ainsi va la vie dans le Sénégal des profondeurs.
UNE NOUVELLE DE LOUIS CAMARA
ALLÔ, MONSIEUR LE MINISTRE
Dire qu’il y a seulement une dizaine de minutes, il n’était rien d’autre qu’un petit fonctionnaire, son collègue à elle, son confident aussi, avec qui elle cause volontiers des petits tracas quotidiens de la vie dakaroise de plus en plus difficile à gérer
Maodo Ministre !... les voies de la Providence sont impénétrables !... Dire qu’il y a seulement une dizaine de minutes, il n’était rien d’autre qu’un petit fonctionnaire, son collègue à elle, son confident aussi, avec qui elle cause volontiers des petits tracas quotidiens de la vie dakaroise de plus en plus difficile à gérer. Maodo de son côté a énormément d’estime pour Mme Keïta. Avec l’accord de son épouse Il a même donné le prénom de sa collègue et amie, Assitan, à sa fille cadette. Quant à Madame Keïta dont le mari est un politicien et homme d’affaires fortuné, elle n’oublie jamais de revenir de son congé annuel, qu’elle passe toujours au Mali, chargée de cadeaux pour Maodo et les siens. Il est donc certain qu’elle sera l’une des toutes premières personnes à occuper un poste de choix dans le futur cabinet de Monsieur le Ministre Maodo Kane…
« Hé Allah !... Maodo !... », Dit-elle d’une voix chantonnante, « … la chance est arrivée sur toi dé ! Comme le dit un proverbe de chez nous : celui qui reste longtemps au fond d’un puits, une corde tôt ou tard s’en viendra à sa patience… » Vraiment Maodo, je suis trop heureuse pour toi !...»
« Merci, merci Mme Keïta …» répond Maodo d’une voix enrouée par l’émotion. « Je n’arrive pas à y croire !... c’est le plus beau jour de ma vie !... Par moments j’ai l’impression que je rêve et que tout ceci n’est qu’un gros canular ou un poisson d’avril… » « Un canular ou un poisson d’avril !...répète Madame Keïta d’un ton où perce une légère irritation, Mais voyons, tu n’y penses pas, mon ami !...D’abord nous ne sommes pas au mois d’avril mais en août, et puis je doute fort que quelqu’un soit assez fou pour se risquer à faire une telle plaisanterie ! Une plaisanterie qui le conduirait en prison, à tous les coups ! Allons, ressaisis toi mon cher !...
Ne cède pas à l’émotion et remets t’en à Allah le Tout-Puissant !... » conclut Madame Keïta, d’une voix énergique et péremptoire. « Tu as sans doute raison ma sœur, mais tout de même je ne puis m’empêcher de me poser des questions et de me demander pourquoi on a choisi un petit fonctionnaire comme moi, et qui de surcroît ne fait même pas de la politique !... »
«Mais Maodo, dis-toi bien que les choses ont changé maintenant !...
Le népotisme, le clientélisme, le copinage, c’est bien fini tout ça !...
À présent c’est le mérite, la compétence, l’honnêteté, qui sont les critères de choix dans l’attribution des postes de responsabilité ! Et sur ce plan, je ne crois pas te jeter de fleurs en disant que tu un modèle… Maintenant on fait des enquêtes sur les gens avant de les nommer et toi, Maodo, tu fais partie de cette espèce rare et peut-être en voie de disparition : celle des fonctionnaires honnêtes et consciencieux… » « Merci beaucoup ma sœur, c’est très gentil de ta part, mais il ya aussi autre chose qu’il ne faut pas oublier, je ne suis plus très jeune, à deux doigts de la retraite… »
« Et alors?!..... , rétorque Madame Keïta avec véhémence, ce n’est pas une question d’âge mais d’expérience, de savoir-faire, de compétence ! Tiens, prends le cas de l’assemblée nationale par exemple, est-ce que tu crois que celui qui occupe le perchoir de cette institution est un jeunot, hein? » « Oui…c’est vrai… » répond laconiquement Maodo tout en essuyant du revers de la main ses joues encore humides. écoute mon frère, arrête d’être sceptique et réjouistoi de ce qui t’arrive, sinon Le Bon Dieu risque de se fâcher !...
Inspire-toi de ce dicton de ces farceurs de Wolofs qui dit que « Celui qui ne danse pas aux battements de mains de Dieu, ne dansera plus jamais !... » Alors mon cher, je te conseille de danser comme tu l’as fait tout à l’heure quand nos collègues sont venus te féliciter… » À ces mots Maodo ne peut s’empêcher de rire, signe que Madame Keïta a réussi à le convaincre et à dissiper les dernières traces de doute de son esprit. « Tu sais, mon cher, reprend t-elle d’un ton plus confidentiel, mon mari est un membre très influent du parti au pouvoir et il sait tout ce qui se passe au plus haut niveau…C’est lui qui me tient au courant de tout ce qui se mijote au niveau du gouvernement. Il m’a dit que le Président a l’intention de faire le ménage et de débarrasser de tous les tocards et canards boiteux qui l’encombrent pour pouvoir mettre sur pied une équipe de choc grâce à laquelle il va sauver le pays de la noyade. C’est pourquoi il fait appel à des gens sérieux comme toi. La fin de son mandat approche et il veut partir avec les honneurs. Mieux vaut sortir par la grande porte que par un trou de souris ou, comme certains, défenestré. Il faut laisser une belle image de soi à la postérité. » « Alors ma sœur, d’accord !...
je danserai, puisque tels sont les ordres du destin !... » dit Maodo définitivement rassuré par les propos de Madame Keïta. D’ailleurs la petite musique annonçant les informations de treize heures se met à résonner à la radio juste à ce moment, et lorsqu’elle s’arrête, le bultin d’information commence une fois de plus par le communiqué annonçant la nomination du tout nouveau ministre de la Sécurité sociale et de la qualité de la vie : « Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, bonjour… par décret présidentiel datant de ce jour, Monsieur Maodo Kane matricule de solde 234 658/Z, précédemment Greffier en chef au tribunal de Keur Massar est nommé Ministre de… »
Maodo n’entend pas le reste du communiqué car ses oreilles se sont mises à bourdonner subitement et l’espace d’un bref instant, il est pris d’un léger vertige. Mais il se ressaisit vite et cette fois-ci, rasséréné, récite à haute voix des formules de remerciements au Maîtra de l’Univers…
À la pause de treize heures, Madame Keïta très en verve sort du bureau pour se diriger vers le parking du tribunal où elle a l’habitude de garer sa voiture, une rutilante Mercedes couleur turquoise que lui a offerte son mari pour se faire pardonner d’avoir pris une deuxième femme…
Maodo se retrouve donc seul dans le bureau et une foule de pensée désordonnées l’assaillent, se bousculant dans son cerveau en ébulition dans un kaléidoscope d’images et de scènes virtuelles où il se voit déjà dans ses habits neufs de Ministre… Ainsi c’est donc vrai !... il n’est pas le jouet d’une hallucination, ni la vicitme d’une plaisanterie de mauvais goût ! il ne rêve pas. Il est bel et bien Ministre… ! Et pas n’importe lequel s’il vous plait ! Ministre de la sécurité sociale et de la qualité de la vie !... un poste clef, un verrou stratégique dans le dispositif gouvernemental dans un pays où le problème numéro un reste la bouffe, le « thiébou dieune » quotidien…
Il faut croire que le Président de la République a eu des solides informations à son sujet et une confiance absolue en ses qualités morales et intellectuelles pour le nommer à la tête d’un département aussi important, aussi vital !... E
t c’est vrai que Maodo est compétent, honnête, consciencieux, presque irréprochable Un fonctionnaire modèle pour tout dire. Pour lui, l’éthique et la déontologie sont au dessus de tout et son métier de greffier, il l’accomplit comme un sacerdoce. Tous ses collègues, s’accordent à reconnaître sa probité, sa rigueur et sa droiture, ce qui fait aussi de lui très souvent la bête noire des mauvais fonctionnaires, véreux, corrompus, cupides, qui pullulent dans les bureaux et infestent la plupart des services de l’administration de Sunugaal…
En quinze ans de service, il ne se souvient pas avoir accepté le moindre bakchich ni dessous de table comme c’est la règle chez l’écrasante majorité des fonctionnaires. Ah… si… quand même !... Une fois, une seule et unique fois, quand sa mère avait été très malade et qu’il n’avait pas eu assez d’argent pour payer tous ses frais d’hospitalisation et ses médicaments. Un gros bonnet avait un urgent besoin de consulter un dossier confidentiel, et lui avait un besoin tout aussi…
urgent. Mais à vrai dire, ce fut la seule fois, tout au long de sa carrière… et puis, après tout, c’était cas de force majeure. Il ne pouvait tout de même pas regarder sa pauvre mère mourir sans rien faire. C’était une faute certes, mais tout à fait excusable aux vues des circonstances… Le téléphone sonne de nouveau, interrompant le fil des pensées de Maodo. Il décroche fébrilement. « Allo…Monsieur le Ministre »
La voix est joyeuse, le ton enjoué. Quelques mots sont rapidement échangés. Puis il raccroche, la mine réjouie. C’était Paul Goudiaby, l’un de ses anciens camarades de l’école Supérieure de Magistrature qui l’appelait pour le féliciter de sa toute nouvelle nomination au poste de Ministre et sans doute aussi se rappeler à son bon souvenir. Après cet intermède amical, Maodo reprend le cours de ses pensées